Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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lundi 16 janvier 2012

ABC - Message oublié

Décodage du parchemin :

« Sombre croquembouche, au parfum de l’oubli, sous un lumignon de dérision, cette pièce montée t’ouvrira le chemin impitoyable de la vie outre-tombe, pour peu que tu daignes consentir, à le savourer sans frémir jusqu’à la lie !!! »

Qui a bien pu laisser ce message étrange qui aujourd’hui fait trembler ceux qui osent le décrypter ?

Où lire ABC

Mafaxel - Message oublié

« J’ai appris ce matin les deux plus affreuses nouvelles qui soient : John, mon fiancé depuis hier, a été tué d’un coup de couteau en plein cœur. L’assassin n’était autre que mon amant. Je n’ai rien dit. Mon trouble a pu paraître à ma mère étonnant, je connaissais à peine celui qui m’était dévolu pour mari, mais elle n’en a rien laissé paraître.

L’homme, le criminel, se dissimulait à peine et n’a opposé aucune résistance. Il a avoué le crime, mais pas le mobile. Il sera pendu demain matin dans la cour de ce château de Laze où je suis née et où j’ai passé ma petite enfance avant le couvent. La reine qui assistait aux fiançailles en a décidé ainsi.

Je n’aurais pas dû consentir à ses désirs, mais il était si beau, si fougueux, si amoureux….Je savais que notre relation ne pouvait être durable, mais après le couvent, je voulais m’amuser et les garçons guindés qu’on me présentait n’avaient aucun charme à mes yeux. Lui savait tout de la nature et du jardin et il m’a appris plus que ce que j’ai pu apprendre au couvent, tant de choses sur la nature, les plantes, les animaux et leurs mœurs si naturelles pour lui, que faire l’amour avec lui était un moment très tranquille loin du château .

Il me suffisait de prétexter le besoin d’une longue chevauchée dans la campagne pour calmer mes nerfs fragiles, il est vrai.

Le soir de mes fiançailles, je le devinais, tapi dans le jardin, nous regardant danser. Jamais, je n’aurais cru qu’il pût être jaloux à ce point. Pourtant, quand la main de John s’est posée sur la mienne pour que nous entamions ensemble le croquembouche, je n’ai pas pu m’empêcher de frissonner sous sa main froide et sèche.

J’aurais voulu lui faire passer au condamné, un mouchoir imprégné de mon parfum, pour qu’il le garde avec lui jusqu’au dernier moment, mais l’on m’a mise en grand deuil, et je suis confinée dans ma chambre jusqu’aux obsèques de John, et même après.

J’ai juste pu obtenir de Nounou, après mille baisers, qu’elle me laisse porter ce message avec un lumignon, dans cette tour où il rangeait ses outils de jardinier et devant laquelle je l’ai rencontré la première fois. Je vais veiller à ce que cette tour soit toujours entretenue, car elle était le réceptacle de nos échanges de rendez-vous, que nous brûlions aussitôt.

Que vais-je devenir ? Je viens d’avoir vingt ans et déjà, la vie me semble impitoyable. »

Lord Gordon replia le message qu’il venait de découvrir entre deux pierres disjointes. Sa femme tient tellement à l’entretien de cette tour qu’il ne veut pas la contrarier. Après tout, le château est à elle. Il avait bien entendu des bribes d’histoires jetées par une bouche étourdie ou malveillante, mais il n’y avait guère prêté attention. On avait surtout insisté sur la fragilité de son épouse et du soin qu’il devrait mettre à ne point trop la contrarier, mais il était d’un naturel conciliant, cela n’avait pas posé de problèmes jusqu’à aujourd’hui.

Qu’allaient-ils devenir maintenant tous les deux partageant le même secret, sans jamais pouvoir en parler ?

Venise - Message oublié

Lettre de Franz Liszt à Adèle.

Je porte au creux de ma poitrine, un vide dévorant et impitoyable que comble à peine ma musique.
Mon engagement près de toi m’a permis de vouloir vivre aussi longtemps que tu étais là.
Pourquoi ne te dirais-je pas ce qui m’a fasciné en toi ?
Je t’écris une lettre posthume que j’ai déposée sous ce gâteau de pierre. Vingt ans après notre première rencontre.
Rappelle toi notre première rencontre autour de ce bassin .toi entourée de jonquilles parfumées..
Tu avais une abondante chevelure noire, la peau nacrée, belle comme un rêve immense et rayonnante comme une symphonie.
Quand nos regards se sont croisés, j’ai pensais : »je n’ai aucune chance auprès d’elle, elle ne consentira jamais à m’aimer»
J’étais fasciné par ta démarche de danseuse.ton air croquembouche Je ne savais pas que des traits invisibles se tissaient entre nous.
L’éclat nacré de ta gorge illuminait ton visage.
Et cette nuit-là nous nous sommes donnés l’un à l’autre.
Je reviens dans cette pièce mansardée pour y glisser ce billet non par pour nous, mais pour tout ceux qui prennent le risque d’aimer comme nous nous sommes aimés avant de nous éteindre comme deux lumignons.

Cacoune - Message oublié

Ecrit découvert dans les décombres d’une ville grise, ravagée par un cataclysme non encore identifié à cette heure.

La colère

En l’an de grâce (date illisible),

C’est une tour comme toute ville en recèle tant et tant de nos jours, pleine de gens, d’idées et d’horaires encadrés, décalés, allant et venant dans des couloirs gelés, où courent d’impitoyables silences vides de toute attente, véhiculés par des êtres sans volonté, en échange d’un petit jour de congé.
Voire une demi-journée.

L’hétéroclite puzzle de personnalités, apte en principe à soutenir l’activité, n’est plus en fait que le membre d’une royauté – confinant parfois à une dictature – au faîte duquel domine un seul homme d’égocentricité ourlé, qui dirige son monde, avec sur le visage un sourire carnassier surplombé d’une grosse tête farcie d’images de pantins, dont il se voit tirer les fils de jour comme de nuit. Moins le temps de se reposer.

Dans ces entreprises – car c’est ainsi qu’on les nomme – il ne souffle plus rien d’autre qu’un parfum de brutale et sourde autorité, annihilant tout vent de nouveauté ; dont le seul but est de mettre sans fin au pas ces multiples individualités, vendues aux Dieux « Argent » et « RTT » - si tant est qu’il puisse y en avoir plus d’un – n’ayant d’autre priorité dans la vie que de rembourser leurs prêts. Pour pouvoir en prendre d’autres.

Dans cette société – au sens collectivité – par la consommation consumée, l’homme est devenu une simple denrée comme les autres. Il se vend, s’échange, se troque à l’occasion et consent même à se faire croquembouche à durée déterminée. Comme un être éphémère.

Le tableau est bien noir, plus une lueur d’espoir, rien dans les coins et recoins de notre communauté, qu’un petit lumignon, de ci, de là, disséminé. Prêt à s’éteindre. Et notre avenir avec.

La braise est presque froide.

Quelqu’un pour l’attiser ?

Là où Cacoune attend la fin du monde

Ice Man - Message oublié

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus par la femme de chambre et Farid se retrouve kidnappé et enfermé dans une cellule sombre et humide. A peine libéré de cette geôle, il se retrouve emmené par une étrange créature jusque devant un autel de pierre. Là une sorte de prêtre lui donne l’ultimatum de ramener Fontenay dans les 48 heures. Après avoir été libéré, il trouve justement une lettre énigmatique de celui-ci dans sa voiture. Il s’interroge sur ce texte et décide de faire des recherches à son bureau, jusqu’à enfin trouver la solution. Il lui faut se rendre dans un restaurant asiatique bien particulier. Sur le point d’abandonner ses recherches, la solution de l’énigme lui apparaît soudain et sa table s’enfonce dans le mur et il se retrouve dans une pièce sombre. Quelqu’un entre, un valet qui le guide silencieusement jusqu’à une curieuse salle de bal au plus profond de la terre. Il y retrouve enfin Fontenay qui lui parle de l’histoire du lieu et d’un mystérieux breuvage contenu dans une carafe qui permettrait aux vampires de vivre. Est-il au milieu d’une lutte entre bien et mal ?En tout cas, Fontenay et lui sont suivis. Fontenay dit à Farid de marcher en silence afin de ne pas réveiller… quelquechose ou quelqu’un. Après un voyage dans un ascenceur très particulier, les voilà soudain face à une tourelle en provence. )

A peine Farid a-t-il le temps de sentir le doux parfum de la Provence que le voilà à dévaler des escaliers sur ces remparts et à s’enfoncer dans les ruelles étroites d’un village. Il doit être autour de midi car il n’y a pas grand monde dans les rues et on entend que la conversation de la télévision et le tintement des couverts contre les assiettes dans ce silence, entrecoupé parfois par l’aboiement d’un chien.

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EVP - Message oublié

Après la mort de mon père, Guillaume de Rancay, désœuvré, un peu triste, je rentrais au domaine. J’en faisais le tour et le pourtour. Le Duc, homme respectable et très bon, quoique peu loquace, m’avait expédié chez les Jésuites de Montpellier à la mort de ma mère, dix ans plus tôt.
J’entrais dans la petite tour qui marque la limite sud de la propriété. Je me hissais sur la pointe des pieds pour voir à travers le fenestron. Ce faisant, je m’accrochais à une pierre pour assurer mon équilibre, sous mes doigts, une lettre, là cachée, glissa et tomba à mes pieds. L’encre avait pâlie et certains mots étaient presque effacés…Je sortis au plein jour pour en déchiffrer la totalité :

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Vegas sur Sarthe - Message oublié

Message du passé... simple

Très cher John - dit Mac Aaron,

Je caresse l'espoir - à défaut d'autre chose - d'une infime chance que vous reveniez un jour dans ce qui fut le théâtre de notre merveilleuse aventure et où je cache aujourd'hui cet aveu.
Tant d'années ont passé depuis cette étrange nuit du 15 août où, tandis que la vierge Marie montait au ciel - comme chaque 15 août - vous vous empalâtes, votre parachute et vous sur la pointe impitoyable de notre petit nid d'amour, ayant confusément pris pour signal mon maigre lumignon!

Pour une fois que mes anglais débarquaient dans la joie, je vous recueillis, vous soignai et je mis tant d'empressement à vous remettre sur pied que votre blessure ne fut bientôt plus qu'un croustillant sujet de plaisanterie entre nous.
Vous me mîtes au parfum (naphtaline), vous disant agent double et je l'ai cru sans peine car dans nos torrides ébats j'ai toujours pensé que vous étiez plusieurs.
Quelle idée saugrenue d'avoir choisi macaroon comme nom de code! Je vous avais bien vite rebaptisé croquembouche et vous ne vous en plaignîtes jamais, bien au contraire vous le revendichat revendiquâtes même.
De la Force Rugby de votre général Frederick, je ne me souviens que de nos brûlantes mêlées et de vos essais brillamment transformés.
Quand j'y repense aujourd'hui ma gorge me manque et les mots se serrent, à moins que ce ne soit l'inverse

Vous aimiez mon accent et mes alexandrins,
moi votre torse roux et votre beau man...
vous m'apprîtes vos mots et le nec-plus-ultra
tant de pages cornées dans le kama-su...

Nus, sous le firmament on criait "fuck the war"
et bien qu'il fut trop tôt pour compter vous ass...
à force d'inventer, des merveilles vous fîtes
pour moi c'était le pied, pour nous deux c'était ...

Plus tard ont débarqué les fruits de nos folies que j'ai baptisé Brian et Helmut et qui ignorent tout de vous puisque j'ai consenti à faire voeu de silence.
Cependant je n'ai jamais juré de ne pas écrire... c'est aujourd'hui chose toit faîte!

Votre petite provençale

Où lire vegas sur sarthe

Toncrate – Message oublié

Message in a Castle

A celui qui saura lire ce document
Celé de longue date, il faudra consentir,
En exclusivité et sans les aplatir,
Les meilleurs croquembouches (ceux que faisait maman).

Un lumignon géant devra absolument
Illuminer la tour, mais sans l’empuantir,
Que l’on puisse y entrer et surtout en sortir
Unis par le subtil parfum des condiments.

Il faudra inviter les piliers de la toile
Sans omettre celui qu’arpentent les étoiles
Afin de profiter de sa faveur céleste.

Une exigence encore : celle de l’acrostiche
Rare, impitoyable, adressé au fortiche,
A celui qui saura lire ce palimpseste.

Semaine du 16 janvier au 22 janvier 2012

Ancien moulin, tourelle, colombier ou gâteau de pierre, vous ignoriez que l'édifice recelait un document en partie effacé, un étrange puzzle de mots énigmatiques : parfum, consentir, lumignon, croquembouche, impitoyable.

En utilisant tous les mots sous la forme qui vous plaira, imaginez en vers ou en prose ce qui vous semble être le message original caché dans la tour et que vous devrez nous révéler à l'adresse habituelle avant le dimanche 22 janvier à minuit.

Afin de nous faciliter la tâche merci de souligner ou d’écrire en gras les cinq mots imposés.

Bonne semaine !