Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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lundi 5 mars 2012

Corbeau 14 - Lettre anonyme

Monsieur le Chief Executive Officer,

Dans le strict respect du code de conduite dont l’ensemble des personnels de notre groupe international a été tenu d’accuser réception, et dans la stricte application de la clause portant sur la dénonciation d’actes délictueux, ou considérés comme tels, décrits dans le document intitulé « règles de vie », je tiens à porter à votre connaissance ce qui suit.

Par la présente, je me dénonce moi-même comme me refusant à toute dénonciation de mes collaborateurs, responsables hiérarchiques ou collègues de travail.

Dans le cadre de la garantie de la confidentialité et de l’objectivité des informations transmises, ainsi que de la protection du dénonciateur, mais également des règles de protection de la personne à l’encontre de laquelle la présente dénonciation est émise, vous comprendrez monsieur le Chief Executive Officer que je conserve un total anonymat.

Bien à vous.

Ce mail a été envoyé dans la boîte aux lettres électronique dûment ouverte à cet effet, depuis un cyber-café quelconque, durant un jour non ouvré banal, afin que nul ne puisse remonter à son auteur via son adresse IP.

Corbeau 13 - Lettre anonyme

Ma parole ! Voilà que je dois me faire passer pour un corbeau.
Ne me prenez-vous pas pour un pigeon ?
A défaut de grive, vous devrez vous contenter de ce que je vais vous dire.
Une hirondelle n'a jamais fait le printemps et ne le fera jamais ! Merle alors !
Et ne me dites pas que je suis un vrai perroquet à toujours seriner les mêmes propos.
Cacatoès ou autres variétés d'aras multicolores, cela est toujours préférable à l'abominable corbeau que j'ai longtemps confondu avec la corneille.
A défaut , d'être une pie voleuse, je serai donc un corbeau vous demandant de bien vouloir faire taire vos volières avant que je ne vous vole dans les plumes.
Je caresse depuis longtemps l'espoir de me constituer un oreiller bien rembourré.
A bon entendeur, Cui-cui

Corbeau 12 - Lettre anonyme

Pour les tire-au-cul
les feignants de l’impromptu
au poil est l’haïku

Corbeau 11 - Lettre anonyme

Chère Madame Clau ,

Pour être lu, un pli se doit d’être concis, précis, sans ratures et sans bavures. J’apprends, aujourd’hui, que vous le souhaiteriez, sans signature, gageure ou imposture ?
Quand j’endosse une veste, je ne la retourne pas.
Quand j’écris un texte, je ne le renie pas.
Dans chacune de mes lettres, mes mots sont pesés, mes idées claires, mes convictions assurées.
Et voilà que vous me demandez l’anonymat, comme à un renégat, un vulgaire apostat. Si je m’y soumets, avec quelques regrets, c’est que je vous trouve d’un grand toupet.
La chose est entendue, pour une fois, j’accepte un compromis pour relever votre défi, en y ajoutant une clause qui, pour moi, s’impose. Si vous découvrez qui je suis, j’exige, oui Madame, j’exige des explications à cette déraison, ainsi que la réponse à ma question : « Comment pouvez-vous, sans ostentation, demander à un auteur, plein d’illusions, de vous écrire, avec passion, sans même pouvoir parapher sa dissertation ? »
Par simple politesse, je vous adresse, Madame, ma considération distinguée.

Corbeau 10 - Lettre anonyme

Cher Monsieur le Curé,

Je dis « cher » car j’ai beaucoup de respect pour vous et pour vos ouailles. Toutefois, vous devez savoir que votre sacristain mange vos hosties et avale votre vin de messe. Un excellent bordeaux qu’il remplace dans les burettes par de la piquette achetée au supermarché du coin. Je l’ai vu de mes propres yeux et je n’aurai pas pris plume noire si cet homme indigne ne poussait les enfants de chœur dans les recoins sombres de la chapelle. Les pauvres petits en sont tout retournés et ne veulent plus porter leurs jolies chasubles de dentelle. Comme je les comprends !
J’ai de l’affection pour eux et aussi pour les infidèles dont il lorgne les poitrines plantureuses, palpitantes au-dessus de leurs décolletés vertigineux. Aarrgg… Tentatrices, femmes de Satan ! J’avoue Monsieur le Curé que ma main s’égare et que j’ai beaucoup de peine à tracer ces lignes sans trembler d’émoi.
Mais le plus ignoble reste à venir. Figurez-vous que votre vénérée mère, je n’ose l’écrire, n’a plus toute sa tête et crie sur tous les toits que le ravi est revenue dans sa crèche. Une femme si pieuse. Se compromettre ainsi avec un tel démon fourchu !
Si je vous écris cette lettre, c’est pour mettre un terme à cette gabegie. Je sais que vous comprenez car vous-même, fréquentez assidûment les rues basses de notre belle ville, où de charmantes dames en cuissardes réveillent votre foi contre denier du culte.
Afin d’expier nos péchés de chair, je vous propose donc de nommer cette brebis égarée, chef des grandes orgues pour l’élever au plus près du Seigneur. La musique sacrée, adoucit les mœurs, c’est bien vous qui le dites !

Votre très dévoué et fidèle paroissien.

P.S. Auriez-vous l’obligeance d’annoncer à vos dames papesses aux fouets de cuir, qu’un oiseau repenti et de bon augure, se fera un immense plaisir quand elles arracheront ses plumes.

Corbeau 9 - Lettre anonyme

Cher Orphée.

Vous auriez dû vous y attendre !!
Ça ne pouvait plus durer !!
Bientôt, vous serez terrorisé par de sombres prémonitions.
Des arbres et des réverbères vous fonceront dessus et vous fendrons les tibias.
Des bolides déraperont sur le trottoir et laisseront de vous un amas de chair.
La vie vous réduira en pièces
Les horloges déraillent déjà sur votre passage.
Vous écumerez tous les océans pour échapper au sort que je vous réserve !
Vous aurez tout le loisir de gâcher votre vie.
J’entends déjà votre crâne se déchiqueter comme se déchire la croûte terrestre.
Je vous trouverai un jour comme un arbrisseau rabougri dans une jungle avec l’envie de pleurer.
Vous avez joué au caméléon avec mon cœur
Vous irez cherche votre aimée dans Hadès.

Corbeau 8 - Lettre anonyme

Monsieur,

Je vous envoie cette lettre car je pense que vous devez savoir ce qu’il se trame près de chez vous. Dans votre respectable situation d’homme marié, vous vous devez d’être au courant de ce genre de choses afin de vous préserver.
Voila, j’ai remarqué les allées et venues d’une jeune femme qui a l’air de roder autour de votre maison. Apparemment, elle connait votre emploi du temps à la lettre. Précisément, je la vois derrière l’arbre qui longe votre allée au moment où vous partez travailler, derrière le mur du voisin au moment où vous rentrer, et faire les cents pas devant l’allée lorsque vous mangez dehors le week-end. Elle n’a l’air ni folle ni dangereuse, mais plutôt triste à pleurer. J’ai essayé de la faire partir, mais ça a l’air d’être trop dur pour elle. J’ai même l’impression que parfois elle se retrouve devant votre portail sans même avoir voulu y venir. Ça a l’air plus fort qu’elle.

Si j’essaie de me mettre dans sa tête, je pense qu’elle est transie d’amour pour vous. Je pense qu’elle vous connait, je dirai même que la flamme qui la brule est partie d’une étincelle que tu as provoqué. Il m’est facile d’imaginer vos gestes de la main, votre main au creux de ses reins, tes regards qui en disent long, tes compliments et ta voix chaude et suave. Peut-être l’avez-vous rencontrée sur votre lieu de travail, selon une forte probabilité. Je ne vous accuse pas d’avoir trompé ta femme, peut être que ces sentiments sont nés bien avant ton mariage. Mais il faut y mettre un terme, autant pour toi que pour elle. Ça la ronge, ça la pourrit, ça l’empêche d’avancer, ça la mine, ça la tue, c’est un cancer incurable, qui fait d’elle ton obligée à jamais. Rassurez-vous, je crois que jusqu’à maintenant votre femme et vos enfants ne se sont aperçus de rien.

Mais pourquoi diable a-t-il fallu que tes yeux bleus la transpercent avec cette force ? Que la chaleur de tes mains réchauffent son cœur glacé par les maladresses d’un autre ? Que malgré toute la bonne volonté du monde elle n’arrive pas à rester loin de toi ? Que le souvenir de tes mains sur son corps ait laissé des marques indélébiles ? Qu’en se remémorant vos fous rires elle ait envie de pleurer ? Que ses lèvres s’enflamment au souvenir des tiennes? Pourquoi diable a-t-il fallu que tu croises sa route un jour ? Mais surtout pourquoi est-ce que j’ai le sentiment que jamais de ma vie je ne m’en remettrai…?

En conclusion, voici ce que vous devez savoir : en ce moment, là dehors, il y a une femme qui vous aime. Une femme qui vous aime à en pleurer, qui vous aime à vous haïr. Mais surtout une femme qui vous aime à en mourir. Au moment où vous lisez cette lettre, le problème est pratiquement réglé, elle a décidé de ne plus vivre avec ce poids sur le cœur. De se délester. Dormez sur vos deux oreilles, dès demain, elle ne rodera plus autour de chez vous. Vous ne la verrez plus jamais. Tout ce qu’il vous restera d’elle sera son souvenir. Elle ne vous suivra plus jamais, mais elle vous aimera toujours.

Cordialement,
A toi pour toujours.

Corbeau 7 - Lettre anonyme

You, old Bastard
We are watching you. We know what you did fifty years ago ! You will soon receive a guest from another country. You must kill him… otherwise we will kill your niece.
You have no choice. There is no negociation.
Remember, we’re watching you, old man ! We know everything about you and your friend.

The Watchdog

Corbeau 6 - Lettre anonyme

A Monsieur le Directeur des maisons de retraites paroissiales.

Monsieur,

Depuis quelques temps, au sein de cette vénérable maison, il se passe des choses inadmissibles. Certains des résidents n’ont pas encore osé se plaindre. Je viens, car c’est mon devoir, et plaît à Dieu, vous avertir des agissements d’un grotesque trublion. Les faits d’abord, je vous livrerai le coupable ensuite. Découpant dans divers magazines des coupons-réponses et les envoyant à nos noms, nous recevons des marchandises dont nous n’avons que faire. Pour ma part, j’ai reçu huit boîtes de Viagra et un objet que je pris tout d’abord pour un mixeur à potage, imaginez ma stupeur ! C’est une honte ! Le père Ambroise, lui, a reçu la visite d’une jeune femme, dont les services, excessivement coûteux, l’ont laissé, il faut le dire, plusieurs jours affaibli. L’abbé Céleste, eut la visite d’un commercial venu lui proposer une maison à construire, il dut demander mon aide pour mettre cet importun dehors ! Un autre résident reçu deux caisses de douze bouteilles de Juliénas. Remarquez, il a partagé avec nous, ce fut une soirée assez sympathique, je ne dis pas le contraire, mais cela dépasse nos budgets ! Maintenant ayant démasqué le coupable, je vous donne son nom, non sans avoir demandé pardon au Seigneur pour cette délation. C’est le père Dutilleul, hélas, lui qui était à Rome il y a peu de temps, béni par Sa Sainteté !
Croyez bien, Monsieur le Directeur, que cette lettre me coûte, mais je ferai pénitence.

Corbeau 5 - Lettre anonyme

Le corbeau

Maîtresse, c'est sûr
Je le sais , je l'ai vu
C'est Mamadou qu'est pas comme nous
Qui a volé dans votre sac.
Petit corbillot blanc
Blanc comme l'innocence
On dit que j'ai du talent
De l'avenir dans l'écriture.

Monsieur, vous êtes cocu,
Je le sais, je l'ai vue
Votre femme est bien volage
Elle cajole le sacristain.
Corbelle toute blanche
Blanche comme une pucelle
On dit que j'ai du talent
Et une plume appétissante.

Policier de mon quartier
Je le sais, je l'ai vu
L'instituteur est un vendu
Il en cache trois dans son grenier.
Corbeau très sombre
Sombre comme l'Histoire
On dit que j'ai du talent
Un style à sauver la France.

La camarde qui me guette
Je le sais, je l'ai vu
C'est mon voisin qui s'impatiente
C'est lui l'agonisant.
Corbeau tout noir
Noir comme un corbillard
On dit que j'ai du talent
Pour rédiger les épitaphes.

Ci-git un corbeau noir
Il a posé sa plume.

Corbeau 4 - Lettre anonyme

Vous disiez "les vacances qui vous ma(n)rquent"

Ne cherchez pas mon nom, vous ne le saurez pas
j'étais sur Concordia le trois mille cinq cent trois
oui j'étais sur celui qui jamais n'accosta
pour tous ces bons moments, merci monsieur Costa.

J'ai léché de très près l'entre côtes rital
envouté par le chant codifié des sirènes
(pouet pouet pouet pouet pouet pouet pouet poueeeeet)
vu le charivari agiter la carène
gagné au fameux jeu du gilet musical.

Rescapé, j'ai voulu recommencer mon rêve
goûter aux seychelloises alanguies sur la grêve
mais - les machines en feu - le choeur du personnel
agrippé aux barreaux chantait "Tous aux seychelles".

Vaillant semi-remorque nommé Allegra
tiré par un thonier, c'est le nec-plus-ultra!
à quand l'animation, l'abordage sanglant
de pirates musclés ou somaliens hurlants?

J'ai aimé les sandwichs jetés par hélico
tous ces mots rassurants des experts au bosco
nuits à la belle étoile et seyantes brassières
pour tous ces bons moments, merci Costa Croisières.

Corbeau 3 - Lettre anonyme

Monsieur le Directeur de la sécurité Nationale,

Je me dois, en tant que bonne citoyenne,
De vous signaler un site vraiment très suspect,
Ces gens sont trop bizarres et pire que hyène,
Pour le bon français hâbleur, ils n’ont aucun respect.

Je vais vous dire à quel point ils sont étranges :
Ils semblent très heureux et se piquent d’écrire,
Parfois même des poésies, voyez comme ça dérange !
Ils pensent par eux-mêmes, cela il faut le dire !

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Corbeau 2 - Lettre anonyme

A tous ceux résidant ici,

Je conspue vos vies mesquines, vos beuveries sans imagination, vos rituels de portes claquées à heure fixe et tellement prévisible.
Un parfum capiteux dans l’escalier ou l’odeur plus âcre d’un tabac populaire laissent l’empreinte de vos visiteurs presque aussi certainement qu’un fichage signalétique. Les voix ou les rires qui parfois s’échappent un peu plus fort de vos appartements déferlent sur ma quiétude, me mêlant bien malgré moi à vos petits bonheurs béats, ou à vos déroutes relationnelles. Sans oublier le bruit vulgaire du broyeur sanitaire qui me rend témoin bien involontaire de vos rythmes biologiques.
La liste serait longue de vos «folies» ordinaires : fenêtres laissées ouvertes nuit et jour, même par moins dix degrés, volets grinçants montés ou descendus à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, chats laissés à l’abandon, errants, recroquevillés sous la pluie tels des serpillières mal essorées….

Je suis probablement bien aigri d’écrire de telles choses sur notre promiscuité, et mes tendances nettement misanthropes me font désirer ardemment mettre le cap sur une île déserte.

Comme vous le comprendrez aisément après une telle diatribe, je ne vous salue point !

(Message placardé vers le local aux poubelles, au bas de l’immeuble 31 de la rue des Mauvais coucheurs à Trifouillis les Chaussettes)

Corbeau 1 - Lettre anonyme

Impromptus-Littérairois !

Vous êtes agneaux, tout de même, à toujours vous congratuler, fleurs jetées à l’autre, espérant un retour d’approbation ; à toujours dire que l’autre aurait l’heur d’être Apollinaire incarné, alors qu’il n’est qu’un Musso versifiant des plis de draps marquant la joue…

Qu’importe ! L’autre a seule utilité que de vous aimer : vous mourriez d’un compliment…

J’en connais une trouvant sa pauvre rimaille sur la toile, ignare à son sens, qui s’défouraille béate à son échafaudage aléatoire…

J’en connais un pompant des devoirs lycéens ! Il croit pourtant dur comme fer à un destin…

Vous aurez noms et photos ce dimanche soir !

Semaine du 5 mars au 11 mars 2012

Lors de la "Foire aux thèmes" de fin d'année 2011, voilà l'idée que Clau nous a proposée :

Vous n'avez jamais reçu ni envoyé de lettre anonyme et vous condamnez avec raison ce type de correspondance. Pourtant sachez que l'heure que vous espériez n'avoir jamais à connaître est arrivée : il va falloir vous mettre dans la peau d'un… corbeau, sympathique ou odieux, inoffensif ou dangereux, loufoque ou sérieux, pour écrire à l'intention d'un destinataire précis ou anonyme lui aussi, imaginaire ou réel, une lettre que vous rédigerez comme il vous plaira, en vers ou en prose, mais en respectant la police d'écriture habituelle.
Que dans cette lettre anonyme vous dévoiliez par exemple vos sentiments à une personne aimée ou haïe, ou fassiez une réclamation, ou du chantage, ou une dénonciation légitime ou abusive, ou exprimiez une plainte ou tout autre chose, vous ne dévoilerez pas, puisqu'il s'agit d' être anonyme, votre pseudo.
Seuls les administrateurs du site en auront connaissance. Votre identité ne sera révélée que dimanche prochain, à l'heure où tous les corbeaux sont gris, avant la mise en ligne de la nouvelle consigne. Il n'est pas exclu que des participants perspicaces découvrent, par la reconnaissance d'une certaine griffe littéraire, l'identité de certains corbeaux avant la révélation finale. Ils pourront le faire savoir dans les commentaires. Il vous sera même permis de commenter vos propres lettres pour faire diversion.

En espérant que cette consigne vous donnera des ailes… de corbeau bien entendu, nous vous précisons que vos lettres anonymes devront nous parvenir à l'adresse habituelle au plus tard le dimanche 11 mars 2012 avant minuit.