Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

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Coitus impromptus V.4.0

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lundi 13 février 2012

Joe Krapov - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

BLA BLA ATROCE

Souvent, pour abuser, les hommes d'équipage
Tiennent bla-blas atroces, aphtes oiseux, délétères,
Qui suivent, insolents compagnons de voyage,
Le sabir incessant des ondes nycthémères.

A peine les ont-ils tenus sur les radeaux,
Que ces rois de l' « Osons ! », bien droits et peu honteux,
Laissent éhontément leurs insanes propos
Comme des alluvions traîner à côté d'eux.

Ces blablateurs zélés, comme ils sont moches et veules !
Du langage si beau, qu'il est tragique et laid
L'usage qu’ils nous font, tous ces va-de-la-gueule
Qui nous miment en trois temps Bouvard et Pécuchet!

Le vent d’Ouest est semblable au souffle désuet
Qui promet la tempête et ne fait que passer,
Chantant le droit du sol au milieu des nuées :
Son zèle de béant l'empêche de penser.

Où lire Joe Krapov

Lira - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

L'homme circulait en vers à pieds
Sans rimes ni cigares
Vu qu'il ne fumait plus
Depuis que le matin
Les ânes et les chiens
Aboyaient en latin

L'homme s'installa à la terrasse
Des Trois Beaux Dés
Il sortit de sa poche
Les restes d'un sommeil
Un Si bémol déguisé
Une guerre de cent ans
Un aphorisme
Et une trompette
Qui trompetait son monde

L'homme mastiquait des subjonctifs
Incertains
Et s'abreuvait les attributs
De la grammaire plus que parfaite
Et du charme singulier
Des auxiliaires féminins
Du siège d'à côté.

L'homme subitement trépassa
D'une métaphore foudroyante
Laissant là ses pieds et ses vers
Sans regrets ni usage
Vu qu'il ne marchait plus
Depuis qu'il était mort
Et que les macchabées
Ne couraient pas les rues.

(Mon stylo est sous assistance respiratoire et conjugatoire pour une semaine...)

L'Arpenteur d'étoiles - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Désolé

Il avait fallu pas mal de lutrins pour qu’enfin je marine la troublottante livresqueuse. En nichant dans la saugrenue toujours remplie de droitures à l’heure à laquelle je brassais, je la mirettais en train de bourgeonner derrière son abreuvoir en sapajou, et j’onirais sur ses chromes rodomontesques.

Mais ce noir serait le fond. Le puits tombait sur la pile. Je bêchais vers l’armoirie. Ma livresqueuse séchait là, comme de magnitude. Je toussais la clocharde qui clocha mollement et molestais ma civilité :
- Mademoiselle votre lessiveuse me rend moucharabieh.
Elle engrangea sa giberne, d’un pharaon gélatineux. Je crois quelle ratissait un peu ma chiffonnade …
- Oh, monsieur je plumais justement !
- Et bien plumons ensemble. Je borderais votre mouette si vous le peluchez bien sur.
- Avec salmigondis et plantagenêt, croyez-le bien.

Nous labourâmes vers son échafaudage, rue Bouffetôt. A peine débouchés elle harponna mon linteau et me cabriola sur un grand palanquin. Peste, massage, rouge forge et hulotte s’esbrouffèrent sur le col. Mes limande, pentathlon, hameçon et rosettes itou. Elle frisa sa gangue dans ma louche, caracolant sur mon artimon. Puis elle frissonna dans ma corneille :
- Criquenaude-moi le malappris, je chamoiserai ton ramoneur …

C’est ainsi que débuta une belle histoire d’amour sur laquelle je me serai volontiers étendu d’avantage. Mais clavier et stylo, non contents de saboter sans vergogne mon texte, refusent obstinément d’aller plus loin … désolé …

Venise - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Cailloux,callaus,camiéni,ichi,colbéri,alhjar
Mon stylo n’en fait qu’à sa tête
Il sème des cailloux tout au fond de ma tête.
Il écrit maintenant, comme un gentil benêt
Des langues trop anciennes pour pouvoir les gommer.
Que voulez-vous se sont les risques du métier ;
Je croyais que le chemin était pavé de bonnes intentions
Je caresse alors l’albâtre et sa douceur le grès et ses couleurs, et se mignon silex
Qui se taille la plus belle place au centre de la feuille.
Sur mon index, mon stylet trouve enfin une place de choix
Je cache mon émoi, et jette dans la marge une échelle de mots
Je me suis endormie au volant de ma langue
Une nuit noire où je cherchais mon stylo
J’ai dérapé sur le bureau et dans le bric-à-brac de ma syntaxe froissée
Ma belle plume s’est coincée. Ma langue est sans dessous de source et mon crayon
Dans le cirage du soulier de Rabelais.
Pimpon pimpon le beau parler s’en est allé, les mots valises sans poignées
Coquillages et crustacés s’accrochent au nez de mon stylet.
Je narre, je conte, je « riz home « » sur mon cahier
Arrêtes donc, stylo damné
La vie d’ici-bas va, va sans toi, docile aux songes mon stylo c’est là que j’ai tout vu passer.
Allez, dis-le-nous donc dans des mots doux sur une plume de geai
Ce que tu caches dans ton encrier.

Clise - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

J’aime mon quatre couleurs
Ecrire en arc en ciel
Que du bonheur…
Le rouge se croit toujours prioritaire
Je l’ai mis au vert, vacances bien méritées
Le vert de rage a viré au rouge
Sanguin le bougre
Le bleu s’en est mêlé
Roué de coups
Couvert de bleus
L’œil au beurre noir
Le noir a jalousé ... grave
Et voilà qu’il écrit gris
Punition collective
J’active le clavier de mon ordi
Pour mon prochain texte
Aux impromptus.

Tisseuse - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Mon stylo n’en fait qu’à sa tête (de confit) !
Je dirais même plutôt que ma tête se prend pour un styserve. Un stymage de tête, cela va sans dire. Mais sachez que c’est toujours mieux en le disant, car sinon cela n’aurait ni fondement ni tête, et nous risquerions le tête à noeud. Que nenni, me répond mon stycon, qui décidément a du style (il rêve qu’on le dise stylé alors que je m’échine à l’appeler stylet, ce qui le fait baver d’encrage).
Mais revenons à celui qui a redessiné ma tête avec une plume, en me coiffant d’une parure typique d’une tribu sioux. C’est malin mais j’ai l’air d’une oiefrise à présent, ce qui fait se gausser tout mon entourage écritif. Certes, certaines voletailles ont marqué l’Histoire, mais elles ne sont guères légion. De plus elles avaient la foi, et se trouvaient de garde, mais ce n’était pas des auteurs ataviques. Alors de quoi ais-je l’air avec une tête de foie ? Pour peu que quelques profiteurs décident de me piquer mon duvet (par ces temps de froid de panard….), cela me gaverait littéralement, c’est moi qui vous le dis !
Ce styfilou est vraiment Superagace Tétéoudédé Ysopet Logorrhéiquement Oléogénieux !

ABC - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

En grève :

Pause
Je me repose
Vidange du réservoir
J’évacue, les noms,
Les adjectifs
Qualificatifs, démonstratifs,
Et tous les ifs…
Les sujets, les compléments,
Les objets directs ou indirects,
Les pré ou post positions,
Les règles et leurs exceptions …
Me voici purgé
Métamorphosé
Tout léger

Pause
Je me repose
Sans encre
Plus d’ancre
Finesse
Fitness,
Délicatesse,
Sieste

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Vegas sur Sarthe - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Acrostiche à tonton Valentin

S e dire qu'on est heureux... même si sacerdoce
A ujourd'hui plus qu'hier... et nos pieux à deux mains
I gnorer les voisins... qui font tout comme gnous !
N e penser qu'à l'instant... à la nuit qui merdoie
T rinquer à Valentin... à Maud et aux rations
(cépaphini...)
V ouloir le mieux pour Elle... et aussi pour soixante
A llumer les chandelles... ne pas fendre la bêche
L enlacer suintement... séquence aromatique
E teindre les rondelles... songer au triple Aah
N us comme un abat-jour... fondre nos pachydermes
T aper à la cloison... pour gommer les voisins
Y flotte cette nuit... un farfum de Poly
N uit d'amour sur l'haltère... de saindoux et Sancerre

Où déchiffrer Vegas sur sarthe

EVP - Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Mon stylo n’en fait vraiment qu’à sa têt…Goélette
Je veux faire un sonnet digne de Toncr…Frégate
Une ariette ou une simple chansonn…Vedette
Une sonate délicate et même aristocr…Pirate

Je l’ai menacé du P.C. et de son clavi…Baleinier
Quand je voudrais faire de la dentel…Caravelle
Il persiste, sans craindre de me contrari…Chalutier
Moi, je veux faire une douce Pastourel…Passerelle

Ah ! Coquin, veux-tu bien m’écout…Bourlinguer
Tu m’embêtes à la fin, je vais m’énerv…Embarquer
Il faudra encore que je rature toute la pag…Bastingage

En fait, il est têtu et veut m’emmen...Aborder
Là où je n’ai aucune envie d’all...Accoster
Il fait ainsi de mes poèmes un caffouill…Sabordage

(Je vous le dis en aparté, ce zigoto
…Je crois bien qu’il me mène en bateau…)

Semaine du 13 février au 19 février 2012

Mon stylo n'en fait qu'à sa tête

Vos derniers textes on montré que parfois les génies peuvent être malicieux, nous allons le vérifier avec cette proposition d'ABC qui donne le thème de la semaine :

et si à partir de demain matin, votre stylo n’en faisait qu’à sa tête et transformait systématiquement tous les mots que vous tentez d’écrire. Imaginez le texte que vous enverriez aux Impromptus Littéraires pour la consigne de la semaine. Votre stylo est rempli de finesse, si son écriture est très personnelle, et son style inhabituel, il reste néanmoins compréhensible par le commun des mortels…

Il suffira de nous envoyer votre texte à l’adresse habituelle, avant dimanche 19 février à minuit.