Dans le jardin secret de mon fort intérieur, ma folle du logis secrète des plants d'ailleurs : un derviche tourneur, de son ample manteau de velours chamarré, coiffe le faîte d'une coquette tour de guet où mon cœur lourd s'est à double tour enfermé. Or voilà que le mystique, omettant de tomber le manteau pour montrer sa tunique, entame sa danse, pivote, tournoie, entraînant dans sa transe en danse la tour. La tour à son tour fait la ronde sur le tour de ronde de mon fort. Mon cœur balloté est pris de nausée et la ronde effrénée s'accélère encore. À l'instant même où le derviche en l'air frise l'extase mystique, mon cœur à terre se brise comme un vase antique. Au fracas de mon cœur projeté contre la paroi du beffroi je tressaille, tombe de mon siège, m'entaille et me fais, dans un râle, un atroce tour de reins.

Voilà pour la chute de l'histoire. Quant à la moralité, il serait vain de la chercher. Tout au plus puis-je me permettre un conseil avisé : prenez garde à votre imagination; sans frein, elle peut facilement vous jouer des tours !