Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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jeudi 15 mars 2012

Mamily - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon,
Qui sifflotait mains dans les poches.
Il n'avait tenté aucune approche.
Je fus brusquement possédée par la passion.
Pas un instant je n'ai vu la désillusion.
Alors qu'il s'embarquait dans un passage étroit,
Comme une fille des rues j'ai marché sur ses pas.
L'odeur de pisse et de sueur ne me dérangeaient pas.
L'absurdité ne m'a pas effleurée, ma foi.
Soudain il s'aperçut de mon obstination.
Il se retourna promptement et me bouscula.
Dans une encoignure, mes vêtements il arracha.
Avec des manières aussi grossières que brutales,
Il me déchira plusieurs fois, c'était fatal.
Au milieu des poubelles il m'a écartelée.
Je hurlai tel un petit animal blessé.
Dans l'obscurité de cette nuit humiliante,
J'ai provoqué une situation dégradante.
Je me suis transformée en mendiante d'amour,
Pour ce voyou qui s'acharnait tel un vautour.
Alors que la perfide jouissance m'abreuvait,
Désespérément, à sa jambe, je m'accrochai.
Il prit la fuite ignorant ma folle détresse.
Sur le trottoir, débraillée, je réclamai sa bassesse.
Cette aventure fantastique autant que répugnante,
Me laissa transie d'amertume et de regrets,
D'un amour irréel autant qu'inachevé.....

Zoz - En suivant Guillaume Apollinaire

~ je suivis ce mauvais garçon
qui sifflotait mains dans les poches
cette aura qui accroche

entre ses pas trainés
le tracé de sa haine
une engeance malsaine

en cette nuit j’appris
à suivre le vertige
une foulée de haute voltige ..

Clau - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon qui sifflotait mains dans les poches. Je dis mauvais parce que c'est l'impression qu'il donnait, sans doute indûment, mais fût-il ange ou démon, futile ou funeste, brave ou pernicieux, obscur ou lumineux, il m'indifférait en fait de connaître sa nature ; seule sa silhouette m' importait. Or elle avait tout pour me plaire. Élancé et bien proportionné, ce garçon marchait face aux rayons du soleil ardent qui embrasait cette belle matinée d'été. C'était avec un infini plaisir que j'avais emboîté son pas pressé dès que, sorti de ce petit cabanon en bordure de route, il s'était engagé sur le pont qui marquait l' entrée du village.

Je le suivis ainsi sur la venelle principale du hameau qu'il avait apparemment l'intention de traverser. Je n'eus aucune difficulté à m'adapter à son rythme alerte et à aucun instant, c'est du moins ce que je pensais, il n'eut conscience de ma présence. Mais parvenu à la sortie du village il s'arrêta subitement - je fis de même – et cessa de siffloter. Il sortit les mains des poches de son pantalon noir et ravaudé, les plaqua sur sa taille fluette, pivota légèrement sur sa gauche, inclina sa tête vers l'arrière et, baissant les yeux, m'aperçut. Je ne décelai aucune marque de surprise dans son œil clair et malicieux. Je devinai même, au plissement singulier de la commissure de ses lèvres, un léger sourire moqueur. Puis il repartit brusquement et à vive allure dans le dessein manifeste de me semer. Peine perdue : j'étais rapide comme l'éclair et continuai donc à le talonner !

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