Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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samedi 22 novembre 2014

Stouf - Psy

Méfiez vous des psys !

Il a le puits dans la tête, il est attiré mais il ne doit pas tomber. Il n'a plus de médicaments, il doit fumer.
Vite... j'ai peur !
Mais non gros, il-moi c'est toi dans le miroir ... regarde, c'est toi !
Il ne faut pas qu'il pense, ça va trop vite, pas de contrôle.
Le couteau entre ses doigts ... IL est ou le miroir ?
Làààà ... gros, tu fais chier avec ton schlass, range ce machin... reste tranquille, on est entre potes !
Il faut qu'il descende parler à madame Goldstein, la psy amie.
Madame Goldstein, ouvre ta porte salope !
Madame Golstein elle s'en fout, elle est cool (son mari s'appelle Raoul) !
Peuuuf ... v'la encore l'autre con du cinquième qui est en pleine crise de bipolarité... j'vais m'faire chier.

Madame Goldstein sera-t-elle encore vivante demain matin ?
Vous le saurez en vous abonant au 3615 Qui-N'en-Veut... ;o)

Ours bouru - Psy

Confirmation. Stop. Le grain de folie est bien promis au canapé. Stop.

Alors voilà, docteur, j'étais tranquille, j'étais peinard, je ne demandais rien à personne, j'étais là, blotti au milieu de mes frères et sœurs…

Ah? Vous êtes nombreux dans la famille?

Ben oui, pas mal… Enfin, on peut pas appeler ça une famille, vu qu'on est pas bien faits encore.

Pas bien faits? Vous voulez dire que vous avez un grain?

Euh, non, pas exactement docteur, dans la famille, on est des tas de grains.

Je ne comprends rien. Parlez-moi de votre mère.

Je ne peux pas dire que je l'ai bien connue. Tout ce que je peux dire c'est qu'on était bien avec elle. Elle nous couvait, était courageuse et nous tenait bien au chaud.(Soupir…) Enfin, façon de parler, vous savez, elle gardait son sang froid en toute circonstance…

Une mère courage donc?

Certes, elle savait remonter le courant et mener sa barque, façon de parler, bien sûr, docteur.

Comment ça?

Et bien, le malheur, c'est qu'à trop suivre les barques, elle s'est faite monter en bateau…

Je ne comprends rien, vous voulez dire qu'on l'a extorqué de quelque chose?

La vie, docteur, la vie… On suit un fleuve tranquille et…

Mais c'est terrible votre histoire, dites donc, et donc vous vous êtes retrouvé sans mère à voir?

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L'Arpenteur d'étoiles - Psy

Il m'a fallu expliquer, ou tenter d'expliquer ce que je suis et comment je le suis devenu. Et puis il m'a demandé si je pouvais me raccrocher à un souvenir d'enfance lumineux. Si l'ombre existe, a-t-il rajouté, c'est grâce à la lumière. Alors j'ai plongé dans ce que fut ma vie ...

Je suis parti une nuit d’hiver, parti pour nulle part, pour un quelconque ailleurs, dans une errance qui deviendrait ma vie. L’entreprise paternelle, la coterie des notables, la voie royale qui m’était naturellement réservée n’étaient pas pour moi.
Alors de bars en bordels, de ports en quais de gare, je suis entré peu à peu dans cet anonymat qui permet tout. J’ai abordé la frange du monde. J’ai rencontré des gens « autres », des personnages que je ne croyais exister que dans les romans de Manchette, de Chandler ou de Le Carré. J’ai tour à tour endossé les costumes d’homme de main, d’espion, puis de mercenaire ; j’ai vécu tant de vies.
Mes mains ont frappé parfois très fort. Elles ont tué, hélas, des hommes qui étaient du mauvais côté. Du côté des pauvres, des miséreux, de ceux qui se battent pour leur survie, leur liberté. Moi je me donnais au plus offrant. Les trafiquants de bois précieux, d’animaux rares, d’or et surtout d’armes me recherchaient pour mon efficacité. Des fortunes inouïes ont glissé entre mes doigts. Ces mêmes mains ont aussi caressé. Des peaux de toutes les couleurs. Les peaux des filles que l’on bouscule et qui rient un peu trop fort, de celles que l’on force sur les tables les nuits d’alcool et de détresse. Les peaux luisantes des belles abyssines, les peaux souples et légères des asiatiques, les peaux claires presque transparentes des slaves. Et puis les peaux douces et parfumées de ces déesses inaccessibles gantées de soie qui se donnent en criant à l’arrière des immenses limousines dans la moiteur des soirées africaines.

Et bien malgré tout cela, j’ai gardé au fond de mon âme si noire un coin de mon enfance. Un coin sacré, béni, immaculé. Les jours où mon père me mettait sur ses épaules et m’emmenait à la fête. Je n’oublierai jamais les lumières des baraques, les musiques des manèges, les appels des camelots, le bruit de la foule aimable se pressant devant les attractions, et les odeurs, surtout les odeurs. Je crois encore les sentir comme ramenées par les vents alizés, quand face à la mer je repense aux jours anciens. L’odeur des pommes d’amour mêlées à celle de la poudre des stands de tir, celles des gaufres, celle du sucre multicolore que l’on étirait sur le marbre brillant, et celle plus suave mais tellement reconnaissable de la barbe à papa.

Au fond de la place du village, je revois derrière sa machine en fer le marchand au visage rougeaud surmonté d’une drôle de toque blanche. Ce magicien des gourmandises enfantines, faiseur des nuages roses que je promenais au bout d’un bâtonnet de bois et qui barbouillaient de bonheur sucré mes joues de petit garçon.

Face au lourd silence du praticien je me suis extirpé du divan. Sans accorder un regard à l'homme tassé dans son fauteuil, j'ai frappé à la porte. Le flic m'attendait. Il ma repassé les bracelets et accompagné dans le fourgon pénitentiaire. Finalement il a raison le psy ; sans lumière pas d'obscurité, sans nuit pas de jour, sans prison pas de liberté"

vendredi 21 novembre 2014

Clise - Psy

Barricadée dans mon exil intérieur
J’étouffe mes peurs indicibles
Et vous souris impunément.

Où lire Clise

Daniel Hô - Psy

- Docteur, je vous ai dit que j’adorais la vie, la lumière...
- Oui, je vous écoute…
- Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est qu’a contrario la nuit m’angoissait, me terrorisait et cela depuis ma tendre enfance…
- Oui, je vous écoute…
- Il m’arrive ces derniers temps d’aller au-devant de pensées sombres pour y découvrir les limites de mes angoisses…
- Oui, je vous écoute…
- D’accord, j’y vais tout de suite, maintenant. Je commence ma descente au plus profond du gouffre, en quête de noirceur, en ce lieu où la lumière n'a plus droit de cité. Je débute une exploration qui se veut sans limite. Vous savez, le noir se décline en de multiples tonalités sur la palette de qui veut bien l’observer ou plutôt bien le ressentir...

M’envahissent les pensées noires
Implacables et traîtresses
Mon esprit se noie du soir
Mon corps glisse en détresse

Me fuit cette volonté
Dernier rempart à la nuit
De l’abîme des angoissés
C’est la raison qui s’enfuit

S’étouffe la flamme du tendre
Au romantisme dépassé
A l’idéal désuet

S’éteint la vie dans la cendre
Doucement et en silence
Puisque telle est la sentence…

- Hem, bien, bien…
- Qu’en pensez-vous docteur ? Dois-je m’abstenir de provoquer ce type de réflexion ?
- Oui, je vous écoute…

Tim - Psy

Misanthrope

S’extraire de cette vie. Lui dire, à celle-ci, qu’elle l’ennuie, qu’il n’en peut plus de l’écouter. Lui dire, à lui, qu’il le fait chier. Leur dire, à tous, d’aller se faire mettre ou voir, s’il accepte de ne pas être vulgaire, ce dont il doute. Taper fort, dans cette fourmilière, autour de laquelle il tourne depuis trop longtemps, l’observant. Écraser ce qui, affolé, en sortirait. Puis s’envoler, et leur chier dessus.

Qu’il serait doux de bâillonner le bavard, fermer sa grande gueule au prétentieux, redresser les tordus à coups de pompes dans le cul et de mains dans la gueule. Enfin, si tout cela servait à quelque chose. Si cela leur permettait de comprendre quelle pollution ils constituent. Pollueurs, ceux qui, pervers ou maladroits, font mal. Pollueurs, ceux qui pourraient faire son bien mais s’en abstiennent. L’idiot l’accable, l’indigne le hérisse, l’insensible l’inquiète, le mesquin l’exaspère.

S’affranchir des conventions qui poussent à poser son mouchoir sur tout ou presque, à taire. Se sentir libre de dire à l’autre qu’il se comporte comme une merde, qu’il est probablement. Se libérer des contraintes sociales qui conduisent à respecter à l’excès ce qui n’en mérite aucun. Est-ce alors se respecter soi-même ?

Se respecter, lui, en étant acteur de ce qu’il vit et en cessant d’observer le monde avec son regard faussement respectueux posé sur ceux qui, de toute façon, le méprisent ou qu’il indiffère.

Bon, patient suivant… Monsieur Lambert et sa timidité pathologique. A peur de tout et de tous. Doit pas beaucoup aimer les gens… Entrez Monsieur Lambert, installez-vous !

Tiniak - Psy

SPLEEN DOCTOR

Alors voilà, Docteur :

J'avais un Fil-au-coeur
qui a pris de l'ampleur
n'a cessé de grossir
d'imposer son empire
puis il a pris l'aspect
d'une corde tressée
serrée ! serrée ! - quoi, vous savez...

Je l'aimais pour sa fleur
- si singulière odeur !
qui me rappelait tout
ce qu'il y eut entre nous
que nul autre ne sut
que nul autre put
jusqu'à, jusqu'à ce... Jamais Plus !

Jusqu'à ce que la peur
décuple sa fureur
que sa corde à mon col
m'ait montré cette folle
pour ce qu'elle est vraiment
avec tous ses amants
Maman ! Maman ! - mais qui l'Entend ?

Alors voilà, Docteur
comment vint le malheur
d'accès de jalousie
en malignes furies
à me nouer les bras
puisque je n'étais pas
Papa ! Papa ! dans sa paranoïa...
autour de moi, comme un boa

Et le plus fort, Docteur
c'est qu'Elle m'a trompé pour me fendre le coeur

Où (ne pas ?) creuser plus profond les coussins du divan

Mamily - Psy

Est-ce un tic?
Est-ce un toc?
Les miettes m' insupportent.
Les miettes de quoi?
De n'importe quoi?
Surtout les miettes de pain.
Sur la table,je les débarrasse en un tour de main.
Pour faire ma cueillette,
Ma main droite devient balayette.
Ma main gauche sert de pelle.
Je les emprisonne de la première à la dernière.
Avec un mouchoir, j'en fais une aumônière,
Que je glisse dans ma poche ou dans mon sac.
Je peux aussi, selon, me déplacer vers une poubelle.
Où que je sois, aucune miette n'échappe à mon œil vigilant.
J'ai une stratégie très bien organisée.
Si, par malheur, l'une d'elles, attardée, résiste à mes doigts,
Je n'hésite pas à mouiller mon index pour la piéger et l'avaler.
J'occulte le regard étonné des autres et, ma foi,
Je continue de converser, rire, échanger,
Comme si de rien n'était.
Cette scène se reproduit machinalement,
Sans gêne ni affolement.

Je me promets toujours de consulter à ce sujet.....
Quelle aubaine, la consigne de cette semaine!
Je me suis allongée sur le fauteuil des Impromptus,
Et..... je leur confie ma pulsion.

jeudi 20 novembre 2014

Blick - Psy

Concerto pour la main gauche

Je joue du piano depuis ma plus tendre enfance mais seulement de la main droite dans les aigus c’est moins grave. Ma main gauche est trop mal à droite je préfère la garder dans ma poche. Quand j’étais petit les garçons de mon âge jouaient au foot au stade municipal pendant que je faisais des gammes tout seul au stade pianal juste après le stade oral. Évidemment je ne pourrais pas interpréter le Concerto pour la main gauche de Ravel de toutes façons les rats vêlent pas c’est les vaches.

Mon amie habite Saint Mamans mais c’est pas Drôme du tout car moi je vis loin près de la mer. Je rêve de son Vercors son corps quoi c’est pas trop dur à interpréter ça. J’ai pas d’argent pour prendre le train c’est l’Ardèche (c’est-à-dire vu ce que me coûtent ces séances d’interprétation des rêves). Elle dit que je suis un amant hors pair mais je ne sais pas comment elle l’écrit en fait. J’ai acheté du thé goût russe car elle m’a dit qu’elle est athée mais elle préfère quand même et quand elle m’aime au matin de nos nuits d’amour le café.

Parfois je vais sur la grève en matière de protestation. Pas loin de chez moi vit une colonie de canes à pêche qui hachurent le ciel comme les hallebardes d’une averse elles m’accueillent comme un des leurres. On discute appâts et appas techniques de pêche et culture des pêches tu parles là-bas c’est le pays sans parler des abricots des amandes mais une averse de grêle peut gâter la récolte trop grêles on les rejette à l’eau. Le noyau c’est du poison mais il faut aussi bien vérifier les s pour les poissons c’est vital et les hameçons. Autre problème : les puces rondes et la poésie à cause des vers et bien sûr des asticots. Les tournepierres qui tournent les pages de mes partitions à marée basse n’ont pas ces soucis non plus que l’aigrette un peu surette qui me sert de métronome.

Je sais que je suis loin du sujet et que le sujet ce n’est pas moi qui joue du piano depuis ma plus tendre enfance mais seulement de la main droite dans les aigus c’est moins grave.

« Bien monsieur Blick nous continuerons la semaine prochaine. »

J’allonge un billet et prends le large des sons aigus marchent dans ma tête de long en large. Ils arpentent la laisse de mer comme des arpèges et résonnent comme les cloches des reins d’une cathédrale engloutie mais c’est pas grave du tout. Comme la séance m’a creusé à la faim je fiche Lacan.

mardi 18 novembre 2014

Pascal - Psy

Docteur, docteur !...

Il paraît qu’on manque de libido en vieillissant ! Sans doute… Mais vous avez vu les machins qu’on se trimballe depuis plus de quarante ans ? M’étonne pas qu’on tombe en panne ! Notre baisse de forme sexuelle va de pair avec la déchéance physique de notre bonne femme ! CQFD ! Avant c’était Raphaël, Rubens, Renoir, maintenant : c’est Botero, Florot, Picasso !...

La Nature est bien faite ! Notre désir va s’amenuisant, il fout le camp du côté des abonnés absents : c’est proportionnel au cube de la cellulite légitime de madame ! Et c’est nous qu’on accuse d’être malade ! Mais faut pas déconner ! On passe pour des cons devant notre femme et devant le docteur !...

« …Quoi, elle ne vous plaît plus, votre femme ?!... »

« Mais elle a toute la panoplie de la super ménopausée en relief ! Cheveux filasses, moustaches, double menton, bourrelets rembourrés un peu partout, léger boitement, peau de crocodile, genoux cagneux, cors aux pieds, une légère tendance à la bouteille, un langage de muletière, quelques tics et j’en passe… »

« Quoi ?... Quoi ?... Mais, circonstance atténuante, cher monsieur, elle vous a fait deux beaux enfants !!... »

« Oui, je sais : on a passé le témoin en fabriquant la génération future… Tu parles d’une réussite : les tares pour l’un et l’hérédité pour l’autre… »

Alors, ce con de spécialiste des choses de la bite me propose gravement des potions, des décoctions, des médicaments : des blancs, des bleus. Il paraît que c’est la pompe qui déconne, c’est l’abus de bonne chère, c’est l’alcool, c’est la clope, c’est le stress, c’est la pollution, c’est le boulot, c’est les médocs, c’est psychologique, c’est les temps modernes… Le sexe, c’est dans la tête…

« Mais docteur, ce sont des conneries monstres tout ça ! C’est de l’hypocrisie en boîtes de vingt cachets ! Ma femme ne me fait plus bander, c’est tout ! Les arguments fanés de madame n’ont pas l’heur de me remplir le calebar !...

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Chri - Psy

Autopsie.

___ … C’est pour cette raison que j’ai acheté un deuxième tournevis, vous comprenez ? Maintenant je vais vous expliquer ce que j’ai envie de faire avec Vous avez bien compris que je n’en peux plus que je ne supporte plus d’être depuis huit ans fourré tous les samedis et dimanches après-midi dans ce magasin de meubles suédois… Quand il était à l’autre bout de la banlieue on n’y allait qu’une fois par mois et encore mais depuis qu’ils se sont installés à dix minutes de la maison c’est devenu invivable Oh j’ai bien essayé de l’en empêcher de la dissuader de la sevrer même mais c’était plus fort qu’elle, vous savez elle est comme une junky Combien de fois lui ai-je recommandé de consulter  Va parler à quelqu’un ce n’est pas écrit il faut trouver un moyen pour qu’on y aille comme les autres trois ou quatre fois par an il n’est pas normal d’acheter tant d’étagères d’entasser tant de coussins mais il lui fallait sa dose de KALLAX, de MULIG ou de DRÖNA les pires celles que je déteste le plus à monter c’étaient les FJÄLKINGE… Oui parce que les meubles c’est moi qui les monte voyez elle a décrété qu’elle n’y arrivait pas et donc c’est à moi de m’y coller Non seulement j’y vais je les achète je me les coltine et je les monte Tenez, regardez j’ai une ampoule là au beau milieu de la paume à force de visser dévisser Pas une semaine sans en rapporter une on ne savait plus où les mettre Un expert du vissage je vous dis Alors vous comprenez mon cauchemar maintenant  Vous savez ce que j’ai très envie de faire  Je voudrais m’en débarrasser Et pas seulement du catalogue hein je voudrais me séparer de ma femme et d’une manière définitive Un somnifère dans la verveine et hop hop un joli cruciforme droit dans le cœur pendant qu’elle dort J’ai appris à le manier en expert vous savez Et depuis qu’on s’est équipé d’un MORGONGÅVA elle fait ses huit heures sans se retourner Comme elle s’est mise à ronfler comme une chaudière ce sera vite fait bien fait Ils n’en font pas encore de chaudières les suédois Je vais m’entraîner avec du travers de porc fumé à la suédoise il est en promo Ça devrait rentrer aussi bien non Je n’aimerais pas qu’elle souffre vous savez je ne suis pas un monstre Ensuite je la découperais en morceaux hé hé qu’ils doivent l’assembler à l’autopsie En parlant de ça votre divan c’est bien un KIVIK n’est-ce-pas  Le premier jour la première fois que je suis entré ici je l’ai pris pour un SÖDERHAMN et puis vu la date je me suis dit que ce n’était pas possible c’est un tout nouveau modèle celui là Ils ne l’ont sorti qu’en Novembre J’y pense vous devez bien savoir ce que je ressens je suis certain que vous comprenez l’enfer que je vis Finalement on fait la même chose vous et moi On a la même occupation Vous aussi vous essayez d’assembler des trucs éparpillés oui mais vous personne vous oblige c’est ça le truc c’est ça votre différence

___ Cruciforme, ça évoque quoi pour vous? Vous pouvez essayer d’y réfléchir et de me dire ça la prochaine fois ?

Où lire Chri
et pour les photos

Zoz - Psy

C'est vrai !

~ c'est vrai qu'il y a des plates'bandes que je n'ai pas piétinées, des bouts d'hasard où j'ai pas mis le pied, des draps que je n'ai pas brûlés. Ta bouche mauvaise, que je n'ai pas fracturée. Ton sommeil que je n'ai pas défiguré et ces oiseaux de paradis que je n'ai pas fait lever, c'est vrai que je n'ai pas aboyé.
Il y avait cette clé qui ne tourne toujours pas, ce sourire qui me sciait les jambes, c'est vrai que je n'ai pas crié, que je ne savais pas que j'avais une voix.

Au bord des terres l'océan tangue toujours et la nuit et le jour. Le sable fait des bulles le long de sa dentelle, et tout s'efface devant elle, c'est vrai.
Au fond de la nuit persiste cette brise qui brise ses ancrages et ce bateau de tous les départs qui m'attend comme une utopie. C'est vrai que je n'ai pas dit oui !
zoz..

Littér’auteurs - Psy

Justement

Moi et les divans ça fait deux ; trois, même, avec l’énergumène qui est assis à ton chevet, qui te regarde avec la compassion de celui qui t’assiste dans tes derniers instants. D’ailleurs, chez moi, pas de divan. On ne sait jamais !
Mais bon… toutes mes copines me disent que je devrais aller voir un psy. Parce que.
Quand ma coiffeuse s’y est mis, elle aussi, je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a dit : parce que.
Mais enfin, c’est quoi ce délire ? Ma coiffeuse a rajouté : justement.
Justement.
Équitablement ou précisément ? Impartialement ou rigoureusement ? Objectivement ou immanquablement ? Froidement ou nécessairement ? Sèchement ou fatalement ? Crûment ou inéluctablement ? Brutalement ou obligatoirement ? Bestialement ou sûrement ? Férocement ou paisiblement ? Cruellement ou doucement ? Atrocement ou agréablement ? Épouvantablement ou gracieusement ? Terriblement ou civilement ? Joliment ou poliment ?
Justement, a répété ma coiffeuse.

Je me suis bien marrée ! Elle croyait que je cherchais des rimes en « ment »… comme…
équitablement,
précisément,
impartialement,
rigoureusement,
objectivement,
immanquablement,
froidement,
nécessairement,
sèchement,
fatalement,
crûment,
brutalement,
obligatoirement,
bestialement,
sûrement,
férocement,
paisiblement,
cruellement,
doucement,
atrocement,
agréablement,
épouvantablement,
gracieusement,
terriblement,
civilement,
joliment,
poliment.

Je me suis bien marrée ! Elle n’a même pas vu que j’ai sauté un mot… justement !
Et c’est moi qui devrais aller voir un psy ?
Justement, c’est plutôt elle qui devrait s’allonger sur le divan. Mais pas sur le mien. Chez moi, pas de divan.
Parce que.
Justement.
Hep ! Toi le lecteur ! Je suis sûre que tu n’as pas vu le mot que j’ai sauté ! Rigole pas trop ! C’est justement un test pour savoir si tu dois aller voir un psy. Parce que.
Justement.

Où lire Littér’auteurs

Tisseuse - Psy

Je traîne mon ennui au bar de la folie
J’emmène mon spleen à flanc de colline
Je suis en errance presque en partance
J’ai un blues indolent qui me colle à la tête

En un rythme lent qui m’enrobe et me prête
Des relents de néant et d’incohérence
Le gris m’envahit me tord et me plie
Travelling au ralenti

Ma tête sombre s’emplit d’ombres
Et de nuages qu’elle ravage
Dans l’entrelacs des pensées
Et des humeurs calcinées

Je me rends songe et vérité
Dans des contrées oubliées
Dans des recoins de mon passé
Dont je gratte quelques bribes lassées

Je tourne en rond dans ma cage
Visitant les mêmes paysages
Me cognant aux angles de la vie
Dont j’arrache çà et là quelques débris

Fouillant le sauvage comportement fœtal
Extirpant l’archaïque mémoire tripale
La vie redouble d’un cri décuplé
Primal presque animal

Je me débats et je vire de bord évitant le pire
Je n’ai plus de sillon à creuser
Plus qu’une terre échevelée
A patiemment renourrir

Manoudanslaforet - Psy

Monologue sur le divan

Je m’allonge, ferme les yeux :
- Alors qu’est ce que tu me racontes ?
Rien que du vieux…
- Allez ose t’as bien des choses à dire ?
Ben ..oui je suis triste comme jamais du chagrin d’amour de mon fiston
- Et puis ?
Mon mari m’ennuie…me lasse… m’énerve…m’agace…. J’ai du mal à lui trouver quelques choses de positif…ça craint…
- Et alors ?
Ben voila c’est tout…
J’ouvre les yeux et je me dis que j’ai bien fait de ne pas payer une consultation pour ne dire que ça !!!!

lundi 17 novembre 2014

Emma - Psy

Nickel

- Je préfère le fauteuil en altuglas, si ça vous fait rien.

Que les choses soient claires, c'est pas moi qui ai voulu venir. C'est mes parents qui me tannent, surtout ma mère. Alors bon, pour avoir la paix...
Parce que je ne suis pas malade, pas du tout ! Au contraire je suis bien plus lucide que vous tous qui crapotez dans les miasmes et vous fricassez le museau à longueur de journée !
Vous, je ne sais pas si vous fricassez des museaux, mais je le suppose, quand vous êtes en civil : de nos jours on ne peut plus y échapper. Et smac et smac aux collègues dont on n'a rien à secouer, ni eux de nous, d'ailleurs, et smic smic dans le vide aux pimbêches de tout poil.

Poil ! Tiens, voilà un mot parfaitement répugnant. Poil ! Vous regardez ça au microscope, y'a plein de bestioles qui font l'ascension. Pareil pour la peau : dans vos empreintes digitales, c'est le Paris Dakar des champignons et acariens.
Pas les miennes, ça je peux l'affirmer, nickel mes empreintes ! Et c'est du boulot, je vous assure d'astiquer ça aux lingettes désinfectantes. Mais la santé est à ce prix ! Pensez à ces inconscients qui échangent la grippe A contre une  maladie de peau rien qu'en se serrant la main.  Ce qu'il y a de bien avec les psys, c'est qu'ils ne vous interrompent pas, mais aussi qu'il ne vous serrent pas la pince.

Je sais, vous vous dites que je me suis fourvoyée : chez vous, c'est pas trop le lavage de mains qui vous botte, mais les bonnes grosses névroses liées aux bons gros secrets de famille.
Mais avant vous, j'ai essayé deux comportementalistes. Enfin quand je dis "je", c'est ma mère qui avait pris les rendez-vous...
Le premier avait des fauteuils en velours, vous imaginez ? microcosmos en live !!!
Le deuxième, ça allait à peu près, formica vintage dans la salle d'attente, mais des méthodes d'une violence !!! La première fois il m'a fait tremper les mains sans regarder dans un sac de talc. 80 euros la boîte de talc ! Et encore, je pense qu'il doit le recycler. La deuxième, il  m'a plus vue.

C'est par ma copine Karine qu'on a eu vos coordonnées. Elle, elle fait de la dépression à l'envers, jamais aussi contente que dans la pluie ou du brouillard. Le soleil ça la rend dingue. Elle dit que son analyse lui fait du bien, qu'elle a enfin compris que sa grand-mère a trompé son grand père, ce qui, à mon avis, lui fait une belle jambe. Elle angoisse toujours sur les incertitudes de sa génétique, parce que sur la carte postale ornée d'un coeur quelle a trouvée dans le vieux missel de sa grand-mère, c'est simplement écrit "devinez qui ?"
En fait, ce qui m'a décidé est qu'elle m'a dit que vous êtes meublé en altuglas. Philippe Starck, quand même.

Pour en revenir à ce qu'ils appellent "mon trouble", avouez que je ne fais que mettre réellement en pratique ce qu'on nous serine partout !
  C'est vrai que c'est épuisant de prendre six douches par jour, mais l'hygiène l'exige. La pureté ! Moi je vis en accord avec mes principes. C'est une éthique ! Je me défends contre l'ennemi de l'extérieur.
Ma petite soeur ( ça m'étonnerait pas que ma mère vous l'amène un de ces jours), elle se défend contre l'ennemi de l'intérieur : le gras, qui vous transforme en otarie, enrobe les organes et tapisse les vaisseaux. Répugnant quand on y pense.

Ah ah !!! Vous vous demandez sans doute comment sont nos parents ?
Tout ce qu'il y a de plus normaux. Sont dans l'eau tiède, et bien contents d'y être. Du genre "j' suis pas raciste mais..."

..............................

- On en reste là pour aujourd'hui. Non non, je ne reçois pas d'argent, glissez les billets dans cette enveloppe que vous mettrez dans ma boîte à lettres en sortant...

Où lire Emma

Vegas sur sarthe - Psy

Bémol majeur

Au début je parlais peu.
Et ELLE moins encore, si ce n'étaient ces “Oui et ensuite?” que sa bouche carmin susurrait sournoisement dans mon dos quand j'interrompais le grand déballage de mes lieux communs.
“Oui et ensuite?”
Alors j'ai raconté Germaine et ses trois greffiers angora qui foutent du poil partout... pas tant les greffiers.
Je racontais nos vacances à Pornichet, l'appart de l'avenue du Littoral, le casino Partouche et puis la varicelle du gamin.
“Oui et ensuite?”
Ensuite... il s'était gratté et on avait remplacé les bains de mer par des bains tièdes additionnés de farine d'avoine. Allez trouver de la farine d'avoine à Pornichet en plein mois d'Août!
ELLE était dotée d'une patience infinie et de deux jambes interminables qui finissaient au bord d'une micro-jupe moulante et qu'elle croisait et décroisait avec un petit bruissement soyeux des plus pernicieux...
Pendant ce temps je durcissais et mon fauteuil aussi, plus raide et plus inconfortable à mesure que je consultais.
“Oui et ensuite?”
Ensuite j'ai évacué la farine d'avoine pour raconter le bureau, l'informatisation du fichier immobilier, la scanérisation du stock, les tickets restau et aussi cette soudaine promotion obtenue dans la douleur et l'écoeurement et qu'on appelle familièrement promotion-canapé.
Pour l'heure le sien était fait d'un vieux cuir crevassé et malgré son aspect fatigué par tant de fondements qui s'y étaient abandonnés, j'étais sûr de gagner au change.
Mais je devais le mériter - c'est ce qu'ELLE m'avait fait comprendre - quand j'aurais abandonné sur son paillasson tout ce fatras qui constituait mon 'Moi conscient' et qui m'empêchait de lâcher prise.

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Semaine du 17 novembre au 23 novembre 2014

Il n'y a pas que l'amour dans la vie, bien sûr, il y a aussi nombre d'autres émotions qui parfois nous empoisonnent la vie. Défoulez-vous cette semaine et étendez-vous sur le canapé d'un psy, d'un thérapeute, d'un charlatan, peu importe. En privilégiant la forme du monologue, en prose ou en vers, libérez-vous de vos tracas.
N'ayez pas peur, nous sommes liés par le secret professionnel... mais nous avons des heures de bureau uniquement jusqu'au 23 novembre minuit heure de Paris. Prenez rendez-vous avec notre secrétaire dès maintenant à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com.

samedi 15 novembre 2014

Blj73 - Une histoire d'amour

Je l'ai échappé belle
J'aurai pu passer à coté d'elle
Longtemps ignorée, longtemps boudée
Aujourd'hui, elle éclaire ma vie…

Je suis si heureuse d'avoir fait sa connaissance

Je ne risque plus d'oublier sa présence
Elle est d'une toute beauté,
Je suis émerveillée
Il me suffit de la regarder
Mon cœur s'enflamme,
Elle réchauffe mon âme
Pas besoin de l'appeler
Pas besoin de lui téléphoner
Elle est là immanquablement à mon appel
Que ferais-je aujourd'hui sans elle ?

Auparavant, en courant
Je passais devant elle
Un jour, après un détour
J'ai pris conscience de sa présence
Je me suis arrêtée, je l'ai admirée
Elle m'enchantait, elle me ravissait
Je n'ai pas hésité, je lui ai parlé
Nous avons fait connaissance
Réceptive, elle était
Elle m'a pris comme j'étais..

Aujourd'hui, l'aventure perdure
Je suis gâtée…
Toujours prête à m'accueillir
Toujours prête à m'offrir
Ses cadeaux de toute beauté,
Ses cadeaux très Nature
Chaque jour, elle m'attend
Je lui confie mes secrets
Je lui confie mes chagrins,
Elle, elle n'attend rien
Elle m'écoute inconditionnelle
Je peux compter sur elle

Un jour, si vous la croisez
Vous-aussi, vous pouvez vous ouvrir à elle
Dame Nature est universelle…
Et dire que je l'ai échappé belle
J'aurais pu passer à coté d'elle…

Gilsoub - Une histoire d'amour

Des fois j’ai l’impression que c’était hier, d’autres fois que le temps a passé, mais aujourd’hui encore je n’ai pas réussi totalement à l’oublier.

Je me rappelle très bien de notre première rencontre, en quelque sorte le premier flirt, c’était au soleil, sur une terrasse, pas loin de la mer ; là où j’attendais une belle blonde, j’ai trouvé une jolie brune bien roulée ; ce n’avait pas été ma première intention, mais je n’ai pas pu m’empêcher de l’allumer…

De cette première soirée me resta une impression étrange, la bouche un peu pâteuse… J’ai d’abord voulu ne pas y donner de l’importance, à quoi bon, et puis c’est à mon initiative que je l’ai retrouvée un mois après ; c’est certainement là que tout a vraiment commencé…

Très vite nous n’avons pu nous passer l’un de l’autre ; surtout moi…
J’aimais à la caresser du bout des doigts, la savoir toujours à portée de bouche, la sucer passionnément ; je n’imaginais pas ne plus l’avoir à mes côtés.
Du premier baiser sucré du matin à celui du soir, c’est comme si ma vie lui appartenait, elle me faisait du bien, et si elle venait à être absente, je pouvais illico me sentir mal !

Rapidement des amis m’ont mis en garde contre elle, du genre « méfie-toi », « c’est trop beau pour être vrai », « ce n’est pas ce qu’il te faut », « elle te coûte cher », « il ne faut pas que je regarde juste le plaisir qu’elle me procure », « je suis encore jeune », «elle va me rendre malade» bref que des jaloux et des emmerdeurs à ce que j’en pensais alors ; avec le recul, force est de constater qu’ils avaient raison, il n’y a pas de fumée sans feu ; moi j’étais aveugle…

Et puis le temps passa, la passion devenant routine et les bons moments plus rares. Plusieurs fois j’ai songé à la quitter, et malgré les tensions de plus en plus importantes entre nous, je n’arrivais pas à m’y résoudre, je n’avais pas le courage ; elle me manquait très vite.
Un jour, alors que désespéré de la situation j’en parlais avec mon médecin, il m’en donna la solution : être fort, déterminé et un médicament pour m’aider.
Je suis rentré chez moi, notre cohabitation devenait de plus en plus difficile, les gens ne voulaient plus me voir quand elle m’accompagnait, sa réputation de salope, osons le mot, prenait de l’ampleur ; j’ai actée ma décision ferme et définitive, résolue, mais avec regret...

Je me souviens encore de la date comme un moment marquant de ma vie.
Cela fait maintenant plusieurs années que l’on s’est séparé et pourtant je pense toujours à elle, au bon moment passé ensemble, à son goût que j’adorais, son odeur, la contenance qu’elle me donnait, le plaisir, cette impression de jouissance des fois…

C’est le 10 mars 2008, à 3 heures du matin, que j’ai fumé ma dernière cigarette et dieu sait que je l’aimais, que j’aimais cloper…

Où lire Gilsoub

Gaëti - Une histoire d'amour

Famili

Qu'on le réveille, à n'importe quelle heure de la nuit, si tel était le cas. Telles étaient les consignes qu'il avait données à son commandant en chef en cas d'arrivée de la missive. L'idée de recevoir au milieu de son sommeil le passeport pour de jolis rêves rassurés était un cadeau qui ne se refusait pas. De toute façon, les réveils brusques, il en avait l'habitude, c'était un trait caractéristique de l'armée sur le terrain. Sachant que terrain était un bien grand mot tant il sondait depuis de nombreux jours une étendue liquide sans fond, au beau milieu de nulle part.

Les heures de réception des messages variaient, au bon vouloir de la hiérarchie et de haut commandement militaire. Parfois, ils arrivaient pendant l'exercice de leur fonction et une petite pause lecture leur était offerte ; d'autres fois, seule l'épaisse lumière rouge au-dessus des portes du couloir indiquaient qu'il était en pleine nuit, juste histoire de rappeler à son corps sa nécessité de se reposer. Dans ce cas, c'était sans vergogne qu'un officier ou autre passaient dans les chambres en disant "Famili, famili".

La distribution des petites antisèches au bonheur en gros. En quarante mots, les familles sur le plancher des vaches donnaient des nouvelles de l'autre front. Quarante et pas un de plus. Alors toutes apprenaient l'art de rester concis et on revenait au temps des télégraphes en éliminant tout le superflu. Quarante mots pour garder le contact avec les siens et ne pas perdre pied, le comble pour quelqu'un travaillant dans un sous-marin à propulsion nucléaire et nageant dans une mer dont il ignorait le nom.

"Préparatifs avancent Stressée Détails beaucoup Parents moi impatients Moi aussi Peut être poste meilleur négociation patronne salaire Frères Soeurs Papa Maman ok Neveux Nièces école ok Espère navire passe bien Bientôt fin Retrouvailles Fête Anniversaire T'aime Manque Bisous Pêche"

Le seul lien restant avec sa chérie. Son amour à la peau sucrée comme un fruit. Ce petit bout de papier était à la fois l'assurance de bonnes nouvelles et qu'elle pensait à lui. Difficile pour leur couple de résister au manque effroyable causé par tous ses départs et la dangerosité de son métier. Parti pour deux mois et demi, qu'elle est longue l'attente lorsque Pénélope manque de bras et qu'elle repousse les prétendants. Tout cela, il le savait, et elle savait qu'il savait. Ainsi, elle le préservait au maximum des idées noires tout en dosant chacun de ses mots. Il devait après tout se concentrer un maximum sur son travail. Dévier de sa trajectoire aurait été aussi fatal que celle de l'engin qu'il pilotait avec ses camarades.

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vendredi 14 novembre 2014

Cacoune - Une histoire d'amour

Déclaration

En cette journée pluvieuse, froide et cafardeuse,
j’ose saisir ma plume pour dire combien, je l’aime.
Cette passion, je l’assume, même si elle me laisse songeuse.
Car, je sais que sans lui, ma vie ne serait pas la même.

Si vous saviez…

Il est si doux, si chaud, toujours si enveloppant
Le jour, la nuit, l’instant, quel que soit le moment
Il sait rendre tout beau, si bon, si tendrement
Que blottie en son sein, je me dis : cessons tous nos mouvements

M’y plonger sans retenue
Fermer les yeux doucement
Humer son parfum frais
Et caresser ses formes

C’est même encore mieux nue
Me dis-je, m’abandonnant
Dans son sein si douillet
Et son cœur tant énorme

Violent contentement
Contact saisissant
Nos corps généreux
S’épousent harmonieusement

En moi, le plaisir monte
Alors je crie, je clame,
et ceci, bien, sans honte
Je lui déclare ma flamme

« C’est clair, c’est sûr, c’est lui !
C’est dingue ce que j’aime mon lit ! »

jeudi 13 novembre 2014

Lilousoleil - Une histoire d'amour

Elle, à peine éveillée au milieu d’un lit défait, un rayon de soleil qui filtre aux travers des persiennes mal fermée, la petite chatte blanche au pelage doux et soyeux roulée en boule contre son épaule.
Lui, couché tard et levé tôt, marche dans les rues désertes et calmes à cette heure matinale, avec au fond du cœur l’impression d’avoir survécu à une tendre tornade après cette nuit passée auprès d’elle ; elle, inconnue hier encore à l’heure du thé..

Elle, elle rêve à ces derniers moments vécus avec lui. Le film se déroulait en boucle. Elle se demandait si c’était le prélude à une histoire merveilleuse ou si ce ne serait qu’un déjeuner de soleil.
Lui, que ses pas entrainent inexorablement vers cet appartement ; il revient. Il ne peut s’en empêcher. Ce duel amoureux lui laisse des images inoubliables. Ecrire une lettre d’amour et la glisser sous la porte. Repartir comme un voleur ou monter quatre à quatre les marches et après ?

Elle, elle veut arrêter le temps, ne veut plus souffrir. Elle veut pouvoir écouter son cœur mordu brutalement par des sentiments qu’elle s’était interdit. Pourquoi refuser la main tendue… Le malheur ne frappera pas deux fois. Que pouvait-elle perdre encore ?
Lui devine sa fragilité, une douleur secrète… Il aimerait bien percer ce mystère.

Elle, elle se lève, s’enroule dans cette robe de chambre de soie pêche qu’elle ne voulait plus porter de puis l’accident. Son époux, ses enfants, elle retrouve le parfum, elle est apaisée.
Lui, passe devant une petite marchande de fleurs, achète un petit bouquet rose

Elle prépare un petit plateau de petit déjeuner.
Eux, se précipitant dans les bras l’un de l’autre, bégayant des mots qu’eux seuls pouvaient comprendre.

Au dehors, les oiseaux chantaient le printemps qui renaissait.
Amour fugitif ou amour … Ils veulent croire à l’éternité.

Où lire Lilousoleil

Mamily - Une histoire d'amour

A quinze ans, elle crut à l'amour des garçons.
Il ne lui apporta que désillusions.
Elle s'éloigna d'eux et se renferma.
Un jour, surgit en elle un désir brutal et fou
Qui hanta ses rêves.
Les fantômes de la nuit la transformèrent
En nymphe experte de volupté.
Elle se mit à explorer le corps de son elfe,
Avec un doigté délicat, une maîtrise insoupçonnés.
Ces rêves ont bouleversé sa vie.
Son sommeil fut entrecoupé de sursauts
Où elle se surprenait dans un état
D'essoufflement,
De délices,
De sensations brûlantes.
La nuit lui révéla la sexualité.

Sur le chemin du lycée,
Quand elle l'apercevait au loin,
Son cœur s'affolait et la faisait basculer.
Quand elle était tout près d'elle,
Elle avait peine à dissimuler son émoi.
Quand elle effleurait son genou sous la table commune,
Sa main tremblait.
Quand elle entendait sa voix susurrer une poésie,
Elle chavirait en fermant les yeux.
Son trouble fut décelé
Par le professeur de français.
Elle bravait le regard furibond
Avec insolence.
Elle persista dans l'indécence.
Pendant les cours,
Se serrant contre la cuisse de sa muse,
Reniflant comme un animal
Les boucles blondes
Qui dansaient sur l'épaule proche,
Jouissant d'un contact furtif de son oreille,
Elle donnait vie à ses rêves.
Obsédée, elle se mit à la traquer,
Se plaquant contre un arbre, à l'abri des regards,
Caressant le tronc avec les mains écartées,
Laissant les larmes exprimer son désespoir.
Durant les vacances d'été,
Elle se cloîtra avec ses fantasmes,
Dépérissant à vue d'œil dans l'attente du retour.....

Un coup de poignard a tué son amour,
Le jour où elle les surprit, enlacés, passionnés,
Échangeant des baisers qu'elle n'avait osé donner.
La brûlure ne s'est jamais cicatrisée....

Litter'auteurs - Une histoire d'amour

Quand, ce matin-là, le facteur sonne chez Fernande et Piotr, ils se regardent, inquiets. Quelle mauvaise nouvelle pouvait-il bien leur apporter ? Ils hésitent même à traverser le jardinet pour aller lui ouvrir le petit portail.
- Reste là, je vais y aller.
- Tu penses que c’est quoi ?
- Comment veux-tu que je sache !

Pendant qu’ils palabrent, le facteur s’impatiente. Il sait bien qu’ils sont là, ces deux gentils petits vieux qui ne bougent plus guère de leur maisonnette ! D’ailleurs, il se demande lui-même s’il n’est pas porteur de mauvaise nouvelle. Une lettre recommandée, pensez donc ! Mais il n’a pas que ça à faire ! Il ne va tout de même pas leur laisser un avis de passage ! La poste est à l’autre bout du village ; comment leurs pauvres jambes allaient-elles les porter jusque là ? Il appuie une nouvelle fois sur la sonnette.
- On vient, on vient ! s’exclame Piotr.
Le facteur peut voir Fernande qui guette derrière la fenêtre.
- C’est un pli recommandé, Monsieur Zgórecki ! Tenez ! signez là. J’espère que votre dame va bien ! Allez ! à bientôt !
Piotr tourne et retourne l’enveloppe entre ses doigts. Fernande s’impatiente.
- Qui c’est qui nous l’envoie ?
- Un notaire.
- Un notaire ?

Ils se regardent, atterrés. Un notaire …
- Ben, qu’est-ce t’attends pour l’ouvrir !
- Tiens ! va-s’y, Madame courage ! Ça fait cinquante ans que tu me serines ! T’avais qu’à ! T’aurais dû ! À ta place, j’aurais fait… Eh bien, là, t’as qu’à !

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mercredi 12 novembre 2014

CristelD - Une histoire d'amour

UNS

Tes yeux doux et tendres
Ont croisé les miens :
Inconnus attirés.

Miraculeuse rencontre :
Océan vide d’où jaillit une
Ile.

Imprévu bienheureux !
Lien : deux enfants naissent
Soulignant notre union.

Pivoine - Une histoire d'amour

Extrait du Journal de Philippe.

"Ce matin, je suis arrivé devant ma classe de terminale avec des pieds en plomb."

J'ai écrit cette première phrase qui dit tout et ne dit rien, et j'en suis resté là de ma confession.
Ce n'est pas tout à fait vrai, j'ai encore écrit ceci:

"Pourquoi avais-je des pieds de plomb? Parce qu'on se trouvait au dernier trimestre de leur dernière année scolaire? Parce qu'on était à la première heure de la journée?
Qu'il était 8 heures -5 et que nous aurions déjà dû être en cours à 8 heures -10? Parce que j'avais deux heures de contrôle général devant moi dans une classe qui... Une classe que..."

Et j'en suis resté là, une fois de plus. Tant la honte et le sentiment de culpabilité me taraudent.
Je n'ai pas été à la hauteur.
Je recommence.
Ce fameux jour dont je parle, d'abord, la moitié des élèves manquait. Les garçons étaient là, pour la plupart, les uns discutant, les autres baillant aux corneilles. Une ou deux jeunes filles, indifférentes, voire, ricanantes me regardaient par en-dessous. Ce n'était pas pour me mettre de bonne humeur. Elles manquaient, pour la plupart. Sabine n'était pas là non plus, je l'ai tout de suite remarqué. Ni Samia - sa meilleure amie - mon reproche vivant.

Parfois, je crains davantage le regard, si perspicace de Samia, que celui de Sabine.
Finalement, l'un d'eux a marmonné : "elles sont toutes aux toilettes..."

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Emma - Une histoire d'Amour

Love story.

Depuis 6 ans que je suis directeur de la maintenance des escalators de la gare du Nord, je ne vois même plus les gens. Qui montent, qui descendent, en une masse à la fois grise et colorée, qui me fait penser à ces boules informes que font les enfants lorsqu'ils sont fatigués de jouer à la pâte à modeler et compressent toutes les couleurs ensemble. Des gens gris qui montent et qui descendent, et ne reprendront leurs couleurs que quand ils auront retrouvé ceux qui les attendent quelque part. Encombrés de bagages à dos, ou à roulettes, dans lesquels sont enfermés des bouts d'eux-mêmes, de la couleur de la vie d'avant ou pour la vie d'après.
J'ai vu souvent des jeunes remonter en courant l'escalier descendant. J'ai vu de splendides et athlétiques voleurs à l’arraché. Ceux-là attendent les heures creuses pour pouvoir s'envoler plus facilement. J'ai vu un tout petit qui savait à peine marcher se fracasser la mâchoire, et entendu sa mère se plaindre à la cantonade "celui-là, il me fait tout voir, ça fait deux fois aujourd'hui qu'il ramasse une gamelle!" J'ai vu pas mal de gens se casser la figure, j'ai même dû appeler les secours deux ou trois fois.

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Blick - Une histoire d'amour

Jaufré Rudel

J'ai galopé à corps perdu pour rattraper la croisade qui, s'éloignant déjà des vignobles de Blaye, cheminait en braillant vers Tripoli. Nous atteignîmes vite la mer, car les jours sont longs en mai, quand paraît la fleur d'églantine, et les soudards allaient bon train. Je rêvai d'amour tout mon soûl en les suivant à cheval, écoutant s'éclaircir le ruisseau de la fontaine et mâchant des chants d'oiseaux lointains. Je me moquais comme de l'an 1140 des funestes conséquences à long terme de ces expéditions chez les sarrasins.

Il faut dire que j'étais en pleine confusion des sens lorsque je me mis en chemin pour la rejoindre. L'odeur de sa beauté était parvenue jusqu'à mes oreilles et le bruit de ses perfections avait chatouillé mes narines. Mes doigts s'emmêlaient déjà dans le parfum de ses yeux, mon souffle caressait sa voix douce qui chantonnait sous les palmiers de l'île aux lapins, tandis que j'écoutais de mes lèvres battre son cœur, dont la rumeur passionnée fit, hélas, se lever une houle courte et hachée qui rendit la mer peu sûre et agitée.

J'en tombai gravement malade et délirai jusqu'à la fin de la traversée, couché dans la cambuse où les matelots me jetèrent. On m'amena dans une chambre d'auberge pour y mourir. Quand le Croissant-Rouge la fit prévenir (je ne le rechoukranerai jamais assez), elle accourut pleine de robes et de bracelets qui tintinnabulèrent, aussitôt l'hiver gelé et mon chagrin morne et pensif s'en allèrent, tandis que le rossignol, la grive, le geai et le pic s'envolaient gaiement des chênaies, faisant cliqueter les ramures. Repos sentinelle : les ramures, pas les armures.

Je n'ai pas vu la terre sainte, n'y croyant guère, ni croyant ni guerrier. Je ne mourus pas non plus en odeur de sainteté, plutôt, après de doux entretiens, dans celle délicieuse de ses cheveux, le cœur si plein de joie d'être enfin vu de ses beaux yeux. Et quand, la vie me quittant, je partis de cette terre, il me souvint longtemps de cet amour de loin, dont il reste quelques chansons.

Tim - Une histoire d'amour

L’amour des sens

C’est sûr, il va cesser de penser à lui, d’abord à lui. A cause d’elle. Non, grâce à elle.
Il veut la voir et ne voir qu’elle. La regarder en silence : il sait qu’avec elle, il peut aimer les silences qui laissent parler les regards. Il sait qu’avec elle, l’absence de mots peut ne pas être angoissante. Il veut l’observer quand elle ne sait pas qu’elle l’est. La regarder dormir, atteindre l’intime de son sommeil. Contempler la nudité de son corps imparfait. Aimer cette imperfection, trop ou pas assez, contre laquelle, excessive, elle rage parfois. Admirer la finesse de ses traits et le charme de son sourire.

Il veut toucher ce corps aussi, le caresser et l’apprendre. Le sentir frissonner sous ses doigts, éprouver sa sensibilité. Savoir que ses mains ont ce pouvoir de le faire réagir et faire naître en elle le désir, comme il monte en lui au simple contact d’elle. Gonfler leur quotidien de ces effleurements éloquents qui disent, eux aussi, l’intimité, la présence de l’autre, ses attentions.

Il veut entendre, les bruits qu’elle fait sans s’en rendre compte, sa respiration, l’entendre parler haut quand elle se croit seule ou qu’elle a oublié qu’elle ne l’était pas. Il veut l’écouter parler de son travail, raconter le film qu’elle est allée voir sans lui ou le livre qu’elle vient de lire, qu’il lira aussi, c’est sûr, à elle il a tellement plu. Prêter, à ses peines, son oreille et son épaule. Partager les joies, l’enthousiasme qu’elle ne saurait taire.

Il veut sentir son corps. Savoir son parfum lorsqu’elle en porte et connaître l’odeur de son corps quand les effluves se sont dissipés. Il veut retrouver ces odeurs mélangées dans ses vêtements, la légère âcreté de sa transpiration. Il veut, reniflant son oreiller, y déceler sa présence, si elle s’est levée avant lui ou si la nuit les éloigne. Il saura qu’elle approche, qu’elle est là, avant même de la voir, de l’entendre. Il veut connaître le goût de sa peau et celui de ses lèvres. Ses lèvres à lui n’auront de cesse d’apprendre son corps à elle, couvert de baisers et jamais trop embrassé. Il veut leurs langues qui se cherchent, se touchent, s’enlacent. Il veut le goût salé de ses larmes lorsqu’il espèrera, les empêchant de couler le long de ses joues, atténuer sa tristesse.

Oui, dès qu’il la rencontre, c’est sûr, elle éveillera ses sens.

Chri - Une histoire d'amour

UN SIEGE VIDE.

Je ne l’ai pas remarquée de suite.
C'est-à-dire qu’en premier, ce sont ses jambes qui m’ont, si je peux dire, sautées aux yeux. Elles étaient longues, fines, musclées et cuivrées. Et ses genoux intelligents. Les deux. N’essayez pas de me faire dire comment je peux savoir une chose pareille, je ne le dirai pas, mais je vous demande solennellement de me croire sur parole. Et je pèse mes mots : intelligents et bien sûr attirants. Il faisait tellement chaud dans ce minuscule théâtre que la plupart des femmes présentes faisaient prendre l’air à leurs cuisses et s’éventaient le visage avec le programme avec des gestes d’une élégance rare. Elle, elle faisait comme les autres. Et toutes ces mains agitées créaient un courant d’air magique qui, très vite après avoir un peu rafraîchi, échauffait un tantinet les sens.

Elle était entrée juste après le début du spectacle, à cet instant où le noir se fait et s’était assise sur le siège vide à côté de moi. J’en avais été chagriné, un temps. À minuscule théâtre, place riquiqui. Avant elle, j’avais pensé: Tant mieux, personne à côté, si je m’ennuie, je pourrais me dégourdir au moins les jambes. Là, par elle, j’étais scotché. Enfin scotché… Tout est relatif ! Disons que j’étais bien figé! En s’asseyant son genou gauche avait touché le mien. Elle m’avait, alors, pour s’excuser, décoché un sourire à faire trembler une île. J’avais, à partir de cet instant précis, rêvé de me transformer en limande sole… À cause des yeux sur le côté.

Puis, la pièce avait commencé. Un truc assez triste qui parlait de ce que tout le monde connaît plus ou moins, de rupture, de comment s’aimer encore quand on ne s’aime plus. C’était bien écrit, bien interprété, je n’étais plus dans l’humeur. Ce genou, cette cuisse, maintenant, qui s’appuyait contre la mienne... Son geste pour rassembler ses cheveux et aérer un peu sa nuque, une bretelle fine de sa robe blanche en lin qui n’en faisait qu’à sa tête... La longueur de ses doigts agitant l’éventail improvisé... la joliesse de ses sandales noires à talons, la finesse de ses attaches, la couleur de sa peau, son rire franc aux répliques cinglantes, sa présence, son incroyable présence, l'aimantante présence de... son épaule qui s’appuyait de temps en temps contre la mienne et tout juste après, son sourire irradiant se tournant vers moi… et je n'avais encore rien vu ses yeux... Le vert leur allait si bien.

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mardi 11 novembre 2014

Nounedeb - Une histoire d'amour

C’est grâce à la poussière qu’ils se sont rencontrés
Le balai la poussait, la pelle la recueillait
Ce fut un coup de foudre :
On les unit au même clou.
Que serait le balai sans sa belle ?
A qui roulerait-il une pelle ?
La pelle aime beaucoup la raideur du balai,
Les chatouilles de sa moustache.
Le balai apprécie la pelle aux hanches larges.
Ils ne se quittent plus, restent dans le placard,
Grâce à l’aspirateur : c’est les deux en un seul.
Il est hermaphrodite, en somme,
Un peu comme un gros escargot.
Son sac est sa coquille, il glisse sur le sol
En traquant la poussière de graves trémolos.
Grâce à lui au placard
La pelle et le balai sont enlacés
Jusqu’à la prochaine panne de l’électricité.

Où lire Nounedeb

L'Arpenteur d'étoiles - Une histoire d'amour

Premier amour ...

Derrière les murs de ce collège
Où frissonnaient les feuilles mortes
Moi j’écoutais le doux solfège
Que joue la pluie contre la porte
Pour succomber au tendre piège
Il fallut que Satan me porte
Afin que j’eus le privilège
De ce baiser derrière la porte

Merci à Dieu de t’avoir faite
Mon bel amour de quinze ans,
Merci au diable pour ta conquête
Pas si facile, au demeurant !

Allez savoir ce qui se passe
Dans des cœurs de seize ans à peine,
Alors qu’à peine le temps qui passe
Dénoue son écheveau de laine.
Quand la main et la main se frôlent
Et quand les lèvres se rejoignent
On tente de jouer son rôle
Sachant déjà que qui perd gagne

File l’hiver puis le printemps
Cette année là fut la plus douce
On s’essayait à être amants
On n’était rien que jeunes pousses
Mais il fallut que tu découvres
Que ton cœur était papillon
Qui attendait que les fleurs s’ouvrent
Pour goûter à d’autres saisons

Et à cet âge quand on vous quitte
Ou bien l’on meurt ou l’on s’en fout
Alors moi j’ai choisi bien vite
De faire voler d’autres dessous
Depuis les longues jambes des filles
Ne cessent de me tourmenter
Aussi leurs corps leurs yeux qui brillent
Et tout le reste sans compter

Merci au diable de t’avoir faite
Toi dont je fus premier amant
Tant pis pour Dieu si ta conquête
Dans ma mémoire va demeurant.

Tisseuse - Une histoire d'amour

Fragile

Il ne s’est pas arrêté dans ce bistrot qu’il affectionne tant.
Il aurait aimé boire un café, prendre le temps de lire sa revue, tranquillement.
Mais il a peur d’être tenté…

Les mots du médecin résonnent dans sa tête : « Vous êtes un homme fragile ! Ne vous exposez pas inutilement. Fuyez tout ce qui peut vous occasionner du stress. Évitez les dopants, les excitants. Vous savez qu’il ne faut plus boire une seule goutte. Une seule incartade, et tout est à refaire. La dépendance est en vous, à jamais…. ».

C’est bien beau d’essayer d’éviter le stress, mais on dirait que la vie met un malin plaisir à vous faire des chausses trappes.

Pourquoi lui a-t-elle parlé si froidement ce matin, en resserrant son nœud de cravate ?
Le prend-elle, elle aussi, pour un homme à tout jamais fragile, marqué, dénaturé.
Cependant, depuis sa cure, jamais il n’a failli à sa promesse. Il s’est tenu à son travail aussi, et a même ré-obtenu le permis de conduire, un temps suspendu.
C’est vrai qu’elle l’a vu par le passé dans de sales états, et cela n’a pas dû être facile de rester. Mais pourquoi se lasserait-elle à présent, alors qu’elle a tout supporté, qu’elle l’a encouragé, porté ?
Cette indifférence, cette impatience de le voir partir au boulot…
Il a bien remarqué qu’il n’y a plus de petits mots gentils depuis quelques temps, plus de petites inquiétudes dans son regard, plus d’intérêt.

Se pourrait-il qu’elle le préfère…fragile ?
Une idée à oublier !
Et il entra dans le bistrot.

Daniel Hô - Une histoire d'amour

De la fenêtre entrouverte monte les bruits de la rue. Elle, elle est allongée dans le grand lit carré de la chambre. Lui, il est assis à côté d’elle sur une chaise.

Depuis des mois, des années il refait inlassablement les mêmes gestes comme un protocole bien établi. En entrant dans la pièce le matin il lui adresse d’une voix douce un bonjour ma chérie, as-tu bien dormi ? Elle ne lui répond pas, mais il lui sourit malgré tout. D’un pas souple, il se dirige vers la commode pour y déposer le plateau du petit déjeuner. Il fait trois pas sur sa gauche pour aller tirer les rideaux de tissu lourd de la grande fenêtre. Il actionne la poignée en laiton pour ouvrir grand le double battant et y laisser pénétrer l’air frais du dehors. Après avoir patienter et profiter de cet instant du spectacle de la rue, il referme un battant et coince l’autre avec l’entrebâilleur de fenêtre. Il s’approche d’elle et, avec une douceur extrême, dépose un baiser sur son front. Il remonte son oreiller pour lui améliorer son confort. S’asseyant près d’elle une assiette à la main il entreprend tout doucement de l’alimenter. Avec patience, cuillère après cuillère il lui porte à la bouche une nourriture liquide, la seule qu’elle puisse ingérer, essuyant par instant, avec une délicatesse extrême, la commissure trempée des ses lèvres. A l’issue de ce petit déjeuner il lui fait la conversation, saisissant la main diaphane de son épouse dans ses grandes mains chaudes. Peu lui importe que de dialogue il n’y ait qu’un monologue, il garde dans sa voix la même passion et la même ferveur, celles qui les ont fait s’unir et s’aimer passionnément il y a longtemps déjà.

Quand il quitte la chambre, il ne manque pas de l’embrasser tendrement et de lui dire :
- Sois sans inquiétude mon amour, je reviens tout à l’heure.
Et avant de refermer la porte, il la regarde toujours longuement avec ce regard, ce regard de vérité qui en dit long sur ses sentiments, le regard du premier jour.

Stouf - Une histoire d'amour

Vous êtes mille femmes et hommes impromptus ... je vous aime !

en illustration sonore

Pascal - Une histoire d'amour

Les mots doux

Ma Douce, ce sont tous les « je t'aime » qu'on n'osait pas se raconter sur les bancs de l'école. Ils sont restés en suspens au bout de nos lèvres tout le temps de notre oubli et, maintenant, ils envahissent nos moments enchanteurs en se déclinant sur tous les tons du plaisir partagé. Tous ces « je t'aime » nous habillent d'élans d'Amour qu'on ne peut mesurer qu'avec des grands sourires d'enfant se cherchant pendant la récré. Alors, je te les livre, enfin dépliés, enfin libérés, dans l’ordre échevelé de nos jeunes années …

Viens avec moi, là, derrière le préau et je te raconterai des histoires de vent du Nord avec mes bises sur tes joues pour faire rougir nos décors, avec ta main au creux de la mienne pour avancer dans le futur sans penser à demain et tes rires multicolores pour enivrer notre Destin d'aventures de gamins ...

Viens, allons recompter les platanes de la cour pour être sûrs d'en vivre tous les détours ; de l'ombre verdissante jusqu'aux branches dépouillées et agonisantes, des carrés de soleil les éclairant jusqu'aux nids les peuplant, des bourgeons précoces jusqu'aux parfums de leur écorce, nous les caresserons encore …

Viens mon Amour ; sur notre banc préféré, nous graverons nos initiales comme des signatures nuptiales, déjà enlacées dans leurs majuscules cérémoniales. Attendris du printemps, nous écouterons les nouvelles chansons des moineaux et nous regarderons les vols de passereaux traversant la cour quand l'hiver les fera fuir dans nos coteaux. Notre Vercors aura sa parure de froid, tout enguirlandé de givre par les cisaillements matinaux du soleil Roi ; il est bien plus beau que les photos nos grands livres !..

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Gab Camote - Une histoire d'amour

LA NUIT, TOUS LES CHATS SONT GRIS.

Il est derrière elle, ne la touche pas. Il approche ses lèvres de son oreille et y cache quelques mots.
Elle a très bien entendu, elle ne peut pas se tromper. Son oreille devient centre de feu et les mots irradient de là et partout en elle. La lave coule de ce point-là. Immobile, figée. Elle continue à regarder l'alignement des verres et des bouteilles au-delà du bar. Elle est dans un temps de silence complet, et la lave progresse, la violence du feu s'apaise. Dans ce calme tendu, elle se demande si la foule qui se presse au bar n'a pas entendu les mots qu'il vient de déposer au creux de son oreille.

Si maintenant il la touche, l'effleure simplement, approche encore ses lèvres de son oreille, elle va se cabrer, mugir… ou se liquéfier. Qu'il ne la touche pas, pas tout de suite. Ne pas répondre, ne pas refuser, ne pas accepter. Un trop long silence, c'est refuser. Elle a déjà accepté.

Il reste à la lisière de ce temps compté. Elle est maître du rythme et cela ne va durer que quelques petites secondes d'éternité. Il attend, regrette peut-être, cherche l'excuse, l'oubli, le pardon. Il sait pourtant qu'il n'y a pas de machine arrière possible à ces mots. Impossible d'aller les récupérer là où il les a déposés. Et plus les secondes sont longues et plus il voudrait disparaître. Il reste raide, au-delà de son espoir. Cela ne peut pas durer. Elle préfère prolonger l’attente. Elle voudrait qu’il répète les mots, une fois, deux fois, toute la soirée peut-être.

Elle est maître du rythme, suivra-t-il le tempo ? Il suffit qu'elle se penche à peine en arrière, que son dos vienne à toucher la poitrine de l'homme, qu'elle tourne à peine la tête, mette son oreille à toucher ses lèvres, qu'elle le regarde enfin, que son corps pèse soudain et lui demande, du bout des yeux, du bout du menton, de répéter. Elle attend et frémit qu’il ne trouve pas l’ardeur de reposer sa question. Elle est brûlante.
- Vous avez du feu ?

Première des 10 nouvelles du recueil « Les sept vies du chat à neuf queues »

Où lire Gab Camote

lundi 10 novembre 2014

Zoz - Une histoire d'amour

Retrouvailles

~ Une poignée de terre culbute sur le bois trop vernis. Je ne suis plus avec eux, je suis avec toi qui s'approche entre les arbres, loin entre les arbres, mais combien près de moi. Je suis déjà collée à ton odeur, ton souffle me bascule. Ta lente démarche acquiesce l'habitude des choses. Mon cœur achoppe sur ce mirage, je ne t'attendais plus. Tu as vieilli sans vieillir, je suis toujours aussi laide. Reconnaîtras-tu mes cauchemars ? Tes yeux feront-ils détour autour de moi. Ou mordront-ils les miens qui parlent toujours trop fort. Je suis tellement là sans y être à présent. Je suis tellement à toi.

Le temps ne m'a en rien convaincu du désastre de nous.

Il y a tous ces gens autour, des vautours. Dès le cercueil enfoui, dès la dernière larme, ils feront cercle. Tu le sais de ta certes certitude. Ils te dévoreront de questions, et moi en retrait, le cœur en saillie, presque morte de trop revivre. Tu ne diras rien de toi, que de l'ersatz pour l'hyène. Je ferai un pas de travers, le talon trop aiguille pour l'herbe. Je glisserai mes parfums plus loin. Mes vêtements comme une enveloppe. Mon silence comme une inexistence.

Tu ne feras rien. Rien de ce qui est à nous. Ton œil à peine suivra mon sillage. Nous serons épars, mais un, et seuls à le savoir. Le temps aura sonné douze fois notre combat. Douze années de chair abandonnée. Sans la peau sans les yeux, sans jamais se laisser du cœur.

Peut-être en cette nuit qui vient, loin des croix, naîtra ce combat retrouvé de nos regards. Cette lutte à finir entre l'amour et nous ...

Lorraine - Une histoire d'amour

JE ME SOUVIENS

Je me souviens de mai où fleurissaient les roses
Au jardin d’autrefois, secret et lumineux
Je me souviens des mois grisailleux et moroses
Où tu me serrais fort quand nous marchions tous deux

Je me souviens de toi quand j’ouvre la croisée
Sachant qu’un nouveau jour s’ajoute aux jours anciens
Je sens battre ce cœur doux et inapaisé
Qui a gardé ton nom et de nous se souvient

Je sais que tu m’aimas comme je t’aime encore
Je n’ai pas oublié. Et quand j’ouvre les yeux
Le matin me fait mal, allumant sans remords
Le soleil des beaux jours et l’été insoucieux

Et puisqu’il a fallu qu’après toi je survive
Vieillissant pas à pas tout au long du chemin
J’attends le dernier jour comme on attend l’ eau vive
Sachant que tu viendras me prendre par la main

Où lire LORRAINE

Claudie - Une histoire d'amour

L’ANNEAU DE SABLE

Il brillait dans le sable mouillé. Je le ramassais et l’essuyais délicatement. La plage s’éclairait d’or et de pourpre au soleil couchant. L’anneau était maintenant au creux de ma main. Un anneau double assez large et ciselé de feuilles d’acanthe sur la partie supérieure. Il avait dû appartenir à une personne aux doigts fins. Enchantée de ma trouvaille et n’osant le passer à mon doigt de peur de lui voler son histoire, je rentrais chez moi et le posais dans une boite à bijoux sur un écrin de velours.

Quelques jours plus tard à la recherche de mes boucles d’oreilles, je me rappelais l’anneau trouvé sur la plage. Je m’approchais de l’étagère où il dormait dans sa boite quand je vis celle-ci scintiller de milles feux. Phénomène étonnant car la boite était taillée dans un métal épais. Le couvercle s’ouvrit sans que je sollicite le fermoir. De plus en plus intriguée, je vis au fond de l’écrin l’anneau bien sûr mais aussi un morceau d’écorce. J’allais le jeter quand je vis les mêmes feuilles d’acanthes que sur l’anneau, gravées finement sur la surface tendre. Sous chaque feuille quelques mots d’une écriture cunéiforme. J’eus du mal à les déchiffrer. Ces mots parlaient d’amour et de serments éternels, d’une chevelure de nuit douce à caresser et des yeux aussi transparents que l’opale.

L’anneau scellait un accord amoureux. Sous la lumière du jour, chaque facette révélée par le soleil reflétait un visage. Un visage long et mélancolique. Celui d’une jeune femme coiffée de bandeaux de cheveux noirs. Elle était certainement l’élue d’un amoureux passionné. C’était un anneau double qui enserrait pour l’éternité deux jeunes mariés.

Dans le coffret à bijoux posé sur la tablette de marbre, deux roses rouges en bouton éclataient tendres et fripées. Je regardais les fleurs avec stupéfaction. Elles poussaient sans racines comme si elles étaient aériennes. Etait-ce encore une facétie de l’anneau magique ? Il avait l’art de fleurir chaque endroit où il tombait comme si l’amour dont il était imprégné rejaillissait plus vigoureux et plus fort.

Plus tard je consultais un bijoutier pour estimer sa valeur. Il datait d’après lui du 19e siècle et n’avait aucune valeur marchande. Peut-être mais pour moi, dépositaire d’une union qui avait retrouvé ses forces vives dans un écrin de velours, il me parlait au cœur.

S’il n’avait pas fleuri la plage où je l’avais recueilli c’est que la marée avait emporté dans son reflux les langueurs d’une union oubliée.

Vegas sur sarthe - Une histoire d'amour

Vapeurs de soupirs

Moi Léon Montaigu, moulé de bleu, obscène
et Fatou Capulet de pourpre fagotée
avions été poussés à jouer cette scène
devant tous les parents à la fête d'été.

Elle portait si bien ces ailes de l'amour
qu'elle avait découpées dans du polystyrène,
je n'étais qu'un puceau, imberbe troubadour
j'étais le taurillon que l'on mène aux arènes.

Je bredouillai mes mots tout à la queuleuleu
que personne n'ouïssait, la main en chasse-mouches.
« Oh! gentil Roméo, si tu m'aimes, dis-le »
explosa t elle enfin en me prenant la bouche.

Au décor du jardin je crois avoir buté
je me suis accroché aux ailes entoilées,
contre moi je sentais deux roberts effrontés
qui frémissaient autant que mon coeur ébranlé.

« L'amour c'est la fumée qu'exhalent les soupirs »
avait affabulé le singulier Shakespeare,
celle qui m'asphyxiait montait d'un projecteur
j'aurais dû déclamer « Avançez l'extincteur ! »

Dans mon collant roussi, je gagnai la coulisse
Juliette riait, saluait, shakespearienne
ce jour jusqu'à la lie, j'avais bu le calice
mais je n'oublierai pas ses lèvres sur les miennes...

Où lire Vegas sur sarthe

ABC - Une histoire d'amour

Curieuse rencontre :

Je me suis toujours demandée comment ils s’étaient rencontrés ? J’ai toujours cru qu’ils étaient mal associés et pourtant………. Me suis-je toujours trompée ?

Lui avançait dans la vie, solitaire, aimant se taire. Autodidacte, il parlait quatre langues et lisait passionnément les livres en version originale. Sans voiture, sans monture, il marchait, les yeux ouverts et les oreilles aux aguets avec une éternelle paire de jumelles à son cou. Ses poches étaient percées au propre comme au figuré, il n’avait pas de clef, pas de bagages mais la tête dans les nuages, l’esprit souvent en voyage. Il cheminait posément, vivait de l’air du temps, il était vol au vent…… « Vol au vent » souriait-elle en fredonnant,  vol au vent et bon amant…… Mais au fond que sait-on vraiment des gens ?
Elle était décidée, appliquée et organisée. Elle faisait tourner la maisonnée, c’est elle qui avait les clefs dans son sac avec les sous et les papiers… Dans ses poches juste un mouchoir, un mouchoir en papier, un mouchoir à jeter… Elle avait beaucoup étudié, en dehors de sa langue ne parlait que l’anglais d’un air très satisfait, mais connaissait l’histoire et la géographie de nombreux pays… C’est elle qui conduisait et cela lui plaisait… C’était une rapide, oui rapide, trop rapide parfois. Comment pouvait-il la suivre à ce rythme-là, dans ses débats et ses ébats ?... Mais au fond que sait-on des gens que l’on croise ici-bas ?
Leur maison, une chaumière, au bord de la mer, dans laquelle rentraient de nombreux courants d’air, mais aussi, au fil du temps, quelques passants qui le trouvait assis dans un fauteuil défoncé qui lui était réservé. Elle était bien souvent devant une petite table servant de bureau, là elle répondait au courrier ou réglait quelques papiers, à peine posée prête à s’en aller,… À part le whisky du dimanche et la sortie du vendredi pour rencontrer une vieille amie avec qui ils jouaient au rami, je ne leur connaissais pas de manies… Mais au fond que sait-on des gens que l’on ne voit pas souvent ?

Je me suis toujours demandée comment ils s’étaient rencontrés ? Pourquoi s’étaient-ils associés ?

J’ai cru comprendre que cela s’était passé un été sur un chemin côtier où toute la journée, elle avait pédalé sur son V.T.T., pour finir par dérailler. Il était alors apparu, ses jumelles autour du cou, se promenant nonchalamment au gré du vent en sifflotant. Sans rien dire il l’avait aidée la regardant en souriant d’un œil compatissant… Elle était jeune et pressée, il était complaisant et prenait son temps… D’année en année, tous les étés, ils se sont retrouvés, ont fini par se marier…
Il me serait difficile d’en dire plus car que sait-on des gens qui ne se livrent pas vraiment ?
À regarder leurs yeux, ils étaient amoureux, jeunes comme vieux… Discrets, voire secrets, côte à côte dans la vie, ils avançaient…
Je les croisais, une fausse banalité, un carrefour obligé, une certaine familiarité, bien forcés de se rencontrer quand on est de la même lignée.

Où lire ABC

Semaine du 10 novembre au 16 novembre 2014

Votre voyage inattendu prend fin et vous émergez de vos tableaux, photos, affiches et là, votre petit cœur se ramollit : l'amour vous saisit.

Qu'elle soit à l'eau de rose ou bien salée, subite ou éternelle, ou encore qu'elle finisse mal, chacun porte en soi une histoire d'amour. Voilà donc ce que nous voulons en cette semaine frisquette : que vous nous contiez fleurette.

Vous avez jusqu'au dimanche 16 novembre minuit, heure de Paris, pour nous dépeindre à la pointe de votre plume votre romance et nous envoyer votre écrit à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com.

Vous pouvez aussi nous rejoindre sur la page Facebook des Impromptus Littéraires :

Celle page est accessible ici !

Notre souhait est que cette page devienne un lieu d'échange à la fois convivial et décontracté, tout en conservant bien entendu l'esprit des Impromptus et le respect des Instructions Générales du site.
Vous pourrez vous exprimer à votre guise, poster des photos, proposer des idées de thème, parler de vos coups de cœur (ou coups de gueule) littéraires, nous faire part de vos impressions, suggestions, avis sur le site … etc …[1]

Nous nous efforçons d'illustrer les thèmes hebdomadaires, mais aussi de communiquer de façon plus interactive :)
N’hésitez pas à nous y rejoindre …

Les instructions générales de participation sont accessibles ici.

Pour revenir à la page d'accueil : cliquez ici

Notes

[1] Si vous êtes vous-même inscrits sur Facebook. Mais si vous n’êtes pas (encore) inscrits, ou ne le souhaitez pas, vous pouvez tout de même consulter la page, et nous faire des retours par mail.

dimanche 9 novembre 2014

Cacoune - Un voyage inattendu

Là,
Dans l’aisance de mes pas,
Mes pieds pris dans l’horizon
Et dans le béton.

Lent,
Le paysage défile comme le vent
Dans mes oreilles, le bruit du temps
Et du silence.

Lourd,
Mon corps affirme sa préférence,
La ligne blanche fixe son attirance
Et mes mouvements.

Loin,
Mes buts ont l’odeur de l’errance,
D’une course abrupte contre l’absence,
Du superflu.

Projetée en avant, je fuis
Quelque chose d’indéfini.
Ou bien peut-être rien.
Poussée vers l’allant, je fuis
La peur d’une fin.
Ou bien celle de l’aurore.

Mon errance a l’odeur de mes buts,
Et de la pesante existence
de mes désespérances.

Cocktail bétonnant.

Où me voir errer

Faraway - Un voyage inattendu

Elle se tient là devant mes yeux, immobile, contemplant ce paysage vide et presque inexistant à mes yeux, regardant les navires s'en allant vers le large, voiles déployées dans un adieu presque serein, écumant les eaux claires du golf.

Mais ça ne m'intéresse pas.

Je n'arrive pas à détacher mes yeux d'elle, de ce qu'elle est capable de voir, d'essayer de penser à ce qu'elle pense. Je regarde les rideaux voleter, lentement soulevés par la brise, comme le sont les bords de sa robe, blanche, dévoilant les formes de ses jambes et de ses cuisses, de ses hanches. Je reste là immobile à contempler le temps qui s'est figé sur cette scène. Je sens le vent contre mon visage qui me caresse et que je me refuse à ressentir, je reste de pierre, froid insensible, curieux de ce qu'il y a là devant moi, devant cette fille qui me tourne le dos, j'imagine son visage jeune et les formes lisses qui le recouvrent, des yeux clairs dans lequel l'eau se reflète. Je vois sans voir et ça me rend triste, car j'aimerais voir et j'aimerais ressentir ce qu'elle ressent. J'aimerais tellement être là avec elle, pour lui caresser l'épaule et lui murmurer quelque chose à l'oreille, mais elle n'est pas là pour ça. Elle n'est là que pour contempler ce monde devant elle depuis cette fenêtre ouverte. J'aimerais la toucher, je mourrais pour ce simple contact de mes doigts dans ses cheveux, pouvoir sentir son parfum et, et....Mais je n'existe pas pour elle.
Elle se retournerait qu'elle ne me verrait pas, mais elle ne se retournera pas, elle restera ainsi, inatteignable, perdue dans l'horizon et moi je resterais incapable de comprendre la poésie dans tout cela, je me contenterais de ma douleur et de la morsure du froid que m'impose mon propre corps. Transis dans ma rêverie qui détruit peu à peu l'idée que je me faisais du bonheur. On essaye de m'appeler de me détourner de ce que je vois, mais je n'y arrive pas, mon corps est de pierre.

Je continue de regarder la scène et je commence à voir ce que je devrais voir. Je sens la fin de l'été, sa douceur et sa fraîcheur sur ma peau. Je sens les fleurs et les odeurs venant d'un potager, je sens l'odeur d'une pipe alors que je n'en ai jamais senti auparavant, je sens tout cela et je vois ce qu'elle voit, mais je veux toujours la toucher, sentir ses cheveux et y enfouir mon visage, sentir son parfum et me fondre en elle comme deux morceaux séparés trop longtemps, mais je n'y arrive pas.
Je me sens coincé entre ce que je suis et ce qu'elle est. La brise continue de l'effleurer et je continue de m'approcher d'elle difficilement. J'ai l'impression qu'elle sait que je suis là, mais elle m'ignore alors je continue d'avancer pour l'atteindre et atteindre son monde qui est là derrière cette fenêtre. Elle se tourne lentement vers moi, je le vois, elle peut me voir, il suffit qu'elle se retourne encore un peu et je pourrais voir ses yeux et enfin comprendre tout ça. Qu'elle soit laide ou non ça n'a pas d'importance car j'ai besoin de voir et je vois enfin. La forme parfaite de son oeil gauche, la couleur ardoise de son iris et une partie de son visage, la forme de son nez, les bords de ses lèvres, son menton, son front et cette petite mèche de cheveux qui y virevolte doucement.

Mais tout s'arrête.

Je me fais bousculer violemment. On se moque de moi. Je visite un musée pour la première fois et plus jamais je ne verrai son visage.

Où voir l'oeuvre

Chri - Un voyage inattendu

- Mais qu’est-ce-qui t’arrive ? Tu saignes des oreilles ? Viens vite par ici. Tu as mal 

Ben oui, que je suis bête tu dois souffrir le martyr vue la tête que tu fais. C’est arrivé comment ? Tu peux me dire ? Tu t’es battu ? Viens je vais te nettoyer tout ça. Tu m’entends au moins ? Est-ce-que tu entends ce que je te dis ? Réponds. Je suis bête, si tu n’entends pas, tu ne peux pas répondre, bien sûr.

En lui prenant les deux joues entre les mains et en exagérant l’articulation au cas ou l’autre serait devenu sourd, elle lui dit :
- Dis moi, que t’es-t-il arrivé ?
D’une voix presque neutre, il se met à raconter.
- Je me baladais sur internet, je cherchais sur google images des chrysanthèmes et, tu connais mon orthographe, bêtement j’ai tapé C R I, alors m’est apparu un nombre incroyable d’exemplaires du tableau de Munch. Ils m’ont sauté à la figure comme un chat sur une mésange. Essaye, tu verras l’effet que ça fait, c’est terrifiant. Un plein écran de bouches tordues…. Moi, je suis resté bouche bée devant toutes celles-là ouvertes en grand. Et, à force de les regarder, hypnotisé comme une poule regarde un dentier, j’ai été happé. C’est là que ça m’est arrivé. Tous ces hurlements en même temps m’ont vrillé les tympans et retourné le cerveau. Les deux. D’un coup. Les deux lobes d’un coup. Et je me suis mis à saigner.

- Viens mon bonhomme, on va soigner ça. Attrape les cotons tiges qui sont dans le tiroir du bas… Peindre des trucs pareils, ils ne se rendent pas compte…

Où voir le tableau
Où lire Chri
Où découvrir ses photos

Blj73 - Un voyage inattendu

Sans comprendre ...
Je m'étais retrouvée derrière eux
Du bleu, des nuages…

Ce nouveau paysage
Illusion, réalité ?
J'étais sidérée
J'osais à peine respirer
Peur de me faire remarquer
Peur de tout gâcher
Peur de me faire renvoyer...
J'entrouvrais à nouveau mes yeux
Pour vérifier :

Du bleu, des nuages,
Même paysage
Toujours ces personnages...
Ils n'avaient pas bougé
J'étais impressionnée.
Instant si désiré
Combien de fois imaginé
Combien de fois espéré :
Évoluer dans leur monde
Comme tout le monde.

Du bleu, des nuages...
Inspiration
Expiration
Je tempérais mes émotions
Allais-je pouvoir rester sans être effrayée
Sensations mitigées dans ce lieu convoité
Ce monde à eux.

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jeudi 6 novembre 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Un voyage inattendu

Comme une bouffée d’air brûlant. Des envies brutales de doigts emmêlés de croupes offertes, de seins tendus, de reins cambrés. Des parfums capiteux et un peu aigres à la fois. Et puis les lumières du musée qui s’éteignent comme le noir après l’éclair d’un orage d’été. Des bruits de voix, des oh, des ah, des mouvements inquiets. Peu à peu le jour renait, un par un, lustres, appliques, rampes. Soupirs et quelques rires énervés. Je ne suis plus là.
Je suis dans un couloir. Vapeurs, odeurs suaves, la porte s’ouvre sur les murmures et une musique lancinante de cordes. J’avance. Je n’existe pas, ectoplasme vibrant. Des femmes rondes, aux yeux lassés ou extatiques. Des caresses qui s’appuient ou s’esquivent. Certaines dansent nonchalantes. D’autres demeurent enlacées les mains sur la poitrine de l’autre. Je meurs, je crève d'un désir fou, impossible. Je flotte immatériel. Je les effleure, les touche, les entoure, les traverse. Des piscines bleues, montent des essoufflements et des buées opalines. Les chevelures se dénouent, longues parures brunes et je meurs à nouveau.
Une main sur mon bras.
La voix grave du gardien qui me dit de partir, que le Louvres ferme dans quelques minutes. Je le regarde, étourdi. Il sourit gentiment, hausse les épaules et me précède vers la sortie en agitant son porte-clefs.

Où mourir de la petite mort

Emma - Un voyage inattendu

Tango

Bien entendu, dès qu'il avait appris que je souhaitais visiter l'expo Vettriano à l'art gallery, et comme chaque fois que je venais à Glasgow, ce vieux Gonzague, jarret ferme d'ancien danseur de tango malgré ses presque nonante ans, et plus British tu meurs avec son sempiternel parapluie, avait insisté pour m'accompagner, sous le prétexte, assez mince, on en conviendra, qu'il estime avoir un rôle protecteur envers moi, en raison du doute qui le taraude sur une possible grand paternité, depuis une fugitive relation, selon lui explosive, qu'il eut pendant le blizz dans un abri sous les bombes, avec ma grand-mère Daisy, alors femme de chambre à l'Hermitage (ou du moins ce qu'il en restait).

Quand je la questionnais sur le sujet, Grand-mère Daisy, paix à son âme, agitait sa petite main et je crois encore l'entendre dire de sa voix éraillée par une pratique excessive de cigarillos de contrebande, et dont elle exagérait l'accent cockney : "comment savoir, petite, il y avait tant de monde dans cet abri… "

Quoiqu'il en soit, cette hypothèse génétique ne vous autorisait pas, Gonzague, même si vous jurez souvent que votre parapluie est celui même de Mary Poppins que vous auriez gagné un soir au jacquet, à nous précipiter tous les deux dans ce foutu tableau, dont moi qui n'avais rien demandé, en criant supercalifragilisticexpialidocious ! sous prétexte que vous y auriez reconnu notre Daisy.

D'accord, j'aime le tango, vous le savez, et vous fûtes un bon professeur, mais sous cette pluie battante et sur la plage déserte de "la leçon de piano", j'apprécie moyen, je suis frigorifiée, d'autant que vous m'avez collé comme partenaire, Dieu sait pourquoi, Jésus, le livreur de pizzas portugais avec qui précisément j'ai eu des mots la semaine dernière parce que sa Margarita avait l'air d'occasion.

Et ne parlons pas de cette allure que vous avez, tous les deux, Daisy en soubrette muette prête à embarquer sur un canot de trafiquants de la prohibition et toi, grand flandrin de majordome sur le point, je le crains, de t'envoler dans un tableau de Folon de la galerie voisine…

Eh Gonzague, ne me laisse pas là, Daisy est muette et ne m'est d'aucune aide, (après tout elle n'est qu'une peinture), mais moi, Gonzague, au secours, quel calvaire de danser avec Jésus !

Où voir le tableau
Où lire Emma