mardi 31 janvier 2012
Le mardi 31 janvier 2012 à 19:00 :: Ferroviaire
On voit de drôles de choses dans un train indien … Prenez celui qui monte à Simla dans les contreforts de l’Himalaya. Les indiens le nomme le « Toy Train », car il est minuscule pour escalader la montagne, peinturluré en rouge et jaune, sans doute à cause des constants brouillards, et qu’il siffle à tous les virages avec une vigoureuse insistance de petit voyou. On s’y installe sur des banquettes raides dont la moleskine fatiguée souligne l’ossature de ressorts avachis. Très vite chacun s’enferme dans la somnolence ou la lecture d’un encombrant journal.
Depuis une heure, la principale activité à consisté, pour la mère de famille voisine de ma place, à déplier des serviettes, à déballer les victuailles et distribuer les galettes et les beignets, les légumes odorants, à son mari et sa progéniture, puis à verser à boire à chacun dans des gobelet d’inox, nettoyer les mains, les bouches et chasser les miettes. Puis, pendant que Monsieur se cure les dents, et que les enfants se chamaillent gentiment, elle mange rapidement, elle replie les serviettes, referme les boîtes, revisse les bouchons, renoue les torchons, remplit le panier, le hisse sur le porte-bagages avant de se rasseoir, lissant bien soigneusement les plis de son sari dont elle ajuste le pan autour de ses cheveux sombres répartis par une raie poudrée de rouge vif, distinction des bonnes épouses. Maintenant elle s’endort, tête baissée.
Turlututu ! Le train aborde la gare d’un minuscule village au quai noir de monde. Comment vont-ils entrer là dedans ? Les marchands de ballons sont les premiers à pousser leurs énormes grappes multicolores dans le wagon. Les gamins pleurnichent en les montrant, la mère répand quelques petites taloches, d’ailleurs elle arrête le marchand de thé qui s’est faufilé avec son plateau et sa grosse thermos, à peine si le cireur de chaussures peut passer avec sa caisse sur l’épaule pour rejoindre le client qui lui fait signe à quelques banquettes de là. Le père hèle un gamin resté sur le quai avec son plateau de pans et négocie par la fenêtre l’achat de cette grosse bouchée de verdure épicée qu’il mâchera un bon moment. Des voyageurs bien placés s’entremettent pour acheter des bananes et des bonbons restés sur le quai, et les font circuler jusqu’au destinataire qui leur fait repasser de la monnaie. On parle, on s’apostrophe, on se remercie. En même temps des porteurs chargés de valises précèdent de nouveaux voyageurs eux-mêmes encombrés de paquets et flanqués de famille, on se serre, les valises deviennent sièges pour les enfants, les paquets se glissent sous les banquettes dans un grand effort, de sonores discussion, des conseils et quelques rigolades. Mais le train siffle à nouveau, tous les marchands refluent en se faisant payer rapidement … quoique, à la vitesse où le train démarre, il n’est pas difficile de sauter en marche, ce que fait le marchand de yaourts, avec une souplesse négligente et sans perdre le moindre petit pot de son plateau. Enfin seuls! Chacun peut se rassoupir.
On peut regarder les grands arbres qui caressent les flancs du train, attendre qu’une perspective noyée de brume dévoile le vide d’une vallée profonde où trépigne un torrent plein d’écume, chercher à entrevoir la découpe de crêtes qui en cachent d’autres encore plus hautes, perdues dans les nuages. Le wagon tressaute et vacille sur les rails avec son ferraillement et ses à coups obstinés tandis que la vapeur refoule et s’échevelle, pulsée par la locomotive essoufflée. La côte devient rude, la vitesse décroît tellement que quelques jeunes habitués en profitent pour descendre et escorter le train en petites foulées. Indifférence, encouragements, c’est selon, mais quand ils remontent, mon voisin me dit qu’ils sont jeunes et qu’il le faisait aussi autrefois. Eh oui !
Les heures passent, à chaque étape on se serre, on accueille le divertissement des marchands, on regarde les habitants des quais venus vendre, mendier, regarder ceux qui passent. Forcément, il s’y promène aussi des vaches douces et blanches aux yeux surlignés de noir.
A Simla, la machine sera vérifiée, graissée, les wagons forcément nettoyés : à peine les voyageurs descendus, des enfants prestes monteront récupérer tout ce qu’on aura laissé, jusqu’au dernier journal, au dernier morceau de chapati.
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Le mardi 31 janvier 2012 à 16:42 :: Ferroviaire
On voit de drôles de choses dans un train.
D’abord, c’est comme un ballet confus :…C’est ici…Non, le wagon suivant…Ah ! Sur mon billet c’est la 69…Pardon, excusez-moi…
Puis les personnages s’installent : La jeune fille pose ostensiblement « Le banquet » sur sa tablette. Le cadre installe son ordinateur et quelques dossiers. Le jeune militaire cherche la meilleure posture pour allonger ses longues jambes. Une dame âgée sort d’un cabas de marché, un livre jauni et corné. Chacun s’installe dans sa petite bulle. Tous ont des écouteurs dans les oreilles, hormis la personne âgée et moi.
Je n’ai pas envie de lire, le paysage me fascine. Au premier plan, un brouillard strié de longues lignes de fuites horizontales, les champs mornes et gris de ce début janvier ensuite et, plus loin, quelques belles fermes ou de petits châteaux secrets enfouis dans des bosquets. Dans le ralentissement des villes que nous traversons et que je connais, cette impression d’être sur l’envers du décor.
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Le mardi 31 janvier 2012 à 16:40 :: Ferroviaire
Le Rouen-Amiens
On voit de drôles de choses dans un train. De si drôles de choses que j’ai même été tenté de me rendre au commissariat. Comment oublier cette scène-là ?
C’était la semaine dernière, j’étais monté dans le train qui fait Rouen-Amiens, un tortillard qui écume les gares comme certains écument les bars. Vous vous demanderez peut-être pourquoi je parle de bars... c’est à cause de ce type, assis en face de moi, qui a sorti une flasque. Il m’a proposé du cognac, j’ai refusé.
- Jamais le matin, un principe, ai-je souri.
Il m’a rétorqué que lui aussi avait des principes, avant, mais qu’ils étaient tous tombés les uns après les autres, comme des combattants sur le champ d’honneur. Ensuite, il a sorti une photo et me l’a tendue.
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Le mardi 31 janvier 2012 à 13:15 :: Ferroviaire
On voit de drôles de choses dans un train… et, surtout, on y rencontre de drôles de gens. Enfin, vous, je ne sais pas, mais moi, si. Et, en plus, ils s’assoient toujours à une place proche de la mienne. Je ne sais pas ce qui les attire en moi mais même s’il y a de la place partout, même si la voiture est entièrement vide, ils viennent se coller là, à mes côtés.
J’ai beau alors prendre mon air le plus revêche, m’appliquer à ne pas croiser leur regard, répondre à leur bonjour sur un ton à faire descendre les glaciers du pôle Nord jusque sur la Canebière… ou ne pas répondre, ostensiblement… Rien n’y fait, ils engagent la conversation tout de même et commencent à déballer leur vie.
Et quelle vie ! Ce n’est jamais un long fleuve tranquille, ça je peux vous l’assurer. Ce sont toujours des histoires torturées, tristes à en pleurer. Des enfances difficiles, des mariages malheureux, des maltraitances, des séparations, des abandons, du harcèlement en entreprise quelquefois, de la solitude et de la fragilité, toujours.
Spontanément, les gens se confient à moi et que faire d’autre, sinon les écouter ? A part se boucher les oreilles, peut-être (tiens, ça me donne l’idée de prévoir des boules Quiès, lors de mon prochain voyage).
Lorsque je descends du train, je me sens épuisée, triste et déprimée d’avoir accumulé ainsi le malheur et la souffrance des autres. Pendant un temps, ceux-ci restent miens et j’ai du mal à m’en détacher…
Mon mari me dit qu’il y aurait une profession à proposer à la SNCF : psychologue ferroviaire. Mais cela marcherait-il aussi bien qu’avec moi ou mes semblables, voyageurs de hasard, chez lesquels ceux qui nous choisissent ont décelé un je-ne-sais-quoi qui leurs permet de se libérer du poids de leur vie difficile, le temps d’un trajet ferroviaire… Et de s’en délester, tel un bagage trop lourd qu’on abandonne sur la banquette, en descendant du train.
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lundi 30 janvier 2012
Le lundi 30 janvier 2012 à 18:45 :: Ferroviaire
On voit de drôles de choses dans un train, pensait Albertine.
Assise dans le bureau du chef de la gare St Lazare, elle pleurait. Hyacinthe, son mari, avait disparu. Pour leur anniversaire de mariage, le 13 août 1876, il lui avait offert le voyage jusqu’à Meudon , dans ce transport infernal, le chemin de fer. C’était la grande mode, la folie des parisiens. Ce qui les excitaient le plus : les wagons à impériale. « Une vue extraordinaire, cher ami, croyez-moi ». Se précipitant à s’étouffer dans l’étroit escalier de fer qui menait à ces places aériennes, c’était à ceux ou celles qui seraient les premiers installés. Les dames, heureusement, avaient depuis peu abandonné la crinoline mais devaient relever leurs longues robes, permettant aux polissons de pincer les mollets, ce qui était d’ailleurs une distraction fort prisée. Pour l’heure Albertine attendait le chef de gare parti chercher la police. Elle revoyait le départ de Meudon et l’incroyable bousculade, préférant monter dans le wagon en laissant Hyacinthe aller sur l’impériale. Des pensées jalouses agitaient son esprit, « et s’il était parti avec une autre, profitant du voyage et de la cohue, dans la foule, elle n’aurait rien vu », non, elle eut honte, ce n’était pas un homme à perdre la tête . Elle se sentait coupable de l’avoir laissé seul. La porte s’ouvrit, le chef de gare et deux policiers en civil entrèrent.
- C’est vous la femme Larivière ? demanda l’un d’eux sans ménagement.
Albertine fit un signe d’assentiment.
- Nous pensons avoir retrouvé votre mari, la description des vêtements correspond.
Elle comprit aussitôt et ne pouvant en entendre davantage, elle s’évanouit. En effet, Hyacinthe était tombé du train et, horreur, s’était fait décapiter par un pont. Il avait finalement bien perdu la tête !
Les wagons à impériale furent retirés des transports, les voyageurs tombaient en cours de route et certains imprudents furent en effet décapités par un pont. La gare St Lazare est la première gare parisienne.
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Le lundi 30 janvier 2012 à 18:42 :: Ferroviaire
On voit de drôles de choses dans un train… Je réponds d’un hochement de tête à l’homme qui s’adresse à moi d’une voix de fausset. Je n’aime pas être dérangé et le trajet sera long en compagnie de cet individu qui s’installe en face de moi, les bras protégeant une sacoche de vieux cuir. Des carrés de vie encadrés de fils électriques, s’impriment à grande vitesse sur la vitre : coins de campagne maigrichonne, flèches des églises pourfendeuses de nuages, petites gares vides. Mon regard se noie dans le crépuscule qui s’installe, je n’entends plus le bruit de mastication de mon voisin qui attaque un sandwich, je n’entends plus le bruit des passagers fumant dans le couloir, ni celui des chariots poussés par des employés badgés et peu amènes. Je sais que le voyage avec elle n’était pas possible, le voyage de l’amour en général. Les illusions se perdent sur les quais anonymes, dans chaque pas perdu des salles d’attente glaciales. Mes yeux maintenant sont pleins de larmes, je voudrais ouvrir la fenêtre, respirer l’air enfumé du soir, sentir la vie de nouveau emplir mes poumons et le sang vif couler dans mes veines. Je n’ose pas bouger, je ne veux pas parler à l’individu qui me dévisage avec curiosité. Il a un aimable sourire et me tends un morceau de son sandwich. « Tenez, jeune homme, il faut vous nourrir, vous êtes si pâle ». Sa sollicitude me pèse, elle est feinte. Je le remercie assez sèchement puis le détaille à mon tour. Il me ferait presque sourire avec son complet gris, sa cravate tirebouchonnée et ses cheveux plaqués à la gomina si j’avais envie de sourire. Il le sait que je suis au plus mal, il le sent, il m’observe depuis le début du trajet …
Le train ralentit avant de s’engager dans un tunnel, les ampoules s’allument au plafonnier. Le visage de l’homme est verdâtre sous la lumière jaune. Son regard fouille le mien.
- C’est vous n’est-ce pas ?
Sa voix s’est affermie.
Que répondre, il a déjà deviné, il n’est pas là par hasard dans ce compartiment, il m’a suivi à la trace, en fin limier qu’il est.
- La valise trouvée sur le quai, la femme en morceaux… Elle vous était infidèle, c’est ça ? N’ayez pas peur de parler, parfois ça soulage, mais avant laissez-moi vous passer ceci.
Ceci est une paire de menottes sorties prestement de la sacoche de cuir. Le train s’est immobilisé en rase campagne avec de longs soupirs, les flics investissent le compartiment et félicitent le commissaire. Des fragments de visages choqués s’inscrivent dans ma mémoire immédiate. Une grande lassitude fige mes membres.
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Le lundi 30 janvier 2012 à 16:36 :: Ferroviaire
On voit de drôle de chose dans un train...
Les langues qui se parlent dans un train ne sont jamais la mienne, et malgré une écoute patiente et ouverte, la mosaïque des dialectes des passagers est tellement compliquée et foisonnante, qu’il faudrait attendre le jour de Pentecôte pour dire enfin le vrai ensemble.
Il me reste à imiter les anges qui sur le quai des gares portent nos valises.
Je les vois avec nous dans ce train chahuter, faire du bruit, chanter danser jouer même de la musique sans commettre aucune indélicatesse.
Ils nous regardent nous surmener en courant sur les quais de gare.
Notre monde abonde de ces malentendus qu’aucun départ n’arrive à effacer.
Alors on voit des passagers fatigués, bercés entre le vrai et le faux dans la nuit.
Pendant que je m’endors sur l’épaule de mon voisin qui modèle des mots que je ne connais pas, mon rêve m’emporte vers Prague, Rome, ou Lisbonne.
C’est un voyage dans le voyage à côté de chacun dans le présent et hors du temps.
Dans mon sommeil que le train bouleverse, j’invente des chemins et sculpte une nouvelle langue connue de tous.
Ma réserve de sommeil épuisée, me voilà dans ce drôle de train en train de regarder ma vie se perdre sur les rails soudés comme les ailes des anges.
Et par la colonne vertébrale du trajet qui ne mène nulle part sinon à soi j’attrape la correspondance pour rentrer chez moi.
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Le lundi 30 janvier 2012 à 09:53 :: Ferroviaire
Le destin du Malabar
On voit de drôles de choses dans un train... à commencer par cette chose collante glanée dans la salle des pas perdus et pas perdue pour tout le monde!
Entre moonwalk et pas chassés j'essaie de transmettre ce cadeau d'un anonyme et indélicat mâchouilleur à mon voisin de banquette qui n'a pour seule excuse que celle d'être mon plus proche voisin.
Le destin d'une gomme à mâcher tient en peu de mots comme mastication, déambulation, claudication, plus rarement déglutition ou constipation, bref. C'est fou ce que le trajet semble interminable dans ce train plus régional qu'express... je n'ai pourtant aucune raison d'être pressé d'arriver à Vierzon puisque j'y rejoins Germaine qui n'aura - crise oblige - pas plus de fleurs que de bonbons mais bizarrement je n'ai pas peur de la perdre.
D'ailleurs depuis quelque temps je perds tout, hier c'était ce fameux triple A, ce matin c'est mon billet aller-retour et c'est ce qui m'inquiète le plus car je sais au moins ce qu'il m'a coûté... trente deux euros pour une soirée de merde au Macumba, quelques slows trop collés-trop serrés parce que je le vaux bien et ce régécolor parfumé naphtaline qui nous libère la piste plus vite qu'un chasse-neige à Roissy.
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Le lundi 30 janvier 2012 à 09:40 :: Ferroviaire
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale.)
- On voit de drôles de choses dans un train..., reprend Fontenay, surtout quand on se retrouve dans un compartiment avec des inconnus. C’est ce qui m’est arrivé l’année dernière et c’est là que j’ai entendu la première fois parler de vous.
- De moi ?
- Oui, de vous, par deux inconnus à l’allure d’hommes d’affaire, comme on en rencontre dans les premières classes corail. Ils parlaient d’un journaliste dont « la prophétie » disait qu’il ferait échouer leur affaire.
- Vous allez me faire croire que ces deux personnes discutaient comme cela devant vous ?
- Oui… En réalité, ils ne savaient pas vraiment que j’étais là ou que je pouvais les entendre. Mais c’est une autre histoire. Laissez-moi poursuivre : donc ils parlaient d’une prophétie qu’un journaliste allait déjouer et qu’il faudrait vous éliminer mais au moment opportun.
- C’est pour cela que la dernière fois, lorsque l’on m’a kidnappé, on ne m’a pas tué ?
- Sans doute mais je ne l’ai pas compris tout de suite. Je ne peux pas vous dire qui ils sont sans que cela gêne l’accomplissement de cette prophétie. Je peux juste vous aider à l’accomplir et vous donner les éléments pour cela. C’est ma mission comme cela était ma mission de suivre ses individus.
- Donc je suis le jouet d’une prophétie, maintenant ! Et si je refuse de faire quoi que ce soit ?
- Vous ne pouvez pas. Cela s’accomplira avec ou sans votre consentement. Par le passé, j’ai déjà essayé d’aller contre le destin et sans succès. J’en ai souffert tant que l’éternité ne suffit même pas à étouffer le chagrin qui me ronge.
- Alors que dois-je faire ?
Fontenay se dirige alors vers une statue de la Vierge Marie et passe la main derrière, semblant chercher un objet. Il en ressort avec un médaillon, minuscule mais étincelant malgré l’obscurité qui règne dans ce coin de la chapelle.
- Prenez-ceci et partez d’ici. Vous irez à New York, chez mon ami Stanislas dont voici l’adresse. Apprenez par cœur cette adresse et détruisez là. Vous devez partir vite et le voir avant la fin de la semaine, sinon….Partez maintenant, vite, je sens qu’ils se rapprochent.
Farid, toujours vêtu de son accoutrement de bal masqué, n’essaye pas de comprendre, sentant que le danger lui commande d’obéir. Il suit son instinct, ou est-ce la volonté de Fontenay, et quitte le village par la forêt pour rejoindre une route et trouver un véhicule.
Où lire Ice Man
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Le lundi 30 janvier 2012 à 07:00 :: Ferroviaire
Le train jaune
On voit de drôles de choses dans un train jaune
qui circule en Cerdagne depuis Vernet-les-Bains
jusqu’à Latour-Carol, au milieu des sapins
à l’assaut des montagnes en jouant du klaxon.
Sur le pont de Gisclard, deux immenses pylônes
enrobés de papier comme des massepains,
font une haie d’honneur au petit train lambin
et à ses wagonnets qui suivent en colonne.
A l’entrée des tunnels c’est le pandémonium,
le paisible convoi devient le train fantôme
où l’on joue à crier, à mimer l’apeuré.
Si cet été, en Catalogne, vous allez
vous dorer la pilule, faites-vous trimballer
par le petit train jaune, vous ne regretterez.
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Le lundi 30 janvier 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Cette semaine, laissez là horoscopes et cartes du ciel, et partez exercer vos talents d'observateurs dans un contexte plus... ferroviaire. Vous avez toute liberté pour nous faire part de vos observations, hormis l'amorce : votre texte commencera impérativement par cette phrase : "On voit de drôles de choses dans un train..."
Vos participations doivent parvenir à l’adresse habituelle ; surtout ne manquez pas le dernier train, dimanche 5 février minuit, heure de Paris.
Bonne semaine !
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dimanche 29 janvier 2012
Le dimanche 29 janvier 2012 à 15:54 :: Zodiaque
Mon arrivée sur terre eut bien lieu en septembre. Je suis de petite taille, et ce n'est pas là une taille mannequin , et s'il m'arrive de porter du gris, ce n'est pas mon seul choix de couleurs. Ma naissance a eu lieu dans une chambre rose (de toutes façons il faisait nuit!) qui donnait sur une cour de ferme dans laquelle les poules, les vaches et les chevaux dormaient, qui dans un poulailler, qui dans une étable, qui dans une écurie. Et il faisait bon.
Et je suis une femme...
Sans doute est-ce pour cette raison que je me sens parfois différente... et seule.
Où lire M'annette
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samedi 28 janvier 2012
Le samedi 28 janvier 2012 à 11:33 :: Zodiaque
La femme capricorne a du ressort
Mais elle peut s’effondrer au bord du ravin
La femme capricorne est têtue et obstinée
Et elle peut redresser la tête d’un bond hors du gouffre…
Où lire Clise
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vendredi 27 janvier 2012
Le vendredi 27 janvier 2012 à 18:57 :: Zodiaque
La neige de ses seins roses réveille en fondant l’amant valeureux -
Abhorrer le refuge, toujours s’interdire le confort heureux.
Fantasme de femme par qui tout commence, tout continue, tout meurt,
Elle crève d’envie d’incarner l’Eve, la Marie ou l’Amazone.
Magicienne de la nuit, elle ensorcelle et dompte l’éternel -
Mourir sous la branche de gui empoisonnée du doux capricorne -
Etre la femme sagittaire, c’est ne connaître aucune borne.
Déboussole les balises, et part plus loin que le vent ne porte !
Et une autre fois s’endort sous les étoiles de l’archer Centaure.
Des yeux forêts de sapin au feu de sauge agitant sa poitrine,
Entourée du soleil qui se réinvite sur Terre, sur le seuil,
Chimère merveilleuse née du solstice et de l’indiscipline,
Elle ramasse l’automne et, une à une, fait brûler ses feuilles.
Montagnes ou lacs roussis, sentiers sur les cimes, partout elle chemine.
Brûler ses ailes pour suivre la flèche, embraser l’hiver morne,
Ruer sans frein vers l’univers, rugir, verser son feu sur les mortels,
Elle dansera sur le ciel - galopant à la recherche du bonheur.
Où lire Florie B
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Le vendredi 27 janvier 2012 à 18:49 :: Zodiaque
L’Homme de janvier peut être un homme ou une femme. Parfois c’est un petit garçon ou une petite fille, ou quelqu’un qui se souvient de l’avoir été ou encore qui l’est resté.
Il a pu naître dans la chaleur de l’hémisphère Sud, dans la froidure de l’hémisphère Nord, ou dans la touffeur d’entre les deux tropiques. Il arrive également, mais c’est plus rare, que l’Homme de janvier réconcilie climat nord et climat sud lorsqu’il est né au pôle Nord ou au pôle Sud.
L’Homme de janvier peut mourir de honte et de misère ou de satiété et d’ennui. Il peut être heureux ou malheureux, parfois l’un parfois l’autre aussi. Il peut avoir toutes sortes de croyances et d’incroyances, d’espoirs et de peurs, d’amours et de haines.
Mais toujours l’Homme de janvier mérite qu’on reconnaisse sa dignité comme les Hommes des onze autres mois de l’année.
Où lire Arthur Hidden
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jeudi 26 janvier 2012
Le jeudi 26 janvier 2012 à 22:59 :: Zodiaque
Le poisson a un caractère aqueux en cela il se rapproche du piano, et pourtant ils n'ont aucun point commun. Le poisson navigue avec fluidité dans son milieu, sans faire de bruit mais souvent efficacement...hormis lorsque il croise un animal plus gros auprès duquel il croit naïvement trouver assistance et qui l'absorbe goulûment. Pauvre poisson!
Le poisson n'a pas d'ailes sauf quand il fait un vœu et que celui-ci est exocet.
Alors le poisson si heureux en vient à bondir hors de son milieu naturel, qu'il ne tarde pas à rejoindre, tant le poisson aime être sécurisé et entouré d'éléments familiers.
Le poisson n'a donc nativement pas d'aile mais quand par hasard il lui vient l'envie de s'en rajouter même une seule, il devient non pas un ange, mais très... polisson, et on découvre là un autre trait de personnalité un peu caché.
Le poisson est multi-facettes et dit-on, insaisissable... à moins de trouver le bon endroit où l'agripper.
La conjonction, unique en cette année 2012, de Vénus et de la Lune pourrait réserver aux natifs du poisson pour la semaine à venir une débauche de surprises diverses et variées. Certains mordront à l'hameçon et en prendront pour vingt ans, d'autres frétilleront d'aise, tandis qu'une bonne partie continuera à buller sans bruisser...
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 22:54 :: Zodiaque
Si le ver so (entendre « solitaire ») balance tout aux lions, sa gît (par) terre.
La vie erre, je tords au cou les idées préconçues que les cas pris (aux) cornes de la pleine lune cache un signe du zodiaque.
Can sert donc votre matière grise ? Faites en bon usage pour déceler le signe manquant.
Sans ce corps pi, on sera incapable de calculer la trajectoire menant à lui.
G'aime au poids son allure.
Alors l'avez-vous trouvé ?
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 22:32 :: Zodiaque
BALANCE, BALANCE
"Verseau ? Sagittaire ou capricorne?
Que choisir parmi ces références?"
se dit l'écrivain Balance.
"Pas de conflit, pas de violence
De la tempérance "
Explique maman Balance.
"Santé, social, justice
Recherche ou sciences?"
S'interroge l'étudiant Balance.
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 21:57 :: Zodiaque
L’homme lion et l’enfant capricorne.
L’homme lion parlait sans cesse, racontait et expliquait surtout l’inexplicable. Chef d’orchestre de sa vie et donc des notres, théâtral, parfois ombrageux, souvent drôle, quelquefois brutal en parole mais par inattention. Pas par volonté. Cultivé à l’extrême, musicien, fier de son appartenance à cette famille si particulière qui était la sienne, il dissimulait ses nombreuses fêlures et ses terribles angoisses en chantant, imitant les artistes en vogue. Souvent aussi en jouant de l'harmonium, du "sax" ou de la "claripompe".
L’enfant capricorne était timide, secret, solitaire, entêté, observateur attentif de la vie et des gens. Ce qu’il aimait par dessus tout, c’était la cérémonie du soir. L’homme lion le prenait dans ses bras et faisait avec lui le tour de la maison. Le but de cette ronde était de vérifier que le loup avait déserté le domaine. Non pas que l’enfant capricorne eut peur du loup, bien au contraire. Il se sentait même une forme de fraternité avec l’animal sauvage honni et pourchassé. Mais le passage rituel derrière tous les rideaux, dans les grands placards et jusqu’à la terrifiante porte de la cave, prolongeait le plaisir de ces instants complices avec l’homme lion.
Et mieux encore. Bien souvent quand l’enfant capricorne avait été bordé dans le petit lit blanc, l’homme lion s’asseyait à côté et chantait juste pour lui, de sa voix de basse. Pas des berceuses pour les autres enfants, pensez bien ! Des chansons du moment ou de sa jeunesse à lui. Par exemple "La chansonnette", "Les enfants oubliés", "Mes mains", "Sur ma vie" ou "La folle complainte" sa préférée sans doute. L’enfant capricorne écoutait en essayant de ne pas sombrer trop vite dans le sommeil. L’homme lion, pour s’assurer que l’enfant capricorne dormait, changeait les paroles. Il disait "et sous ses cheveux gris, la chansonnette gros rat" au lieu de "sourit". Ou "mes mains dessinent dans le soir la forme d’une poire" au lieu de "l’espoir". Ou encore "Gondolier, dans ta gondole, gondolier t'en souviens-tu, tu chantais ta barjacqueline'" plutôt que ta "barcarole". Si l’enfant capricorne n’ouvrait pas les yeux très vite en corrigeant, alors c'est qu'il dormait et l’homme lion pouvait rejoindre sa douce femme capricorne.
Aujourd’hui l’enfant devenu homme capricorne a entendu, par hasard à la radio, Bécaud chanté "C’était mon copain, c’était mon ami, pauvre vieux copain de mon humble pays …". L'homme lion assis à côté de son lit d'enfant a soudain surgi du fond de sa mémoire. Il n’a pu empêcher les larmes de couler. Il lui a fallu arrêter la voiture sur une aire d’autoroute pour laisser passer le courant d’un chagrin doux amer mais bienfaisant.
En reprenant la route, il a pensé simplement "bonne nuit, Papa".
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 19:33 :: Zodiaque
Prête à tout donner, telle une corne d’abondance, la femme Verseau est généreuse. Elle ne lésine pas sur les dons en nature envers ses congénères, mais il ne faut pas lui demander la lune !!
C’est une femme passionnée, parfois à l’excès, tant dans ses loisirs, dans sa profession que dans ses amours. Attention elle est également très possessive !
Pour cette fin de mois de janvier la santé est parfaite,
Les amours sont aléatoires mais plutôt charnels,
Enfin côté professionnel restez concentrée, certaines erreurs pourraient être cuisantes !!
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 18:29 :: Zodiaque
"Je pense que vous êtes sagittaire...
- Oui, pourquoi?
- Parce que je le suis aussi."
Et nous nous sommes passionnément aimés. De façon épistolaire. Il allait chercher mes lettres à la poste restante du 40 rue de Rennes, Paris 15ème. Je recevais les siennes à mon lycée où j'étais élève de Terminale. Je les rédigeais avec soin, surtout les entêtes mais certaines phrases de Colette ou de Simone de Beauvoir reflétaient si bien mon état amoureux que je n'hésitais pas à les insérer dans mes missives enflammées. Plusieurs fois au cours de l'année il me rendit visite - à mon corps défendant - dans ma petite ville de province. Nous marchions le long du canal, il m'expliquait le manichéisme des westerns, les couleurs de l'Inde, la musicalité des accents...Il divorça, je passai mon bac. Mais par pure crainte de banaliser cet immense amour que j'éprouvais pour lui, je ne vins pas étudier dans sa capitale. Il pensa que le sagittaire tenait trop à son indépendance. Et les années passèrent. Un jour, j'eus la certitude d'être prête à vivre cette passion de jeunesse. Il m'expliqua alors qu'il tenait beaucoup à sa tranquillité d'âme. Je sens encore la flèche en plein cœur...
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 18:23 :: Zodiaque
La femme de novembre
Plonge dans ses méandres
Fréquentant les antichambres
Où elle aime à surprendre
Née dans un mois de brouillard
Elle développe tout son art
A s’entourer de rempart
Craignant de se blesser à son propre dard
Telle une salamandre
Elle n’est pas toujours tendre
Et joue avec les cendres
De son ego qu’elle envoie pendre
Son orgueil est sans fard
Elle aime attiser les nerfs
De ceux qui la vénère
Et s’exerce au lancer de poignard
Les jours à venir qu’elle tienne en laisse Pluton
Qui s’échine avec Mars d’agiter son volcanisme
Et choisisse plutôt la constellation d’Orion
En destination d’humanisme
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 16:11 :: Zodiaque
En amour, tout bon Bélier mâle (*) comble sa brebis de baisers brûlants.
Question tempérament, c’est un brave bougre pas bêcheur qui abhorre les bisbilles et les blancs-
becs baratineurs. Sentimental, il adore le babil des bambins et des bêtes ; au zoo de Beauval, c’est
un Bélier qui est affecté aux bébés-bonobos : biberons, bonbons, bananes…
Pour les plaisirs de bouche, il aime boire un blanc de blanc bien frais au bar-tabac du boulevard
Mirabeau.
Au boulot, il bosse comme un bûcheron. Le week-end, il joue aux boules (plus rarement au
bilboquet) et la bamboche, c’est au cabaret (ah ! Bobino…).
La semaine prochaine, prudence ! Pour commencer, Mars a mis des bombes à retardement
dans vos relations. Un peu plus tard, c’est plutôt par Pluton que la conjonction d’incoordination
perturbera vos plans. Ce ne sont pas des balivernes ! Un bélier prévenu…
(*) Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un pléonasme mais attention à ne pas
féminiser le Bélier par inadvertance : ça serait cloche !..
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Le jeudi 26 janvier 2012 à 10:57 :: Zodiaque
La femme marsienne est parfois un peu lunatique. Elle n’est pas très forte en orthographe car elle persiste à écrire marsienne dans ses chroniques. D’ailleurs elle dit souvent que Raie Bradbury reste un des ses auteurs préférés.
Les natives entre le premier mars et le 20 mars, sont les vraies femmes poisson, celles de février sont plus proches des sirènes, mi femmes mi poissons. C’est normal car la femme poisson de février suit le verseau qui lui même suit le capricorne : mi chèvre mi poisson CQFD.
La transformation en vrai poisson se situe donc en mars juste avant le printemps. Neptune est sa planète, son dieu, son maître.
On ne s’ennuie jamais avec la femme poisson, qui souvent rit comme une baleine.
Parfois, elle a tendance à se noyer dans un verre d’eau, mais c’est comme cela qu’on l’aime.
Voici la tendance pour la semaine prochaine. La pêche sera bonne mais pas miraculeuse :
Travail : La semaine sera dangereuse : ne prenez pas le métro, vous y serez serrées comme des sardines. Si votre patron vous demande de mettre le turbot, ne monter pas sur votre hippocampe en le traitant comme du poisson pourri : il vous tends juste la perche.
Santé : vos illusions ont beau être des truites, vous vous sentirez fraîche comme un gardon.
Famille : ne jetez pas vos enfants avec l’eau du bain mais chantez leur plutôt la « maman poisson » de ce cher Bobby.
Amour : il y a anguille sous roche si un jeune homme vous dit platement que vous ressemblez à une limande : répondez lui (gentiment) que le poisson donne bonne mine, c’est Ielosubmarine qui l’a dit.
Argent : Comme vu plus haut Neptune est vote planète et comme vous n’êtes pas très forte en orthographe, merci de ne plus lui écrire à l’adresse Nepthunes, vos lettres ne lui parviendront pas.
Premier décan : vous avez le vent en poulpe, continuez.
Deuxième décan : ne franchissez pas la raie blanche sinon vous risquez d’être mis sous les mérous.
Troisième décan : Votre don inné de l’organisation a attiré l’attention sur votre petite personne : vous serez chargé d’animer la prochaine manifestation « les impromptuthons »
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mercredi 25 janvier 2012
Le mercredi 25 janvier 2012 à 22:36 :: Zodiaque
Être poisson
Mais point d’avril
Ignorer l’hameçon
Dormir tranquille
Comme poisson
En son bouillon !
Où lire ABC
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 22:01 :: Zodiaque
L'homme de janvier a les mains graves, la mine ferme et le cœur solitaire.
Son cœur n'est pas de pierre loin s'en faut mais le gel à s'y fendre parfois glisse sa lame étroite et l'écorce écorchée se fait masque de verre craquelé, opacité glacée d'un regard refermé, visage verrouillé.
L'homme de janvier ascendant Ours hiberne en sa tanière et gronde aux approches importunes. Gare aux Boucles, d'or ou d'ébène, ou cuivre ou cendre ou châtaignier. L'Ours griffe et vous renverse à terre, et sa patte massive vous remue jusqu'aux larmes...
L'homme de janvier ascendant Ciel a les yeux lisses et clairs comme émeraude ou vieux glacier. Des yeux qui grisent, et, folle éprise, virent gris si trop vive votre emprise. Le Ciel fascine mais demeure inaccessible, impassible et imprévisible...
L'homme de janvier ascendant Chat a la démarche fine et l'entendement souple et la malice fait parfois scintiller ses pupilles, de préférence dans l'humour le plus noir. Volontiers le Chat se prélasse, mais de caresses tôt se lasse...
L'homme de janvier ascendant Droit ne cède rien à la faiblesse — ne dis rien de sa volonté, raide comme justice — et la règle lui sert tout à la fois d'armure et d'arme, de sabre aigu, de carapace. Le Droit détermine sa route et trace, vos doutes et vos atermoiements... y passent.
Ces jours-ci, prenne garde l'homme de janvier aux âges qui le guettent :
qu'il ait trente ans —
qu'il ne néglige pas d'antiques compagnes de voyage ;
qu'il en ait trente-trois —
qu'il rende enfin toute sa gaieté au temple des complicités d'antan ;
qu'il en ait quarante-cinq —
qu'il s'efforce d'être un peu moins gris que les nuages de janvier
— qu'il croie et il y parviendra ;
qu'il arrive à cinquante —
qu'il jette un regard plus serein sur le fleuve écoulé ;
qu'il compte onze fois cinq, harmonieux produit de deux nombres premiers —
qu'il songe à remmurer d'autres tendres présences sa retraite affective...
L'homme de janvier, en saison hivernale, n'oubliera pas de mettre beaux mots et baume aux lèvres et d'attendrir la peau rugueuse de ses mains, d'éclairer d'étincelles d'intelligence l'immensité précise de son regard pierreux, de sourire lucide et d'aimer sans réserve. Sous peine de crever, de froide sécheresse.
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 18:01 :: Zodiaque
Zodiaque orgiaque
Il était Lion de par son père
Et simple Poisson de par sa mère.
Il est voyez des appariements
Qui s’ils n’étaient volonté des dieux
Passeraient pour œuvre de dément,
Tant le résultat fut disgracieux :
La patte griffeuse d’un côté
Et de l’autre la bouche bulleuse ;
La voix rude d’une extrémité
Rencontrait l’autre silencieuse,
Et du poil le soleil adoré
Asséchait une écaille éplorée.
Pourvue par chance d’un seul cerveau,
On pouvait voir cette bête étrange
Alterner d’une patience d’ange
Bain du soleil avec bain de l’eau.
Cependant la chose était lassante,
Car les repas de proie divergente -
Poursuivre gazelle et croquer ver,
Vous mettaient bien la table à l’envers.
On fit mander un grand chirurgien,
Expert à la chose génétique
Qui d’une autruche et d’un batra-chien,
Grand prodige de l’anatomique
Obtint autrefois un autri-chien,
Genre méconnu des historiens.
Sur un vaste lit de paille humide
L’homme en blanc dans un geste splendide
Sépara du lion le poisson
Tout comme le poisson du lion.
Mais d’un bref moment d’inattention
Déjà le lion croquait le poisson,
Qui de l’arête inaccoutumé
Rendait l’âme gosier perforé.
Cette histoire n’a pas de morale
Car on dit qu’aux primeurs ancestrales,
On vit s’accoupler pareillement
Tous les signes zodiacaux
D’une immense orgie au firmament -
Et l’on vit de bien tristes berceaux ...
Où lire JCP
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 16:04 :: Zodiaque
Des astres annoncés
Verseau apeuré
Sagittaire floué.
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 15:35 :: Zodiaque
Les Hommes de mars
Les martiens, issus de la branch(i)e des poissons, sont sensibles au chant des sirènes et aux histoires qui finissent en queue (de poisson). Mais sachez que, s'ils aiment l'eau, parce qu'ils ne sont pas peaux de vache, ils ont horreur de l'écaillé...
Mais qu'ils arrêtent de s'en faire, car cette semaine, ils nageront dans le bonheur ! Carpe diem ! En tout cas, pour ceux qui préfèreront le banc à la banquette. Car, dans le cas inverse, ça risque de pêcher et il ne vous restera plus qu'à vous noyer dans la nasse avant de vous faire mener en bateau !
Sinon, tout est normal en cette fin de janvier, puisque :
Les maquereaux resteront avec les morues.
Les merlans soigneront leur raie et raseront les barbues.
La Truite de Schubert changera de thon et pourra être jouée en scie mineure ou en sole majeure. (Restez tout ouïes !)
Et si vous voulez taquiner le goujon, vous pourrez lui poser une colle sans lui tendre de perche, pour qu'il donne sa langue au poisson-chat.
Toutefois :
Si vous allez au bar, ne faites pas le congre, choisissez une terrasse à l'ombre, sinon ça ne fait pas un plie, vous serez tout rouget ! Ou alors, changez tout simplement de lieu.
S'il pleut, laissez l'étanche prendre l'eau.
Si vous n'êtes plus qu'un vieux tacaud, mettez-y un turbot et filet à l'anglaise !
Voyez que tout baigne quand on s'en fish !
Où lire Sebarjo
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 12:00 :: Zodiaque
L’homme de Juillet aime la chaleur, il se prélasse sur les plages des tropiques. Tropique qui porte son nom, et son soleil implacable sous lequel on est sûr de le retrouver, sillonnant inlassablement toutes les côtes, du Maroc aux Bahamas, en passant par celles de l’Egypte, l’Inde, la Chine et le Mexique.
Tel un héros de Miller, c’est un marginal, noctambule, alcoolique et toujours fauché. Peu regardant sur la nourriture, il avale n’importe quoi et ça ne le dérange pas de manger, à l’occasion, les reliefs abandonnés par les autres.
Cependant, il aime la bagatelle et la pratique avec zèle et brio… Vous, mesdames qui en pincerez pour lui, pourrez vous vanter de vivre avec ce cancer sans que cela ne vous affecte trop ni ne vous rende malade… sauf de vous faire éprouver le vertige de l’amour, peut-être ?!
Mais prenez garde ! Ce dilettante ne s’attache pas, il ne prend jamais les problèmes de front et pratique l’art de l’esquive, biaise et file à l’anglaise pour disparaître derrière un rocher vous laissant seule sur la plage avec le souvenir d’un amour d’été flamboyant mais fugitif.
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 11:03 :: Zodiaque
LES HOMMES DE MAI
Les hommes du mois de mai sont souvent de grands prématurés, c’est pourquoi ils naissent en avril. Parfois même en mars. Vénus entre en la lune, et Jupiter en sort. Ils seront jardiniers et auront des moustaches vertes et des tabliers frisés et blonds. Leur manche de bêche sera fragile, surtout pour ceux du deuxième décan. C’est pourquoi ils auront du mal à avoir des enfants, par contre ils feront merveille dans la décoration des parcs du moyen-atlas, quand le soleil est aux trois quarts de son zénith. Ils n’iront pas voir Johnny Halliday au Zénith mais Mireille Mathieu à la maison de l’aïeul de Moscou. Ils chanteront du Bécaud mais n’aimeront pas les baisers. Ils retrouveront leur mère lors d’une croisière sur le Nil et échapperont à un naufrage en zodiaque sur le lac d’Annecy un 29 février.
Les femmes de mai seront gaies et primesautières, elles seront de santé fragile et n’atteindront guère l’âge de vingt ans. Elles danseront sur les pointes et auront des tutus en papier crépon. Les plus chanceuses feront des concours de tango en Ukraine et quelques unes gagneront à la Roue de la Fortune. Ou à Money Drop, mais ce sera rare. En principe, elles échoueront à la septième question. Elles épouseront des scorpions solitaires ou des verseaux litaires et leur vie sera d’une grande monotonie. Elles égrèneront des petits pois sur des seuils de maisons en pierre sèche, parleront quatre langues couramment, mais cela ne leur servira à rien. Leur couvre-lit sera de couleur prune, avec des fleurs stylisées fuchsia. Elles étendront leurs draps uniquement le jeudi entre 6 et 8 heures, dormiront nues mais sans quitter leurs bagues. Elles ne feront jamais de bonnes affaires aux soldes.
Où lire Cloclo
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Le mercredi 25 janvier 2012 à 07:33 :: Zodiaque
23 juillet au 23 août.
Ha! Le lion. Le sphinx, le lion de Waterloo avec sa gueule grande ouverte, le lion d’or de Venise. Maintenant imaginez-vous le sortant de sa douche. Regardez-le ce pauvre félin. La crinière toute mouillée. Il miaule à qui mieux-mieux. On finira bien par l’acheter dans les animaleries.
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mardi 24 janvier 2012
Le mardi 24 janvier 2012 à 20:06 :: Zodiaque
Belle
Artiste
Lumineuse
Anxieuse
Nébuleuse
Charnelle
Equilibrée
Votre semaine s'annonce de bon augure vous serez bien entourée, vos collègues vous apprécieront, votre famille vous soutiendra... Attention à votre santé, écoutez vous... et laissez de côté vos idées noires!
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Le mardi 24 janvier 2012 à 18:14 :: Zodiaque
LIBRA
La femme qui se balance entre été finissant et automne coloré marque de sa plume vive les parois de ses prisons intérieures. Elle avance à pas mesurés, laissant une main compatissante lui caresser l’échine avant de lui retourner une patte bien armée car elle aime jouer parfois cruelle, parfois doucereuse. Et tant pis pour celui qui croit la posséder.
Elle n’aime pas les obstacles, ni les crocs en jambes préférant les croquembouches. Gourmande de la vie et de ses plaisirs, gourmande de l’art à l’infini.
Si le glaive de l’injustice se lève au dessus de sa tête, elle se redressera telle une pythie et malheur à l’intolérance et la bêtise. C’est peut-être pour cela qu’on l’aime même si on la juge insaisissable (d’ailleurs, elle n’aime pas les juges, surtout les petits).
Elle se rit des horoscopes mais ne peut s’empêcher de les lire et cela tombe bien car cette semaine :
Amour : Il n’aura de cesse d’être aux petits soins pour vous (elle aime qu’on la caresse dans le sens du poil).
Travail : Vous saisirez au vol les bonnes affaires (il est temps de demander l’augmentation promise et oubliée dans un coin de la tête du boss).
Santé : Vos défenses naturelles seront plus efficaces (Bien Mallarmé disait le poète, ne rime guère. Aiguisons notre plume).
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Le mardi 24 janvier 2012 à 18:10 :: Zodiaque
BELIER
Les femmes nées en avril portent des robes rouges dont les volants bougent à chacun de leurs pas. Elles sont le chiffon écarlate qu’on agite devant le taureau et s’en amusent…Les hommes les courtisent et si elles se détournent, s’entêtent. Mais seul le coup de foudre les trouvera anéanties et consentantes. Comment, combien de coups de foudre ? Je ne sais pas, moi, deux, trois…ou davantage. Je suis discrète, je n’ai rien demandé, je sais seulement qu’elles s’en remettent et utilisent leurs forces dans d’autres secteurs. Le boulot, elles le prennent à bras le corps, ce sont des battantes. Qui se battent d’ailleurs parfois contre des moulins à vent, car elles si elles s’emballent pour un projet, rien ne les arrête. Et pas nécessairement la réflexion…Ce qui peut les amener à l’échec. Elles n’y stagnent jamais longtemps. Leur énergie les reprend par la main et en avant marche, les voila reparties.
Faciles à vivre ? Je ne dirais pas ça. Mais aimables très souvent. Rancunières ? Jamais. Elles ont trop d’idées en tête, en chantier, pour être susceptibles. Pas de temps à perdre. La vie est devant soi. Et si elles ont le rire à fleur de lèvres, un air de jeunesse et un dynamisme étourdissant, elles l’ont peut-être puisé dans ce printemps qui les vit naître.
Elles peuvent être à la fois très romantiques et fonceuses. Elles déroutent souvent leurs proches, mais ce sont des amies et des épouses généreuses, sur qui on peut s’appuyer.
Mais comme le Zodiaque est une grande partie de plaisir dans laquelle personne ne s’y retrouve, un ascendant malin pourra détruire tout ce bel édifice. Ajouter une pincée d’agressivité, par exemple. Et un Bélier en colère, c’est un Bélier en colère… Et si le Zodiaque lui complique encore la vie par une pincée de susceptibilité, ou de jalousie, ou de comédie, imaginez le tableau…
Je m’en tiendrai donc à ma Bélière séduisante, généreuse et confiante qui peut faire le bonheur d’un homme, qu’il soit Scorpion, Sagittaire, Lion, ou Bélier lui aussi. Mais là, je ne garantis rien…
Où lire Lorraine
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Le mardi 24 janvier 2012 à 13:50 :: Zodiaque
le Taureau
Bien qu'il porte les cornes avec prestance, l'homme taureau est un faux battant.
En effet, conçu en période estivale voire caniculaire, au camping municipal de Palavas, il en garde une certaine indolence, ce qui place son existence sous le signe de l'ambivalence.
Côté face il ne craindra pas les raids aventure, comme le 5 kms à la boussole en forêt de Fontainebleau. Côté pile, il cultivera le match sur canapé, surtout après le mariage.
Il portera à merveille le pantalon à pinces et le gilet court à brandebourgs, ce qui ne lui sera d'aucune utilité, ses compétences ne le conduisant pas vers la figuration cinématographique, mais plutôt la gérance de Lavomatic ou l'expertise numismate.
La femme taureau est une impossibilité biologique, handicap qu'elle surmontera en pratiquant l'humour vache.
Elle ne cuisinera pas la tête de veau. Elle porte avec grâce le pantacourt et les tops fluo. Si elle se fait décolorer, elle renoncera à la couleur anis qui lui fait le teint plombé.
Eprise d'idéal, elle se parfumera au Crépuscule de Cardior, lira Marc Lévy et écoutera André Rieu. Elle utilisera sans compter les produits hydratants, regalbants, raffermissants et repulpants. Native de Mai, et mariée, elle évitera le gloss "rose de chine" que son fiancé trouvait sublime, mais son mari immonde.*
Elle trouvera la passion auprès du Bélier, et la tranquillité avec l'homme Vierge, bien qu'il ne l'avoue pas.
**Points de vente dans notre carnet d'adresse en page 78
Où lire Emma
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Le mardi 24 janvier 2012 à 07:51 :: Zodiaque
Mystique rive (hier)
Qui sait ce que le karma foutra
de mes supputations zodiacales ?
M’en fiche autant que ce vieux rorqual
ignore ce banc de bélougas
J’aligne ces rimes pour la gloire
du signe maître dont il est dit
(c’est bien le cadet de mes soucis)
que ses feux motivent nos histoires
Faut-y êtr’ con !
pour se croire assujetti au signe du Lion ?!
Mais bon ! faisons – c’est là qu’on signe ?
preuve de majesté insigne :
Je prédis donc, pour la semaine
aux joyeux natifs du mois d’août
malgré les regrets de l’époux
quelques joyeusetés foraines
(oui, je dis vague
mais c’est le lot des prédictions, c’te blague !)
Oh ! Je vois… Je vois, pour mardi
un problème d’incontinence
pour celles et ceux qu’une danse
aura portés à dire : « oui »
Aoutiens du premier décan
ne cédez pas aux bavardages
Il en va de votre courage
à taire vos émoluments
Et, pour la fin de la période
pour contenter vos catharsis
sucez ce bâton de justice
ou préparez-vous à l’exode
Vous avez Jupiter en Mars
(quoique nous soyons en janvier)
Le front de votre fièvre y est
pour quelque chose dans la farce
(et n’y peux mais !)
Ô soleil !
comme tu masques ton déclin
quand pointent de ton riverain
les déclinaisons de vermeil
sur la prairie, dans la savane
où lions et hyènes se pavanent
Pi’ quoi, encore ?
La météo des météores ?
L’avenir de ce millénaire ?
Une absolution des Enfers ?
Je ne sais que peindre au décor
mes révolutions éphémères
Où ne pas prendre ses vaisseaux pour des starships...
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lundi 23 janvier 2012
Le lundi 23 janvier 2012 à 21:42 :: Zodiaque
LA LIONNE
Femme de l'été
Femme de juillet
Tu les feras rugir
De rage ou de plaisir
Tu les feras chanter
Tu ramasseras le blé
S'ils jouent de la crinière
Si tu es prisonnière
Tu trouveras demain
Pour grignoter tes liens
Un jeune souriceau
Hardi, fringant et fin museau
Tu deviendras végétarienne
Peut-être même un peu bohème
Le temps d'une lune capricieuse
D'une planète baladeuse
Mais reviendra l'été
Feu, flamme de juillet
Tu les feras rugir
De rage ou de plaisir.
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Le lundi 23 janvier 2012 à 18:12 :: Zodiaque
NOUVEL AN CHINOIS
(23 janvier 2012 – 10 février 2013 - Année du Dragon
HOROSCOPE franco-chinois: semaine du 23 janvier au 29 janvier 2012
Notre signe de la jonque — euh pardon, du zodiac — en vedette cette semaine : LE LION
Les natifs du Lion nés dans l’année du Dragon, remarquables danseurs reconnaissables à leur
abondante chevelure, sont communément attirés par les chimères (of course, NDLR).
De manière générale, pendant toute l’année du Dragon 2012-2013, les hommes Lion auront plus
d’une fois l’occasion de rire jaune, et se laisseront mener à la baguette.
AMOUR : Quand on nem, on ne compte pas, et on est raviolis, dites vous…
Pas de bol (de riz) ! Votre gazelle légitime vous dira : « On drague ? On dort !!! »…
SANTE : Mettez-vous à la diète ! Avec votre appétit féroce, vous êtes trop portés à vous tailler la
part du lion. N’oubliez pas que les petits risottos font les grandes rizières…
TRAVAIL : Fainéants de nature, les hommes Lion voudront faire bosser leurs femmes à leur
place comme d’habitude.
Remuez-vous la crinière ! Car comme dit le proverbe : ''« Si la Chine oise à Pontoise, la Chine
toque à Bangkok ».''
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Le lundi 23 janvier 2012 à 16:42 :: Zodiaque
Le ou la gémeaux gémit. C'est là une de leurs principales caractéristiques qui les fait, la plupart du temps, passer pour un comédien hypocondriaque. Ce que l'homme ou la femme gémeaux vivent très mal et les amène parfois à considérer que personne ne les comprend. L'hypocondrie se complique alors de paranoïa. Un vrai désastre.
La faute en est à la conjonction des planètes, car ce signe double multiplie par deux tout ce qui arrive. Ainsi, en fin lettré, le ou la gémeaux ne dit pas : j'ai mal, mais j'ai maux.
C'est aussi la raison pour laquelle on a signalé des cas de gémeaux bigames.
Pour compenser cette tendance névrotique et douloureuse et le mauvais procès qu'on leur fait, les gémeaux n'ont d'autre alternative que de manger pour deux. C'est pourquoi certains signes auront tout intérêt à les éviter, en particulier les poissons dont les gémeaux ne font en général qu'une bouchée.
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Le lundi 23 janvier 2012 à 14:17 :: Zodiaque
La femme native du capricorne, cadastre astrologique en main, garde l’esprit matois du paysan.
Entre le pouce et l’index, elle garde le temps comme de l’or friable.
Évitez les bourrasques de la femme Capricorne dont elle ne peut maitriser ni la force ni la direction.
Ses humeurs annonciatrices de larmes et de gros sanglots font de la femme capricorne une ‘Perette sans pot au lait’
rien ne l’invite à l’euphorie, sauf si elle rencontre hermès aux pieds ailés lui-même !!!
Elle reste tout de même insubmersible, sauf devant un problème de géométrie.
Elle y préfère les farfadets des temps anciens.
Fille cachée du Sagittaire, elle conserve un défaut de libido qu’elle sait compenser par une frénésie des voyages et des déménagements.
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Le lundi 23 janvier 2012 à 13:50 :: Zodiaque
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus par la femme de chambre et Farid se retrouve kidnappé et enfermé dans une cellule sombre et humide. A peine libéré de cette geôle, il se retrouve emmené par une étrange créature jusque devant un autel de pierre. Là une sorte de prêtre lui donne l’ultimatum de ramener Fontenay dans les 48 heures. Après avoir été libéré, il trouve justement une lettre énigmatique de celui-ci dans sa voiture. Il s’interroge sur ce texte et décide de faire des recherches à son bureau, jusqu’à enfin trouver la solution. Il lui faut se rendre dans un restaurant asiatique bien particulier. Sur le point d’abandonner ses recherches, la solution de l’énigme lui apparaît soudain et sa table s’enfonce dans le mur et il se retrouve dans une pièce sombre. Quelqu’un entre, un valet qui le guide silencieusement jusqu’à une curieuse salle de bal au plus profond de la terre. Il y retrouve enfin Fontenay qui lui parle de l’histoire du lieu et d’un mystérieux breuvage contenu dans une carafe qui permettrait aux vampires de vivre. Est-il au milieu d’une lutte entre bien et mal ?En tout cas, Fontenay et lui sont suivis. Fontenay dit à Farid de marcher en silence afin de ne pas réveiller… quelque chose ou quelqu’un. Après un voyage dans un ascenseur très particulier, les voilà soudain face à une tourelle en Provence. Essayant de passer inaperçus dans leur accoutrement, ils vont dans une petite chapelle et débloquent un passage secret)
Avec leur redingotes voyantes, heureusement que personne n’entre dans la pièce.
- Farid, vous êtes bien Dragon, dans l’astrologie chinoise ?
- Oui.
- Je vous reconnais bien là, téméraire, sachant être discret mais toujours prêt à combattre les injustices. D’ailleurs votre redingote n’a-t-elle pas les reflets des écailles du dragon bleu qui a créé les montagnes et îles de la baie d’Halong ? Oui, c’est tout vous, à avoir cette sagesse confucianiste et en même temps n’écouter que vous même et rechercher une petite part de gloire, cette recherche qui vous a conduit au journalisme un peu par hasard.
- Euh ...
- Taisez-vous. Savez-vous seulement ce qui vous attend dans la semaine qui vient ? Savez-vous que le monde peut être à feu et à sang, dans un chaos que même un dragon de feu ne pourrait y survivre ? Il faudra écouter les autres, il faudra suivre sans discuter jusqu’à l’heure du jugement. Il vous faudra protéger ce que je m’apprête à vous donner maintenant car nos chemins vont se séparer, peut être à jamais.
- Mais que dois-je faire ?
- Survivre, simplement, comme votre signe, le dragon, dont on pense qu’ils ont tous disparus. Votre destin fera le reste et bientôt il vous faudra combattre comme je vais le faire dans quelques heures.
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Le lundi 23 janvier 2012 à 12:40 :: Zodiaque
La femme de février frétille gentiment.
Elle a souvent des tenues chatoyantes et des lunettes à monture d’écaille.
Elle vit généralement dans le bleu : Grand, profond, salé.
Si sa vue est faible, si elle est peu bavarde, elle a pourtant l’ouïe très fine et perçoit l’appel des sirènes avant même qu’elles ne se déclenchent.
Pour cette année, la femme poisson risque de toucher le fond, surtout vers le 1er avril. Le vendredi Pascal ne lui sera guère propice non plus.
Cependant, le reste de l’année, elle flottera doucement entre deux eaux sans faire de vague.
Côté travail : L’agence Fish’her lui décernera la palme, le tuba et le triple HA :
Hameçon, Harpon, Hallebarde.
Côté amour : Le fond de l’eau étant fraie, la poissonne polissonne évitera les bobards des beaux bars et les rets du maquereau si elle ne veut pas se faire du sushi…
Côté santé : L’arête vive, la nageoire fringante, l’œil vitreux…Tout va bien !
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Le lundi 23 janvier 2012 à 07:40 :: Zodiaque
Tu es natif du signe de Flaubert, et faute de Bohème à barbe tressée m’ayant bégayé un jour de banquet des mots sans suite, je ne sais qu’en déduire.
Soyons donc empiriques : à peine né, tandis que je te serrais fort, peau à peau, et t’emmenais dans une sorte d’étuve à pruneau, je surpris tes yeux, que j’aurais crus hagards après tant d’efforts, à virevolter du couloir à mon menton, des gens jusqu’à mon front. Dans l’étuve où mon front se mit à luire et où la lumière était tamisée comme dans une église, je t’avais emmitouflé dans une serviette chaude ; et tu te mis à regarder alentour cette fois avec entêtement. Longuement, tu fixas mes yeux ; puis longuement, le plafond ; puis longuement, une infirmière affairée qui finit par s’exclamer : « hé bien il sourit déjà, ça promet ! » (tout était sombre, ce n’était peut-être qu’une grimace fortuite, mais qu’importe).
Sans être Bohème et ayant même rasé ma barbe d’un mois, je prédis sans bégayer, jeune tambour hivernal natif de Flaubert, que cette semaine tu écarquilleras encore tes yeux d’Orion, tes rétines avides ; qu’en guise d’amour, tu te blottiras encore longuement dans les seins de ta mère ; qu’au cerisier penchant ses branches nues à la fenêtre de ta chambre, tu brandiras tes poings serrés, chaque jour aux doigts moins malhabiles. Et que pour la suite, ma foi, Flaubert ou pas Flaubert, l’homme est homme et changeant, tantôt lucide, tantôt enamouré, tantôt intuitif et ponctuel, tantôt lent et lourdaud de mille peines.
Tu noteras que je suis un piètre astrologue, hein, puisque extrêmement précautionneux.
Où lire Quebre
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Le lundi 23 janvier 2012 à 07:30 :: Zodiaque
Porteurs d'eau
Contrairement à l'Homme de mi-août échaudé et craignant l'eau froide, l'Homme de mi-janvier est de la race dite des porteurs d'eau.
Sous une apparente froideur - saison oblige - il sait d'un coup de génie briser la glace du fleuve Eridan auprès duquel il vit.
Penché sur son vert seau, il est épris de voyages et de liberté tel d'illustres qu'on vénère congénères : les Jacques Prévert, Jules Vert et autres Franklin Roosevert.
Prévisions astrologiques pour la semaine du 23 janvier 2012:
Amour : En péchant par excès d'eau fraîche, vous ne gagnerez qu'en amour-propre
Argent : A troquer le vert seau pour un panier percé, point d'argent vous n'aurez
Santé : Méfiez-vous de l'influence néfaste d'Uranus qui vous mène droit à la crise hémorroïdaire!
Jean-Paul Grousset ne disait-il pas "Je suis verseau ascendant recto" ?
Travail : C'est bientôt le moment de saisir les bonnes opportunités... en mai, un Homme de mi-janvier pourrait bien laisser son poste vacant
Où faire un signe à Vegas sur sarthe
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Le lundi 23 janvier 2012 à 07:00 :: Zodiaque
Anniversaire
Pour les petites filles nées de la fin janvier
voici quelques vers sots, quelques rimes agiles
qui vont de pair avec leurs allures fragiles
de chatons adorables ou de gentils pluviers.
Cependant quand Vénus entre dans le Bouvier
ces enfançons se font « colosses aux pieds d’argile »
on ne les contient plus, parole d’évangile,
aux Lions, aux Taureaux, ils n’ont rien à envier !
Ces jours-ci Jupiter apaise les conflits,
les Verseaux seront doux comme des fruits-confits
leur présence sera pour chacun un cadeau.
Le soir à la maison ils seront raisonnables
à l’heure du dîner ils passeront à table
et mangeront sans renverser leur verre d’eau :))
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Le lundi 23 janvier 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Les mystères révélés dans la tour nous incitent à privilégier une approche énigmatique, symbolique, non dépourvue d'un certain humour, avec ce thème proposé par Cloclo lors de notre « Foire aux thèmes » de fin d'année :
Alexandre Vialatte, dans son livre "Dires étonnants des astrologues", a défini ainsi l’Homme de septembre : "les hommes qui sont nés en septembre sont généralement grands, bien faits et vêtus de gris. Ils viennent au monde dans des chambres jaunes qui donnent sur des jardins de province ornés de quelques poiriers de plein vent."
A la manière d’A. Vialatte et avec la dérision qui est la sienne, brossez-nous un portrait rapide des natifs du signe astrologique de votre choix et donnez-nous leurs prévisions astrologiques pour la semaine à venir.
Vos délires sont à envoyer à l’adresse habituelle, avant dimanche 29 janvier à minuit (heure de Clermont-Ferrand).
Bonne semaine !
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dimanche 22 janvier 2012
Le dimanche 22 janvier 2012 à 22:04 :: Message oublié
Ce n'est pas une bouteille à la mer.
Ce n'est pas un pigeon voyageur.
Ce ne sont que des mots, glissés à l'aventure, dans un croquembouche de cérémonie, sauvés par je ne sais quel miracle de l'impitoyable gourmandise des invités de la tour.
C'est un rendez vous.
C'est une invitation.
Ce n'est pas un dîner aux chandelles. Ce n'est pas un rencard amoureux.
C'est juste un petit moment de bonheur à la lueur d'un lumignon.
Rien ne vous oblige à y consentir, laissez vous guider en toute quiétude par le parfum des mots et la lecture de vos sentiments. Au recto de ce message vous trouverez inscrit le nécessaire pour une rencontre aussi improvisée que ne l'est ce message.
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Le dimanche 22 janvier 2012 à 20:22 :: Message oublié
Message à ne pas oublier
Dans une agence d’organisation de mariage sous une magnifique photo de mariage où l’ont voit les deux jeunes mariés d’une seule et même main découper la pièce montée avant de la servir aux invités avec sur leurs visages les traits du bonheur par excellence ; j’ai lu cette petite phrase qui la résumait :
« Le croquembouche ou pièce montée a ce parfum impitoyable de l’union sacrée donné par le prêtre ; la mariée en blanc, le marié en noir consentent à rester unis jusqu'à la fin de leur vie pour le meilleur et pour le pire avant d’aller festoyer avec la famille et les amis sous une ribambelle de lumignons.
Espérant que leur amour soit éternel !! »
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Le dimanche 22 janvier 2012 à 12:16 :: Message oublié
Ah, les bons repas familiaux !
A la communion de ma petite sœur, après la messe, la famille au grand complet s’est installée autour de la table rallongée pour l’occasion. Maman a mis les petits plats dans les grands : rouleau de jambon macédoine, rôti de veau pommes duchesse et au dessert le fameux croque en bouche avec la communiante en plastique au sommet et la croix en nougatine. Il dégageait un parfum de vanille alcoolisé qui nous dilatait les narines.
Papa avait consenti à cet achat au dessus de nos moyens. Son budget était serré et il était impitoyable avec les dépenses superflues. Pas question de dépenser plus que de raison.
Mais pour la communion de ma petite sœur, il était prêt à tous les sacrifices pour épater Grand-mère et lui montrer qu’il savait recevoir.
Il faut dire qu’entre Grand-mère et lui c’était la guerre. Ces deux là n’avaient jamais pu s’entendre et leurs rencontres étaient jalonnées de piques plus méchantes les unes que les autres. Grand-mère traitait Papa de gagne-petit, de sans ambition et Papa trouvait que Grand-mère était une prétentieuse qui « pétait plus haut que son derrière ».
Nous, les enfants, on comptait les points et on enrichissait notre vocabulaire.
Les repas de famille étaient propices à ce genre d’exercice. A Noël dernier, Grand-mère avait trouvé à redire sur les lumignons que papa avait installé dans la maison, les jugeant trop chiches. Papa avait rétorqué qu’ils avaient le mérite d’éclairer contrairement à Grand-mère qui n’était pas une lumière ! Ca avait chauffé ! Grand-mère, rouge de colère était repartie avant la dinde au marron.
Ainsi de repas de famille en repas de famille, les mots fleuris et les noms d’oiseau volaient entre Papa et Grand-mère, pendant que les autres adultes , maman, mes oncles et tantes tentaient bravement de dévier les conversations vers des rivages plus neutres donc plus sereins. C’était peine perdue !
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samedi 21 janvier 2012
Le samedi 21 janvier 2012 à 21:20 :: Message oublié
Le mariage de ma cousine
J’avais huit ans. C’était le mariage de ma cousine Véra. J’étais garçon d’honneur et je me souviens de tout. Je portais un ridicule costume gris clair avec un short long qui laissait voir mes genoux. Nous habitions tous Marseille et le mariage avait eu lieu dans la ville. C’était la fin du printemps. Le curé se mouchait tout le temps. Il devait avoir le rhum des foins. Moi j’avais un peu mal au cœur de sentir les parfums des femmes autour de moi. Pour me distraire je regardais les lumignons dans des verres rouges qui montaient comme un incendie vers la Vierge sur le gros pilier à droite de l’autel. C’était long ! Après il avait fallu faire les photos et enfin la fête dans une auberge à la campagne près de la mer !
Maintenant il était plus de minuit. C’était l’heure du croquembouche, tout luisant de caramel. Les choux dressés les uns sur les autres m’ont fait penser aux lumignons de tout à l’heure à l’église, mais au lieu d’une jeune femme avec une écharpe bleu ciel au sommet il y avait un couple de mariés en figurine sur une petite coupelle blanche. La pièce montée, nous les enfants battions tous des mains.
Mais moi, l’idiot, le malheureux, je me suis imaginé sur la coupelle avec mon meilleur ami de l’époque, Jacques. Je n’ai certainement pas compris la signification de mon souhait, pensez, j’avais huit ans et de ces choses on ne parlait pas dans ma famille. Mais j’ai brusquement senti une impitoyable barre de fer qui me bloquait le haut de la poitrine et m’empêchait de respirer. J’ai immédiatement compris que je ne devrais à aucun prix parler ni de la barre de fer ni du reste. D’où me venait cette peur ? Je l’ignore mais la barre m’a accompagné pendant des années, plus ou moins présente, plus ou moins forte, avant qu’un jour, grâce à toi, Patrice, je puisse consentir à ce que j’étais.
La suite tu la connais.
Où lire Arthur Hidden
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Le samedi 21 janvier 2012 à 13:03 :: Message oublié
Le mystère de la tour d'angle.
(texte long, mais il fallait bien çà !)
C’était une campagne de vallons humides flanqués de forêts sombres.
Des routes comme des chemins creux, bordées de haies et d’arbres décharnés par l’hiver. Une pluie fine et sporadique me condamnait malgré tout aux essuie-glaces. Ils grinçaient régulièrement sur le pare brise, attristant le voyage. Dans le coeur hivernal de la Bourgogne des confins du beaujolais, si riante aux printemps triomphant, je tentais de suivre les indications de mon GPS, parfois contradictoires avec celles données au téléphone ce matin même :
- Monsieur François Augagneur ?
- Lui-même.
- Elle s’est éclairée ce matin.
- Quoi ? Qui êtes vous ?
- Quoi : votre photo. Qui : Clémence. J’ai acquis votre photo dite « de la tour d’angle » lors de votre dernière exposition.
- Ah oui, je me souviens bien sur … et ?..
- Et votre photo s’est éclairée ce matin.
- Je ne comprends pas très bien …
- Ah ! C’est étonnant. Bon ; toujours est-il que ce matin, une lumière s’est allumée dans la tour. Une lumière tremblante comme celle d’une bougie, une espèce de lumignon … vous voyez ?
- Heu oui mais … non … à moins que …oh, nom de Dieu … pardonnez moi et attendez un instant je vous en prie.
Je montais au studio fébrilement pour retourner le tableau original rangé face contre le mur. Là aussi, une petite flamme luisait dans la tour. Une flamme visible par l’archère et que l’on croyait voir se déplacer.
Je reprenais le téléphone, la voix étranglée :
- Clémence ? Où êtes vous ? J’arrive.
Après avoir noté la route à suivre, je prenais mon appareil photo par habitude et filait vers le nord de Lyon.
Bien sur que je me souvenais de la photo. Surtout des évènements qu’elle avait déclanchés : la rencontre avec Isoline, ses surprenantes révélations et enfin son incroyable disparition, aspirée par le tableau lui-même. J’avais conservé celui-ci, mais j’avais été tellement impressionné par cette aventure que je l’avais retourné contre la paroi du studio. C’était six mois auparavant. Depuis, je ne cessais de penser à cette histoire folle, et aux yeux verts de ma belle visiteuse du soir. Plusieurs fois tenté de recourir à des mages, des magnétiseurs, des médiums pour aller plus loin, j’avais toujours renoncé. Ma crainte viscérale du surnaturel et de l’au-delà avait toujours eu raison de mes velléités spirites. Et voilà que je replongeais dans l’irrationnel avec une délectation et un empressement qui m’étonnaient.
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Le samedi 21 janvier 2012 à 11:31 :: Message oublié
Alors que je me baladais, à travers les taillis, j’aperçus comme un puzzle des pans de toiture, quelques pierres. M’avançant à découvert, je fus éblouie par une tourelle mignonne et entretenue avec un soin particulier, restaurée comme pour une maison de poupée. Poussée par la curiosité, je me dirigeais au plus près quand un parfum particulier m’attira. Les effluves doux et sucrés provenaient d’une toute petite plante rachitique blottie dans une niche arquée du mur où une pierre s’était détachée. Je me penchai vers cette herbe et pas besoin d’être un grand botaniste pour reconnaître un rosier de Damas maigrichon qui survivait fièrement défiant le temps et qui arborait une petite une fleur aux pétales serrés, odorante et dressée comme un lumignon de Noël. Je m’accroupis pour observer de plus près j’aperçus un bout papier jauni coincé dépassant d’un cailloux rond. Ma curiosité naturelle me poussa à tendre mon bras et je m’emparai du billet. Il datait de plusieurs mois ; l’encre avait été délavée en partie par la pluie. Je n’ai pu reconstituer le texte en entier mais un paragraphe était bien lisible. Je ne résiste pas à le confier.
« Mon bon Ami
Je ne puis continuer à consentir à nos rendez-vous secrets dans la tourelle aux mésanges , mon époux est maintenant au courant de nos petites folies des vendredis soirs et je ne puis me risquer à enfreindre ses recommandations impitoyables.
Cependant, chez mon amie Adè(effacé) nous nous rencontrerons en toute quiétude ; Nos croquembouches n’en auront que plus de saveur…
Votre Désir (mot effacé)
Où lire Lilou
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jeudi 19 janvier 2012
Le jeudi 19 janvier 2012 à 17:51 :: Message oublié
1790. Les révolutionnaires provençaux prennent possession, au nom du peuple, du vieux manoir qu’habitait, 80 ans plus tôt, le sieur Bertrand de Vargnes, le petit hobereau local. C’est en bordure du potager-terrasse, dans la tourelle dominant le vallon de l’Aiguebrun, qu’un zélé sans-culotte extrait d’entre les vieilles pierres, au lieu des écus d’or qu’il espérait, un rouleau de papier où est écrit…quelque chose qu’il ne sait pas lire. Bien que rongé par les ans et les souris, l’essentiel du document est finalement déchiffré par le Chef d’escouade :
« Mon Arnaud bien-aimé,
Quand vous trouverez ce billet, je serai à Apt, en compagnie de mon époux qui s’y rend pour son négoce d’huile et de vins. Je ne voulais pas l’accompagner – vous doutez-vous pourquoi ? – mais il a trop insisté, allant jusqu’à me menacer comme il le fait d’habitude quand mes « caprices » le contrarient; c’est du moins ce qu’il se plaît à me reprocher. J’ai dû y consentir car je craignais de provoquer sa colère que je sais impitoyable. Le temps va me durer car sans vous, privée de vos baisers et de vos caresses, ma vie a la fadeur d’un croquembouche raté et le parfum évanoui des lavandes fanées. La lumière des jours n’est que pâles lumignons et, quand vous n’êtes pas près de moi, mon amour, je suis tout près de sombrer dans la plus noire des mélancolies.
Je devrais être à nouveau dans vos bras vers le 1er octobre. D’ici-là, vous ne quitterez pas mes pensées.
Votre Appoline».
Dans l’ancien cimetière de Sivergues, sur un cénotaphe branlant, on devine le nom très effacé de Bertrand de Vargnes et les dates : 1679 -1720, sous l’inscription :
« REQUIEM AETERNAM DONA EIS »
C’est la peste qui a sans doute mis fin à son existence et c’est dans une fosse commune, sous la chaux vive, que les forçats commis aux ensevelissements ont dû abandonner son corps. Quant à Appoline, veuve non-éplorée je suppose, gageons qu’elle a pu rejoindre son manoir et vivre sa passion avec son Arnaud bien-aimé…
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Le jeudi 19 janvier 2012 à 14:58 :: Message oublié
Robert, mon douloureux amour,
Je ne peux m’empêcher d’écrire ces quelques lignes, que je glisserai entre les deux pierres qui ceignent le minuscule jour de ton cachot. Que tu ne puisses les lire importe peu; saisir l’instant me permet de repousser une fois encore les avances de la folie. Au fond du couloir luit un lumignon dans un verre d’huile, futile rappel de ma vie qui chancelle au même rythme que ton souffle irrégulier. Le garde n’a pas refusé de m’accorder ces dernières heures en ta compagnie. Ce qu’Élisabeth exige, elle obtient. Tout, sauf l’essentiel…
Comment a-t-on pu en arriver là? Tu m’avais juré obéissance et, dès ton retour d’Irlande, on m’annonce que tu as fomenté avec les rebelles, toi mon favori d’entre les favoris. Tu m’avais promis fidélité et pourtant, tu t’es glissé dans les appartements de la duchesse de Nottingham en plein après-midi. Cette bague que je t’avais donnée jadis, gage de notre amour, ne signifie-t-elle plus rien pour toi? Comment as-tu pu la céder à une autre, en échange de cette écharpe de soie brodée d’or, encore imprégnée de ce parfum entêtant de violette, que tu portais à même la peau quand on t’a arrêté?
Tu t’abandonnais dans le sommeil de cette même façon lorsque tu consentais encore à partager ma couche. De mon doigt ganté, je caresse cette mèche rebelle que tu repousses sans cesse, par réflexe, d’un geste nonchalant. Je voudrais la porter pour toujours en médaillon, en souvenir de cette première et fatale rencontre. Un interminable festin comme des centaines d’autres, avec sa succession de viandes rôties, de légumes en sauce, de croquembouches défiant les plus élémentaires règles de l’architecture. Tu discutais avec un comte, j’écoutais distraitement un conseiller bien intentionné, nos regards s’étaient croisés, puis s’étaient soudés. J’aurais dû alors nier l’attraction, mais n’ai pas su, pas osé te résister.
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Le jeudi 19 janvier 2012 à 11:04 :: Message oublié
PREDICTION POUR LES GENERATIONS FUTURES
Dallas exhalera un funeste parfum,
Au meurtre de l’élu il faudra consentir.
Le lumignon d’antan sera télévision,
Lénifiant feuilleton, qui vous fera grossir
Au croquembouche-coca, vautrés sur vos sofas :
Son univers impitoyable abrutira.
(Anonyme – 1553)
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Le jeudi 19 janvier 2012 à 10:15 :: Message oublié
Ma chère Rose,
Je vous écris nuitamment du bout du monde, mon lumignon faiblit et bientôt je devrais m’interrompre jusqu’à demain, nouveau départ de notre rallye. Pardonnez moi si mon écriture est donc hésitante : c’est dû au manque de lumière et non à un quelconque virus attrapé dans ce pays loin de notre chère Normandie.
Je ne vous raconterai pas le voyage de Rouen à Marseille, je ne vous cacherai pas que je n’y aie fait aucune découverte et que j’attendais impatiemment de poser le pied sur le sable africain. La traversée de Marseille à Alexandrie s’est passée dans des conditions plus que correctes : pas de tempête, je n’ai pas eu le plus petit mal de mer. Mon employeur a profité de ces quelques jours de répit dans notre périple pour me faire lire le début de son recueil les « Hiéroglyphes de la pierre de Rosette ». Je suis sûr que cet ouvrage vous passionnerait autant que moi, tendre amie.
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mercredi 18 janvier 2012
Le mercredi 18 janvier 2012 à 22:20 :: Message oublié
QUI EST- ELLE ?
Les croquembouches ne lui mettent pas l'eau à la bouche
Que dire des parfums qu'elle ne peut sentir
De même des lumignons qui ne l'inspirent
Mal éclairée, elle ne peut consentir à écrire.
Avec cette consigne impitoyable
Son humeur en devient exécrable
Et au final, grognon et farouche !
Réponse : la plume mal lunée !
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 16:25 :: Message oublié
LE SECRET DE LA PIERRE
Le mortier s’effritait sous les doigts et la pierre descellée lui resta dans les mains. Pierrot effaça d’un revers de manche la morve qui lui coulait du nez et poussa un cri de triomphe. Il avait eu raison finalement de braver les interdits et de pénétrer dans la tour condamnée en raison d’éboulis. Tout était sombre à l’intérieur, les meurtrières avaient été murées et l’ampoule de la lampe torche vacillait mais Pierrot touchait enfin au but. Le mystère de la tour allait être dévoilé.
On en parlait à voix basse, en frissonnant. La légende voulait qu’une dame se promène les soirs sans lune sur le chemin de ronde. Des villageois l’avait vue, et entendu pousser des cris à fendre l’âme. Après la peur, ils en avaient éprouvé une certaine fierté. Leur village avait une histoire de fantôme à raconter aux touristes. L’eau bénite se vendait à prix d’or et les miches de la boulangère en forme de squelette drapé partaient comme des petits pains.
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 13:58 :: Message oublié
LE RÊVE DU CLOWN
Oh, foire !
que c'est la nuit tombée d'arpenter son histoire
Croquembouche dans la faïence
d'une grenouille à bouche immense
que soulignait une serviette
j'esquivais ses coups de fourchettes
malhabiles
(il n'est pas pour les batraciens, cet ustensile !)
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 13:33 :: Message oublié
Message privé de la reine Gabrielle, distribué en plein Conseil, par l’intermédiaire de sa dame d’atour, la Duchesse De Courseuil, à Sa Majesté le roi Clément :
« Cher ami,
Oserais-je vous distraire de l’emploi du temps sans répit que vous concoctent chaque jour vos impitoyables conseillers en vous invitant ce soir à venir me rejoindre en mes appartements d’été, tout en haut de la tour ?
Nous nous installerions sur la terrasse où je vous ferais goûter, sous la douce lumière de quelques lumignons, à certains croquembouches de ma fabrication.
Nous pourrions profiter, pour une fois ensemble, du parfum capiteux que dégagent en cette saison les fleurs du jardin et qui monte, actuellement, en ces belles nuits d’été, embaumer mes rêves. »
Au dos de ce message, qu’il rendit à Madame De Courseuil, pour la reine, le roi avait griffonné brièvement : « J’y consens »
Ce courrier figure dans la nombreuse correspondance échangée par les deux souverains durant leurs soixante années de règne. Toutes ces lettres, entourées d’un ruban d’une couleur délavée par le temps, ont été retrouvées dans le tiroir secret d’un secrétaire ayant appartenu à la reine et figurant à l’inventaire du mobilier de la tour de la résidence royale.
Il peut être consulté à la bibliothèque nationale.
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 13:22 :: Message oublié
Le tronc de l’un soutenait la branche de l’autre, affreux pêle-mêle d’une nature déglinguée.
L’endroit était sinistre. Sombre carrière bordée d’arbres morts où le lierre enchevêtré formait des nœuds solides et soudés. Sculptures de bois souple aux formes inquiétantes…. la résilience d’une nature laissée pour morte un soir d’octobre après le passage du souffle.
La première impression fût un grand vide de tout. Puis un parfum d’humus léger mais prononcé…avec distinction, s’est mis à virevolté en tous sens près de moi.
Cet amas de bois sec prêt à s’éparpiller, cet affreux croquembouche à demi écroulé consentait à donner un frémissement d’espoir à notre humanité. Un rayon… non, trop vif… une lueur… non, trop encourageant… une flamme, non trop puissant… un lumignon… oui, c’est cela, un petit lumignon marquait de son empreinte timide ce monde impitoyable et douloureux.
Où lire Mapie
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 10:00 :: Message oublié
BIVOUAC-CEPTER LE SORT QUI NOUS EST FAIT, MINET !
En pleine cambrousse française Jean-Antoine de Baïf et Henri le Troisième ont dressé leur guitoune pour passer là « a hard day’s night ». Le roi est tout crotté et le poète qui lui sert d’habitude la soupe ramasse les miettes d’un repas « very very light ».
- Etes-vous content, Sire, de cette quiche au thon sans kir et de ces croquembouches sans Sauvignon ?
- Je dois bien consentir à être philosophe, sans kougloff ! Il me faut accepter qu’en cette petite cité de Chambon-sur-Lignon ne brille en cette année 1584 aucun lumignon, répondit Henri III. Je n’ai guère de religion mais je sais que cette époque est impitoyable. L’avantage de la tante c’est qu’elle a un pis choyable et l’intérêt de la tente c’est qu’elle a un toit pliable. Puisqu’il n’est point ici d’hôtel en parpaing finlandais, contentons-nous du doux parfum de notre hôtesse la belle étoile ! Nous nous sommes émus des lignes de nylon qui décorent les bas de cette pythie louable et tout ce que j’espère, une fois que nous aurons mis nos viandes de branques aux couches c’est qu’il y aura demain un broc aux douches pour que je fasse enfin des retouches à mon froc et mette mon fute au propre. Il est des circonstances dans la vie d’un monarque en lesquelles on peut se sentir con et ce croquant bouché qui me fit croc-en-jambe en place du marché est un pitre injoignable, un impie méprisable que j’eusse volontiers corrigé s’il n’avait fui une fois accompli son forfait. Hélas, parfois les cons s’en tirent et les escrocs mal embouchés bénéficient d’un banco décroché par le bouc : Satan sous-tend les drôles, soutient les saltimbanques et fournit poudre d’escampette aux escarpes comme à Paulette. Ca t’en bouche un coin, mon cher de Baïf ? Tu es le prototype employable du naïf mais sache que nous autres rois alignons quelquefois des séries de journées qui partent en quenouille sans qu’on tire parti de notre royal privilège. Alors on pique un fard pimpant et, pour peu qu’on soit en Bretagne, au pied du phare peint, vois-tu, eh bien l’on dort en rêvant que demain sera un jour meilleur. Bonne nuit De Baïf !
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Le mercredi 18 janvier 2012 à 09:44 :: Message oublié
Cette année-là, Isabelle et Marcel voulurent faire changement pour leurs vacances. Au lieu de
partir en auto explorer une région ou l’autre du pays, ils avaient loués une maison de campagne
et projetaient d’y passer la plus grande partie de ces semaines si attendues pour se reposer. Ils se
rendaient compte en effet qu’ils vieillissaient et que les voyages parsemés d’imprévus ne leur
permettaient pas de se détendre autant qu’ils le désiraient afin de pouvoir être en forme pour la
rentrée. Au contraire, ils se sentaient parfois plus fatigués à la fin de leur vacances qu’au début
et, d’année en année, ils étaient de plus en plus terrorisés devant l’impitoyable tâche qui les
attendait.
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mardi 17 janvier 2012
Le mardi 17 janvier 2012 à 16:13 :: Message oublié
La vieillesse a eu raison de son obstination.
Elle lui a fermé les yeux ce matin même.
J'en éprouve une grande peine.
Je regarde couler le temps dans le silence de la Tour où je me suis retirée pour y déposer mon chagrin.
Mon regard, habitué à la pénombre, capte soudain des signes écrits sur le mur.
Je ne les avais jamais remarqués auparavant.
Fallait-il que les siens soient fermés pour que mes yeux s'ouvrent ?
Je me levai, essuyai du plat de la main la poussière qui recouvrait ces hiéroglyphes.
Je déchiffrai avec l'application d'un apprenti lecteur.
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Le mardi 17 janvier 2012 à 09:43 :: Message oublié
Il me faut de toutes façons retourner dans ce lieu afin de tenter d’en percevoir plus. J’ai questionné les gens du pays, et étudié les archives de l’histoire locale, mais je n’arrive pas à grand-chose.
Il m’avait fait si forte impression la première fois…un malaise m’avait quasiment pris dès le virage passé, et j’avais attrapé le bras de mon conjoint en lui disant : « je n’aime pas cet endroit, allons-nous en ! ». Pas du tout sur la même longueur d’onde, ce dernier m’avait répondu très détaché : « Mais non, regarde, on va s’arrêter. Cette tourelle est tout à fait charmante, et nous allons pouvoir pique-niquer ici tranquillement. »
Comme c’est lui qui tenait le volant, il avait tout loisir de décider de stopper là où il le voulait ! Et c’est ce qu’il fit dans l’instant !
Mon sixième sens persistait. Je dirais même que l’alarme intérieure retentissait plus fort, me donnant l’envie irrationnelle de prendre mes jambes à mon cou et de m’enfuir loin. Peut-être ce lieu avait-il été le témoin de massacres au temps des guerres de religion, ou plus anciennement de sacrifices humains…en tout cas, cette terre exhalait le sang et la mort.
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lundi 16 janvier 2012
Le lundi 16 janvier 2012 à 19:06 :: Message oublié
Décodage du parchemin :
« Sombre croquembouche, au parfum de l’oubli, sous un lumignon de dérision, cette pièce montée t’ouvrira le chemin impitoyable de la vie outre-tombe, pour peu que tu daignes consentir, à le savourer sans frémir jusqu’à la lie !!! »
Qui a bien pu laisser ce message étrange qui aujourd’hui fait trembler ceux qui osent le décrypter ?
Où lire ABC
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Le lundi 16 janvier 2012 à 17:14 :: Message oublié
« J’ai appris ce matin les deux plus affreuses nouvelles qui soient : John, mon fiancé depuis hier, a été tué d’un coup de couteau en plein cœur. L’assassin n’était autre que mon amant. Je n’ai rien dit. Mon trouble a pu paraître à ma mère étonnant, je connaissais à peine celui qui m’était dévolu pour mari, mais elle n’en a rien laissé paraître.
L’homme, le criminel, se dissimulait à peine et n’a opposé aucune résistance. Il a avoué le crime, mais pas le mobile. Il sera pendu demain matin dans la cour de ce château de Laze où je suis née et où j’ai passé ma petite enfance avant le couvent. La reine qui assistait aux fiançailles en a décidé ainsi.
Je n’aurais pas dû consentir à ses désirs, mais il était si beau, si fougueux, si amoureux….Je savais que notre relation ne pouvait être durable, mais après le couvent, je voulais m’amuser et les garçons guindés qu’on me présentait n’avaient aucun charme à mes yeux. Lui savait tout de la nature et du jardin et il m’a appris plus que ce que j’ai pu apprendre au couvent, tant de choses sur la nature, les plantes, les animaux et leurs mœurs si naturelles pour lui, que faire l’amour avec lui était un moment très tranquille loin du château .
Il me suffisait de prétexter le besoin d’une longue chevauchée dans la campagne pour calmer mes nerfs fragiles, il est vrai.
Le soir de mes fiançailles, je le devinais, tapi dans le jardin, nous regardant danser. Jamais, je n’aurais cru qu’il pût être jaloux à ce point. Pourtant, quand la main de John s’est posée sur la mienne pour que nous entamions ensemble le croquembouche, je n’ai pas pu m’empêcher de frissonner sous sa main froide et sèche.
J’aurais voulu lui faire passer au condamné, un mouchoir imprégné de mon parfum, pour qu’il le garde avec lui jusqu’au dernier moment, mais l’on m’a mise en grand deuil, et je suis confinée dans ma chambre jusqu’aux obsèques de John, et même après.
J’ai juste pu obtenir de Nounou, après mille baisers, qu’elle me laisse porter ce message avec un lumignon, dans cette tour où il rangeait ses outils de jardinier et devant laquelle je l’ai rencontré la première fois. Je vais veiller à ce que cette tour soit toujours entretenue, car elle était le réceptacle de nos échanges de rendez-vous, que nous brûlions aussitôt.
Que vais-je devenir ? Je viens d’avoir vingt ans et déjà, la vie me semble impitoyable. »
Lord Gordon replia le message qu’il venait de découvrir entre deux pierres disjointes. Sa femme tient tellement à l’entretien de cette tour qu’il ne veut pas la contrarier. Après tout, le château est à elle. Il avait bien entendu des bribes d’histoires jetées par une bouche étourdie ou malveillante, mais il n’y avait guère prêté attention. On avait surtout insisté sur la fragilité de son épouse et du soin qu’il devrait mettre à ne point trop la contrarier, mais il était d’un naturel conciliant, cela n’avait pas posé de problèmes jusqu’à aujourd’hui.
Qu’allaient-ils devenir maintenant tous les deux partageant le même secret, sans jamais pouvoir en parler ?
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Le lundi 16 janvier 2012 à 15:43 :: Message oublié
Lettre de Franz Liszt à Adèle.
Je porte au creux de ma poitrine, un vide dévorant et impitoyable que comble à peine ma musique.
Mon engagement près de toi m’a permis de vouloir vivre aussi longtemps que tu étais là.
Pourquoi ne te dirais-je pas ce qui m’a fasciné en toi ?
Je t’écris une lettre posthume que j’ai déposée sous ce gâteau de pierre. Vingt ans après notre première rencontre.
Rappelle toi notre première rencontre autour de ce bassin .toi entourée de jonquilles parfumées..
Tu avais une abondante chevelure noire, la peau nacrée, belle comme un rêve immense et rayonnante comme une symphonie.
Quand nos regards se sont croisés, j’ai pensais : »je n’ai aucune chance auprès d’elle, elle ne consentira jamais à m’aimer»
J’étais fasciné par ta démarche de danseuse.ton air croquembouche Je ne savais pas que des traits invisibles se tissaient entre nous.
L’éclat nacré de ta gorge illuminait ton visage.
Et cette nuit-là nous nous sommes donnés l’un à l’autre.
Je reviens dans cette pièce mansardée pour y glisser ce billet non par pour nous, mais pour tout ceux qui prennent le risque d’aimer comme nous nous sommes aimés avant de nous éteindre comme deux lumignons.
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Le lundi 16 janvier 2012 à 15:01 :: Message oublié
Ecrit découvert dans les décombres d’une ville grise, ravagée par un cataclysme non encore identifié à cette heure.
La colère
En l’an de grâce (date illisible),
C’est une tour comme toute ville en recèle tant et tant de nos jours, pleine de gens, d’idées et d’horaires encadrés, décalés, allant et venant dans des couloirs gelés, où courent d’impitoyables silences vides de toute attente, véhiculés par des êtres sans volonté, en échange d’un petit jour de congé.
Voire une demi-journée.
L’hétéroclite puzzle de personnalités, apte en principe à soutenir l’activité, n’est plus en fait que le membre d’une royauté – confinant parfois à une dictature – au faîte duquel domine un seul homme d’égocentricité ourlé, qui dirige son monde, avec sur le visage un sourire carnassier surplombé d’une grosse tête farcie d’images de pantins, dont il se voit tirer les fils de jour comme de nuit. Moins le temps de se reposer.
Dans ces entreprises – car c’est ainsi qu’on les nomme – il ne souffle plus rien d’autre qu’un parfum de brutale et sourde autorité, annihilant tout vent de nouveauté ; dont le seul but est de mettre sans fin au pas ces multiples individualités, vendues aux Dieux « Argent » et « RTT » - si tant est qu’il puisse y en avoir plus d’un – n’ayant d’autre priorité dans la vie que de rembourser leurs prêts. Pour pouvoir en prendre d’autres.
Dans cette société – au sens collectivité – par la consommation consumée, l’homme est devenu une simple denrée comme les autres. Il se vend, s’échange, se troque à l’occasion et consent même à se faire croquembouche à durée déterminée. Comme un être éphémère.
Le tableau est bien noir, plus une lueur d’espoir, rien dans les coins et recoins de notre communauté, qu’un petit lumignon, de ci, de là, disséminé. Prêt à s’éteindre. Et notre avenir avec.
La braise est presque froide.
Quelqu’un pour l’attiser ?
Là où Cacoune attend la fin du monde
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Le lundi 16 janvier 2012 à 13:52 :: Message oublié
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus par la femme de chambre et Farid se retrouve kidnappé et enfermé dans une cellule sombre et humide. A peine libéré de cette geôle, il se retrouve emmené par une étrange créature jusque devant un autel de pierre. Là une sorte de prêtre lui donne l’ultimatum de ramener Fontenay dans les 48 heures. Après avoir été libéré, il trouve justement une lettre énigmatique de celui-ci dans sa voiture. Il s’interroge sur ce texte et décide de faire des recherches à son bureau, jusqu’à enfin trouver la solution. Il lui faut se rendre dans un restaurant asiatique bien particulier. Sur le point d’abandonner ses recherches, la solution de l’énigme lui apparaît soudain et sa table s’enfonce dans le mur et il se retrouve dans une pièce sombre. Quelqu’un entre, un valet qui le guide silencieusement jusqu’à une curieuse salle de bal au plus profond de la terre. Il y retrouve enfin Fontenay qui lui parle de l’histoire du lieu et d’un mystérieux breuvage contenu dans une carafe qui permettrait aux vampires de vivre. Est-il au milieu d’une lutte entre bien et mal ?En tout cas, Fontenay et lui sont suivis. Fontenay dit à Farid de marcher en silence afin de ne pas réveiller… quelquechose ou quelqu’un. Après un voyage dans un ascenceur très particulier, les voilà soudain face à une tourelle en provence. )
A peine Farid a-t-il le temps de sentir le doux parfum de la Provence que le voilà à dévaler des escaliers sur ces remparts et à s’enfoncer dans les ruelles étroites d’un village. Il doit être autour de midi car il n’y a pas grand monde dans les rues et on entend que la conversation de la télévision et le tintement des couverts contre les assiettes dans ce silence, entrecoupé parfois par l’aboiement d’un chien.
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Le lundi 16 janvier 2012 à 13:30 :: Message oublié
Après la mort de mon père, Guillaume de Rancay, désœuvré, un peu triste, je rentrais au domaine. J’en faisais le tour et le pourtour. Le Duc, homme respectable et très bon, quoique peu loquace, m’avait expédié chez les Jésuites de Montpellier à la mort de ma mère, dix ans plus tôt.
J’entrais dans la petite tour qui marque la limite sud de la propriété. Je me hissais sur la pointe des pieds pour voir à travers le fenestron. Ce faisant, je m’accrochais à une pierre pour assurer mon équilibre, sous mes doigts, une lettre, là cachée, glissa et tomba à mes pieds.
L’encre avait pâlie et certains mots étaient presque effacés…Je sortis au plein jour pour en déchiffrer la totalité :
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Le lundi 16 janvier 2012 à 09:26 :: Message oublié
Message du passé... simple
Très cher John - dit Mac Aaron,
Je caresse l'espoir - à défaut d'autre chose - d'une infime chance que vous reveniez un jour dans ce qui fut le théâtre de notre merveilleuse aventure et où je cache aujourd'hui cet aveu.
Tant d'années ont passé depuis cette étrange nuit du 15 août où, tandis que la vierge Marie montait au ciel - comme chaque 15 août - vous vous empalâtes, votre parachute et vous sur la pointe impitoyable de notre petit nid d'amour, ayant confusément pris pour signal mon maigre lumignon!
Pour une fois que mes anglais débarquaient dans la joie, je vous recueillis, vous soignai et je mis tant d'empressement à vous remettre sur pied que votre blessure ne fut bientôt plus qu'un croustillant sujet de plaisanterie entre nous.
Vous me mîtes au parfum (naphtaline), vous disant agent double et je l'ai cru sans peine car dans nos torrides ébats j'ai toujours pensé que vous étiez plusieurs.
Quelle idée saugrenue d'avoir choisi macaroon comme nom de code! Je vous avais bien vite rebaptisé croquembouche et vous ne vous en plaignîtes jamais, bien au contraire vous le revendichat revendiquâtes même.
De la Force Rugby de votre général Frederick, je ne me souviens que de nos brûlantes mêlées et de vos essais brillamment transformés.
Quand j'y repense aujourd'hui ma gorge me manque et les mots se serrent, à moins que ce ne soit l'inverse
Vous aimiez mon accent et mes alexandrins,
moi votre torse roux et votre beau man...
vous m'apprîtes vos mots et le nec-plus-ultra
tant de pages cornées dans le kama-su...
Nus, sous le firmament on criait "fuck the war"
et bien qu'il fut trop tôt pour compter vous ass...
à force d'inventer, des merveilles vous fîtes
pour moi c'était le pied, pour nous deux c'était ...
Plus tard ont débarqué les fruits de nos folies que j'ai baptisé Brian et Helmut et qui ignorent tout de vous puisque j'ai consenti à faire voeu de silence.
Cependant je n'ai jamais juré de ne pas écrire... c'est aujourd'hui chose toit faîte!
Votre petite provençale
Où lire vegas sur sarthe
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Le lundi 16 janvier 2012 à 07:00 :: Message oublié
Message in a Castle
A celui qui saura lire ce document
Celé de longue date, il faudra consentir,
En exclusivité et sans les aplatir,
Les meilleurs croquembouches (ceux que faisait maman).
Un lumignon géant devra absolument
Illuminer la tour, mais sans l’empuantir,
Que l’on puisse y entrer et surtout en sortir
Unis par le subtil parfum des condiments.
Il faudra inviter les piliers de la toile
Sans omettre celui qu’arpentent les étoiles
Afin de profiter de sa faveur céleste.
Une exigence encore : celle de l’acrostiche
Rare, impitoyable, adressé au fortiche,
A celui qui saura lire ce palimpseste.
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Le lundi 16 janvier 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Ancien moulin, tourelle, colombier ou gâteau de pierre, vous ignoriez que l'édifice recelait un document en partie effacé, un étrange puzzle de mots énigmatiques : parfum, consentir, lumignon, croquembouche, impitoyable.
En utilisant tous les mots sous la forme qui vous plaira, imaginez en vers ou en prose ce qui vous semble être le message original caché dans la tour et que vous devrez nous révéler à l'adresse habituelle avant le dimanche 22 janvier à minuit.
Afin de nous faciliter la tâche merci de souligner ou d’écrire en gras les cinq mots imposés.
Bonne semaine !
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dimanche 15 janvier 2012
Le dimanche 15 janvier 2012 à 22:01 :: La tour
Paysage provençal
En triant mes photos d’enfance j’ai retrouvé celle de cette tour perdue dans un décor provençal vestige peut on imaginer d’une ancienne ville fortifiée rempart d’un château fort !
Aujourd’hui il permet le repos des randonneurs dans un lieu reposant de sérénité !
Où seul le cri cri des grillons peut perturber l’oreille aux aguets des pèlerins de passage.
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Le dimanche 15 janvier 2012 à 19:27 :: La tour
Est-ce Juliette ainsi au guet
Languissant après Roméo
La montagne après le ciel nu
Et la bruyère après l'hiver
Rêvez-vous, ô chemin de ronde
Une tourelle au teint de miel
Oubliée, caressée du ciel
Trace d'homme au sein de la Terre
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Le dimanche 15 janvier 2012 à 16:12 :: La tour
Joe me fait des grands signes derrière le comptoir. Je sens qu'il est déjà débordé et ça me fait rire.
Joe est doué pour seulement deux choses : faire la cuisine et faire la causette.
Je pose mes affaires, enfile mon tablier et claque une bise sur la joue de Joe qui me renvoie mon
bonjour avec une tape paternelle dans le dos qui manque de me faire tomber.
J'empoigne la cafetière et entame ma tournée en prenant les commandes. L'humeur générale est
maussade. Ces derniers temps, l'activité du port est au ralenti à cause de la grève des ouvriers
chinois. L'import-export est en pleine crise et les dockers savent bien que la paie sera mauvaise.
Stefan fume une cigarette au fond de la salle accoudé sur le téléphone public hors service. Je le
sermonne comme chaque jour et le menace de lui coller l'amende que promet l'écriteau à l'entrée.
Pour toute réponse, il me tousse à la figure. Je ne serais pas étonnée de voir un de ses poumons jaillir
un jour de sa gorge.
Je repasse derrière le comptoir.
Sam est là. Je l'aime bien parce que je trouve qu'il ressemble à Alain Delon quand il était jeune. Et
ce que j'aime aussi c'est qu'il déborde de culture. Je n'ai jamais compris ce qu'il faisait au port parce
qu'il a tellement plus de chance que les autres de trouver un emploi, un vrai, qui respecte les droits
de l'homme. Pourtant il fait un des métiers les plus pourris du monde. Mais ça n'a jamais affecté son
moral et sa soif de savoir. Tous les matins il lit le journal et il s'occupe d'informer les gars au cas où
il y aurait un article fumeux sur le cours du pétrole ou sur une guerre dans les pays arabes. Et tous
les jours depuis l'accident de Brian, on lui demande s'ils ne l'ont pas retrouvé. C'est ça la mission
de Sam, surveiller le journal. Et quand il a fini de lire son papier, on discute toujours un peu. Je suis
comme leur Tour Eiffel vu que je suis française. Comme ils n'ont jamais eu les moyens de se payer un
voyage à Paris, ou même ailleurs, ils jouent parfois les touristes dans le bar de Joe. Moi je raconte et
eux regardent les photos que j'ai accrochées aux murs. Ça nous passe le temps et ça leur fait un peu
oublier le quotidien.
Aujourd'hui, Sam reluque une vieille photo. C'est le mas de mon Pépé Alphonse à Castelnaudary. Je
leur raconte le cassoulet, la lavande qui sent bon le soir, les bourdons fatigués dans les parterres de
Mémé Odile, les plumes de poulet qui volent dans la cuisine, la pétanque, le Ricard, les savates des
vieux au Café de la Grand Rue, les ragots des vieilles au marché, mes copains courageux qui piquent
le vin de Pépé, les parties de cache-cache entre les bottes de paille ... Ça sent bon les vacances
pendant quelques minutes et même le soleil se risque quelques rayons à travers les grandes
fenêtres.
La sonnerie retentit, c'est l'heure de reprendre le boulot. Un cargo anglais va accoster. Faut
retourner à la trime.
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vendredi 13 janvier 2012
Le vendredi 13 janvier 2012 à 14:42 :: La tour
Tour Nord
Dame de Huy, au prénom oublié, vit retirée, dans la tour Nord des jardins de l'abbaye.
Par l'étroite fenêtre de sa cellule, elle fixe, peut-être pour la dernière fois, le clocher de l'église qu'éclairent les premiers rayons du soleil.
Elle a prié toute le nuit dans la ferveur et l'extase.
Ses forces la quittent, la vie s'en va.
Elle est prête à rencontrer son Seigneur, enfin ! Son vœu le plus cher va être exaucé.
Elle se souvient, son mariage à treize ans, le calvaire, la naissance des enfants, puis le deuil et enfin la délivrance et toujours cet appel, ce désir de servir Dieu.
Le froid l'engourdit peu à peu.
Ses sœurs et compagnes, elle le sait, poursuivront la tâche : vivre auprès de ceux qu'elle a choisi d'aimer, les plus pauvres, les plus malheureux, abandonnés et malades, les lépreux.
Elle les a accueillis, soignés comme ses propre enfants, partageant leur souffrance et vivant en recluse dans le dénuement le plus total, elle, la Dame de haute et noble lignée.
Heureuse et sereine, Dame de Huy, au prénom oublié, a quitté le monde ce jour de l'année 1228.
...
Tour Sud
Dans la petite tour Sud des jardins de l'abbaye vit Marquesia la recluse.
Mystique, elle a choisi de s'emmurer, sans jamais ressortir, et de confier sa vie à Dieu jusqu'à la mort.
Un mince rai de lumière filtre par la meurtrière, son unique lien avec le monde d'ici-bas.
Nuit et jour, le regard fixé sur l'église, elle prie Dieu dans la ferveur et l'extase, chante Ses louanges, et L'implore d'accorder Son pardon à ceux qui se détournent de Lui.
Les enfants lui portent le pain et l'eau.
Les villageois, en passant près d'elle, écoutent craintifs, ses saintes paroles, se signent, et repartent rassérénés « Dieu vous bénisse, priez pour nous Sainte Dame ! »
C'est Dieu qui décidera quel jour de l'année 1228, Marquesia quittera le monde.
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jeudi 12 janvier 2012
Le jeudi 12 janvier 2012 à 11:59 :: La tour
- On disait que la tour était la prison d’une gentille princesse et que j’étais un chevalier qui allait la libérer ! d’accord ?
- Non y’en a marre ! c’est toujours moi la princesse parce que je suis la seule fille et vous parce que vous êtes trois, vous gagnez toujours à la fin, c’est pas juste !
- On disait que les cows-boys étaient dans le fort et que les indiens les attaquaient ! d’accord ?
- Mais non, même pas possible. Normalement un fort c’est fait en rondins de bois et cette tour, elle est pas en bois.
- Non c’est vrai cela, Mamie a dit qu’elle était en ivoire
- As t’es sûr ? L’ivoire, c’est pas plutôt les défenses des éléphants ?
- Oui oui je suis sûr : elle a dit l’autre soir « Papy est retourné dans sa tour d’ivoire, vous faites beaucoup trop de bruit les enfants »
- Moi je sais. On disait que la tour c’était un bateau et qu’on était des pirates qui attaquent le bateau
- Ouais d’accord super idée : moi je fais le crocodile et toi ?
- Euh moi je fais la fée clochette.
- Je croyais que tu voulais plus faire la princesse ?
- Oui mais là c’est pas pareil c’est une fée, pas une princesse !
- En avant à l’abordage. Moussaillons. Larguons les amarres, pas de quartier !
- Les enfants à table. Allez vous laver les mains
- Oh non on n’a même pas eu les temps de jouer !
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Le jeudi 12 janvier 2012 à 09:03 :: La tour
LE COLOMBIER
Un Chemin
Un sentier
Un détour
Plus loin
Une maison abandonnée
Une tour
Envie de rentrer
Le portail
Le jardin
Les allées
Je parcours
Une porte entrebâillée
Escaliers
Envie de monter
La rampe
Le pallier
Une chambre
Je découvre
Le grenier
Un coin aménagé
Envie de me poser
Les poutres
Les lucarnes
La poussière
Je regarde
Parterre
Un carnet griffonné
Envie de conserver
Au retour
Les pages, je lis, je tourne
Les couvées
Les nouveaux nés
Les bagués
Tout est noté
Envie de pleurer
Écriture familière
Retour en arrière
Souvenirs, sourires
Mon père
Il aimait tant y venir
S'y réfugier
Le colombier.
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Le jeudi 12 janvier 2012 à 08:59 :: La tour
Dans le jardin secret de mon fort intérieur, ma folle du logis secrète des plants d'ailleurs : un derviche tourneur, de son ample manteau de velours chamarré, coiffe le faîte d'une coquette tour de guet où mon cœur lourd s'est à double tour enfermé. Or voilà que le mystique, omettant de tomber le manteau pour montrer sa tunique, entame sa danse, pivote, tournoie, entraînant dans sa transe en danse la tour. La tour à son tour fait la ronde sur le tour de ronde de mon fort. Mon cœur balloté est pris de nausée et la ronde effrénée s'accélère encore. À l'instant même où le derviche en l'air frise l'extase mystique, mon cœur à terre se brise comme un vase antique. Au fracas de mon cœur projeté contre la paroi du beffroi je tressaille, tombe de mon siège, m'entaille et me fais, dans un râle, un atroce tour de reins.
Voilà pour la chute de l'histoire. Quant à la moralité, il serait vain de la chercher. Tout au plus puis-je me permettre un conseil avisé : prenez garde à votre imagination; sans frein, elle peut facilement vous jouer des tours !
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Le jeudi 12 janvier 2012 à 08:57 :: La tour
Il est un endroit connu de peu, où je vis
La lune éclaire la fenêtre de ma tour
Aucun chemin, aucun sentier ne s’en approche
Seuls la terre et le ciel me tiennent salon
J’y cultive des simples comme on berce un enfant
L’hysope violette, la verte pimprenelle
Le millepertuis, la sauge - pour soigner les maux
Puis un peu d’eau, de feu, de terre et de passion
Et je transforme la lumière en chimie
Les jours s’allongent à l’ombre, naissent les saisons
Là-bas, je n’attends personne d’autre que moi
Ma jupe de soie bleue se mêle à une lavande
Je salue mon soleil.
---
« Regarde-toi : tu as en toi le ciel et la terre. »
Où lire Florie B
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mercredi 11 janvier 2012
Le mercredi 11 janvier 2012 à 23:44 :: La tour
L’Intersection des axes. (texte long)
Un cache cœur. Elle portait un cache cœur bleu sur une robe claire.
Je signais mollement un livre de reproductions de mes dernières photos. Ouvrage scandaleusement cher d’ailleurs. M’accommodant assez bien d’un sentiment mêlé de fierté et de honte vague j’écrivais les formules toutes faites qui accompagnent les dédicaces. Je griffonnais en pensant à autre chose, tout en accordant une attention souriante et assez commerciale aux quelques inconditionnels qui se pressaient devant la table installée au fond du local où s’exposaient les originaux. Parfois, on me donnait même du « maître ». Je m’imaginais un instant notaire ou avocat derrière un bureau d’ébène, puis balayais bien vite cette vision d’épouvante pour réintégrer mon costume négligé chic, d’artiste plutôt côté.
La séance de signatures s’achevait comme se vidait la galerie. Je serai bientôt débarrassé de ce pensum. Rencontrer « son public » est indispensable et peut devenir agréable pour peu qu’on y mette un peu du sien, comme le soulignait mon agent souvent irrité par mon manque d’entrain à répondre à ce genre de sollicitation.
Qui pouvait encore porter ainsi un cache cœur noué sur le devant ?
Une silhouette longiligne. Un visage encadré par un carré châtain. De grandes lunettes qui mangeaient une partie du visage. Elle n’avait pas acheté le livre, mais regardait les photos avec intérêt. Elle semblait chercher quelque chose. Elle scrutait chaque cliché. Son regard de myope lui donnait une raison supplémentaire pour coller le nez au cadre avec un air mutin et sérieux à la fois. Elle portait en bandoulière un grand sac en toile écrue. Je m’approchais :
- Ces lunettes emprisonnent tristement l’eau claire de vos yeux ; vous devriez essayer les lentilles.
- J’ai trop peur d’y rencontrer des pierres oubliées et de m’y casser les dents, cher monsieur l’artiste.
Ce « monsieur l’artiste » où pointait une ironie irrespectueuse aiguisa plus encore ma curiosité.
- Ce serait bien dommage. Votre sourire y perdrait son éclat et le monde sa lumière, chère mademoiselle la visiteuse du soir.
- Méfiez-vous des visiteurs du soir, ils sont souvent plus sulfureux qu’il n’y paraît.
- Et se plaisent à jouer avec le feu, dit-on … mademoiselle ?
- Isoline. Elle le dit avec un froncement du nez.
- Un prénom comme un hennin de soie.
- Même en soie, les hennins étaient pointus. Ne l’oubliez pas, François … C’est bien ça ?
- Mon nom de scène, fis-je dans un sourire. Mon vrai prénom, vous allez rire, est Hugues-Thibault
- Comme une cotte de maille sous un mantel azur. Mais cessons-là cette joute vaine et venez avec moi.
La galerie était maintenant vide. Il ne restait qu’elle et moi. Elle me prit par la main et m’emmena devant une de mes photos. La plus grande et la mieux éclairée. Je me sentais un petit garçon mené au tableau noir par une institutrice dont il perçoit confusément ce qu’il ne peut encore nommer le pouvoir érotique. Mon sentiment était nettement moins confus.
- Comment avez-vous fait ça ? Elle montra d’un geste large le cadre et me lança un regard interrogateur et sévère.
- Avec un Leica. Et je travaille toujours l’argentique avec priorité à l’ouverture en l’occurrence. Pour la profondeur de champ, bien sur.
- Ne vous moquez pas de moi, monsieur l’artiste. Ce cliché est impossible. Je veux dire « irréalisable ».
Elle continua :
- D’ailleurs il suffit de le considérer plus attentivement pour deviner la supercherie. On aperçoit alors le grain léger de la toile. Car c’est bien d’une toile qu’il s’agit. Vous avez photographié un tableau, monsieur Hugues-Thibault. Fort bien, avec un talent indéniable, mais c’est la photo d’une peinture et non d’un site quelque part en Quercy ou en haute Provence.
- Mademoiselle Isoline, vous avez le regard aussi aiguisé que l’esprit. Je confesse en effet que cette photo est bien celle d’un tableau. J’en tire presque plus de fierté que si je l’avais prise au naturel, car le travail fait sur la matière est particulièrement réussi il me semble. Il fallait un œil d’expert pour le découvrir. Mais est-ce donc si grave ?
J’étais malgré tout un peu mortifié que la demoiselle si charmante fut-elle ait découvert la chose, mais encore plus surpris que personne ne m’en eut fait la remarque auparavant.
- Et d’abord, pourquoi dites-vous que le cliché est « irréalisable » ?
- Mais parce que ce lieu est détruit depuis plus de trois siècles, monsieur l’artiste.
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Le mercredi 11 janvier 2012 à 22:12 :: La tour
Je suis si fatigué.
Tous ces appareils qui clignotent autour de moi… Je n'ai plus longtemps à vivre ... Je me tais... Je ne sais pas si je pourrais parler... Je ne sais pas si je reste éveillé... Ma quatrième femme rode... Elle a le droit d'espérer ma mort... Cet écart d'âge... Tout cet argent... qu'elle n'aura pas ...
J'avais dix ans. Je lisais Ivanhoé. Je rêvais à la tour en ruine. La vieille porte en bois. Trop petite. Usée. Une porte de cabane à outils qui tenait par une chaîne accrochée à un cadenas. Pas une porte de château. Sur le bord, par le trou de la chaîne on ne distinguait rien. Trop noir. Il y avait un passage secret, un souterrain, des oubliettes, un trésor. J'en étais sûr. J'en rêvais la nuit.
Il m'a fallu trois ans pour oser. Forcer le cadenas. Une lampe torche. Des gravats. De vieux chiffons. Pas de passage secret. Pas de souterrain. Et trente secondes pour me faire choper par le père Mathieu. L'oreille qui fait mal. L'haleine de l'ivrogne. La menace de tout dire à mes parents, à monsieur le maire. Les bouteilles de vin que j'ai dû subtiliser en douce dans la cave de mon père jusqu'au moment où je suis parti pour étudier à Toulouse. Ma réussite dans les affaires. Ma fortune. Mes mariages. Mes divorces. Mon retour au pays. Cette tour en ruine rachetée, réhabilitée. L'inauguration par le maire avec le préfet. Ce discours: « Grâce à vous, huit cents ans après sa construction cette tour est repartie pour huit cents ans ... »
Et le trésor ? Dans huit cent ans un gamin de treize ans forcera la porte d'une tour en ruine. Il trouvera sous une trappe dissimulée cent lingots d'or que j'ai amenés dix par dix après la fin des travaux. Cent lingots que ma femme n'aura pas. Je vais mourir... Je tends la main à ce ga...
Où lire Arthur Hidden
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Le mercredi 11 janvier 2012 à 22:04 :: La tour
Pour se rendre dans les appartements de la duchesse, la nuit, le duc de Montefeltro a deux possibilités : soit il prend à l’intérieur du château un dédale de couloirs, de salles et de portes, et risque à chaque mètre de renverser un bibelot, de heurter un meuble ou de se prendre les pieds dans un tapis. Soit il sort par la petite porte qui donne sur une terrasse-jardin, longe le mur, respire les senteurs de la nuit et rentre directement chez la duchesse par une porte dont lui seul a la clé. La lune et le ciel étoilé suffisent à éclairer son chemin.
Dans la tour, les hommes de guet l’entendent passer.
- Voilà notre duc qui va présenter ses hommages à madame, rigole Alberto.
- Je parie, dit Guido, le plus ancien, qu’avant une heure il est de retour chez lui.
Les pronostics de Guido épatent toujours le jeune homme : une heure, ou deux, ou la nuit entière, il se trompe rarement. Aussi Alberto se garde-t-il bien d’engager un pari :
- Je te crois sur parole, Guido ! Mais diable, je n’arrive pas à comprendre comment tu fais pour savoir !
Guido sourit d'un air faussement modeste. Il aime entretenir sa légende. Jamais il ne dira d'où il tient toute sa science.
Où lire Adrienne
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Le mercredi 11 janvier 2012 à 18:16 :: La tour
Les neuf victoires de Li Han-siong
Il combattit neuf jours il combattit neuf nuits ;
On entendait ses cris on entendait leurs cris :
Une rumeur furieuse emplissait la montagne
Et son écho terrible emplissait les campagnes.
Des flots de sang rageurs fumaient sous les bouleaux,
Courant par les vallons en cascades vermeilles,
Colorant les prairies d’un effrayant tableau,
Où l’on n’entendait plus bourdonner les abeilles.
Le premier jour fini s’élevait un grand cri,
A l’aube du second une plainte profonde ;
Mais au bout de neuf jours c’est par le sang tari
Que l’on revit couler la plus pure des ondes.
Des neuf dragons vaincus on fit à Li Han-siong,
Digne des empereurs, une immense ovation ;
En exquises lamelles on trancha les neuf bêtes
Et l’on rompit ainsi une trop longue diète.
Par une haute tour coiffée d’un pieu de jade
Fut immortalisé l’exploit jamais conté ;
Du Fils du Ciel lui-même une vive accolade
Assura Li Han-siong de toutes ses bontés.
Le héros du combat que tous les rois vénèrent
Fut élevé au rang des immortels vivants,
Et l’on fit une croix au calendrier des Han
Pour célébrer toujours le début de cette ère.
Où lire JCP
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Le mercredi 11 janvier 2012 à 15:37 :: La tour
LE MYSTERE DE LA TOUR
La lumière rose se dilue sur les pierres blondes de la tour, dénudant au passage les bourgeons collés aux arbres griffus. On y accède par un chemin étroit qui se perd entre les seins des collines. Un chemin où pousse le thym et la lavande et où s’égarent encore des épis de blé. Les vestiges de la tour de garde sont en fait ceux d’un moulin aux ailes arrachées par le temps. Les sacs de farine ne s’entassent plus sur ses flancs et l’âne ne tire sa carriole que dans les souvenirs de la vieille Célestine.
Ils sont venus de Paris mazette ! Avec des caméras et des micros. Ils cherchent l’authentique, la ruralité pour boucler une série de reportages sur les métiers d’autrefois. Ils ont entendu parler de l’histoire d’un homme qui s’est pendu aux ailes de son moulin quand l’industrie a supplanté le dur labeur du meunier. Célestine cherche dans sa mémoire qui fuit. Les détails lui échappent. Oui, elle connaissait Jean et son âne gris. Elle ferme les yeux et entend le martèlement des sabots vifs sur la pierraille. C’était un gentil garçon le Jean et il savait comme personne rhabiller les meules et la déshabiller elle mais çà, c’était leur secret. Oui, c’est bien triste, mais ces messieurs de la télé sont trop curieux. Le meunier n’avait pas supporté l’implantation de la minoterie qui lui volait sa clientèle et un jour on l’avait vu se balancer sur les ailes mues par un fort vent d’hiver. On l’avait allongé dans la carriole tel un sac de son et on lui avait fait un bel enterrement avec des chevaux caparaçonné de noir. Oui, le maire anticlérical et tous les notables avaient suivi la procession. Cela avait fait du bruit dans la région. Le moulin avait perdu ses ailes et sa toiture prenait l’eau. Le maire l’avait remplacée par de belles tuiles vernissées et les corneilles avaient déserté les lieux. La tour avait perdu de son âme mais gagné des rondeurs changeantes dans le soleil du printemps.
Célestine le soir venu, prendra son bâton ferré et marchera sur le chemin oublié. Elle marmonnera et demandera à son meunier de lui pardonner d’être partie avec un hâbleur de la ville. Elle sera de nouveau jeune et leste. Il l’attendra et lui ouvrira ses ailes protectrices. Il s’apaisera quand elle lui rendra visite et ne hurlera plus sa douleur de l’avoir perdue dans le vent glacé de l’hiver.
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mardi 10 janvier 2012
Le mardi 10 janvier 2012 à 22:38 :: La tour
CARMAGNOLE ET CASTAGNETTES
1
Sous la tour, avec les fillettes,
Nous dansions d’amples farandoles.
Comme elles étaient mignonnettes
On faisait beaucoup les marioles.
Il y avait Maud, Manon, Lisette…
Elles aimaient nos cabrioles.
C’était le temps des pirouettes
Et de la fête de l’école.
C’était il y a belle lurette,
Colle-gommette et courses folles.
Avec Nanar, Jujube et Piette,
Gai-Luron, joyeux, caracole.
2
Sous la tour – tournez, mobylettes ! –
Elles dérapaient, les chignoles !
Sous les yeux émus des minettes
On était les rois du pétrole.
On n’échangeait plus les sucettes,
On n’effeuillait plus les corolles.
On fumait parfois en cachette
Tels Ribouldingue et Croquignol.
C’était l’époque des torgnoles,
Nos pères tenaient la baguette.
Fallait pas perdre la boussole
Sinon terminée l’amusette !
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Le mardi 10 janvier 2012 à 22:23 :: La tour
La lettre
Pourquoi avais-tu décidé de vivre dans cette tour exiguë ? Je ne l'ai jamais su. De toute façon, maintenant tu es mort et c’est mieux ainsi. Amen !
Si tu lis cette lettre, tu pourras croire que je t’en veux. Mais non. Je dois dire que je n’ai jamais été aussi soulagée par la mort de quelqu’un. Tu vois, tu m’as presque fait plaisir. Juste un bémol, tu aurais pu éviter de te mettre en scène de cette façon. Tout le monde t’en a voulu. Sans parler de maman qui n’arrête pas de répéter : « Il n’y avait que lui pour se passer la corde au cou. Personne d’autre n’a jamais su le retenir. »
Ah, au fait, il y a une semaine nous avons eu la visite d’une certaine Lydie. Elle voulait te voir. Nous lui avons dit que tu étais mort et elle a fondu en larmes. Quarante ans qu’elle ne t’avait pas vu et elle a fondu en larmes ! Maman m’a alors appris que tu avais été le « Casanova » de La Ferté Macé, ce que j’ignorais totalement.
Je glisse ce papier dans le pot de jacinthes que je mets au pied de la tour, côté pré, peut-être viendras-tu errer dans ce lieu…
Ta fille,
Céline
PS : je crois que c’est la première lettre que je t’écris. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Où lire GBalland
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Le mardi 10 janvier 2012 à 22:12 :: La tour
Pas la tour dont on dit
Qu'elle voulut se hisser
Jusqu'aux portes du ciel
Mais en fut empêchée.
Pas la tour qui toise
Du haut de son rocher
La piétaille d'en bas
Au fond de la vallée.
Pas la tour qui enferme
Une princesse éplorée
Attendant le Carmel
Ou quelque amour princier.
Elle est autre nature.
Petite tour gironde
D'un âge respectable
Plusieurs fois centenaire
Toute encore gaillarde
Et fort bien ravalée
Autant que chapeautée.
Ne connut aventures
De nobles chevaliers
Mais fut témoin discret
Des ébats clandestins
De nombreux jardiniers.
En fut bien remerciée.
Lavande et romarin
Aneth et marjolaine
Déposés à ses pieds
Répandent leurs parfums
Embaument ses étés.
Elle en capte en son antre
Et les tient en réserve
Pour donner des couleurs
Aux hivers frileux
Et attendre tranquille
Que marche le sentier
Vers un nouvel été.
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Le mardi 10 janvier 2012 à 15:25 :: La tour
C’est un ancien moulin qui a perdu ses ailes,
Perdu son meunier et son âne fidèle,
Perdu sa raison d’être mais il se rappelle…
J’avais bien fière allure dressé contre le vent
Jadis aux temps anciens, où l’on prenait son temps
Pour moudre le bon grain et bien pétrir son pain,
Si la vie était dure et le sort incertain,
Mes ailes vous chantaient un incessant refrain
Qui rythmait jour et nuit la vie du paysan.
« Souffle souffle bon vent ou fripon aquilon,
Fais danser les cornettes et voler le jupon,
Tourne ma hucherolle et mes ailes Berton ! »
Mon rôle était crucial en ces temps de misère.
Je broyais le bon blé, asséchais les polders,
Je fabriquais de l’huile en prenant un bol d’air !
Mes ailes sémaphores posées en bout de pied
Invitaient les manants à tous se rassembler ;
La croix de Saint-André annonçait les bébés ;
L’inclinaison à droite indiquait un décès.
« Souffle souffle bon vent ou fripon aquilon,
Fais danser les cornettes et voler le jupon,
Tourne ma hucherolle et mes ailes Berton ! »
Mais les minoteries ont brisé ma carrière,
Le meunier a rangé les mailloches de fer,
Vendu le vieux baudet, mon ami, mon compère.
Meunier tu dors et ton moulin ne va pas fort.
Ses ailes sont tombées, et dans les alentours
On ne sait plus mon nom. Pourtant je vis encore,
Même si aujourd’hui on m’appelle « La Tour »….
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Le mardi 10 janvier 2012 à 08:37 :: La tour
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus par la femme de chambre et Farid se retrouve kidnappé et enfermé dans une cellule sombre et humide. A peine libéré de cette geôle, il se retrouve emmené par une étrange créature jusque devant un autel de pierre. Là une sorte de prêtre lui donne l’ultimatum de ramener Fontenay dans les 48 heures. Après avoir été libéré, il trouve justement une lettre énigmatique de celui-ci dans sa voiture. Il s’interroge sur ce texte et décide de faire des recherches à son bureau, jusqu’à enfin trouver la solution. Il lui faut se rendre dans un restaurant asiatique bien particulier. Sur le point d’abandonner ses recherches, la solution de l’énigme lui apparaît soudain et sa table s’enfonce dans le mur et il se retrouve dans une pièce sombre. Quelqu’un entre, un valet qui le guide silencieusement jusqu’à une curieuse salle de bal au plus profond de la terre. Il y retrouve enfin Fontenay qui lui parle de l’histoire du lieu et d’un mystérieux breuvage contenu dans une carafe qui permettrait aux vampires de vivre. Est-il au milieu d’une lutte entre bien et mal ?En tout cas, Fontenay et lui sont suivis. Fontenay dit à Farid de marcher en silence afin de ne pas réveiller… quelquechose ou quelqu’un)
Mais les voilà soudain devant une porte grillagée, comme une sorte d’ascenseur du siècle passé et qui n’inspire guère confiance au vue de sa vétusté. Fontenay tire la grille et entre en faisant signe à Farid de le suivre. Des panneaux de bois ornent l’intérieur avec de fortes traces de rouille et d’humidité. La porte grince alors qu’elle se referme et Farid regarde le panneau de commande : Pas d’étages mais juste une manette dorée pouvant se manipuler d’avant en arrière selon un arc de cercle. Fontenay empoigne la poignée et la bascule vers lui.
Farid, s’attendant à une course très lente de la part de ce vieil ascenseur, est surpris par la vélocité de l’engin. Il est littéralement compressé au sol et se tient machinalement à la paroi. C’est là qu’il remarque les traces de griffures sur les parois de bois. Il lui semble pourtant que la course n’est pas rectiligne, de bas en haut, comme un ascenseur normal. Et il ne faut pas plus d’une minute pour que Fontenay rebascule la poignée en son centre et arrête la cabine face à une ouverture et un petit couloir.
Farid se demande s’il ne rêve pas : il voit de la lumière au bout de ce petit corridor et entend comme un sifflement familier…. Des cigales ? Non, impossible, il n’y en a pas dans la région. Mais pourtant, cela ressemble fort à des cigales. Et cette odeur ? La Lavande ?
Les deux hommes sortent et Fontenay le guide jusqu’au bout du couloir où une vieille porte de bois bloque le passage. D’un coup d’épaule, il l’ouvre et Farid est d’abord aveuglé par la lumière du soleil. Oui, ils sont dehorsc …
Il distingue peu à peu son environnement : Un vieux muret de pierre, quelques plantes comme de la lavande, des oliviers et d’autres arbres qu’il ne connaît guère. Il se retourne et découvre une sorte de petite tour ronde au coin de deux murets avec pour seule ouverture une meurtrière obstruée par des planches. Autour d’eux, des collines, de la chaleur, du soleil : Il n’y a aucun doute, ils sont dans le midi de la France. Mais où et surtout comment ont-ils pu faire autant de kilomètres en si peu de temps ?
Farid regarde fixement le toit de cette tour et ces tuiles si caractéristiques de la provence. Fontenay le tire par le bras, toujours aussi silencieux et énigmatique.
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Le mardi 10 janvier 2012 à 07:39 :: La tour
Les sangles grincent, les bœufs soufflent, le soc cogne alors
- Jurons. La pierre se dérobe aux mains brunies,
Elle s’extirpe enfin. Le paysan fourbu rugit,
Et les bœufs soufflent, et la terre verse. C’est l’aurore.
Puis la noria épierre, chargeant le tombereau,
Les bœufs soufflent, encore, les hissant jusqu’aux bordures
Où sont érigées cabanes de pâtres, murs,
Tôt promis aux mousses venus les temps nouveaux.
Vains auspices ! Des mains blanches ont blanchi les pierres :
Masures âpres passant maisons secondaires,
Plus de paysans : ce coin est désormais bourgeois.
Faites attention, bonne dame, que ce jardin
Ne soit trompeur ; dans les sillons sous les doigts fins,
Ce n’est plus la pierre, mais les os de la noria.
Où lire Quebre
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lundi 9 janvier 2012
Le lundi 9 janvier 2012 à 22:26 :: La tour
Ma bonne Adèle, disais-je
à ma bonne,
( qui s’appelait Adèle)
laisse-moi, je te prie
aller jouer dans la tourelle
au bout du potager.
Monsieur, vous ne pouvez :
Nicolas le jardinier
y range ses outils.
Vous vous y saliriez.
Et même si je voulais,
je n’en ai point la clé.
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Le lundi 9 janvier 2012 à 20:25 :: La tour
« La tour prend garde, la tour prend garde… » C’était quoi après ? « Lalalala…De te laisser abattre ».Ma maman elle me chantait ça.
Mais ma tête, elle oublie, elle a jamais su apprendre. Le père André, lui, il dit que c’est pas grave, que tout mon évangile je l’ai là sous les yeux.
« Les merveilles du bon Dieu, elles sont là, Victor ».
Et puis un simplet pour s’occuper des simples, c’est bien non ? Ça va ensemble.
Moi je m’y plais bien ici. Regardez, comme il est doux ce soleil d’hiver. Et la tour elle est belle la tour, hein ? C’est Frère Paul avec un couvreur de Lodève qui l’ont refaite si bien jolie. Elle est pas trop grande, pas fière comme celles des gros châteaux, juste assez grande pour y faire sécher les plantes, ranger les outils et m’y cacher quand j’ai la tristesse qui vient.
Les murets, c’est moi, avec juste un peu l’aide de frère Paul, qui les a faits. C’est joli aussi les murets et puis c’est utile, ça sépare les carrés avec les plantes qui s’aiment et celles qui s’aiment pas.
Faudrait peut-être qu’il y ait pareil pour les gens. Parce que des fois, on les aime pas beaucoup, les comme moi, avec ma patte folle et ma figure pas jolie. Et puis heureusement qu’il y en a comme le Père André ou le frère Paul qui sont toujours gentils, toujours ils sourient et disent le bien. Eux, y seraient pas d’accord, même pour des tout petits murets.
C’est comme les plantes si on y pense, il y a le vaillant romarin qui pousse sans rien demander et la douce sauge, et la mélisse plus délicate qui sont mes préférés. Il y a aussi le basilic, qui est pourtant bien bon, mais je sais pas pourquoi, je l’aime pas. Et enfin il y a aussi l’ortie et la ronce qui piquent et sont pas trop belles, mais qui sont drôlement utiles.
Je sais pas bien si les évangiles y disent que c’est pas trop juste d’aimer celui-là et pas l’autre…Je crois qu’ils disent qu’il faut aimer tout le monde pareil…Mais, en vrai, c’est pourtant comme ça…
La tour prend garde, la tour prend garde…Lala... lalala
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Le lundi 9 janvier 2012 à 17:59 :: La tour
Le secret de la tour.
Oui, c’est un lieu idyllique et paisible, d’ailleurs un beau jour, notre oncle Alphonse de Greysinques décida de se retirer dans cette tour qui subsiste sur le chemin de ronde de son donjon, pour y mener l’existence dépouillée de l’anachorète. Nous étions bien surpris quand notre tante nous manda de l’en dissuader par courrier, ce que nous fîmes de notre mieux, mais, pas plus que de beurre en broche, nous ne reçûmes de réponse à nos lettres affectueuses. Ce ne serait pas manquer de charité que de préciser que l’oncle Alphonse, au demeurant riche de vertus, avait tendance à l’obstination.
Quand nous rendîmes visite à notre tante, la porte de la tourelle resta close, sous le soleil de midi comme en pleine nuit sous la danse des astres, et nous en fûmes bien peinés. Force était de nous perdre en conjectures, car que pouvait-il bien faire dans cette solitude ?
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Le lundi 9 janvier 2012 à 17:55 :: La tour
Au sûr et à couvert dans la petite tour
Le corps franc des volontaires veille nuit et jour
Afin qu’onc ribaud, larron ou fieffé coquin
Dans la cité se risque de soir ou matin
Point de ronds de jambe à faire devant le guet
A âme bien née nulle crainte à se présenter
Mais gare à celui à qui patte blanche fait défaut
Sa vie tombera d’un trait raide de carreau
Sur ce chemin de ronde à ouvrages courbes
Il ne peut y avoir de place pour les fourbes
Saint-Martin protecteur est guide dans leurs choix
Oyez bien, qu’on se le dise ici ou ailleurs
La garde a réputation d’être la meilleure
Fidèle à nostre Mère l’Eglise et au Roy
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Le lundi 9 janvier 2012 à 12:08 :: La tour
LETTRE à LISZT.(1844,1841)
Cher Franz ,
En me rendant visite, cher ami, passe par ce gâteau de pierre dressé loin devant toi en bordure des oliviers. La forme est à peu près d’un cornet à dés ou d’un œuf posé sur sa base.
Tu trouveras en chemin un silence absolu, un soleil vertical qui sied tend à ta musique.
Un ruisseau plus loin traverse la piste, y pénètre en passant sous la porte à peine assez large pour un âne bâté.
Ne la pousse pas sans songer à y trouver un agneau écorché dans la nuit ou bêlant à n’en plus finir.
Songe ici que tout ignore l’harmonie de ton œuvre. Je t’attendrai, près de cette grande pièce d’eau turquoise entourée de noyers.
Ne lèves pas la tête, tu y verrais mon visage comme au fond d’un puits qui t’attends depuis la pointe du jour.
C’est la première fois que j’essaye à travers cette lettre de dépeindre le paysage à bras le corps dans l’excitation de nos retrouvailles.
Le lourd parfum du thym me crie déjà que j’ai raison d’être patiente, Franz Liszt
Arrive.
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Le lundi 9 janvier 2012 à 09:42 :: La tour
Oh Tour !
Je n’en aurais jamais fini
De faire le tour
De tes atours
Dans mes rêves ici
Tu es le veilleur de mes soucis
La couleur de mes envies
Mon allumeur de réverbère intérieur
Le guetteur de mes envolées de perdrix
Mon havre de vie
Tu représentes tout ce à quoi j’aspire
Ta rondeur m’inspire
Ta couleur me rassure
Ton silence me murmure
« Viens, je saurai te ravir »
A l’enclos de mes besoins de solitude
Tu es l’exacte finitude
Du point mis sur le Sud
Au proche les contreforts dessinent le relief
Qui forment ton fief
La lavande et le romarin
Qui t’imprègnent années après années
Manquent à mes mains
Autant que tes pierres séchées
Matin après matin
Un tel désir
Me taraude qu’il devient voisin
D’une douce torture
J’aimerais fuir
Et endosser la bure
Bien qu’attisant mes souvenirs
Une volute de benjoin
Vient faire son office serein
Et la douleur s’estompe au loin
Quel qu’en soit le moment : « je serai là demain ! »
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Le lundi 9 janvier 2012 à 07:30 :: La tour
Le château des poireaux
Quand je pense à ma chère tour pointue, celle qui encore aujourd'hui garde l'angle nord de la propriété familiale et toute ma gratitude, je ne peux m'empêcher d'évoquer les merveilleuses vacances qu'elle nous procura.
De loin, sa couverture de tuiles romaines lui donnait des airs de tour génoise mais nous l'avions dès le premier instant baptisée château.
Au souvenir de ses tuiles canal en terre cuite, j'entends encore les confidences de grand-père affirmant - l'oeil goguenard - qu'elles avaient été moulées sur la cuisse des femmes et je revis à l'instant où je l'écris ce trouble qui empourprait nos trognes juvéniles.
Au sommet du château, la pointe vernissée d'un beau vert 'poireau' devait se voir depuis le village car c'est ainsi que les gosses nous avaient baptisés... les poireaux.
De part et d'autre de notre tour, la courtine faite de murets bas nous protégeait à la fois des mulots, des gorgones et autres monstres malfaisants tout en permettant le guet sur les collines avoisinantes.
Le guet était revenu de plein droit à petit Pierre ce qui me laissait tout loisir de courtiser Bérangère dont le prénom usuel Elvire m'agaçait au plus haut point.
Notre tante affirmait que Bérangère avait poussé trop vite, ce que je démens formellement puisque mon regard arrivait juste à hauteur de sa poitrine naissante et c'était bien ainsi.
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Le lundi 9 janvier 2012 à 07:00 :: La tour
Le jardin des senteurs
Ici, à l’òrt* des simples, poussent le romarin,
le thym, le serpolet, l’estragon, l’origan,
la livèche, le genévrier élégant,
le basilic, la sauge, l’ail et le lavandin ;
exposés au soleil sur le même terrain
voilà le pébre d’aï parmi les intrigants,
la jolie marjolaine et le cerfeuil fringant,
l’hysope, le persil et le fenouil en brins ;
la menthe a débordé jusque dans le sentier,
le cade, le laurier, le massif d’églantiers,
limitent le jardin sur son autre côté ;
dans la tour, la récolte a fini de sécher
avant d’être triée, préparée, ensachée :
arômes prisonniers jusqu’au prochain été…
(*) òrt = jardin en occitan
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Le lundi 9 janvier 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Après bien des pérégrinations, voilà ce que vous découvrez derrière la dernière porte que vous avez poussée :
Cette semaine vous écrirez un texte librement inspiré de cette photo et vous l’enverrez à l'adresse habituelle, avant le dimanche 15 janvier minuit (heure de Paris)

© crédit photo : Toncrate
Bonne semaine !
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dimanche 8 janvier 2012
Le dimanche 8 janvier 2012 à 22:59 :: J'ai la main...
Prises...
J'ai la main sur la poignée de la porte et je prends la posture de la nénette en mal de réflexions philosophiques en restant quelques secondes sans mouvement apparents ; respiration bloquée ; arrêt sur image ; plan à faire, à refaire, à parfaire...
Crispation de la mâchoire peut-être ? Sourcils qui se froncent subrepticement ?
J'ai la main sur la poignée de la porte et voici une confidence. A cet instant précis, je me demande avec une force inouïe si on peut raisonnablement répondre à cette question ci :
Que peut-on réellement ouvrir sans craindre la surprise ?
Je dois entrer. C'est écrit dans le scénario. Je me concentre.
A ce moment précis de l'histoire vous ne voyez pas si la poignée fait ou non résistance.
Vous zieutez le film en mangeant des chips et vous entendez la musique qui ralentit.
Vous voyez ma belle gueule d'amour puisque je suis une vedette maquillée et pomponnée.
Vous souriez.
Vous attendez ...
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 21:30 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et les regrets en font grincer les gonds amers
Tout ce qui ne s'y vivra plus
Tout ce qui ne s'y est pas vécu
Faute d'avoir su s'inventer l'existence
Il faut fermer la porte et décrocher la clef
Tout ce sur quoi se referme la porte, pan de vie fait de visites, de ces deux semaines de repos hors du temps un hiver si lointain, de soirées, d'infusions, de bonheurs, de repas au soleil partagés, de tous ces mots écrits sur le coin d'une table, de tant de rêves et d'insomnies, de ton absence, de vos absences, de vos présences, d'une vie qui s'était suspendue si douce qu'on aurait cru la prolonger quelques années...
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et la peur bleue qui cliquète au verrou
Fait trembler dans ma main si gauche
La clef que je n'ai pas encore
Saurai-je vivre ?
Derrière cette autre porte
Cette porte un jour refermée
Sur celle qui partait
Laissant son cœur en cendres
Cette porte que l'on m'a ouverte
Pour y goûter
La douce chaleur d'un foyer fait de larmes
Et de bonheur
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 20:11 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte de la voiture. Dehors, ils ne me voient pas, à cause des vitres teintées, mais ils me devinent, ils savent que dans un instant je sortirai, saluant tout le monde d'un geste de la main, aidant à installer la batterie, les amplis, les micros. Ils m'imaginent en jeans et veste de cuir, comme d'habitude, et ils n'ont pas tort. Je les imagine dans un instant, me souriant en essayant d'avoir l'air dégagé, me donnant des tapes sur l'épaule d'un air compatissant. Ils feront semblant de ne pas entendre que ma voix tremble, de ne pas voir mon air triste et fatigué. Mais si d'aventure je fonds en larmes, avant le concert, ils chuchoteront entre eux, me jetant des coups d'œil en biais; un mec, ça ne pleure pas, et surtout pas un mec comme moi. Mais je ne pleurerai pas. Ils diront alors: « C'est un brave gars, il est très professionnel. » Ils me présenteront au guitariste remplaçant, trouvé en deux jours grâce aux relations de Vincent, et me glisseront des regards entendus signifiant: « Je sais qu'on ne pourra jamais remplacer Gabriel, mais nous devons continuer. » Pas parce que ça nous plaît, mais pour l'argent.
Dans un groupe, un guitariste, c'est très important. Mais pour un chanteur solo, c'est un homme de l'ombre, quelqu'un qu'on peut remplacer dix fois sans que le public s'en rende compte. Quelqu'un pour qui on a de l'estime, mais pas plus que pour l'agent, le producteur ou l'ingénieur du son.
Sauf quand c'est votre meilleur ami. Alors que pour eux tous, dehors, Gabriel n'était qu'un pote, un collègue, un type sympa qu'on croise entre deux prises de son, c'était pour moi le mec qui m'aidait à supporter les sessions d'enregistrement ou les séances photos même quand elles duraient des heures; celui avec qui je m'amusais, je sortais, je rigolais, quand on était en tournée; celui qui s'émerveillait toujours, qu'on soit à Shangai, à Lisbonne ou à Los Angeles; celui qui emportait sa guitare partout, et qui animait ainsi voyages en bus, feux de camp ou soirées entre amis; celui qui me donnait toujours un avis franc sur mes compositions; celui qui savait imiter Paul MacCartney, Bon Jovi et Noel Gallagher mieux que personne.
Je visualise Vincent, qui, dès que je sortirai de la voiture, me forcera à sourire, à chanter « avec plus de punch », une de ses expressions favorites. Je m'imagine la maquilleuse, découragée à la vue de mes cernes, et le guitariste remplaçant, qui n'osera rien dire, bien trop gêné. Je le comprends: c'est le pire boulot qu'on puisse faire, remplaçant d'un mort. Mais je ne lui demande pas d'être à la hauteur de Gabriel; tant qu'il joue sa partie de guitare « avec du punch » pour faire plaisir à Vincent, ça me va.
J'hésite un instant à lancer au chauffeur: « J'ai changé d'avis. Père-Lachaise, s'il vous plaît. »
Mais je me retiens. J'ouvre la porte. The show must go on.
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 18:32 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte
j'ai les doigts dans le pot de confiture
l'estomac dans les talons
et la peur au ventre
le front contre la vitre
les cheveux au vent
et des fourmis dans les jambes
le nez dans le guidon
et les yeux dans les nuages
c'est risqué
j'ai les bras longs, longs, si longs... à toucher les étoiles
et là tête, me direz vous ...
et la tête ?
A a a a
Alouette
en pensant à Gaston Couté...
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 16:41 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte et je jette un dernier coup d’œil dans le salon. Aimée est allongée sur le divan, elle feuillette son album photo, réserve personnelle de souvenirs de sa gloire passée d’actrice à Broadway. Je referme la porte, la laissant à sa rêverie.
Je dévale les escaliers qui grincent à chaque marche, menaçant de s’effondrer au moindre pas de travers. Je saute les marches par deux. Si j’arrive en bas sans tomber, ce sera une bonne journée.
Je me tire d’affaire assez brillamment et monte dans ma vieille Ford orange. Je descends la rue à toute berzingue, en retard au boulot, comme d’habitude. Tant pis, Joe m’aime trop pour me virer.
Une épaisse brume s’est installée depuis quelques jours, annonciatrice d’un hiver rude. Les docks défilent le long de la route. La saison va commencer, les dockers vont sentir le froid leur ronger les os, leurs mains vont geler, leurs lèvres vont gercer et leur moral va se terrer dans leurs chaussures de sécurité. Le bar de Joe va battre son plein pendant au moins cinq mois, seul refuge pour les travailleurs acharnés du port.
J’arrive au bar et lance un joyeux « salut » à la cantonade. La salle est déjà pleine. Tous attendent leur petit-déjeuner sur les banquettes rouges défoncées. On sert les meilleurs œufs brouillés de la ville et en prime, Joe fabrique sa propre sauce tomate. Aujourd’hui j’ai concocté une petite surprise pour mes protégés : j’ai tricoté des écharpes, des bonnets et des chaussettes en grosse laine. Je suis une piètre tricoteuse et mes mailles sont loin d’être régulières mais au moins, ils auront un peu moins froid. L’hiver dernier, Brian, un Irlandais de dix-neuf ans débarqué en Amérique en quête de l’American Dream, vite rattrapé par la désillusion du vingt-et-unième siècle, a carrément dû être amputé du pied droit. Ses chaussures complètement usées avaient laissé le froid mordre ses pieds et ses engelures étaient devenues trop importante pour qu’on puisse lui épargner la gangrène. Il avait fallu le transporter d’urgence à l’hôpital mais le pauvre ne s’était pas résolu à perdre son emploi, seul réconfort que sa vie pouvait lui offrir, et s’était jeté dans la baie un jour que l’océan était déchaîné. On n’avait encore pas retrouvé son corps.
Où lire Jul
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 11:10 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte...
J'ai la main sur la poignée de la porte,
j'ai le cœur inondé par une saignée de l'aorte,
j'ai la tête élaguée par la cognée de la morte,
j'ai la jambe engluée dans des toiles d'araignée en escorte,
j'ai le foie envahi d'une lignée de cloportes
Vu mon état, faut-il vraiment que j'ouvre ?
Je crains de n'être pas au mieux pour mon entretien d'embauche.
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Le dimanche 8 janvier 2012 à 11:05 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte.
Ma main est moite. La poignée glisse, la poignée fuit.
Dans l'autre main, une coupe de champagne.
Les bulles pétillent et fusent vers demain, comme ma main sur la porte.
23:59:00
Demain c'est bientôt aujourd'hui.
Mais demain c'est aussi l'année prochaine.
Et l'année prochaine, c'est dans quelques secondes.
Quel paradoxe !
23:59:59
La porte s'ouvre et se déplace sans même que j'aie à bouger.
A l'image de roues de vélo filant à toute allure sur une longue route déserte, une suite de zéros s'affichent.
00:00:00
La porte s'est refermée et a disparu.
Aujourd'hui est devenu l'année dernière et l'année prochaine est devenu maintenant aujourd'hui.
Hier est l'année dernière comme demain était l'année prochaine.
Sans même avoir actionné cette poignée, nous avons franchi une nouvelle porte, celle d'une nouvelle année.
Bonne année à toutes et à tous.
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vendredi 6 janvier 2012
Le vendredi 6 janvier 2012 à 15:05 :: J'ai la main...
La porte
J'ai la main sur la poignée de la porte et pourtant, je n'ose pas faire ce mouvement avec ma main qui permettrait de baisser cette poignée et d'ouvrir cette porte. Je ne le sais pas encore mais je n'allais pas regretter d'avoir mis des gants pour la circonstance. Mes jolis gants noirs en cuir véritable...
Aujourd'hui Maman est morte...ou hier peut-être mais qu'importe, elle est morte. Et, cette porte...
Paralysé. Ce n'est pourtant pas la peur, ni le trac, ni le chagrin, ni la colère qui me lie indéfiniment à cette satanée porte.
La porte d'entrée de chez ma mère.
Aucun sentiment particulier, aucune humeur extravagante n'anime mon corps en ce moment. Non, je ne comprends pas ce qui m'arrive. La fatigue peut-être...
Elle repose à quelques mètres de là sur son grand lit blanc aux milieux des fleurs aux parfums enivrants. Il ne fallait pas mettre trop de lys. Ils dégagent une odeur entêtante. Des camélias plus de camélias.
Que m'arrive-t-il ? Je ne panique pas et j'essaie à nouveau de retirer ma main de cette maudite poignée mais plus j'essaie de l'enlever et plus ma paume adhère à sa matière froide comme du marbre. Je crois que j'ai encore perdu. Suis-je le premier à venir ? Je regrette de ne pas avoir sonné. Et si d'autres sont déjà arrivés comment ont-ils fait pour franchir ce seuil ? Oui, car ils vont tous venir c'est sûr... Ils ont entendu ce cri comme dans la chanson, vous savez La Mamma...
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Le vendredi 6 janvier 2012 à 14:54 :: J'ai la main...
À LA PORTE
J'ai la main sur la poignée
de la porte du jour
essaimée dans sa cour
une horde pépiait
Laissai dans l'intimité
suspendre leur escorte
des regards à l'eau forte
sans pleur et sans regret
Dehors, la lumière nue
cendrée mouchait l'orange
aux façades étranges
baillant sur l'avenue
Un frisson me parcourut
ressemblant aux espoirs
qui se forment au soir
d'une journée perdue
Hier encore
la vie, la mort
me prenaient à la gorge
Et ne songeais
qu'à l'échappée
du rêve que l'on forge
Ici, l'ailleurs
d'un jour meilleur
m'accueillait à sa table
Et le festin
de mon destin
devint considérable
Où prendre la porte ouverte (ou bleue)...
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Le vendredi 6 janvier 2012 à 11:04 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de porte, me demandent-ils.
Les impromptus ont-ils pensé une seconde que je me suis fait amputer les deux bras il y a huit ans.
Alors, comment je fais, moi ?
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Le vendredi 6 janvier 2012 à 07:49 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte. Ce n’est pas facile de l’ouvrir. Personne pour m’aider, personne pour me guider. Après maints efforts elle s’ouvre enfin et je crie ton nom, Liberté.
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jeudi 5 janvier 2012
Le jeudi 5 janvier 2012 à 20:58 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte,
Et dans l’autre le panier que j’apporte
Avec la galette et le pot de beurre.
Courant pour échapper au prédateur,
Fuyant le loup qui veut me dévorer,
J’ai failli m’égarer dans la forêt !
Et tout ça pour aller voir Grand-Maman,
Comme si elle avait besoin vraiment
De déranger pour si peu sa filliote !
J’ai la main sur la poignée de la porte,
Je n’ai plus qu’à tirer la chevillette,
La bobinette cherra. Et bien niet !
Je pose sur le seuil mon gros panier,
Je cours rejoindre mon ami l’ânier,
Qui est pour moi le meilleur chaperon
Contre le loup avec son Cadichon !
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 18:47 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte
Sur mon écran mental.
Je suis poursuivie
Par un type en pardessus noir
Il est dix heures du soir
Je sors de l’hôpital
La tête pleine de mes malades
Et là, j’ai affaire à un immoral !
J’ai la main sur la poignée de la porte
Je la touche à distance
Comme on touche du bois
Pour tenir hors de moi
Un mec hors la loi !
Tout à coup,
Je fais volte face
L’individu à un mètre de moi
Nu sous le pardessus
Qui dévoile dans la pénombre
Sa panoplie de loup-garou !
J’ai la main sur la poignée de la porte
Mon corps éthérique
Sans nul doute
A fait le chemin à ma place
Avant que je ne sombre
Et ne devienne cadavérique !
Si d’aventure,
Vous perdez les clés
On ne sait jamais
Courez courez
Sonnez sonnez…
J’ai la main sur la poignée de la porte
Je suis sauvée !
Où lire AngelJanvier
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 18:43 :: J'ai la main...
« J’ai la main sur la poignée de la porte mais elle ne déclenche pas l’ouverture! La sentinelle a disparu ! Alertez tous les services de sécurité ! Immédiatement ! » L’homme en uniforme, au comble de l’excitation, hurle dans sa radio portable. Il est blême et transpire comme un soutier malgré le vent de décembre qui disperse la buée de sa respiration haletante. Un fonctionnaire de prestige pourtant, avec son uniforme aux épaulettes dorées, ses bottes- miroirs et un panneau de médailles chamarrées qui évoquent un sapin de Noël. Il se tient au pied de la monumentale Porte du Soleil Sublime : 6 mètres de haut, avec deux larges vantaux de bronze cloutés d’or. Le mécanisme chargé de manœuvrer cette masse énorme est inexplicablement en panne… De part et d’autre, le haut mur d’enceinte…
Le Palais Présidentiel est redevenu la forteresse du XVIème siècle : au fil du temps, l’autocratie a changé maintes fois de titulaire mais les clôtures, qu’elles soient de protection ou dans les têtes, restent immuables…
Le problème du moment, c’est que, d’ici 90 minutes, la porte doit s’ouvrir devant l’affût de canon sur lequel reposent le cercueil et son hôte, le dictateur en titre, décédé il y a huit jours. Ils seront précédés et suivis des détachements militaires rituels, sans lesquels la Mort se sent trop seule. A l’extérieur, la police range la foule-troupeau le long des interminables barrières qui jalonnent la route menant à la colline du Grand Espoir, lieu de la sépulture. Il s’agit, pour chacun, d’être vu et filmé, de préférence, sanglotant, afin de prouver, le cas échéant, son indéfectible attachement au Régime et à ses Responsables.
Tout-à-coup, le Chef du Protocole repère des traces suspectes sur l’asphalte, au pied de la grande porte, là où des rails guident le pivotement des vantaux. Se pourrait-il qu’un acide ait été répandu pour détruire les moteurs ? Un sabotage ? Oui, un sabotage !! Insensé ! Abominable ! Mais irréparable en 90 minutes…
Paniqué et ressentant soudain l’extrême précarité de son existence, le Chef du Protocole court vers le poste de garde afin de tenter d’organiser un cérémonial de secours. Par exemple, celui qui emprunterait le petit portillon ouvert sur le potager, derrière le Palais : le cercueil porté par quatre hommes, le banal corbillard pour citoyen impécunieux, l’inhumation en comité restreint… Une cérémonie insipide, vite oubliée voire ignorée du monde entier. Un lamentable raté qui pourrait bien compromettre l’entrée dans la légende qu’espérait sans doute le successeur du Président défunt. Sera-t-il seul à la regretter ?
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 17:31 :: J'ai la main...
De l’autre côté de la table.
J’ai la main sur la poignée de la porte. Je dois à la vérité de dire que ce n’est pas vraiment ma main. Néanmoins j’attends là, derrière ce battant en bois usé, battu par les vents océaniques. La petite maison est au bout du monde, face à la mer, entre des rochers énormes et des arbres en fleurs. Elle semble avoir emprunté sa mélancolie à la veille chapelle et au cimetière proches.
J’attends le second appel. Je dois à la vérité de dire également que ce n’est pas vraiment moi qui attend. Je veux dire « moi » tel qu’on l'entend dans l'usage.
Je pourrai tout aussi bien traverser la porte sans l’ouvrir. Cependant j’accomplirai le geste de le faire. Je tournerai la poignée avec cette main qui n’en est pas vraiment une et je ferai mine de pousser la porte. Je dois aussi à la vérité de préciser que je ne tournerai pas vraiment la poignée. Je n’ai à présent aucune possibilité d’exercer une quelconque pression sur le loquet, pas plus que sur l’huis lui-même. Je dis cela avec un certain sourire, cette dernière formulation aurait plu à mon père qui aime tant les allitérations. Certes les siennes sont infiniment plus subtiles, mais il sourirait par amour complice. Comme moi en ce moment. Je dois encore une fois à la vérité de dire que je ne peux non plus tout à fait sourire. Mon sourire est tout intérieur, si tant est que cette notion d’intérieur puisse se rapporter à ce que je suis.
Ah. Voici. C'est maintenant. J’entre. Je ne dois pas me laisser envahir par l’émotion. La sensation est assez grisante et angoissante à la fois. Personne ne me devine encore, mais je les vois tous. Là encore je dis « voir » pour la compréhension de la lecture.
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 10:33 :: J'ai la main...
Effraction 6 janvier 2012
J’ai la main sur la poignée de la porte : Une porte minuscule, dérobée.
J’ai choisi la nuit tombée pour me glisser devant celle-ci et tenter d’entrer.
C’est un peu ridicule d’avoir attendu que la pénombre s’installe car, finalement, peu importe qu’il fasse jour ou nuit devant cette porte : Personne ne passe jamais par ici, puisque personne ne connaît cette porte : je suis tombée dessus par hasard il y a quelques temps.
Je fais le code à quatre chiffres que j’ai réussi à obtenir par des subterfuges dignes des plus grands espions. Je retiens mon souffle : il faut être discret ; des travailleurs noctambules sont peut être encore dans les lieux. Les gens vont et viennent ici sans horaire, comme dans une sorte d’auberge espagnole.
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 09:11 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte.
Maman m'a dit avant que je ne sorte "À vendredi prochain. Passe une bonne semaine et surtout ne prends pas froid. J'espère au moins qu' c'est bien chauffé chez toi !". Je lui ai souri en ouvrant la porte que j'ai refermée doucement derrière moi. L'air glacial de l'extérieur contrastait violemment avec la chaleur du dedans. J'ai descendu l'escalier, lentement, en comptant une à une ses cinquante quatre marches. Au moment où je me suis avancée pour ouvrir la porte battante de l 'immeuble, quelqu'un la poussa de l'extérieur pour rentrer. C'était madame Praz. "Fait pas chaud hein !" me dit-elle en secouant son parapluie, "Alors comme ça les vacances c'est fini ? Vous rentrez à Annecy ?" J'ai bien vu qu'elle attendait une réponse, au moins de politesse, mais je n'ai pas su quoi lui dire. Je suis simplement sortie sur le perron. "Bon voyage quand même !", ajouta-t-elle encore, avec une brin d'exaspération dans la voix, au moment où le battant de la porte se referma sur moi.
J'ai la main sur la poignée de la porte.
Il neigeait. Je n'ai pas pris la route tout de suite. Je suis restée là à contempler, le nez en l'air, la chute silencieuse et vertigineuse des flocons. Un sac en plastique est alors tombé à mes pieds. J'ai relevé la tête et vu maman à la fenêtre qui criait : "Ton écharpe et tes gants ! Tu as oublié ton écharpe et tes gants !" Je l'ai regardée longuement puis j'ai baissé le nez et entamé la descente de l'avenue des Fontaines. Laissant là le sac jeté par maman et son contenu. Sans même ouvrir mon parapluie. Il neigeait vraiment fort. Il faisait nuit.
J'ai la main sur la poignée de la porte.
J'étais en avance. Le car du dimanche passe normalement aux Fontaines à huit heures trente. Il était tout juste huit heures. Dix minutes suffisent pour gagner à pieds la gare routière. Mon sac à dos était plus lourd que d'habitude. C'est seulement maintenant que j'en prenais conscience. Je me suis alors arrêtée. Je l'ai posé sur le trottoir déjà couvert de neige. L'ai ouvert pour découvrir à l'intérieur, casés entre mes vêtements, un paquet de papillotes, un pain d'épices, un pot de confiture de cassis et un autre de miel. Un trésor. C'était maman. Fidèle à elle-même, fidèle à ses enfants. Aimante. Vigilante. Attentionnée. J'ai refermé le sac et repris ma descente. Au moment où je suis passée sous le balcon de Jeanne et Pierre j'ai entendu les cris de Phil et Lola. Ils se chamaillaient comme d'habitude. Puis j'ai entendu le rire de Léa.Tiens ! elle était descendue chez eux ! Je me suis arrêtée un peu pour les écouter et j'ai repris ma route.
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 08:58 :: J'ai la main...
EGAREMENT
J'ai la main sur la poignée de la porte
Dernière hésitation,
Je pense
Insérer la clé et qu'importe
Plus questions de tergiverser
A présent, je l'ai retrouvée.
Je me revois
Toutes ces années passées
Toutes ces heures à chercher
Interroger des témoins
Fouiller mille recoins
Passer au peigne fin
Toute la maisonnée.
Par moments
J'étais désespérée
Je n'avais plus aucune idée.
Alors
Alors, j'ai fini par me poser
Tenter de me remémorer
Imaginer où elle pouvait se cacher,
Réflexions,
Introspection,
Et puis
Et puis, j'ai fini par trouver
Là même où je n'avais pas songé.
J'ai la main sur la poignée de la porte
Je tourne, je franchis le pas, qu'importe
J'entrouvre
Emotions
J'ouvre
Explosion
Multiples sensations
Je découvre
Le monde du ressenti
Le monde des rires
Le monde des sourires
Le monde des "en-vies".
…
Il est un temps où j'avais égaré
La clé qui permet d'exister.
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Le jeudi 5 janvier 2012 à 08:54 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte. C’est indiscutable, je la vois de mes propres yeux, même si ma vue semble se troubler sous l’effet d’une étrange torpeur… J’étais pleine d’une énergie presque sauvage il n’y a pas trois minutes, mais je me sens maintenant comme éteinte. Absente. Mon regard reste fixé sur ma main, mais semble n’envoyer aucune information à mon cerveau.
J’ai la main sur la poignée de la porte. L’issue est là. Mon salut. Derrière cette porte. J’ai couru comme si je ne touchais plus terre pour l’atteindre, dans un effort qui m’a semblé inhumain à moi-même. Une force que je ne me connaissais pas m’a permis d’en dégager l’accès, qu’obstruait je ne sais quel meuble. J’entendais son pas derrière moi. Son souffle rauque qui se rapprochait. Sa présence menaçante dans mon dos.
J’ai la main sur la poignée de la porte.
Il m’a manqué un rien. Une seconde. Un souffle. Rien… J’ai la main sur la poignée de la porte et je commence à vraiment comprendre ce que je vois.
Il a fondu sur moi dans un éclair. Un reflet sur la lame. J’ai la main sur la poignée de la porte, mais le reste de mon corps est cloué au sol, inerte. Quand je réalise enfin que la distance entre ma main et mon bras n’est pas normale, l’image de cette poignée, agrémentée d’un si macabre ornement, m’arrache un sourire incongru et je meurs, presque heureuse.
Où lire Poupoune
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mercredi 4 janvier 2012
Le mercredi 4 janvier 2012 à 21:51 :: J'ai la main...
LE PAVILLON DES CAS SERIEUX
J’ai la main sur la poignée de la porte, je tourne l’une, je pousse l’autre et je contemple le client. Est-ce qu’on peut décemment peser trois cent livres quand on s’appelle Labarack ? Et quand on lui donne cent cinquante kilos à Labarack, c’est au bas mât, pardon au bas mot, qu’on estime son pesant de barbaque au barbeau. Ses morues, celles qui font le trottoir à La Chaise-Dieu en Auvergne, lui souhaitent gentiment sa fête le 23 janvier. Tout le monde par-là-bas respecte le maquereau né à La Bourboule, là où coulent la Dordogne et des penchants pour la castagne quelque peu arrivés à thermes. Les parents du maousse, lecteurs de « La Montagne », savaient-ils que madame n’accoucherait pas d’une souris et que leur progéniture ne deviendrait pas dentellière ? Avant même sa naissance, ils avaient choisi de le prénommer Ildefonse.
J’ai la main sur la poignée de la porte, je tourne l’une, je pousse l’autre et j’entre avec la même curiosité que la première fois. Jean-François Régis, dit « le Lutin », s’habille toujours de velours vert et porte au bas de son menton une barbiche taillée en pointe qui le fait ressembler à cette génération de profs de maths qui vint dans le début des années 80 peupler les bancs de l’Assemblée nationale. Tout comme eux Jean-François Régis est un scientifique pur jus, botaniste émérite, professeur de l’Université de Rennes 3, une espèce d’icône désormais sexagénaire à qui les fous de tecktonik à côté de la plaque et les clones et clownesses d’héroïnes de séries américaines conseilleraient volontiers d’aller se rhabiller au « Vieux campeur » mais plus personne ne campe aujourd’hui qu’un personnage façonné à la va-vite, un ego de façade qu’on dote d’un mur sur Facebook en attendant que tout s’écroule. Et c’est justement le jour où il a entrepris le tour du Yeun Elez, ce marécage des Monts d’Arrée presque aussi inquiétant que radioactif, en compagnie de trois de ses amis, Juliette Cornillon, Laurent Imbert et Joseph Oriol, que l’impensable s’est produit. La centrale de Brennilis s’est enfoncée d’un coup d’un seul, emportant les quatre scientifiques et la totalité de la population bretonne dans un nouveau voyage au centre de la Finisterre dont Jean-François Régis Le Lutin s’est fait, en Jules Verne des temps modernes, l’infatigable chroniqueur qu’il m’appartient de suivre et de soigner.
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Le mercredi 4 janvier 2012 à 17:34 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte. Il y a quelque temps déjà que cette maison vide semble m’attendre. Je suis tentée, et pourtant quelque chose me retient....
Je suis venue parce que j’aime les demeures abandonnées, elles ont un parfum de mystère. Celle-ci est à vendre depuis si longtemps que le propriétaire me donna la clef avec indifférence. Une sorte de bonheur me poussait, allez savoir pourquoi ! Rien ne m’habitait qu’une vieille chanson qu’on me chantait dans mon enfance.
Il y avait là un miroir sur pied, comme dans certaines demeures d’autrefois. Et derrière le miroir j’ai trouvé une lettre pâlie ..
J'’hésitai un instant puis je l’ouvris avec une certaine appréhension? Je n’aurais pas dû, j’étais indiscrète, que faisait donc là cette missive que nul avant moi n’avait ramassée? Si je la posais sur le rebord de la cheminée? Si...Mais non! Je commençai à lire. L’écriture virile datait le message du 3 avril 1962. Et je lus :
“Lorraine très chérie...”
Je tressaillis. Lorraine c’est mon prénom. J’eus un frisson d’inquiétude et de surprise mêlées. Je me forçai à lire la suite :
“Je ne reviendrai plus. Je pars au pays des morts. Je souffre trop, la maladie me détruit. Je t’ai aimée de toute mon âme. Oublie-moi, mon amour”.
C’était signé “Rodolphe”. Je m’appuyai au mur. Mon Rodolphe à moi avait disparu un soir où l’on entendait tomber la neige., il y a tant d’anées maintenant. Par quel alarmant sortilège retrouvai-je dans cette maison inconnue la missive d’un amant à son amie, chacun affublé de nos prénoms à nous? Quelque chose d’absurde liait nos histoires.
Absurde, suréaliste ou surnaturel ? J’étais au chevet de Rodolphe quand il ferma les yeux pour toujours. Rien ne le reliait à ce Rodolphe inconnu qui écrivait à une Lorraine qui n’était pas moi.
Pour sortir sur la terrasse, je passai devant le miroir. Le crépuscule tombait et à mon côté souriait le reflet d’une jeune femme serrant contre son coeur la lettre que je venais de déposer sur la cheminée. Je crus défaillir. Je me retins au chambranle et sortis sans savoir comment.
Je n’ai pas acheté la maison.
Où lire Lorraine
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Le mercredi 4 janvier 2012 à 16:20 :: J'ai la main...
La voix
J'ai la main sur la poignée de la porte, mais je frappe trois coups, comme au théâtre. Quand une voix de basse me dit « Entrez ! », j’ai l’impression que Faust lui-même me donne la réplique. J’ouvre la porte. Dans la pièce il n’y a personne, juste une odeur d’encens et le lit où l’on a tendu une couverture rouge alors que d’habitude elle est noire.
La même voix de basse me demande de me déshabiller et de m’allonger. J’obéis. C’est à ce moment que je vois la caméra fixée au plafond. Pourquoi cet imbécile a-t-il mis une caméra au plafond alors que d’habitude il est là en chair et en os, surtout en chair d’ailleurs. Et pourquoi s’amuse-t-il à changer de voix ? Je ne comprends rien.
Je lui annonce le tarif et la voix se fait dure : « trop cher ! » Je précise que c’est le tarif habituel et que je ne suis pas prête à le baisser. La voix répond « Soit, mais ne prenez aucune initiative. ». Je demande à la voix qui elle est parce que d’habitude l’autre… Ma question l’énerve au plus haut point et elle me répond que l’heure n’est plus aux habitudes, que l’autre n’existe plus, qu’elle l’a tué et que si je veux partir, la porte est ouverte. Malgré ma peur, je décide de rester, j’ai trop besoin de cet argent pour payer mes deux loyers de retard, sans parler de mon forfait et de la mensualité de mon crédit. Je reste immobile et j’attends, nue, allongée sur la couverture rouge.
Après quelques secondes de silence, la voix commence à me susurrer des choses insensées et un souffle chaud court le long de mes jambes jusqu’à la pointe de mon pubis… c’est la première fois que je fais l’amour avec une voix.
Où lire GBalland
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Le mercredi 4 janvier 2012 à 11:42 :: J'ai la main...
Solitude partagée
J’ai la main sur la poignée de la porte. Pour la dernière fois, je vais l’ouvrir. Je vais franchir le seuil de cette maison, ma maison.
J’ai beau chercher au plus loin de ma mémoire, je me vois depuis toujours ici, entre ces murs crépis et recrépis, face au fleuve infatigable.
Hier encore, le jardin, la cour résonnaient de cris et de rires d’enfants. Un heureux tapage qui me mettait pourtant parfois à vif, qui me fatiguait, me bouleversait.
Ils étaient nombreux, les enfants, les nôtres et ceux d’ailleurs, venus en nombre, attirés par l’odeur des crêpes ou du pain d’épices, des confitures ou de la mousse au chocolat.
Il y avait, heureusement, de doux moments de calme où nous n’étions que deux, elle et moi. Nous étions bien alors, en silence, en solitude partagée. Elle se taisait souvent, tout à ses pensées secrètes.
Je la regardais vaquer à ses tâches quotidiennes. Elle avait des gestes précis, toujours les mêmes, toujours répétés. Quel que soit le temps, elle ouvrait grand les fenêtres avant de s’activer. Elle allait, mettant de l’ordre ici, nettoyant là, récurant, s’activant à toutes ces besognes ménagères dont je n’ai jamais bien compris l’utilité. J’admirais son adresse, sa rapidité. Parfois, elle me frôlait distraitement, se cognait à moi par mégarde et j’en frémissais de toute mon âme.
Elle chantait souvent. Des chansons plus légères que buée ou si fortes parfois, qu’on ne pouvait que se taire et les écouter. La lumière me semblait alors plus intense, le ciel plus profond, l’instant suspendu. Les mots glissaient de ses lèvres, comme moulés, enrobés de tendresse. Elle ne disait pas seulement les mots de chacun, elle les façonnait, ils naissaient d’elle, ils prenaient corps en elle. Ils disaient la vie et la mort, la souffrance et l’amour, l’espérance et l’oubli…
C’est alors que j’aurais aimé lui confier tout ce qu’elle était pour moi. Je n’avais pas la voix, je n’avais ni le souffle ni les mots pour lui dire mon attachement. Je ne pouvais qu’imaginer mes paroles, imaginer son sourire attendri, un peu distrait, un peu flottant, celui que j’aimais. Celui qui venait de son âme et qu’elle oubliait de dissimuler, parfois.
Elle était ma lumière, mon feu, ma vestale. Elle était ma joie, mon centre, mon pilier. Elle était grâce, charme, délicatesse ou colère.
Elle était…
J’ai la main sur la poignée de la porte que je vais refermer pour une dernière fois.
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mardi 3 janvier 2012
Le mardi 3 janvier 2012 à 22:26 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte,…
Je pensais être suffisamment téméraire pour oser entrer, lui dire ce que j’avais sur le cœur. Mais au dernier instant …une tornade d’interrogation dans ma tête : était-ce bien là ce que je désirais vraiment ? Comment réagirait t-il ? Mon entourage me soutiendrait t-il ? Ne serais-je pas en train d’agir sur une simple pulsion que je pourrais regretter plus tard ?...
J’ai alors choisi de ne pas affronter son regard ébahi et son jugement arrogant. J’ai lâché la poignée j’ai tourné les talons. J’ai pris la fuite, évitant peut être ainsi tout sentiment de culpabilité. Me tournant vers une nouvelle vie que je n’ai, vingt ans plus tard, jamais regrettée.
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Le mardi 3 janvier 2012 à 22:21 :: J'ai la main...
~ J’ai la main sur la poignée de la porte, une porte grise, silencieuse.
Une porte lourde, de métal. Une porte que je n’ai jamais poussée.
Une porte que je retiens serrée contre moi. Une porte d’où l’on ne revient pas.
J’ai la main sur la poignée de la porte, mais ce n’est pas moi qui l’ouvrirai ...
Où lire Zoz
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Le mardi 3 janvier 2012 à 18:49 :: J'ai la main...
La main sur la poignée
J'ai la main sur la poignée
de la porte et j' peux entrer
Je ne vais pas te manger
Allons ouvre moi s'te plait
Attends un peu je te prie
Tu sais bien que je ne peux
Malgré tout ce que je veux
En si peu être jolie
Oui mais faut pas abuser
Te m'mènes par le bout du nez
J'vais finir par insister
Et cette porte pousser
Oh que non ! Que non, que non !
J'ai encore à me coiffer
Mes chaussons à enlever
Attends un peu beau garçon
Z'êtes vraiment toutes les mêmes
J'vais finir par me fâcher
Car je ne peux me raser
Vraiment trop peu tu ne m'aimes
Ne râle pas je n'aime pas ça
Bientôt entrer tu pourras
Puis alors te raseras
Et très beau tu deviendras
Pour l'heure c'est toi qui me rase
Je vais te laisser la place
Ouvre la donc cette porte
Que de cett'salle d'eau je sorte
Où lire Ckan
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Le mardi 3 janvier 2012 à 18:32 :: J'ai la main...
« J'ai la main sur la poignée de la porte,
je prends le pouls de la maison. »
Tout est calme, silencieux
Comme vol de moineaux
Partis les tourtereaux
Et leurs petiots
Une odeur de bonne humeur
Imprégnée d’instants bonheur
Une touche sapin
Et de papiers cadeaux
Bien loin les rires
Comme les chansons
Flotte encore la mélodie
Des petits loups et des souris
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Le mardi 3 janvier 2012 à 17:54 :: J'ai la main...
A la Poussière des mots
J’ai la main sur la poignée de la porte,
Tout en haut du vieil escalier de bois
Qui craque sous mon pas comme autrefois ;
Aux anciens souvenirs mon cœur se porte...
Et je revis les frayeurs enfantines
De ces visites jadis clandestines,
Soufflant d’une ineffable griserie
La poussière grise des vieilleries.
C’est poussant d’une longue et triste plainte
Cette vieille porte au bois vermoulu
Que du temps passé apparaît l’empreinte,
Parmi les mille objets que la vie exclut ;
Abandonnés tous des mains de naguère
Et couverts du lourd manteau de poussière,
Ils soupirent du profond désamour
Où ils vivent, délaissés pour toujours.
Aux poutres basses un peuple tisse toile,
Pendent aux crochets marmites et poêles,
Le tricycle de rouille boursoufflé -
Mire à la psyché son morne reflet.
La chauve souris, privée du silence,
Ouvre une aile et brise sa somnolence ;
Sur la table des images sacrées
Se mêlent à des papiers déchirés ;
A l’encre bleue pâlie on lit encore,
D’un trait tremblant que la crainte dévore,
Sur le papier taché, des mots d’amour
Qu’une guerre laissa là, pour toujours.
Où lire JCP
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Le mardi 3 janvier 2012 à 17:02 :: J'ai la main...
Jardins d’Ariane.
J’ai la main sur la poignée de la porte une fois que j’ai passé le salon d’accueil, parfumé à la lavande, orné d’un monumental bouquet de fleurs artificielles.
Encore en moi, défile l’autoroute où le temps s’est suspendu pendant trois heures, et maintenant, j’y suis à nouveau, la main sur la seule poignée de la porte. De l’autre côté, il n’y en a pas. Je tâte le pouls de la maison. Le roulement souple d’un chariot de soins murmure sur le gerflex, La tête de l’aide soignante traverse le hublot. Un cri confus s’exhale de l’autre côté. Allons, entrons.
Ici, c’est aussi Noël, des guirlandes dorées festonnent les murs, des pères Noël en plastique moulé sont accrochés aux baies vitrées, des lumières clignotent dans les plantes vertes. Mais les dames dans les fauteuils sont bien rangées comme d’habitude, le visage fermé ; certaines somnolent, d’autres fixent le rien dehors, tandis que la télé allumée dans un coin pétarade des coups de feu d’un feuilleton sempiternellement américain. Seule Madame Locher pose sur moi un sourire. Je la salue et je l’embrasse, elle garde ma main. « Vous allez bien ? ». Sa bouche fripée émet un petit miaulement résigné. D’un signe de tête, elle me désigne l’autre couloir où est la chambre de ma mère. Elle lâche ma main et incline la tête en fermant les paupières sans doute pour me signifier que ma mère fait une sieste.
Dans ce couloir, cela sent le désinfectant ménager à la citronnelle. La maison est tenue avec un souci vigilant, c’est le constat que je me fais en arrivant devant le numéro 49. J’ai la main sur la poignée de la porte. J’écoute : aucun bruit.
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Le mardi 3 janvier 2012 à 14:28 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et le temps s'impatiente
Cloué sur l'éternité
Ligoté au parfum de tes mots
Démêlant mes chagrins
Verrouillé à ta voix
Qui berçait les fantômes
De mes nuits agitées
Caressait mes audaces
Et mes éclats de rire
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et le temps file
Happé par l'éphémère
Grisé par des parfums
Suspendus aux étreintes
De vos bras balbutiants
Ivre de musiques
Qui dansent sur mes nuits
Jusqu'à l'aube de miel
Endormie sur mes rêves
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et le temps vagabonde
Libre comme un soupir
Coloré des parfums
Qui ruissellent en étole
Sur le bas de mes reins
Effleuré par les notes
Du chant de vos murmures
Écharpe de velours
Au creux des souvenirs
J'ai la main sur la poignée de la porte
Et le temps s'émerveille.
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Le mardi 3 janvier 2012 à 14:25 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte. Je suis bien couverte pour affronter la froidure de l’hiver : manteau, bottes, écharpe, bonnet, gants.
Le téléphone sonne. Que faire ? Sortir sans répondre ? Non décidément, je ne peux pas. Je vais y penser tout le temps de mon absence, il vaut mieux répondre.
Je quitte les gants, le bonnet, dénoue l’écharpe, ouvre mon manteau., tout cela en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.
« Allo ?
- Madame Cruchon ?
- Oui.
- Bonjour Madame, vous avez gagné ...
- Excusez-moi, mais cela ne m’intéresse pas, au revoir »
Et je raccroche. En râlant contre ces coups de fils intempestifs, comme si nous n’étions pas assez grands pour savoir ce dont nous avons besoin , je referme mon manteau, noue mon écharpe, remet mon bonnet et mes gants.
J’ai la main sur la poignée de la porte. Zut, je n’ai pas mon sac. Mais qu’est-ce que j’ai pu en faire, bon sang !
Si je n’avais pas répondu au téléphone aussi, toujours avec cette crainte qu’un grand malheur ne soit arrivé !
Ah le voilà !… Flûte, mon porte-monnaie n’y est pas.
J’ai chaud. Je quitte mes gants, mon bonnet, jette mon écharpe et mon manteau sur un fauteuil. Où est passé ce fichu porte-monnaie ? Après plusieurs minutes infructueuses, je le retrouve dans le frigo. C’est sans doute, ce qu’on appelle mettre son argent au frais. Ca va, j’ai encore le cœur à me moquer de moi !
Le porte-monnaie remis dans le sac, j’enfile à nouveau mon manteau, je le ferme le plus calmement possible, j’enroule mon écharpe autour du cou, remet mon bonnet, mes gants, ….et je ne trouve plus mes clés….Mais enfin, je les avais tout à l’heure. Ah ! les voilà, à leur place normale, ce qui ne veut pas dire coutumière, je dois l’avouer.
Bon cette fois-ci, je suis prête.
J’ai la main sur la poignée de la porte, et je me dis que quand même, il faudrait bien que j’aille faire pipi avant de partir. Après quelques hésitations, je finis par poser gentiment mon sac avec mes clés dedans, sur le fauteuil, puis mon bonnet, mes gants, mon écharpe. Enfin, je quitte mon manteau, c’est plus pratique. Voilà, tout est là !
Je me lave les mains, remet mon manteau et tout ce que j’avais enlevé et posé délicatement sur le fauteuil, ne pas s’énerver, cela ne sert à rien. Je suis prête à partir à nouveau.
J’ai la main sur la poignée de la porte. Je sors enfin ! Ah ! je l’aurai bien mérité mon pain frais !
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lundi 2 janvier 2012
Le lundi 2 janvier 2012 à 23:17 :: J'ai la main...
Je prends le pouls de la maison…
J’ai la main sur la poignée de la porte… Il y a si longtemps que je ne suis pas revenue ici. J’ai frappé et l’on m’a dit d’entrer mais je ne le fais pas encore.
Je prends le pouls de la maison. Ma main reste figée sur la poignée. La peinture en est écaillée, je sens la rouille sous mes doigts. La porte et les volets ont pris cette teinte terne et grise du bois qui n’a plus connu le vernis depuis longtemps. Je me remémore leur chaude et brillante couleur châtaigne du temps où l’oncle Albert les vernissait régulièrement, tous les deux ans. Les herbes folles couvrent les dalles de la terrasse jadis impeccablement entretenue. La haie qui l’entoure, trop haute, mange toute la lumière. La maison, et ce qui l’entoure, respire la lassitude et l’abandon. Et je trouve soudain qu’il y règne comme un parfum de renoncement, de lâcher-prise.
J’ai pourtant reconnu la voix qui m’invite à entrer. Elle semble toujours la même, vive, gaie et énergique. Cela me rassure un peu. Je me décide enfin à pénétrer à l’intérieur. Au premier abord, rien n’a changé. Pas un grain de poussière, les meubles et les sols rutilent de propreté. Ce confort irréprochable m’inspire un sentiment de sérénité, comme toujours. Je soupire d’aise, je me détends. Le seuil de cette maison franchi, je me suis mise à respirer à son diapason, tous mes sens à l’écoute de mes souvenirs d’enfance.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 23:12 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison.
Elle a gardé l’odeur de mes souvenirs. Les murs n’ont pas été repeints.
Bien sûr il y a d’autres meubles, d’autres bibelots, d’autres photos,
Et un peu plus de ce qu’on nomme confort moderne.
Tes successeurs n’ont pas voulu de ton poêle à charbon,
Il y a une chasse d’eau dans les toilettes
Et une salle de bains en faïence rose.
L’escalier est toujours aussi raide,
On a juste changé la moquette.
Les lustres sont plus clinquants,
Les tentures plus modernes, les tapis plus épais,
Mais dans le couloir il y a encore
Ces trompe-l’œil dont tu étais si fière.
Et ça sent encore toi.
J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison.
Je suis contente d’être revenue humer l’odeur de mon enfance.
Tout ici m’appartient et n’a cependant jamais été à moi.
C’est ton cœur qui palpite et de chaque recoin
J’attends de voir surgir l’araignée d’entre les heures
Porte-bonheur… Puis je lâcherai la poignée de la porte
Et fermerai pour toujours ta maison.
Le blog d'Adrienne
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Le lundi 2 janvier 2012 à 23:10 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison. Tu parles. Je me marre! Pas besoin d'être docteur pour gagner du fric. Moi j'ai pas mon certofe et les docteurs je les emm... Suffit d'être pro. Ce lotissement minable avec ses chemins en terre c'est un tas d'or mais faut pas y aller n'importe comment. Faut sentir avant de mettre la main sur la poignée. L'idéal c'est quand la femme plaquée par son mec parce que les traites de la maison sont trop lourdes. Ou qu'elle l'a foutu dehors sans réfléchir la conne, la salope. Avec des mioches à l'école primaire ou au collège. Elle culpabilise à mort qu'elle a pas le temps de s'en occuper. Il faut bien vivre, les ménages, tout ça. Avec l'autre tarlouse qui s'est tiré et qui donne rien pour les gosses. Alors bien sûr l'école c'est pas ça. Hé, hé. C'est vrai que j'aime bien la sensation quand j'ai appuyé sur la sonnette, fort, et que je mets la main sur la poignée de la porte pour la secouer comme si j'étais la police ou l'huissier. Histoire de mettre dans l'ambiance. Allez, on se dépêche ma petite dame.
Évidemment quand je suis entré c'est le contraire, je deviens tout sucre, tout miel. Je caresse la joue des mômes. Pouah! Ils travaillent bien à l'école vos enfants au moins? Justement j'ai ce qu'il vous faut. Un investissement pour la vie. Je m'installe. Je prends mon temps. Je dis des blagues que la femme elle est obligée de rire. Je suis le père Noël. Les gosses me regardent. C'est le cas idéal. Ils ont pour ainsi dire plus de papa. La maman aussi elle a envie d'y croire. Les devoirs qui se font tout seul, les exposés, le goût des études. Et l'orthographe? Surtout l'orthographe! Vous pensez bien.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 21:51 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte. Derrière moi, l’appartement du Boulevard Lannes est vide ; Enfin.
Il m’avait déjà paru plus grand, débarrassé de sa présence, à elle. Madame Claude l’appelait-on, bien que son prénom fût Gabrielle. A présent vidé des meubles précieux, des tapis, des tableaux, hâtivement vendus, il est immense et glacial.
Mes pas ont résonné curieusement sur le parquet Versailles, les crémones ont gémi lugubrement lorsque j’ai rabattu les doubles volets.
J’ai jeté un dernier regard sur chaque pièce, soulagée de les voir aussi vides, aussi mortes.
J’ai dans la main, le trousseau de clefs, qui me brûle encore un peu.
J’ouvre la lourde porte et la claque simplement derrière moi.
Comme convenu, je dois remettre le trousseau à la concierge, j’ai hâte de me défaire de ce dernier lien.
C’était celle qui me disait : « Tu es bien chez les Baucher, je n’ai pas vraiment le genre mère de famille ».Elle,ma mère.
La double porte du porche émet ce petit son aigrelet quand se déclenche l’ouverture électrique.
Je suis sur le boulevard, il pleut.
Je respire enfin, longuement, profondément, librement.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 19:06 :: J'ai la main...
J'ai la main sur la poignée de la porte....
Elle s'ouvre sur le jardin encore endormi,
humide de la rosée du matin
le chat se faufile et part pour de nouvelles aventures
je le regarde buvant ma tasse de café, frissonnante
J'ai la main sur la poignée de la porte...
elle s'ouvre sur la chambre des enfants encore endormis,
blottis sous leurs couettes
leurs douces respirations est le seul bruit qui me parvient dans la pénombre
J'ai la main sur la poignée de la porte...
elle s'ouvre sur notre chambre,
il dort profondément ronflant doucement, rêvant de je ne sais quoi il s'agite...
J'ai la main sur la poignée de la porte....
elle s'ouvre sur mon avenir... que sera t il ?
Avec lui, avec eux....avec moi...
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Le lundi 2 janvier 2012 à 18:19 :: J'ai la main...
RUPTURE
J’ai la main sur la poignée de la porte … J’hésite … Je ne sais si j’en franchirai le seuil … Tout cela est trop bête … Comme à mon habitude, je me suis emporté …Mes paroles ont été cinglantes … Coupantes comme l’acier acéré … Maintenant, je la sens derrière moi, anéantie … J’entends, ou plutôt je me force à ne pas entendre, ses pleurs … C’est fini, oui bien fini … Tout ce qui restait de notre amour a volé en éclats … Tout est consumé … Cramé… Je suis allé trop loin … Vraiment trop loin … Je suis un dégueulasse, un ignoble salaud … Odieux … J’ai la main sur la poignée de la porte …
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Le lundi 2 janvier 2012 à 16:55 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte....Non, je ne vais pas entrer. Pas avant l’arrivée de Jeanne et Gisèle, mes sœurs. Cette maison est celle de notre enfance, de notre adolescence. Il faut la vendre, notre père dans son testament nous a laissé le soin de nous débrouiller entre nous, il n’a pas voulu trancher, comme toujours. Je n’entrerai pas car j’entends Jeanne dire : « J’espère que tu n’as touché à rien ! » C’est elle qui va compter, répertorier, décider, Gisèle suivra, je le sais, et moi aussi d’ailleurs. Nous pouvions garder cette maison, nous retrouver ici avec nos maris, nos enfants, revivre les étés d’antan, en gérant à nous tous les frais d’entretien, en faire un lieu de retrouvailles familiales . Mais Jeanne a dit « Non ! ». Vider la maison de ses parents c’est comme un attentat, c’est détruire plusieurs vies, culbuter un passé. Et puis mes sœurs ne doivent pas savoir que j’ai les clés, même celles de la cave. Ah ! Oui, au fait, la cave ! Il faudra tout vider, pas aujourd’hui bien sûr, mais rapidement, avant la vente. J’ai envie de pleurer. Je sais déjà que je ne désire que peu de choses, quelques livres de l’immense bibliothèque de papa, c’est tout. Je vais les attendre sur le banc du jardin. Ce mois de juin est si beau, les roses sont fleuries et respirer leur parfum me fait un bien fou. Tout cela me semble irréel. Oui, quelques livres et un bouquet de roses suffiront à mon bonheur.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 16:48 :: J'ai la main...
FIDELITE
J’ai la main sur la poignée de la porte de bois et n’ose la tourner de peur de découvrir la couche qui hante mes nuits depuis ce jour où tu n’as plus voulu de moi. Tu ne m’attends plus et pourtant je rôde chaque soir, fidèle jusqu’à la mort. Tu ne sauras jamais la souffrance qui s’inscrit dans les nœuds du bois, toutes ces échardes douloureuses comme des copeaux arrachés à la chair du temps. Ce temps qui filait et que je ne voulais pas voir. Je t’avais enserrée si fort dans mes bras, Ton petit cœur palpitant ne s’échapperait pas. Mais le tien était d’un rouge trompeur et la jeunesse affluait dans tes veines. Un jour, tu as rejeté le carcan de mon amour avec ta légèreté coutumière. J’étais devenu trop lourd et tu n’aimais pas les fruits mûrs.
Tu ne m’attends plus mais je sais que tu es là. Ton parfum flotte encore dans l’air renouvelé de ta chambre et s’immisce sous la porte. La poignée tourne lentement. Ta respiration se fait haletante, le cri s’étrangle dans ta gorge. La lumière s’est éteinte mais je te vois dans l’encadrement, les yeux écarquillés de terreur. Ne t’enfuis pas ma belle, mon indomptable, laisse-moi caresser ton cou blanc et ressens la fatale morsure qui te fera mienne éternellement.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 16:41 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte.
Le cœur vaillant et les jambes d’enfant
Pour ouvrir la porte de ma chapelle.
Pour trouver ma place dans le ventre protecteur du rocher.
Vieux sous bois, cri d’hirondelle, fougères et bruyères, quelque chose traversait mon corps.
Par dépit ou par rage, j’éclatai en sanglots.
La maison me regardait avec ses grands yeux humides et sans dire un mot le battant de la porte s’ouvrit.
Quelles puissances sournoises avaient-elles donné à ce logis sa puissance vertueuse à devenir un point d’ancrage ?
Il y avait sans doute dans le ciel un architecte à tête de noyau de pêche qui protégeait ce lieu.
La maison était racée et prête à conduire une vraie conversation.
C’est alors qu’un véritable miracle se produit.
Le toit devint le fond bleuté du ciel
J’avais la faculté de voir à travers la charpente
Au loin le sabot des chevaux se rapprocha, mon cœur aussi grand qu’un nid d’hirondelle virevoltait au dessus de la cime des arbres
Comme un grand panier la maison me faisait signe.
Elle avait des reflets bleu pervenche et me criait dans la nuit
Prend ton temps.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 13:14 :: J'ai la main...
Cauchemar
J'ai la main sur la poignée de la porte...
et je voudrais gronder "Que le diable t'emporte"
j'ai toujours exécré qu'on m'arrache à mon rêve
je sens dans tes sanglots que la nuit sera brève.
J'ai la main sur la poignée de la porte...
ici comme au vieux lit il manque ces deux pieds
qui font que c'est bancal, tordu de telle sorte
que mes alexandrins en sont tout estropiés.
J'ai la main sur la poignée de la porte...
dans tes yeux terrifiés, un diable vocifère
ton petit coeur perdu fait que le mien se serre
Alors tout contre toi c'est en chien-de-fusil
que je m'en vais chasser les monstres de ta nuit
j'ai la main sur ta joue, j'ai mal aux reins, qu'importe...
Où lire Vegas sur sarthe
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Le lundi 2 janvier 2012 à 12:34 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte
Afin d’entamer cette nouvelle année
Ais-je le choix de toutes façons
Puisque le battant fonctionnera
Que je le veuille ou non
Il n’y a guère de moyen
D’esquiver ce nouveau calendrier
Quelques soient les futures moissons
Les frimas les mauvaises saisons
Les coups de sang, les passions
Un janvier qui en suit quelques autres
Que la tempête hivernale l’emporte
Loin du pas de ma porte
Avec sa cohorte de fanatiques
Et ses psalmodies de patenôtres
Croyants ou païens
Nous débattons de même façon
Avec nos crises morales, de foie, ou économiques
J’aimerais juste un temps, un espace
Propice au silence
Pour éviter de subir le grincement du gond de la porte…
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Le lundi 2 janvier 2012 à 11:08 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte close
de la chambre de bonne où tu passes tes nuits
sous les toits de Paris ; il est plus de minuit
je gratte le panneau, mais le pousser je n’ose.
Je tends bien mon oreille, je n’entends pas grand chose,
es-tu juste endormie ? ronges-tu ton ennui ?
je chuchote en un souffle ton nom à travers l’huis,
sur la poignée ma main peu à peu s’ankylose.
En bas j’ai attendu qu’un locataire rentre
pour franchir le portail et pénétrer ton antre
puis j’ai gravi les marches qui menaient à tes draps,
mon cœur cognait très fort et préparait sa joie
jusque devant ta porte, jusqu’à ce qu’enfin j’ois
le verrou qui se tourne, ton sourire et tes bras.
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Le lundi 2 janvier 2012 à 10:11 :: J'ai la main...
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus par la femme de chambre et Farid se retrouve kidnappé et enfermé dans une cellule sombre et humide. A peine libéré de cette geôle, il se retrouve emmené par une étrange créature jusque devant un autel de pierre. Là une sorte de prêtre lui donne l’ultimatum de ramener Fontenay dans les 48 heures. Après avoir été libéré, il trouve justement une lettre énigmatique de celui-ci dans sa voiture. Il s’interroge sur ce texte et décide de faire des recherches à son bureau, jusqu’à enfin trouver la solution. Il lui faut se rendre dans un restaurant asiatique bien particulier. Sur le point d’abandonner ses recherches, la solution de l’énigme lui apparaît soudain et sa table s’enfonce dans le mur et il se retrouve dans une pièce sombre. Quelqu’un entre, un valet qui le guide silencieusement jusqu’à une curieuse salle de bal au plus profond de la terre. Il y retrouve enfin Fontenay qui lui parle de l’histoire du lieu et d’un mystérieux breuvage contenu dans une carafe qui permettrait aux vampires de vivre. Est-il au milieu d’une lutte entre bien et mal ? En tout cas, Fontenay et lui sont suivis.)
« J'ai la main sur la poignée de la porte
Derrière elle des troupes accortes
M’appelaient à les rejoindre
Lorsque la lune va poindre
Les chants mélodieux
De ces gorgones malicieuses
M’attirent loin des cieux
Ah cette substance mielleuse ! »
Voici ce qui était inscrit sur le mur du couloir de ce corridor interminable et qui interpelle Farid, tandis que Fontenay continue de progresser toujours plus profondément.
- Où allons-nous, Fontenay ?
- Chut, taisez-vous, vous allez les réveiller !
Mais réveiller qui, se dit Farid. Son esprit fatigué l’emmène dans les pires hypothèses, surtout avec tout ce qu’il vient de voir depuis quelques jours.
Où lire Ice Man
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Le lundi 2 janvier 2012 à 07:50 :: J'ai la main...
J’ai la main sur la poignée de la porte,
Vous l’œil sanguin rivé dans le judas ;
J’ai l’oreille fine, collée à vot’ bois,
Vous, comm’ tant, mimez le droit-dans-ses-bottes.
Me voici sonnant, vous chien de faïence,
Nous : bretteurs barbichus aux joues d’iguane ;
Mais s’il faut rire, c’est au moment idoine
Quand, vente faite, cessent bouffies les stances.
L’article ? Da. Did’rot l’encyclopédiste
- Qu’importe que vous soyez érémiste -
Vous l’aurait prodigué, du bel du bon,
Le tome est cheap mais l’affaire sensass,
C’est pour vos enfants m’sieur : de guerre lasse
Acquiescez – quérez - mon fiel fifreton.
Où lire Quebre
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Le lundi 2 janvier 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Dans une période de l'année où nous sommes tous très occupés par nos familles et nos cercles amicaux, vous avez malgré tout été fort présents afin d'alimenter un autre type de Marché de Noël, celui des thèmes futurs des Impromptus, et nous vous en remercions chaleureusement.
Vous avez ainsi un peu mieux cerné ce qui se passe à peu près chaque semaine dans l'équipe d'administration de ce site, alors qu'à tour de rôle nous proposons un thème, le libellons, et le soumettons à notre petit comité de lecteurs interne (et parfois la discussion est âpre..., mais toujours dans la convivialité !).
Nous tâcherons d'utiliser la plus grande partie des thèmes exprimés pendant ces deux semaines au cours de l'année, en particulier ceux qui ont été mis en avant dans les commentaires.
Le premier thème retenu que nous aurons à traiter cette semaine est celui de Lira :
« J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison. » (Tomas Tranströmer. Extrait de Baltiques)
Cette semaine nous vous proposons de rendre hommage à ce poète suédois trop méconnu, prix Nobel de littérature 2011. Votre texte, écrit en vers ou en prose, doit impérativement commencer par: « J'ai la main sur la poignée de la porte... ».
À vous de nous ouvrir, fermer, entrebâiller la porte … et de laisser libre cours à votre imagination devant ou...derrière l'huis.
Vos écrits sont à envoyer à l'adresse habituelle avant la fermeture des portes le dimanche 8 janvier à minuit.
Nous vous souhaitons une très bonne année 2012 !
Et longue vie à nos jeux d'écriture
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