Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
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jeudi 24 juillet 2014

Commentaires modérés

Vous avez peut-être vu apparaître sur le site des Impromptus durant ces derniers jours un certain nombre de commentaires malveillants.
Nous les avons supprimés à chaque fois qu'ils surgissaient, mais nous ne pouvons pas assurer une permanente vigilance et ne souhaitons pas que cette pollution s'installe.
Nous avons décidé pour le moment de "modérer les commentaires" qui ne seront mis en ligne qu'après avoir été lus par un administrateur.
Nous allons tacher de consulter régulièrement vos commentaires afin qu'ils puissent être publiés le plus rapidement possible sur le site !
Ne cessez donc pas de commenter les textes que vous aurez lus, et nous aurons à cœur de libérer votre parole :)

Nous espérons votre compréhension et votre soutien par rapport à ce problème bien désagréable.
Agaagla, Arpenteur d'étoiles, Cacoune, Fairywen, Ondine, Tisseuse, et Vegas sur Sarthe

Nota Bene :
Le site subit toujours l'attaque régulière de commentaires néfastes à la bonne harmonie que nous souhaitons continuer à y faire vivre.
Nous faisons ce que nous pouvons pour "séparer le bon grain de l'ivraie", mais si toutefois un de vos commentaires n'était pas mis en ligne n'hésitez pas à nous en faire part via la boite mail.

Vince - Logorallye

Les lisières

Ils pendaient la crémaillère. Ça n’avait pas traîné : deux mois à peine après m’avoir éjecté de sa vie comme on sort la poubelle sur le trottoir le soir, elle s’était installée avec ce clown, sans autre forme de procès, de remord ou de mélancolie. Elle m’avait effacé de sa mémoire dans un bruit de benne à ordure. Elle ne me reprochait rien, si ce n’est de ne plus m’aimer, de ne plus voir en moi cet écrivain prometteur que j’étais à ses yeux, lorsque que nous nous étions rencontrés il y a un peu moins de dix ans. Les années passant, elle s’était très vite lassée de me voir ressasser les mêmes thèmes, scribouillard insignifiant, auteur anonyme de quelques romans de gare, traversant la vie sans la vivre, spectateur indolent de mon propre destin, assistant inlassablement au flux et au reflux des vagues sur la grève de ma paresse, au gré des vents et des marées. La métaphore est plutôt pauvre, je vous l’accorde, mais c’est la seule qui me vient depuis ma tour de guet.

La fête battait son plein. J’apercevais Marie tournoyer autour de ses invités, dont quelques-uns étaient de nos anciens amis, pour remplir les flûtes vides, proposer de nouveaux amuse-bouche, les convier à danser. J’épiais ce petit monde depuis la plage, qui donnait sur l’arrière de leur nouveau ‘’chez eux’’. Une location en bord de mer, avec vue imprenable sur le bassin, avait dû lui vendre l’autre acrobate. En fait c’était une bicoque en pin, sans charme, aux peintures décrépies, une de ces baraques lentement grignotée par les sables, prématurément vieillies par le soleil et les embruns. A mon image en somme.

Guignol fumait une cibiche, la plus jeunes de nos deux filles sur ses genoux. Qu’Elise soit encore debout à deux heures du matin, passe, mais qu’elle se colle à lui comme une moule à son bouchot, et que lui l’enfume sans sourciller des volutes amères de son cigarillos, le spectacle me donnait la nausée. Ca et le whisky… Ma bouteille de Glenn était déjà vide aux trois-quarts, spectatrice muette de cette indéfinissable attente, de ma propre lassitude, de ma propre dérive, de cette vie en lisière. J’étais, je m’en rendais compte, à la croisée des chemins. A l’intersection où l’on choisit de prendre, selon les gens, Boulevard de la Sagesse ou Impasse des Illusions Perdues. A cet instant où l’on se demande si l’on retourne encore une fois le sablier du temps suspendu ou si plutôt, on se décide enfin à l’envoyer bouler.

Je n’avais pas envie de formuler de réponse. Je préférais la voir se voir se noyer dans les quelques lampées du malt qui me restaient. Les reflets faméliques d’une lune trop maigre sur les flots disgracieux d’une mer trop plate ne semblaient pas plus enclins à vouloir m’aider à y voir clair.

Où lire Vince

Adel - Logorallye

Moule marinière

une moule acrobate parcourait la grande mer à la poursuite d'une métaphore géante. Arrivant à une intersection, elle constata un fort ralentissement: un sablier accidenté répandait sa cargaison de temps qui s'étalait, s'étirait en une immense marée blanche...
Ne supportant ni le temps perdu ni l'attente , elle fit prestement demi-tour et décida d'aller se faire pendre la crémaillère ailleurs.

mercredi 23 juillet 2014

Lorraine - Logorallye

LES SOLDES

Elle partit faire les soldes tôt le matin et s’agglutina à la foule de femmes pressées contre les portes encore closes. Elle avait l’habitude, l’art acquis au cours des années de se glisser comme une acrobate entre le coude-à-coude de clientes hargneuses pour se retrouver la première dans la ruée que déclenchaient les battants enfin ouverts.
L’attente fut relativement courte mais propulsée au rayon pour dames, elle s’empara sans façon d’une robe en dentelle noire, repérée la veille et qu’elle rêvait d’enfiler pour la crémaillère du 4 août prochain.

Sa main la tenait fermement, une autre main tirait de son côté.
- Permettez, Madame, j’étais la première…
- Mon œil, répondit la matrone, sans autre forme de procès.

La lutte fut âpre, remportée de justesse. La robe chiffonnée, atterrit dans le fourre-tout à côté d’un moule à gaufres à prix avantageux, d’un sablier mignon à l’ancienne pour compléter sa collection, d’un soutien-gorge rouge juste à sa taille pour trois fois rien et du slip assorti. Tant qu’elle y était, elle rafla sous le nez d’une hésitante le maillot de bain qui, à Ostende, ferait d’elle la reine des plages (du moins elle l’espérait, la file devant les cabines la dissuada d’essayer).

Elle s’en revenait, contente de ses achats, quand à l’intersection du bd Anspach et de la Bourse elle tomba en arrêt devant la vitrine de Véritas : cette capeline de paille rouge aux bords en dentelle ombragerait si bien son visage quand elle apparaîtrait en maillot à la mer. Elle n’hésita pas, entra, essaya, acheta. Elle rayonnait.

- Et de plus, quelle veine, dit-elle à la vendeuse interloquée, il est exactement du même ton que le soutien et le slip.
Ce n’était pas une métaphore, à peine une incongruité. Mais elle ne s’en rendit pas compte. Elle rentra chez elle, un peu migraineuse, prit un cachet, se coucha. Quand elle se réveilla, les idées claires mais un peu perplexe elle examina ses achats. Rien n’était vraiment nécessaire, ni même vraiment utile...

Elle soupira avec résignation : cette année encore, elle avait succombé au syndrome des soldes …

Où lire Lorraine

mardi 22 juillet 2014

Lunembul - Logorallye

Oleg " tu connais pas un jeu ? Je m'ennuie"

Viktor : " OK, alors donne moi huit mots au hasard, n’importe lesquels et tu verras, en cinq minutes chrono, j’te fais une histoire, avec début, milieu, fin, des personnages balaises et une histoire d’amour. Facile, J’suis un pro "

Oleg " Bon, c’est les vacances, alors ce qui me vient sablier - mer - crémaillère - métaphore - moule - attente - intersection – acrobate, euh ça fait combien là ? huit ? bon ben voilà"

Viktor " Mais là t'es chiant quoi, tu pourrais mettre euh par exemple pirates, sexe, pistolet, trésor, île, seins, chatte et poisson rouge. Je dis ça comme un exemple, ou bien euh… fusée, intergalactique, seins, sexe, planétoïde, laser, chatte, euh ça fait sept, bon, poisson rouge. Tu vois, des trucs marrants…"

Oleg " ben non, je veux pas, j'veux SABLIER - MER - CRÉMAILLÈRE - MÉTAPHORE - MOULE - ATTENTE - INTERSECTION – ACROBATE !!! T'es un pro tu fais une histoire. Sinon c'est que t'es pas un pro"

Viktor "De toutes façons, tu me casses les pieds. Tu m'as toujours cassé les pieds"

Oleg " T'es un poisson rouge je te rappelle, t'as jamais eu de pieds"

Viktor " si, j'en ai eu… avant que j'te connaisse et que tu me les casses"

Oleg " Tais toi et nage"

Viktor "Comme d'hab, comme d'hab…"

Nounedeb - Logorallye

Le chemin de fer à crémaillère partira dans trois minutes, dit le chef en retournant un gros sablier. En haut de la dune, vous verrez les courants à l’intersection des eaux de l’océan et du bassin. Un acrobate serré dans son collant comme un taret dans une coque en bois agita les bras tel un sémaphore : Mayday ! Mayday ! Un homme à la mer ! Mais tous, croyant qu’il filait la métaphore, comme de l’huile sur la mer déchainée, montèrent dans la cabine en attente. L’homme coula à pic, hélas, comme un moule à gaufres.

Où lire Nounedeb

Pascal - Logorallye

Les poètes guerriers

Moi, j’applaudissais, j’applaudissais à tout rompre !... J’étais un ferronnier exalté sur l’enclume de mes encouragements forcenés.

Sur le pré, nos damiers s’acharnaient à construire la victoire. Conquérants, volontaires, déterminés, audacieux, ils semaient la prairie avec leurs semelles cramponnées et chacune de leurs empreintes avait un allant envahisseur. Ils étaient courageux, braves, généreux, comme peut l’être une équipe soudée quand la patrie romanaise est en danger. Je restais debout, figé, statufié, dans un comportement d’admiration sans faille !... Mes sens étaient délégués, interfaces, rapporteurs, entre leurs exploits et ma compréhension chamboulée !... J’avais cette impression tenace de faire partie de l’équipe !... Je poussais avec le pilier, je courais avec l’ailier, je gardais ma terre avec l’arrière !... Ce devait être mes frissons qui remuaient ma carcasse avec tant de volupté sportive ; j’étais dans le match. J’avais la même fierté empathique que ces joueurs émérites. Je me levais pour suivre les actions, je gueulais pour assumer bruyamment mes fonctions, je transpirais une sueur de grande satisfaction !...

Nous, supporters dominicaux, tous dans le même moule, nous allons chercher un peu de leur audace, au stade ; nous y espérons quelques éclaboussures de vaillance, quelques étincelles de persévérance ; à leur exemple, nous redorons notre blason, nous nous gonflons d’orgueil partisan quand nous glorifions une belle action. La rencontre terminée, remplis de résolutions, nous reprenons notre voiture, dressés sur nos ergots vainqueurs. Comme si la bravoure était contagieuse, on vient se frotter contre leurs actions courageuses… Le soir, à la maison, on pend la crémaillère car chaque victoire est une célébration au repas du remerciement.

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lundi 21 juillet 2014

Danalyia - Logorallye

J’ai rêvé que je filtrais la mer avec un sablier et que je récoltais de merveilleux coquillages (quelques moules aussi).
« Quelle belle métaphore ! s’est écrié mon analyste ; à l’intersection de la poésie et de la philosophie, il s’agit de l’attente et du temps qui passe ».
Seule je ne me serais pas hissée jusqu’à de tels sommets : il m’eût fallu l’aide d’une crémaillère. Mais mon psy est une sorte d’acrobate, un virtuose de l’interprétation…

Où lire Danalyia

Porte-Plume - Logorallye

Cuisine et Voyage intérieur.

A son dernier moment, elle cuisait là dans un récipient avec vue sur une crémaillère. Puis, elle se sentit piquée par une sorte de fourche et agrippée par une bouche et des dents. Elle venait de passer un premier cap, poussée par la langue, engloutie par la glotte et l’épiglotte. La moule venait d’être ingurgitée. A l’intersection de la trachée et de l’œsophage, elle eut une hésitation, un petit moment d’attente. Telle un acrobate qui perd l’équilibre, elle glissa vers l’estomac. Malaxée, triturée, notre moule semblait retrouver son élément d’origine ; elle baignait dans une mer d’aliments, une soupe originelle, un liquide primordial. Il lui fallut passer ensuite d’une vasque à l’autre, de l’estomac à l’intestin, un curieux sablier qui rapetissait tout.
Toutes ces étapes, tous ces chapitres, tous ces organes l’amenèrent, devinez où…
Que cela soit une métaphore de toute création. On s’approprie quelque chose, on l’ingurgite, on le transforme et on le rend (en principe) plus beau…

Emma - Logorallye

La fête à Jennifer

Dans le parc du carillon, à l'intersection des rues de Lyon, et de Montmorillon, Jennifer, ma bergère berbère pend la crémaillère sous la tente, contente de voir la file d'attente bruyante. S'y sustentent Amarante, sa tante tentante et son amant Vlad, un acrobate croate, que mon frère Pat, (l'ostéopathe) appelle "le psychopathe des Carpates".
Pat est un esprit-fort qui phosphore fort, adore les métaphores gores et nous endort avec ses oxymores et anaphores.
Il a publié un traité singulier bien oublié "sabliers, clepsydres et gnomons". Préface d'Aragon. (Raymond Aragon).
Abscons.
Bon.
Bref la crémaillère est super : fruits de mer, thé vert amer en aiguière berbère, et moules-frites en marmites pour les sybarites.
Je t'envoie un selfie avec les moules.

Où lire Emma

Vegas sur sarthe - Logorallye

Figure de style

Métaphore: Figure de style consistant par exemple à comparer l'attente du dernier grain d'un sablier, l'intersection hasardeuse de deux moules en mer et la chute improbable d'un acrobate pendu à une crémaillère.

Où lire Vegas sur sarthe

Fairywen - Logorallye

Coule le sablier du temps...

Coule le sablier du temps…
Depuis longtemps
Est pendue la crémaillère
Dans la maison près de la mer.

Coule le sablier du temps…
Métaphore de la vie
Qui doucement s’enfuit
Pendant que passent les ans.

Coule le sablier du temps…
Acrobate solitaire
A l’intersection de l’hiver,
De l’été, de l’automne et du printemps.

Coule le sablier du temps…
En attente d’un lendemain
Moule d’un futur incertain
Qui s’en vient lentement.

Où voir couler le sablier du temps et où retrouver le blog d'auteur de Fairywen/Ysaline

Semaine du 21 juillet au 27 juillet 2014.

La nuit aura été douce, tumultueuse, romantique, mystérieuse. Elle vous aura peut-être épuisé et, comme l'équipe des Impromptus, vous aurez besoin de quelques semaines de vacances. Avant de partir, vous devrez néanmoins nous rédiger un texte, sur un sujet libre, mais qui devra impérativement comporter les huit mots suivants: sablier - mer - crémaillère - métaphore - moule - attente - intersection - acrobate. Merci de les souligner ou les mettre en gras pour que les gentils administrateurs puissent facilement les repérer avant la mise en ligne. Vous aurez jusqu'au dimanche 27 juillet minuit, heure de Paris, pour nous envoyer le tout à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com.


Nous vous rappelons aussi que vous pouvez consulter la page Facebook des Impromptus.

N'hésitez surtout pas à y mettre votre grain de sel et votre créativité !

dimanche 20 juillet 2014

L'Arpenteur d'étoiles - Dans la chaleur de la nuit

Vous avez dit : « perverses » ? (texte « doucement » érotique)

Acte 1

Dans le petit boudoir de Mademoiselle, l’été s’était assoupi à trop regarder le lent mouvement des blés, filtraient soupirs et murmures à travers la persienne à demi close.
La famille avait abandonné pour quelques jours la grande bâtisse, laissant la jeune fille seule avec sa gouvernante anglaise. Celle-ci contemplait le soleil découpant les ombres chinoises des grands cèdres avant de sombrer dans un flamboiement de sang, d’or et de rose. La lumière allait bientôt virer au bleu sombre puis la nuit s’avancerait doucement sur l’étang et sur le grand parc. Bientôt elle caresserait l’escalier de pierre à double hélice, orgueil de père de Mademoiselle et engloutirait enfin la maison dans une tiède pénombre.

Se hissant prestement sur une bordure de massif, Marybelle Pibberton osa un timide regard. Sa vue se brouilla et elle manqua s’évanouir dans le riche parterre de roses couleur cuisse de nymphe émue, orgueil de la mère de Mademoiselle. Seul son très britannique sang froid l’empêcha de commettre ce crime indicible, les Great maiden’s blush chéries de Madame ne se seraient sans doute jamais remise de cette intrusion saugrenue et inconvenante.
De toute la vitesse que lui permettait ses bottines et sa jupe longue serrée elle longea la terrasse, monta l’escalier, traversa le grand couloir qui résonna de sa course et de ses « oh my God, oh my God » qu’elle ne cessait de prononcer augmentant ainsi son essoufflement.

Elle ouvrit brutalement la porte du petit boudoir pour se trouver devant la lourde tenture de velours pourpre dans laquelle elle se prit les pieds et, à l’issue d’une glissade qui lui parut interminable, atterrit au pied du baldaquin tendu de tulle ivoire. Mademoiselle l’accueillit complètement nue, le visage auréolé de la vapeur légère de sa blonde chevelure. Ses yeux bleus avaient viré au noir et après avoir réprimé un fou rire adolescent elle invectiva la gouvernante qui tentait de reprendre un semblant de dignité en rajustant sa mise.
- Mais enfin Duffle-coat, vous êtes folle. Qui vous a permis d’entrer, qui plus est sans frapper ? Miss Pibberton bafouilla :
- Je vous ai vus, l saw you, vous et …et une … créature … c’est honteux. Comment avez vous osé faire pénétrer … euh … entrer un homme ici même … Oh my God, my God !
- Qui parle d’un homme, Duffle-coat, quel homme, où voyez-vous un homme ici ?

Mademoiselle se retourna, proposant à la vue de Marybelle la courbure audacieuse de sa croupe et lança en direction du lit défait :
- Solange, viens, montre-toi, ce n’est que Duffle-coat …
- Cessez de m’appeler Duffle-c … Solange ?… Who is Solange … ooooh, my God, my God.
Le rire cristallin des deux jeunes filles vint couvrir les plaintes de la gouvernante abasourdie. Solange, fille de la cuisinière de la maison, rejoignit mademoiselle, aussi peu gênée de sa rousse nudité que ne l’était son amie de la sienne.
- Dites-moi miss Pibberton, pensez-vous vraiment que Solange soit un homme, demanda entre deux rires Mademoiselle.
- Mais, mais, c’est encore pire que ce que j’imaginais. Duffle-coat avait repris ses esprits, et son air pincé confinait à la profession de foi. Je vais bien entendu en parler dès leur retour à monsieur et madame vos parents.
- Voilà une bien mauvaise idée répliqua Mademoiselle alors que Solange l’embrassait doucement sur la nuque. Cela m’obligerait à révéler certaines choses …

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vendredi 18 juillet 2014

Blick - Dans la chaleur de la nuit

Insolation

A cause de la chaleur étouffante, je n'ai commencé à tondre la pelouse qu'à la tombée de la nuit. Dans l'herbe craquante filaient des lézards et des nuées de sauterelles, les graminées jetaient en l'air une poussière argentée, des papillons éphémères y virevoltaient, et leurs ailes sèches comme la paille s'effritaient en poudroyant. Ma sueur creusait dans les allées des rigoles immédiatement infestées de moustiques et de têtards en quête de métamorphoses, où se mit à barboter Tex, le chien léopard que j'élève pour la chasse au raton laveur, qui pullule dans le marécage.

J'entendis le gravier crisser lorsque ma chérie gara sa Buick à côté de mon pickup. Elle rapportait des burgers géants dégoulinant de coleslaw et de miel, et de la bière. Il me restait bien une acre à tondre, et je m'octroyai un break, couché dans l'herbe, à écouter le bluegrass qui sortait de l'autoradio. Oh darling, tu as oublié de fermer l'autoradio, dis-je pour plaisanter, il y a de la musique qui s'en échappe, et ma chérie, souriant de ses lèvres de corail, se blottit un instant contre moi, ce qui fit naître aussitôt entre nous un marais salé de sueur bordé d'auréoles. A la radio, Earl Scruggs jouait un solo de banjo, dont les notes cristallines piquetèrent peu à peu d'étoiles le ciel nocturne. Tu n'aurais pas risqué une insolation, me dit-elle, si tu avais mis ta casquette de baseball cet après-midi.

Autour du jardin, les grenouilles-taureaux beuglent dans les vasières, et les crocodiles vagissent, assoupis dans la mangrove. Les crabes violonistes s'extirpent des racines des palétuviers et se mettent en route sans hâte pour l'Arsht Center, bavardant en chemin avec les tortues luth. Les bruants sauterelles se sont tus dans les tamariniers quand les chauves souris grises sont sorties de leurs grottes moussues, mais les tantales craquettent encore dans le noir comme du sel jeté dans la fournaise.

Malgré la chaleur accablante, j'entreprends de finir de tondre, à la lumière des phares du pickup qui éclairent la piste de danse des sphinx et des noctuelles, mais dans le nightclub des ptérosaures aux ailes soyeuses opèrent des rafles gigantesques. Des coelacanthes arrivent joyeusement des marais en brandissant des feux follets. Quand de la cime des pins palustres émerge soudain la silhouette d'un tyrannosaure, il y a longtemps que je ronfle, assommé, abruti, sur la pelouse jonchée de canettes, de lucioles, d'étoiles filantes et de débris de constellations abandonnées sur le bord de la voie lactée.

Tiniak - Dans la chaleur de la nuit

VIN DE QUATRE HEURES… (et un quart devin)

Ovales sans cérémonial
sous vos arrondis féminins
des fatigues matrimoniales
ourlent un plantureux festin

Brigandons une heure estivale
en ce nocturne effarement
aux lentes parades astrales
immuables d'égarement

Somnifère sentimental
épargne les avidités
que cet appétit cannibale
souhaite mener à satiété

À l'organique festival
aucun superflu décorum
La carne seule pour canal
se commettre, la femme et l'homme

Ah, le bel heur quand l'animal
va découvrir la profonde heure
(sans être de l'autre l'égal)
que de s'en régaler le cœur

Demain sera trop matinal...
Brisons avant que la journée
fige d'un glacis trop banal
chaude palme, une nuit d'été

Où se réchauffer l'organique...

jeudi 17 juillet 2014

Clise - Dans la chaleur de la nuit

Dans la chaleur d’une nuit d’été
Sous un ciel africain étoilé
Un moustique zèbre le silence

Où lire Clise

mercredi 16 juillet 2014

Nounedeb - Dans la chaleur de la nuit

Pas de Lune.

Fuir la chaleur de cette nuit d’été
Dans le jardin, si noir.
Sortir nue, avancer en dansant
Dans la fraîcheur soyeuse.
Les orteils sont mes yeux.
Au bout des tentacules de mes bras
Mes doigts s’agitent, anémones de nuit
Qui guident mon chemin.
Nuit de loup, de velours,
Il fait frais, il fait doux.
Qu’est-ce qui rôde,
Qu’est-ce qui frôle ma peau
Me hérisse les poils ?
La fraîcheur un peu moite
D’une souple nuit noire
Dans le jardin des illusions.
Caresse de l’air sur la peau,
Qui donne le frisson.
La nuit serait un avatar,
C’est Zeus qui m’enveloppe…

Où lire Nounedeb

mardi 15 juillet 2014

Porte Plume - Dans la chaleur de la nuit

Ciel bleu, ciel noir

Qui n’a jamais éprouvé ce plaisir exaltant, en été, lorsque l’air est si doux, de se laisser aller à contempler un ciel étoilé et sa magnificence?
On se plait, si l’on peut, à nommer les étoiles, là-haut.
Mais aussi, loin des lumières de la ville, c’est déconcertant de se retrouver, le nez en l’air, seul devant cet infini, et de découvrir, il faut se l’avouer, sa propre insignifiance.
Nous devons l’admettre, nous sommes bien peu de chose devant cet indéchiffrable Très-Haut.
De même, dans la nuit chaude et noire de ses yeux, les miens trop bleus, trop fragiles, s’y noient et s’y perdent assurément.
Ainsi en est-il que femme et ciel, amies et nuages sont les uns pour les autres, des miroirs convergents.

Lira - Dans la chaleur de la nuit

Lascive elle s'allongeait
Sur la route sableuse
Qui conduit à la mer
Sa silhouette odorante
Se glissait dans les bras
Des amours secrètes
Elle se déhanchait
Dans l'ombre caressante
D'un jeune musicien
Un parfum de jasmin
Flottait dans ses cheveux
Et la fleur d'oranger
S'enroulait langoureuse
Sur le bas de ses reins
La nuit prenait ses aises
L'été à La Chebba.

Danalyia - Dans la chaleur de la nuit

Souvenir

Un lourd ciel d’été palpitait
au-dessus des toits alanguis.

Tendre nageur inassouvi
entre les vagues du désir,
il dépliait l’aile des nuits
sur la paupière de nos rêves

- fol orage de la Rencontre
où se consumait mon amour !...

Où lire Danalyia

lundi 14 juillet 2014

Lunembul - Dans la chaleur de la nuit

Des ruelles en escalier bordées d'immeubles étroits et bas, tout de guingois. L'angle droit est interdit ici.
Hommes et femmes parlent fort, rient, boivent. Dans la chaleur de la nuit s'écaille le vernis du jour. On se laisse aller, on laisse aller.
Le linge aux fenêtres est blanc de lune.
Chiens, chats et rats ont signé une paix provisoire. La guerre reprendra quand il fera moins chaud.
On boit.
Des volets s'ouvrent, d'autres se ferment. Une femme gémit de plaisir, elle est seule pourtant.
Un père et son fils jouent aux dominos, sans paroles. Il faut le silence pour que les souvenirs se gravent.
Une odeur de chocolat, et dans l'ombre d'un jardin un baiser volé, ou donné peut-être.
Des bruits de vaisselle aussi, qui font comme des rires d'argent. Jusqu'aux étoiles, au-delà des étoiles.
On boit. On rit.
Mais surtout on s'aime.

Où lire Lunembul

Pascal - Dans la chaleur de la nuit

Songe d’une nuit d’été

J’étais invité, par une amie de grande affection, à une représentation théâtrale pendant la nuitée estivale carqueirannaise. La pièce se délivrant sous mes yeux a réveillé un autre moi, plus profond, plus généreux, plus vaillant, plus téméraire, plus exalté, plus révolté, qui gémissait sa peine de trop de sourdine et qui souffrait étrangement de ce qui se déroulait devant les rideaux… C’est comme s’il partait défendre cette Belle Hermia… Sabre au clair, l’âme en bandoulière, le cœur en bannière, il a foncé sur l’immense estrade, oubliant le spectacle et les acteurs, la foule et… le service d’ordre… Les Perséides concurrents se disputaient l’obscurité avec la longueur de leurs traînées argentées et, c’est sans doute cela qui l’a propulsé si fort sous les projecteurs…

« Mais non, mais non !... Vous ne pouvez pas vous moquer comme ça !... Mais de quel droit peut-on agir de cette façon ? On ne badine pas avec l’Amour ! Et même si *le monde entier est un théâtre, laissez ce sentiment plus puissant que tout en dehors de vos amusements de soirée ! Mais regardez-moi cette jeune femme, comme elle est triste ! Vous n’avez pas séance pour la mettre dans cet état ! On ne joue pas avec ses sentiments… C’est la seule chose qu’il nous reste d’à peu près naturel sur cette terre hostile. Ne galvaudez pas ces persistances de talent inné. Ne jetez pas en pâture ce qui nous magnifie !... Pourquoi lui faites-vous du mal ? Quelles sont ses fautes ? Regardez sa mélancolie, son désespoir ; mais touchez son tourment, sa détresse, sa peine !... Mesurez son chagrin, soupesez ses mouchoirs, entendez ses plaintes, subodorez son désarroi !... Voyez-vous ses yeux remplis de larmes et ses attentes contrites ?... Voyez-vous ses frissons, ses interrogations, son affliction ?... Etes-vous donc amputé du cœur pour vous prélasser de ses malheurs ?!... *Serait-elle aussi chaste que la glace, aussi pure que la neige, elle n’échapperait pas à la calomnie !… Mais vous êtes des bourreaux !... Sauvez Hermia ! Sauvez Hermia !... »

La foule s’amusait de vivre cet intermède, deux vigiles avaient rejoint l’estrade et une voix me criait des tirades mais… je répondais…

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Jacou - Dans la chaleur de la nuit

Quel métier !

La foule attendait
Tous avaient les yeux au ciel levé
Un gros nuage, soudain, s’est dessiné
Et puis, plus rien ne s’est passé.

Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui avait grillé
Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui s’était enflammée
Non, le spectacle n’est pas terminé
Nous allons rester
Mais où est passé l’artificier
Il faut le retrouver.

Vers le ciel nos yeux avons levé
Les étoiles étaient toutes allumées
Nous on s’est impatientés
Quelqu’un a crié :

Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui avait grillé
Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui s’était enflammée
Non, le spectacle n’est pas terminé
Nous allons rester
Mais où est passé l’artificier
Il faut le retrouver.

Alors, ensemble on l’a appelé
Quelques uns même ont sifflé
Y’en a qui se sont mis à rigoler
Quelqu’un a crié :

Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui avait brûlé
Ce n’était que la boîte d’allumettes
Qui avait explosé
Oui, le spectacle va continuer
On l’a retrouvé, l’artificier
Qui dans son lit, ronflait
Et on l’a amené.

Une voix dit : « Quel jour on est ? »
Complètement hébété,
L’artificier ignorait
Qu’on était…qu’on était…qu’on était…le quatorze juillet.

Où lire Jacou

Fairywen - Dans la chaleur de la nuit

L’appel des nuits d’été.

Il attend toujours qu’elle soit endormie avant de sortir dans la chaleur des nuits d’été, et il n’oublie jamais de la gratifier d’une tendre caresse. Mais l’appel de la nuit est le plus fort, et il sort tout doucement, sans un bruit, sans un mot. Dehors, il s’étire, se redresse et s’éloigne sans un regard en arrière. Sa démarche est assurée, son œil vif, la testostérone coule dans ses veines tandis qu’il cherche ses adversaires. Car comme toutes les nuits il va se battre, sans concessions, sans merci. Il veut rester le caïd du quartier, envers et contre tout.

Un premier adversaire, enfin… Les coups pleuvent, le sang jaillit. Il ne cédera pas. Il ne cède jamais. Il veut rester le meilleur, le plus fort, celui sur lequel les demoiselles se retournent, alors il se bat encore et encore. Il n’est pas le plus grand, mais il est le plus teigneux, et ses outsiders cèdent les uns après les autres, nuit après nuit.

Cette fois encore il reste maître du terrain. La récompense l’attend, c’est lui qui repartira avec la demoiselle aux longs cils. Comme à chaque fois…

Mais voici que l’aube annonce la fin de la nuit. Laissant là son éphémère conquête, il tourne les talons. Une autre l’attend, une autre qui ne partage pas ses nuits de sexe et de sang, une autre vers qui il retourne toujours. Il entre dans la maison sur la pointe des pieds, monte l’escalier à pas feutrés, et se love sur le lit à ses côtés, noire petite boule ronronnante. Avec elle, il est tout sucre, tout miel, avide de tendresse et de câlins. Elle est la seule qui compte vraiment, et lorsqu’elle se réveille à demi pour le caresser doucement, il ronronne encore plus fort tandis qu’elle lui chuchote en souriant :

« Te voilà, brigand… Encore allé vagabonder et courir les filles, pas vrai ? Tu es incorrigible… »

Il se contente de fermer ses yeux d’or et niche sa tête dans son cou pour mieux sentir son odeur. Avec elle, le caïd du quartier redevient petit chaton, mais lorsque la nuit reviendra, il se glissera encore hors de la maison pour défendre son titre de champion…

A Réglisse, le chat noir de mon adolescence, et qui, malgré sa petite taille, était le plus teigneux des matous du quartier, mais qui avec nous était un ange de douceur et de tendresse.

Où voir un chat bagarreur

Semaine du 14 au 20 juillet 2014

Après une semaine à vous poser des questions à grands coups de pourquoi, vous éprouvez le besoin de vous détendre et décidez de sortir dans la chaleur d’une nuit d’été… Nuit torride, nuit câline, nuit de Chine, nuit d’angoisse, nuit de désastre, nuit d’orage, nuit de folie… racontez-nous, en vers ou en prose, les mystères d’une nuit estivale. Vous avez jusqu’au dimanche 20 juillet à minuit pour nous faire parvenir vos récits nocturnes à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires(at)gmail.com.


Nous vous rappelons aussi que vous pouvez consulter la page Facebook des Impromptus.

N'hésitez surtout pas à y mettre votre grain de sel et votre créativité !

dimanche 13 juillet 2014

Ecrimagine - Pourquoi ?

Pourquoi, et puis, quand, qui, comment ?

Pourquoi mon petit chat a sauté dans l’espace de la fenêtre qui était en mode « bascule » ? Qui lui a fait peur pour qu’il réagisse ainsi ? Depuis quand est-il coincé par son bassin, là, dans ce piège mortel ? Comment en est-il arrivé là ?
Pourquoi est-ce qu’il y a du sang sur le rebord de la fenêtre ? Où est-il blessé ? Pourquoi est-ce que ses pattes arrières ne bougent-elles plus ?
Pourquoi la vétérinaire ne lui fait-elle pas une radio pour voir s’il y a des lésions internes ? Pourquoi la laisse-t-il mourir ?
Tant de questions qui au début m’occupaient l’esprit et puis, qui plus tard, s’en sont allées sans avoir de réponses, parce que mon chat est mort et qu’aucune des réponses que je pourrai trouver, ne le ramènera à la vie.

Où lire Ecrimagine

Blj 73 - Pourquoi ?

"Pourquoi faites-vous tout cela pour moi ? "
Depuis un certain temps, cette question revenait fréquemment dans ses pensées et cette fois-ci, elle avait osé la poser en le regardant dans les yeux puis rapidement avait baissé la tête par pudeur. Elle avait juste eu le temps de surprendre un léger étonnement dans son regard.
Elle n'avait pas vraiment imaginer de réponse mais elle s'attendait à un "parce que.."
Après quelques instants de silence, elle releva la tête .... Il semblait encore dans sa réflexion puis dit simplement :
"Je ne sais pas....je ne sais pas..."

Elle n'en demandait pas plus.... Cette réponse était un cadeau ...Il n attendait rien.

C'était pour elle un soulagement : toutes ces heures passées à l'aider, tout ce temps donné...Un cadeau.
Elle sortit paisible.

samedi 12 juillet 2014

Gino Gordon - Pourquoi ?

— Ecoutez, ça commence avec les présentations mutuelles, un simple échange de prénom au milieu du brouhaha ambiant, suivi d'une poignée de mains formelle et déjà vous êtes complètement sous le charme de ce nez légèrement retroussé, de ces lèvres recouvertes d'un fine couche de peinture rouge vif et dont vous suivez le mouvement en hypnose partielle. L'angoisse ne vient pas tout de suite car vous avez du métier, vous savez donner la réplique comme ces joueurs d'échecs professionnels qui enchaînent les coups mécaniquement en début de partie. Pendant qu'elle parle, il est habituel qu'un plateau garni de trucs à manger circule à grande vitesse à proximité de vous et c'est là que vous stoppez net le serveur d'un coup sur la carotide. Avant qu'il ne s'évanouisse, vous avez eu la présence d'esprit d'attraper la dernière minuscule tartine recouverte d'une fine pellicule d'houmous et de l'offrir à cette jolie femme un peu ronde qui éclate de rire parce qu'elle vous a trouvé touchant, alors forcément vous restez un peu et c'est ce qui va causer votre perte. Plus une seule de ces petites saucisses emmaillotées dans de la pâte feuilletée, aucune flute de champagne tiédasse ne pourra vous sauver du naufrage annoncé. Vous n'avez plus d'autre solution que de lui couper la parole et de lui parler de votre enfance malheureuse de petit garçon énurétique et vous voyez de minuscules larmes qui perlent au coin de ses yeux en écho au grosses gouttes de sueur qui dégoulinent dans votre cou. Le bruit de fond a un peu augmenté et vous continuez à monopoliser la parole, à dire tout ce qui vous passe par la tête et d'un seul coup, lorsque vous sentez que le moment est venu pour elle de vous répondre sur le même mode et de vous dire des choses qu'elle n'a jamais dites à un parfait inconnu, vous la plantez là, vous quittez la réception offerte par le Conseil Général et vous vous réfugiez dans votre Clio mal garée. Voilà.
— …
— Pardon, vous pouvez parler un peu plus fort ?
— Je dis : vous êtes rentré chez vous après ?
— Oui, direct.
— Vous l'avez revue ?
— Non. A quoi bon. C'est le scénario habituel. Elle m'aura pris pour un débile.
— Mais pourquoi ce comportement ? Vous le faites exprès ?
— Ça se passe toujours comme ça lorsque j'ai oublié mon sonotone à la maison.

Où lire Gino Gordon

mercredi 9 juillet 2014

Danalyia - Pourquoi ?

… Balthazar, il est beau, y m’embrasse et y veut se marier avec moi, mais j’ai dit qu’y faudrait pas qu’on aye des bébés, pour pas qu’il devienne un papa ; pasque les papas c’est trop méchant des fois, alors les mamans elles s’en vont et les petites filles les revoyent plus jamais… Moi, mon papa, j’aime pas aller chez lui, pasque sa nouvelle femme, elle est pas gentille et ses cheveux sont noirs et ses yeux aussi, ça fait peur quand elle me regarde…
Ma maman, elle a des grands cheveux tout blonds et tout doux ; le soir elle me raconte une histoire dans mon lit et puis elle me fait une grosse bise et ça veut dire qu’elle va me laisser toute seule ; alors je serre très très fort son cou, elle rit et elle tombe sur moi avec tous ses cheveux ; ça sent bon, je vois plus rien et je peux presque plus respirer. Après, elle se lève et puis elle dit : « La suite demain ! » et « Bonne nuit mon chaton » et elle éteint la lumière jusqu’à demain…
Moi, j’ai un petit peu peur de dormir, à cause des rêves. Des fois, on dirait que c’est vrai et ça fait pleurer. Alors, maman arrive dans ma chambre et elle dit : « C’est rien mon bébé, c’est seulement un vilain cauchemar » et puis elle chante tout doucement et après, c’est le matin… Un cauchemar, c’est quand j’ai plus de maman et Amina me regarde avec ses yeux de sorcière toute noire, je crie très fort et elle me dit : « elle est partie pour toujours et maintenant c’est moi ta mère ». Je pleure et puis ça me réveille. Amina, elle me console jamais, elle crie seulement : « T’as pas fini, avec tes bêtises ? Tu vas nous laisser dormir, oui ? ». Alors je pense à maman, je suis triste et je veux qu’elle soye là…
Maman, elle m’a donné un sirop à la framboise pour que je fasse pas des rêves chez papa. « Deux cuillères bien pleines, pour dormir comme un bébé », elle a dit… Et puis elle m’a donné une photo avec ses grands cheveux, pour mettre sous mon oreiller et « faire des beaux rêves, c’est magique, tu vas voir »… Amina, elle était en colère. Elle a crié : « Tes bêtises, ça me regarde pas, t’as qu’à avaler tout le flacon, si ça te chante, et la photo avec ! »

Le sirop, il est trop bon, alors j’ai un petit peu désobéi à maman… Deux cuillères, trois cuillères, et puis quatre… C’est comme chez mamie, avec toutes les framboises dans le jardin. Mamie, elle dit : « Toi, t’es ma petite gourmande préférée », et puis elle fait plein de glaces pour quand je vais venir en vacances dans sa maison…
J’aime bien embrasser mamie, pasqu’elle a des joues toutes douces, et dans son cou ça sent la vanille. Dans sa maison, ça sent bon aussi, y’a du gâteau au chocolat, même que des fois elle veut bien que je l’aide dans sa cuisine et puis après j’ai le droit de lécher toutes les cuillères… Mamie, elle met pas des pantalons comme maman. Elle a des robes avec des fleurs roses et bleues et puis des petits cheveux tout gris avec des bigoudis ; et puis elle a des grosses lunettes, pasque c’est une vieille dame…
Mais moi, ma maman, elle s’ra jamais vieille, pasque c’est que les mamies qui sont vieilles… et puis après, elle vont à la campagne dans des maisons où ça sent le gâteau partout… avec plein de framboises pour fabriquer du sirop… comme ça… les petites filles… elles font… que des beaux rêves…

Où lire Danalyia

L'Arpenteur d'étoiles - Pourquoi ?

- Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous là, dans ma chambre ?
- Parce que vous m’avez appelé. Simplement.
Il est grand, sombre. Ses pieds semblent ne pas toucher terre. Devant lui, le lit ou vient de s’éveiller une jeune fille. Longue, une carnation proche de la transparence et des yeux verts. Elle est fascinée par l’apparition, debout, immobile. Un grand manteau noir d’où sortent des mains blanches et un visage pâle tranchant avec un regard d’encre.
- Mais, je dormais !
- Vous avez murmuré, dans un demi-sommeil. Alors je suis venu.
- Je ne connais pas votre nom.

Sa voix se fit plus grave encore :
- Je n’en ai pas en vérité.
Elle le dévisage, à la fois réservée et curieuse.
- Comment ai-je pu vous appeler si vous n’avez pas de nom ?
- Chaque humain a en soi deux êtres contradictoires, opposés, deux facettes de son âme. Je suis le côté sombre de la vôtre et vos rêves étaient pleins de moi tout à l’heure. Vous êtes blonde comme je suis couleur de jais, mince somme je suis épais, faible comme je suis puissant.
Il la prit par la main.

Regardez belle Aurore. Regardez votre chambre, votre lit. Voyez ce qu’ils deviennent à présent.
- Mon Dieu ...
Les murs s’étaient écartés. Le lit flottait dans une vapeur ocrée. Le plafond immensément haut se finissait en arcatures de pierres. Le sol résonnait sous le pas de chevaux caparaçonnés. Des cathèdres guerrières garnissaient des alcôves où l’on devinait des formes mouvantes. Puis soudain, sous les voûtes semblant mêlées au ciel de la nuit, surgirent des oiseaux de feu, éclairant de leur flamboiement des paysages démesurés.
- Qu’est-ce donc que cette folie ?
- Eux ? Ce sont les esprits des damnés sortis droit des enfers. Il partit d’un rire grinçant.
Aurore se blottit contre lui et il la recouvrit de sa cape.
Coupez, coupez. Elle est bonne. Plus que bonne même. On la garde. Merci à tous et bravo.

Le réalisateur arborait un immense sourire :
- Incroyable. Messieurs les ingénieurs lumière, son et effets spéciaux, respect absolu. Nous verrons les rushes ensembles, tout à l’heure. En attendant ...
Il fut interrompu par un claquement de porte. Un homme en noir pénétra dans le décor, essoufflé, l’air penaud.
- Désolé. Vraiment désolé. J’ai eu un stupide accident et je n’ai pas pu arriver à l’heure convenue.
- Mais enfin Gaspard, vous venez de tourner la meilleure scène qui soit.
- Surement pas, je suis derrière la porte depuis dix minutes. Il y avait la lampe rouge et j’ai pensé que vous travailliez une autre scène où je n’étais pas.
- Non, non, pas du tout ... Mais alors qui était là ? Et Louise, où est Louise ?

La script poussa un cri perçant. Tous se tournèrent vers elle qui tremblait de tout son corps. Elle montrait du bout des doigts le lit où gisait, pâle, la jeune actrice.
Sur son cou gracile, deux marques rouges où perlaient des gouttes de sang.

Lira - Pourquoi ?

Nous émaillons de rêves
L'étendue considérable
Du pourquoi
Sarabande d'oiseaux indomptés
Sur le ciel qui répand
Ses couleurs froissées
Parce que l'aube, pour un temps
Déploie sa transparence
Nous accrochons notre ignorance
À des lanternes provisoires.

Lunembul - Pourquoi ?

Il y a les grands et les petits, les gros et les maigres, les placides et les agités. Pareillement, il y a les 'comment' et les 'pourquoi'.
"Dis papa, comment ça marche les voitures ? comment on fait les bébés ? comment …" demande le 'comment'.
"Dis papa, pourquoi le soleil y brille pas tout le temps ? pourquoi on roule à droite ? pourquoi…" demande le 'pourquoi'.

Comment répondre à l'enfant 'comment' ? N'importe comment, mais avec l'air de savoir, (la réponse étant plus importante que la question). En grandissant, le 'comment' devient ingénieur, ou bien employé de banque.
Comment répondre à l'enfant 'pourquoi' ? avec un unique "parce que" qui le plongera dans quelques décennies de réflexion (la question étant plus importante que la réponse). En grandissant, le 'pourquoi' devient philosophe, fossoyeur, ou ivrogne.

Le 'comment' boit du vin, le 'pourquoi' est plutôt whisky (statistiquement). L'un est slip, l'autre boxer, l'un est fraise et l'autre pêche.

Lorsqu'un 'comment' épouse une 'comment', leurs enfants deviennent rocker. Dans les familles 'pourquoi', on est roller.

Il y a des familles, c'est rare, dans lesquelles un 'comment' épouse une 'pourquoi' ou l'inverse, une 'comment' épouse un 'pourquoi'. C'est rare mais ils ont laissé leurs noms au panthéon de l'humanité : Mr Rolls et Mme Royce, Mr Jacob et Mme Delafon, Mme Rouleau et Mr De Printemps, Mr Galerie et Mme Lafayette par exemple. Que du beau linge, n'est ce pas ?

Pour ma part je suis un 'pourquoi' et je demande bien comment j'ai pu épouser une 'comment'. Mais elle, elle se demande pourquoi.

mardi 8 juillet 2014

Chri - Pourquoi ?

"On n’est pas bien, là ? Hein dites ? On n’est pas bien ?"
Le type qui venait de poser ces trois questions, sans les prononcer, s’était laissé tomber sous l’ombre d’un chêne majestueux, peu après la sortie du village de Saignon, Vaucluse.
Il était en nage. C’est que la montée d’Apt à pied par le sentier, autrefois muletier, valait son mouillant de sueur. Pour monter raide, ça montait raide. Droit comme une fumée d’usine dans un ciel sans vent. Une ligne directe pour le paradis... Justement, parlons-en, puisqu’il était assis devant sa porte :

Au loin, tes collines, sous un mistral bleuté
Là, de la lavande au bleu qui espère,
À l’est, un faux soleil, une pâleur glacée,
Ici, ces longs cyprès, que le vent exaspère…

Là, les Alpilles et le plat pays de Sault,
L’hiver, l'Ouvèze rugit, rougne y fait ses grands sauts.
Le chaud, l'été y règne, souverain sans trône,
Ses sourires accrochés aux babouches du Rhône.

Au vieux mas isolé, une cloche sonne,
Au village ensseulé, c’est l’heure du midi,
Les ombres s’y allongent, le pas s’y abandonne,
Le gros du jour y file comme le chat s’enfuit.

Terre de pierres et de mistral emmêlés,
Toits de tuiles rondes, poussières d’ocre rouge,
Platanes parasolant, lauriers blancs ou rosés,
Le gel mordant, l’hiver, quand plus rien ne bouge,

Que les arbres fruitiers, et les vignes taillées.
Province Provence, à la voix déguisée,
Cinglante badine, couette de fièvre,
Insolente ou pingre, coquette orfèvre.

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Porte-Plume - Pourquoi ?

Un conte pour petits et grands, avec plein de questions.

Un petit corbeau naquit un jour avec un plumage gris. Les parents se demandaient bien pourquoi une telle chose. Ils ne s’en offusquèrent pas même si la règle veut que tous les corbeaux soient noirs. Ils l’appelèrent « Tout-Gris ».
« Tout-Gris », en grandissant, se mit également à se poser des questions et à les poser autour de lui : « Pourquoi ne suis-je pas tout noir comme mes frères et sœurs ainsi que mes amis les autres corbeaux avec lesquels je joue dans l’arbre voisin ? » Personne n’avait de réponses.
A l’école des oiseaux, « Tout-Gris » se fit vite remarquer par sa couleur et les questions qu’il posait sans cesse et qui commençaient souvent par « Pourquoi… ». On trouvait qu’il avait un esprit curieux et original. Et il se faisait plein d’amis. Et les maitres-oiseaux n’avaient pas toujours de réponses à toutes ses questions.
Devenu plus grand, « Tout-Gris » vécut avec toute une bande d’autres corbeaux. Même s’il ne ressemblait pas aux autres, il était accepté et apprécié. Il y avait bien quelques esprits chagrins qui lui posaient des questions. « Pourquoi ne nous ressembles-tu pas ? ». « Tout-Gris » n’avait pas de réponse à leur proposer.
Un jour, un être humain, habillé tout en vert-de-gris, avec un drôle d’ustensile qui pétaradait à tout va, tua quelques-uns de ses congénères. « Tout-Gris », avec ses autres amis, se demandait bien « Pourquoi tant de haine et de brutalité ? ». Il n’avait toujours de réponse.
Un autre jour, « Tout-Gris », au cœur d’un immense chêne et au détour d’une branche, rencontra une jolie femelle corbeau. Elle, aussi, avait un plumage étrange ; quelques plumes rousses égayaient chacune de ses ailes. C’était du plus bel effet. Ils ne se posèrent guère de questions, pas de « Pourquoi », ni de réponses sous forme de « Parce que ». Mais ils firent de beaux oisillons, aussi multicolores que l’arc-en-ciel …

lundi 7 juillet 2014

Emma - Pourquoi ?

J'ai dit à maman : - pourquoi ?
Elle m'a répondu : - parce que.
Parce qu'elle regardait les feux de l'amour.
J'ai dit à Papa : - pourquoi maman répond "parce que" quand je demande "pourquoi" ?
- pourquoi quoi ? a dit Papa.
Mais je ne savais plus quoi quoi.
- Et pourquoi, il a dit Papa, pourquoi t'as encore étalé tes légos sur mon bureau ?
J'ai dit : - pas'que, et j'me suis pris une baffe.
- Pourquoi pourquoi et pas pour quoi ? j'ai demandé à la maitresse
Elle a dit - parce que c'est comme ça, et puis tu m'embêtes, Victor, avec tes questions à la noix.
Parce qu'elle était en train de ramasser les cahiers.
- Et pourquoi j'ai demandé à la dame du caté, pourquoi Dieu me voit et pas moi ?
- Parce qu'il est mystère…
- Et boule de gomme a dit Léa.
Elle a été punie.
Elle m'a pincé.
- Pourquoi non ? j'ai dit à Lison.
- Parce que, a dit la belle.
J'ai dit à Paulette : - Pourquoi pas ?
- Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ? j'ai crié au psy !
- Nous allons en rester là pour aujourd'hui, il a dit.
- D'accord, j'ai dit, vous pouvez vous brosser pour que je revienne.
Il a dit : - les séances du trimestre non suivies sont dues.
J'ai dit : - pourquoi ?
Il a dit : - parce que.

Où lire Emma

Nounedeb - Pourquoi ?

S’il n’y avait pas de « pourquoi ? »
Y aurait-il des « parce que » ?
Il y a bien d’autres tournois,
Des joutes et des farces que
L’on joue quand on est aux abois,
Au gré des humeurs fantasques.
Or il y a tant de « pourquoi ? »
Que l’on ne peut à tous répondre.
Glisser des « parce que »- je vois
Qu’il ne faut surtout pas confondre
Les « parce que » et les « pourquoi »,
Au grand risque de se morfondre.

Où lire Nounedeb

Noreply - Pourquoi ?

Un matin au levé, je me suis demandé pourquoi.
Pourquoi j’avais besoin de, pour rien, m’énerver.
Un matin au levé, je me suis demandé pourquoi.
Pourquoi à chaque pas, j’avais envie de pleurer.

Parce que eu été une réponse parfaite
Pour qui voudrait tester encore une défaite.
Mais je ne suis plus comme ça, je veux enfin tester l’être
Et devenir ce moi qui veille juste à paraître.


***

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Mapie - Pourquoi ?

C’est un fait, c’est sans appel.

Je ne crois pas aux réponses données .C’est d’ailleurs pour cela que je ne pose jamais de questions.

Je n’ai pas de réponses moi. Je ne vois donc pas comment les autres en auraient…

Les gens adorent parler pour ne rien dire (un peu comme j’écris pour ne rien raconter…), si on leur pose une question ils trouveront toujours une chose à répondre quitte à répondre n’importe quoi …

Alors bien entendu, vous qui aimez poser des questions… Sans doute vous demandez-vous pourquoi je parle de tout cela ?

A cela je ne répondrai pas, ou plutôt si tiens, une fois n’est pas coutume…

Et ma réponse est la suivante:

PARCE QUE !

Où lire Mapie

Pascal - Pourquoi ?

Pourquoi tu es de Romans-sur-Isère

Tu es de Romans-sur-Isère quand notre accent des collines t’envahit, t’accueille et t’embrasse avec ses chansons drômoises ; quand les odeurs de goudron brûlant viennent te rappeler que c’est l’été, que la ville s’est dépeuplée et que ce sont les grandes vacances jusqu’à la Grande Motte. Quand, à treize heures, il ne plane sur la ville plus aucun bruit comme si elle s’était endormie d’une sieste réparatrice. Quand l’enfilade des magasins de la rue Jacquemart se « porte close » tous les lundis, quand l’alarme de la caserne des pompiers s’essaie tous les premiers mercredis du mois avec ses trémolos assourdissants.
Quand la ville s’électrise de l’orage proche, quand les volets claquent, quand les habits séchants se tendent sous la houle venteuse, quand le tonnerre gronde dans les ruelles du vieux Romans, quand les premières grosses gouttes s’écrasent sur les toitures rougissantes et quand l’arc-en-ciel balafre le Vercors avec des couleurs incroyables. Quand le Bonhomme Jacquemart exécute sa chanson des heures avec le zèle d’un marteleur vieux de plusieurs siècles. Quand, sur la place de la Mairie, le kiosque à musique répète ses refrains de fanfare seulement dans ta tête.
Quand des troupeaux de feuilles de platanes multicolores se courent après jusqu’à ce que des gamins les shootent comme des ballons de coupe du monde, quand il plane sur le marché du dimanche des parfums capiteux de fromage de chèvre, quand tu as traversé les Halles et son lot de senteurs fantastiques, quand tu as repris trois fois de la caillette et réclamé les ravioles de la Mère Maury. Quand l’Isère miroite des scintillements étranges entre le Pont Neuf et le Pont Vieux, quand les bancs qui la longent s’occupent avec des couples d’amoureux, quand Saint Barnard réfléchit et se baigne sur son onde, quand elle se grisaille d’ardoise, quand elle bouillonne d’orages, quand elle se peint du feu d’artifice du quatorze juillet, quand elle se lisse sous l’été surchauffé, quand elle gronde des vannes ouvertes du barrage de Pizançon.

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Gaëti - Pourquoi ?

"Pourquoi ?"
"Parce que je ne t'aime plus".
"Pourquoi ?"
"Ça ne s'explique pas, c'est comme ça c'est tout."
"C'est tellement triste …"
"Pourquoi ?"
"Parce que c'est un constat d'échec."
"Pourquoi ?"
"Bah, on était parti pour faire un bon bout de chemin ensemble et là …"
"Ça n'aurait servi à rien de continuer."
"Pourquoi ?"
"On allait droit dans le mur !"
"Pourquoi ?"
"Plus de communication dans notre couple !"
"Je ne t'ai pas assez écouté, c'est vrai."
"Pourquoi ?"
"Je parle peut-être souvent pour m'épandre."
"Pourquoi ?"
"Un manque de confiance en moi sûrement."
"Ne prends pas tous les torts sur toi."
"Pourquoi ?"
"On peut dire aussi que j'ai ma part de responsabilité."
"Pourquoi ?"
"Tu sais bien, moi, j'ai du mal à dire ce que je pense".
"Oui, on a un vrai problème de communication."
Vladimir et Estragon se regardaient, les yeux remplis de larmes, assistant impuissants à la fin de leur relation, abandonnée là au bord d'une route.
"Je suis sûr que c'est ce Godot que tu as rencontré …"
"Bin non, pourquoi ?"

Où lire Gaëti

Tiniak - Pourquoi ?

POUR QUOI, DON ?

Parce que le coiffeur t'a ouvert ce dimanche
la porte de côté où tu t'engages, seule
aux feuillages d'été, d'âpres apartés feulent
J'ai les yeux dans des mains qui ne sont plus étanches

Parce que les nuées fondent sur Hermanville
comme un amer avril et son plus triste mai
j'ai le cœur imbécile et ne sais plus chanter
sur mes lèvres brûlées qu'un titre de Granville

Parce que les matins s'étirent jusqu'au soir
avec le même goût de piètre médecine
où balancent douleur et humeur assassine
nulle paix n'apparaît aux nocturnes couloirs

Parce que les journaux me sont trop quotidiens
qui n'apportent jamais la nouvelle attendue
que je crains d'y trouver où tu as disparu
je ne lis que mon pas désormais sans le tien

Mais parce qu'il faut vivre et mener sa partie
je réclame l'oubli dans le moindre sursaut
Peut-être dois-je ici graver un dernier mot
pour nos mortes amours, sur leur tombe fleurie...

Où déposer une gerbe estivale...

Vegas sur sarthe - Pourquoi ?

J'ai craqué

Pourquoi? Longtemps j'avais attendu cette question et en même temps je la redoutais à chaque interrogatoire qui démarrait avec la toute première sonnerie du réveil-matin (qu'est-ce qui sonne comme ça) jusqu'à mon premier ronflement du coucher (qu'est-ce qui ronfle comme ça) et souvent même la nuit quand elle me réveillait pour me harceler au milieu de mon rêve (qu'est-ce qui rêve comme ça) , car moi je rêvais - bien qu'elle en doutât et qu'elle fit tout pour m'en faire sortir - mais je tenais bon (qu'est ce que tu tiens), j'esquivais avec plus ou moins de facilité tous ses bâtons dans les roues (c'est quoi ces roues) , ses chausse-trappes, ses traquenards, tous ces pièges grossiers qu'elle me tendait subrepticement (c'est quoi subrepti-machin), sournoisement, insidieuse et perfide (qui est perfide, ici) , trop heureuse de semer le doute dans mon esprit, de m'obliger à réfléchir longuement au risque de boire mon café froid, au risque de partir au travail la boule au ventre ou de rentrer à la maison à reculons par peur de croiser son regard inquisiteur (quel regard inquisiteur) et son chignon en bataille (qui a pris mon sèche-cheveux), mais jamais je n'avais éludé aucune de ses sempiternelles questions à propos de ma vie d'avant, de la marque de mes chaussettes, du montant de mon découvert bancaire ou de mon goût démesuré pour les blagues Carambar dont ma préférée “Que se fait un schtroumpf quand il tombe... un bleu” qui ne la fit jamais rire (qui est-ce qui rit), pas même la première fois, et toutes ces autres questions sur la date du prochain contrôle technique (où le frein à main), du prochain relevé du compteur électrique (qui a encore pris mon sèche-cheveux) ou du dernier bilan sanguin du pépé (que va t'on faire du pépé) et auxquelles je répondais du tac au tac, ce qui déclenchait chez elle une crise aiguë de dermatite atopique (de derma quoi) qui lui faisait des cuisses de homard (c'est comment un homard) et par voie de conséquence une batterie de questions techniques pour lesquelles j'avais dû intégrer un groupe d'éducation thérapeutique en dermatologie situé à l'autre bout de la ville (où ça) et que je fréquentais tard le soir, d'où toutes ces questions soupçonneuses qui m'obligeaient à dîner froid vers minuit (c'est quand qu'on va se coucher) jusqu'à ce qu'un jour ou peut-être une nuit - je ne sais plus - (qui c'est cette Barbara) survienne cette question: Pourquoi? alors j'ai craqué (c'est quoi qui a craqué) et dans un soupir de découragement mêlé de honte j'ai répondu un Parce que.

Où lire Vegas sur sarthe

Jacou - Pourquoi ?

Plus qu’hier, moins que demain

Parce que
On est bien ensemble
Unis pour toujours, mon amour.
Regardons dans la même direction.
Que dis tu ?
Un éternel serment
Oublié bien vite
Illusions.

Où lire Jacou

Fairywen - Pourquoi ?

Lassitude extrême...

Pourquoi, mais pourquoi est-ce que mes satanés chats s’ingénient à faire rentrer des musaraignes dans la maison au milieu de la nuit ? Hein, pourquoi ? Vous pouvez me le dire, vous ? Parce que c’est pas que, mais chasser la musaraigne à trois heures du matin… Et en plus, ça mord quand on veut lui sauver la vie, la bestiole ! Ingrate, va…

Et puis d’abord, pourquoi, mais pourquoi est-ce que ces fichues musaraignes rentrent dans la chatterie ? Elles ont des pulsions suicidaires, ou quoi ? Parce que bon, quand on est un rongeur avec un minimum de jugeote (et même un rongeur a un cerveau, si, si !), on n’est pas censé éviter un endroit plein de chats et qui sent le chat à plein nez (enfin, je suppose, car moi je ne sens rien, mais j’ai un odorat humain, pas animal) ?

J’ai fini par en déduire que dans mon village, les musaraignes sont désespérées au point de se jeter toutes seules sous les crocs des chats (trop) bien nourris qui composent ma ménagerie domestique… Je vis dans le village des musaraignes dingues, et du coup, une seule question me vient à l’esprit…

Pourquoi moi ?

Où voir chats chasseurs et musaraignes dingues

Semaine du 7 au 13 juillet

N'avez-vous pas remarqué combien notre vie est faite de question(s) ? Une, notamment, revient très souvent et en toutes situations : Pourquoi ?

Pour cette nouvelle semaine, nous vous demandons de répondre à cette question, sachant que vous aurez le choix de tout y compris de la direction de votre écrit, à la seule condition qu'il contienne au moins une fois les termes "parce que" (pasque sera également accepté).

Vous avez comme habituellement une semaine pour nous dire pourquoi et nous adresser vos textes à l'adresse habituelle impromptuslitteraires(at)gmail.com avant le dimanche 13 juillet minuit parce que c'est comme ça !


Nous vous rappelons aussi que vous pouvez consulter la page Facebook des Impromptus.

N'hésitez surtout pas à y mettre votre grain de sel et votre créativité !

vendredi 4 juillet 2014

Danalyia - Un parfum de scandale

Fait divers

Comme l’affirmait un humoriste, il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade. Pourtant, l’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu, mais il y contribue tout de même et, tant qu’on a la santé, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
C’est à peu près le discours que tenait ce matin la gardienne de l’immeuble où je vis. Il faut dire qu’elle venait d’appeler la police pour qu’elle embarque un SDF qui dormait sur le paillasson de l’entrée. « Non seulement il était sale, mais il avait trop bu, il délirait, alors vous comprenez… » Au moment où je sortais de chez moi, les policiers chargeaient sans ménagement le pauvre homme dans leur voiture. Nul besoin d’être médecin pour constater que, s’il tremblait, c’était à cause d’une forte fièvre. Il était livide, claquait des dents et réclamait un peu d’eau. J’ai prié les flics d’attendre que j’aille chercher de quoi le réconforter, mais ils n’ont rien voulu savoir et ont démarré, sirène hurlante…
Dans l’entrée, la gardienne fredonnait en passant la serpillère. Mais elle a beau nettoyer, briquer, astiquer, je sens dans l’escalier comme un parfum de scandale. Je crois que je vais bientôt déménager…

Où lire Danalyia

JCP - Un parfum de scandale

Par les fonds détournés

Alors que l'œil peine aux ténèbres et n'y voit goutte,
que l'oreille aux bruits de palais tendue se réjouit,
c'est au parfum de scandale que l'odorat exulte.

Où lire JCP

Nounedeb - Un parfum de scandale

Un parfum de scandale
Flottait dans la chorale :
Une mezzo déloyale
Renversa des pibales,
Pendant la générale,
Dans le cou d’une rivale
Qui sortait en rafale
Des trémolos : géniale !
Hors le chef, un vrai squale,
Punit la déloyale
D’un toucher de mygale !
Injures plus que triviales,
Délissions en rafale…
Décision radicale :
Démission intégrale.
D’une chorale pas banale.

Où lire Nounedeb

jeudi 3 juillet 2014

Jérôme - Un parfum de scandale

La tirade du nez

Aujourd’hui, on peut être sûr que les saisons froides et humides sont derrière nous, finies, obsolètes : le signe qui ne trompe pas ? Ni le soleil ni la météo, ni les robes légères ou les shorts, ni les débardeurs ou les tenues de plage arborées au bureau ou en pleine ville.
Non. La preuve irréfutable est là : sur les trottoirs, les pieds ont abandonné tatanes fermées et épaisses ! Nez, narines, naseaux peuvent oublier les exhalaisons de pataugas, les relents de brodequin, les émanations de godillot, les haleines de bottes waterproof, les fumets de mokassins teutons, les effluves de godasses, bref les milles remugles d’orteils et de ripatons marinant inlassablement dans leur jus.
Et il y a dans l’air un arôme de babouche, une senteur de ballerine, un parfum de sandale.

- Un lipogramme en C (mais avec les 25 autres lettres de l’alphabet) qui fleure bon un parfum de scandale !

Où lire Jérôme