Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

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Coitus impromptus V.4.0

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mercredi 21 mars 2012

GBalland - Changement d'heure

Le changement d’heure

Il détestait les changements. Pour lui, la vie ne pouvait battre qu’ au poul régulier de l’habitude : même travail, même maison, même femme, mêmes menus hebdomadaires, mêmes loisirs, même lieu de villégiature depuis 30 ans.

Il anticipait chaque événement. Quand il lut “ passage à l’heure d’été dans quinze jours” sur son calendrier mural, il prit rendez-vous chez son médecin traitant ; les antidépresseurs s’avéraient nécessaires.

La veille du jour J, contrairement à une habitude ancrée depuis 30 ans, il changea l’heure. Après avoir placé la petite aiguille du réveil sur le 11 au lieu du 10, il s’allongea. Sa femme ne put s’empêcher de lui dire.

- Tiens, tu changes l’heure ? Pourquoi ?

Il ne daigna pas lui répondre. Dix minutes plus tard, il ronflait paisiblement en lui tournant le dos.

Le lendemain, il ne se réveilla pas : arrêt cardiaque, diagnostiqua le médecin du SAMU appelé d’urgence.

- Je m’en doutais, dit sa femme avec une pointe de tristesse, mais pourquoi a-t-il voulu changer l’heure ?

Où lire GBalland

Rochambeau - Changement d'heure

Chers « Imprompteurs », je sais, qu’après avoir lu ces lignes qui suivent vous allez me prendre pour un fou qui entend des voix ! En effet, je vous jure que l’autre soir dans ma cuisine, j’ai entendu une sorte de léger soupir, presque un murmure avec un rien sensuel ; un infime gémissement de plaisir, une petite voix langoureuse qui venait du haut de la pièce. Avais-je rêvé ? Non, car mon chien avait l’air lui aussi surpris, et il regardait, intrigué … la pendule. - Oh la la ! Pourtant je n’ai pas bu, mais on dirait que ça vient de Toi pendule de mes jours et de mes nuits. ( Incroyable, mais à ma grande surprise, je m’adressais à elle !)

Et j’entendis alors une petite voix me répondre :
- Et oui, ô Maître des lieux qui m’avez adoptée en me donnant la charge et la joie de compter votre temps, je languis de votre sollicitude ! Vous n’avez pour moi que quelques regards fugaces sans aucune forme de sentiment d’intérêt, de plaisir ou d’affection. Pourtant je vis, mon coeur bat et mon tic tac vous rassure dans le silence de votre maison. Fidèlement, je compte pour vous les plus petits éléments de ce troupeau du temps qui passe, infini et silencieux sur le chemin de la vie. Grâce à moi vous en savez le nombre. Oui certes, quand vous m’avez adoptée et amenée dans votre logis, vous m’avez donné une position dominante, mais je me sens seule, abandonnée, loin de vos préoccupations. Pourtant sans rien dire je partage vos peines et vos joies. Heureusement, vous semblez enfin me porter quelque intérêt quand vous changez les piles de mon corps et aussi quand deux fois par an, vous devez ajuster ma marche à celle que vous humains, vous avez imposé à ce temps depuis 1975 !

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