Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
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jeudi 24 avril 2014

Commentaires modérés

Vous avez peut-être vu apparaître sur le site des Impromptus durant ces derniers jours un certain nombre de commentaires malveillants.
Nous les avons supprimés à chaque fois qu'ils surgissaient, mais nous ne pouvons pas assurer une permanente vigilance et ne souhaitons pas que cette pollution s'installe.
Nous avons décidé pour le moment de "modérer les commentaires" qui ne seront mis en ligne qu'après avoir été lus par un administrateur.
Nous allons tacher de consulter régulièrement vos commentaires afin qu'ils puissent être publiés le plus rapidement possible sur le site !
Ne cessez donc pas de commenter les textes que vous aurez lus, et nous aurons à cœur de libérer votre parole :)

Nous espérons votre compréhension et votre soutien par rapport à ce problème bien désagréable.
Agaagla, Arpenteur d'étoiles, Cacoune, Fairywen, Ondine, Tisseuse, et Vegas sur Sarthe

Nota Bene :
Le site subit toujours l'attaque régulière de commentaires néfastes à la bonne harmonie que nous souhaitons continuer à y faire vivre.
Nous faisons ce que nous pouvons pour "séparer le bon grain de l'ivraie", mais si toutefois un de vos commentaires n'étaient pas mis en ligne n'hésitez pas à nous en faire part via la boite mail.

Claudie - Ne te découvre pas d'un fil

JOUR DE MARCHE

Elle avance à pas circonspects, son cabas de toile cirée bien serré contre elle. Son manteau de laine légère ne la protège pas du froid. Elle a pourtant glissé autour du cou, une écharpe de soie délavée. Ses mains sont bleues de froid. Des mains de mendiante, celles de la misère nue qu’elle tente de cacher dans les poches de son manteau.
On la connaît peu. On hoche la tête, elle fait pitié. On se demande pourquoi ses enfants ne s’occupent pas d’elle puis on l’oublie, on a mieux à faire. Elle est apparue dans le quartier au début de l’hiver. Personne ne sait d’où elle vient ni pourquoi elle se trouve dans une telle panade. Elle vit avec quantité de chats à ce qu’il paraît. Des félins aussi abandonnés et pelés qu’elle.
Elle ramasse les légumes à la fin du marché. Les forains compatissants lui laissent parfois des cageots pleins et le boucher lui donne du mou pour ses chats et peut-être pour elle.
Son regard coule avidement sur les vêtements exposés au vent. Les blousons épais, les jupes en droguet, les chemises de coton chaud l’interpellent. Elle demande si elle peut essayer. Le commerçant lui conseille de passer son chemin. Il n’a pas de temps à perdre. La petite dame s’insurge et sort de ses poches un porte-monnaie rembourré qui une fois ouvert laisse échapper des pièces rutilantes. L’homme la dévisage bouche-bée mais sa cliente, les yeux pétillants de malice, ne lui donnera pas la clé du mystère. Toute heureuse de son bon coup, elle trottine avec un manteau neuf sur le dos et de bonnes mitaines. Aujourd’hui est vraiment un jour exceptionnel !

mercredi 23 avril 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Ne te découvre pas d'un fil

LE GONE (texte long ...)

- Depuis le gros caillou, vous allez jusqu’à la rue Diderot, puis vous prenez par la traboule de la Cour des Voraces jusqu’aux Tables Claudiennes. A la sortie, je suis là, juste à droite.
J’avais suivi scrupuleusement les indications et frappais à une porte en bois marron à l’aide d’un vieux heurtoir en fer rouillé. Une plaque en cuivre vert de grisé indiquait sobrement "Atelier G.Cochard". Des pas traînants, puis le battant qui s’entrouvre. Une forme s’efface dans l’ombre fraîche de l’allée.
- Montez les degrés devant vous fit la voix frêle ; je vous suis à mon rythme, va ! C’est au troisième. La porte de l’atelier est restée ouverte.

Je pénétrais dans un grand local éclairé par deux immenses fenêtres sans volet. Un impossible fatras de rouleaux de papier, de cartons perforés, d’outils de toute sorte la remplissait jusqu’à la gorge. Une vieille banque en bois occupait le centre et deux gros meubles à multiples tiroirs, le fond. Les murs étaient couverts de dessins dûment numérotés. Je respirais une odeur de cire et de graisse, mêlée à celle très spéciale de la soie. Peu après la voix entrait à son tour. Je me retournais pour découvrir un vieux bonhomme petit et maigre, flottant dans un bleu de travail élimé et comme ciré par l’usage, un béret noir vissé sur la tête. Des lunettes rondes aux branches tordues lui donnait un air un peu fou, mais les yeux pétillaient de malice. Il me regardait par en dessous, le visage légèrement incliné de côté, en mâchonnant une gitane maïs maintes fois éteintes et rallumées.

- Alors c’est vous le curieux, l’ingénieur, demanda-t-il en appuyant sur le dernier mot d’un petit rire. Vous voulez voir la bête, c’est ça, hein ? Ah, y en plus beaucoup comme celui là, vous savez. Il a bien plus de cent ans … presque mon âge rajouta-t-il avec un clin d’œil complice.
Je ne savais trop quoi répondre et lui emboîtais le pas vers une autre pièce un peu plus sombre.

- Voilà ! Dit-il ponctuant avec un large mouvement du bras. Voilà le rescapé du temps qui passe.
Dans une quasi pénombre trouée par deux lampes l’éclairant, IL était là, échassier de bois luisant surmonté par une mécanique complexe. Il semblait dormir.
- J’vais vous le montrer au travail.
Le bonhomme s’installa devant la façure, fit jouer deux ou trois fois le peigne, appuya sur la pédale pour libérer les fils, lança la navette et commença à tisser. Les cartons perforés se mirent à tourner. Les fils de chaînes entraînés par la mécanique montaient et descendaient, reliés aux aiguilles tombant dans les trous des cartons. Le claquement sec de la navette, le bruit du peigne venant tasser la dernière trame insérée, le cliquettement des aiguilles, le sifflement sporadique de la courroie et le tissu qui avançait doucement. Malgré son extrême application, je sentais la passion et le bonheur du vieux canut. Il s’arrêta après quelques minutes.

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Lorraine - Ne te découvre pas d'un fil

NE TE DECOUVRE PAS D’UN FIL

Quand le cygne alangui s’endort au bord de l’eau
Sublimant un instant la journée finissante
Sa robe éclaboussée d’une douceur glissante
De soie et de brocart effleure les roseaux

L’aube réveillera la moire blanche et douce
Du beau navigateur paisible de l’étang
Le soleil lui fera un col de satin blanc
Quand il abordera la rive et la pelouse

Ses ailes qu’il étend s’emperlent de rosée
Solitaire et hautain il va dans l’existence
Semblable à la nacelle dont il a l’élégance
Sur l’onde où lentement il se laisse bercer.

Chri - Ne te découvre pas d'un fil

Pas d’un Phil.

C’est quand l’adjoint au maire a demandé si quelqu’un voulait s’opposer à ce mariage que tout est parti de travers.
Pourtant, la température était douce en ce début de printemps dans la banlieue de Nashville, Tennessee. Ils avaient annoncé de la pluie mais seulement pour la fin de journée, le midi de cette fin de semaine devrait être épargné, et donc la cérémonie aussi…
___ Tu vas pas mettre ça ?
___ J’v’ais m’géner.
___ Dites, tous les deux, vous n’allez pas commencer ? Je vous préviens qu’aujourd’hui je ne veux pas vous entendre, je ne supporterais aucune bisbille, aucun accroc, aucune engueulade, il va falloir que vous y mettiez du vôtre, les jumeaux. Aujourd’hui c’est MA journée et vous n’avez pas intérêt à me la gâcher. Je vous en voudrais à mort, alors vous allez prendre sur vous mes chéris.
___ T’inquiète M’an je ne laisserais pas faire ce crétin.
La tartine gorgée de sucre comme un B52 bourré de myrtille a volé gentiment dans la cuisine, a été esquivée par le visé et a fini sa course écrabouillée contre le blanc à côté du frigo. Elle a ensuite lentement dégouliné le long du mur en laissant une trace d’un mauve profond jusqu’au carrelage du sol.
La tension de l’ambiance qui était déjà sévère depuis une belle semaine avait encore franchi un cran ce matin. Il faut dire que nous étions enfin au jour h. C’est en effet aujourd’hui que Mary-Ann, la mère des deux jumeaux allait se marier pour la sixième fois. Il y a quelques mois, alors que tout allait bien, jusque là dans sa vie, elle avait rencontré Pablo et en était tombée, sur le champ raide amoureuse… comme à chaque fois. En quelques mois, elle avait pris ses garçons sous les bras, elle avait quitté sa vie d’avant, elle avait déménagé et s’était installée avec Pablo, chez Pablo qui ne demandait pas mieux et, dans la foulée avait fait le nécessaire pour se marier. Grande amoureuse Mary-Ann, il fallait que les choses aillent vite. Pour elle, les pages se tournaient à vitesse grand V.
La petite mairie était bondée. Il y avait là tous les amis de Pablo et ceux de Mary-Ann et même quelques uns de ses ex maris. Tout ce beau monde s’était mis sur son trente et un et la salle des mariages ressemblait à l’intérieur d’une boite de quality street. C’était à celle qui avait les plus beaux frous-frous. L’organza saumon de synthèse avait été découpé au kilomètre. Les sourires illuminaient les visages. Puis le silence s’est fait quand le maire est entré dans la salle.
Et c’est quand son adjoint a demandé si quelqu’un souhaitait s’y opposer que c’est parti de travers. Après la question, dans le silence lourd, vers le fond de la salle une voix a lancé :
___ Moi, je m’y oppose.
Tous les visages se sont tournés vers l’endroit d’où était sorti cette phrase.
Un type, la cinquantaine élégante. Comme Pablo, Mary-Ann s’est tournée vers lui les yeux grands ouverts et la bouche, aussi. Il s’est approché d’elle en fendant les bonbons anglais. Elle l’a reconnu de suite bien qu’elle ne l’ait plus vu depuis une paire d’années et qu’il soit barbu comme un pêcheur de baleine.
___ Je suis encore son mari a-t-il balancé. Son troisième, Phil Barnett. Dans son désir de tourner les pages, Mary-Ann devait en avoir oublié quelques unes…
La cérémonie s’est arrêtée là. La fête aussi. Tous les bonbons roses sont rentrés dans leurs boites. Pour le peu qui est resté, la fin de journée a été un véritable cauchemar…
Un vieil oncle toujours saoul a marmonné dans sa barbe tout l’après-midi :
___ A Nashville, ne te découvre pas un Phil…

lire et voir Chri

Tim - Ne te découvre pas d'un fil

Fils tendus

Alors, frangin, t’en es ? Une occasion pareille, pas sûr qu’elle se représente. Tu voulais en découdre, je te sers le bas de laine sur un plateau. D’habitude, il est toujours planqué, ou elle dort dessus. Là non, il est bien visible, posé à côté d’elle sur la table basse, comme offert. C’est le moment. Eh quoi ? T’as peur maintenant ? Depuis le temps que tu me tannes pour monter ce coup avec moi. Et tu te dégonfles... Mais puisque je te dis que c’est du velours ! La vieille dort et quand elle a picolé comme ça, je peux te garantir qu’elle a le sommeil profond, tu le sais bien en plus. Je me demande pourquoi j’ai besoin d’insister. Je te le redis : on rentre, on prend, on ressort. Le tour est joué. Elle verra rien ! Comment veux-tu qu’elle se rappelle de quoi que ce soit et nous soupçonne ? Pour ça, faudrait qu’elle se souvienne que… Allez, bouge-toi, quoi, arrête de te draper dans cette espèce de lâche dignité. Si, t’es lâche, t’as les foies, t’as jamais été très courageux. Comme si, en plus, d’un seul coup les grands principes te rattrapaient. Mais puisque je te répète que c’est pas vraiment malhonnête. Tu sais comment elle la gagne sa maille, non ? Ben alors ? T’en rêves, de lui piquer son oseille, et à peine on commence à en parler, on n’est pas encore entrés, je te vois tout tremblotant, les jambes cotonneuses. De toute façon, c’était cousu de fil blanc. Que tu laisserais tomber, que tu te défilerais. T’as toujours retourné ta veste. Allez laisse-moi, Serge, tu me fatigues. T’as pas l’étoffe. Je vais le vider tout seul le porte-monnaie de maman.

mardi 22 avril 2014

Wanou le Fou - Ne te découvre pas d'un fil

Fil dans ta chambre !

De la laine marine somptueusement lissée,
Immobile gabardine accrochée dans l’entrée.
Fil à fil tressé dans un coin du sofa,
Boléro volé à la parure de ses bras.
Un drapé de polyester et guipure de viscose,
Robe coulée à terre, la pesanteur est en cause.
Entrée de chambre, polyamide et élasthanne,
Abeilles d’ambre sur guêpière sans courtisane.
La sensuelle envolée montre son dernier vestige,
Culotte brodée aux dorures de prestige.
Calme comme le matin, le silence, elle dort
Sur draps de satin, elle ne sait pas encore.
Car la douce endormie et sourire aux lèvres,
Ignore l’amant parti, prompt comme un jeune lièvre …

Moralité :
Saches qu’en Avril et même en tout mois
Sur toi tous les fils, méfiante tu garderas,
Si un galant viril, un soir tu croises là,
Et qu’au premier retour, malin t’emboîte le pas.

lundi 21 avril 2014

Tisseuse - Ne te découvre pas d'un fil

Sur une aile de Soi
Je frissonne et je vois
Le désir aux abois
Qui parcourt ma peau

Lorsque enveloppée
Des plus belles mélopées
Je me drape d’effets
Syncopés

J’étreins alors la plume des fées
Pour inviter les mots à danser
Dans une belle énergie créée
Juste les chorégraphier

Afin de faire vivre en soie
Un tissu d’émoi
Se lover dans une étoffe de joie
Et ne pas rester de bois

Vegas sur sarthe - Ne te découvre pas d'un fil

Fer chaud et pattemouille

Elle avait habillé d'un tissu de mensonges
son conte biscornu et cousu de fils blancs
en guise de peignoir une serviette-éponge
qui peinait à cacher un sein des plus troublants.

De tout son boniment je n'ai pas cru un mot
d'autant qu'un pied fourchu entrebâillait ma porte
j'étais là, condamné à croquer le marmot
et je pestais déjà “que le Diable l'emporte”

Mais ma folle harpie tenait à en découdre
sitôt se faufilant aux coussins moleskine
et je fus bâillonné d'une langue coquine
au velours entêtant à déclencher la foudre.

Des trésors satinés ondulaient sous mes mains
projetaient leurs contours sur la toile de Jouy
je voulus m'échapper mais en un tournemain
je fus ensorcelé, m'entendis dire Oui

Elle criait “Prends-moi”, j'implorais Saint Erasme
Adieu complet veston, caleçon de flanelle
elle semblait ne pas faire dans la dentelle
car c'est sans moi qu'elle eut un tout premier orgasme!

Elle était le fer chaud et moi la pattemouille
j'ai mordu aux boutons rosés et opaline
pénétré son bijou ourlé de zibeline
c'est là que le carrosse est devenu citrouille...

Où filer Vegas sur sarthe

Fairywen - Ne te découvre pas d'un fil

Rêve de fils.

Fil de soie
Sur mon doigt
Fil de lin
Sur ma main
Fil de coton
Sur mon menton
Fil de laine
Sur mon aine
Fil de la vie
Qui les unit
Au fil de l’eau
Sur un radeau
De fils tissés
Et d’étoffes mêlées
Dans mon rêve éveillé.

Où voir fils et étoffes

Petite Plume - Ne te découvre pas d'un fil

MISE A NUE

Entrouvrez la porte de mon armoire et vous serez surpris
Non vous ne rêvez pas, des robes, des robes et encore des robes
Audacieuses, sophistiquées, classiques, brillantes
Voluptueuses, décontractées, glamour, vintage
Rouges, noires, blanches, bleues
Il y en a pour toutes les saisons et toutes les occasions
Les compter, j’ai abandonné. Vous pouvez essayer!
Ne refermez pas la porte, vous allez découvrir d’autres trésors
Ecartez bien vos yeux. Levez la tête. Voilà, vous y êtes
Tee-shirts ? Non non pas les tee-shirts
Et oui…surprenant n’est-ce-pas ?
Des lacets, des lacets et encore…des corsets !
Exaltants, envoûtants, enivrants, excitants
Classiques, underbust, gothiques, Edouardien
Oh je sais ce que vous pensez. On doit étouffer là-dedans !
Une fois lacés fortement, oui…ça écrase les poumons !
Vous voulez en essayer un ? Non ?
Refermez cette porte de mon armoire et ouvrez l’autre côté
Et non…ce n’est pas fini!
Pyjamas, des pyjamas et encore des pyjamas!
Attention, pas des vulgaires pyjamas cotonneux!
Soie sauvage, satin, velours, lin
Demain je vous ouvrirai les tiroirs de ma commode
Une caverne d’Ali baba remplie de trésors insoupçonnables. Mais...
Ne m’avez-vous pas dit de ne pas me découvrir…d’un fil ?

Semaine du 21 avril au 27 avril 2014

"Le proverbe nous dit : "en avril ne te découvre pas d'un fil !".
Mais de quel fil êtes-vous couvert, ou de quelle étoffe êtes-vous vêtu ?
Qu'il soit de coton, de laine, de lin, ou de soie, ou de toutes autres matières pouvant devenir vêtement, dites-nous quel est votre style (ou celui du personnage de votre choix), au propre, comme au figuré.
Que votre texte soit en prose ou en vers, vous devrez obligatoirement employer au moins Une référence spécifique de type de fil ou de tissu (à faire apparaître en gras dans votre texte), et vous nous le ferez parvenir à l'adresse habituelle impromptuslitteraires(at)gmail.com avant dimanche 27 avril minuit.

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Nous vous rappelons aussi que vous pouvez consulter la page Facebook des Impromptus. N'hésitez surtout pas à y mettre votre grain de sel et votre créativité ! Remarques, suggestions, photos, etc...sont les bienvenus :)

dimanche 20 avril 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Chocolat

Gourmandises

Juste réveillé. Couché sur le côté droit, le bras glissé sous l’oreiller, je reste immobile. Les yeux fermés. Je devine la fenêtre entrouverte dans la tiédeur de ce matin d’été. Le rideau qui danse, doucement agité par une brise légère. Ne pas bouger, simplement ressentir. Je sais en bas du lit, juste à côté ton chemisier de soie. Si je laissais aller ma main au bord, je pourrais le toucher. Un peu plus loin, à peine, un escarpin, puis un autre. Ne pas bouger, simplement ressentir. Je perçois, les yeux clos, le rai de soleil filtré par la persienne, qui commence son voyage. Il est déjà sur la lame de parquet un peu plus rouge que les autres. Il va accoster sur le bois du lit, comme contre un quai les grands voiliers s’avancent.
Je vais ouvrir les yeux. Maintenant. Il colore d’ambre et l’or ta peau nue. Il promène ses doigts immatériels sur tes hanches. Je le regarde dessiner ma carte du Tendre, vallée, collines, ombres secrètes. Il remonte vers ton visage. Ne pas bouger encore, te dévorer du regard et attendre son passage sur tes paupières qui frémissent déjà. Tu soupires et t’étires un peu. Comme un oiseau qui ouvre les ailes, tu as ouvert les yeux, un instant éblouie par la traversée fugace. Nos regards se croisent.
- Tu ne dors plus ?
- Je te regardais dormir. C’est encore mieux que rêver.
Tu souris et murmures :
- J’ai envie de chocolat.

Manoudanslaforêt - Chocolat

Chocolat de Noël
met éternel

Chocolat de Pâques
que dépose cloches ou lapins

Chocolat cadeau
pour une quelconque occasion

Chocolat gâteau
pour le dîner du dimanche

Chocolat consolation
pour les gros ou petits chagrins

Chocolat dégustation
pour le plaisir
A tout âge, à tout moment de la vie !

vendredi 18 avril 2014

Tiniak - Chocolat

GOURMANDS DISENT

Tel un vent mollissant sur la mer obstinée
un murmure enfle des rochers
gourmande
quelque vaine et seule demande

L'éclat, subit, inattendu
d'un franc soleil au ventre plein
déchirant l'ombre, son chemin
pointe la voie ouverte aux nues
jusqu'au lent demain, son trésor

Pour ce que nous fumes d'abord
allez ! un chant ! et une danse !
la folie pour son élégance !
Oh, tourne avec moi, fol amour
Que s'égaillent les alentours !

Le temps reste à son triste sort
Voilà, viens prendre ce couteau
Ensemble taillons ce gâteau
et gavons des parois anciennes
les failles - pouah ! trop trop vilaines

Oui, pour ce qu'à présent nous sommes
à l'autre champ son autre dense
le vent tire sa révérence
et plisse ta chemise pomme

Là, sous l'horizon ivre d'or
tes mains gantées de papier bougent
comme une friandise rouge
avec au centre un mol espoir
si fondant qu'un chocolat noir

Où lire Tiniak

jeudi 17 avril 2014

Wanou le Fou - Chocolat

CHOCOLALPHABET

Aztèques, ils le cultivaient avant l’invasion des soldats métèques
Baie, d’où l’on extrait les germes sources de bienfaits
Criollos, variété rare et parfumée au sommet du négoce
Délicieux, qualificatif courant pour l’antiquement nommé « Nectar des Dieux »
Excitant, propriété connue rendant le tempérament chantant
Fève, petite graine que la torréfaction transforme en rêve
Ganache, ce mariage avec la crème ne manque pas de panache
Helvétique, cette réputation de spécialistes n’est-elle pas touristique ?
Impérissable, sa constance au fil du temps en fait un met inclassable
J’adore !, exclamation sans équivoque accompagnée de « moi d’abord ! »
Kinder, depuis de longues années, des enfants fait le bonheur
Lait, association gourmande, qui des âmes panse les plaies
Moral, assurément il en est le remonteur génial
Nougatine, souvent à l’intérieur se cache cette délicieuse coquine
Œufs, sont prétextes en avril, de cache-cache et de jeux
Praline, enveloppée dans ses bras, la robe craquante et divine
Quenottes, peintes dans la bouche des gourmands aux grimaces rigolotes
Raffiné, pour amateurs avertis, résultats de sélections affinées
Sade, pour le marquis, il est aphrodisiaque envoûteur de naïades
Théobromine, substance chimique révélatrice de bonnes mines
Universel, en tous lieux et entre toutes les dents il crée l’étincelle
Vertus, autant que de saveurs exquises on lui en attribut
Willy, et Wonka Industry n’ont pas de plus grand fan que Charlie
X
Y
Zut je l’ai tout mangé !

JohnnyTchipo - Chocolat

Tentation

La maison était vide, sombre et silencieuse. Je n’avais pas trouvé la force d’allumer tout l’éclairage de la maison ce soir-là, seules quelques lampes dans le salon et la télévision me suffisaient pour regarder le film qui me ferait oublier mes peines. Je me retrouvais alors seule, dans le couloir menant dans cette salle baignée dans les ténèbres qui me faisait face. Figée, je ne pouvais me décider à faire le moindre pas sachant ce qui s’y trouvait. La porte était grande ouverte et je pouvais à peine percevoir quelques éléments de la pièce qui se dessinaient dans l’ombre au fur et à mesure que mes yeux s’habituaient à l’obscurité, mais pas lui. Lui, était dans cette pièce, j’en étais plus que certaine, mais je ne le voyais pas.

J’entendis la télévision qui annonçait le début du film. J’avançais alors, sceptique, m’engouffrant dans l’obscurité.
Cherchant à tâtons l’interrupteur, je scrutais l’intérieur de la pièce. Je n’y voyais presque rien et lui, toujours pas.
L’interrupteur n’était pas du côté du mur où je le cherchais, mais mes pensées étaient focalisées sur lui. C’est lui que je cherche. Je savais que j’aurais dû faire demi-tour depuis bien longtemps et appeler quelqu’un pour venir m’épauler.

Le générique du film avait commencé. J’abandonnais alors l’idée d’éclairer la pièce et j’avançai rapidement à l’intérieur. Je savais très bien où il se cachait. J’ouvris d’un geste brusque la seule porte qui me séparait de lui. Une faible lumière surgit alors des ténèbres n’éclairant que lui et moi. Face à face, enfin, je tendis une main vers lui, lentement, le regard fixé sur lui tout en murmurant « A nous deux… », le sourire au coin des lèvres.
Je sortis alors le pot de glace au chocolat du congélateur, pris une grosse cuillère dans le tiroir et filai m’affaler sur le canapé, juste à temps pour le début du film.

Quoi de mieux qu’une glace au chocolat devant la télé, après un chagrin d’amour ?

Poupoune - Chocolat

Il n’arrêtait pas de m’offrir du chocolat.
Je n’ai pas vu le mal tout de suite.
C’est vrai que mes copines, celles qui semblaient tellement épanouies dans leur couple, recevaient plutôt des fleurs ou des dessous affriolants, mais moi, c’était invariablement du chocolat. Selon l’occasion et la saison, ça allait de la simple tablette au Père Noël grandeur nature en passant par les lapins et autres ballotins, mais c’était toujours du chocolat. Ce que j’ai eu qui ressemblait le plus à un bouquet, c’était une belle rose en chocolat blanc, avec des feuilles en pâte d’amande et des épines en nougatine. Quant aux dessous… je préfère ne pas reparler de ce string léopard – chocolat blanc tacheté de chocolat noir et lait, très raffiné – que j’ai mangé moi-même, un soir, seule devant la télé.
C’est vrai qu’il a commencé à m’offrir tout ce chocolat à peu près à la période où j’ai eu le sentiment qu’il s’éloignait… mais comme avant, il ne m’offrait rien, j’ai d’abord pris ça pour une volonté de se montrer aimant et attentionné, malgré le léger malaise qui s’installait entre nous. Et puis c’est pas comme si j’avais pas été gourmande, hein ! C’est que je le mangeais, son chocolat, moi ! Et avec plaisir, encore… il savait choisir et il ne regardait pas à la dépense.
J’ai mis un peu de temps à me rendre compte que ses cadeaux gagnaient en fréquence, en poids et en originalité à mesure que le temps qu’il passait avec moi diminuait, mais le jour où il m’a annoncé qu’il devait annuler notre week-end à Venise juste après m’avoir offert une gondole en chocolat, j’ai su que notre couple battait de l’aile.

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AOC - Chocolat

Production intensive

Pour votre anniversaire, venez profiter du merveilleux cadeau qui vous est offert par un de vos proches !
Un massage au chocolat
Notre institut vous réserve un accueil chaleureux à la date qui vous semblera la meilleure...

Au chocolat ? Je veux bien avoir un âge vénérable, mais de là à me transformer en Dame Tartine, il y a un pas...
D'accord j'adore le chocolat, mais je préfère m'en régaler disons plus classiquement. Si certains aiment le thon au chocolat, ce n'est pas mon cas !
Bref, le joli cadeau en poche, me voilà partie négocier une date et... une option.
Charmante, l’hôtesse me rassure et me propose le Massage Surprise qui répond au doux nom de... 4M ! ( Heureusement qu'ils sont 4, j'aurais pu craindre de me retrouver scotchée sur place). Par contre, pas question qu'elle ne lâche le moindre indice sur la teneur des hostilités si ce n'est que la valeur était équivalente et qu'il n'y avait PAS de cacao.

La pièce dans laquelle la jeune femme me fait entrer quelques jours plus tard, est éclairée par une douce lumière et le parfum subtil qui y règne comble mon besoin de simplicité. Je m'installe confiante et déjà souriante à l'idée du bien-être qui m'attend.
Les mains qui se posent sur mes épaules sont chaudes, douces et fermes à la fois. Elles suivent la forme arrondie, longent les bras, remontent puis descendent le long de la colonne, remontent les flancs... Une fois, deux fois... C'est à la troisième fois que tout se complique soudain.

Les mains, dont j'avais apprécié la fermeté, se sont allégées et... dédoublées... et là, je sens bien qu'il y en a une paire plus large que l'autre, plus puissante.
Diantre, pour une surprise ! Je sens une légère décharge d'adrénaline prendre mes artères pour une autoroute qui se transformerait en chemin vicinal, en même temps que deux voix rassurantes et souriantes m'assurent que Tout va bien, détendez vous...
Tu parles Charles ! J'aurais bien besoin d'un bain de chocolat, moi, messieurs-dames...
Toujours est-il que j'ai laissé faire, à deux contre un...
Et j'ai bien fait ! Passé le moment de panique et celui du contrôle, j'ai fini par ne plus savoir quelles étaient mes limites corporelles simplement parce que le cerveau ne pouvait plus suivre les mains qui le définissaient. Je me suis retrouvée comme un loukoum sérotoni-dopaminé avec un zeste d'aussitôt si née.
Les quatre, au bout de quelques minutes, se sont rejointes et le massage a continué avec son cortège de friandises : lent, rapide ; léger, profond ; dissipant les tensions et apaisant je ne sais quel nœud mental par je ne sais quelle magie.
Quand je suis sortie de là, un peu à l'ouest quand même, j'ai eu la sensation de n'avoir pas du tout été chocolat sur ce coup !

mercredi 16 avril 2014

Tisseuse - Chocolat

Chocolat, ami de toujours, est cependant un des premiers mots qui a joué à ma fille un bien mauvais tour à l’école. Et qui lui a valu (avec une quinzaine d’autres mots, comme « crevette ») un zéro en dictée dans ses premiers mois de CP !
C’est pourtant si facile d’oublier que chocolat prend un « t » à la fin (enfin, pour ma part je le préfère avec un bon Mas Amiel) !
Ce fut le seul zéro je crois bien de sa scolarité, car tout ce rouge, rayant des mots qu’elle connaissait si bien, lui a créé un tel stress qu’elle s’est toujours efforcée de manger les œufs en chocolat, mais par-dessus tout d’éviter les zéros à l’école…leur forme est pourtant si ressemblante…

Il s’avère en fait que la consigne n’était pas très claire, et que nous pensions qu’il fallait qu’elle sache identifier les mots, et les reconnaitre dans l’exercice d’écoute, mais qu’il n’était pas demandé aux enfants de savoir parfaitement les orthographier.
Je pense que je n’ai jamais vu mon enfant si déconfite, convaincue d’avoir déçue sa si jolie maîtresse, au point que cette dernière ait cru bon de tout rayer ainsi. « Maman, m’avait-elle dit le jour de la rentrée scolaire, tu as vu comme ma maîtresse est belle, et en plus elle a des tongs aux pieds !».
Or, ce jour-là, pour elle, à 6 ans et 2 mois, c’est comme si le monde s’écroulait, comme un mauvais soufflé chocolaté.
Et pourtant, ma fille connaissait déjà si bien le chocolat, tant par son nom que par la saveur et l’odeur qu’il recouvre. Toute sa famille étant amateur de bon chocolat, elle en avait déjà apprécié la force envoûtante bien au chaud dans mon ventre. Puis ensuite, elle en avait dégusté sous toutes ces formes, pourvu bien entendu qu’il soit noir et raffiné !
Il fallait voir sa joie à Pâques devant les poules, poissons, et autres animaux cacaotés qui étaient autant de surprises des yeux que des papilles. Sans parler des gâteaux d'anniversaire, et bûches, truffes et orangettes de Noël !
Et il en est encore ainsi aujourd’hui. Cette année, pour Pâques, l’animal chocolaté garni est …
Surprise !
:o)))

Pascal - Chocolat

Twix

Cette année-là, j’avais ma pitchounette à Pâques. Favorable, le calendrier du « un week-end sur deux » m’autorisait sa présence lumineuse et j’étais tout content de lui préparer la surprise des Cloches Généreuses. Tout devait être grandiose, mémorable, unique, dans ses yeux ébahis, ceux remplis de convoitise, pendant la découverte du jardin décoré de friandises !... Elle allait être mon petit chaperon rouge pendant ses découvertes au jardin.

Pour préparer ces Fêtes Pascales, je n’avais pas regardé à la dépense, je lui avais même trouvé une magnifique sucette musicale ! J’avais tout commandé chez un maître chocolatier de Valence ! Oui, celui qui a pignon sur rue avec ses rivières de chocolat noir ; on peut dire qu’il est toujours en crue, tant débordent tous ses présentoirs !... La note était astronomique mais j’avais fondu devant la qualité de ses travaux « cacaotiques »…

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mardi 15 avril 2014

Toncrate - Chocolat

Chocolat blanc, chocolat noir,
ballotin, carré ou praline
à suçoter with Marilyn
ce n’est pas superfétatoire !

Les fèves de la cabosse
torréfiées et bien préparées
donnent un goût inespéré
aux pommes de fée Carabosse !

Sous les tropiques pique pique
poussent les cacaoyers
chantent toujours les yéyés :
"Dominique nique nique !"…

My groβmutter fait du vélo
ma tantie danse la rumba
pendant ce temps l’oncle Pablo
fait du cacao à Cuba !
— du cacao à Cuba ?
— du cacao à Cuba !

Mabata - Chocolat

Fontaine quand tu nous tiens…

-Salut !
-Bonjour, ça va ?
-Oui. Dis, pour quoi t’es pas venu à la fête d’anniversaire de Lucas la semaine dernière, c’était dément.
-Ben j’ai pas pu.
-Pourquoi ?
-Oh, c’est une longue histoire sans intérêt. Mais j’ai su que vous étiez nombreux…
-On était pratiquement tous là, sauf toi. Alors c’est Marc qui a fait le DJ. Bof, pas mal, mais ça ne te valait pas. Mais là où on a rigolé, c’était avec la fontaine de chocolat. Il ne s’est pas foutu de nous Lucas. Sa fontaine elle faisait presque 1 m de haut ! Et il y avait des brochettes de chamallow, de fruits, de brioche… On s’est tous jetés dessus comme des malades. Il y a eu bousculade.
-Et c’était bon ?
-Pour ça, oui, c’était bon. Mais au bout d’un moment c’était un peu écœurant. Et puis… Emilie a glissé, et la brochette de fruits qu’elle venait juste d’enduire de chocolat a giclé sur Bastien. La surprise passée, il a attrapé une brochette de chamallow, l’a longuement passée sous la fontaine, puis l’a balancé sur Emilie. Et à partir de là, ça a dégénéré. Tout le monde voulait badigeonner tout le monde. Pire qu’une partie de paint-ball. Lucas hurlait comme un fou : « Arrêtez, non mais arrêtez, vous êtes cinglés !!! ». En fait on s’est arrêtés quand les voisins sont arrivés… Heureusement qu’on était dans le jardin, parce que, quand même, on a foutu un sacré bazar… Il y avait du chocolat partout. On a été obligés de tout nettoyer ! Et crois-moi si tu veux, aujourd’hui j’ai encore l’impression de sentir le chocolat….

Claudie - Chocolat

CANCANS ET FALBALAS

- Elles m’énervent celles- là !
- Ouais tu as raison, ce sont les chouchoutes.
- Des chochottes à la cervelle de piaf !
- Et l’autre emplumé de coq qui n’arrête pas de leur tourner autour.
- Mais vous n’avez encore rien vu, les filles. Rapprochez vous, je ne voudrais pas qu’elles nous entendent.
- Nooon ! C’est une blague.
- Notre maître leur a préparé un lit de paille dorée avec plein de rubans et de falbalas.
- Des rubans, je vous jure. M’étonne pas qu’elles gonflent du jabot.
- Moi, je m’en moque car je suis appelée à un grand destin. Un jour je brasserais de l’or.
- Hi hi, tu veux dire de la bière !
- Mais non idiote, jolie comme je suis, je deviendrais une poulette de luxe.
- Hum, une vie de misère pour finir entre les pattes d’un vieux coq plein aux as, je ne t’envie pas du tout, ni toi, ni ton plumage sans rapport avec ton ramage.
- Je suis belle, je suis rousse et je t’…
- Mais arrêtez donc de vous chamailler. Le voilà. Demain c’est le grand jour. D’ailleurs on n’entend plus les cloches, le curé a dit qu’elles s’étaient barrées à Rome pour sonner le réveil du pape.
- Le curé, encore un illuminé. A propos de lumière, les filles, vous avez remarqué le printemps.
- Surtout les pousses tendres et ce brouet marron à l’odeur indéfinissable dont le fermier les gave.
- C’est vrai, elles dégoulinent de graisse. J’espère qu’après leur forfait accompli, elles passeront à la casserole.
- Ouais elles finiront chocolat ces neuneus.
- Oh, vous êtes méchantes quand même ! Sur ce dormez bien les filles, demain c’est le jour des surprises.
Le soleil d’avril darde ses rayons sur le jardin. Des œufs, emballés de papier irisé sont disséminés dans le jardin. Les gosses du fermier poussent des cris de joie à chaque découverte. Il y en a de toutes sortes, des œufs jaune verts, bleus qui s’ouvrent sur le parfum enivrant du cacao. Un des gamins a même déniché une poule marron dont le ventre ceint d’un ruban laisse échapper sur des trésors chocolatés tous dorés.
- Tiens la poule rousse, c’est sans doute le destin qui t’attend. Te faire déchiqueter par une ribambelle de gamins qui dégusteront les yeux fermés ton plumage dessiné par un moule de chocolatier.
- Gna gna, Je vous déteste, bande de cancanières jalouses et frustrées !

Chri - Chocolat

Décalées.

___ Allo ?
___ Allo, c’est Bob à l’appareil.
___ Salut Bobby chéri t’es où ? Comment vas-tu bien ? Qu’est ce qui t’amène ?
___ Heu… Je réponds à laquelle en premier Cinda love ?
___ Oui excuse-moi Bobinou d’amour mais tu me connais, je suis toujours à deux cent pour cent à l’heure… Et là, j’ai de l’huile sur le feu si tu vois ce que je veux dire.
___ J’en ai pas pour longtemps ma Cindabelle. Je t’appelle parce que demain soir j’ai des amis à manger et je voudrais leur faire ce qui nous avait régalés la dernière fois chez toi tu sais ta recette de mousse au chocolat au filet de cabillaud…
___ Mais je n’ai pas reçu l’invitation mon vilain Bobinou…
___ Heu mais heu ce sont des amis heu lointains de Jord qu’il n’a pas vus depuis longtemps et puis heu toi tu n’as pas besoin d’invits, pas de ça entre nous, tu viens quand tu veux, tu es chez nous comme chez toi, tu le sais bien depuis le temps qu’on se connaît, je n’ai même pas besoin de te le dire. Ct’une évidence Ma Chérie.
___ Peut-être mais c’est bon à entendre… Bon alors la recette, attends je farfouille dans mon galaxitron et je te dis ça de suite. En vrai c’est facile, d’un côté tu fais une mousse au chocolat toute bête, au gingembre et à la sauge et de l’autre tu poêles des dos de cabillaud ou de poisson comme tu trouveras, si tu n’as pas de poisson, prends du poulpe. Quand ils sont cuits, il vaut mieux attendre qu’ils le soient, c’est bien meilleur, tu les citronnes légèrement et juste avant de servir, tu poses deux ou trois cuillères à soupe de mousse sur les filets. Puis tu te dépêches de foncer à table. Normalement tu verras ils devraient être surpris…
___ Formidable, je te remercie bien tu sais que tu es géniale tu as des idées toujours un peu folles, j’adore…
___ Et en entrée tu as prévu quoi chéri ? Que je salive à l’avance même si je ne suis pas la bienven…
___ Un chausson de carottes râpées au gorgonzola avec une sauce au Limoncello…
___ Whaouh ! Tu es sur de ton coup ? Tu es certain qu’il n’y a rien qui cloche ?
___ Heu non, je me lance mais j’ai vu la recette dans cuisine passion du mois dernier : Un spécial recettes décalées…

lire et voir les photos de Chri

Blick - Chocolat

Semaine sainte

« On partirait plutôt sur du gris taupe ? »

Je n'étais pas plus décidé que ça, en fait. Pendant le Carême, j'avais commencé à sympathiser avec une taupe qui s'était installée dans mon jardin afin de le dévaster. Sympathiser n'est peut-être pas le terme approprié, disons qu'en m'orientant vers le gris taupe j'espérais l'amadouer et obtenir son indulgence, partielle ou plénière, m'épargnant ainsi les fatigues d'un voyage à Rome en compagnie d'autres cloches, et parvenir à sauver ma pelouse où s'épanouissent les pâquerettes. Le jardinage est mon péché mignon.

« Sinon, on peut aussi aller sur du caramel... »

Ce n'était pas la première fois qu'il essayait de m'entraîner vers le caramel, il devait avoir du stock. Moi j'avais peur que ça fasse mou, à quoi il objectait que cela dépendait du degré de cuisson du feutre et de la quantité de cannelle en poudre qu'on y incorporait. Il voulut me faire visiter l'atelier et me montra les gigantesques bassines de cuivre dans lesquelles des jeunes filles d'allure modiste, juchées sur de petits escabeaux, tournaient avec de grandes cuillères le feutre, ici morvé, là petit boulé ou grand cassé, plus loin, séchant sur des formes en bois, blond, jaune paille ou brun foncé. Moi j'avais peur que cela jure avec la pipe en buis bénit que je m'étais achetée le dimanche des Rameaux.

« Ou encore chocolat, c'est un grand classique, avec du chocolat, on ne prend pas de risque. »

Il a fini par me convaincre. Il a étalé les rouleaux de feutre sur l'établi. Il y avait du Fernando Po de Guinée, du Puerto Cabello du Vénézuela, du Mangaro de Madagascar, du Forastero aux notes grillées de pain chaud du Ghana. Je me suis finalement décidé pour des fèves Porcelana aux notes de lait chaud, miel et fruits jaunes.

Il a pris les mesures de ma cabosse et m'a demandé pour quand je le voulais, j'ai dit que j'aimerais bien l'avoir pour Pâques. Il a levé les yeux au ciel et feint de réfléchir tout haut. « Si je commence la torréfaction tout de suite, que j'attaque le conchage dans la foulée, jeudi saint j'ajoute la vanille, les saintes huiles et le saint chrème, vous l'aimez chrémeux ? On ne va pas avoir beaucoup de temps pour le lavement des pieds et peut-être qu'il faudra se passer de cèner, mais même si c'est un peu le chemin de croix, on va y arriver, vous aurez votre chapeau pour Pâques, foi de chapelier» a t-il dit.

Le dimanche, je suis sorti dans le jardin avec mon beau chapeau neuf couleur chocolat, et le soulevai poliment pour saluer la taupe qui prenait le doux soleil d'avril au seuil de ses galeries. Des poules blanches, noires ou au lait, picoraient sur l'herbe verte. Les enfants cherchaient des œufs. Il y eut soudain une brise légère qui me découvrit d'un fil et fit s'envoler mon chapeau, qui virevolta longtemps dans le ciel bleu et les rires des enfants.

Tim - Chocolat

Plein la caboche

Je suis bien, là.
Je m’appelle Forastero. Je suis « américano-africain ». J’ai suivi le chemin inverse des afro-américains : venu d’Amérique du sud, je me suis installé dans l’ouest africain et je vis en Côte d’Ivoire. J’aime bien le climat ici : chaleur humide, la chance de trouver souvent de l’ombre sous les palmiers à huile où j’aime m’abriter, et de ne pas souffrir du soleil. Je vis au milieu d’une immense plantation, avec ma famille, mes amis, mes frères. Notre petite société est parfaitement organisée pour que tous s’y reconnaissent : beaucoup, les plus jeunes, sont encore vêtus de vert. D’autres, portent la tenue jaune montrant qu’ils ont déjà grandi. Quant à moi, j’arbore un costume rougeâtre du plus bel effet, signe de mon expérience et de ma maturité. Les fleurs blanches, pigmentées de violet, qui nous entourent ici forment pour nous un jardin calme et paisible.
Depuis le temps que nous sommes établis ici, nous avons développé une grande résistance aux dangers qui nous menacent. Pourtant, l’an dernier, la maladie du balai de sorcière a ravagé une partie de notre population. Et nous avons parfois encore des difficultés à nous débarrasser de la teigne javanaise qui s’incruste sous notre peau si nous n’y prenons garde. Elle grignote, s’y installe alors, creuse un profond sillon et… Les plus fragiles la combattent avec peine, malgré toutes les mises en garde et les traitements préventifs réguliers.

Je suis bien, là, je ne veux pas partir. J’en vois beaucoup, autour de moi, qui ne rêvent que de cela. Rejoindre l’Europe, comme si c’était pour nous un nouvel Eldorado. Ils ne savent pas ce qui les attend. Ils ne connaissent même pas les conditions de leur départ et s’imaginent déjà là-bas. Là-bas où, mélangés, on les confondra tous.

Mais qu’est-ce qu’il fait, celui-là, avec sa machette ? Qu’il me laisse tranquille. Je ne veux pas partir. Je veux rester ici. Je ne veux pas être fendue : cabosse je suis, cabosse je resterai. Je ne veux pas qu’on me vole mes fèves. Ne broyez pas mes fèves. Trouvez ailleurs de quoi fabriquer votre chocol… ahhhhhhh…

lundi 14 avril 2014

ABC - Chocolat

Cher Chocolat,

Comment te dire, à toi qui ne pourras me lire, les instants de bonheur versés dans mon cœur et berçant ma mémoire.
Certains ont un nounours ou un jouet fétiche, moi, toute petite, je t’ai eu « Chocolat ». Au cours des années, je t’ai dévoré :
« Non ! Je ne suis pas
Si gourmande que ça ! »
Je te connais par cœur, tu fus et restes mon enchanteur… Au fond du couloir, dans une grande armoire soigneusement rangé, je peux, sans hésiter, venir te retrouver,
« Mon Ami Chocolat »[1]

Ma fidélité tient dans un engagement que je t’ai fait enfant : ne jamais t’oublier, toujours te garder. Je respecte mon engagement avec émotion et sincérité à travers les années.
Est-ce toi qui m’a donné le goût de versifier ?

P.S.: Je me suis régalée de cette consigne, la gourmandise en chocolat a de multiples facettes !

Où lire ABC

Notes

[1] « Mon Ami Chocolat », Royer - Le Selve, Collection Farandole, Casterman (1953), livre chéri de ma petite enfance.

Vegas sur sarthe - Chocolat

Daube helvète

“Allo inspecteur La Bavure? Vous connaissez pas la dernière?”
Seul Ouatson est capable de poser une question à laquelle tout le monde à la brigade du 36 quai des Oeufs Frais sait répondre.
La dernière c'est Ouatelse et on n'a plus embauché personne depuis.
Elle avait été recrutée deux ans auparavant, était plutôt bien roulée et autant bourrée d'arguments d'embauche que dénuée de tout jugement... mais tout ça on le sait déjà.
(Soupir)
“Quoi d'autre?” grogne toujours La Bavure en guise de réponse.
“Connaissez pas la dernière, inspecteur?”
“Allez-y mon vieux, j'ai pas l'temps d'jouer aux d'vinettes”
“Et ben y z'ont fini par arrêter Colon!”
“Qui ça?”
“Nos collègues de Grenade - les espingouins - ont arraisonné notre homme alors qu'y jetait sa daube par dessus bord!”
“Comment dites-vous qu'il s'appelle déjà?”
“Colon, chef. Comme Christophe Colomb mais il a pas l'air d'avoir inventé l'Amérique”
“Pourquoi ça?”
“Et ben il a prétendu qu'y nettoyait son rafiot de toutes les crottes de bique qui traînaient sur le pont”
“Et alors?”
“Et ben j'vous l'donne en mille, inspecteur... les espingouins ont fouillé partout, y z'ont jamais trouvé de biques, juste une fille du nom de Niña d'après c'que j'ai compris”
(Soupir)
“Il les avait peut-être jetées avant, Ouatson”

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Vince - Chocolat

C’est une recette familiale. Transmise de génération en génération. Plus de 40 ans qu’elle est dans la famille.
La recette d’un fondant au chocolat(*), que dis-je un fondant, LE fondant.
La recette originelle, celle que tant de magazines ont voulu reproduire, sans jamais l’égaler.
Celle que les pâtissiers des restaurants 3 étoiles dénomment « moelleux au chocolat et son cœur coulant, gourmand, croquant » et mettent dans l’intitulé ce qu’ils sont incapables de restituer dans l’assiette.
Celle qui déclenche les «hum! », les «waouh! », et les «bonté divine! » quand le plat de service déjà vide se retrouve au milieu des gâteaux au yaourt à peine entamés, à la fête de l’école.
Celle qui fait que vos invités se resservent, à la fin d’un diner déjà copieux pourtant, incapables de lutter contre ce désir gourmand.
Une recette de base, que j’agrémente parfois, selon l’humeur, d’un peu d’amandes en poudre ou d’éclats de noisettes, de pistaches quand j’en ai, en adaptant alors la quantité de farine*.
Un jour de disette, j’ai remplacé le beurre* par du beurre demi-sel en même proportion, pour un résultat, ma foi, plutôt intéressant.
J’ai testé également la marmelade d’orange dans le cœur coulant, en adaptant bien sûr la mesure de sucre*.
J’ai tenté également des variantes autour des épices : cannelle, baies rose, cardamome ou piment.
On me l’a demandée mille fois, et mille fois j’ai répondu « un jour peut-être ! », avec un large sourire, pour bien montrer les dents.
Je l’ai donnée parfois, à reculons, mais bon il n’y a tout de même pas là de quoi se froisser avec ses amis de longues dates.
Les recettes de famille, c’est sacré mais pas autant que les liens d’amitié.
Et puis ! Il est tellement facile de faire croire qu’on la donne sans vraiment la donner.
Quelques imprécisions dans les proportions (La quantité de farine ? je ne sais pas vraiment, je verse quelques cuillères et vérifie la consistance à l’œil !)
Quelques omissions dans le mode opératoire, les trucs qui, après 40 ans d’amélioration continue, font toute la différence, tel ingrédient avant tel autre, ou la façon d’incorporer les œufs*, le choix du récipient, la température du four*, ou le temps de cuisson*.

Et tant de choses encore que je tairais ici, vous l’avez bien compris.**

(*) Fondant au chocolat
Chocolat 200 gr
Beurre 200 gr
Sucre 300 gr
Œufs 5
Farine 75 gr
180 °C ; 20 à 25 minutes


** même si elle s’en rapproche, cette recette prise au hasard sur Internet, n’est bien sûr pas la mienne !


*** Ou pas. Il est tellement facile de faire croire qu’on la donne sans vraiment la donner.

Petite Plume - Chocolat

Ma gourmandise d’amour

Tu me fais tellement d’effet
Qu’il m’est difficile de l’expliquer
Tu me fais complètement craquer

Imaginer la vie sans toi
Je n’y pense même pas
Chaque morceau de toi me met en émoi

Tu réveilles tous mes sens
Tu me plonges dans l’insouciance
Comment ai-je pu vivre sans ta présence et passer à côté de tant de délectance ?

Tu m'as envoûtée depuis que je t'ai goûté !
Et si nous nous laissions porter sans résister
Vers des lendemains chocolatés ?

Lunembul - Chocolat

On a beau connaître les évidences et les respecter, il arrive que l'on doute. Cela arrive, léger comme le vol d'un oiseau mais ne nous y trompons pas c'est un rapace aux serres puissantes. Le choc est d'autant plus violent que seul le silence l'a précédé. La mort suit de près, juste un cri et puis rien.
Mort de nos illusions, mort de notre enfance, des certitudes que papa est invincible, juste et bon. Mort après laquelle il faut revivre dans un monde plus flou et incertain et où nous nous devons d'être plus forts.
Cela m'est arrivé une fois, après les champignons. Je veux dire, un ami avait ramené des champignons d'Amérique du Sud, une poudre brunâtre en réalité, dans une boîte d'allumettes entourée de papier alu. Nous en avions pris une pincée, chacun.
C'est après que j'eus une fulgurance xochipillesque, qui ne m'a jamais abandonné : fondamentalement, et comme son nom l'indique, le chocolat doit être consommé chaud. La véritable nature du chocolat est d'être un chaud colat, c'était devenu évident, c'était pure logique. Et j'étais porteur de cette vérité.

Je suis heureux que les Impromptus Littéraires m'aient permis de le faire savoir à toutes et à tous. Je ne m'étonne pas que ce thème du chocolat ait été choisi à peine trente huit ans après mon expérience fondatrice. Il est temps pour moi d'enfin prêcher LA LUMIÈRE aux impies et de restaurer le Règne du CHAUD colat, le Seul, le Vrai, le Chaud.
Et je suis son Prophète !

Où lire Lunembul

Jacou - Chocolat

Quelques journaux, ma fille, alors âgée de quatre ans, en tourne les pages ; me montre une photo : « Ils sont en chocolat ? »

Un reportage sur l’Afrique, des paysages, des hommes…et ma fille blanche, entourée de blancs dans un monde blanc, vient de découvrir, des êtres humains différents, et l’exprimer, à sa façon.

Le film « Chocolat », film de Claire Denis, sorti quelques années plus tard, les relations dans une Afrique coloniale, entre cette petite fille, la mère de celle-ci et Protée, l’ « homme en chocolat »,me renverront à l’innocente question de ma fille.

Où lire Jacou

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Fairywen - Chocolat

La maison en chocolat.

Il était une fois
Une maison en chocolat
Avec des murs blancs,
Tout en chocolat blanc,
Un toit noir,
Tout en chocolat noir,
Et des volets pas laids,
Tout en chocolat au lait.

Des enfants sont arrivés,
L’ont admirée
Et toute mangée,
Ne laissant que la cheminée,
Qui au soleil a fondu
En une flaque d’un brun ténu,
Que le chat a lapé
Avec un ronron de gourmet.

Chers Impromptus ne riez pas,
J’ai vraiment un chat
Qui adore le chocolat !

Où voir le chat gourmand

Semaine du 14 avril au 20 avril 2014

Vous avez couru les fêtes d'anniversaire la semaine dernière, mais restez frustré car, nulle part, on ne vous a servi de gâteau au chocolat. Vous avez décidé, juste à temps pour Pâques, de remédier à la situation. Racontez-nous donc, en prose ou en vers (pourquoi pas une ode à cette divine douceur) une histoire dans laquelle le chocolat joue un rôle essentiel.
Vous avez jusqu'au dimanche 20 avril minuit heure de Paris, à l'adresse habituelle impromptuslitteraires(at)gmail.com, avant que nous fermions boutique.

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Nous vous rappelons aussi que vous pouvez consulter la page Facebook des Impromptus. N'hésitez surtout pas à y mettre votre grain de sel et votre créativité ! Remarques, suggestions, photos, etc...sont les bienvenus :)

vendredi 11 avril 2014

Wanou le Fou - Fête d'anniversaire

Annuellement
Numéraire
Naturellement
Involontaire
Vieillissement
Extraordinaire
Resjouissement
Solitaire
Avancement
Inventaire
Remerciements
Et une de plus ! A la vôtre !

Tiniak - Fête d'anniversaire

CORNES À L'AGENDA
à Christiane et Eugène

Une goutte de cire a roulé, s'est figée
sur la bougie aux flancs toujours plus avachis
Un hiver a passé sur tes cheveux plus gris
dans un geste attendri, sa main froide et fanée

Tu as rouvert au monde un œil jauni à l'ambre
quand nos voix ont clamé haut ta révolution
Ton regard a viré à l'or, sous l'émotion
et nous a embrassé, chacun dans cette chambre

Une année a roulé, s'est figé dans nos cœurs
le temps, de la bougie, avait soufflé la mèche
Et nous voilà, sonnés, comme l'insigne glas

Nous réglons nos soupirs à nos sourdes fureurs
et joignons nos bougies dans la bise trop sèche
un triste anniversaire au creux de l'agenda

Où lire Tiniak

jeudi 10 avril 2014

Mafaxel - Fête d'anniversaire

Anniversaire

Aujourd'hui, c'est ton anniversaire, à toi, notre fils aîné. Déjà trente ­six chandelles !

Et cet anniversaire me fait penser au dernier de ta fille aînée, fière des ses sept ans, et à son petit frère de trois ans, qui le premier, une fois les bougies allumées a entonné, aussi spontanément que vaillamment et juste, un « yeuz'anniversaire » auquel, bien sûr, nous avons tous joint nos voix, émus et réjouis. Moments merveilleux de l'enfance qui me renvoie à la tienne et à celle de tes frères, et à tous ces petits bonheurs si importants !

Tisseuse - Fête d'anniversaire

J’avoue bien volontiers avoir réellement découvert la beauté des anniversaires, et de Noël (qui en est un aussi après tout) après la naissance de ma fille il y a presque 15 ans. A un point même que toute petite, et durant des années, cela ne me gênait aucunement de lui en organiser plusieurs : celui le jour même avec son papa et moi, un autre le plus rapproché possible en date avec ses grands-parents à 200kms de là, un troisième légèrement décalé dans le temps avec son parrain et les amis proches, et le dernier forcément reporté aux premières semaines de septembre avec les petits camarades de classe (c’est souvent l’affaire la plus compliquée avec les enfants nés en été, et un des grands regrets de ma fille alors qu’elle était en maternelle puis en primaire : ne pas pouvoir amener un gâteau et des bonbons à l’école comme les autres enfants pour fêter son anniversaire !).

Moi qui ne m’imaginais pas alors pouvoir me réjouir de mon propre anniversaire, je me surprenais à prendre un plaisir insoupçonné à confectionner des gâteaux (ou à en acheter selon le contexte), à allumer, et à rallumer les bougies de nombreuses fois afin que la joie puisse être renouvelée et les photos réussies, à imaginer les surprises et petites cachotteries de circonstance, etc….

S’attachent à ces souvenirs des petits rituels qui en font des délices. Comme ce geste instinctif, et sans cesse renouveler qu’elle avait de tenter de retenir des doigts la fumée des bougies éteintes, et de suivre le fugace et délicat sillage de cette odeur évanescente, afin peut-être d’étreindre innocemment les volutes du temps qui passe… Comme aussi d’avoir plusieurs fois appelé joyeusement le Fort Boyard du surnom affectueux de « mon gâteau », car c’était un gâteau en forme de Fort Boyard en chocolat que sa grand-mère achetait rituellement jusqu’à ses 6 ans.
C’est tellement devenu le lien fidèle avec un joli souvenir que l’année dernière, alors que nous lui offrions une journée d’anniversaire au Futuroscope, nous avons fait un détour kilométrique afin de pouvoir acheter des réductions de ce fameux gâteau.
Goûter étrange et combien émouvant sur les pelouses de ce parc d’attraction ! Nous avons piqué une bougie symbolique dans le petit gâteau un peu ramolli malgré le sac à dos réfrigéré, nous avons bataillé afin de garder la flamme allumée bien que le vent s’ingénie à la souffler, afin qu’à 14 ans, elle ait la joie de renouveler le rituel, et de croquer ensuite la vigie en nougatine. Ses yeux brillaient, et je crois bien qu’à ce moment-là sa grand-mère était auprès d’elle !

Danalyia - Fête d'anniversaire

- Mamie, pourquoi on fait une fête pour les anniversaires ?
- … Je ne sais pas, c’est la tradition…
- Mais c’est bizarre, tu trouves pas ?
- Non, je ne vois pas en quoi ce serait bizarre…
- Ben si : on te fait des cadeaux pour te récompenser d’être plus vieille que l’année d’avant !…
- Euh… oui, on peut le voir comme ça…
- Mais tu le fais pas exprès d’être plus vieille ?
- Non, en effet !
- Et tu voudrais pas vieillir, même !
- Ça, tu vois, je n’en suis pas si sure…
- Ah bon ? Mais pourquoi ?
- Parce qu’il y a aussi des avantages à prendre de l’âge.
- Comme quoi ?
- Eh bien, on se sent plus libre de s’exprimer… Et aussi, on te regarde différemment, avec plus de respect.
- Oui, mais tu peux plus avoir d’amoureux !
- Ce n’est pas toujours vrai : j’ai une amie qui en a rencontré un après ses soixante ans.
- Ah bon !? Et il est aussi vieux qu’elle ?
- Oui, et ils sont très heureux, tous les deux.
- Alors ça veut dire que tu vas peut-être avoir un autre mari, un jour ?
- Je ne crois pas, car je n’en ai pas envie…
- C’est parce que papy a été méchant avec toi et maintenant tu as peur de tous les maris ?
- Non, c’est parce que je me sens très bien toute seule, finalement. Et puis j’ai des activités qui m’intéressent, je fais de la musique, j’ai beaucoup d’amis…
- Et tu as moi, aussi !
- Évidemment !...
- Tu sais, mamie, même quand tu seras très très vieille, moi je t’aimerai toujours.
- Alors, nous fêterons encore beaucoup d’anniversaires ensemble ?
- Oh oui, et quand j’aurai des sous, je te ferai plein de cadeaux !…
- C’est adorable mais tu sais, mon petit cœur, tu ne pourras jamais m’offrir un plus beau cadeau que celui que j’ai déjà reçu…
- Qu’est-ce que c’est ?
- Mais… c’est toi, bien sûr !!...

Où lire Danalyia

mercredi 9 avril 2014

Poupoune - Fête d'anniversaire

Le gamin n’était pas extrêmement populaire. Un peu perturbé par un environnement familial compliqué, il aurait eu besoin d’une attention particulière en classe, qu’une maîtresse ouvertement démissionnaire et dotée d’un poil de compétition dans la main n’était pas prête à lui accorder. Ni entouré, ni encadré, il avait le comportement type du gosse qui cherche à attirer l’attention par tous les moyens, le plus simple étant, à l’école, quand on n’est pas le premier de la classe, d’être le fauteur de trouble.

Ailleurs, il aurait peut-être pu n’être qu’un parmi d’autres. En revanche, dans une classe dont quatre-vingt pourcents de l’effectif vont à la messe le dimanche, au conservatoire le mercredi et ne restent ni à l’étude ni à la cantine parce que maman est à la maison pour s’occuper à temps plein des enfants, le pauvre gamin était considéré comme un pestiféré. Quand ma fille est revenue à la maison avec une invitation pour la fête d’anniversaire de ce pauvre bonhomme, j’avais été surprise :
- Ah, tiens… vous êtes copains ?
- Ben… je suis un peu copine avec tout le monde.
- Mais tu joues avec lui ?
- Non.
- Et tu l’aimes bien ?
- Pas trop.
- Mais pourquoi il t’invite alors ?
- Oh, il a invité toute la classe !

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L'Arpenteur d'étoiles - Fête d'anniversaire

Le temps ne fait rien à l’affaire ...

(encore un texte un peu long ... désolé)

Elle fut à peine surprise lorsque je l’invitais à pénétrer dans l’armoire.
Le style renaissance espagnole du meuble ne l’enthousiasmait pas plus que ça. Elle préférait d’évidence le mobilier contemporain épuré, sobre, ultra chic. Alors le côté tarabiscoté des sculptures ne l’emballait guère. A sa décharge, je dois reconnaitre que ce n’était pas vraiment une armoire mais plutôt un énorme bahut et qu’il lui avait fallu se plier en plusieurs pour s’y introduire. Bien que le terme exact « d’enfilade » l’avait amusée, elle avait un peu rechigné mais avait fini par accepter de se glisser par la porte droite, que je refermais aussitôt.

Elle avait pleine confiance en moi. Il faut dire que ses précédents anniversaires l’avaient préparée à presque tout. Feux d’artifice colossal à l’intérieur même de la chambre d’un palace vénitien, largage en parapente au-dessus des chutes du Niagara, demande en mariage au fond de l’océan dans une cage environnée de grands requins blancs, semaine glacée mais brûlante dans une yourte sibérienne, saut à l’élastique depuis la grande muraille, performance prolongée par quelques jours de prison dans une geôle chinoise (son paternel d’ambassadeur avait pu arrangé les choses), séjour dans une lamaserie au flanc du Chomolungma, ou, carte blanche (et gold, d’ailleurs) chez Hermès équitation, ce qui avait failli causer ma perte car on n’y trouvait pas de cheval !

Mais là, le pari était assez gonflé.
En effet, j’avais bricolé avec l’aide d’un ami inventeur fou, une espèce de machine à remonter le temps (ou à le descendre, on savait pas trop), dissimulée à l’intérieur du bahut dans lequel elle venait d’entrer. Mon pote était là, bien sûr, hirsute, mort de rire derrière ses lunettes rondes, à sauter sur place en criant, « va-y, vas-y, vas-y, actionne ! ». Il fallait un timing absolu, mon idée de départ étant de lui faire rencontrer son arrière-arrière-grand-mère, légende familiale qu’elle vénérait et qui était née le même jour qu’elle. Cette femme, exploratrice, romancière, un peu espionne, un peu trafiquante, à la fois marquise de sang quasi royal et, un temps, tenancière de bordel à Macao la fascinait. Elle avait dévoré ses livres et rêvait secrètement de marcher sur ses traces.

- Vas-y, actionne, actionne répétait toujours Antachu (gentil sobriquet de ce garçon qui se nommait André Noël Lartichaud) trépignant d’impatience.
Chronomètre à la main, j’attendais la seconde exacte de la naissance de ma chérie, pour basculer le levier.
- Top ! Je pris une large inspiration, abaissais le levier installé sur le côté du meuble, et lançais le mécanisme. Le bahut quoique massif à l’extrême vibra sur sa base, émis une sorte de soupir caverneux, sembla un moment se vriller sur lui-même puis, brutalement, redevint normal, stable et monstrueux. Nous entendîmes dans le même temps un cri allant décroissant. Le silence envahit la pièce. J’étais pétrifié. Antachu arborait, lui, le regard d’une jeune bergère ayant vu la Vierge. Il hurla d’un coup :
- Putain, mais ça a marché, ça a marché. On est des génies, je te dis, vieux ... des génies ! Il rajouta dans la foulée : « tiens j’ai faim. Quand est-ce qu’on mange » ?
A cette question récurrente chez lui, je répondais toujours « tais-toi Averell ». Mais là j’étais en état complet de sidération.
- On mange pas. Si toi tu veux, il y a des paquets de petits Lu dans la cuisine, du coca et des Kinder Bueno. Ça suffira, OK ! On reste là, tu te tais et on attend.

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Alexandre B - Fête d'anniversaire

Joyeux anniversaire Lily !

Elle était heureuse. Aujourd'hui était un grand jour pour elle. Son ange, ce qu'elle avait de plus précieux, sa fille, avait 18 ans. Elle était tout sourire. Cela faisait des jours qu'elle préparait ce moment. Elle bouillonnait d'excitation. Il y avait des mois qu'elle n'avait pas était aussi joyeuse. Elle l'était même sûrement plus que sa fille.

Cette dernière n'était pas malheureuse. Elle esquissait bien un petit sourire sur son visage doux, à moitié divulgué par ses longs cheveux fins blonds. C'était tout ce que la mère arrivait à voir de sa fille. Tout le reste de sa silhouette, de son visage, de son regard était caché par les rayons éblouissants du soleil. Elle aurait put se lever pour rabattre les rideaux et pouvoir enfin voir le visage de sa protégée, mais elle ne le fit pas. Elle avait trop peur que sa joie s'arrête, que ce moment si intime s'interrompe, que ses songes s'évanouissent.

Tout en tremblant, elle attrapa une boîte d'allumettes qui se trouvait à côté d'elle et, laborieusement, alluma les dix-huit bougies du gâteau positionné face à elle. Elle se mit à entonner doucement le traditionnel joyeux anniversaire. Sa voix était instable, comme si elle était au bord des larmes. En fait, elle l'était.

Quand elle eu finit de chanter, les bougies furent éteintes, et un vent froid caressa son bras droit, venant de face.

Alors, elle s'effondra en larmes. Personne ne vint la consoler. Sa fille restait comme elle l'avait toujours vu, devant cette maudite fenêtre, cachée par le soleil, cachée par ses cheveux, loin d'elle. Elle avait envie de crier, de tout faire pour réussir à voir ce visage mais c'était impossible.

C'est ainsi que la vieille femme continua à pleurer, ne pouvant s'arrêter, pensant à la petite fille, au petit bébé, qu'elle avait perdue, dix-huit ans auparavant.

Elle s'appelait Lily.

Où lire Alexandre B

Chri - Fête d'anniversaire

Surprise.

Le premier qui s’est pointé a sonné vers huit heures.
A cette heure là, ce jour là, j’avais déjà fini de bouffer, je m’étais envoyé une entrecôte d’au moins trois cent grammes et un sachet entier de patates rissolées. Pour accompagner les deux petits chèvres, j’avais descendu une bouteille de Morgon aussi. J’étais plein, gonflé. J’avais débarrassé la table, passé un coup d’éponge et enfourné la vaisselle sale dans le lave-vaisselle. J’avais posé les pieds sur la table basse et déboutonné mon falzar. Je m’étais collé un bâton de réglisse dans la bouche comme je le faisais après chaque repas depuis que j’avais arrêté de fumer. Je trouvais ça dégueulasse mais ça me calmait. J’avais éteint les lumières dans la cuisine et plus personne allait venir m’emmerder... Que je pensais.
Deux coups, il a sonné deux fois ce con. Je me suis levé en râlant et je suis allé lui ouvrir. Il avait un carton à gâteaux dans les bras.
Qu’est-ce-que tu fous là à cette heure ? Je lui ai demandé.
J’avais envie de te faire une bise, il m’a répondu. Première nouvelle !
Après un temps, j’ai dit : Ben, entre, reste pas là dehors comme un con.
En vrai, j’avais envie de lui refermer la porte sur le nez et je me demandais pourquoi il venait me faire chier ici, à cette heure là. Est-ce que je débarquais chez lui le soir, moi ? J’aurais vraiment aimé qu’il en fasse pareil, c’est à dire qu’il reste chez lui et pourtant, lui, je l’aimais bien.
On était pas assis l’un en face de l’autre avec la télé derrière qui gueulait encore que ça a sonné.
Bordel, mais c’est la soirée ! J’ai dit. D’habitude ça ne sonne jamais et là deux fois en dix minutes !
Quand j’ai ouvert, je l’ai vue, elle, toute pimpante avec un bouquet dans les mains et Lui, derrière un plateau de fruits de mer au-dessus de la tête et après ces deux là, il y en avait encore trois autres. Tous des potes mais des potes de jour, des potes du boulot que je ne voyais jamais quand la nuit était tombée. Ben merde vous n’êtes pas chez vous à cette heure ? Vous avez vu qu’il fait nuit non ? Vous voulez quoi ? C’est quoi votre délire j’ai dit.
On vient boire un coup et manger deux huitres avec toi qu’ils ont dit.
Mais en quel honneur ? Je vous ai rien demandé !
Mais c’est ton anniversaire aujourd’hui grand couillon… Qu’ils ont répondu en un chœur écoeurant.
Eux, ils avaient tous l’air ravis de leur surprise. Je hais les surprises. Qui peut se réjouir de n’être pas encore mort à quarante ans ? Alors, ils sont entrés en me bousculant, presque. J’ai eu envie de vomir. Ils n’avaient pas fracassé la première pince du premier crabe que j’étais dans ma chambre, couché. Je m’en souviendrais de cet anniversaire. Ah pour l’avoir bien fêté, ça, ils l’ont bien fêté.
Je n’ai pas dormi de la nuit à cause de la bamboula qu’ils faisaient en bas.
Et ça m’a coûté un bras : Ils avaient amené à bouffer pour douze, ces cons, mais comme ils n’avaient rien apporté à boire…
C’est ma cave qui a pris un sacré coup de vieux.

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Claudie - Fête d'anniversaire

FETE A LA MAISON DE RETRAITE

- C’est pour aujourd’hui ?
- Oui, madame Levasseur, c’est votre jour de fête s’exclame d’un ton enjoué Maria l’auxiliaire de vie.
Adeline se réveille de bonne humeur. La jeune femme fait sa toilette et l’aide à s’habiller avec des gestes adroits et professionnels. Une jupe droite bleue marine, un chemisier de soie grège et le beau collier de perles.
Elle arrive à petits pas circonspects en poussant son déambulateur et s’arrête éblouie sur le seuil du réfectoire. Des fleurs décorent agréablement la salle et la vaisselle fine étincelle sur une nappe de lin brodée. Les pensionnaires déjà installés, discutent et tapotent les verres en cristal du dos de leur cuillère.
On installe la vieille dame en bout de table. Comme une reine. Adeline est une reine. C’est son anniversaire. Elle a cent ans aujourd’hui.
Un siècle ! Le temps passe si vite ! Naître, goûter au bonheur d’exister et au malheur aussi. Sa famille n’est pas venue, enfin ses petits enfants car son fils unique est décédé pendant la guerre. Elle ne sait pas si elle en éprouve de la peine. Un manque peut-être.
La directrice de la maison de retraite entame un discours et lui offre un bouquet de cent roses blanches. Des fleurs crémeuses et si belles. Adeline sourit, elle aime les roses qui ont partagé sa vie. Les roses trémières de son jardin, les roses rouges de la passion que lui offraient son fiancé, les roses en couronnes pour les funérailles des êtres chers.
Elle mange à peine, la gorge nouée par l’émotion. Ils sont tous bien gentils de faire son éloge, bien gentils mais si loin d’elle, de sa vie enjolivée par les souvenirs. La sienne fut un rude chemin traversé d’éclats de bonheur : un rire d’enfant, un bijou offert, l’affection sans faille de son chien. Pauvre bête, il a rejoint son paradis et l’attend derrière la porte. Tout comme son fils chéri, tragiquement parti dans la fleur de l’âge. Avoir cent ans et la mémoire intacte est une chance à ce que l’on dit.
Le champagne frémit dans les coupes, le gâteau ressemble à une robe de mariée froufroutante. Certains pensionnaires chantent, déjà éméchés. Plus tard, il y aura soirée avec orchestre à la maison de retraite.
Adeline souffle les bougies avec effort puis lève son verre. L’assistance applaudit. Elle ressent déjà la fatigue. Le parfum sucré des fleurs lui tourne la tête et ses pensées la grisent. Elle voudrait que la fête finisse mais les autres difficilement supportables avec l’âge sont trop heureux de fêter leur centenaire. Elle remarque malgré la bonne humeur ambiante, le regard jaloux de petites vieilles aigries, le rouge à lèvres baveux d’une coquette, les tâches de vin sur la jolie nappe. La beauté se dilue dans l’espace étouffant, les couleurs se ferment. Adeline est lasse. Un siècle dans la peau et les os, c’est usant. La vieille dame, si digne face au masque des sourires voudrait simplement tout oublier et dormir.

mardi 8 avril 2014

Blick - Fête d'anniversaire

Souvenirs de guerre

Prairial fut particulièrement doux cette année-là. Nous bivouaquions dans le Piémont, au soir de la bataille de Marengo. Nous avions pillé les fermes et volé des veaux que nous avions découpés en cube. D'un coup de baïonnette, nous avions mis à la perce un tonneau de Gavi, puisqu'il faut du vin blanc sec selon la recette du pays que nous avait livrée un paysan qu'il avait fallu, à parler franchement, un peu secouer, avant qu'il ne parte en courant, peut-être pour aller ramasser dans la forêt des champignons sauvages pour la sauce, mais nous comprîmes qu'il faudrait nous en passer, tant pis, il nous restait encore des champignons de Paris dans nos rations, et même du concentré de tomate.

Nous fêtions l'anniversaire d'un vieux grognard blanchi sous le harnais, rescapé de la bataille de la Trebbia, qui nous racontait les dégelées de l'armée de Macdonald tout en frottant ses engelures, qui le tracassaient pour la campagne de Russie à venir. Le général avait bien fait les choses : outre le gâteau d'anniversaire nappé d'un glacis de gianduja, il y avait des bonbons par poignées dont nous remplîmes nos musettes, une cascade de cadeaux-surprises et des ballons multicolores qui claquaient comme des coups de canon au contact des baïonnettes, et une cantinière de l'armée impériale avait été dépêchée pour prendre des photos et faire un album-souvenir. Quand nous mîmes fin la nuit venue à nos rires et nos jeux, le vieux grognard avait la larme à l'œil.

Ça se passe comme ça chez Macdonald.

Petite plume - Fête d'anniversaire

Jour J

H-2. La sonnette retentit, les invités sont à l’heure !

Entrez, entrez ! Je suis ravie que vous soyez là, j’attendais avec impatience ! J’ai mis des semaines à préparer cette soirée pour son anniversaire, tout est prêt. Il doit arriver dans une heure alors voilà comment ça va se passer.

Son ami Valentin doit m’appeler pour me dire qu’il est sur le chemin de la maison. Il lui faut 10 minutes à peine pour rentrer. Dès que j’aurai raccroché le téléphone, l’un d’entre vous éteindra la lumière et nous nous tairons. Quand il franchira la porte et qu’il allumera nous crierons le célèbre « Joyeux anniversaire ! »

Aline, tu te cacheras et tu nous rejoindras à l’annonce du premier cadeau. Il va être heureux d’apprendre que tu acceptes de t’installer avec lui, je suis tellement heureuse pour vous ! Il va être ému par le discours que tu as préparé.

Stéphane, même punition, tu te caches et tu apparais à l’annonce de la seconde surprise. Vous ne vous êtes pas vus depuis un an, on va l’achever avec ce cadeau !

Attention au petit paquet qui est posé sur la console, ce sont les clés de la nouvelle voiture que je lui offre. Il en rêve et il la mérite.

Après les cadeaux, nous passerons à table. J’ai préparé un buffet dans le garage. Décoration asiatique bien sûr ! Pour ceux qui l’ignorent, il est passionné par l’Asie et en particulier par la chine. J’espère que vous aimez les plats chinois !

Au moment du dessert, un magnifique gâteau sera amené par notre pâtissier préféré. Une enveloppe lui sera remise contenant un bon pour un séjour à Pékin. J’ai tout organisé pour un départ la semaine prochaine ! Il met de l’argent de côté depuis deux ans pour s’offrir ce voyage. Il l’utilisera pour aménager votre petit nid d’amour Aline !

Ce soir c’est sa soirée, on n’a pas tous les jours 20 ans !

Ah le téléphone !!! Déjà ?!! Vous êtes tous prêts ?

« Oui allo….oui c’est moi »

Rallumez la lumière…mon fils n’aura jamais 21 ans.

Tim - Fête d'anniversaire

Un anniversaire

Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire…
UN DISCOURS, UN DISCOURS, UN DISCOURS !
Ahhhhh !!!!!

Bien sûr, que je vais vous dire quelques mots ! Vous ne pensiez pas sérieusement que j’allais vous laisser vous ruer sur les petits fours et le cocktail sans vous y inviter. Et sans vous remercier d’être là, à mes côtés, pour cette journée mémorable. Permettez que je sorte la feuille sur laquelle j’ai écrit ce, rassurez-vous, court discours ! Au moins, puisqu’il est écrit, il a une fin !
Je suis heureux de vous voir réunis autour de moi pour mon quarantième anniversaire. 40 ans ! L’âge d’une crise ? Non, l’âge d’un bilan, aussi, surtout ! D’un premier bilan, que je dresse volontiers avec vous, pour vous, pour moi.
Merci, papa, maman, d’avoir été là, toujours, de m’avoir permis de grandir, de m’avoir fait confiance. Pour vos propres parents, papi Jean et mamie Lucienne, qui reçoivent j’espère mes pensées, où qu’ils soient. Je leur dis à bientôt, je sais qu’ils m’accompagnent. Vous surtout, mamie Geneviève, papi Adrien, merci d’être là. Parrain, chers amis. Et Caroline, les enfants… Je vous embrasse et suis ravi qu’on se retrouve enfin en comité restreint, c’est trop rare. Il ne manque qu’Edouard, mon frère, qui ne pouvait être présent ce jour.

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lundi 7 avril 2014

Jacou - Fête d'anniversaire

Cinquante ans

Un feu d’artifice, cinquante ans clignotant, tout en haut du bâtiment de ce qui était le dortoir des garçons.
J’y crois pas ! Si un jour, on m’avait dit que je vivrais cela, une telle pagaille dans la cour de mon lycée ; mon lycée, dont je garde malgré tout de bons souvenirs ; mais aussi d’y avoir été soumise, mes copines et moi, à des obligations d’un autre âge, porter des bas en toute saison, interdites du port du pantalon, pas de souliers laissant voir nos orteils, coupables d’exciter les garçons, mains gantées pour l’extérieur...les garçons d’un côté, les filles de l’autre dans les salles de classe. Pas d’initiatives, des devoirs, toujours des devoirs, sans apercevoir le moindre commencement d’avoir des droits, obéir, sans discuter, blouses fermées jusqu’au col, sinon, une colle…
Je suis rentrée à l’âge de treize ans dans des locaux entièrement neufs, de ce lycée d’état, destinés à accueillir filles et garçons ensemble, à une époque où la mixité en établissement scolaire était chose rare.
Alors le soir du cinquantième anniversaire de son ouverture, rien de plus beau que ce feu d’artifice, précédé de saynètes théâtrales ; l’uniforme, les consignes, retenues et jours de colle distribués à tout va, sans discernement ni respect de nos personnalités, de nos différences, obligations quasi monacales, furent tournées en dérision ; je ne fus pas la dernière à m’y investir. Quelle jubilation, ce fut pour moi !

Où lire Jacou

Vegas sur sarthe - Fête d'anniversaire

La fuite de Romanée-Conti

De tous les anniversaires de famille, c'est sans conteste les quarante ans de l'Oncle Hubert qui firent date à jamais dans l'histoire de notre village bourguignon.
A cette époque l'Oncle avait depuis longtemps ramené par le train sa polonaise Anastazia - mon père disait par l'arrière-train et sans crier gare - et nous avions fini par adopter cette opulente slave au mollet humide et à l'oeil galbé ou le contraire, au fort accent qui s'évanouissait après quelques rasades de wodka et qui portait avec grâce le costume traditionnel ainsi qu'un nom en ski à cause du climat continental, mais je crois bien avoir déjà raconté tout ça en 2012.

Bien qu'Oncle Hubert soit né en février - un Verseau porteur d'aligoté comme il aimait à dire - il décida qu'il soufflerait cette année ses quarante bougies fin octobre.
Comme tout le monde s'en offusquait il prétexta que tous les restes solides et liquides de la saint Vincent tournante de Gevrey - qui tomberait en octobre de cette année 1960 - lui feraient faire de sérieuses économies de budget.
Il coupa court aux protestations en concluant qu'il avait de toute manière quarante ans toute l'année et qu'on n'était pas à huit mois près!
Il faut dire qu'il y avait deux cent invitations à lancer et que cheu nous - peu importait qu'on vienne de ripailler toute une semaine - on saurait faire honneur aux restes.

Par peur de manquer, Anastazia avait prévu de mitonner quelques bortsch à la betterave, quelques bortsch aux champignons ainsi que quelques bortsch aux patates - ici on dit “aux treuffes” - et aussi pas mal de szarlotka vanille-chantilly pour digérer.

Tous ceux qui avaient déjà eu l'occasion de goûter à sa wodkaz à l'herbe de bison ne se faisaient aucun souci quant à la digestion.
Nous les chiards n'avions eu droit qu'à sa liqueur de miel et c'était déjà bien assez à l'âge où on ne nous laissait faire chabrot que pour les grandes occasions.

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