Il s’est dépêché de disparaître avant que l’erreur ait un visage, celui de ceux partis trop tôt.

L’erreur de ne pas avoir soulevé des montagnes pour eux,
L’erreur de ne pas avoir su leur dire « je vous aime »,
L’erreur de ne pas avoir osé leur parler d’Elle,
L’erreur de ne pas avoir entendu leurs suppliques,
L’erreur de ne pas savoir oublier ses manquements.

Il s’est dépêché de disparaître avant que l’erreur ait un visage,
Non sept visages qui

Se bousculeraient,
Se pousseraient du coude,
S’hurleraient des insanités,
Se traîneraient à ses pieds,
Se tireraient la langue

Dans ses pires cauchemars.

Le visage d’Elle en larmes quand il franchit la porte sans se retourner, Le visage de l’immensité de la mer où Elle n’a pas navigué avec lui, Le visage de la carte de leurs origines, à Elle, à lui Le visage de l’enfant bleu dont Elle lui rabat les oreilles, Le visage de la vie qu’Elle veut lui offrir, Le visage de l’ailleurs où Elle veut l’entraîner, Le visage de demain sans Elle.

Il s’est dépêché de disparaître avant que l’erreur ait un visage, non avant que l’erreur

Soit commise,
Soit absolue,
Soit impardonnable,
Soit irréparable,
Soit fatale.

Il s’est dépêché de disparaître avant que l’erreur ait un visage, celui qui hanterait à jamais ses nuits et le reste de sa vie, celui d’Elle sans Elle.

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