Oyez, braves gens, la geste d’un pauvre ménestrel,
Oyez, braves gens, le destin funeste de Jehan.

Le premier cavalier portait arc et couronne, chevauchait un cheval blanc.
Conquérant mais chantre de la perdition, il était loin d’être innocent.
La vue du deuxième cavalier faisait trembler jusqu’aux plus preux.
Il maniait une épée écarlate du haut de son destrier rouge-feu.
Le troisième cavalier usait d’une injuste balance dédiée au désespoir !
Et la famine remplaçait l’opulence là où galopait sa monture noire.
Du quatrième cavalier, j’ai bien grande crainte à médire.
Ainsi que de son cheval pâle dont l’évocation suffit à faire périr.

Oyez, braves gens, la geste d’un pauvre ménestrel,
Oyez, braves gens, le destin funeste de Jehan.

Jehan, l’espiègle, le brave, le cœur sans peur,
Jehan, le brave, l’espiègle, comprit son erreur :
Il s’était lié à ceux qui sont précédés par une éclipse,
Il s’était lié aux Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.
Du pauvre Jehan on ne retrouvera rien, pas un ossement.
L’enfançon Jeannot partira, dit-on, sans même un sacrement…

Oyez, braves gens, la geste d’un pauvre ménestrel,
Oyez, braves gens, le destin funeste de Jehan…

Prenez garde, braves gens, prenez garde réellement,
Gentes dames, damoiseaux, ou même enfants,
Les Quatre Cavaliers sont arrivés dans la plaine !
Tremblez et repentez-vous, avant la grande peine…»

''Ambiance musicale''

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