Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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samedi 1 novembre 2014

Blick - Sur les traces de l'albinos bleu

Chez Tisseuse

Menu du jour

Balai et sa poussière de saison
Peau de l'ours à peine tué
Albinos bleu maison servi avec ses traces

Mamily - Sur les traces de l'albinos bleu

L' ectoplasme, Cyrus, plane au dessus des tombeaux.
Il a pour mission de récolter et de faire élever les âmes des justes vers le paradis.
Il se heurte à un autre ectoplasme:
Cyrus:<<D'où viens-tu?.....
Que viens-tu faire ici?.....
C'est une soirée privée ....
Personne n'est invité!>>
-<<On m'appelle Lucifer.
Je suis là en service exceptionnel!>>
Cyrus-<<Lucifer?.... Service exceptionnel?.....Hum!....
Chercherais-tu, par hasard, à chaparder quelque belle âme et te l'approprier pour le purgatoire?>>
Lucifer-<<L'albinos bleu s'est égaré!.....Il me faut le retrouver!>>
Cyrus-<<Egaré?...Retrouver?...Foutaise!..Satan n'a pas pu prendre l'albinos bleu!....
On a été plus rapide !
On l'a envoyé tout droit au paradis!>>

Là-haut, aux Champs Elysées, un petit ange rit de toutes ses ailes bleues!
Il l'a échappé belle!

vendredi 31 octobre 2014

Blj73 - Sur les traces de l'albinos bleu

Brouillard, ce matin
Midi, éclaircie
L'albinos se pare de bleu.

Reflets sur mon âme qui se colorise…

jeudi 30 octobre 2014

Zoz - Sur les traces de l'albinos bleu

~ froisser les herbes
courir les champs
au bout de la terre
tutoyer l'univers
croiser le fil mince du temps
l'albinos bleu entre les dents ..

L'Arpenteur d'étoiles - Sur les traces de l'albinos bleu

L’alb, l’albi, l’albinos bleu, bleu, bleu ...
Il marche vite, les mains dans les poches de son jean un peu trop large.
Sa chanson rythme ses pas. Je suis sur les traces, traces, traces ... bleu, bleu, bleu ...
Il fait un peu froid. Il remonte le col du blouson.

La ville lui a toujours fait peur. Il n'y va jamais, jamais. Il reste dans la banlieue proche, trainant avec quelques copains. Mais là, il n’a pas le choix. C’est trop important. Il louvoie entre les passants de la nuit, du presque matin. Certains titubent, les yeux dans le vague. Il ne connait pas ce quartier, plein de boites, de resto, de lumières. On le bouscule mais il continue, les yeux vers le trottoir en marmonnant l’alb, l’albi, l’albinos, bleu, bleu, bleu, faisant claquer ses talons. C'est du courage qu'il se donne avec cette chanson sans musique.
Il a quinze ans, des rêves plein la tête mais qu’il imagine déjà perdus, inaccessibles. Et pourtant un espoir incommensurable le pousse. Une foi en l’avenir malgré la vie dure, si dure pour lui et pour sa mère, si belle, si triste aussi.
Ca y est. Il a repéré l’endroit. Il s’arrête un instant devant. Au-dessus de l’entrée et tout autour, des photos de femmes presque nues dans des poses suggestives. L’enseigne clignote : «l’albinos bleu ». Il reste un instant, décontenancé et puis il pousse la porte. Que fais-tu là jeune homme gronde la voix du portier, énorme, immense. L’albinos bleu est réservé aux adultes. C’est écrit là, tu sais lire, hein que tu sais lire ? Le gamin se redresse. Je sais lire, j’ai vu, m’sieur, mais je viens voir quelqu’un et j’ai une chose importante à dire. Il faut que je le vois.

Le portier se penche vers lui et scrute son visage. Il voit les larmes qu’il ne peut retenir, les joues creusées, les lèvres sèches et surtout, le regard intense, brûlant. Qui tu veux voir ?
Monsieur Dominique, s’il vous plait. Dites que je suis là. Je m’appelle Julien. J’attends ici, je ne bougerai pas, promis. Le gamin garde les yeux plantés dans les siens, immobile.
L’homme rajuste sa veste rouge à brandebourgs et part d’un rire énorme. Monsieur Dominique ? Et il rit de plus belle. Devant l’obstination butée du petit, il se reprend.
OK. Attends là je vais voir si ...
Julien entend l’homme murmurer à quelqu’un « va chercher Do, son numéro vient de se terminer ». Il revient et dit : il va arriver mais pas avant la fermeture. Ça sera pas trop long.

Dans le sas, Julien voit passer des gens bien habillés aux rires de gorge. Ça fume, ça parle haut. Il s’est calé dans l’encoignure. Quelques-uns le dévisagent, étonnés puis se détournent. Un peu plus tard, lorsque le trottoir s’est vidé, la porte s’ouvre à nouveau. Un homme apparait encore maquillé ; le rimmel a laissé des traces sur ses joues. Il essuie maladroitement le rouge à lèvre. De son sac dépasse un bout de boa en plumes noires. Il regarde son fils qui le regarde en tremblant. On sort encore derrière lui. Un être étrange robe bleue, lunettes extravagantes rouges et barbe naissante. Il lance un « ciao miss Do » et s’évanouit dans le petit matin. C’est lui l’albinos bleu, le patron, dit Dominique. Et puis après un temps, je suis content de te voir mon grand. Julien lui jette un regard perdu. "Maman est à l’hôpital. Elle m’a dit qu’elle t’attendrait ..."

mercredi 29 octobre 2014

Tisseuse - Sur les traces de l'albinos bleu

L’albinos bleu ! En v’là encore une idée à la schtroumpf ! Aussi bleue que les petits hommes de Peyo :)
Encore une de ces idées qui me traversent la cervelle sans que je puisse bien savoir de quelle gare elles ont pu partir, ni espérer comprendre où elles pourraient bien aller.
Des idées comme ça, j’en ai « en veux-tu en voilà », à la pelle comme qui dirait. J’pourrais t’en vendre 13 à la douzaine, comme les huitres. Mais ça rapporte moins que les huitres, même si les huitres il parait que ça ne rapporte pas tant que ça. A part certaines huitres perlières… Mais je m’égare… Revenons à mon albinos bleu !
Une idée farfelue comme ça, je pourrais la garder pour moi ! Mais non, je la lance à la cantonade, alors que je me balade tranquillement en famille dans un parc animalier : « cet oiseau bleu aux yeux rouges, je ne sais pas qui s’est, mais on dirait un albinos bleu ».
Et paf, c’est sorti tout seul !
C’est un peu comme les noms qui me faisaient marrer et rêver tout à la fois dans le Journal de Spirou, ou dans les aventures de « Jo, Zette et Jocko » : Manitoba, Karamako…toute une fantasmagorie enfantine matinée d’Indiana Jones.
Mais j’aurais tout aussi bien pu ce jour-là paraphraser Baudelaire et son albatros, ou partir en terrain de science-fiction à la suite de Valérian et Laureline, aux confins des galaxies où, tout le monde le sait, l’albinos bleu est convoité pour ces pouvoirs extraordinaires par une sombre secte aux ordres d’un infâme gourou.
Mais à bien y réfléchir, cet albinos bleu est très certainement pour moi l’incarnation d’une des composantes du Simorg de la « Conférence des oiseaux » du poète sufi Farid-ud-Din ‘Attâr.
Ce qui m’amène finalement à comparer ici tous nos essais d’écriture à des envols d’expression en quête de notre royaume intérieur.

Pivoine blanche - Sur les traces de l'albinos bleu

Et si l'albinos cet être ingrat différent
Bien qu'auréolé de la magie du bleu
bleu ciel, azur, roi, indigo, bleu de phtalocyanine

Et si cet albinos qui se retourne sur le néant de son existence
Et sa solitude totale, absolue

qui ne parvient même plus à aligner trois mots ou plutôt, trois textes,

Et si, en réalité, lui,

Ce n'était que moi ?

Où lire Pivoine blanche

mardi 28 octobre 2014

Claudie - Sur les traces de l'albinos bleu

Vogue bel albinos bleu
Chevaux d’écume
Dans les méandres du temps.

lundi 27 octobre 2014

CristelD - Sur les traces de l'albinos bleu

Rêve bleu…

L’attente,
Puis la lumière éblouissante.
Il surgit, l’albinos bleu….

Daniel Hô - Sur les traces de l'albinos bleu

Petite discussion impromptue autour d’un gril entre deux chasseurs cannibales.
- Dis, tu le veux comment ?
- Quoi ?
- Ben, la cuisson de ton albinos. Tu le veux bien cuit, à point, saignant ?
- Non. Je le préfère bleu !

Vegas sur sarthe - Sur les traces de l'albinos bleu

Folles espérances

Il y a des moments dans une vie - même courte - où l'on a subi tant d'échecs qu'on est prêt à se raccrocher aux plus folles espérances.
Des échecs on en avait essuyé un paquet, bien avant d'avoir franchi cette frontière qu'on appelle puberté et qui vous offre à la fois des poils, des pantalons à boutons et aussi des boutons!

Qui aurait cru que dans les collines escarpées de notre vallée de l'Ouche ne vivait pas la moindre luterne?
Oui, je sais, on dit dahut mais chez nous c'est luterne. Bref, malgré des nuits entières à rebeuiller dans la forêt à la lumière de nos boitiers Wonder, on n'avait jamais vu la queue d'un de ces “demi courtes pattes” qu'on aurait aimé forcer à faire demi-tour et voir tournebouler les quatre fers en l'air... mais non, pas le moindre dahut.

Tout comme Mélusine – chez nous on disait et on dit encore la Mère lousine - cette divinité des eaux qui habite les profondeurs du canal de Bourgogne et dont on nous menaçait si on nadouillait trop près de la berge ou si on ne respectait pas à la minute près les sacro-saintes trois heures de digestion après le repas... mais non, pas la moindre Mère lousine non plus.

Aussi quand Oncle Hubert nous réunit un soir autour de la grande table de cuisine où il déposa religieusement la pétoire dont il avait hérité de l'arrière grand-père d'un soldat inconnu qui l'avait disputée en 1683 sous les murs de Vienne au grand vizir Kara Mustapha en personne, juste avant sa décapitation par le sultan Mehmed IV... ou Mehmed V, on comprit qu'un évènement d'importance se préparait.
Et il commença à nous causer de la Chose...
Petit Louis ouvrait un four énorme, tant par étonnement que par les baillements qui le prenaient toujours dès sa dernière cuillère de soupe avalée.
A l'unanimité moins lui, on décida qu'il ne serait pas de la partie et comme il chouinait - en bon chouineur qu'il était toujours - tante Anastazia l'étouffa proprement en le consolant sur son opulente poitrine de slave nourrie au bortsch...

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Fairywen - Sur les traces de l'albinos bleu

La nuit bleue.

Je l’ai vu. Aussi sûr que je vous vois, je l’ai vu. Il était là, devant moi, à l’orée de la forêt, et il me regardait. Il était vraiment magnifique, blanc comme neige, tout en majesté, superbe avec ses bois immenses. Le dernier cerf blanc, le roi de la forêt. Et dans le ciel, la lune était bleue. Oui, bleue ! Ronde, gigantesque et bleue.
C’était une drôle de nuit, une nuit de lune bleue, une nuit où le cerf blanc est sorti du cœur de la forêt pour quitter la Terre où les hommes ont tué la magie. Et il est venu, il s’est approché de moi, comme ça, sans un bruit. Il avait la tête haute, le regard pensif d’un vieux sage, et chacun de ses mouvements était empreint d’une grâce incomparable. Il est passé juste devant moi, je l’ai senti me frôler, et soudain il s’est mis à courir, toujours en silence, de plus en plus vite, de plus en plus loin, de plus en plus haut.
Oui, haut ! Car il est monté à l’assaut du ciel, ses sabots se posaient sur les nuages et les escaladaient, et il montait plus haut, toujours plus haut, jusqu’à la lune bleue qui l’a enveloppé de sa lumière. Quoi, vous ne me croyez pas ? Vous pensez que j’ai trop bu, que je raconte n’importe quoi ?
Alors sortez, sortez dans la nuit, oubliez vos certitudes, oubliez la science, la raison, le pragmatisme, sortez dans la nuit lorsque brille la lune bleue, et regardez vers elle, cherchez les traces de l’albinos bleu, vous y verrez courir le dernier cerf blanc…

Où voir l'albinos bleu et où retrouver mon blog d'auteur.

Semaine du 27 octobre au 2 novembre 2014

La semaine passée aura été éprouvante dans cette chasse à l'ours.
Nous vous proposons donc de reprendre du poil de la bête en partant “Sur les traces de l'albinos bleu”.
Rêve ou réalité, en vers ou en prose, vous avez jusqu'au dimanche 2 novembre minuit, heure de Paris, pour nous dire à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com ce que vous inspire cette nouvelle quête.

dimanche 26 octobre 2014

Tiniak - La peau de l'ours

URUSULE, LAS !

À la queue-leu-leu, les trains-trains
pour le transport des lieux-communs
vers leurs stations inamovibles
pourquoi donc y suis-je sensible ?
puisque je ne m’y sens pas bien
allant et venant mon chemin
jamais autrement qu’à l’encontre
ou pour n’y voir briller qu’un cent de molles montres

Ah, le chouchou de sa nana… !
(où minuscule s’imposa)
La main déjà moins conquérante
retombe sur l’épaule en pente
quand son front d’Icelle fourbit
un reproche dans les sourcils
avant de soupirer un peu
en le laissant lui patouiller quelques cheveux

Antinomiques mitoyens
au demeurant tous citoyens
superbement indifférents
mais feignant leur détachement
voisins, voisines, se la toisent
ou se dégorgent la bourgeoise
en postures bien policées
claquant plus fort le sol d’un talon aiguisé

Au théâtre des afflictions
- versets dus aux contributions
comme noisette d’écureuil,
tremble en paume le portefeuille
quand il faut solder les agapes
arrosé le rang de Satrapes
qui promettaient tt – et de belles !
avant de s’en retourner pronto vers Cybèle

Ah, jeunesse ! toi qui me tues
par tes festins inattendus
(je dis bien celle-là qui passe
avec ses rires dégueulasses)
je n’ai qu’un souhait à formuler :
que tu n’aies jamais le regret
d’avoir descendu l’alambic
fumant ton mobile fumoir électronique

Bon, pour ce soir, cela suffit…
Je m’en retourne en PoLésie
peut-être y trouverai-je encore
l’heur de grimper un météore
puisque je répugne au carnage
s’il n’est plus à mon avantage
(où je reste seul et m’égare
dans les allées et les venues des trains en gare...)

J’aime autant que mon quotidien
soit fait d’abois parmi les chiens

Je préfère à la servitude
de fraternelles rectitudes

Je profite et je goûte mieux
les discours muets dans les yeux

Je savoure que le temps fuie
devant l’éternel Aujourd’hui

Et quand d’autres se font la course
mais quel plaisir que de revêtir ma peau d’ours

Où se gratter la pelure...

samedi 25 octobre 2014

Stouf - La peau de l'ours

Tatiana et Michka

-Chériii... mon Michka.
-Heiiiiiin ?
-Tu me trouves grosse ?
-Meuuuuh non...
-C'est qui la femelle avec qui tu cueillais des baies sauvages, il y a quelques jours ?
-Haaaaaaan... personne.
-Tu m'aimes ?
-Ma Tatiana d'amour qui m'a réveillé... ma beauté, je te rappelle que c'est désormais l'hiver ici et qu'en Sibérie il fait très froid en dehors de la grotte. Si nous pouvions hiberner tranquilles, ce serait bien...

vendredi 24 octobre 2014

Mamily - La peau de l'ours

Quelques années en arrière.....

<<Ma chérie, il est temps d'aller se coucher!>>dit maman.
<<Mais... .Nounours n'est pas encore passé!....
Il va venir avec le marchand de sable pour nous dire: Bonne nuit les petits!>>répond Sophie installée sur sa chaise en face de la télévision.
<<Je t'ai expliqué, hier soir, que Nounours repartait sur son nuage dans son pays et qu'on ne le verrait plus>>insiste maman.
<<C'est pas vrai!....il est un peu en retard ....c'est tout! je l'attends. Il nous a dit faites de beaux rêves! A demain!!......
Et puis....son pays c'est ici avec Nicolas et Pimprenelle!
Popopopopopopopo!popopo!popopo!>>enchaîne Sophie en mimant Nounours!
Maman commence à prendre un ton sévère:
<<Sois raisonnable! Je vais arrêter le poste de télévision. Je te le répète: C'est fini! Tu ne verras plus Nounours !>>
<<Le marchand de sable, lui,va peut-être venir avec sa flûte. Il va pas oublier les paillettes de sable doré pour dormir vite>>gémit Sophie en joignant le geste à la parole.
<<Le marchand de sable a raccompagné Nounours chez lui! Ils sont partis tous les deux sur leur nuage de l'autre côté du monde! Viens! je vais te montrer sur le globe où ils sont maintenant...>>dit maman pour la consoler.
Un gros chagrin secoue Sophie et les larmes coulent abondamment sur son visage.
Maman la prend dans ses bras pour se diriger vers le bureau quand arrive Stéphanie.
<<C'est pas la peine d'aller voir le globe! moi, je sais où il est Nounours!>>clame-t-elle.
<<Ah!Bon?.....Dis nous ça>> demande maman.
<<Quand on est allé chez marraine elle a dit à Valérie:
Comment tu trouves mon nouveau tapis?...Regarde!... C'est une peau d'ours!
Alors, j'ai compris que Nounours, il est mort là bas!>>

jeudi 23 octobre 2014

L'Arpenteur d'étoiles - La peau de l'ours

Livre de l’Iconoclastie. (Chapitre jesaispluscombientième)

Et Dieu trouva que cela était bon.
Cependant, Il grommelait en lissant sa longue barbe. J’aurai mieux fait de créer d’abord le rasoir à 5 lames et l’aftershave, nom de moi-même ... Mais qu’est-ce que j’ai bien pu foutre de mon business plan et du climbing book qui va avec ... J’aurais aussi dû commencer par créer la secrétaire, et le dessous de bureau, tiens !
Ah, le voilà ce divin carnet. Alors : que la lumière soit ... c’est fait. Séparée des ténèbres, fait. Le soir, le matin, faits aussi. Les eaux, la terre, le ciel ... faits. Les arbres, les plantes, les fruits, les fleurs ... OK. Les lampadaires, les appliques pour éclairer la nuit et le jour ... réglés. Bon c’est un peu n’importe quoi, mais ça les occupera. J’sais pas qui sont encore les « les » mais c’est en train de murir dans mon esprit divin.
Donc à présent, on est le cinquième jour (c’est dingue comme le temps passe depuis que je l’ai créé). Je tiens mes objectifs. Y a intérêt vu l’énormité de l’investissement. Aujourd’hui c’est les bestioles. Des milliards d’espèces que je vais coller dans l’univers. Pas univers, mais multivers plutôt. Des univers parallèles qui se croisent mais ne se rencontrent jamais. Va leur donner du fil à retordre aux « les ». Enfin lorsque j’aurais créé le fil bien évidemment. Tiens le soir tombe. Bon au dodo et demain, je crée un personnage à mon image.

A l’aube du sixième jour, Dieu était en pleine forme. La nuit Lui avait porté conseil, et réciproquement. Ses rêves lui avaient permis de concevoir les êtres pensant qui allaient peupler la terre, et Le créer lui-même. Et ça, c’est vraiment, vraiment balaize, pensa Dieu : créer quelqu’un pour pourvoir exister. Au boulot !

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Daniel Hô - La peau de l'ours

ours blanc, noir ou brun
si ta peau sent la chaussette
c’est carpette diem

Jacou - La peau de l'ours

Un chasseur sachant chasser…

Tu as vu le nouveau manteau de madame Girodin. On dirait une peluche.
Tu veux dire un gros nounours ? Tu as deviné. Il est en peau d’ours. Depuis que son mari est mort, elle ne porte que ça.
Tu veux dire qu’elle n’a rien en dessous ?
Non, je veux dire qu’elle ne le quitte plus, son manteau.
Au fait de quoi il est mort monsieur Girodin ?
Figure-toi qu’il était chasseur. Il avait décidé de chasser l’ours.
Celui des Pyrénées ? Le slovène ?
Peut-être, enfin je sais pas. Madame Girodin aime bien chasser aussi. Enfin toujours est il que les voilà partis tous les deux à la chasse à l’ours. Gros quatre quatre, chien, fusils, tenues de camouflage, le grand jeu, quoi…Et un jour, elle est revenue seule, racontant partout que pour défendre son mari attaqué par un ours gigantesque, genre grizzli, elle avait été obligée de tirer ; surtout que la bête avait déjà fait un massacre du chien, défoncé le quatre quatre ; son mari venait d’évacuer un besoin pressant ; c’est là que l’animal a bondi ; madame Girodin a tiré un peu au hasard, tuant du même coup et l’ours et le mari…depuis, elle ne veut plus enlever son trophée, en souvenir de monsieur Girodin.
Tu ne la trouves pas un peu bizarre, cette histoire ? Il n’y a pas eu d’enquête ?
C’est le garde-chasse qui l’a vue ; alerté par le bruit, il est aussitôt intervenu ; mais trop tard. Il n’a pu que constater le décès du mari.
Tiens le voilà, justement. Depuis l’accident, on le voit bien plus qu’avant dans le village. Madame Girodin l’appelle son héros.

Où lire Jacou

mercredi 22 octobre 2014

Miyako - La peau de l'ours

La peau intérieure de l’ours

Un ours, un torrent, des saumons, un chasseur et la peau qui a été vendue avant d’être tuée.

Thèmes en effets abordés dans les contes mais qu’en est-il de la peau de l’ours, de celle qu’il garde bien enfouie en lui ?
Personne ne peut prétendre savoir ce que pense l’ours, d’ailleurs on ne peut qu’imaginer ce qui se passe dans sa petite tête de fourrure quand on a par exemple braqué un fusil sur lui. Peut-être que l’ours, malgré les apparences n’est pas le grand méchant qui fait du bruit et qui est plein de poils mal brossés, peut-être est-ce le gardien paisible de la forêt, sage et réfléchi. Peut-être tient-il conciliabule avec les autres animaux une fois par mois et qu’ils parlent des poissons qui commencent à arriver ou à partir et des oiseaux qui recommencent à chanter dans les bois et aussi des hommes qui commencent ou finissent leurs périodes de chasses tant redoutées…

En clair la peau de l’ours cachée, qui n’est visible qu’aux yeux des autres ours, doit être assez similaire à notre personnalité intérieure que l’on garde bien profondément cachée en nous et que seulement certaines personnes de notre entourage peuvent connaitre … L’ours est un des animaux en peluche que l’on verra le plus souvent dans les chambres d’enfants. Pourquoi ? Parce que la vraie peau de l’ours doit sans doute être celle d’un papa ours protecteur, doux et attentionné qui nourrit ses enfants oursons avec du saumon !

Blick - La peau de l'ours

Le pot de l'ours

Je sors d'une réunion du bureau politique de la FFPl, la fédération française des plantigrades, au sein duquel je représente l'espèce humaine. Le mandat du président arrive à expiration prochainement, aussi les tensions sont vives, chacun des représentants des différentes sections cherchant à se positionner pour lui succéder à ce poste très convoité.

La moufette n'a aucune chance, sa puanteur étant incompatible avec toute fonction de représentation. Le mustela non plus, soupçonné de collusion d'intérêts avec une marque de cosmétiques. L'opossum souffre d'un déficit de notoriété. Le panda est ultra minoritaire.

Tout au long de la réunion, le hérisson n'a cessé d'envoyer des piques, ce qui n'est pas la meilleure manière de faire campagne. Le blaireau a fait un discours si monotone qu'il nous a tous rasés. Le raton laveur a insisté sur la nécessité d'un grand ménage, ce qui n'a provoqué que mécontentement chez les autres participants.

Je ne suis moi-même candidat à rien, car je suis mal vu. On me reproche la chasse, les pièges, le fouet, les cages, le cirque, les zoos, les manteaux de fourrure, et que sais-je encore.

Reste l'ours, qui pourrait faire consensus, c'est d'ailleurs le sortant. En face, la souris, le rat et le lapin, bien que représentant les plus importantes fédérations par le nombre d'adhérents revendiqués, ne pèsent pas lourd. L'ours s'est fait tout miel tout sucre d'érable pour imposer sa griffe. Sa rondeur inspire confiance, son autorité bourrue rassure. Il s'est fait fort de faire revenir les dissidents qui ont fait sécession, chacun a compris qu'il pensait aux ours en peluche.

Avant que nous ne nous séparions, l'ours, débonnaire, a offert un pot. Un fâcheux a dit qu'il ne fallait pas prendre le pot de l'ours infatué, mais nous nous sommes quand même précipités vers le buffet.

Fairywen - La peau de l'ours

La capture.

Les paris allaient bon train au QG de la police spatiale. De retour du camp disciplinaire où il avait passé quelques mois suite à sa première rencontre avec l’Ombre, le Chasseur avait soigneusement planifié la capture de son ennemie. Il était hors de question qu’il reste sur un échec, hors de question qu’il continue à entendre les commentaires subtilement ou ouvertement moqueurs qu’avait fait naître cette confrontation qu’il avait si brillamment perdue. Il se devait de retrouver au plus vite sa place de Chasseur invaincu. Sa prochaine victoire ferait taire les rieurs plus sûrement que ses poings, surtout qu’il avait été prévenu : une nouvelle incartade du genre de la précédente ne lui vaudrait pas seulement un séjour en camp disciplinaire, mais aussi la cour martiale et une dégradation en place publique. Et ça, il en était tout à fait hors de question… Il tenait à ses galons comme à la prunelle de ses yeux…
Aussi avait-il pris son temps pour élaborer un plan infaillible, supportant stoïquement ragots et commérages, pour finir par annoncer à tous que la capture de l’Ombre était imminente. Il avait été si convaincant qu’au final, les paris ne portaient même pas sur sa réussite ou son échec, mais juste sur le temps qu’il lui faudrait pour voir aboutir ses manœuvres.

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Littér'auteurs - La peau de l'ours

PERVERBES

Il ne faut pas vendre la peau des ours les plus mal chaussés
avant d’avoir tué les cordonniers.

Variante :

Il ne faut pas vendre la peau des cordonniers
avant d’avoir tué l’ours qui est le plus mal chaussé.


*****

Il ne faut pas vendre la peau des imbéciles
avant d’avoir tué l’ours qui ne change pas d’avis.


*****

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, quand on vous tient le menton.
Avant de l’avoir tué, il est facile de nager.


*****

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mardi 21 octobre 2014

Claudie - La peau de l'ours

LA CHÈVRE DE MONSIEUR DEGAIN

Pirouette humait l’air fou qui traversait en rafales, la montagne toute proche. Elle en avait assez de faire des ronds de jambes devant les invités de son maître qui adorait la faire danser au son d’un pipeau. « C’est vrai quoi, moi je ne suis pas une pipelette, je n’aime que courir les chemins à la recherche de chèvrefeuille, ma plante prédestinée. Je déteste me donner en spectacle. »
Elle était toute jeunette et ne se méfiait pas du loup. Pourtant, les villageois avaient signalé une horde transalpine qui ne s’attaquait qu’aux moutons bêlant.
Pirouette attachée piaffait d’impatience dans son pré et donnait de fameux coups de cornes à son voisin d’infortune, un épouvantail revêtu d’une peau d’ours.
« Ce qu’il est vilain ce manant et ridicule dans cet accoutrement » pensait la chevrette dans sa petite tête de pioche. Quelle idée de s’habiller ainsi alors que l’hiver n’a pas encore dénudé les buissons piquants. »
Elle tira si fort sur sa corde qu’elle se délia, libérant de toute entrave Pipelette. Surprise, cette dernière s’aventura près de la clôture et n’entendant personne sauta par dessus la haie.
Jamais sabots ne coururent aussi vite sur le chemin de terre. L’automne bruissait dans les arbres et les feuilles jaunes d’or voltigeaient avant de rebondir sur le sol. Pipelette trouvait cela drôle et joli à la fois. La nature se découvrait, l’herbe se faisait plus rase alors que la chèvre grimpait à flanc de montagne.
Elle entendait au loin la goualante du cor de son maître qui l’appelait avec des accents d’angoisse mais n’en avait cure. A propos de cure, Pipelette se remémora le jardin du curé qui abritait le long de son mur le plus beau chèvrefeuille crée par le Seigneur. Grisée par sa nouvelle liberté, elle se promit d’y goûter un jour prochain.
Le soir tombait nimbant de brume bleue les champs. Le hurlement la fit sursauter. Elle scruta les buissons mais non, elle avait dû rêver ou bien c’était le chèvrefeuille qui lui montait à la tête. Des lueurs dorées s’allumaient entre les arbres, le danger était à l’affut.
Quand une créature aux griffes peintes et à la chaîne en toc brillant sur son poitrail velu (comme tout Lupo qui se respecte) se retrouva face à elle, elle n’eut pas peur et s’avança pour jouer. Mais le loup ne l’entendait pas de cette oreille et découvrit ses crocs.
Pipelette comprit enfin la menace et détala de tous ses sabots. Talonnée par la bête féroce, elle parvint enfin à l’orée du village, reconnut son pré et vit monsieur Degain armé d’une vieille pétoire au tir inefficace. Le loup salivait. Une proie aussi facile, c’était du bonheur en bouche, foi de loup ! Sa gueule claqua. Pirouette eut juste le temps de se couvrir de la peau d’ours de l’épouvantail et de se dresser sur ses pattes. L’effet de surprise fut total et l’animal peu téméraire s’enfuit en hurlant, la croupe criblée de plomb par la pétoire qui avait enfin choisi la bonne trajectoire.
- Tu as eu plus de chance que la chèvre de notre voisin. Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours, elle peut réchauffer et protéger des loups. J’espère que tu as bien retenu la leçon, chevrette indocile lui chuchota à l’oreille Monsieur Degain en caressant l’étoile blanche dessinée sur son front.

lundi 20 octobre 2014

ABC - La peau de l'ours

Pour sauver sa peau
Irénée[1]s’est enfermé
Dans une grotte pour hiverner

Il s’est mis à bourdonner
Comme un nuage d’abeilles
Noircissant le ciel
Il ronflait l’apôtre
En rêvant en gourmand
Au beauté du printemps

À la belle saison
Piqué par une mouche
De son trou il débouche
Il court vers le premier rayon
Rayon de soleil
Ou rayon de miel

Rayon d’amour et dulcinée
Le voilà marié
Prêt pour la paternité
Septembre, octobre
De nouveau solitaire
Se promène tête en l’air

Prudence et flair
Les couleurs abondent
L’automne gronde
Pas de fumée sans feu
Retour des prédateurs
Les chiens et les chasseurs

Pour sauver sa peau
Irénée s’enferme
Dans une grotte pour hiverner

Où lire ABC

Notes

[1] Irénée est un ours, un ours des Pyrénées

Adrienne - La peau de l'ours

Vaut-il mieux être l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ?
Ou être l'ours qui a vu l'homme ?
Il me semble que l'ours, s'il veut sauver sa peau, préférera l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours.

Où lire Adrienne

Porte-Plume - La peau de l'ours

L’ours et son repaire (allégorie).

On en parle dans la vallée. L’ours est là-haut. Quand on dit cela, on ébauche un vague mouvement du bras. On ne sait pas très bien à quel endroit se cache son repaire. Certains disent qu’il faut passer par la forêt de l’estive, rejoindre de col de la Croix Foudroyée, s’aventurer sur des pierrailles et des prairies où l’herbe est rare et où l’espace est parsemé de gros blocs de granits. C’est là dans ce coin égaré de la montagne qu’on pourrait le rencontrer. Il faut alors être sur ses gardes. L’animal n’aime guère être dérangé. Il ne faut pas l’oublier, c’est un plantigrade aux griffes terribles, à la mâchoire si forte. Vous n’aurez pas sa peau, c’est lui qui fera la vôtre !

Quelques-uns racontent l’avoir vu de loin et disent que le spectacle d’une bête sauvage en liberté est fabuleux. D’autres confient la peur de leur vie lorsqu’ils ont croisé ce qu’ils appellent une bête monstrueuse. Et beaucoup reconnaissent être revenus bredouilles.

Ainsi en est-il lorsqu’on veut s’aventurer chez les autres et le refuge de leurs sentiments profonds. Derrière un visage avenant, une figure familière, se cachent des prairies intérieures larges et espacées… des forêts étranges, mystérieuses, profondes comme la nuit. Et, au-delà de toute cette géographie intérieure, se dissimule, mais le verra-t-on un jour, le croisera-t-on, le secret de l’autre. Qu’il soit ami(e), compagnon ou compagne, conjoint(e)… l’autre, même le plus proche, reste un mystère, inatteignable, inaccessible, impénétrable. C’est peut-être mieux ainsi.

« Il faut laisser dormir l’ours qui ronfle chez son voisin proche » dit un proverbe volapük (j’ai traduit au mieux cet adage plein de bon sens).

Tisseuse - La peau de l'ours

La peau de l’ours a été vendue
Colargol mon ami s’est tu
Son gilet et son faux col
N’ont pas suffi
Pour lui sauver la vie

Il chantait en fa en sol
Bien mieux qu’à l’école
Où les enfants s’ennuient
Aujourd’hui
En math comme en français

C’est sûr qu’il était désuet
Pour ce monde électronique
Où le maître mot est « problématique »
Mais c’était un copain d’enfance
Qui me charmait de son innocence

La peau de l’ours a été vendue
Le sais-tu mon ami
Elle a dû être cousue
Par de petits asiatiques
Qui filent nos synthétiques

Leurs vies sont mécaniques
Bien loin de nos belles philosophies
Pour que nos gosses saccagent
Des jeux qui déménagent
Mais qu’ils jetteront bien vite aux orties

Vegas sur sarthe - La peau de l'ours

Mal léchée

De toutes tes lubies et tes drôles d'idées
tu rêvais bêtement d'une peau d'ursidé,
brune, blanche, à lunettes... tu étais indécise
qu'elle soit des Balkans, d'Asie, de la banquise.

De mon oncle Léon j'empruntai la pétoire
qui loupait rarement un boeuf dans un couloir,
jamais trop prévoyant pour chasser la carpette
je pris quelques kilos de poudre d'escopette.

J'arrivai bien trop tard au zoo de Vincennes
il ne restait qu'un lion, un gnou et quelques ânes
mais j'étais résolu, entêté, opiniâtre...

Quel besoin avais-tu de me faire une scène?
Que tu étais bourrue, mal léchée, acariâtre
quand tu as déchiffré ceci: Made in Taïwan

Où débusquer Vegas sur sarthe

Chri - La peau de l'ours

Peau aime.

Le profond de l’homme, sous ses oripeaux
De l’homme et la femme dans leurs manteaux,
Douce, carressable, sucrée salée ou séropo
Le plus profond en l’homme, c’est sa peau...

Peau douce, peau de pêche ou d’orange
Peau d’âne, peau de balle et peau d’ange,
Peau de phoque, de fer de zébu et de crin,
D'abricot, de banane ou peau de chagrin…

Peau d'hareng, de colle ou de chamois…
Peau de l’ours, l’avoir dedans, vendre la…
A fleur de, peau rouge, bien dans sa…
Blanche peau, de porcelaine ou de zébi

Peau claire, mate, ou peaud'chien… pour la Nini !

Cuivrée, ridée, irritée, épaisse ou gercée
De velours, soyeuse, moite ou crevassée,
Des fesses, du cul, des coudes et du coup,
Peau dure, peau lisse ou peau de voyou…

Être si mal dedans, de bête ou peau d'tatou…
Coller à la, de vache, de taupe ou de boue
Douze balles dedans, neuve ou vieille peau,
L’avoir sur les os, peau rêche ou balle-peau

Le profond qu'à l’homme sous ses oripeaux
L’homme ou la femme sans leurs appeaux
Douce, carressable, salée sucrée ou séropo
Le vrai profond de l’homme, c’est sa peau...

Où lire Chri et où voir ses photos

Semaine du 20 octobre au 26 octobre 2014

Vous connaissez tous le proverbe : "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Or, en cette rentrée littéraire, a été publié un livre de Joy Sorman intitulé : "La peau de l'ours".
Nous vous proposons de laisser votre imagination vagabonder sur cette "peau d'ours", en prose ou en vers.
Votre texte, tout de fourrure écrit, devra nous parvenir à l'adresse habituelle impromptuslitteraires(at)gmail.com avant dimanche 26 Octobre minuit.

samedi 18 octobre 2014

Blick - Balai et poussière

Sous mon lit et ma houlette

J'héberge sous mon lit des moutons floconneux
Timides et craintifs, apeurés par l'orage
Et les têtes de loup, les scènes de ménage,
Le lavage à grande eau, le zèle besogneux.

Mon paisible troupeau goûte ces jours heureux
Où ma mie me revient de retour de voyage,
Il guette nos ébats, bêle, nous encourage,
Placide, ruminant nos baisers langoureux.

Sous le ciel du sommier, tel un lit-clos breton
Orné au sang de bœuf d'un motif en ajonc,
Mes ouailles de poussière aspirent à l'oubli

Qui fait la laine fraîche, à l'amour, à la paix,
Loin des aspirateurs, des genêts à balais,
Qui sont leur principal prédateur, l'ennemi.

vendredi 17 octobre 2014

Adel - Balai et poussière

Balai mécanique, balai-chiotte, balai électrique
Balai de coton, de crin, de genêt
Balai de Cendrillon, de Mickey apprenti sorcier
Quatre-vingts balais, sur une plage d'Agnès, bellement plantés
Balai du cantonnier qui s'embête toute la journée
Et celui d'la mère Michu, qu'a un chignon, et la langue bien pendue
Balai d'une sorcière qui s'envoie en l'air
Soulevant la poussière et montrant son derrière

Et tous ces balais qui s'emballent, se cavalent et s'en vont au bal
Dansent un ballet frénétique, hystérique, endiablé, ensorcelé

Et maintenant circulez, y a plus rien à balayer
Plus rien, non rien de rien
Peau de balle et balai de crin !

Clise - Balai et poussière

Petite, armée de ton balai magique
Cueille les poussières d’étoile
Drape-toi de lumière douce
Embarque-toi sans crainte
Dans la galaxie des rêves

Où lire Clise

Manoudanslaforet - Balai et poussière

Il prend son balai et péniblement soulève la poussière du trottoir
Elle prend son balai et habilement pousse la poussière dans un coin
Il avance doucement le long de la rue
Elle termine le parcours de sa pièce
Il arrive au coin de la rue
Elle ouvre la porte et pousse délicatement son petit tas dehors
Il soupire, levant les yeux vers elle, et reprend son balai
Elle soupire et referme sa porte

Mamily - Balai et poussière

Ce mercredi d'Août,à la tombée de la nuit,les enfants étaient tout excités à l'idée d'aller retrouver leur père, Albert, chercheur au planétarium.
Il leur avait promis de leur faire observer les constellations avec son télescope.
Tous les soirs, les enfants attendaient avec impatience, son retour à la maison, pour qu'il leur raconte ses découvertes de la journée .Il imprégnait ses récits de tant de magie qu'ils étaient curieux de voir ce qui se passait là-haut. Victor était le plus intéressé. Ses parents lui avaient offert des albums d'astrologie qu'il souhaitait, pour son anniversaire et il était passionné par les mystères de l'univers.
Chacun leur tour, ils collèrent leurs yeux dans le télescope, sollicitant Albert pour des explications sur ce qu'ils observaient.
<<Je voudrais tellement voir la Grande Ourse, papa!>>dit Nathalie.
<<Vous savez - et je vous l'ai déjà dit - il faut solliciter son imagination pour pouvoir observer la galaxie! Ainsi, tu vas facilement reconnaître La Grande Ourse grâce à sa forme de casserole!.....>>
Nathalie fut prise de fou rire puis, avec Albert qui guidait ses observations, elle apprit que la troisième constellation du ciel contient le Grand Chariot ou Grande Casserole composée par les sept plus brillantes étoiles.
Emerveillée par sa découverte, elle céda la place à Victor avec regrets.
Plus sérieux et attentif par toutes ses lectures, ce dernier exprima un désir précis:
-<<Moi,je voudrais repérer l'étoile polaire. Je sais qu'elle fait partie de la petite Ourse, n'est-ce pas papa?>>
-<<Joli!.....fiston.....je vais t'aider à la trouver, ensuite, pendant que tu l'observeras, je te donnerai des détails!>>
-<<hurrah!!Je vois l'étoile polaire!!!!>>s'écrie Victor.
-<<C'est le bout de la queue de la Petite Oursequi a la même forme que la Grande Ourse en plus petit. Puisque tu as localisé l'étoile polaire, regarde bien au bout de l'autre extrémité.Tu vas observer deux étoiles, les deux seules qui brillent avec elle.Tu y es?....>>demande Albert.
Victor lève un pouce pour confirmer.
Albert continue:
<<A côté de la Petite Ourse, tu vas trouver l'emplacement du Dragon dont tu me parlais la semaine dernière.>>
-<<Non,..... je ne vois pas....>>regrette Victor.
-<<C'est une constellation allongée, dont la queue prend naissance entre la Grande Ourse et la Petite Ourse. Elle s'enroule autour de l'étoile polaire. Ses étoiles sont peu brillantes et difficiles à voir. C'est bon?>>interroge Albert.
-<<Ouiiiiiiiiiiiii!Quel régal!!!........
Ah!Ah Ah! Je viens de voir passer une étoile filante!!>>crie Victor.

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jeudi 16 octobre 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Balai et poussière

La ferme des jeudis.

J’ai quatre ou cinq ans. C’est jeudi. Pour la première fois, accompagné de ma mère et de ma grand-mère, je vais « chez la Catherine ». Nous avions pris le car rouge, puis avions marché jusqu’à la vieille ferme torse posée au bout d’un petit hameau. Elle, elle était une solide paysanne en blouse grise, aux yeux clairs toujours en mouvement, à la voix aiguë et un peu cassée de trop appeler les poules au grain. Elle était généreuse en tout : en assiettées de lard comme en parts de tarte, en histoire de guérisseurs, sorciers et saltimbanques, en mamelles imposantes et en rire musical si haut perché, qu’on pouvait presque la croire quand elle se disait chanteuse d’opéra.

On entrait par un petit couloir qui nous emmenait dans la pièce principale. A droite une alcôve avec un lit haut, couvert d’une courtepointe épaisse. Au centre une table en bois. De part et d’autre, des bancs lustrés par l’usage. Du plafond en poutres et planches disjointes, descendaient deux lampes à contrepoids. L’une d’elle avait conservé une pâte de verre festonnée et ternie. Pour l’autre, on avait bricolé une espèce d’abat-jour en fer blanc, sur lequel on avait rajouté un torchon de toile grise reste probable d’un vieux drap. Quand on descendait les lampes, on éclairait précisément le centre de la table, permettant la lecture immuable du journal ou les travaux de raccommodage. Pendaient aussi les spirales marron des papiers tue-mouches, vrombissant des malheureuses prises au piège et tentant en vain de s’extirper de la surface collante. Contre le mur de gauche, un vieux buffet en bois vernis jaunâtre et aux portes supérieures décorées de motifs en verre dépoli. Sur le plateau central, une photo de mariage et deux autres des enfants en tenue de première communion, entourées de tout un fatras d’objets hétéroclites et de cartes postales. Faisant face, de l’autre côté de la table, le fourneau à la barre de laiton brillante, surmonté de son tuyau noir et luisant. Dans l’axe de la porte l’unique fenêtre dominant la cour de la ferme. Les murs, revêtus d’un papier peint à fleurs, étaient couverts de gravures ou de dessins tirés de vieux calendriers et aussi d’images pieuses. On y avait accroché, bien en évidence, deux canevas à la polychromie triomphante.

Tous ces souvenirs se sont forgés au fil des années ; nous y sommes allés si souvent. Mais cette première fois-là, dans ce court corridor de l’entrée, je fus fasciné par un balai en paille et une pelle en bois noir, posés contre le mur. Et depuis, la ferme de mes jeudis a toujours été associée à ces deux objets ordinaires et dérisoires. Croiser l’un d’eux, n’importe où que ce soit, me ramène immanquablement là-bas, dans les odeurs mêlées du café brûlant et des bêtes à l’étable.

Des années plus tard, je traversais pour des raisons professionnelles la région de mon enfance. J’avais un peu de temps et l’envie me prit de retourner voir la maison de la Catherine. J’en retrouvais tout naturellement le chemin. Arrivé en haut de la courte côte, je découvris que la bâtisse avait été rasée. Sans doute depuis peu. Il n’en restait qu’un petit muret longeant la route, un enchevêtrement de planches de bois, quelques tuiles brunes, et la poussière de mon enfance. Je me suis arrêté, le cœur serré. En bas demeuraient les deux pommiers et le pré en pente où je jouais au ballon.
Et puis, là, dépassant d’un amas de gravats, une pelle en bois noir, fendue, et un balai en paille sans manche. Aujourd’hui, ils dorment dans un placard de ma maison, vestiges secrets et chéris.
Un seul détail incarne à jamais et à lui seul, un endroit tout entier que l'on a aimé. Les replis de nos mémoires sont insondables.

Nounedeb - Balai et poussière

Il est des couples inséparables.
Que serait le balai sans la pelle ?
A qui roulerait-il une pelle ?
Et la pelle aime bien la raideur du balai.
L’aspirateur, c’est les deux en un seul.
Il est hermaphrodite, en somme.
Il est un peu comme l’escargot,
Son sac est sa coquille, il glisse sur le parquet
Comme cagouille sur la salade.
Il traque la poussière comme un malade.
Cependant que, dans le placard
La pelle et le balai sont enlacés
A tout jamais.

Où lire Nounedeb

mercredi 15 octobre 2014

Tiniak - Balai et poussière

Je vais donner du pied dans ta mémoire sale
que d'ici au cosmos
un ballet de poussières
aille le disputer à ces autres - solaires !
à quoi se sont brûlées des ailes idéales
et sans âge

Je vais la secouer, ta pelure avachie
d'un coup de balai brosse
dans ton regard éteint
pile entre les deux yeux du bonheur mal appris
dont s'étouffent les feux près du tendre regain
des ménages

La chanson oubliée, je vais te la redire
et la baleine à bosse
en reprendra le ton
La moindre particule au vibrant électron
sera le vestibule où poser un sourire
neuf et sage

Lors, tu composeras
de nouveau les couplets
qui feront chavirer des lents soirs

la vilaine armada
aux voiles déchirées
de naviguer sur l'amer espoir

À cette orchestration
fuiront tous les moutons
quittant les recoins du vague à l'âme

Et, selon le tempo
de notre oratorio
nous saurons sous de longs oriflammes
nous emballer

Où chasser les moutons...

Stouf - Balai et poussière

Amélie Fauchon Isabelle et moi... et Gérard

J'aime passer le temps en compagnie de mon amie Amélie Nothomb, le plus souvent c'est l'aprés-midi que cela se passe.
Nous ne parlons absolument pas de littérature car je n'ai jamais lu un seul de ses livres, je ne lis même pas les journaux et encore moins les programmes télé. Amélie respecte mon inculture et je ne lui fais pas de remarques moralistes à propos de sa propension à boire sans cesse du Champagne.
Avant hier le temps était assez propice à une de nos sorties diurnes et nous étions savamment avachis autour d'une table à la terrasse du Fauchon de la place de la Madeleine. Nous venions de laisser tomber l'idée de faire la queue en compagnie des adeptes de la Pinacothèque où nous avions espéré (un peu lubriquement pour ma part) admirer l'exposition « Kâma-Sûtra »... l'attente nécessitait une bonne heure à perdre.
Amélie fixait compulsivement son grand chapeau noir posé sur la table, je faisais un petit signe amicale à Gérard Depardieu qui passait en scooter et une charmante serveuse, habillée en Dior des genoux jusqu'aux yeux, s'impatientait légèrement en attendant que nous fassions commande de quelques mets et boissons très chers-pour-ce-que-c'est. J'aurais voulu que le temps s'arrête là... qu'il n y ait plus de guerres sur la terre, que Janis Joplin me chante « Summertime » dans l'oreille droite et que le père noël existe vraiment.
Je nous commandais une tonne de petits fours et une grosse théière pleine de... thé et m’exclamais tout de go -Amélie... Michel Houellebecq m'a demandé de tes nouvelles ! Cette affirmation à brûle-pourpoint sembla comme une attraction terrestre puissance mille, ses épaules s'affaissèrent, son visage se raidit tout à coup, elle bava légèrement et je remarquais pour la première fois que... non, cela est trop intime.
Elle gueula comme une patraque du cerveau -Houellebecq  Qu'il aille compter les particules élémentaires de son cul en enfer... ce CON !!!
Je fus atrocement gêné par cet éclat verbal intempestif et par les regards amusés des clients tout autour. Je leur aurai bien pétés leurs gueules à tous ces CONS !
Oups... je me calmais tout de suite afin de ne pas déplaire à Isabelle Carré, mon amie actrice préférée, qui s'approchait de notre table.
-Salut stouf ! s'écria-t-elle gaiement. Tu me présentes ton amie avant ou après que nous nous soyons enlacés tendrement ?
Boon... je fantasme un peu. En vérité Isabelle Carré me serra simplement la main et me dit qu'elle était pressée car elle allait tourner une scène d'un nouveau film et que la directrice de casting cherchait un figurant dans mon genre... ou celui de n'importe qui d'autre d'ailleurs. Elle me laissa le numéro de portable de l'attributrice cinématesque et courut rejoindre Gérard Lanvin qui l'attendait impatiemment pour jouer une des scènes d'amour du nouveau film « Balai et poussière dans l'espace topologique générale ».
Je me voyais déjà figurant un homéomorphisme bijectif continu en compagnie d'Isabelle lorsqu'on me tapota l'épaule.
-Dis donc Stouf... tu comptes te laisser phagocyter longtemps par cette actrice à l'odeur de Pathé ou daigner un regard vers cette merveilleuse auteur délaissée que je suis actuellement ? Me demanda Amélie Nothomb.

Porte-Plume - Balai et poussière

Eclats de flammes.

Il y a dans les yeux de rares femmes une magie étrange.
On dirait des pierreries brillantes et maléfiques.
Une poussière légère les voile, nous attire et nous inquiète.
Fuir leur regard nous est impossible !
Cette poudre magique nous ensorcelle.
On dirait celle d’une sirène de Rhénanie.
On pourrait croire que cette pellicule va disparaître, que le balai des cils, comme par enchantement, va la faire disparaître.
Loin de là, peine perdue, s’accentue la magie.
Et c’est pour notre malheur que ces yeux brillent de leurs éclats de flammes.

lundi 13 octobre 2014

Tim - Balai et poussière

Anniversaires

Cela fait un an que nous nous aimons. Un peu plus en réalité, mais cela fait un an aujourd’hui que nos mains, nos yeux, nos gestes, les mots, l’ont exprimé l’un à l’autre. J’ai gravé cette date en moi et, par bonheur, il ne l’a pas oubliée. Je pensais les hommes moins attachés à ces détails qui racontent aussi l’essentiel d’une vie à deux. Antoine n’est décidément pas comme les autres. Je le savais. C’est lui qui a proposé que nous fêtions chacun de nos anniversaires comme s’il s’agissait d’anniversaires de mariage. Nous ne nous marierons pas mais nous fêtons ce soir nos « noces » de coton. Antoine s’est déguisé en coton-tige. Il est drôle ! J’avais remarqué son humour très vite. C’est cela, aussi, qui m’a séduite. Il me fait toujours autant rire.

Deux ans. Comme cela passe vite. Deux années incroyablement apaisantes. Le temps s’écoule naturellement et simplement à ses côtés. « Noces » de cuir. Le sac de voyage qu’Antoine m’a offert est magnifique. Je les emmène tous les deux, le sac et lui, à New York. Notre premier grand voyage. Mon Dieu, que la vie, que ma vie, est belle !

« Noces » de bois. Notre amour continue de grandir. Il prend tellement de place qu’il ne loge plus dans notre appartement d’étudiants. Nous nous offrons les plans de notre maison, notre foyer. Nous avons choisi ensemble la teinte du bardage. Ensemble aussi nous aménageons l’intérieur et commençons par les deux chambres : notre amour prend tellement de place que nous allons le partager. Je suis heureuse !

« Noces » de laine. Je tricote. Comme ma mère. C’est curieux, j’ai tant fait pour éviter de lui ressembler. Une écharpe pour Antoine, une pour Adrien. Ils sont beaux tous les deux. Adrien ressemble de plus en plus à son père. Il a déjà son sourire espiègle et charmeur. Je tricote aussi pour moi. Un pull. J’ai un peu froid, parfois, le soir. Il arrive à Antoine de rentrer tard, fatigué, trop tard et trop fatigué pour me réchauffer. Il me rassure quand il est là. Je m’inquiète dès qu’il part. Je deviens frileuse.

« Noces » de faïence. Que cet anniversaire est triste. Je ne pleure pas la vaisselle cassée, que je remplacerai, et à laquelle je ne me suis jamais attachée. Je pleure l’amour égaré, le sien qui s’est éteint sans qu’à peine je m’en aperçoive. Je pleure ma nouvelle solitude. Je pleure l’enfance perdue d’Adrien, trop petit pour comprendre, trop petit pour avoir deux maisons. Je pleure cette maison trop grande, trop lourde de tant de souvenirs, de tant de nous.

Premier anniversaire sans lui et je continue de pleurer. Ces anniversaires-là n’ont pas de nom, pourquoi les commémorer ? Je le baptise : un an, poussière. Celle qui s’accumule sur ma vie sans âme, en équilibre précaire, portée par un petit bonhomme d’à peine 5 ans. C’est la poussière que j’enlève quand je trouve la force d’épousseter les beaux souvenirs. Pour les conserver intacts, ne pas les abîmer davantage qu’il ne l’a fait. C’est lui qui les a cassés.

Deux ans de désunion. Abattement, colère, incompréhension, discernement enfin : j’ai découvert un autre Antoine. Je tape du pied, je remonte, je surnage, me redresse. La belle maison de bois est à vendre. Gonflée de la force que m’a communiquée Adrien sans le savoir, je désaime Antoine. Moi aussi, à mon tour, je le quitte. Cet anniversaire, c’est un coup de balai.

Literr'auteurs - Balai et poussière

Elle fouine. Elle farfouille. Elle furète. Elle trifouille. Elle fourrage…
Elle maugrée. Elle bougonne. Elle grognonne. Elle marronne. Elle ronchonne…
Elle prospecte. Elle cherche. Elle scrute. Elle s’informe. Elle sonde. Elle enquête…
Où diable est-il passé ?
Elle remue. Elle déplace. Elle brasse. Elle soulève. Elle secoue…
Elle tousse. Elle s’ébroue. Elle graillonne. Elle éternue…
Où diable est-il caché ?
Il se camoufle. Il se dérobe. Il se dissimule. Il se tapit…
Où diable s’est-il planqué ?
Sous la carpette, sous la moquette, sous le lit…
Où diable s’est-il mussé ?
Derrière la grange, derrière la porte, derrière le fenil, derrière l’étable…
Où diable s’est-il niché ?
Dans le placard, dans la penderie, dans le cagibi…
Où diable s’est-il embusqué ?
Au fond de la tasse, au fond du puits, au fond du seau, au fond du trou…
Où diable s’est-il cloîtré ?
Parmi les capucins, parmi les cisterciens, parmi les augustins…
Dites !
Si vous voyez
Son balai
Rendez-lui !
Elle est allergique
À la poussière !

Où lire Litter'auteurs

Gaëti - Balai et poussière

Emprise

Sorcière, sorcière. Quel sortilège m'as-tu donc lancé ? N'es-tu donc bonne qu'à empoisonner les gens d'un amour qu'ils ne demandent pas ? Pourquoi les mots de ta magie ne sont que charme ou enchantement ? Quel est donc ce pouvoir que l'on t'a conféré et dont je subis les affres ?
Ton nez crochu et les verrues que tu arbores un peu partout, tout est susceptible de m'écœurer chez toi. Tu crois que tes cicatrices béantes trouvent un quelconque écho esthétique en moi mais tu te trompes. Je t'aurais craché à la figure, que pas prince pour deux sous, tu t'en aurais fait de la bave de crapaud. Et je ne parle pas de ton accoutrement. Non mais tu ne ressembles à rien. Tu revêts du noir de la tête jusqu'aux pieds. Il n'y aurait vraiment qu'un corbeau pour tomber amoureux de toi si tu n'usais pas de formules magiques, d'incantations divinatoires et autres élixirs versés en douce. Je ne sais même pas si un jour il a existé une mode pour porter des chapeaux comme le tien. Bien enfoncé sur ta tête qui porte péniblement les cordes noires et séchées qui te servent de cheveux, tu ornes un haut-de-forme qui cherche sa voie entre le sombrero du mariachi et le collier à clous d'un métalleux. J'ai honte quand tu te mets à rire. Ta voix rocailleuse et pincée fait trembler les murs et on regrette en cet instant même d'avoir un sens de l'humour. Tu es à l'image de tes innombrables grimoires qui trônent sur tes différentes étagères : tu prends la poussière. Et bien que tu sembles faire collection de tous les types de balais possibles et imaginables, la pellicule grise sur tes habits s'agrippe et se marie à merveille avec ton teint de cendre. Le temps n'a pas d'emprise sur toi tellement il en a déjà pris jusqu'ici. On pourrait croire que les recettes les plus secrètes sont inscrites sur les moindres parcelles de ton corps mais ce ne sont que des rides ou des varices qui donnent l'illusion. La perception que tu as de la cuisine me laisse pantois aussi. De nos jours, je ne crois pas que préparer la cuisine quotidienne dans un chaudron soit la chose la plus appropriée qui soit.
Mais voilà, je suis bel et bien un corbeau. On n'explique pas certaines choses, pourquoi on est attiré par certaines personnes, pourquoi on les aime alors que tout pourrait laisser penser le contraire. Tu me plais avec ton petit nez crochu et tes verrues, qui ne se voient que si peu. Tes cicatrices, d'ailleurs, seul moi les connais. Ta garde-robe, de toute façon, je compte bien la changer, et puis ce ne sont que des vêtements que je te préfère le plus souvent voir enlever. Quant à ton rire, tes habitudes, tout ça, ne les change pas. Je ne t'aimerais pas autant si tu ne les avais pas.
Sorcière, sorcière. Quand me délivreras-tu de ce mal qui me ronge, de cette malédiction que tu as jetée sur mes épaules ? Pourquoi t'es-tu mise sur mon chemin, pourquoi m'as-tu fait prisonnier de mon propre manoir d'artichaut ?

Où lire Gaëti

Fairywen - Balai et poussière

Grand ménage.

Le balai j’ai passé
Dans mon cerveau enfiévré
La poussière j’ai soulevée,
Et les mauvais souvenirs chassés
Pour une vie nouvelle,
Une vie plus belle
Une vie libérée
Des souffrances oubliées.

Où voir la balayeuse de mauvais souvenirs et où lire mon blog d'auteur

Lorraine - Balai et poussière

Les soirs de pleine lune , chevauchant leur balai, les sorcières des temps modernes sillonnent le ciel avant d’atterrir secrètement. Elles ont abandonné leurs compagnons habituels, le hibou aux grands yeux, le crapaud baveux, l’araignée fileuse d‘ombre . Leur maléfice d’aujourd’hui porte un joli nom : « poussière d’ange ». Ou, si vous voulez, « poudre d’ange ». Ou tout simplement : « poudre ». Vous savez bien, celle qui hallucine, plonge dans l’horreur après avoir plongé dans l’extase, celle qui asservit, détruit, annihile fierté, force, moral, équilibre, résistance, et finit par tuer.

Il est d’autres poussières plus scintillantes, délicates ou inventées, mais tellement réconfortantes ! Même si nous ne le savons pas, nous sommes faits de limon et de poussière d’étoiles, portant en nous à la fois la force et l’étincelle, le courage et le rêve . Selon l’âge et le cœur, certains cultivent la poussière d’illusion, qui séduit mais risque de décevoir ; ou la poussière d’infini, saupoudrant leur destinée d’escalades aventureuses, de frontières franchies, d’exploits insensés mais gagnés.

Il est tant de poussières si l’on veut bien y regarder, et chacun choisit la sienne, en fin de compte. Au magasin des poussières de tous genres, j’ai choisi la poussière d’âme. Elle est minuscule, invisible, si modeste qu’il faut tendre l’oreille pour l’entendre.

Mais elle me tient compagnie et, les soirs de tristesse, sa si douce mélodie me berce. Infiniment.

Où lire Lorraine

Chri - Balai et poussière

Prune funèbre.

Ils sont là, les têtes baissées, presqu’en cercle sous une pluie violente et glacée, une de début Novembre. Ils sont là sur un parking de cimetière, entourés d’immeubles, au cœur pollué d’une banlieue sinistre d’une ville sans âme. Ils sont quatre, ils sortent comme allégés d’un funérarium. L’un allume une cigarette, deux qui peuvent être jumeaux se parlent en douce, l’une, la plus jeune, toute de noir vêtue tient entre ses deux bras une urne funéraire contre laquelle elle semble se réchauffer. L’un, l’ainé sans doute, celui de la clope, dégoulinant de flotte, les épaules trempées, dans un souffle, parlant assez fort pour couvrir le bruit des gouttes sur les capots des voitures :
__ Ah ça on peut pas dire, elle nous aura bien fait chier jusqu’au bout.
__ Un peu de respect quand même fait l’un des deux sans trop y croire.
__ Quoi dis moi que j’ai tort ? Calancher en Novembre alors que ça fait deux ans qu’on attend, elle n’aurait pas pu faire ça en Juin ? Au moins on se les gèle pas, en Juin.
__ Arrête, c’est notre mère malgré tout, tu pourrais… Au moins aujourd’hui…
__ Notre quoi as tu dit ? Notre mère ? Elle ? Ah ça si il y a un truc qu’elle n’a jamais été c’est bien notre mère ! T’as vu où que c’était ça une mère ? Qui t’as élevée, toi ? C’est elle ou c’est moi ? Notre mère ? C’est la meilleure de la journée ! Il faut que je te rappelle tous les soirs de toutes les semaines de tous les mois de toutes ces années où elle foutait le camp, où elle disparaissait dans les valises d’un type de passage et qu’elle nous laissait seuls à nous démerder. Combien de fois elle t’a emmené en vacances, ta soit disant mère ? Combien de fois elle est venue te chercher à l’école ? Combien de goûters t’a-t-elle préparés ? Combien de chansons pour s’endormir elle t’a appris ? Combien de fois es-tu allée quelque part avec elle ? Cette femme là, elle vivait de temps en temps avec nous. Entre deux hommes, entre deux boulots, entre deux amours? Tu te rappelles que notre père en est mort de chagrin ? Tu t’en souviens de ça ? Dis ? Tu sais Prune il y des choses qu’on ne peut pas oublier. La seule chose un peu jolie qu’elle t’ait donnée cette femme là, enfin ce qu’il en reste et que tu tiens dans tes bras, c’est tes yeux verts. Pour le reste tu n’as rien reçu d’elle, pas même ton prénom. Prune c’est moi qui t’a appelé comme ça. Elle, figure-toi qu’elle avait choisi Cindy. Alors, tu vois bien. Je n’exagère pas, je ne dis pas du mal, je ne charge pas la barque, je fais le bilan. Et il n’est pas très jojo le bilan si tu veux mon avis.
Les deux autres qui n’avaient rien dit se sont approchés d’elle, ils ont entouré Prune de leurs bras solides et lui ont soufflé à l’oreille :
__ Il a raison tu sais. C’était pas une bonne mère parce que ce n’était pas une mère. Elle ne nous a rien laissé d’autre que quelques dettes et deux, trois manteaux pourris. Tout ce qu’on possède aujourd’hui c’est à nous que nous le devons, pas à elle.
L’un a essuyé une larme qui venait de naître au coin de l’œil de Prune et puis il a lancé :
__ Bon si on rentrait, maintenant ?
Ils se sont engouffrés dans la bagnole et sont partis sur les chapeaux de roues. Pendant le trajet, ils ont gueulé ensemble sur un truc qui passait à la radio, qu’ils aimaient chanter à tue-tête. Pour une fois ça tombait bien. Et puis, ils ont ri, aussi.
Arrivés chez eux, ils se sont un peu bousculés dans l’entrée et Prune a lâché l’urne qu’elle tenait dans les mains. En tombant, en arrivant au sol, elle s’est ouverte et une bonne partie de la cendre noire s’est répandue sur le lino blanc de l’entrée.
__ Oh merde !
Prune a filé dans la cuisine. Elle est revenue un balai et une pelle à la main.
Alors, l’ainé dans un éclat de rire a lancé :
__ C’est le comble : Elle qui a toujours détesté tout ce qui est ménage, de près ou de loin, finir dans une pelle… En cendres et poussières, brossées par les poils d’un balai. Quelle misère. C’est à pleurer.
Les autres étaient pliés.
Au bout d’un moment d’une petite voix toute ferme, à genoux :
___ Va chercher l’aspi, tu veux, a dit Prune, je m’en sors pas avec la pelle…

Où lire Chri

Jérôme - Balai et poussière

Qui protégera
Mon balai bien-aimé
De la poussière ?

Où lire Jérôme

Jacou - Balai et poussière

Le ménage

Un rai de lumière
Danse du balai
Poussières suspendues

Où lire Jacou

Claudie - Balai et poussière

DANS L’ANTRE DE LA FEE

La fée Célesta ne quittait plus son lit malgré les câlins de Narcisso son chat noir de bonne compagnie. La poussière s’accumulait dans les coins et les canettes vides d’eau de rose pour le teint jonchaient le sol. Car elle voulait être la plus jolie pour son prince. Prince qui en bon Monseigneur en pinçait hélas pour sa rivale la jeune et jolie Luna. Pff… Une fée noctambule qui avait une cervelle d’oiseau.
Célesta se sentait délaissée, esseulée et laide à pleurer. Le nez dans l’oreiller, elle n’entendit pas la porte qui s’ouvrait. C’était Tok le nain, son voisin. Il était bien gentil, pas très beau et ennuyeux avec sa manie de l’ordre et du ménage bien fait.
- Encore au lit, allez debout, il y a des étoiles fougueuses et j’ai un cadeau pour toi.
Il tira sur la courtepointe.
- Qu’est que c’est soupira t-elle d’une voix mourante, outrée de l’outrecuidance du nain bourru.
- Un magnifique balai ?
- Tu sais bien que je voyage plus aux confins du réel puisque mon prince m’a abandonnée pour une…
- Celui là n’est pas magique, il est spécial.
Narcisso s’amusait déjà avec les poils soyeux du jouet de sa maîtresse. Tok le repoussa ce qui ne plut pas à Célesta.
- Je ne tolère pas qu’on bouscule mon chat et je ne vois pas ce qu’il a de spécial ce balai. C’est un véhicule lambda. Toutes les fées en ont un et même cette gredine de Luna qui ne sait pas se conduire convenablement.
- Pour retenir un homme, il faut un foyer chaleureux et le tien excuse-moi, c’est plutôt le bazar.
- Mais je ne te permets pas. Et puis, tu as des idées rétrogrades, il y a belle lurette que les fées ne font plus le ménage. Les baguettes magiques sont la pour çà.
- Un balai, ma chère qui vient de la Silicon Balley, bourré de technologie, tu devrais l’essayer et je te garantie un résultat inespéré.
- C’est bien pour te faire plaisir.
Laisser tomber la baguette pour un manche de balai, ce vieux garçon de Tok était fou, mais c’est vrai que chez lui, tout brillait comme sou neuf.
Célesta prit l’engin en mains, Narcisso se percha au sommet du manche et le balai s’activa. Une envolée de poussière opaque traversa la fenêtre et par miracle masqua la Luna qui devint pâlichonne et disparut des bras du Prince inconstant. Tout marri, ce dernier ne serrait plus que des nuées de vide.
- Tu vois, ma belle que le vieux Tok a plus d’un tour dans son sac. Je ne lui donne pas la fin de la nuit pour revenir près de toi.
Et s’il disait vrai, ce nain disgracieux mais bienveillant. Célesta euphorique, plaqua deux baisers sonores sur les joues rugueuses de son ami qui rougit jusqu’à la racine des cheveux et s’enfuit le cœur tirebouchonné d’un amour impossible.
Au matin, le Prince Monseigneur tomba de la cheminée un paquet de croissants de lune à la main à la grande joie de Célesta.
Depuis Narcisso, le frivole, heureux comme prince qui rentre à la maison, danse comme un possédé avec l’engin magique sur des airs de Spandau Ballet.