Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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vendredi 16 mars 2012

Lira - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait, mains dans les poches.
Il avait surgi de nulle part.
Je le filai dans l'ombre,
Accordant mon pas
Aux contours de son errance
À la lisière du monde.
Des silences entassés clapotaient
Sur le suspens d'une atmosphère pesante.
Il descendit vers le port,
Scène lugubre offerte aux petites frappes
Qui se rêvent dans un rôle de caïd.
Il avait le pas rapide et l'assurance
De celui que l'avenir attend.
Il bifurqua vers l'obscure Rue Basse.
Il sortit la main de sa poche.
Il ne tira pas le premier.
Il s'écroula à mes pieds.
« Coupez ! »
Pour la cinquième fois
Nous allions rejouer la scène.

Valentyne - En suivant Guillaume Apollinaire

Je suivis ce mauvais garçon, qui sifflotait les mains dans ses poches.
Je ne me rappelle plus pourquoi je l’ai suivi. Petit, Maman disait de moi que je manquais de jugeote. Cela doit être vrai, si maman le dit.
Peut être parce qu’il sifflotait « Mabrouk s’en va t’en guerre » ma chanson préférée Peut être parce qu’il avait l’air d’un bagnard fraîchement libéré avec ses vêtements trop petits pour lui. Les manches ne lui couvraient pas les poignets et il avait un feu de plancher charmant qui découvraient bien ses godillots…
Peut être parce que ces cheveux bruns étaient mal coiffés, en bataille, un peu comme moi.
Peut être aussi parce qu’il avait des yeux de chien battu, larmoyants.
Peut être parce que c’est le seul parmi les quatre frères qui ne m’aient pas donné un coup de pied au passage.
Peut être simplement parce que c’était lui et parce que c’était moi.
Mais plus vraisemblablement, je l’ai suivi parce qu’il avait les mains dans les poches.
Et parce que l’estomac dans les talons, je me suis dis qu’il avait peut être quelques friandises pour moi dans ses poches.
Il a remarqué que je le suivais, lui et ses frères, et il s’est exclamé : « Regarde Joe, comme il est mignon. Et si on l’adoptait et qu’on l’appelait Rantanplan »

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