Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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jeudi 23 mai 2013

Ice Man - Envole-moi

( Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus .Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Sa fiancée Hélène s'avère être une « Gardienne », comme Fontenay qui sauve Farid in-extremis. Tous sont en avion, direction New York )

Dans cet avion qui approche enfin de Newark, Hélène pense curieusement à l’aéronef qui la transporte. Elle a connu les ancêtres des jets actuels, les premiers aéroplanes, les essais infructueux de ces « fous volants ». Mais ce qui l’a marqué le plus dans la faculté de voler que recherchait l’homme, n’a rien à voir avec l’avion lui-même.
Peu après l’épisode du chien, elle fut rejetée par sa famille et vécu comme une paria dans la nature, se nourrissant de fruits et de baies et partageant la pitance avec les seuls compagnons qui l’acceptèrent, les animaux. Mais la nature est aussi cruelle avec ses enfants.
Un matin, elle fut réveillée par des cris stridents. Une tourterelle se débattait au sol, l’aile cassée, sous la menace d’un lynx qui rodait dans le coin. Juste au-dessus d’elle, se trouvait un nid avec des oisillons piaillant en attendant leur repas. Comment la tourterelle s’était-elle cassé l’aile ? Mystère et le lynx n’était que témoin de cette scène, bien que voulant profiter de l’aubaine.
Se débarrassant des feuilles qui la protégeaient pendant son sommeil, Hélène se précipita au secours de l’oiseau blessé. Là encore, une sorte de chaleur et de douceur l’envahit lorsqu’elle posa ses mains autour du volatile affolé. Il se calma et après quelques minutes, Hélène le reposa à terre. Comme groguie ou bien étonnée, la tourterelle regardait toujours Hélène fixement, ne voyant pas le danger qui la guettait à quelques mètres de là.
- Envole-toi, envole-toi….va voir tes bébés….
Mais l’oiseau ne comprenait toujours pas ce qui lui était arrivé et ce qu’il devait faire. Hélène surveillait d’un œil le lynx et finalement la tourterelle prit son envol…. A l’opposé du nid.
Inquiète, Hélène voulut la suivre. Elle courrait, courrait aussi vite qu’elle pouvait mais l’oiseau disparût de son champ de vision. Alors Hélène agita ses bras, sauta en l’air comme pour essayer de suivre l’oiseau dans son monde.
- Envole-moi, envole moi…. ,cria-t-elle.
Mais la formule magique ne fonctionna jamais et elle dut attendre bien des années avant à son tour de voler, comme maintenant dans cet avion.

Le roman feuilleton complet ici

Mystic - Envole-moi

Envole-moi
Ne reste pas là
Viens avec moi
Ô je t'en prie viens là
La tempête est là
Envole-moi

Mais viens donc là
Ô je t'en supplie
Il va être trop tard...

Ceci est un hommage aux victimes de la tornade d'Oklahoma.
Une personne a filmé la tornade pendant qu'une autre la pressait pour partir. Ils ont été ma source d'inspiration pour ce court texte.

Maestitia - Envole-moi

Au hasard

Métro. Boulot. Dodo. Mine grise camouflée dans la morosité ambiante, Mademoiselle foule les mêmes pavés. Au milieu de la même foule. Sous la même pluie. Hier. Aujourd’hui. Demain. Le même chemin calculé au millimètre près. Les mêmes regards qu’elle esquive toujours de la même manière. Les yeux rivés vers son téléphone. Ou fermant les yeux si fort qu’elle n’est plus vraiment là. Là. Aujourd’hui. Métro. Boulot. Dodo. Là. Sous la pluie. Au beau milieu de toutes ces mines grises. Là. Perdue en ce quotidien au même refrain. En ce tunnel sans fin, Mademoiselle retient sa respiration depuis cent ans déjà. Elle a tenu. Elle tient. Elle tiendra. Si, elle le peut ! Jusqu’à la lumière blanche, la dernière promesse de ce monde sans saveur. Alors, le nez collé à son agenda, elle avance. Encore et encore. A fouler les mêmes pavés. Au milieu de cette même foule. Sous ce même ciel gris.

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mercredi 22 mai 2013

EVP - Envole-moi

(Sur la musique de J.J.Goldman)

Ta vie s’achève si tôt ce jour,
Ton rire se tait et tes mots d’amour
Et tu ne verras pas nos pleurs
Qui t’accompagnent vers ce bleu où est ton cœur.

T’as pas choisi, jouant au rugby
Cet accident et le corps qui gémit
Mais tu gardais, en grand secret
Ce désir de voler au-dessus des maux.

Envole-toi
Loin de ce corps si lourd, avec tes mots
Envole-toi
Sur tes poèmes avec tes rires si beaux

Jamais tu ne te posais trop de questions
Un corps cassé mais la vie à goûter
Douleur en face, la joie c’est mieux
Chaque saison pour profiter encore un peu.

T’as juste choisi de vivre cette vie
Sans résignation plutôt en fanfaron
Et tu riais et c’était ton aventure
De sans cesse repousser les murs

Envole-toi…

Où que tu sois, envole-toi
Porté par ton désir de partage
Envole-toi
Vers la douceur qui fût ton courage
Rejoint tes rêves de voyage
Envole-toi
Olivier, libre de courir sur les nuages
Envole-toi

Mamido - Envole-moi

Elle se souvient.
Elle est toute petite et il la prend dans ses bras. Il la soulève au-dessus de sa tête et la fait tournoyer dans les airs. Elle sent le vent dans ses cheveux et sur ses jambes nues aussi.
Le paysage autour d’eux qui tournoie, avec pour seul repère fixe le sourire éclatant de son père auquel, éperdue, elle accroche son regard.
Et cette sensation de vertige et de plénitude ! Pour la retrouver, longtemps elle réclamera à son père :
« - Envole-moi, papa, envole-moi ! »
Jusqu’à ce qu’elle ait trop grandi et qu’il ne puisse plus la soulever.

Elle se souvient.
Elle court dans la douce brise estivale.
A la poursuite d’une balle, d’un papillon ou d’elle ne sait quel autre trésor.
Elle sent sur ses jambes la caresse des hautes herbes qui ondulent autour d’elle comme des flammes vertes.
Légère, elle saute par-dessus les flaques laissées par le dernier orage. Elle délaisse le portail ouvert pour bondir par-dessus la barrière, avant de rentrer chez elle.
« - Envole-moi, envole-moi » murmure-t-elle, en refermant doucement la porte.
A qui s’adresse-t-elle ? Aux nuages qui filent tout là-haut dans le ciel, au soleil qui joue à cache-cache avec eux ?
Ça, elle l’a oublié.

Elle se souvient.
Elle danse sur le plancher ciré de la salle à manger. Tout son corps se balance, sans effort.
Elle sent la douceur de la soie de son jupon indien qui ondule et qui s’enroule autour de ses jambes.
Son amour la rejoint et elle s’envole, si légère dans ses bras. Avec lui, elle retrouve enfin cette sensation de vertige et de plénitude.
« - Envole-moi, envole-moi » susurre-t-elle à son beau fiancé.

Elle se souvient.
C’est l’affaire d’à peine un instant.
L’ombre d’une biche qui surgit d’un fossé. Un coup de volant pour l’éviter. La perte de contrôle. La voiture qui tournoie, et le paysage aussi, tout autour d’elle. Si vite, si vite…
Pas le temps d’avoir peur, juste cette étrange sensation de vertige et de…
« - Envole-moi, envole-moi … » murmure-t-elle aux secours qui s’affairent autour d’elle.
Elle ne sent plus ses jambes… Elle ne sent plus rien…

Tout d’un coup, elle se sent si légère… Elle a tout oublié. Elle s’endort.

Valentyne - Envole-moi

Grimpeur dans la tempête, tu marches seul, Olivier,
Une place avec une scène
Sur des tréteaux de bois
Des milliers de gens sont là
Mais j'ai dû trop longtemps sourire
Je ne t'ai pas vu partir
Plus que mes pas qui résonnent
Il ne reste plus personne
Tu étais là dans ce fauteuil
Premier témoin de mes faux pas
Le coeur tremblant comme une feuille
Croyant que je ne savais pas
"Où es-tu ?"
Dans un hameau perdu sous les étoiles ?
On t'a vu dans le Vercors ?
Sauter à l´élastique ?
Voleur de décors ?
Au fond d'un cirque ?
A chercher le secret des banquises ?
A étudier la course des nuages ?
Et y trouver de nouveaux personnages ?
A crier vers l'infini et au delà ?
Je pense encore à toi.
On m'avait dit que tout s'efface
Heureusement que le temps passe
J'aurai appris qu'il faut longtemps
Mais le temps passe, éternellement, heureusement.
Plus certainement, tu es dans ce cimetière
A exercer tes talents de conteur
Voire à militer au parti zombi
Une chose est sûre, là où tu es
On trouvera
Un peu plus d'amour que d'ordinaire
Ce n'est pas un conte mais un poème mi-phénomène paranormal
Juste une façon de dire
Que je ne t'oublierai pas
Et que je garderai cette surprenante image
De toi jetant tes dentelles à la mer.

avec les mots de Cabrel - Grand Corps Malade - Jean Jacques Goldman - Sardou - Bashung (et d'Olivier)

Peggy B - Envole-moi

Envole moi…
Moi qui ne te connaissais pas.

Douleur terrestre coutumier,
Bonheur céleste particulier.

Envole moi…

Ce nuage en guise de lit,
Ce repos si bien mérité,
Tes amis te gardent de l’oubli,
En te prosant en toute beauté.

Envole moi…

Lira - Envole-moi

Je ne connaissais pas non plus Olivier Puigségur mais je lui dédie ce texte ainsi qu'à « chacun de nos Olivier » qui se sont envolés prématurément vers d'autres espaces...

Ô ma fureur, ma peine locataire,
L'aube charroie des ronciers
Incurables. La terre de nos
Vergers est nue et
Il pleut des chagrins sur nos
Étés perdus. Envole-moi sur d'autres
Rives où l'oiseau s'en revient
Pour cueillir le jour présent, envole-moi en
Un lieu où les matins
Interrogés s'accordent à la
Grandeur de l'inespéré, où le
Silence est la parole de l'âme.
Envole-moi où le poète
Gravit le réel jusqu'à
Un horizon de lumière
Restituée.

L'Arpenteur d'étoiles - Envole-moi

Elle m’avait dit simplement « nous partirons en fin d’après-midi pour y être à la nuit tombée »
Nous avons repris la vieille coccinelle grise. La route était longue, mais tout au bout, comme les ombres s’étiraient sur la terre : « prends à gauche, maintenant à droite. Après tout droit jusqu’à l’orée. On se garera à côté des autres voitures et on finira à pied. »

Avant, nous avions visité Saint Malo. Elle avait tenu à saluer Châteaubriant. Moi, Surcouf, comme on salue un vieil ami d’enfance. Nous avions déjeuné vers les Chiens du guet puis flâné sur les remparts. Quelques pas vers le Sillon, d’autres encore face à l’océan, presqu’à le toucher. Il était temps de partir pour l’autre voyage.

La forêt s’avançait désormais plus que nous avancions vers elle. Elle nous enserrait, comme une mère blottit son enfant contre son sein. Nous étions nombreux à converger vers quelque part que j’ignorais. Ma main dans la sienne, je me laissais emporter, vaguement grisé par le parfum quasi animal montant de l’humus que nous foulions. Elle avait mis un gros pull de laine blanche. Sa chevelure dansait au rythme de nos pas.

Bientôt une clairière s’ouvrit devant nous. Une foule silencieuse et calme commençait à s’installer sur des couvertures apportées. Certains avaient même planté des tentes. Au milieu, une sorte de scène de fortune. C’était étrange. Un silence bruissant de respirations, de murmures coupés parfois de quelques rires. Nous étions au cœur de Brocéliande, hantée de tous nos fantasmes, habités par tous nos rêves. Brusquement la musique perça le mystère. L’esprit celtique planait désormais au-dessus de nous tous. L’air devenait palpable, l’obscurité charnelle.

Plusieurs artistes vinrent ainsi habiter l’espace.
Puis, un homme monta sur scène. Il était seul, grand, les cheveux longs. On croyait discerner la pâleur de ses yeux. La nuit s’appuya un peu plus sur nous. Tout se tut, épaississant le silence. Alors il se mit à chanter. Une mélopée sourde. Des mots de brisants battus par les vagues. Des mots de vents fracassés. Des mots d’arbres dressés vers les dieux. Peu à peu sa voix se faisait plus claire. Peu à peu il paraissait grandir. Ses bras ouverts étaient immenses. Le temps s’était suspendu. Avec cette langue que je ne comprenais pas, il disait l’universel et l’éternité des âmes. Puis la harpe à son tour vint se glisser sous la mélodie, comme l’eau d’un fleuve sous la coque d'un navire, et emporta nos esprits sur les ailes des songes.

Elle avait posé sa tête sur mon épaule. Mon bras l’enveloppait. Elle était douce, sereine, vibrante. Nous nous sommes serrés un peu plus encore. Je caressai doucement son visage. Nos regards que nous devinions se sont croisés. Elle a approché ses lèvres et a murmuré « envole-moi ».

NB : le premier commentaire est un rapide et amical portrait d'Olivier

mardi 21 mai 2013

Béji - Envole-moi

Tel
Un grain de sucre sur tes lèvres
Un léger murmure à ton oreille
Un éclat de rire dans ton sommeil
Je serai là,

N’aie pas peur
Ouvre cette boîte étrange
Caresse ma chair de cendres
Envole-moi entre la douceur de tes doigts
Envole-moi partager la liberté des anges.

Kris - Envole-moi

A priori le sujet m'inspire "Envole-moi". Mon premier élan, serait amoureux, je songe à celui que j'aime, j’adore quand il m’envole et cela prend tout son sens !
Et puis je viens de découvrir la raison du choix de ce thème, et là, je retombe sur le plancher des vaches et j'en veux terriblement à cette garce de vie …

Chez les Impromptus Littéraires, j'ai lu de très beaux textes, j'ai beaucoup aimé écrire et j'ai aussi fait de belles rencontres. Olivier en était une !
Lors de mes premiers textes déposés ici, Olivier écrivait. Touchée par sa sensibilité, je laissais des commentaires. Mais lui, n'a pas lu mes premières contributions ou n'en disait rien.…. Je ne comprenais pas… Puis un jour nos plumes se sont rencontrées… Je suis allée sur son blog, il est venu sur le mien, nous nous sommes très peu écrit ailleurs… mais le lien était là…. Nous étions heureux de nous lire…

Je ne le connaissais pas personnellement Olivier c'est, "c’était" (puisqu'il faut en parler au passé…) la joie de vivre, malgré tous ses problèmes de santé… c’était son sourire qui faisait un bien fou…. un homme qui appréciait les belles choses, qui aimait les autres… Souvent, je dénigre Facebook, je n'en veux pas et pense que ces amis "virtuels", c’est du vent…
Mais ma relation avec Olivier était-elle différente, en fait ?

Pourtant je tenais à cet homme et je reste persuadée qu’il en était de même pour lui... Nous ne savions pas grand-chose l'un de l'autre. Cependant, nos échanges de messages affectifs ou de soutien faisaient plaisir ! Aujourd’hui, je suis particulièrement attristée par cette nouvelle. Je ne savais pas ! Mais comment aurais-je pu savoir ?

J’aurais aimé, encore une fois, lui dire que je tenais à lui, que je pensais à lui. Je lui ai dit souvent qu’il me manquait quand son état de santé l’éloignait plus longuement de son ordi. Il revenait toujours, mais cette fois-ci, il ne reviendra donc plus ! En fait, non, ce n’est pas que du vent…. Olivier, n’a pas fini de me manquer… C’est une réaction à chaud. Mais il m’était impossible de ne pas réagir à cette bien triste nouvelle… Je laisse le dernier mot à ce poète qu’Olivier aimait beaucoup et qui lui sera à jamais associé :

« J'ai pas choisi de vivre ici
Entre la soumission, la peur ou l'abandon
J'm'en sortirai, je te le jure
A coup de livres, je franchirai tous ces murs Envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau

Envole-moi
Remplis ma tête d'autres horizons, d'autres mots
Envole-moi »

Où lire Kris

Claudie - Envole-moi

Le poète a brisé ses chaînes
Pour libérer :
À quoi ça rime ?
Tous ses maux.
Envole moi…
Les anges jaloux
En perdent leurs plumes
Quant à l’ami Pierrot…
Envole moi…
Au manège enfantin,
Les chevaux du rêve
Tourbillonnent.
Toi…
Le dos calé aux nuages
Tu saisis le bonheur.
Le vois-tu, il est en marche
Homme fier,
Pour tes amis
Plantés sur terre.
Offre encore
La magie de tes mots.

lundi 20 mai 2013

Vegas sur sarthe - Envole-moi

Gaulemanne

“En.ole-moi! En.ole-moi! En.ole-m...”

Elle sait pourtant que je déteste qu'elle parle pendant les préliminaires mais cette scélérate saisit - à pleine bouche - l'occasion d'un tête-bêche pour en profiter.
J'ai eu beau lui expliquer que ça me déconcentre, que ça influe sur mes performances et par voie de conséquence sur nos plaisirs respectifs, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle déclame!
Je me dégage non pas parce que j'en ai assez entendu ou assez profité mais dans le but d'améliorer sensiblement son élocution. “Qu'est-ce que tu disais?”
“C'te blague... Envole-moi!”
Le message aurait dû gagner en clarté, pourtant son sens m'échappe, tout comme ma furie qui rallie la salle de bains; les préliminaires viennent de faire long feu et la suite avec.

Au mépris des voisins, je hausse le ton pour couvrir le bruit de la douche:
“Quand tu dis Envole-moi, ça n'a aucun sens!”
“Comment ça, aucun sens?”
“Comprends bien que je ne peux pas t'envoler...”
“Qu'est-ce que tu dis?”
J'ai toujours eu horreur du ton que prennent nos échanges verbaux sur fond de douche et de la minceur des cloisons de l'appart qui nous fait rapidement profiter des commentaires des voisins.
Je suis bien certain que l'un d'eux dans quelques instants me criera qu'on ne dit pas Envole-moi... ou qu'on est priés de s'envoler en silence!
“Je te dis qu'on ne peut pas dire Envole-moi... Tu peux éventuellement t'envoler seule ou encore me dire Envole-toi, mais pas Envole-moi.”

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Adel - Envole-moi

Eole

Voile
Vole
Loin

Ile
Eveil
Emoi
Elle

Vie

Venise - Envole-moi

Je serai un oiseau, copeau échappé de la varlope du charpentier.
Envole-moi dans la ronde, moi le gosse qui n’est jamais grimpé à la cime des arbres.
J’écrirai en nuage que tu déchiffreras
Comme un message fait au vent filou
Envole-moi dans ta ronde
Entraîne-moi
Moi la gosse échappée de la varlope du charpentier
Me voici à la fleur du clocher si haut planté avec mes sœurs les hirondelles
Et champ de blés si loin semés.
Ma volière trop portée m’a poussée à travers ciel
Oiseau moineau perdu très haut j’ai pris la tangente vers le firmament
Je suis maintenant le roi des oiseaux
Je contemple les collines de pins parasols
Au loin je laisse les inquiétudes de l’aube finissante
Je pars avec la libellule et son brillant envol
Sous sa robe de tulle s’ouvre comme un bouquet son cœur contre le mien
Je suis un roi sans palais envole moi dans un champ de verdure et de luzerne.

Tisseuse - Envole-moi

Viens
Envole-moi
A la pêche aux étoiles
Tirons pudiquement le voile
Qui entrelace nos doigts
D’un même lien
D’une même histoire
A laquelle nous avons eu parfois
De la peine à croire

Lorsque le cœur éreinté
Etait trop lourd
Sur notre amour
Un temps déserté
Abandonné
Sur le quai d’une gare
De hasard

Mais lorsqu’on y voit
Encore et toujours
Le tendre humour
Des vieux complices
Qui ensemble tissent
Leur vie tout court
C'est doux comme velours

Pascal - Envole-moi

La feuille pliée

Je n’ai pas connu Olivier Puigségur mais il devait parler de l’Amour et de ses frasques ; de la Mort, bien sûr, et de son paradis cruel ; de la Nature et de ses contours. Je laisse, aux plumes de morbidité, la Mort et son manteau d’Eternité. La Nature se vêt de celui des saisons, du velours du printemps jusqu’aux derniers tisons. Mais nu, l’Amour est immortel ; au premier clignement de paupières, on sent pousser nos plumes. Je n’ai pas connu Olivier Puigségur, aussi, je lui dédie cette page d’Amour.

Bonjour mon Amour.

Ce matin, j’ai cueilli une feuille blanche dans mon grand cahier des soupirs...

J’ai cherché la plus légère, la plus aérienne, pour y poser tous mes « je t’aime ». J’ai affûté ma plume, la plus douce, la plus éthérée, la plus ailée, la plus déliée pour allonger sur ce papier fragile, toutes mes pensées les plus allègres, les plus enchantées, les plus intimes, les plus subordonnées de mes sens épris.

J’ai à ma disposition l’encrier des désirs. Il est toujours plein, celui-là... Il déborde même. Les phrases attentives flottent dans son bleu turquoise et les mots s’accrochent aux rebords pour prétendre à leurs effets et leurs tournures.

Parfois ma plume envolée récolte quelques points, quelques virgules ou quelques accents et ils viennent délicatement se poser, comme des jeunes hirondelles craintives en devoir de partance vers d’autres contrées, sur le fil de mon écriture passionnée.

Son flot est intarissable... Tel un apprenti sorcier, je vais et je viens, du papier à l’encrier, pour charmer tes sourires vénusiens.

Parfois encore, ma plume affolée se repose un peu sur la margelle de ce réservoir émotionnel. Elle lisse ses expressions, elle repense ses formules, elle se penche et se relit en perspectives cavalières assidues. Elle s’apprivoise mais elle court encore sur mon billet doux en cherchant les meilleures épithètes pour les blottir dans le creux de ton cou.

Mais le trop-plein m’appelle ! Les voyelles ont des ailes ! Les consonnes claironnent !

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Pampille - Envole-moi

L'existence (qui ne fait pas de cadeau, déjà...) qui s'arrête en plein vol et son contraire, ce livide personnage qui se rend coupable de... couper le fil du vivier !

Oh la vie qui s'en va si tôt, trop tôt !

Et s'envole une colombe qui tient en son bec un rameau… d'olivier.

Nounedeb - Envole-moi

Envole-moi,
Oiseau de mes désirs,
Lourd oiseau qui sommeille
Eveille mon ardeur.

Envole-moi
Papillon de mes rêves,
Et que ton vol fantasque
Réveille ma torpeur.

Envole-moi,
Oiseau de mes amours,
Et prête-moi ta plume
Que j'écrive à toute heure.

Où lire Nounedeb

Cavalier - Envole-moi

Écoute sourdre les fontaines
Écoute rire les cigales
Écoute sans bruit

Rêve, danse au milieu des étoiles
Goûte au rayon de lune
Vole, va cueillir les comètes accrochées à la nuit

Écoute, rêve, envole-moi, renvole-moi, et tu te réveilleras

Et moi, je t’aimerai...

Où lire Cavalier

ABC - Envole-moi

Envole-moi
au lever du jour
en balbutiements

Envole-moi
au petit matin
en joie enfantine

Envole-moi
quand midi sonne
en adolescence

Envole-moi
sous la lumière
de la maturité

Envole-moi
quand le soir tombe
en sagesse

Envole-moi
quand vient la nuit
ouvre tes bras

Envole-moi
toute la vie
elle est si courte

Où lire ABC

Fairywen - Envole-moi

La Colline.

Ils fuyaient, éperdus, du sang coulant de leurs blessures. Leurs vêtements déchirés ne les protégeaient pas du vent glacial, mais qu'importe, ils étaient ensemble... Il lui tenait fermement la main , l'entraînant en avant, toujours plus loin, refusant de la lâcher. Depuis combien de temps couraient-ils ainsi ? Ils ne savaient plus. Par quel miracle avaient-ils pu s'échapper ? Ils ne l'avaient pas encore compris, et au fond, ils s'en moquaient. L'essentiel était qu'ils soient libres, qu'on ne puisse plus leur faire de mal.
Seuls contre tous, ils s'étaient élevés contre la tyrannie et la bêtise, et si peu à peu d'autres les avaient rejoints, la plupart n'avaient vu que la récompense pour leur capture, sans prêter attention à leurs paroles. Ils s'étaient aimés dès le premier regard, oublieux des barrières dressées pour les séparer. Ils s'étaient aimés avec la violence d'un premier amour et la fougue de leur jeunesse. Ils s'étaient donnés tout entiers l'un à l'autre, et lorsqu'il avait été capturé, elle avait tout donné pour le sauver.
Et maintenant ils fuyaient au milieu de la plaine enneigée, seuls une fois encore. Leurs poursuivants, plus nombreux, plus en forme, gagnaient peu à peu du terrain, mais malgré le sillage sanglant qu'ils laissaient derrière eux, ils refusaient de se rendre. « Nous y sommes presque ! cria-t-il en tournant la tête vers elle. »
Essoufflée, elle ne put qu'acquiescer d'un mouvement de tête. Devant eux se dressait une colline, solitaire au milieu de la plaine. Ils la gravirent en trébuchant, le cœur cognant dans leur poitrine. Une fois en haut, ils se retournèrent, pour constater qu'ils étaient encerclés. Seule la pente la plus raide de la colline était libre d'assaillants, mais qui aurait été assez fou pour descendre par là ?
Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux, se sourirent, se murmurèrent « je t'aime », puis elle se nicha contre son torse, passa ses mains sur son dos marqué par les coups et chuchota :
« Envole-moi »

Les monstres à visage humain hurlèrent de rage et de frustration en constatant que leurs proies leur avaient échappé à tout jamais.

Sur la neige blanche, en haut de la colline, deux corps étroitement enlacés gisaient, le sourire aux lèvres. D'une main, il la tenait serrée contre lui. Elle avait enfoui son visage contre son épaule et noué ses bras autour de sa taille. Il effleurait ses cheveux de ses lèvres.

Dans son autre main, le révolver fumait encore, vide de ses deux dernières balles...

Les monstres à visage humain ne virent pas le grand loup noir et la petite louve blanche qui dévalaient la pente de l'autre côté. Ils n'entendirent pas tout de suite le chant de mort relayé par des dizaines de gorges qui s'éleva de la forêt, mais soudain leurs vociférations s'arrêtèrent et la peur envahit leur cœur noir. A leur tour ils partirent en courant, à leur tour ils s'enfuirent, mais la Traque avait commencé, et nul ne pouvait l'arrêter.

Pas un d'entre eux ne sortit vivant de la forêt.

Toncrate - Envole-moi

Pour Olivier

Poésie, ovalie, bimbos et goldmanie…
tous tes ami(e)s réels, proches ou virtuels
te suivaient en lisant le blog très visuel
où tu te dévoilais sans mégalomanie.

Parfois la maladie te rendait démuni
alors tu suspendais le vaillant rituel
de ton site, mais tes lecteurs habituels
attendaient ton retour pour être réunis.

Tu n’étais pas du genre à rester sur le seuil,
parmi les Impromptus tu garais ton fauteuil
et tu disais tes vers en donnant de la joie.

Un jour pourtant la vie a perdu ton chemin
laissant tous tes amis du jour au lendemain…
« envole-toi ! »

Semaine du 20 mai au 26 mai 2013

Olivier Puigségur, qui était un fidèle des Impromptus depuis 5 ans, s'en est allé en début d'année.
Malgré son handicap physique et ses problèmes de santé multiples, il développait une énergie incroyable et communiquait beaucoup de tendresse autour de lui. Il aimait beaucoup la chanson et chérissait particulièrement quelques chanteurs. Un de ses préférés était Jean-Jacques Goldman !
Alors, pour Olivier, nous vous proposons d'écrire en reprenant l'expression "Envole-moi".

En vers ou en prose, votre texte devra nous parvenir à l'adresse habituelle avant dimanche 26 mai minuit.

dimanche 19 mai 2013

Peggy B - Cluedo

Un meurtre sans précédent !

Philomène, sais tu comment il a fini ? C’est la vieille voisine du frère de Théodore qui l’a dit à la sœur de la meilleure amie de Ségolène. C’était horrible parait-il.
Cela se serait passé hier, dans le quartier des plateaux. Un bruit assourdissant aurait eu lieu aux alentours de 2 heures du matin, réveillant tout le quartier. Oui, oui, je t’assure. Un truc hallucinant, complètement dingue. La vieille racontait que curieuse comme elle est, elle serait sortie de chez elle pour voir ça de plus près. D’après les dires de la vieille, tout le monde serait resté scotché derrière sa fenêtre sauf lui. Pour faire son brave, il serait sorti le premier en plein milieu de la rue, fagoté comme un as de pique. Une force phénoménale venue de nulle part l’aurait entrainé violemment contre la porte de Ma’am Sylvie ! Il aurait hurlé de douleur et de terreur comme un cochon qu’on égorge parait-il.

Il aurait ensuite reçu un coup violent sur le haut du crâne. Et il se serait effondré. Le sang aurait giclé et éclaboussé le petit Nicolas qui était pendu à ses basques encore tout endormi. Elle raconte qu’on l’aurait ensuite trainé par les bras sur au moins deux pâtés de maisons laissant sur son passage une trainée de sang tout dégoulinant. Puis, pour l’achever sans doute, une masse énorme venue du ciel lui serait tombée dessus, comme ça ! Il aurait rendu l’âme sur le coup.

Elle pensait que des extraterrestres étaient venus sur Terre pour faire leur loi, comme dans La Guerre Des Deux Mondes ou qu’il avait cherché le diable. Le petit Nicolas était tout marmiteux de voir son père dans cet état !
En tout cas, ce qu’elle a vu lui aurait retourné les sangs.

Tout le monde pensait qu’elle pipotait, qu’elle divaguait, ou que ses yeux n’étaient plus en face des trous, avec tout ce qu’elle s’enfile comme bouteilles!
Mais, vu l’état du corps retrouvé à la sortie du village, le frère de Théodore pense qu’elle dit vrai.

Parait-il même qu’elle aurait entendu une grosse voix rigolarde qui sortait je ne sais où disant :
« Ha haha ! Enfin ! Je l’ai eu, celui-là ! Un de moins ! Il ne fera plus chier personne maintenant ! Ils sont trop emmerdants, ces moustiques !»

jeudi 16 mai 2013

L'Arpenteur d'étoiles - Cluedo

Une nouvelle enquête de Tardy et Dalban.
Un matin à Loyasse.

Voilà, Georges : ça a commencé comme ça. Un coup de turlu à 5 heures du mat. Dalban, forcément :

- Salut JP, tu dors pas ?
- Plus ! Et j'te dis pas merci !
- Ça te dirait un macchab pas piqué des vers ?
- C'est pas l'heure des quizz, vieux. Mais putain qu'est ce que tu fous debout à cette heure là ?
- Trop chaud dans ma turne. Je pionce seulabre depuis des siècles. Alors, je vire, revire dans le pieu et finalement je décide d'un petite promenade matinale. Et puis paf ! Au détour d'un chemin champêtre, un cadavre exquis. C'est-y pas dingue ?
- Mais t'es où d'abord ?
- A Loyasse ; comme d'hab.
- Attends ... Loyasse c'est le cimetière de Fourvière, non ?
- Ben ouais. Le gardien m'a filé la clé. Comme ça j'y vais quand je veux. C'est calme, reposant, joli, presque italien, et on a un belle vue sur la ville.
- OK, pourquoi pas. Mais trouver un mort dans un cimetière, du coup c'est pas trop un scoop, non ?
- Pas faux, JP, pas faux. Mais d'habitude, les refroidis, ils sont pas sur les tombes !

J'étais déjà debout, alors ... Une douche, un café et j'ai rejoint mon vieux pote d'inspecteur.
Une femme couchée sur le ventre, le nez dans un bac de pensées renversé, le tout sur un superbe caveau en marbre gris. Le spectacle avait quelque chose d'étrange et de paisible à la fois. Peut-être la chevelure aux reflets blonds.
Dalban avait appelé le toubib aussi, et les gars de la scientifique. On s'est retrouvé tous les deux à cloper sur les pierres des caveaux en regardant des mecs déguisés en schtroumpfs faire leur job. Ils venaient de retourner le corps.
- Commissaire, venez voir !
- Merde .... c'est pas une gonzesse, c'est un mec.
- Un trav ?
- Quelque part oui, mais pas que. Les ennuis ne font que commencer !

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Lira - Cluedo

Serial killer

Il faut que je me libère, Monsieur le commissaire, c'est trop lourd, je n'en peux plus, il faut que je parle.
Je vous écoute, Madame.
C'est difficile, Monsieur le commissaire... voilà... depuis un an, mon mari est devenu... euh...c'est impensable...est devenu... serial killer, comme ils disent à la télé...mais là, croyez-moi, Monsieur le commissaire, ce n'est pas du cinéma. Depuis un an ... Tous les jours, sauf le samedi et le dimanche. Alors faites le compte !

Sauf le samedi et le dimanche, dites-vous...
Oui, Monsieur le commissaire parce que le samedi et le dimanche nous avons des visites...les enfants...des amis... il se méfie, il ne veut pas éveiller les soupçons. Comme si de rien n'était... il est dynamique, enjoué, détendu...comme avant. Mais... les autres jours de la semaine...Oh ! miserere !... Toujours le même rituel. Dès le matin, après le petit déjeuner, il prépare son coup. Il enfile de vieux vêtements informes, à peine propres, il ne se rase même plus. Lui qui était si élégant, si raffiné...
(Elle sort un mouchoir de son sac et s'essuie discrètement les yeux).
Excusez-moi, Monsieur le commissaire...

Je vous en prie, continuez Madame.
Il se dirige vers son bureau, allume son ordinateur pour l'éteindre un quart d'heure plus tard, le visage fermé. Qu'y cherchait-il ? Je vous le demande !
Puis il revient dans le salon avec un livre qu'il fait semblent de lire, oui, Monsieur le commissaire, il fait semblant de lire !... trop préoccupé par l'organisation de sa journée.
Ne tenant plus en place, il sort dans le jardin, le nez en l'air,à scruter le ciel, ou la tête baissée, à arpenter les allées. Quand il a enfin trouvé un coin tranquille pour s'isoler, toujours le même ! il s'y installe, assis à même le sol, le regard lointain. Il dit qu'il réfléchit : « Je réfléchis.... Le terrible passage de l'être au néant est très difficile, je réfléchis à le rendre le moins douloureux possible ».

Après déjeuner, il gagne sa chambre pour faire la sieste. Qu'il dit ! Je l'entends... qui marmonne. Croyez-moi, il prépare la fin de la journée.
En milieu d'après-midi, il réapparaît, l'air de rien, il va, il vient, il tourne en rond. Je vois bien qu'il s'impatiente et qu'il lui tarde que ce soit fait.
C'est après le dîner, Monsieur le commissaire, quand il fait sa dernière sortie, plus au moins longue selon les jours...Il va au jardin.... enfin, je suppose... Et quand il rentre, l'air presque soulagé, un léger rictus au bord des lèvres, il bredouille : « encore un qui a rendu l'âme »...
Depuis un an, depuis qu'il est à la retraite*, Monsieur le commissaire, chaque jour, il tue le temps... comme il peut.... sans acharnement ni plaisir... ce n'est pas un sadique...

Ah ! Ah ! Ah ! Vous vous trompez de boutique, Madame ! Je ne suis pas médecin, ni ministre du temps libre !...

  • Au vu d'informations dignes de foi, il semblerait que le plus souvent, ce soit beaucoup plus réjouissant voire franchement délicieux...

Adel - Cluedo

Comme un chien...
Ils étaient venus et l'avaient abattu là, sans même se donner la peine d' un «paseo», comme ils l'avaient fait pour l' instituteur ou plusieurs de ses amis du village...
Elle était alors bien petite, mais elle n'avait rien oublié de ce qu'elle avait entendu et vu: le bruit des bottes dans la galerie, les coups violents dans les portes, les cris furieux, et le mot «perro» qu'elle avait distingué, terrifiée à l'idée qu' on allait peut-être faire du mal au Negrito! Un grand claquement, puis encore des pas précipités dans la galerie, et puis plus rien...
Elle sentait encore les bras de la Bernarda qui la maintenaient immobile dans la penderie où elles étaient restées un long moment cachées: ces bras qui tremblaient, tremblaient, tout comme la main qu'elle avait gardée sur la bouche de l'enfant, même après que le silence se fût installé; elle n'avait pas crié, ni alors, ni plus tard, ni jamais: le cri qui glaça son cœur, ce fut celui de sa mère, un hurlement si long, horrible, plus animal qu' humain!
Elle revoyait les taches rouges qui éclaboussaient le mur du bureau de son père, aperçues avant que quelqu'un eut refermé précipitamment la porte avant de l'éloigner; elle revoyait la Bernarda berçant dans ses bras, comme un enfant, sa mère dont elle avait peine à reconnaître le visage...
Elle se souvenait de ce temps passé loin de la maison, dans la ferme d' une cousine de la Bernarda: elle courait alors librement la campagne en compagnie de Manuel, d'un an plus âgé qu'elle, et qui avait été son premier et unique grand amour: ce fut là un temps heureux, même si elle s'attristait parfois en voyant sa mère tellement changée, sans ses jolies toilettes et sans son lumineux sourire qui avait disparu, et pour toujours, cela elle le savait déjà!
Et puis il y eut un bateau, une longue traversée, une autre vie, difficile, le suicide de sa mère qui la laissait seule au monde, à peine sortie de l'adolescence, avec pour seules armes de survie la haine qui l'habitait toute entière et une force vitale peu commune: Argentine, Uruguay, Mexique, elle en avait vu du monde! Deux mariages, deux époux à qui elle avait su gré de quitter ce monde assez vite, la laissant sans enfants, et en possession d'une belle fortune...
Et finalement, elle était revenue: elle avait vécu quelque temps dans la capitale, jusqu'à ce qu'elle apprenne que la maison était de nouveau en vente: à présent elles étaient de nouveau réunies, après l'horreur et la douleur, après tout ce temps: plus de la moitié d'un siècle! Bientôt un autre commencerait, et elle savait qu'elle le connaîtrait, et qu'elle aurait assez de vie et d'énergie pour redonner à la maison son éclat d'autrefois: elle rendrait aux grandes pièces leur noblesse, au patio sa fraîcheur, ses fleurs, le chant de ses fontaines, toute sa lumière à la grande galerie... Il n'était pas question de prétendre au bonheur, et surtout pas de chercher l'oubli, mais de l'orgueil et de la joie féroce de les savoir morts, tous, tandis qu'elles étaient toutes deux là, debout! Et c'est alors qu'elle sentit monter en elle, puis éclater de toute sa puissance, un rire immense, un rire plein de la violence subie et ressentie, plein de la force de sa résistance, et de cette rage de vivre que rien au monde n'avait pu ni ne pouvait encore éteindre ni apaiser!

Azalaïs - Cluedo

Soir d’orage

- Et voilà ! J’te l’avais bien dit qu’il allait y avoir de l’orage. Maintenant, tout va tomber à l’eau. Dans cinq minutes il tombe des cordes et pas qu’un peu ! Tiens, regarde : un éclair … deux éclairs !! Faut pas rester sous l’arbre, ça craint ! Vite, ça va péter j’te dis, ça va péter ! Ah ! J’te retiens toi avec tes idées lumineuses ! T’avais dit : « Sous le grand chêne, la terre est facile à creuser » et pis v’là qu’t’as oublié la bêche !
- T’inquiète, j’ai gardé l’ tisonnier !
- Le tisonnier? Non mais, tu te foutrais pas de moi des fois ? Y m’l’avait bien dit l’Raoul : « Fais gaffe, l’gars Lampion, l’a pas la lumière à tous les étages, et des fois, ça court-circuite ! » Et maintenant, le bouquet final ! V’là qu’ça pétarfice du tonnerre de Zeus ! Et si on le balançait dans l’arbre en lui mettant le tisonnier dans le futal ? Autant qu’y resserve après tout cet outil là! La ferraille paraît qu’ça attire les foudres. Et là, ni vu ni connu j’t’embrouille ! Le Marcel, y se fait dézinguer en moins de deux et on le retrouve éparpillé façon caramels mous aux quatre coins du bois ! Même les experts, y z’y verront qu’du feu ! Allez, fais-moi la courte échelle. Je le charge sur les épaules et je le branche. Vite, vite, v’là l’artillerie qui s’radine ! Ça va chauffer j’te dis ! Ça y est, il est en place ! L’est-y pas beau l’Marcel là-haut dans son arbre perché ? Lui qui rêvait de se mettre au vert, le vlà servi. Mais qu’est-ce que t’as bricolé ? Non mais je rêve, t’as encore disjoncté ou quoi ? Tu lui as pas mis le tisonnier dans le grimpant ?
- … …
- Waouhh ! Ben dis donc ça déménage ! C’était quoi c’te mitraille ? Ça m’a fichu un d’ ces chaud aux fesses ! Je boirais bien une bonne chope de mort subite moi, histoire de me r’donner un p’tit coup d’jus dans les fourchettes ! Bon, faut y aller là ! Faut pas s’éterniser ! Oh ! Mais dis donc ! T’en fait une drôle de tronche ! On dirait un gâteau à la broche qu’aurait mal tourné ! Et puis c’est quoi, c’t’ endroit ? On nage en plein brouillard ! C’est glauque ! Mais qu’est-ce que t’as encore fourgonné ? Et l’Marcel ? Qu’est-ce qu’y fait là ? Dis donc, l’a l’air drôlement fulmicoton ! A moins que … Non, non, mais non… Vous m’ faites marcher les gars ! Non, non, dites- moi que j’ rêve ! Non, mais, c’est pas possible ça ! J’ sais pas si vous êtes au courant mais moi, j’ai mis une blanquette à mijoter sur l’coin du fourneau ! On peut pas rester là ! Faut trouver un moyen de s’éjecter vite fait ! Bon Lampion, toi qu’as toujours des idées d’enfer, t’as rien en magasin ?
- T’inquiètes, j’ai gardé l’tisonnier!

Où lire Azalaïs

Venise - Cluedo

Je m’avançais dans l’allée des chrysanthèmes, qui reliait l’autoroute au cimetière st Pierre.

Je n’étais encore jamais venu ici mais je reconnaissais tout.

Le parc arboré au chiendent centenaire, les anciens qui déambulaient à petits pas de Charentaise en soulevant la poussière.

En chemin je scrutai les noms sur les pierres tombales.

Ha me dis-je, voilà la dernière demeure du Maitre assassiné en 1972 par mes soins !!

J’hésitai à trop m’approcher de peur qu’il vienne me sauter à la gorge.

Voilà les époux Bériot, les sales bêtes, ils m’avaient donné du mal, et l’agité plus loin qui me postillonnait au visage avec son crucifix jusqu’à ce que je lui fasse avaler comme une dragée !!!

Ils étaient presque tous là pendant qu’au même moment s’avançait dans l’allée centrale le corbillard. D’Eugène.

Je le revois haletant son pace maker en délire et les bras à l’envers.

Je n’oubliai pas que le soleil brillait et qu’il était mon ami et que prendre un peu l’air ne me ferait pas de mal.

mercredi 15 mai 2013

Valentyne - Cluedo

La métaphysique des tubes par Damiel POPS

Soudain, la voix caverneuse du gourou, surnommé Pops, se fit entendre, grinçante comme une alarme mal réglée. Ses ouailles se serraient les uns contre les autres, religieusement, buvant ses paroles, comme celles d'un professeur de morale centenaire. Dans l'ombre grise de la nuit, on devinait juste que l'individu était absolument rond et minuscule, le teint légèrement jaune. Son collège de codétenus le regardait avec admiration : un survivant, un héros sans faiblesses et sans doutes. Le gourou poursuivit : "Moi Damiel, je vous ai rassemblés pour que nous unissions nos efforts et organisions notre évasion. Messieurs et vous aussi mesdames, il vous faut redoubler d'attention : le danger se rapproche. Tout à l'heure vous entendrez le son du réveil. Ce sera pour nous le début de la fin. Notre ennemi à tous a l'air angélique : Cheveux ébouriffés, sourire édenté, pyjama rouge coquelicot. Ne vous fiez pas à son image de gentil. Ce petit d'homme est redoutable, sans pitié et sans âme, il nous assassinera tous. De sa voix mielleuse, il nous parlera, caressera nos fragiles pétales avant de nous achever avec sa cuillère à café. Tout est dans l'esquive, il faut se cacher au fond de notre terrier. Son but est de nous capturer, de nous noyer et de nous MANGER ". A la fin de la tirade de Damiel, une vague d'effroi parcourut les petis visages ronds et jaunes. C'est alors que tout s'accéléra : ils n'eurent pas le temps de reprendre leur souffle que déjà leur paquet était ouvert, ils étaient versés en vrac dans un bol, ébouillanté sous un litre de lait.
Damiel Pops eut juste le temps de murmurer : "Mourir ainsi, broyé sous les dents d'un "Céréales killer", la vie n'est pas juste"

Maestitia - Cluedo

Les points de suspension.

- J’ai soif ! lance-t-elle en se relevant subitement.
Tu tournes la tête vers elle, encore étourdi, souris bêtement, déposes un baiser sur ses lèvres et te lèves pour rejoindre la cuisine d’un pas pressé. Une demi seconde plus tard, à peine, tu rejoins ton grand lit, brandissant vers elle un verre d’eau plein de tendresse.
- Merci ! murmure-t-elle entre deux gorgées, l’air mutine.

Tu te glisses à nouveau sous les draps pour prolonger l’exquis plaisir de sentir son corps à elle contre le tien, pour savourer cette ivresse de partager avec elle ce lit qui, hier encore trop grand, semble déjà un brin trop petit. Avec cette fille-là, que tu n’attendais plus.
- Ah non, il est déjà dix heures ! Il serait temps de se lever, non ?! C’est nul d’avoir l’impression de n’avoir rien fait de ta journée. C’est comme passer à côté de sa propre vie !

Soudain, elle saute du lit et part, exploratrice de ton petit studio, nue. Petite fée qui bondit de coin en recoin, s’émerveillant face aux tableaux, fragments de textes, figurines, photographies avec lesquels tu cohabites. Elle s’arrête devant une boîte en chêne. Une toute petite boîte que le commun des mortels n’aurait même pas perçue, cachée derrière une gigantesque peluche de singe. Sans vergogne, elle la saisit et l’ouvre.
- Non, Emilie… Pas cette boîte… grommelles-tu en esquissant une moue.

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Miss M - Cluedo

Sur la piste des âmes, le chant d’Être

(Ce titre est un anagramme de celui qui devrait être l'entête de l'histoire qui suit. Pour des raisons de respect du suspens et d'invitation à le chercher pour ceux qui le souhaitent, j'espère que vous comprendrez cette option!)

Les corps gisaient sur le blanc virginal, immaculé, nimbés d'une douce lueur ambrée.

Une émotion palpable étreignit l'assemblée à un point tel qu'on aurait pu se croire dans une cathédrale désertée par Dieu lui même. Un tintement, léger et cristallin fit sursauter tout le monde et la réalité s'invita aussi violemment qu'un marteau sur la tête ténue d'un pauvre clou qui pensait rouiller là le reste de sa vie.
Les petites ne cillèrent pas, et pour cause...

Elles portaient de jolies dentelles, très fines, travaillées avec un art inégalable, qui laissaient entrevoir, de ci, de là d'émouvantes taches de rousseur. Les chairs fermes et délicates appelaient la tendresse, le désir, le respect et la convoitise à parts égales.
Allongées sur la céramique froide, elles semblaient pourtant la réchauffer. Les matières se répondaient par leur finesse et leur légèreté, formant un tableau des plus perturbant.

Combien et quels supplices avaient elles enduré ? Ces filles du vent, celui qui sait si bien danser avec les blés ; ces enfants des tropiques aux oranges juteuses, !! du sel de la vie, en un mot du meilleur de la Terre Mère avaient subi les inimaginables tortures du chat à neuf queues, du feu, de la voltige sans parachute et pour finir le terrible châtiment d'Euclide qui consiste à résoudre la quadrature du cercle en passant par le triangle. Appliqué aux corps, il ne fait pas un pli...

Soudain, les témoins s'agitèrent comme pris de folie. Un peu comme si une effluve diabolique les dominait et annihilait toute retenue. Leurs yeux étincelaient d'une lueur laissant présager le pire. Ce n'était pas la part des anges qui les envoûtait à cet instant précis, mais la fragrance charnelle d'un rancio oriental qui les libéra comme on lâche les loups dans une bergerie. D'un coup, d'un seul, tous se sont jetés avec avidité sur la fratrie entière et, comble de l'horreur (et de la régalade ), on vit des lèvres se pourlécher d'une langue gourmande, on entendit le cliquetis de dents impitoyables... En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le corps du délit disparu de la scène (au pluriel pour les moins délicats).

Lorsqu'on interrogea les « témoins », ils furent tous unanimes : de la famille Krep, Suzette était la plus exquise!

Mafaxel - Cluedo

Elle est recroquevillée par terre, dans le séjour, pleurant à chaudes larmes, impossible à consoler, incapable de donner une explication cohérente, malgré tous les efforts de son entourage.

Sa mère réussit enfin à la faire asseoir sur le canapé. Son frère lui prend la main, sans rien dire, solidaire de son chagrin, malgré son impuissance à le comprendre. A trois ans, on n'a pas les mots pour aider une grande de six ans.

Finalement, dans un hoquet, elle parvient à dire : «  J'ai tué le Père Noël ! » Et de pleurer de plus belle.

« Comment ça, tu as tué le Père Noël ? »

« Moi, je croyais qu'il y avait un seul Père Noël. J'en vois partout dans les magasins, sur les maisons, partout. Alors, je veux plus y croire au Père Noël, il y en a trop pour qu'il existe vraiment »

« Oh ma chérie, mais pourquoi dis-tu que tu l'as tué ?

C'est alors qu'ils entendent dehors la voix du papa: « Mais enfin, c'est pas possible ça !, C'est tout cassé.... J'ai même pas eu le temps de l'accrocher !....»

Kris - Cluedo

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’elle se sentait épiée…
Un soir alors qu’elle longeait le mur,
elle avait même pu entendre son souffle, effrayée,
elle avait couru ça c’est sûr !
Trop contente de lui avoir échappé !

Sa précipitation lui avait certainement sauvé la vie.
Mais il ne la lâcherait pas, il l’attendait jour et nuit…

Elle hésitait à sortir tout l’temps
Mais tout de même, c’était le printemps !

Elle avait envie de changer d’air
Et voulait se sentir curieuse et téméraire.

La petite tomba directement sur le prédateur
Qui, du coup, n’avait pas trop attendu son heure !

Comme tout matou, il joua avec elle sachant très bien la fin.
Qu’elle était belle, toute grise avec des yeux de prune
Non, il n’y a pas eu que la chèvre de Monsieur Seguin,
Qui sous un beau rayon de lune
fut croquée au petit matin !

Où lire Kris

Iceman - Cluedo

( Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus .Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Sa fiancée Hélène s'avère être une « Gardienne », comme Fontenay qui sauve Farid in-extremis. Tous sont en avion, direction New York )

Rapport de police du 23 Mars 1905

Homicide de Ismael Stanislas
Le corps d’Ismael Stanislas, né le 21 Janvier 1868 à Vienne, a été retrouvé dans sa boutique du 437 East 6th Street à 8h45 du matin par sa femme Natacha et son fils Ephraim.
Le corps était étendu derrière le comptoir dans une position parfaitement rectiligne, sur le dos. Aucune trace de sang n’a été trouvée dans la boutique et pourtant le corps semblait totalement vidé de son sang (à confirmer par le rapport du légiste).
Aucune trace de violence n’a été constatée sur le corps ni sur les vêtements, identiques à ceux que la victime portait la dernière fois que ses proches l’ont vu (soit la veille au soir).
La caisse du magasin était intacte et comprenait la recette de la veille comme le montreront les registres de compte.
A noter que le visage de la victime montrait un sourire figé qui reste à expliquer par le rapport du légiste.
Aucune trace d’effraction n’a été constatée sur les issues du lieu. La famille de la victime assure avoir ouvert elle-même les portes qui étaient fermées à leur arrivée.

L’inspecteur Bob Smith referme le rapport et répond à son supérieur :
Commissaire, je crois avoir une piste sur le meurtre de Brooklyn Heights d’hier soir.
Oui, laquelle…
Lisez ceci !
1905…..Vous vous foutez de moi, Smith….AH AH AH …Smith vous êtes impayable…, dit le Commissaire Mahoney dans un large éclat de rire.

Le roman feuilleton complet ici

mardi 14 mai 2013

Tiniak - Cluedo

MEURS, D'HEURE PARTIE

Nous courons, droit devant...
Ce qui n'est pas encore un lieu de se réjouir
de nos assassinats, nous attend

La suée qui nous vient
nous en partagerons la douceur, le fumet
l'un à l'autre liés, dans le bain

Qu'importent les regards
qui se portent sur nous, inquiets, indifférents
anonymes, hagards

Je te nomme Arachné
moi, ton Quetzacoatl au plumage d'airain
qui t'offre, à pleines mains, cette ivraie

Massacre au point du jour !
Nous les avons tués
des serviles journées, les sibyllins contours

Des caresses sans fin
Des rires sans objet
Des larmes sans chaleur
Des yeux sans appétit
Des hurlements sans cœur
Des mots sans mélodie
Des odeurs sans festin
Des rêves sans idée

L'esprit, d'un simple trait
s'est offert un carnage
Lui suffit un hommage, honnête, simple, vrai

Dans notre douce alcôve...
Qui souhaite incriminer notre parti d'en rire
puisque la joie est sauve ?

Où lire Tiniak

Rochambeau - Cluedo

- Oh Com, il y a eu un crime
- S’il vous plait Julien ! Commissaire et non Com !
- Oh pardon pour mon crime … de lèse majesté, Commissaire Fargues.
- Bon Tabac, ça va. Entre nous Lucien, j’adore avoir votre nom dans ma bouche, depuis que j’ai arrêté de fumer ! Mais revenons à notre affaire ! Où a eu lieu ce crime ? Dans une bibliothèque ?
- Si cela était, je vous livre aussitôt l’assassin, l’auteur quoi ! Et pourtant il y en a beaucoup dans une bibliothèque !
- Très drôle. Mais où ? Dans un salon de thé peut-être, comme à « L’instant Thé ».
- Impossible Monsieur, un acte aussi méchant ne peut y avoir lieu.
- Ah bon et pourquoi ?
- Eh bien Commissaire parce que c’est un lieu de bon thé.
- Ecoutez je sais que vous êtes célèbre pour vos blagues, Tabac …
- Pardonnez Commissaire, osez le dire : Les blagues à Tabac sont célèbres !
- Oh assez de vos jeux de mots à la Ruquier, Inspecteur Tabac !
- S’il vous plait Commissaire : Lieutenant Tabac.
- Oui, je sais qu’on ne dit plus Inspecteur. Mais qui a été tué ?
- Et bien la jeune Clotilde Ravel de la rue Leprince, 24 ans seulement.
- Ah oui, je suis au courant Mais attendez il s’agit d’un suicide avec des somnifères et non d’un crime. ; je connais bien cette pauvre femme et sa Mère. J’ai appris la triste nouvelle ce matin. J’ai laissé un message à sa Mère pour lui présenter mes condoléances !
- Et non Commissaire : ce n’est pas un suicide ! On a fait des analyses et les 1° résultats viennent de confirmer que la dose de somnifère ingérée n’était pas assez conséquente pour causer la mort de la jeune fille. Par contre on a découvert des traces d’un produit inconnu. On essaie de trouver quel est ce produit. Nous attendons les résultats. Donc voilà pourquoi je pense à un crime.
- Peut-être Julien, mais on ne peut affirmer que c’est un crime.
- Oui mais avec un examen plus approfondi du corps, on a découvert la trace d’une légère piqûre.
- Bon il pourrait s’agir alors d’une overdose. Mais la connaissant, ça m’étonnerait fort !
- Non, Commissaire, vous avez raison ; d’après les premiers éléments de mon enquête, Clotilde Ravel ne se droguait pas. Et puis si vous saviez où se trouve cette trace de piqûre !!! Ce serait un drôle d’endroit pour se shooter !
- Mais enfin Tabac, on vous a chargé de l’affaire, et ce que je vous demande c’est de venir au fait directement et non de tergiverser, de finasser, de biaiser, de temporiser. Assez de vos atermoiements pour vous rendre intéressant.
- D’accord Commissaire, je ne peux m’empêcher de plaisanter pour essayer d’oublier ce putain de boulot ! Parfois c’est trop démoralisant...Bon et, c’est aussi parce que je vous aime bien et que je suis libre avec vous. C’est génial de travailler sous votre direction.

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Claudie - Cluedo

UN JOUR SANS PAIN

Ce matin la boulangerie était fermée. Elle devait pourtant rouvrir aujourd’hui après deux semaines de congé. La police stationnait devant la porte pour disperser les curieux. Le commissaire força le cordon de sécurité.
- Que s’est-il passé ici demanda Caetano au planton qui examinait avec suspicion sa carte de fonctionnaire de l’état.
- Un crime affreux Mr le divisionnaire, complètement imprévisible.
- Imprévisible ! C’est le propre des crimes non ?

Le boulanger et sa femme étaient assis dans le fournil, l’air éberlué, le teint pâle sous le bronzage.
La victime était allongée sur le pétrin, les bras bien droits le long du corps et une baguette enfoncée dans la gorge. Caetano tourna un regard interrogateur vers les patrons.
- Vous la connaissez ? Qui est-ce ?
- Madame Ficelle est… Etait une bonne cliente, une femme honnête, je vous assure.
- Je me disais aussi, cette odeur, ce ne pouvait pas être la levure qui fermentait renchérit la femme.

Le commissaire se retint de sourire. Une victime étouffée par une miche, ce n’était pas banal. Il jeta un coup d’œil à la femme maigre comme un jour sans pain, toute raide sur le pétrin.
- Fichtre elle n’est pas belle à voir. Pouvez vous me parler d’elle, vous connaissiez ses habitudes, quel genre de personne était-ce ?
- Une femme que tout le monde appréciait. Ah misère pourquoi cela arrive t-il chez nous au retour des vacances ? Le gros boulanger s’épongea le front avec un mouchoir à carreaux.
Sa femme se désolait pour le manque à gagner.
- Les clients vont déserter la boutique. Trouvez vite l’assassin Mr le commissaire.
Caetano eut un geste agacé. Il n’obtiendrait pas grand chose de ces deux enfarinés qui avaient l’air aussi bêtes que bien portants.
- Nous allons vous débarrasser du corps. Il bouscula les agents de la criminelle qui relevaient les empreintes.
- Dépêchez-vous Messieurs et appelez une ambulance pour transférer le cadavre à la morgue.

L’enquête fut rondement menée. En fait tout le monde détestait cette femme, une bigote de la pire espèce qui crachait son venin sur tout à chacun et détestait les hommes. Détestait le mot n’était peut-être pas juste car elle avait mené une vie dissolue dans sa jeunesse. L’âge venu, on ne lui connaissait qu’un péché mignon. Croquer dans le ventre bardé de crème des religieuses de la boulangerie pâtisserie qui avait excellente réputation. Mais, elle voulait aussi croquer le mitron, un garçon timide et rondouillet beaucoup plus jeune qu’elle. Il refusa ses avances. Elle le fit chanter et il n’aima pas la chanson enfin surtout sa femme …

Un jour excédé, il lui ouvrit la porte car elle menaçait d’ameuter le quartier. Ne pouvant lui enfoncer dans la gorge ses gâteaux préférés pour cause de vacances, il saisit ce qu’il lui tomba sous la main. Une baguette de pain rassis réservée aux oiseaux qui nichaient dans le platane.
- Cette histoire, c’est du pain béni, dit Caetano à son lieutenant. Et les congés, c’est pour bientôt. Tu nous ramèneras des fruits de l’arbre à pain de ton île paradisiaque !
- Comptez sur moi répondit Lepetit en éclatant de rire.

Toncrate - Cluedo

Rapport d’autopsie

Le mort a expiré devant la ludothèque
le premier jour d’avril, à la Sainte Malice
de type européen, vêtu d’une pelisse
tenant entre les doigts un billet de sweepstake.

Le teint est cramoisi, carmin comme un romsteck,
La pommette écarlate, presque rouge écrevisse,
l’œil ouvert est serein, la paupière bien lisse,
le nez congestionné gros comme une pastèque.

Sur la face on remarque les crispations typiques
provoquées par l’action des nerfs zygomatiques,
le sujet semble bien être mourru de rire.

Téguments et organes sous le fil du scalpel
confirment l’hypothèse sans doute et sans appel :
dans la rate est fiché un gros éclat de rire.

lundi 13 mai 2013

EVP - Cluedo

On nous avait signalé une jolie mosaïque art déco à La Souterraine. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes ce jeudi là, devant ce curieux bonhomme, à la bibliothèque de la ville. Il portait un pantalon moutarde en velours côtelé et un pull à losanges pervenche et violets sur une chemisette vert olive et pour compléter sa tenue invraisemblable, des chaussettes roses ! Petit et replet le bonhomme avait rabattu quelques longues mèches de cheveux gras sur le devant de son crâne largement dégarni.
Il nous laissa complaisamment photographier la mosaïque un peu décevante et, comme nous allions nous éclipser en le remerciant, il nous interpella :
- Savez-vous qu’un crime fût perpétré ici même il y a 35 ans aujourd’hui ?
- Vraiment ?
- Oui, oui, ici même. Les deux individus avaient prémédité leur méfait et s’étaient laissé enfermer après la fermeture à 17 heures. Et c’est ici, là où vous êtes exactement monsieur, sur cette moquette grise juste devant le rayon botanique, qu’ils commirent leur forfait !!
Mon mari s’était jeté en arrière aussitôt !
- Pardon, mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette histoire ?
- Parce que ce crime là ne fut jamais découvert…Enfin si…Mais neuf mois plus tard…C’était tellement… violent, sauvage, acharné, échevelé…Réitéré…
Un petit sourire extatique flottait sur son visage…
- Mais comment savez-vous cela ?
- Mais parce que j’y étais Madame, j’y étais !!
Il émit alors un son très particulier entre le braiment d’un âne et le glapissement d’une otarie enrouée : Un rire apparemment !!
- Je m’appelle Aldebert Crime en fait, et mon fils Arthur aura 36 dans trois mois : Et il est parfait !!
Nous nous enfuîmes de la bibliothèque en éclatant de rire !!

ABC - Cluedo

- Et encore une victime, décidément je ne pensais pas être si mal logée. Je m’imaginais en sécurité dans ce nouveau chez moi… Depuis quinze jours que j’ai déménagé c’est déjà la troisième, que dis-je la quatrième victime qui se fait anéantir sous mes yeux juste derrière la fenêtre. Quand je pense que je n’y passe que quelques minutes par jour, j’en suis toute bouleversée… Non mais, tu te rends compte cela tombe comme des mouches, c’est affolant… Demain, je porte plainte.

- Tu portes, plainte, mais à qui ?

Serais-tu devenue folle ma guêpe ?

Laisse donc les araignées tisser leur toile et bouffer les insectes de leur choix, et casse toi avec moi, dans un autre gourbi, il y a trop de mauvais courants d’air par ici…

- Tu as raison mon bourdon, allons faire la noce plus loin ce sera plus sûr et tellement plus amusant. Mais tu me raconteras des histoires pour que je ne sois pas en manque de polars.

- Non mais tu rigoles ou quoi ?

- Bien sûr que je rigole, je déteste ces meurtres à répétition. Embrasse-moi avant d’aller convoler ailleurs !

- Ah ma guêpe, décidément, j’aime ton humour.

Et les voilà tous les deux partis dans un grand bourdonnement de rire, mener leur vie derrière une autre fenêtre…

Où lire ABC

Béji - Cluedo

-Quelle belle mort tout de même !
-Quoi ?
-Mourir dans un éclat de rire, sur scène. Le rêve des acteurs, mon rêve !
-Enfin, il était un peu jeune, non ? Tout juste la quarantaine !
-Certes, je vous l’accorde mais mourir ainsi au milieu d’une réplique, quelle classe !
-Quelle réplique ?
-Ah ! Ah ! Ah !
-Pardon ?
-Ah ! Ah ! Ah ! C’était sa réplique au moment fatidique !
-Et pan, une balle dans le cœur, c’est drôle effectivement. Vous le connaissiez bien ? C’était votre ami ?
-Certainement pas, c’était un être abominable, un goujat, un rustre, un fieffé menteur, un égoïste, un voleur de femmes, un briseur de cœurs. Il enjôlait puis détruisait toujours avec la même arme, le rire. Il séduisait sa proie de l’instant avec un rire sincère et joyeux. Attirer par cet appât heureux, la cible choisie se laissait ensuite ensorceler par un rire carnassier, sensuel annonçant des instants voluptueux. Toute frétillante, elle succombait et succombait. Quand il était repu, d’un rire ironique et grossier il chassait sa victime devenue sans charme à ses yeux. Les plus heureuses restaient quelques mois à son bras, supportant des rires méprisants. Pour les autres le couperet de la lassitude tombait au bout de quelques heures. J’ai croisé bien des yeux rougis dans ce théâtre. J’ai assisté à des scènes houleuses dans les coulisses. J’ai entendu des menaces terrifiantes derrière le rideau rouge sang. Entre l’épouse trahie, les maîtresses rejetées, celles humiliées et l’amant bafoué, vous avez un grand choix de meurtriers, commissaire.
-Inspecteur. Mais, je ne comprends pas au début de notre entretien, vous sembliez l’adm…
-Vous vous trompiez inspecteur, j’admirai seulement l’instant de sa mort. Quel artiste ! Ah ! Ah ! Ah !

Vegas sur sarthe - Cluedo

Non Affranchie

“Alors Ouatson, cet étrange assassinat? Si vous m'affranchissiez un peu?”
“Vous ne croyez pas si bien dire inspecteur, il y a deux jours j'ai eu l'idée d'envoyer la lettre suspecte au labo pour expertise”
“Comment ça? Vous ne l'avez pas portée vous même dans l'instant?”
“Euh non, inspecteur. Mais je l'ai postée au tarif prioritaire”
“Puis-je vous rappeler Ouatson que le labo est juste deux étages au dessus de nous?”
“Je trouve ça plus sophistiqué avec un timbre, chef, ça a un p'tit côté Experts Las Vegas! Et puis vous connaissez mon ascensumophobie”
“Je connais quoi?”
“J'ai peur des ascenseurs chef, depuis que je suis t...”
“O.K. J'avais oublié ça! Et alors, ça donne quoi?”
“Et ben soit j'prends les escaliers chef, soit j'demande à Ouatelse de ...”
“Je ne vous demande pas ça. Est-ce que la lettre a parlé?”

“Si elle a parlé? Vous allez rire chef, la victime a reçu la lettre alors qu'elle n'était même pas timbrée!”
“Quel scoop, continuez Ouatson”
“Et bien la lettre est revenue du bureau de poste du Père Lachaise avec la mention Non Affranchie”
“Quoi de plus normal. Et vous en concluez quoi?”
“Ben... que la lettre est revenue à son expéditeur pour défaut d'affranchissement, chef”
“Quelle perspicacité Ouatson! Vous êtes en train de me dire que la victime était l'auteur de la lettre?”
“Concernant l'écriture le labo est formel, chef. Cette fameuse lettre est revenue à son auteur... et en pleine figure!”
“Bon Dieu! Elle disait quoi cette lettre?”
“Vous voulez dire... ce qu'il en reste, chef! Je peux vous dire que c'était pas beau à voir. D'ailleurs j'ai eu un mal fou à trouver un endroit pour coller le timbre”
“Ouatson! ELLE DISAIT QUOI CETTE LETTRE avant que je pète les plombs?”
“Boum”
“Quoi? C'est tout ce qu'elle disait? Boum?”
“Ben j'ai jamais été très doué en onomatopées chef, mais trente grammes de poudre noire ça doit faire à peu près Boum”
“Quelle poudre noire?”

“Salpêtre, soufre et charbon de b...”
“Ca va Ouatson! Je connais la composition d'une poudre noire! Sait-on qui aurait pu être visé?”
“Vous allez encore rire, chef! L'adresse du destinataire a brûlé dans l'explosion”
“Excusez-moi de ne pas rire, Ouatson. Si je comprends bien, le meurtrier potentiel a ouvert sa propre lettre piégée revenue à son point de départ pour défaut d'affranchissement, ce qui fait que la victime et le meurtrier sont une seule et même personne?”
“Si on veut, chef... en tout cas vous l'avez bien résumé”
“Comment ça, si on veut?”
“Et ben ils ne font qu'un si l'on considère qu'un homme sans tête compte pour un”
“Epargnez-moi vos détails sordides, Ouatson et mettez moi tout ça par écrit pour demain matin”
“Oui inspecteur. Euh... j'vous envoie mon rapport ou j'vous l'descends par l'escalier?”
“Ha Ha... Très drôle, Ouatson”

Où lire Vegas sur sarthe

Semaine du 13 mai au 19 mai 2013

Cette semaine Venise nous propose de mêler drame et légèreté :

Un jour on m’expliqua qu’un meurtre avait été commis à cet endroit ... J’éclatais de rire... ! ...
Quel endroit : une bibliothèque, un salon de thé ? ...
Comment : égorgé, pendu, assassiné ? ...

Vous voilà invités à monter votre scénario autour de ces questions, de l'envoyer à l'adresse habituelle avant le dimanche 19 mai à minuit, en finissant votre texte par un éclat de rire !

Bonne semaine.

vendredi 10 mai 2013

Blj73 - Big Bang

Big bang ?
Coup d"éclat ?
Éclat de vie ?
Éclat de mort ?

Big bang
Un début ?
Une fin ?
Un mal ?
Un bien ?

Big bang
Celui qui donne
Celui qui reçoit
Espoir ?
Désespoir ?

Big bang
Histoire à rebondissements
Début d'une fin ?
Histoire d'un commencement ?
Big bang
Une histoire sans fin ...

Chri - Big Bang

Big et Bang

- Dans ma vie, j’en ai vécu deux, mon ptit gars !
- Deux quoi ?
- Ben des big bang ! C’est bien de ça dont on parle, non ?

Paul ? Tu l’entends ? Tu devrais arrêter de le servir maintenant, je crois qu’il a son compte !
- Lucien chéri, en vérité, je te le dis, c’est toi qui devrais arrêter, moi, je suis au vichy depuis un bon moment …
- Tu verras si ça n’en est pas un ! Quand cela t’arrive ta vie est bouleversée ! Tout, tu m’entends bien TOUT est changé ! Ton monde ne sera plus jamais le même à commencer par tes nuits. Pour le reste, finie l’insouciance légère, enfuies les matinées grasses comme des californiens, terminées les départs improvisés, les coups de folie imprévus, les fins de semaine impromptus, les soirées à l’improviste. Te voilà désormais prisonnier d’un monde où l’on prévoit, organise, planifie… Te voilà, maintenant soumis à des horaires, contraint à des lois qui te dépassent, menotté à des exigences impérialement impérieuses. Te voilà, mon gars, désormais responsable !

En cadeaux, tu n’auras jamais de joie plus profonde que celles de les voir sourire, plus d’émotion aussi forte que leurs bonheurs exprimés, leurs tendresses reçues. Voilà leurs présences sont des pans de ta vie. Tu as maintenant un but, un rôle, un cap, une équipe à entraîner, un team à soutenir, une tribu à défendre.

Tu as basculé dans le camp de ceux qui en ont et qui savent de quoi on parle. Je sais ce que je dis, j’en ai vécu deux :
Mon premier c’était un sept Aout à minuit et demi, il pesait trois kilos huit et mesurait cinquante deux centimètres et mon deuxième c’était un vingt huit Mars vers quatre heures, elle en pesait moins de quatre et en mesurait quarante six …

Où lire Chri

jeudi 9 mai 2013

Tiniak - Big Bang

BIG BANG BALLADE

Puisque la nuit, traînant les pieds, tardait à regagner de son aube mollette le confort attendu, je décidai de m'occuper de ta coiffure.
Dans la cuisine, je tirai par son cou flexible le robinet niché dans le plafond moussu. Je remplis un broc d'eau fraîche et revins vers le fauteuil à oreilles où tu t'affairais à élaborer des stratagèmes dans une autre dimension - peut-être en ramènerais-tu quelque chose de beau, comme hier.

Je défis, de ta nuque, le nœud maintenant le fichu qui le serait bientôt complètement - tu m'avais dit le tenir de ta mère, ne t'en séparais guère qu’avec un regret crispé sur les tempes et l’invariable grognement qui dit que tu te fâches. L'herbe rouge de tes cheveux ainsi libérée, je l'arrosai d'un filet d'eau; jaunie par le revêtement intérieur de la plomberie, cette eau dansant, ça faisait de l'or liquide dans l'air contrit. Tu te réveilleras rousse, comme promis.

J'entendis les gros sabots de la nuit annoncer son retour dans les ordres. Je soufflai la bougie. Il y eut un suspens de l'obscurité dans une autre lumière, inconnue de mes yeux, qui s'en émerveillaient. J'aurais voulu te réveiller, mais j'avais peur de t'arracher à quelque découverte fondamentale. Aussi, je m'assis dans la main du bras du canapé en gardant cet instant contre moi, bien serré, pour te l'offrir à ton réveil.

D’une main engourdie, j’inscrivis sur la cuisse de mon pantalongraphe des mots que je pense avoir lu sans avoir jamais pu, même su ni voulu, (pourquoi ?) en oublier jusqu’à la parenthèse : Un jour. Il y aura autre chose que le jour. Une chose plus franche, que l'on appellera le Jodel (Boris VIAN).

Où se tartiner le matin nouveau à l'écume ...

Iceman - Big Bang

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Sa fiancée Hélène s'avère être une « Gardienne », comme Fontenay qui sauve Farid in-extremis)

New York,

Ephraim s'est réveillé très tôt ce matin. Il doit donner une conférence dans une association des Brooklyn Heights. Quelques stations de métro et le voilà arrivé dans une de ces antiques maisons sur lequel le temps ne semble avoir aucune prise. C'est un pasteur qui préside à cette association baptisée CAA-B.
- Mesdames et messieurs, vous avez dû lire déjà des ouvrages de ce monsieur. Je laisse la parole à Monsieur Stanislas qui va nous parler de la création du monde.
- Merci … Je vais vous parler de la création du monde. Pas la version que l'on entend habituellement, celle que l'on enseigne dans les universités mais la vraie, celle qu'on nous cache.
Tout le monde vous parle du big-bang. Mais avant le big-bang, qui a-t-il ? Qui aurait créé un tel phénomène ? Tous nos grands scientifiques sont muets sur le sujet car la réponse les dérange et remettrait en cause tout notre monde. Dieu est le big bang. Oui, bien que je ne sois pas de la même confession que beaucoup d'entre vous, nous avons un dieu et c'est lui qui a créé le monde dans lequel nous vivons.
Certains parleront des 7 jours pour le créer, d'autres théories parlent de plus ou moins longtemps et je ne pourrais vous préciser le déroulement précis de la création du monde. Mais jusqu'à nos jours, dieu a façonné ce monde selon ses désirs. Il a créé l'homme, la femme et a créé des animaux. Il nous a créé différent et identique à la fois. Mais il s'est reposé sur certains d'entre nous pour l'aider dans sa lourde tache. Beaucoup d'humains ont oublié la place que dieu occupe, ce qu'ils lui doivent. Il a fait des essais malheureux, a laissé proliférer des espèces plus que d'autres, les a modifié...
- Excusez moi, monsieur Stanislas, mais pourquoi a-t-il fait cela ? Que répondre à ceux qui parlent du big bang ?
- Je vais y venir. Si le big bang existe, c'est dans le but de remplacer Dieu par des humains. Autrefois il y a eu la noblesse, les rois. Maintenant ce sont d'autres castes, et des êtres malsains gangrènent cette terre. C'est à nous... vous, de protéger cette terre et de rendre sa place à notre dieu. Il nous a désigné à travers ce que l'on appelle des miracles, les actions à faire. Il nous guide et nous devons être son relais auprès des ignorants et manipulés. Car la Terre est en danger... Pas du réchauffement climatique comme ces scientifiques le disent, mais en danger de tomber entre les mains d'humains très particuliers. Ils se disent les « gardiens » mais quel paradoxe quand ce sont eux qui volent et cherchent le pouvoir.
- Mais ce big bang alors, ça vient d'où de qui ?
- Ça vient d'eux, justement, pour nous faire oublier notre foi en dieu, qu'elle prenne la forme d'une religion ou une autre. Ils ont créé toute cette mythologie, leur théorie de l'évolution, Darwin et ces balivernes. Je les ai côtoyé, étudié et je sais ce qu'ils préparent.
- Mais alors qu'attendons-nous pour les éliminer ?
Ephraïm regarde l'homme qui vient de prononcer ces mots : Un grand type d'une quarantaine d'années costaud, en costume bien taillé avec de petites lunettes cerclés de métal blanc.
- J'en discuterai après avec vous, si vous le voulez bien mais revenons à leur théorie....

Lire le roman feuilleton complet ici !

Tisseuse - Big Bang

Dans le chaos universel
Des temps originels
Où les eaux se fracassent
Comme autant d’étincelles

Force de vie
Tellement inouïe
Pour soulever la terre
Malaxer sa matière

Résurgente création
Dans toutes nos actions
Où s’extirpe de la masse
Quelques joyaux virtuels

Invite à sentir
Ces pulsions magmatiques
Seules capables de nous ouvrir
A nos mondes fantastiques