Kp - Le miroir et le diable
Par Les Impromptus, samedi 10 janvier 2009 à 09:59 :: Le miroir et le diable :: #4969 :: rss
Boris s’était redressé d’un coup sec.
Paniqué, il avait du mal à respirer et était en sueur. Sa tête lui faisait l’effet d’une bassine d’eau en train de bouillir, chaque bulle lui provoquant un nouveau relent de migraine.
Il était sur un lit, dans une pièce qu’il ne connaissait pas, d’une maison qui n’était pas la sienne. Il se leva péniblement, difficile de garder l’équilibre, sa respiration était toujours laborieuse. Une main contre le mur, il put atteindre la porte, enjambant une masse inerte à laquelle il ne put prêter attention. Un corps.
Ce couloir étroit paraissait interminable, et il y progressa une main sur chaque mur, le pas lent, essayant de réaliser où il était, et pourquoi il avait tant de mal à respirer. Un sentiment d’angoisse le saisit et sa respiration s’en trouvât perturbée de plus belle, alors que des gouttes de sueur venaient lui brûler les yeux.
Une première porte, fermée. Une deuxième, verrouillée de même. Il céda et se mit à sangloter.
Troisième porte, ouverte. Il se glissa dans la pièce et fut assailli d’une lumière vive qui agit comme une gerbe d’essence sur le brasier que contenait sa tête à ce moment. Le choc passé, et toujours appuyé contre le mur, il leva un bras pour se protéger des rayons du soleil qui l’agressaient à travers la fenêtre. Il ouvrit ses yeux pleinement et vit qu’il était dans une salle de bain. Redressant le regard, il remarqua la forme d’un miroir.
Il dut s’approcher pour pouvoir voir clairement son reflet, et une fois à moins d’un mètre, appuyé sur le lavabo, il vit quelque-chose qui fit basculer sa raison pour de bon. Il hurla, et la terreur lui insuffla une énergie nouvelle qu’il employa à s’enfuir. De retour dans le couloir, il s’élança, et tout en trébuchant plusieurs fois, atteint un escalier qu’il descendit aussi vite qu’il put, trop vite, car à trois marches du sol un énième coup de migraine le distrait suffisamment pour lui faire rater une marche, et c’est en roulé-boulé qu’il toucha le sol.
Aussitôt une forme bleue et blanche fut sur lui. Il la reconnut difficilement. Katy, sa sœur. Elle n’était pas comme d’habitude et son apparence avait changé. Que faisait-elle là et que leur avait-on fait ? Il devait la prendre avec lui et s’enfuir le plus vite possible de cet endroit.
Elle le redressa et l’adossa contre le mur proche, l’empêchant de se mettre debout, il protesta : - « Katy on ne doit pas rester ici ! Qu’est ce qu’il se passe ? C’est quoi cet endroit ? Ecoute moi, ma tête vas exploser, je n’arrive presque pas à respirer, et en regardant mon reflet dans un miroir j’ai vu le diable Katy, j’ai des hallucinations, qu’est ce qu’on m’a fait ? »
Katy approcha la main du visage de son frère, et il la vit en ôter quelque chose. Puis, il put avec surprise prendre une grande goulée d’air et recommencer à respirer normalement. L’instant d’après, son visage fut envahi d’une sensation glacée, humide, mais pourtant bienfaisante, comme si l’on venait de lui jeter une verre d’eau à la figure.
Après avoir rouvert les yeux, il vit qu’en réalité, sa grande sœur venait réellement de lui jeter un verre d’eau en pleine tête, et comme si cela n’avait pas suffi pour lui éclaircir les idées, elle enchaîna avec des petites gifles sur la joue avant d’élever la voix :
- « Qu’est ce qu’on t’as fait ? Tu me demandes ce qu’on t’a fait ? On a fêté ton anniversaire pauvre con ! Ha non mais je vous ai déjà vu en bad-trip tes potes et toi mais alors là vous avez fait fort ! Et encore vu que t’es mon frère j’ai eu la délicatesse de te porter sur un lit histoire que tu passes pas la nuit par terre, ho tiens, tu veux peut-être garder ça en souvenir ? »
Elle lui jeta un objet rouge, et reprit :
- « Tu dois pas encore être tout à fait dégelé de cette folle nuit hein ? Le diable dans un miroir j’te jure... tu portais un masque blaireau !…c’était costumé je te rappelle, tu crois peut-être que je me maquille en Schtroumphette tous les jours ? »
Elle finit par le lever et le faire tenir péniblement sur ses pieds, avant de dire d’un ton certes maternelle mais tout de même menaçant :
- « Alors maintenant bouffon tu prend un café, un thé, un doliprane, ce que tu veux, mais tu te tires du brouillard fissa parce que je vais pas nettoyer les restes de la fête d’hier soir toute seule ! »
Commentaires
1. Le samedi 10 janvier 2009 à 10:01, par Tisseuse
2. Le samedi 10 janvier 2009 à 10:41, par tiniak
3. Le samedi 10 janvier 2009 à 14:20, par oncle Dan
4. Le dimanche 11 janvier 2009 à 21:34, par myriam
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