Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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mardi 13 mars 2012

Cloclo - En suivant Guillaume Apollinaire

RENCONTRE

Je suivais ce mauvais garçon
qui sifflotait mains dans les poches,
il manquait un bouton à son veston
et pas un seul
au rosier sous sa cloche,
la dame qui l’accompagnait
avait une robe d’ottoman violine
et coiffée à la Récamier,
je l’entendis l’appeler « ma divine »
cette femme était si belle et si chic
qu’elle me faisait peur.
O bel automne cher à nos cœurs
faits de lavandes et de colchiques
O ces dimanches qui s’éternisent
sous des cieux baignés
d’unique lumière,
il se retourne et m’aperçoit,
il avait le regard sûr,
l’allure négligée
et une fine moustache,
sur le front d’anciennes blessures
il me dit : je suis Apollinaire
j’ai cru qu’il me prenait pour un sot,
en êtes vous vraiment sûr ?
Je répondis : alors, enchanté !
puis j’ajoutai, comme à un frère :
et moi, je suis Picasso.

Dans le brouillard,
près du bateau-lavoir,
s’en vont bras dessous
deux silhouettes grises…

Où lire Cloclo

Claudie - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon qui sifflotait mains dans les poches. Je le connaissais un peu, on m’avait parlé de ses exploits. Il se retourna et me lança un sourire entendu. Il était beau et j’aimais bien son regard équivoque qui me jaugeait. J’étais vraisemblablement son genre mais n’allez pas imaginer une étreinte fugace entre deux porches. Moi je ne mangeais pas de ce pain là. Il me fallait du solide, une personne de confiance. Je pense qu’il l’avait compris mais parfois on se trompe. Erreurs de jeunesse, mauvaises fréquentations et la pente raide… Enfin vous savez tout cela. J’aurais dû écouter les conseils avisés de ma famille et aussi ceux de ma bande de copains. Je l’ai suivi ce jour là, je n’avais pas toute ma tête. Il faisait si doux et rien de mal ne pouvait m’arriver. Ce n’est pas sérieux Monsieur le commissaire, ce n’est pas moi qui ai tué le directeur de la banque, je ne sais pas me servir d’un flingue, je vous le jure… Lui, il a disparu au coin de la rue et j’ai jeté son arme dans la poubelle où vous l’avez retrouvée. Il faut me croire, je ne suis pas un assassin. L’argent, oui il est dans ma sacoche et les empreintes sur le pistolet sont bien les miennes. Il avait des gants, c’est pour ça qu’il a gardé les mains dans ses poches quand on est rentré en plein jour dans l’agence. Personne ne nous a remarqués et même si pour vous, il n’existe pas, je vous assure que c’est lui qui a tiré.

Mafaxel - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches,
Dans l’escalier en colimaçon.
J’avais aimé son air gavroche,

J’avais trouvé si affolant
Son cul rond dans son jean étroit,
J’en avais adopté le pas lent.
Non, je ne dirai pas l’endroit,

Et que vous importe d’ailleurs
Tout le plaisir qu’il m’a donné,
Ce fut une aventure, un leurre.
Hélas, je fus abandonné !