Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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lundi 15 septembre 2014

Porte-Plume - Inspiration photographique

Les arachnides.

Il était une fois une époque, bien ancienne dont on n’a aucune idée, où les dieux et les déesses régnaient sur la terre et les eaux, sur les airs et le ciel. L’une de ces divinités, Pallas-Athénée, particulièrement fière et superbe, n’aimait guère les mortels, trop arrogants à son goût. Un jour, elle rencontra une jeune tisseuse (je n’invente pas !) qui se nommait Arachné. Cette dernière, quelque peu effrontée, prétendait tisser de la meilleure manière au monde. Pallas mit au concours les prétendues qualités d’Arachné qui, malgré les manigances de Pallas, l’emporta haut la main.

Jalouse, comme le sont les déesses, Pallas détruisit l’œuvre d’Arachné qui, de dépit, se pendit avec un fil de tisserand.

De remords (elle connaissait des sentiments humains) la belle déesse Pallas fit renaître à la vie la jeune et tumultueuse Arachné. Mais elle lui donna forme animale, avec un air effrayant, huit pattes, plusieurs yeux, toute velue et la cantonna dans les lieux les plus obscurs et cachés. Elle lui conserva l’art de tisser. Et depuis ces temps si lointains, les descendantes d’Arachné, toujours aussi effrontées, ne finissent pas de tendre leurs toiles où se prennent objets oubliés, bouteilles d’un autre âge, outils abandonnés, doigts humains maladroits et insectes étourdis.

Qu’elles soient regardées avec respect, ces arachnides, si mystérieuses, si travailleuses et si curieuses ; elles sont à l’image de ceux ou de celles qui tissent des textes où ils espèrent prendre et piéger les humains.

Fairywen - Inspiration photographique

Abandon.

Cabane abandonnée,
Bouteille oubliée
Devant une fenêtre fermée.
Tristesse fanée
D’une existence passée
Qui lentement est effacée
Sous les toiles d’araignées,
La poussière déposée,
Le temps écoulé…

Où voir le temps qui s'enfuit et où lire mon blog d'auteur

Jacou - Inspiration photographique

Surmenage

Tissage et métissage
Voilà un vieil adage
Ai-je encore l’âge
Avant tout je dois ici faire le ménage
Comme c’est l’usage
Plumeau et courage
Seront à l’ouvrage
Cela ne sera pas outrage
Avant que de me mettre à l’ouvrage
De cette bouteille faire le dépucelage
Quel délicieux breuvage
A l’autre flacon je vais faire perçage
Afin de lui rendre hommage
Nectar digne d’un ange
Tirage et métrage
Voilà un bel alpage
Qui me réjouissage
Ici, nul besoin de décapage
Quelles idées en ombrage
Vivent ces divins cépages
Promesses de belles vendanges !

Où lire Jacou

Semaine du 15 septembre au 21 septembre 2014

Cette nouvelle semaine sera d'inspiration photographique. Votre texte sera librement inspiré de la photo ci-dessous. Qu'importe le sujet, pourvu qu'on ait l'ivresse de vos mots. Vous avez jusqu'au dimanche 21 septembre minuit, heure de Paris, pour nous faire part de votre inspiration à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com.


Crédit photo : Cacoune

dimanche 14 septembre 2014

Gino Gordon - Une étrange bâtisse

Ça se peut pas

- Tu viens dans ma maison ?
La Juliette, elle est géniale, je l'adore mais elle est un peu … Non, je ne dirais pas qu'elle n'a pas toute sa tête, c'est pas ça. La Juliette, elle vit dans un autre monde. Elle s'imagine des choses. Ça fait des semaines qu'elle me parle de sa maison et ce qu'elle me raconte de sa maison, et bien, ça se peut pas.
Ma maison à moi, elle est toute petite. J'y vais seulement pour dormir. Elle est confortable mais c'est pas une maison pour vivre à deux. Non, jamais je proposerai à Juliette de venir chez moi.
La maison de Juliette, malgré tout ce qu'elle raconte, elle n'a rien d'exceptionnel. Je le vois bien, elle est encore plus petite que la mienne, alors ça se peut pas.

On se voit toujours à l'extérieur, surtout quand il pleut. On fait des longues ballades sans rien se dire. C'est assez romantique. Mais la balade se termine toujours par:
- Tu viens dans ma maison ?
Juliette, puisque je te dis que ça se peut pas. Arrête de dire des bêtises.
Parfois elle m'énerve un peu, mais ça ne se voit pas. Je suis plutôt du genre calme.

Aujourd'hui encore.
- Tu viens dans ma maison ?
- D'accord, je viens, mais je t'ai prévenu.
- Eh mais t'es malade ? Ça se peut pas !
- Je te l'avais dit.
- Pas cette maison là ! L'autre. Viens.
Je lui emboite le pas et la suis jusqu'au fond du jardin.

Et là, sous une feuille de rhubarbe, je découvre une jolie maison rose en plastique. On est entré. On s'est collés l'un à l'autre, coquille contre coquille et on y est resté plusieurs mois parce que l'été arrivait.

Tiniak - Une étrange bâtisse

La rue m’est familière au point d’y faire corps
Alors… Alors… ! Quelle est cette maison ?!
Sa pierre, c’est du grès; ses volets sont marrons
Ici, tout est en craie que le soir pare d’ors

Sa porte est peinte en rouge et son numéro vert !
Eh ben, bravo ! Dis, ça envoie du lourd !
Vu qu’à travers sa vitre, on aperçoit la cour
Je ne résiste pas, je frappe à son mystère

La porte mécanique ouvre sans vis-à-vis
Allez… J’y vais ! Après tout, c’est le jeu
Pas déçu du voyage, oh ! j’en prends plein les yeux !
Le corridor, déjà, tapissé d'organdi...

Dessus, tant de portraits que je croyais perdus !
de moi, d'amis, d'amours désenchantées...
et, tracé sur le sol, un parcours orienté
pointant un escalier aux marches dévêtues

Je gravis prudemment ses dégrès inégaux
Le pas plus lent, tandis que je m'approche
avec le sentiment d'être le jouet fantoche
d'un projet qui m'écharpe et m'enlise les mots

Je suis sur le palier, sans réponse à l'appel
Allons... Allons... Tout ceci n'est qu'un rêve
Mais voici que, du mur, un bras me tend un glaive
et qu'une voix me dit "tu n'es plus éternel"

Je fuis ! Je fuis ! Je cours! Je n'ai plus d'appétit !
Eh, au secours ! C'est quoi, tout ce barnum ?!
Je regarde après moi, je vois tous ces fantômes
et je sais désormais qu'ils ont pignon, ici !

Où cauchemarder sans modération...

vendredi 12 septembre 2014

Porte-Plume - Une étrange bâtisse

Histoire d’un corps de logis.

Nous habitons tous dans d’étranges bâtisses. Elles ont besoin d’échafaudages à leurs débuts pour pourvoir être consolidées. Et leurs fondations doivent être solidement ancrées au plus profond d’un sol dur comme de la roche. C’est d’elles que dépendent toutes leurs structures. L’on découvre parfois des maisons bancales ou tortueuses ; on comprend mieux leur apparence à voir les fondations cachées et ce que la maison a pu subir en ses premières années.
Elles grandissent au fur et à mesure des ans, ces bâtisses dont nous sommes les architectes. On y ajoute des pièces, des étages parfois. On y voit des enfants grandir et on entend leurs rires, leurs jeux ou leurs larmes leur donner une animation joyeuse et féérique. Elles vibrent alors de toute leur âme.
Et puis, petit à petit, cette maison qui nous est propre devient plus silencieuse. Bien qu’elle soit achevée, parfaitement construite, décorée, améliorée, enjolivée au fil des ans, elle semble avoir perdu un peu de son entrain. Peut-être s’engourdit-elle dans ses habitudes ?
Enfin, viennent le temps des premières fissures, des lézardes qui la balafrent de plus en plus. On peut les trouver belles au début. Elles donnent du cachet à cette bâtisse. Mais on se dit alors qu’il sera bientôt temps de la quitter. Et cette étrange bâtisse libérée de son locataire principal curieusement rapetissera et d’un coup de baguette divine finira comme petit tas de sable ou de cendre.

Manoudanslaforet - une étrange bâtisse

Elle est cachée par les arbres, les herbes folles
Ses volets plus ou moins bien arrimés battent au vent
Elle se laisse apercevoir, approcher
les herbes s'écartent et se referment derrière moi.
J'ouvre d'un coup d'épaule, la lourde porte de bois dérangeant au passage quelques araignées
je laisse la lumière et l'air frais entrer
je pousse un volet, une hirondelle se sauve...
Alors je le vois, le fauteuil, ce fauteuil
il s'asseyait là, une cigarette à la main, un verre dans l'autre
il nous regardait, nous écoutait parfois, semblait être ailleurs souvent
je le vois ce fauteuil et un frisson de haine et de peur parcourt mon corps
je ne veux plus le voir, d'un claquement sec je referme le volet et soudain c'est pire , cette maison me hante, me parle, me fait peur, me rappelle trop de choses...elle pourtant si banale...
Elle doit disparaître....au fond de mon coffre de voiture je trouve ce qui la réduira en cendres, bientôt cette étrange bâtisse ne sera plus qu'un souvenir, un cauchemar que je pourrais oublier.

Lilousoleil - Une étrange bâtisse

Trop petite pour s’en souvenir, elle est retournée sur les lieux de son enfance. Les vacances sont propices à ce genre de pèlerinage. Elle reconnut les rues, les pavés, et si les magasins éclairés et les vitrines brillantes avaient remplacé les échoppes sombres et les façades à la peinture écaillée, tout était conforme à ses souvenirs. Parvenue devant le Temple du Change imposant qui clôturait la place, elle fit une pause ; c’est là que ses parents s’étaient mariés, le cliché trainait dans quelque poussiéreux album photo. Elle s’engagea lentement dans la montée qui débouchait sur la gare Saint Paul dans le quartier bien nommé, puis se glissa dans la rue Saint Jean, berceau de son enfance. Elle reconnut l’entrée la courette avec ses escaliers ouverts, fixa les fenêtres du troisième étage et emplit ses poumons d’un air chargé d’émotion.

Après avoir fait le tour de la place du Bœuf, et remonté la rue du même nom, elle fila par la traboule et déboucha rue Juiverie. Elle passa devant l’égout à ciel ouvert resté d’époque. Elle sourit à ce petit souvenir ; un jour, elle avait voulu grimper jusqu’en haut mais ses jambes étaient bien petites et s’étaient vite fatiguées. Elle s’était mise à pleurer à mi pente sans plus bouger.

façade Elle avait redécouvert avec un vrai bonheur la façade de la Maison Claude Debourg façade en saillie sur la rue Lainerie ; cette maison qu’elle connaissait si bien, c’était son chemin pour aller à l’école.

Elle déambula le long de la rue Juiverie, pénétra dans les cours intérieures des immeubles ; tout ici respirait la Renaissance. Les voûtes, les escaliers sans vis, les vestiges romains, les fontaines et les puits. Elle pénétra dans une nouvelle cour et là un coup de poing… La maison qu’elle n’avait jamais vue ; on ne voit pas ce que l’on voit tous les jours. Trop petite sans doute pour connaître l’Histoire historique de son quartier : La maison Henri IV. Il séjourna ici et c’est peu dire que la montée proche s’appelle la montée Saint Barthélemy. La maison fut construite sous le règne de François premier qui y logea. Un pur joyau resté en l’état. Une bouffée de nostalgie l’étreignit, comme si elle avait reçu un coup de poing dans l’estomac devant cette richesse qui avait traversé les décennies. Elle s’assit par terre sans respect pour son pantalon blanc et resta un moment à contempler cette architecture, à imaginer la vie des habitants. Elle rêva combien de temps ? Elle ne saurait le dire. Avant que le rêve s’achève, elle décida de se replonger dans l’Histoire de ce quartier du Vieux Lyon…Une manière de retrouver un peu de son enfance.

Où lire Lilousoleil

mercredi 10 septembre 2014

Gab Camote - Une étrange bâtisse

Il va voir et disparaît au coin de la maison aux volets fermés.
Il en fait le tour, cherchant une porte.
Elle attend dans la voiture, à l'entrée du chemin.
Un temps. Le temps.
Cinq minutes. Plus.
Elle sort de la voiture, s'avance dans le chemin.
Crainte.
A l'angle de la maison elle regarde.
Personne. Pas de porte, pas de fenêtre de ce côté-ci.
Pas de trou, pas d'issue. Au-devant les champs vides.
Aucune cachette.
Il a disparu.
Elle revient sur ses pas, frappe à la porte.
Personne dans la maison fermée.
Personne pour la renseigner, la rassurer.
Elle retourne à la voiture. Attend.
La nuit d'hiver tombe. Vite.
Il ne revient pas.
Elle ne sait quoi faire. S'endort un peu.
S'angoisse, n'ose plus sortir dans la nuit.
Il a disparu. Elle s'en va.

Où lire Gab Camote

mardi 9 septembre 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Une étrange bâtisse

Le palais du Temps

Une étrange histoire soufflée un soir de confidence par une de mes amies très proches.
Elle la raconte encore parfois, frissonnante. Je vous la livre ici avec son accord. C’est elle qui parle :

J’étais alors jeune femme belle, brune et longue. Je confiais mes rêves aux vents, aux étoiles, à l’infini et à quelques hommes de passage. Je me perdais dans un regard, m’embrasais pour une main posée, me dissolvais pour une peau aux parfums d’épices et caressais parfois des envies de départ.

Ce soir-là, je marchais dans Florence, ville où j’aimais revenir comme on retourne au port. Une rue bordée de palais, aux murs griffés par les âges et éclairés de cet ocre et de ce vert usé que l’on ne trouve qu’aux fenêtres d’Italie. Cheminait à mes côtés un homme à la silhouette élancée et à la démarche légère. Nous ne nous parlions pas. Je le regardais de côté ne sachant pas très bien s’il était blond ou brun, beau ou laid. Il m’avait rejointe dans mon errance et avait accordé son pas au mien. J’avais trouvé cela naturel, et sans vraiment comprendre, j’avais accepté sa présence. Peut-être le fin réseau aux coins de ses yeux, ou son profil anguleux, ou cet ineffable sourire que je devinais. Ou tout à la fois. A chacun de mes regards vers lui, j’avais l’impression d‘imperceptibles changements, d’une mèche de cheveux barrant son front que je n’avais pas remarquée d’abord, d’une fine cicatrice à son poignet dont j’aurais juré qu’elle n’était pas là un instant auparavant. Puis nous nous sommes arrêtés devant une grande bâtisse massive et immatérielle à la fois, et qui m’apparut alors comme émergeant soudain d’une brume orangée,

- C’est là.
Il avait parlé d’une voix feutrée, juste contre mon oreille. Je n’ai pas été surprise de le suivre sous la vaste porte cochère, puis dans un large escalier en pierre à la rampe douce sous la main. Nous avons traversé des pièces immenses où nos pas résonnaient sur les dalles fraîches. Parfois de grands pans de tentures agités par un léger courant d’air, pendaient devant des baies vertigineuses filtrant le soleil. Dans ces rais mouvant de lumière dansait une poussière dorée. Je sentais des présences diffuses, éthérées, comme diluées dans l’atmosphère mais n’en éprouvais aucune crainte.

Tout au bout d’un long couloir, une dernière porte s’ouvrit sur une terrasse écrasée de lumière. Nous nous sommes avancés jusqu’à un large balustre. Nous sommes restés un moment pour admirer une campagne soyeuse et ondoyante, hérissée du pinceau des cyprès dont les cimes s’inclinaient doucement sous une brise tiède. J’étais fascinée par cette houle semblant battre au rythme de mon propre cœur, et c’est alors que cela se produisit.

Je me sentis d’abord happée puis aspirée vers l'infini. Des voix, des visages affluaient vers moi devenue souffle. Je vis des hommes, puis l’Homme. Notre vie, les enfants. Son départ définitif. Je me vis petite fille sautant à la corde dans la cour de l’école du village, puis sur les genoux de ma mère adorée, puis le jour de mon prix de piano aux côtés de mon père tremblant de fierté. Tout se succédait sans ordre précis, mais les images, les sons, les mots prononcés étaient d’une absolue netteté. Je me vis fermer les yeux de mon amie Jeanne, courir avec Lui sous la pluie de New York, caresser le chien Fred après une marche en montagne, admirer le coucher de soleil sur la grande pyramide, oser frôler les lèvres de mon premier amour … Puis tout cessa brutalement …

Je me trouvais à nouveau sur la terrasse, près de cet homme qui me regardait avec un doux sourire.
- Que s’est-il passé ?
Il m’emmena devant un miroir émaillé de taches bronze et je découvris une vieille femme alourdie, à la chevelure presque blanche, au visage ridé et marqué. Je poussais un cri qui s’étrangla dans ma gorge. Il me prit par l’épaule :
- Ne vous inquiétez pas, venez avec moi.
Je le suivis à nouveau, perdue, les épaules voûtées, le pas incertain. Nous avons repris le même chemin et, au fur et à mesure que nous avancions je semblais m’alléger, me tendre. Mon cœur battait plus fort, mes muscles s’affermissaient. Bientôt, nous étions dehors, devant la porte cochère.

- Où étions-nous ? Qui donc êtes-vous ? Pourquoi vous, vous n’avez pas changé ?
- Nous étions dans votre vie. Mon apparence est celle que l’on me donne. Je ne change jamais parce que je suis le temps et que je n’existe pas.

Puis il disparut, me laissant seule, jeune femme belle, brune et longue.
Je levais la tête vers la bâtisse que nous venions de quitter. Sur la pierre du fronton était gravé « Le palais du Temps ».

Chri - Une étrange bâtisse

Petit mousse.

Le soleil et la chaleur s’étaient donnés rendez-vous dans le pays. Bien qu’on soit au cœur de Septembre, il faisait chaud comme en été ougandais. Il en souffrait. Il venait de faire son tour habituel qui partait de chez lui et l’y ramenait en longeant ce qu’ici on appelle sorgue. Un brin de rivière qui court entre les champs bordés de cyprès. La chaleur était écrasante, suffocante et lui donnait bien de la peine. Lui troublait aussi un peu les sens car il finissait pas ne plus savoir s’il avait chaud ou s’il était gelé. Il frissonnait, même. Sur le retour, il allait descendre dans la sorgue et s’y tremper. Comme elle était à treize ou quatorze toute l’année, ce bain là lui ferait un bien fou. Mais avant d’y arriver il fallait encore avaler la longue ligne droite des platanes dont l’ombre tentante couvrait l’autre côté du chemin. Il soufflait, il transpirait, il suait.
Ce n’est pas qu’il aimait courir, non, ce qui le motivait c’était d’avoir couru. Il en avait encore pour une belle demi-heure avant de se plonger dans le frais. C’est alors qu’il la vit.
Il ne l’avait jamais vue auparavant et pourtant il passait là deux à trois fois par semaine. À l’âge qu’il avait atteint il lui fallait ça mais pas plus. Ses genoux regimbaient, ses chevilles se plaignaient, son dos protestait, ses mollets le regardaient de travers et ses cuisses le battaient froid. Il les reposait au moins une journée entre chaque sortie.
Elle se dressait là. Il s’arrêta, il s’essuya le visage de la sueur, et il regarda sans comprendre. Comment se faisait-il qu’il ne l’ait jamais remarquée ? Elle était au bout d’une allée bordée de cyprès, massive, imposante. Nulle grille ne barrait le parcours de l’allée. Il pensa qu’il s’était trompé de chemin mais non, il était bien sur l’habituel. Je devais passer là la tête dans l’herbe se dit-il.
Il décida d’aller voir, et il emprunta le chemin de terre. Après une trentaine de mètres il était devant la bâtisse. Il fut surpris qu’elle n’ait aucun des caractères des maisons d’ici. Ce n’était pas ce qu’on appelle un vieux mas. Plutôt une vaste maison bourgeoise anglaise de trois niveaux jusques aux tuiles qui étaient plates et en ardoise. A l’abandon, ou presque. Les ronces et les herbes s’en donnaient à cœur joie. Un perron derrière un escalier de quelques marches et une lourde porte de bois entre ouverte. Il monta les marches et entendit comme une voix qui chantait mais c’était diffus comme très éloigné. Il entra dans un long couloir sombre et la voix se fit plus précise. C’était bien une mélodie. Au bout du couloir un grand escalier qui menait au premier niveau il monta quelques marches et écouta. Le son s’éloignait. Il redescendit et entra dans la première pièce à gauche du hall. La mélodie venait de là. Il s’enfonça dans le sombre de la pièce seulement éclairée par les rais de lumières entre les lames des volets de chêne. Au fond de la pièce, sans doute un salon, on chantait. Il reconnut même la mélodie. Il s’approcha se faisant le plus discret possible. Il passa le premier salon et entra dans la deuxième pièce. Pas de doute le chant venait de là. Il ne faisait aucun bruit malgré le parquet de bois. Le chant ne s’interrompait pas. Il poursuivit…
Et là, dans le coin le plus reculé de l’immense pièce toute vide et presque noire, il se pencha et là, au plein milieu d’une flaque d’eau comme un lac, sans doute le reste d’une fuite de tout là-haut le toit, il aperçut, à genoux sur une boite vide d’allumettes comme sur un canoë, une pagaie empoignée ferme, un bandeau noir masquant son œil droit, une frontale sur le front diffusant un minuscule trait de lumière, ramant de bon cœur pour rejoindre la rive, un minuscule mulot semblant chanter à tue-tête :

« Hey petit mousse ! Va comme j’te pousse ! Sur les flots bleus… »

Où lire Chri

Claudie - Une étrange bâtisse

LA MAISON DU FLEUVE

Je l’ai croisée un beau jour de printemps, au détour d’un chemin de halage et ne me souvenais absolument pas l’avoir déjà vue. Elle était nichée derrière des cyprès, toute pimpante, blanche avec des volets bleus. Une maisonnette où il faisait bon vivre l’été parmi les bourdonnements des insectes et les rires d’enfants.
J’avais soif, étant partie dès le matin et la barrière de bois était ouverte. Je faisais le tour du jardin mal entretenu et cognais aux volets. Comme dans un rêve la maison m’accueillait. J’entrais. Il n’y avait pas d’eau, le propriétaire avait du arrêter le compteur. Cependant il faisait si frais à l’intérieur que je m’endormis sur un large canapé fleurant le chien mouillé et le vieux cuir.
Un frôlement me réveilla. Il faisait nuit. Une aile douce et silencieuse. Une chouette peut-être qui n’appréciait pas le dérangement. Je lui promis de me faire discrète et de ne pas chasser la souris de son territoire. La belle aux ailes de soie émit un chuintement et je fermais mes yeux nyctalopes.
L’odeur d’abord me pénétra. Une odeur de vase et de limon. Un frisson de dégoût me mit le cœur au bord des lèvres. La maison charriait une eau immonde pleine de poissons aux chairs putrides qui me fixaient de leurs orbites vides. Des hameçons énormes se fichèrent dans ma peau. J’avais mal, j’avais froid. Un abîme me tendait ses bras morts et je m’enfonçais dans des profondeurs glaciales. Le tourbillon de ma vie aspirait mes dernières forces. Aurai-je le courage de lutter contre ma prison intérieure protégée par des volets de couleur vive. Le vent se leva et la pluie martela les tuiles. La présence de l’eau du ciel curieusement me rassura. Les éclairs de l’orage éclairaient la scène fantasmagorique de mon rêve. Les cyprès sifflaient et leurs branchages me lacéraient le visage mais je m’en moquais. Je n’avais plus peur et j’avançais crânement mes racines tordues par la tempête. Plus rien ne pouvait m’atteindre. J’atteignais le point de non retour, le nœud de mon histoire. Et c’était une simple maison qui me révélait à moi-même.
Depuis l’eau a coulé sous les ponts et j’ai acheté la petite maison. Le jardin chante de bourdonnements et les cyprès virgulent sous le vent. Le fleuve qui voulait m’engloutir est devenu plus calme qu’une eau dormante. Jusqu’à la prochaine fois…

lundi 8 septembre 2014

Vegas sur sarthe - Une étrange bâtisse

La drénaline

C'était la toute dernière bâtisse du village, marquée d'un panneau Fouzy-sur-la-Tronche copieusement criblé par nos savants tirs de caillasse. On passait toujours devant à fond la caisse - au moins du dix à l'heure - sur la mob bleue d'Oncle Hubert mais jamais on ne s'y serait arrêté. Etait-ce parce que le maire du village y régnait en maître ou parce que la Tronche à cet endroit grondait sauvagement contre les pales pourries d'une grande roue à aubes immobile et noire comme un loup garou?
Tout dans ce lieu semblait chargé d'un lourd secret.
Le moulin flanqué de son étrange cheminée de briques disjointes ne moulasse plus rien depuis belle lurette, en tout cas je n'avais jamais entendu dire qu'on y ait moudré ou moudu - ça sert à quoi de nous faire copier cent fois ces foutus verbes du troisième type - le moindre boisseau de blé depuis que mes ancêtres vivaient là.
Pourtant à chaque fois qu'on rebeuillait dans le coin avec les potes, ça viaunait comme une odeur de farine rance qui me donnait la nausée et m'attirait en même temps.

Alors quand le Bébert a proposé d'y aller voir cette nuit-là à cause que c'était nuit de pleine lune, j'ai ressenti ce machin que les grands appellent la drénaline et qui m'occasionna une drouille carabinée !
Pendant que je soulageais mes arrières aux cagouinces, Bébert préparait le matos en grand secret: échelle de corde, sac à dos et cette fameuse lanterne de cheminot Wonder qui s'use même quand on s'en sert pas.
On a jarté sans nous retourner - en chaussettes pour pas alerter Rex, le câgne du voisin qui aboyait au moindre bruit - et plus vite que prévu à cause d'une forte rabasse qui nous a gaugés avant même d'avoir passé le pont de la Tronche!

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Fairywen - Une étrange bâtisse

Le manoir dans la forêt.

La neige crissait sous mes pas tandis que j’avançais dans la forêt qui entourait ma maison. Eté comme hiver, de jour comme de nuit, j’aimais bien m’y promener. J’y faisais toujours de nouvelles découvertes : un jour, un champignon à la forme étrange, le lendemain, les traces d’un chevreuil venu musarder autour de ma maison… Je ne me sentais jamais seule avec la vie forestière qui bruissait autour de moi. Bien sûr, les gens du village avaient pensé que j’étais folle lorsque j’avais acheté cette chaumière isolée toute proche des bois. C’est qu’ils avaient mauvaise réputation, ces bois que l’on disait hantés… Moi, en tout cas, je n’y avais jamais vu aucun fantôme, aucune créature mystérieuse, mais la légende suffisait à préserver la tranquillité des lieux, et par la même occasion, la mienne.
Est-ce que je fus étonnée en découvrant soudain cet imposant manoir que je n’avais jamais vu ? Je ne sais pas. Peut-être un peu, peut-être beaucoup, peut-être pas du tout. Ai-je eu peur ? Oui, confusément, car j’ai senti que ce lieu allait changer ma vie. En tout cas j’en poussai le portail et m’avançai dans l’allée, curieuse. Il n’y avait pas âme qui vive, pourtant je me sentais observée. Pas menacée, juste observée. Le manoir m’attirait comme un aimant. Pas de lumières à ses fenêtres, pas de traces dans la neige, et pourtant, il ne paraissait pas abandonné. Alors j’ai poussé la porte et je suis entrée.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Ce n’est pas mon genre d’entrer comme ça chez les gens sans y avoir été conviée… Quoique… La porte était entrouverte, comme une invitation à pénétrer dans le hall. A ma grande surprise, il y faisait chaud, ce qui me conforta dans mon impression que les lieux avaient au moins un occupant. Il y avait des torches fichées dans les murs, qui semblaient éclairer un chemin rien que pour moi.
Ce chemin, je l’ai suivi, jusqu’à une bibliothèque où un feu brûlait dans la cheminée. J’étais fatiguée par ma randonnée dans la neige, j’ai enlevé mon blouson, et je me suis pelotonnée sur le fauteuil qui me tendait les bras. Depuis mon refuge, je distinguais la plus grande partie de la pièce, mais avec juste des bougies en éclairage, je ne voyais pas grand-chose, surtout que dehors, la nuit commençait à tomber. C’était étrange, d’ailleurs. Il n’y avait nulle trace d’électricité dans le manoir. Depuis que j’y étais entrée, j’avais l’impression d’être dans un autre monde, une autre époque, un autre temps, un temps où la vie allait moins vite, une époque où d’étranges créatures erraient dans la forêt, un monde où tout était possible. Et étrangement, je m’y sentais bien. Le manoir m’avait accueillie à bras ouverts, comme si j’y étais attendue depuis longtemps. D’ailleurs, en y repensant, c’était tout de même surprenant que je n’ai jamais remarqué une demeure aussi vaste au cours de mes errances dans la forêt…
La fatigue et la chaleur finirent par avoir raison de moi, et je me suis endormie, bien au chaud sous le plaid que j’avais trouvé sur le fauteuil.

Lorsque je me suis réveillée, il faisait nuit, et la pleine lune brillait dans le ciel. Un ciel clair et empli d’étoiles, qui faisait étinceler la neige immaculée. De la forêt proche montait un chant sauvage, triste et beau à la fois, un chant de souffrance et d’amour, un chant d’espoir et de désespoir mêlés, un chant de mort, de vengeance et de vie.

Je n’ai pas eu peur lorsque la porte de la bibliothèque a tourné sur ses gonds…

Où voir l'étrange manoir et où lire mon blog d'auteur

Marie la végane - Une étrange bâtisse

La bâtisse de la honte

Je passe devant elle à chaque fois que je me rends à ma destination vacances favorite. Une bâtisse qui se dessine au loin, presque floue, grisâtre, faisant tache dans la journée ensoleillée. Cette fois, je suis en avance sur mon horaire. Tant qu’à perdre mon temps avant de pouvoir réclamer les clés de ma chambre d’hôtel, aussi bien céder à ma curiosité et aller voir quel est cet endroit.

La route est longue, sinueuse, passant à travers un pré où broutent quelques vaches, levant la tête à mon passage puis, une fois la surprise passée, reprenant leur repas. Je stationne devant cet étrange édifice. Sombre, avec quelques fenêtres délabrées bien en hauteur, et une simple porte au milieu. Mon instinct me souffle que je n’aimerai pas la suite. J’aurais dû l’écouter. Car à peine quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre pour laisser passer un employé sortant prendre sa pause. Et là, en une fraction de seconde, juste avant que la porte ne se referme, je constate toute l’horreur de cet endroit.

Du sang. Du sang partout. Sans parler de l’odeur… Des vaches, partout. Certaines rattachées à une affreuse machine pompant inlassablement leur lait, le regard triste. Ce regard… C’était comme si elles me suppliaient de les sortir de là. Tout près, les cadavres de celles ne pouvant plus produire assez de lait pour respecter les quotas. Et encore plus loin, mais toujours assez près pour que les vaches en train de se faire siphonner leur lait le voient et en soient psychologiquement marquées par la souffrance, les veaux. Les si petits veaux, innocents, qui ont été tués à peine quelques instants après être nés, sans jamais avoir vu la lumière du jour ni senti la caresse du vent ou l’herbe sous leurs petites pattes fragiles de nouveau-nés. Parce que le lait maternel qui leur était naturellement destiné devait plutôt être pompé et embouteillé pour faire du profit. Et ces petits veaux, innocentes victimes de la « machine », allaient ainsi rapporter pour leur viande. Et les hurlements… Les hurlements des pauvres animaux encore en vie, voyant le sort de leurs enfants et de leurs congénères, et sachant que ce sort serait, un jour pas si lointain, le leur.

J’ai éclaté en sanglots, et je me suis sauvée. Dans ma tête valsaient plusieurs images. La souffrance de ces bêtes, jugées comme « produits » alors que d’autres animaux, comme les chats et les chiens, font partie de bien des foyers à titre d’animaux de compagnie. L’odeur de mort. Leur regard, leurs hurlements emplissaient ma tête. Et par-dessus toutes ces images atroces, j’imaginais un homme, enfermé dans son manoir, se roulant dans une piscine de billets verts comme Picsou. Et il ne s’agissait que des vaches et des veaux, mais je ne suis pas aveugle, je sais que ce même sort est celui des cochons, des agneaux, des poules…….. Je pleurais. De rage, d’impuissance, mais, surtout, de la souffrance de ces animaux que je pouvais ressentir. J’ai alors su que plus jamais je ne pourrais consommer de produits animaux.

J’aurais pu essayer d’oublier, et confortablement m’installer à l’hôtel et profiter de mes vacances. Mais quand on a ouvert les yeux et constaté l’atroce réalité, on ne peut pas faire semblant que ça n’existe pas. J’avais mal, je voulais faire quelque chose de plus que de ne plus consommer tous ces produits issus de la souffrance et de la mort. J’ai donc annulé ma réservation et me suis jointe à une manifestation pour conscientiser les gens sur le sort de tous ces animaux, qui méritent autant notre amour et notre compassion que les chiens et les chats. Si j’arrive à ouvrir les yeux à ne serait-ce qu’une personne sur tous les mensonges dont cette industrie nous gave comme elle gave les oies pour leur foie gras, j’aurai au moins contribué indirectement à sauver la vie d’un animal.

Où retrouver Marie la végane

Semaine du 8 septembre au 14 septembre 2014

Une étrange bâtisse

Lors d'un voyage dans une ville étrangère ou d'une promenade dans celle où vous vivez depuis toujours (ville ou village) vous découvrez une maison étrange, qui vous semble un peu particulière sans que vous en compreniez la raison.
Et même si votre histoire se situe dans votre environnement familier vous ne l'avez encore jamais vue.
Vous êtes fascinés, attirés irrésistiblement. Cette bâtisse vous prend le cœur, l'esprit, le corps et vous décidez d'y entrer malgré la crainte insidieuse que vous ressentez.
Et là, l'aventure commence ...

Surprenez-nous, faites nous rire, trembler, rêver comme bon vous semblera.
Votre texte devra nous parvenir à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com avant dimanche 14 septembre minuit.

dimanche 7 septembre 2014

Mabata - Nom d'une pipe

Ça faisait déjà des mois qu’elle l’avait repérée dans la vitrine de l’antiquaire.
Chaque soir en sortant du cabinet de pédicure où elle travaillait, elle passait devant la boutique. Elle s’arrêtait pour regarder, pensive, cette pipe à opium qu’elle projetait d’acheter à son grand-père pour Noël. Il lui avait si souvent parlé de ces salons où il aimait aller oublier ses soucis allongé parmi les autres fumeurs. C’était avec beaucoup de nostalgie qu’il évoquait sa vie « d’avant »… Petit à petit, avec beaucoup de pudeur, il lui dévoilait sa jeunesse. Toutes les semaines, elle allait le voir à la maison de retraite. C’est sûr que là-bas, il ne pourrait pas utiliser cette pipe. Mais peut-être lui ouvrirait-elle la porte vers d’autres souvenirs…
Elle frappa doucement à la porte.
- Grand-père ?...
Il était debout, face à la fenêtre et ne l’avait pas entendu toquer.
Elle l’observa quelques instants : la crinière grisonnante, les épaules légèrement voutées, une carrure toujours imposante qui allait bien avec son mètre quatre vingt dix. Un jean, une chemise à carreaux style bucheron canadien, il lui en imposait encore. Elle s’approcha de lui doucement et reprit :
- Grand-père, tu rêvasses ?
Il se retourna vivement un grand sourire aux lèvres.
- Ma Chérie ! Non, tu vois je taillais mon rosier nain en t’attendant. Ca me détend… Tu sais, depuis que tu me fais parler du passé, je deviens insomniaque. Ne t’inquiète pas, ça ne me fait pas de mal. C’est juste bizarre de revivre tous ces moments bons et mauvais parfois…
- Si tu veux, on arrête.
- Oh non, je suis curieux de lire ce que tu vas tirer de mes souvenirs ! Encore un best-seller ? lui dit-il un petit sourire ironique au coin des lèvres.
- T’inquiète Grand-père, ça ne sera pas publié, c’est juste pour nous deux…

June - Nom d'une pipe

Hauteurs

Les minutes défilent. Tu sais. Seconde après seconde. Impitoyablement. Sans arrêt. Sans arrêt. La nuit emporte, le monde, et moi, jamais. Je tourne, encore et encore, mais le monde ne tourne pas avec moi. Jamais. Non. Jamais. Des jours et des jours, nuits après nuits. L’esprit tellement fatigué, et le corps qui pleure, pleure de ne pas se reposer. Jamais.
Jamais.
A mes côtés, il ne reste que le fantôme, la main à la pipe manucuré. Tes beaux doigts fins qui s’entrelacent langoureusement, juste entre mes lèvres. Et lorsque je goûte, lorsque je respire, lorsque la fumée entre et se libère. Je me libère. C’est comme monter un peu trop haut, vivre un peu trop haut. Pendant une seconde, toucher les étoiles alors que ta peau m’accroche, là, en bas, pour que je ne m’élève pas trop. Pour que je reste, ici, là, juste avec toi. Et tu me dis qu’il ne faut pas partir trop loin, tu me dis que c’est là que mon monde se libère, que la frontière est là, juste à l’orée de nos songes, qu’il ne faut pas fermer les yeux non, ou je ne reviendrais jamais. Il disait qu’il avait besoin de moi, oui, il disait, et sa main se détachait de ma nuque, le bois d’entre mes lèvres, l’opium de mes poumons.
Il m’avait fait voir.
Perdue entre ces rosiers nains, leurs fleurs oubliées dans mes cheveux, la nuit froide et sauvage, qui se glisse juste sur ma peau, et qui me fait tressaillir. Me fait frissonner. Les jambes qui s’enlisent entre les herbes folles, des pieds blancs, à la pédicure trop parfaite. Un visage lisse, sans sourire. Les yeux clos, maquillés, transformés. C’était tes mains qui s’acharnaient sur mon corps, inlassablement. Mais toi, tu n’es plus là non, tu n’es plus là. Tu avais le corps à mort qui tremble, ces vapeurs que l’on partageait qui t’ont tué. Et tes mains disparues, qui ne pouvaient plus me toucher, qui ne pouvaient plus me soigner, qui ne pouvaient plus me rattraper.
Et je me suis égarée.
Loin, trop loin pour moi.
Tu n’étais plus là.
Tu ne pouvais plus me rattraper.
Tu ne pouvais plus me rattraper.

Lilou - Nom d'une pipe

Pour raconter une histoire à dormir debout, il faut d’abord un nain somme toute qui ait la niaque, car un insomniaque qui n’écoute que son négot, nain téresse personne et surtout pas une pédicure folle des nains de jardin ou ou des nains de pot… Mais si cela existe des nains de pot. Je reprends donc, un insomniaque fume le narguilé, ou plutôt, comment ? L’ami de Mickey, fume l’opium ? non pas possible ! l’ami de Mickey c’est Plûtot, ne pas confondre… donc un nain somme…un insomniaque pipe à opium en main, rencontre une pédicure cul de jatte qui adore les plantes et les nains de jardins… L’insomniaque qui est loin d’être un nain bécile offre à la belle un rosier nain.

Elle est pas belle mon histoire ? vous avez raison c’est du nain porte quoi !

Bonne nuit

Où lire Lilou

jeudi 4 septembre 2014

Tiniak - Nom d'une pipe

AU NOM D'UNE PIPE

Mon très cher insomniaque alter ego
m'a fait le don d'une pipe à opium
D'un rosier nain, j'ai tiré le sebum
liant parfumé dont j'enduis le fourreau

Prends-moi la main, fantôme fraternel
et glisse-la jusqu'à ton lent soufflet
Mon bras - la branche où s'est tenu Poucet
lascivement va mélanger le ciel

Un songe fleuve emporte sur son dos
le réveil solitaire et sans amour
la promenade infertile du jour
grinçant, le chant d'un amoureux duo

Le brouillard blanc d'un mythique opéra
finit sa course en roulant à mes pieds
Je lui caresse, d'un doigt familier
le vieux dragon tombé raide mort - "Là..."

L'instant suivant, je cherche quoi m'offrir
"Une pédicure ? Une oreille ? Un four ?..."
Ce rêve dissipé, revient le jour
où - mince alors ! il faut se répartir

Adieu, Gerda ! ma pipe, mon foyer !
Bonjour chiffons et recherches d'emploi
Ah, saisonnier ! quelle est dure ta loi !
mais c'est ainsi qu'on paye son loyer

Où se curer le fourreau...

Lira - Nom d'une pipe

Fatuité accrochée
Aux volutes grisantes
De sa pipe à opium,
Dandysme de bazar
Noué sur le revers,
Ombre dans le regard
Pour un air baudelairien,
Il déclamait ses vers
Avec la certitude
Qu'ils pouvaient coudoyer
Le spleen d'un albatros
Ou les fleurs de l'ivresse.
Las ils en étaient loin.
Il eut fallu talent
D'une pédicure experte
Pour ciseler le cal
De ses alexandrins.
L'homme n'avait peur de rien,
Il chevauchait les siècles
Pendu à une ballade
À faire pleurer Villon,
Il enjambait la Seine,
Et le pont Mirabeau,
Dos courbé, sanglotait
Sur l'archer de l'automne,
Il traversait les monts
Et les vaux et les prés
Sans même s'émouvoir
Du dormeur qui gisait
Et hantait chaque nuit
De ses frères insomniaques.
Enflé de suffisance
Et la plume fanée,
Il invita la belle
À cueillir son printemps.
La mignonne n'eut à voir
Que les derniers lambeaux
Et la robe froissée
D'un maigre rosier nain
Qui tentait de durer
Tout au fond du jardin.

Nounedeb - Nom d'une pipe

C’est un pédicure
Qui craint les piqûres ;
Taille un rosier nain
Se pique la main.
Hypocondriaque,
Un peu insomniaque,
Sa pipe à opium
Fume, et délirium...

Où lire Nounedeb

mercredi 3 septembre 2014

Lorraine - Nom d'une pipe

La pédicure insomniaque aspira une longue bouffée d’opium, reposa sa pipe et flotta par-dessus sa tête.

Elle s’envola par la fenêtre ouverte sur l’été. Sa longue robe d’argent effleura les branches hautes dans la forêt de sapins ; l’odeur de résine grisante l’endormit comme un philtre d’amour. Elle revit l’étreinte insensée de l’inconnu d’un soir, la rose dérobée au rosier nain qu’il lui offrit avant de disparaître à jamais. Une légère secousse de chagrin l’éveilla comme elle regagnait son lit. La nuit serait longue. Elle reprit en tâtonnant la bouffée consolatrice.

Et s’engloutit dans les illusions dérisoires et exaltantes qui bercent les filles délaissées, pédicures ou non.

Où lire Lorraine

Jak - Nom d'une pipe

Ravissement

Navi, avec son allure mystérieuse, se dandine sur ses tongs. II doit sans cesse crisper ses orteils enflammés pour retenir ses socs usés, dont l’unique lanière lâche prise.

Il arpente la rue Wangfujing et la foule qu’il affronte ce matin, l’oblige à chevaucher inlassablement les trottoirs.

Arrivé vers le 200, on distingue une officie honorable. Il y entre, en catimini, cherchant à ne pas se faire remarquer des touristes qui fouinent pour découvrir l’objet incontournable, le bibelot suranné, preuve indiscutable de leur passage ici.

Là, dans le fond, derrière des tentures, à l’abri des regards, seuls les initiés le savent, une chambre sombre, lugubre, dont l’odeur serait insoutenable pour les papilles non habitués.

Il choisi presque les yeux fermés sa place favorite, un sofa crasseux où il s’allonge avec volupté.

Autour de lui de vénérables vieillards insomniaques, le regard vague, la barbiche dégarnie, fument avec un plaisir visible la pipe à opium. On les devine ayant atteint le septième ciel, perdus dans des rêveries thébaïques.

Navi attend avec patience que le maître de la Maison arrive, ce qui ne saurait, tarder, mais en ce lieu les minutes n’ont pas la même ampleur, alors patiemment, il entre, en méditation.

Le maître enfin arrive, suivi de Rosier-Nain, un pédicure habilité par la maison.

En effet, Navi n’est pas venu pour l’opium, mais bellement pour se faire masser les pieds.

Car ce chevronné ‘Rosier-Nain’ est un spécialiste émérite. Non seulement il est capable de vous transcender dans un monde meilleur par son habileté manuelle, mais de plus il peaufine, si l’on peut employer le mot, en terminant par un Snakeskin, ce qui vous rend plus mystérieux encore.

Navi ressort revigoré, ses sandales ne le gênent plus, il saute comme un lapin avec des pieds resplendissants aux ongles recouverts de peau de serpent.

Literr'auteurs - Nom d'une pipe

Démenti’Elle

Elle se languit sur ce banc. Que diable a-t-elle accepté un poste de nurse dans cette famille qui se prétend so british ! Elle les observe tous les quatre, ces mioches enchifrenés qu’aucun mouchoir en papier ne parvient à débarbouiller. Si encore ils s’exprimaient en anglais correct ! Elle aurait pu revendiquer ce job d’été auprès de Madame Bacon, en septembre, quand elle s’échinerait sur une traduction hasardeuse. « Ce n’est pas de ma faute, aurait-elle expliqué, si ces quatre marmots sont béotiens dans leur propre idiome. Ce n’est pas dans la noble langue qu’ils s’expriment, mais dans un dialecte ponctué de strates d’onomatopées ».

À leur décharge, il faut avouer que leurs origines sont pour le moins plébéiennes ; que leur père utilise davantage la pipe à opium – « opium pipe », ça, ils savent le dire – que le stylo Parker* (qui n’est certes pas anglais) ; que leur pédicure de mère a découvert sa passion pour les pieds dans une fumerie Thaïlandaise. Les pieds – foot – pas ceux que l’on compte sur les doigts (de la main) pour rédiger un poème. C’est d’ailleurs là et ainsi qu’elle a rencontré l’homme de sa vie : ses pieds d’abord. Certes, on peut ne pas être une famille d’intellectuels et s’octroyer pourtant les services d’une jeune fille au pair, même quand on habite Belleville, dans le vingtième.

Elle se languit sur ce banc, à guetter les faits et gestes des quatre bambins embroussaillés de la famille Rosebush. Elle sent l’exaspération monter en elle. Morveux, hirsutes, incultes. Que diable a-t-elle accepté un poste de nurse dans cette famille qui se prétend so british !

Son regard erre dans le parc. Se dépose sur un rosier nain calamiteux plus nanti d’épines acérées que de fragrantes fleurs. Les quatre gosses criaillent et se trémoussent. Son regard va des uns à l’autre. Son exaspération se transforme progressivement en éréthisme. Nerveux, comme le décrit Marcel Proust. Les épines de l’églantier s’allongent, se gonflent. Se transforment en dents d’un peigne géant qu’elle s’égare à passer avec volupté dans les tignasses emmêlées, ignorant les cris de douleur de leurs propriétaires. Alors ses gestes se font plus bourrus encore, plus secs : avec les feuilles de la maladive plantule, elle démorve les frimousses qui s’empourprent sous la rugosité abrasive du feuillage.

Elle se languit sur ce banc. Que diable a-t-elle accepté un poste de nurse dans cette famille qui se prétend so british ! Soudain, elle sent sur son bras une caressante pression. Puis une autre sur la jambe. Et une nouvelle sur son épaule. Et une dernière sur sa joue. Elle tressaille. Quatre gracieux diablotins la contemplent en souriant. « Mademoiselle, lui disent-ils, dans un français parfait, mademoiselle vous vous êtes assoupie ! Nous avons veillé sur vous pour que personne ne viennent vous incommoder. » Elle revient à la réalité. Elle émerge de son rêve d’insomniaque.

D’agrypnie, comme le décrit Marcel Proust.

Où lire Literr'auteurs

Jerôme - Nom d'une pipe

La pédicure passe la main

La pédicure du rez-de-chaussée en pince pour le locataire du troisième gauche. Un soir, sous un prétexte habile, elle s’invite chez lui, décidée à rester jusqu’à l’aube - s’il le faut, contre toute déontologie professionnelle, elle se jettera à ses pieds -. Ils font connaissance, sympathisent, se rapprochent, et finalement, le garçon la tient réveillée toute la nuit. Mais c’est en discourant sans fin sur Magritte et la religion : « ceci n’est pas une pipe à opium du peuple », et pas autrement.
Au petit matin, la pédicure est décidée à passer la main : à la personnalité de cet insomniaque manque un aspect essentiel à ses yeux: l’éros y est nain.

Où lire Jérôme

mardi 2 septembre 2014

AOC - Nom d'une pipe

A l’ombre d’une pédicure en fleurs, le poisson koï faisait la carpe dans le compact des pattes palmées qui assombrissaient sa surface depuis que le lieu était dévolu à l’apprentissage des anatidés du coin. Maman Cane, jeunette à qui on ne la raconte pas, avait décidé de soustraire sa fragile progéniture à la mâle intention de sa race. C’est qu’elle avait failli y passer plus d’une fois, mais ce n’est pas le sujet.
Le sujet du jour quoique Koï, n’en est pas moins fou dingue de sa lanceuse d’appâts préférée. La présence bouillonnante des fausses notes lui brouillait l’ouïe à un tel point que, soudain, sur l’onde il entendit s’avancer un rosier nain qui jonglait avec ses racines. Ebahi, admiratif, Koï resta coi devant tant d’adresse. Ce n’est pas si courant de voir voler et être si bien maitrisées autant de racines carrées, se dit-il. Et puis, puisqu’on y est, il se dit aussi que, foi de morue, c’est pas facile quand on est poisson d’avoir les pieds sur terre…
Mais bon, c’est assez courant chez eux, toutes ces idées troubles quand les palmes règnent sans respect au-dessus de leurs têtes. Troublé (donc), exaspéré, affamé et amoureux transi de sa belle tripoteuse plantaire ET plantureuse tri… (Mais non ! Ce n’est pas le sujet ! ), notre ami perdit la raison et fonça dans le tas. Faut le comprendre, elle était bien gentille la maman des canards, mais pour lui, c’était une question de vie ou de mort : son opium c’était Pippa, comme lui avait soufflé son ami Rufa.
Ce qu’il ne savait pas, ce qu’il n’avait jamais voulu entendre au temps où ses eaux étaient sereines, et que lui avait pourtant rabâché sur tous les thons son maître Zen, c’est qu’il faut toujours faire sept fois le tour du bassin avant de croire au grand amour.
Quand il surgit de l’eau, la bouche en cœur, ce qu’il vit lui laissa les nageoires ballantes, molles, sciées ; la mâchoire bée ; les yeux de merlan pas frit (pas frais non plus) et on entendit un plouf qui tomba passablement à plat du coté pédicurien : toute à sa trahison, la belle remplissait un nouveau bassin de nombreux Rufas en leur disant des mots doux.
Lorsque notre Koï eut fait le tour de quelques nuits sans fermer l’œil (ce qui, au demeurant, est très facile pour un poisson), il comprit enfin ce que son maître voulait dire en répétant à l’envie : garra rufa, garra rufa, garra rufa… Il lui fallut encore quelques tours pour comprendre qu’une pipe (fusse-t-elle à opium) n’avait rien à faire sous les pattes d’un canard, surtout quand elle vous fait prendre un rosier nain pour un mathématicien.

Chri - Nom d'une pipe

Cure.

Une petite pièce close, un bureau dans un des coins, un fauteuil, un vieux divan au confort divin chiné aux puces, une lampe en bois flotté, seul au mur face au divan, le portrait d’un vieil homme barbu aux lunettes rondes... Ils sont deux dans la pièce, l’un des deux est assis dans le fauteuil à la tête de l’autre allongé sur le divan. D’une voix monocorde sans musique, presque en chuchotant, celui qui est assis :
___ Rosier nain ? C’est bien ce que vous avez dit ?
___ Heu oui, c’est ce que ma femme voulait que j’achète pour le massif à l’entrée du jardin…
___ Et ça vous fait penser à quoi, rosier nain ?
___ Heu ben je ne suis pas plus bête qu’un autre, ni moins, vous savez… Dès qu’on va quelque part et qu’on dit rosier on pense épines…
Il est coupé.
___ Je ne sais pas, moi, c’est vous qui savez, on peut penser senteurs, parfums couleurs vase, cadeau, poésie, Ronsard… C’est vous qui avez parlé d’épines… Vous pourriez vous demander pourquoi il a des épines ce rosier nain, là ?
___ Heu mais c’est ma femme qui me l’a demandé nain, c’est à elle qu’il faudrait poser la question…
___ Si je ne me trompe, ce n’est pas elle qui est allongée là, sur ce divan Ce qui est intéressant c’est ce VOUS en pensez.
Il laisse planer un long et lourd silence dans la pièce puis reprend :
___ Oui ?
___ Heu si ça peut aider, je me souviens même du prénom du rosier qu’elle m’a demandé d’acheter. Oui, parce que ma femme donne des prénoms à ses plantes, elle les baptise avant de les planter et décide de les nommer. Le rosier elle voulait l’appeler Somniak. Ça la faisait beaucoup rire :
___ Le rosier nain Somniak… Elle est bizarre, parfois ma femme. Ça dort un rosier ?
___ Qu’est-ce-que vous en pensez, vous ?

___ Heu rien, juste ça me rappelle le jour où j’ai arraché son dahlia, dans le massif du fond, son dahlia Opium, elle était en colère, je m’étais trompé c’est le bouleau qu’elle voulait que j’arrache. Elle hurlait dans la maison mais pourquoi as-tu cassé la pipe à Opium, je l’aimait beaucoup, lui….
Elle en a eu pour quinze jours. Des fois, elle m’agace un peu avec ses plantes, son jardin et son chat, Cure. Cure qui ne semble dire qu’une chose puisque dès qu’on l’approche, il siffle, souffle et fait mine de mordre. Ah qu’il n’aime pas les gens, lui ! Fiche moi la paix dit Cure à tous et à chacun.
Il est à nouveau coupé :
___ Bien, nous allons en rester là pour aujourd’hui, nous nous revoyons mardi prochain. Vous me direz ce que Cure évoque pour vous… Dites, je l’aimais, il faut un s à la fin, pas un thé…

Où lire Chri
et pour les photos

Manoudanslaforet - Nom d'une pipe

La vieille dame, fluette et fragile, se tourne et se retourne pour la énième fois dans son lit : « et si je me levais ? »
Insomniaque depuis de longues années, elle passe ses nuits debout, observant par sa fenêtre, le monde à travers la nuit. Elle se prépare sa pipe d'opium, et dès les premières bouffées, son esprit s'envole, loin des soucis qui l'attendent : le loyer, le rendez vous chez la pédicure, le banquier, les enfants... Elle rêve, elle revit et s'endort au petit matin...un rosier nain tenu par une main amoureuse l'accompagne;

Mafaxel - Nom d'une pipe

Nom d'une pipe

Sonia la pédicure, coupe méticuleusement les ongles durs des orteils du vieil olibrius vaguement étendu dans le fauteuil. C'est un nouveau pensionnaire de la Maison de Retraite et il est pour le moins surprenant. Vêtu d'une chemise kaki et d'un jumper, il affiche son originalité. Son bavardage est incessant, mais Sonia répond par des monosyllabes.
Il se tait quand elle se met à lui masser doucement les pieds, puis se met à soupirer et gémir. Sonia qui n'a pas l'habitude de s'en laisser conter le rabroue :
« Oh oh, c'est un massage de pied, là, n'allez pas imaginer autre chose»
« Ah si vous saviez, cela me rappelle mes vingt ans en Indochine. J'avais rencontré une petite femme qui me massait les pieds comme ça (enfin elle commençait par les pieds) , puis elle me préparait une pipe d'opium. Ah quels délices »
Sonia ne prend pas la peine de répondre, elle en a entendu des vertes et des pas mûres, du vrai et du faux, allez savoir.
De toute façon, elle n'a pas le temps de l'écouter. Aujourd'hui, elle essaie d'écourter chaque séance de quelques minutes, c'est toujours ça de gagné. Comme ça, elle aura le temps d'aller acheter le rosier nain qu'elle veut offrir à sa fille pour ses huit ans, en plus du jeu video bien sûr,( le virtuel d'accord, mais la réalité d'une culture facile aussi) en sortant de son boulot.
Bon à qui le tour ? M. Z, l'insomniaque. Il va falloir que je lui fasse écourter la narration de ses nuits sans sommeil.
Puis Mme X, pas de problème, elle se pose là, ne cause pas, ni bonjour, ni au revoir, ni merci et pourtant, je sais qu'elle est contente. C'est ma préférée et je la mets toujours pour le dernier rendez-vous. Comme ça si j'ai le temps, je prolonge un peu le massage des pieds, mais pas aujourd'hui.
Bon mais pour l'instant c'est pas le tout
« Allez, M. Z, on se dépêche un peu ».

Adel - Nom d'une pipe

Nom d'une pipe

Cet insomniaque, qui comme tout insomniaque qui se respecte désespérait de trouver le sommeil, échangea sa pipe à opium contre d'étranges friandises destinées lui dit-on à tomber amoureux dans les bras de Morphée...
Cette nuit-là, alors qu'il l'attendait de pied-ou plutôt d'oreiller- ferme , au lieu d'une céleste berceuse, notre homme ouït des cris déchirants, lesquels s'avérèrent poussés par son pied gauche qui avait pris un aspect particulièrement monstrueux et le fixait de ses gros yeux exorbités et légèrement phosphorescents: «A l'aide, à l'aide!- hurlait le malheureux- Je n'en peux plus d'avoir les orteils torturés par le son des cors le soir au fond des doigts! J'exige sur le champ l'intervention d'une pédicure diplômée et compétente!
Prenant son pied délicatement dans le tapis, l'homme tenta de le raisonner, lui expliquant calmement qu'à une heure aussi inappropriée, il était impossible de trouver une pédicure, que cela ne poussait pas plus sous le sabot d'un cheval qu'au pied d'un rosier nain: rien n'arrêta les hurlements du pied, et c'est ainsi qu'au petit jour, à l'issue d'une longue et douloureuse quête, l'insomniaque et son extrémité se retrouvèrent devant la porte d'un cabinet de podologie.
Las! Lasse d' être à l'écoute de pieds qui ne lui disaient rien, la thérapeute du ripaton, qui avait trouvé chaussure à son pied, avait pour toujours levé le sien!
Qu'advint-il alors de notre opiomane insomniaque et de son pied pas beau? Nul ne le sait , sauf peut-être le nain de jardin qui veille au pied d'un rosier de petite taille...

Emma - Nom d'une pipe

Téléthérapie

-Aymeric Dumantier, dit l'animateur replet et réjoui, vous n'êtes pas apparu publiquement depuis votre célèbre procès de 1982. Merci d'avoir accepté l'invitation de notre chaîne, à l'occasion de la sortie de votre roman "Les épines du rosier nain", dont je tairai le sous-titre, à cette heure de grande écoute.
Vous n'avez rien publié depuis "Celui qui crachait", en 90, qui fit scandale comme les précédents. Diriez-vous que "Les épines" sont la conclusion de toute votre œuvre ?

Ainsi ce vieux salopard est encore vivant ! Il doit bien avoir près de cent ans.! Emacié, blême, la voix sifflante, racorni, ratatiné comme un bonzaï, mais vivant, et l'œil encore vif !
Depuis le lancement de sa carrière littéraire sous Vichy, grâce à la protection rapprochée du général Sanfterfreund, il a été de toutes les causes pourries, régulièrement poursuivi devant les tribunaux par tout ce que le pays compte de ligues morales, confessionnelles et patriotiques …

L'appartement de Dumantier est à son image : sombre, antique, écrasé par des tentures hors d'âge, les murs couverts de papiers punaisés.
L'homme lui-même, ainsi que son interlocuteur, sont assis sur des fauteuils crapaud d'une teinte indéfinissable, séparés par une table de travail surchargée de paperasses. Derrière eux, sur un piano ouvert qui semble ricaner de toutes ses touches jaunies, un buste de Voltaire trône entre un chat empaillé, et une sorte de flûte traversière qui, grâce à un zoom complaisant de la caméra, se révèle être une pipe à opium.
Cela doit sentir la crasse et la poussière, et les relents d'un passé nauséabond.

- l'apogée !
- pardon ?
- vous êtes bien impertinent, jeune homme. Pas la conclusion. L'apogée. Toute mon œuvre est un grand cri d'amour.
- un grand cri d'amour ? dit l'animateur dont l'œil commence à frétiller, tout de même ! Dans "Les épines", vous faites violer et torturer Yvette, cette malheureuse pédicure anorexique, par quatre notaires, ce qui n'est pas banal. Est-ce là votre vision de l'amour ?
- et au nom de quoi, jeune homme, l'amour serait il interdit aux notaires?

Je n'y arriverai pas, se dit Sébastien. Il fait craquer ses phalanges, remue ses jambes sur le fauteuil relax en similicuir vieil or (900 euros chez Confo, une folie).
- Mais nos invités souhaitent plus particulièrement parler de votre style inimitable…
Ah… soupire d'aise Sébastien, oui …oui… ça vient, je sens que ça vient…

Grand insomniaque depuis qu'il est passé chef de section, Sébastien a tout essayé : le yoga, les bains de pied aux huiles essentielles, les tisanes orientales, les bracelets de cuivre…
Et il n'y a qu'une chose qui soit capable de l'endormir : les émissions littéraires !

Où lire Emma

lundi 1 septembre 2014

Fairywen - Nom d'une pipe

Rêve d’opium.

Une pipe à opium à la main,
Un insomniaque fumait
Sous un rosier nain
Et rêvait
A une pédicure
Rencontrée dans un train
Qui fonçait vers le futur.

Où voir un nain rêvant sous un rosier et où visiter mon blog d'auteur.

Vegas sur sarthe - Nom d'une pipe

Coup de bambou

Des volutes lactées de ma pipe à opium
naissaient de grands maquis, des buissons odorants
des hybrides de Chine, d'immenses géraniums
et quelques rosiers nains, abris de cormorans.

D'étranges aboiements sortaient des becs avides
je vivais éveillé des rêves d'insomniaques,
j'allais être empalé quand ma pipe fut vide
et qu'un terrible cri retentit, démoniaque.

Une folle gorgone se jetait sur mes pieds
de ses crocs acérés comme des bistouris
tentait de grignoter mes doigts de pied pourris

Je me vis amputé, cul-de-jatte, estropié
au pis émasculé par cette pédicure
c'est alors que la pipe est tombée dans la sciure.

Où lire Vegas sur sarthe

Claudie - Nom d'une pipe

REVE ORIENTAL

Le jour s’effiloche en nuées opaques. Allongé sur une natte de bambou, je tire longuement sur une pipe à opium que me tend une superbe thaïe en habit de soie. J’entrevois par l’ouverture du kimono, le rosier nain qui prend racine entre ses seins d’ivoire. Les branches grimpent le long de son cou et des roses charnues s’accrochent à ses lèvres.
Toutes les saveurs de l’orient enchantent mon cerveau.
Je n’ai plus de passé, les doigts de pied en éventail, soignés, parfumés, massés par ma belle pédicure aux reins cambrés sur le désastre.

Je jette un regard circulaire. Les vieux à la peau cireuse, tètent comme des nourrissons, leur pipe au foyer incandescent dans une ambiance recueillie et douloureuse. Je voudrais fuir, l’emmener avec moi sur mon bateau aux voiles de lin. Je cherche désespérément sa main mais elle la retire et s’évanouit dans l’épaisse fumée, le regard énigmatique et lointain.

Depuis je cherche l’ingrate, tout au long de mes nuits d’insomniaque. Je marche vers elle dans les bas-fonds de la ville, jusqu’aux portes soigneusement close des fumeries interdites aux étrangers.
J’en deviens fou, je hurle, je pleure comme un enfant et tâte avec fébrilité la boule d’opium qui roule au fond de mes poches dépenaillées.

Jacou - Nom d'une pipe

Une histoire qui finit bien

Il ne dort pas ce soir,
Le narguilé et sa pipe
Il revient les allumer
Dans sa main un rosier nain
A fumer c’est encore mieux
Oublier ses cors aux pieds
Ecraser les pétales fanés
Le scalpel était mal aiguisé
L’opium ne faisait plus effet
C’est la pédicure qui lui a conseillé
Aux épineux se soigner.

Il ne dort pas ce soir
Il a vraiment tout essayé
Marcher pieds nus,
Les braises calcinées,
Fichu métier, bandes dessinées
Ecrire aussi, cela n’a rien fait
Et de pipes en narguilés,
Se réveiller, douleurs aux pieds
Des charlatans a consulté
Les spécialistes ont renoncé,
Au passage, lui prenant pleins de billets.

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Porte-Plume - Nom d'une pipe

Histoire de pieds (fantaisie)

Une pédicure était lasse de soigner, à longueur de journée, des pieds de toutes sortes : les pieds plats, les gros, les petits, les tordus, les modestes, ceux qui étaient mangés de cors, les pieds nickelés, ceux des grues. Elle n’en pouvait plus. La pauvre était devenue dépressive et insomniaque ! Et on la voyait parfois, l’air rêveur, fumer sa pipe à opium, à l’ombre d’un rosier nain, ne pouvant remuer ni pied ni patte.

Gino Gordon - Nom d'une pipe

Conte à dormir sur pieds

Il était une fois une pédicure insomniaque qui passait ses nuits à arroser son rosier nain et ses matinées à s'endormir sur les pieds de ses patients. L'une de ses clientes, une bonzesse mongole, lui offrit une pipe à opium en lui promettant que ses nuits seraient beaucoup plus douces. Effectivement, la pédicure insomniaque s'endormit tous les soirs comme un bébé et se leva fraîche et dispose. Elle retrouva sa clientèle mais le rosier nain dessécha faute d'être arrosé. Au cours d'une cérémonie discrète, la pédicure le fit brûler dans sa cheminée devant la mongole satisfaite d'avoir apporté paix et sérénité à cette âme troublée.

Moralités: il y en a deux (au choix, c'est comme on le sent). 1. Mieux vaut une pipe le soir qu'une bonzesse à ses pieds le matin 2. La mongole fière épie l'âtre du rosier

Semaine du 1er septembre au 7 septembre 2014

La semaine dernière vous rêviez de changement, et bien en voici :

Imaginez une histoire, une aventure, une anecdote où interviennent une pipe à opium, un rosier nain, un insomniaque et une pédicure.
Surréaliste, un brin loufoque ou poétique, en vers ou en prose, votre texte devra nous parvenir à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com avant dimanche 7 septembre minuit.

dimanche 31 août 2014

Randover - Changement

Changement

Changer de vit, plus endurant, changer devis, moins cher, changer de vie, plus enthousiasmante.....

samedi 30 août 2014

Nounedeb - Changement

Pour provoquer un changement
Il suffirait tout simplement
De bouger juste quelque chose ;
Faire que notre regard se pose
Ailleurs. Effacer la sclérose
Qui rime avec la sinistrose,
Oublier que tout n’est pas rose.
Pour provoquer un changement,
Lâcher prise, résolument.

Où lire Nounedeb

Lira - Changement

Si j'avais le prestige
Du noble magicien
Je retiendrais le bras
Qui te pousse jusqu'au bord
De l'abîme martial
Je façonnerais un pont
Au-dessus du néant
Qui t'ouvre sa béance
Je nouerais un matin
Sur l'obscure épaisseur
De tes nuits journalières
J'écrirais des rivières
Pour laver tes blessures
Je chanterais l'alouette
À l'oreille des enfants
Assourdis par le feu
Et les cris de la haine
Sur le point cardinal
De la cruauté boueuse
J'encorderais des mots
De réconciliation
Et j'étendrais un drap
Cousu de fleurs sauvages
Sur le fiel et le sang
De vos champs de bataille.

vendredi 29 août 2014

Pivoine blanche - Changement

Si j'avais une baguette magique, qu'est-ce que je changerais en priorité ?

Parce qu'il y a tellement de choses à changer, dans une vie, dans le monde, en soi et autour de soi, dans une foultitude de domaines, qu'on ne sait vraiment pas par quoi commencer.

Ainsi, je ne veux pas parler de politique, bien sûr, mais je suis -en ce moment- parfaitement catastrophée par la situation politique de mon pays. Donc, c'est un fait, si j'avais une baguette magique, j'agirais. Je ne vais pas dire dans quel sens, mais je voudrais voir disparaître certaines personnes (et tout ce qu'elles symbolisent) de ma télévision, de mes fils d'information, les voir s'en aller sous d'autres cieux, les fils et filles de...

Et on vient d'en prendre pour quatre ans ! Mon dieu ! Où en serons-nous dans quatre ans ?

Bref, je voudrais qu'on cesse de mettre mon pays, ce pays où, jadis, on pouvait vivre heureux, (peut-être très égoïstement, en ce qui me concerne), en coupe réglée. Faire en sorte qu'on trouve du travail quand on doit travailler, qu'on trouve un logement quand on doit s'installer, qu'on trouve une école quand on a des enfant à inscrire à l'école, et ne pas se retrouver présentement avec des pommes et des poires qui pourriront sur les arbres et des coupures d'électricité en hiver. Et je ne m'en tiens ici qu'à ce qui nous concerne directement, il ne faut pas croire que j'en oublie le reste du monde... Loin de là. D'ailleurs, tout est dans tout.

Le reste est purement égoïste et ne concerne que moi.

Là, point n'est besoin de baguette magique, je puis encore agir pour mon propre compte !

Où lire Pivoine blanche

Claudie - Changement

BALANCE

J’ai tout mis sur le plateau de la balance. Le poids des angoisses et des rêves. La tare d’origine a dangereusement incliné le fléau mais le temps dissout la mauvaise graine et l’équilibre vient avec l’expérience. Le quotidien s’est fluidifié comme se parent de couleurs délavées les mauvais souvenirs. D’autres les ont remplacés. Des instants doux, des rencontres heureuses. Ma palette s’est éclaircie et le tracé sur les feuilles de la vie s’est affirmé. Je n’ai plus la main qui tremble ni les jambes en coton devant l’adversité. Si le chemin vers le bonheur s’est avéré difficile, il n’en est que plus vivifiant à parcourir alors aux trois quarts de ma vie, je n’ai aucun regret et surtout pas envie de croiser une bonne fée. On ne sait jamais ce qu’elles peuvent nous réserver ces matrones aux baguettes tristement effeuillées.

Cacoune - Changement

Il fut un temps, j’y ai rêvé.
Je voulais tout bousculer, secouer le quotidien pour qu’il en sorte un truc bien, transformer le banal et le rendre déroutant, oublier l’ordinaire usé d’une vie conventionnelle. Parce que je croyais que le quotidien ne pouvait rien avoir de glamour ; qu’à le laisser s’installer j’y étoufferai l’amour…
Chaque jour devait me surprendre, jamais ressembler aux autres, je voulais être étonnée quitte à vivre sans cesse les yeux écarquillés.

Et puis tout a changé. Ou plutôt presque rien. Juste un déclic s’est fait et j’ai ouvert les yeux.

Devant moi : un monde – le mien – magique. Ahurissant de calme, déroutant de banal, fascinant de silence et enivré de rires. Un couple peu romanesque, un village tout juste pittoresque, un marmot minot et des chats… poilus. De la tranquillité en toute simplicité.
Et puis de temps à autre, une petite pluie d’étoiles qui diffuse sur nos vies une lumineuse paix.

Et maintenant ?
Je sais en toute quiétude définir « suffisant ».
Et vous savez quoi ?
Ça me suffit…

mercredi 27 août 2014

Jérôme - Changement

D’un seul coup d’un seul,
Moi, je pourrais tout changer ?
Je n’oserais pas.

Où lire Jérôme

Pascal - Changement

Si je pouvais

Devant la fenêtre de sa petite chambre, je changerais toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, juste pour l’étonner un peu ! Pendant ses rares moments de lucidité, je donnerais des formes nouvelles aux nuages, des formes avantageuses de conquérants aériens, tous dévolus à sa curiosité angélique. Je l’emmènerais faire de la corde à sauter sur le fil blanc des avions supersoniques, on aurait notre place au milieu des oiseaux migrateurs, tous ceux qui, à tire d’aile, rejoignent l’Afrique.
A coups de folie aimante, j’égayerais la noirceur ambiante. J’organiserais des meetings d’étoiles filantes, des processions de figures astrales, des guirlandes de planètes, dans le champ de foire de la nuit. A chacun de ses quartiers, je demanderais à la lune de lui concocter ses meilleurs sourires d’amuseuse. J’apprendrais des chansons à tous les oiseaux envoûteurs pour qu’ils lui gazouillent les refrains les plus enchanteurs.

Si je pouvais, je ne lui parlerais qu’avec des poèmes remplis de mots multicolores ; des poèmes qui parlent de Bonheur, de Joie, de Douceur, d’Amour ; des poèmes qui murmurent le futur avec des rimes de grande démesure ; des poèmes qui donnent envie de continuer l’Aventure. Je lui inventerais des histoires qui finissent toujours bien ! Pour l’intéresser un moment, je lui raconterais la caverne des échos, celle qui fait des réponses heureuses à toutes nos questions ; je lui expliquerais la fontaine des promeneurs et ses reflets prometteurs comme des miroirs à sensations et je lui parlerais du grand mystère des ricochets et de tous les vœux qu’on peut y accrocher !

Sur les vitres de sa chambre, les orages sèmeraient des cataractes de pluies chaudes ; ils soulèveraient des parfums inconnus, des parfums capiteux, des parfums d’évasion, chassant tous ceux, terribles, emprisonnés dans la pièce. On essaierait de remplacer la peur, l’éther, le renfermé, la sueur par le feuillage, la terre, la pierre, les fleurs.
Le soleil… le soleil, je le prierais de rester pour que le jour n’en finisse jamais. Il aurait dans ses yeux fatigués, des illuminations de Noël ; de ses larmes, il jaillirait des colliers de perles, de ses maigres sourires, des rivières de saphirs.

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mardi 26 août 2014

Clise - Changement

L‘air de rien, je changerai tout
or le change-ment
alors j’accepterai tout
pour ne pas me leurrer
et je m’adapterai à
chaque situation
avec zénitude
et si c’est un pari fou
j’aime la folie !

Où lire Clise

Danalyia - Changement

Il disait : « Mon cœur, ma douce, je t’aime toute entière et le temps n’y fera rien ».
Les années ont passé. Mon bel amour a grisonné, puis ses cheveux se sont clairsemés. Ma taille s’est épaissie, quelques rides ont griffé mon visage ; mon souffle s’est fait plus court.
Un matin, il m’a laissé une lettre : « Je pars. Elle est jeune. Avec elle je me sens revivre »…
Ce que je voudrais changer ? Ni le cours imperturbable du Temps, ni ses effets dévastateurs. Je voudrais savoir savourer chaque instant comme si je n’avais ni passé ni avenir…

Où lire Danalyia