lundi 30 avril 2012
Le lundi 30 avril 2012 à 22:36 :: En bateau
L a marine, la vraie, c’est la marine à voil E
A bâbord ou tribord ça se gouverne au poi L
M atelot aux taquets ! le cap est établ I
A u Sud, là où les filles portent le bolér O
R etendre les haubans, c’est le leitmoti V
I ndispensable pour accéder au nirvan A
N e pas lâcher la drisse, verrouiller la manill E
E t voir dès aujourd’hui chanter le lendemai N
A la barre le timonier est sans souc I
V irant de bord, sentant le vent, fendant la me R
O ndulant du safran avec maestri A
I l va doubler le pot au noir ad libitu M
L ofer, virer, abattre et tout le tralal A
E t au mois de juillet ce sera la Noë L
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Le lundi 30 avril 2012 à 16:47 :: En bateau
J’adore la voile mais ma femme ne vient que très rarement sur le bateau.
Avec nos économies, je me suis acheté un Sun Odyssey 409, un voilier nerveux et confortable. Il s’appelle « l’Argot Winch ».
Ma femme, elle écrit des textes. Pas écrivain tout de même mais elle va sur un site avec un nom à la noix « Impromptus littéraires ». Personne ne sait ce que ça veut dire, mais bon, il faut la laisser dans son trip.
L’autre jour, elle est enfin venue avec moi sur le bateau. Mais, elle avait quand-même pris son micro pour s’occuper.
A un, moment elle me dit « Agaagla ». Je luis dis : Met ton ciré si tu as froid ! Non c’est une copine d’écriture, répond-elle.
Peu après, elle me parle de « Tisseuse ». Demande lui donc de me faire une épissure pour l’écoute de génois si elle est si douée en couture, lui répliquai-je !
Plus tard, j’entends parler d’« d’Arpenteur d’étoile ». Moi aussitôt : T’inquiète pas, j’ai le sextant pour cette nuit.
Vous comprenez bien que son truc sur internet n’a aucun intérêt et puis ils ont tous des noms complètement farfelus.
Pourtant, j’ai bien essayé de l’intéresser à la navigation.
Faut dire qu’elle vient de loin, ma pimbêche. Elle n’a toujours pas compris la différence entre une drisse et une écoute. Pour elle, c’est que de la ficelle. C’est pas sorcier la différence quand-même !
Je lui avais demandé de tenir la barre pour préparer le lancement du spi. Elle trouve ça joli ce demi soutien gorge ! J’étais entrain de m’atteler à fixer le tangon quand cette andouille a lâché la barre juste pour noter une idée. Je vous raconte pas, une gite brutale à 40°! J’ai failli tomber à la baille et me suis rattrapé de justesse au hauban. J’ai alors couru pour reprendre la situation en main. Le bateau partait au lof à tel point que le safran n’était même plus dans l’eau. Limite un attentat !
Vous voyez bien à quel point ma femme est complètement nulle en navigation.
Je vous parie que si je lui parle de manille, elle va me dire qu’elle n’aime pas jouer aux cartes.
En rentrant aux Minimes, elle m’a dit qu’elle avait aimé sa journée, qu’elle était au taquet pour une nouvelle sortie et qu’en rentrant, elle allait vite raconter sa journée sur son fichu site !
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Le lundi 30 avril 2012 à 16:38 :: En bateau
Une souris mélancolique me regardait embarquer sur mon voilier.
Il y a quelques jours déjà, qu’elle grimpait sur la grande drisse et qu’elle m’observait
Elle a dû faire son nid au fond de la cale entre le millet et les tonneaux de vin.
Dans sa tête de souris pour le moment son instinct l’invite à me convaincre de la garder avec moi.
Quand elle cherche à me parler et que le hauban plie sous la tempête, elle crie des jurons.
Elle jure qu’elle jouera à la manille avec moi.
Mais son instinct la trompe peut-être !! N’aura–t-elle pas le mal de mer ? Saura–t-elle ne pas faire de trous dans mes sacs de safran ?
Je pourrai toujours compter sur le commerce des coquillages.
J’ai voyagé, navigué sur toutes les mers sans personne à qui parler.
Si bien que ma souris fut mon seul compagnon. La nuit j’entends le ressac et le vent, j’entends battre mon cœur et je voudrais le dire à quelqu’un. Je me suis laissé glisser sur le flot des eaux et je me suis ce soir là endormi.
C’est elle qui a pris les choses en main. Elle a posé les taquets, tiré le hauban et sauvé le voilier des récifs. Elle a navigué dans la tempête toute la nuit.
Tu crois me dit ma petite fille les yeux écarquillés ?
Oui j’en suis certain répondis-je
Elle pencha la tête pour réfléchir.
Papy tu me mènes en bateau ?
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Le lundi 30 avril 2012 à 13:31 :: En bateau
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. Farid parvient à trouver à s’enfuir en s’infiltrant dans un mariage. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Il relit un poème envoyé par son ami Fontenay. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. En attendant de trouver un moyen de transport, il trouve refuge chez son ami d’enfance Pierre).
Quelques heures plus tard, Pierre rentre et réveille Farid.
- Ridel, Ridel, j’ai trouvé un moyen pour que tu ailles à New York. Par contre ça va être un peu long et compliqué. Faut surtout que je te briefe un peu sur la navigation.
- Hein, quoi ? Mais mon passeport ? Par bateau ça va être long, dis donc ?
- Ton passeport, pas de souci, je connais un mec qui va t’en faire un plus vrai que les vrais.
- Pierrot, arrête, me dis pas que tu déconnes encore ? Je t’ai sauvé la mise, ok mais te mets pas dans la merde pour moi.
- Non t’inquiète, c’est tout ce qu’il y a de plus légal…Disons qu’on me doit aussi des services, à moi. Mais faut que tu potasses un peu des trucs d’ici à demain pour que tu puisses embarquer sur un bateau.
- Hein, quoi ?
- Tiens lis ça, je t’ai fait la liste de tout ce que tu dois savoir. En attendant, fais moi ta plus belle tête d’enterrement que je te prenne en photo pour ton passeport.
Pierre prend en photo son ami et lui laisse une feuille couverte de schémas de bateaux, de voiles, etc : Drisse, Foc, Safran, Spi, Hauban, Taquet, Manille, Cabestan… Des mots de marins que Farid doit donc maîtriser et reconnaître en une nuit. Pierre le laisse potasser et Farid se demande bien ce qui l’attend le lendemain.
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Le lundi 30 avril 2012 à 12:16 :: En bateau
Il était une fois en Armorique.
Maryvonne Le Guen tournait et virait dans sa cuisine rutilante. La colère la suffoquait, rougissait ses pommettes anguleuses, crispait ses doigts osseux sur son mouchoir de dentelle.
Elle marmonnait et soupirait bruyamment :
« Ah ! Elle va voir la Soizic ! Ah, je vais lui en fiche moi de la grenouille de bénitier, de la siphonnée du rosaire !! »
Le chat « Winch », méprisant et goguenard, poursuivait de son regard vert, les mouvements pendulaires de sa colocataire.
Elle avait fourbi soigneusement les armes dont elle disposait et en dressait l’inventaire sur la lourde table de chêne ciré :
Une longue tige de hauban à l’acier menaçant, une drisse de nylon noué serré, une manille avec la fronde des jeux d’enfants de son frère.
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Le lundi 30 avril 2012 à 11:24 :: En bateau
Drisse de Nice
Quelqu'un l'avait surnommé Drisse de Nice soit-disant parce qu'il était élancé, maigre et tenace mais je ne compris l'allusion que bien plus tard.
Toujours est-il que ce matin-là, jour de grand départ en stage de voile au club nautique de l'Ancre Bleue, Drisse de Nice nous avait conseillés d'être au taquet, moi à 2 heures et un autre "volontaire" à 10 heures. Comme j'envisageais de faire une grosse sieste sur le pont, je fis remarquer très justement qu'on serait plus efficaces en étant au taquet en même temps, ce à quoi Drisse de Nice répliqua que 2 heures et 10 heures étaient nos positions respectives par rapport à l'étrave du voilier et que le taquet était une cheville destinée à bloquer la drisse.
Pour ajouter à ma confusion il ajouta que le taquet s'appelait autrefois cabillot, ce qui acheva de me dégoûter de la morue.
Comme un malheur n'arrive jamais seul, je dus répéter sans bafouiller: "Le palan d'étarquage de la drisse de pic est constitué d'un martinet passant par trois poulies et un garant".
Fort de cette vérité, je réalisai que je venais de basculer dans un univers étrange, celui de la marine, de ses codes et surtout d'un jargon bizarre qui me rappelait "vaguement" le latin scolaire ânonné sur les bancs - Drisse de Nice parlait de haubans que je jugeais bien trop hauts pour m'y asseoir - et dont je n'avais retenu qu'un "Fluctuat nec mergitur" particulièrement ad hoc (n'en déplaise au fameux capitaine), un "Allez jacter à l'Est" (devenu bizarrement Allez jacter à Tribord) et un "Mea culpa" qui allait ponctuer chaque instant de ce long et douloureux apprentissage.
L'incident des taquets étant clos (ils disent coincé), je fus désigné pour aller border le phoque mais quand je revins bredouille d'avoir visité toutes les couchettes, Drisse de Nice m'informa vertement que le phoque était bordé depuis longtemps et que le bougre de papou des Carpathes que j'étais pouvait retourner à sa sieste!
Je crois que c'est à partir de là que je suis devenu sa tête-de-turc (ils disent l'empech) et qu'il a pris un malin plaisir à me ridiculiser aux yeux de mes compagnons d'équipage.
Ainsi je fus la risée de tous en allant - au péril de ma vie - vérifier le niveau du safran sous l'étambot alors que, pour votre gouverne on le trouve chez moi entre la cannelle et la coriandre dans un endroit moins humide... le placard de la cuisine; je vécus cette épreuve comme un ignoble bizutage.
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Le lundi 30 avril 2012 à 11:23 :: En bateau
C’est plutôt moi qui ai été menée en bateau sur ce coup là !
Enfin…Lui aussi, probablement, mais par ses passions, et surtout par la plus dévoreuse : la Mer…
« Lui » étant ma première réelle histoire d’amour. Pas le simple flirt adolescent un peu poussé, non, une véritable histoire, mais impossible. De celles qui nous font échafauder des plans insensés, et qui se termine…sur un quai…
Tout était mal écrit dès le départ : différence d’âge de cinq ans et demi dans une période où les attentes de la vie ne se placent pas sur le même plan, éloignement kilométrique trop important pour tenter un tant soit peu d’organiser simplement quelques week-end dans l’année, milieu culturel divergent (entre la lycéenne intello idéaliste, et l’ouvrier peintre), et les passions (lui la moto et la voile, et moi les livres).
Bref, nous vivions sur deux planètes presque opposées, et parlions à peine la même langue. Mais cette histoire a duré cependant quatre ans, de loin en loin. C'est-à-dire beaucoup plus au loin qu’au près, comme vous l’aurez compris…
Il était déjà au taquet sur sa moto lors des petites virées communes consenties, mais trop souvent les week-ends de régates de voile éclipsaient nos maigres projets.
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Le lundi 30 avril 2012 à 00:02 :: Lancement de thème
Vous êtes bien reposé, après ce séjour dans la chambre d’amis.
Si vous nous meniez à présent en bateau, réellement ou métaphoriquement ?
Votre texte, en vers ou en prose, devra impérativement comporter ces cinq mots : Drisse – Safran – Hauban - Taquet – Manille.
Il devra nous parvenir, à l'adresse habituelle
N’oubliez pas, nous devons être de retour au port avant le dimanche 6 Mai à minuit.
Bonne traversée !
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dimanche 29 avril 2012
Le dimanche 29 avril 2012 à 21:49 :: La chambre d'amis
PARTOUT: AILLEURS QU’ICI
Il n’habite pas loin, mais, pourtant, il l’est. Voilà quelques temps que j’avais décidé d’aller le voir, un peu comme un anthropologue, un peu comme un voisin.
J’avais commencé mes démarches pour le contacter. J’avais sonné trois ou quatre fois en rentrant chez moi. Malgré que la lumière soit allumée et que la sonnette retentisse, cela ne semblait pas efficace. L’e-mail a été plus rapide. La réponse m’est parvenue dans les 2 minutes : « vien ce soir ». Rien de plus. Payera-t-il son abonnement au caractère envoyé ?
Je prends donc mon paquetage et me rends chez lui. La sonnette est toujours aussi inefficace. Je tente le SMS. Dans l’instant, le mécanisme d’ouverture émet sont grognement mécanique : bienvenu.
Je monte, il m’ouvre. C’est vaste, lumineux et totalement décloisonné. Cette pièce sert à tout : travail, vie, repos. Tout cohabite.
Discussion de bienvenue, intéressante. Le moindre manque de culture général et wikipédia ou google viennent à la rescousse. Des amis passent par SMS pour donner de leur nouvelles, tout le monde sait ma présence via facebook. C’est donc un joyeux bazar, une discussion tissée d’autre part. J’ai l’impression d’être partout ailleurs qu’ici, et d’être en face de tout le monde et de personne à la fois.
L’apéro prend vite le ton d’un live tweet en réaction à la toute dernière et exclusive actualité. De ce canapé, j’ai vite l’impression d’assister à l’énième effondrement d’un mur, au meeting du candidat qui monte. Me voici en première ligne.
Le livreur, requis par appli, arrive avec sa pizza. Il connait déjà le code et monte comme un habitué. Il dépose les pizzas sur le palier, tout est déjà payé par Paypal. Elles finissent sur l’unique table –basse. Entre ses coups d’œil sur la pizza et sur l’écran de contrôle, j’ai à peine le temps de capter son regard
Sa prothèse sonne et lui conseille de se coucher pour respecter le début de son prochain cycle de sommeil. Pour mon repos, il me désigne le canapé qu’il transforme en lit. Il ne sera pas loin, aucune cloison entre nous.
Un rapide brossage de dents et d’un doigt, il commande l’extinction de son ordinateur et des lumières.
Un temps plus tard, une faible lumière nait en suite d’une petite vibration. Il prend des nouvelles ou en envoie, c’est urgent. La même scène se déroule plusieurs fois, jusqu’à ce qu’une musique douce emplisse la pièce : c’est le levé du soldat.
Voilà, j’ai dormi chez mon voisin. Il est connecté, il a un iPhone.
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Le dimanche 29 avril 2012 à 18:27 :: La chambre d'amis
La chambre du fond
Depuis peu, depuis une éternité, elle est devenue mon refuge, tour à tour asile et sanctuaire. Spectatrice muette d’une tragédie ordinaire, elle me regarde m’étendre sur son vieux lit, en prenant bien soin de ne pas en violer les secrets.
Dans la chambre d’amis, dans la chambre du fond, il n’y a rien de Lui.
Il est parti ; à travers les nébuleuses, vers un ailleurs où du pied, peut être, Il pousse les étoiles en marche, dans un abyme sans fond.
Affligeante banalité de la vie, ce qui fut et n’est plus, dans la chambre d’amis, je lâche.
Mes plaintes, mes murmures, dans la lumière pâle, se diluent.
Et la mélancolie de l’absence s’immerge dans la poussière d’une vie désormais inhumée.
Dans la chambre d’amis, dans la chambre du fond, Il n’y a rien de lui. Et pourtant, tout me parle de Toi.
De Toi, dont je ne peux et ne pourrai m’accommoder de l’absence.
Ici, un vieux prie-Dieu, réceptacle de tant de suppliques et de larmes, m’invite à partager les miennes.
Là encore, une table de jeu, dont le tiroir sans clef, n’a d’autre choix que de rester clos à jamais. Clos sur un hier qui aujourd’hui, tout à la fois, s’esquive et m’oppresse.
Sur le mur, un tableau ; celui d’une femme nue, vierge de Son regard.
Là, des livres oubliés et qu’il n’a jamais lus.
J’ai peur. Peur de l’infini, et cherche une main qui m’échappe.
Alors, ici, dans la chambre du fond, je feuillette Notre existence, livre que je connais par cœur, sans jamais l’avoir lu.
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Le dimanche 29 avril 2012 à 17:16 :: La chambre d'amis
Attention, âmes sensibles s'abstenir.
Les pompiers m'ont appelé au boulot un lundi après-midi. Le chauffe-eau des voisins avait explosé, et mon appartement en avait pris un sacré coup. Passées la stupeur et la colère, j'ai paré au plus pressé : trouver un endroit pour passer la nuit.
Coup de bol, une collègue m'a proposé de m'héberger sans que je doive trop la supplier.
Il était entendu que c'était en tout bien tout honneur. J'ai dormi sur son canapé, nous avons partagé le petit déjeuner, sommes allés ensemble au boulot, en sommes revenus le soir.
La nuit suivante, je n'arrivais pas à m'endormir. J'ai fait le tour de son appart', qu'elle ne m'avait pas montré en entier la veille. J'ai remarqué, au fond d'un couloir, une porte avec un panonceau "Chambre d'ami". Le lendemain matin, je lui ai demandé, moitié en plaisantant, pourquoi elle me faisait dormir sur son canapé alors qu'elle avait une chambre d'ami. Elle a pris l'air grave pour me dire que nous n'étions pas des amis, et qu'elle ne souhaitait pas me montrer cette pièce.
Sa réaction m'a un peu refroidi, mais je n'avais pas d'autre endroit où dormir, je suis donc retourné chez elle pour une troisième nuit. Je me suis réveillé vers quatre heures du matin, incapable de retrouver le sommeil. Je pensais à cette pièce. Que pouvait-elle avoir de si personnel ? Au bout d'une heure de retournements sans sommeil, j'ai attrapé la lampe de poche à manivelle qui ne quitte jamais mon sac, j'ai pris le long couloir, et ouvert la porte mystérieuse.
J'en suis resté bouche bée.
Tellement surpris que je ne l'ai pas entendue arriver derrière moi avant le dernier moment. Je n'ai eu que le temps de me retourner et de voir luire la lame de sa hache.
Où lire Anna
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vendredi 27 avril 2012
Le vendredi 27 avril 2012 à 17:44 :: La chambre d'amis
Une chambre d’amis, dans les monts du Forez
Elles y sont fraîches les nuits, même au coeur de l’été.
Dans cette chambre pour quatre aux allures de dortoir
Le soir, il faut se battre pour plus de couvertures ou une bassinoire,
Pour la brique* bouillante pliée dans du journal, ou bien une bouillotte.
Dessus les pyjamas, on met de chauds peignoirs,
Aux pieds, d’épaisses chaussettes et si on osait, on garderait ses bottes.
Ainsi, bien vite on se glisse dessous les draps glacés
Par-dessus nous on entasse les couettes et les duvets
La brique brûle nos pieds, seules nos joues rosissent
Au souffle de l’air frais.
Mais on dort comme des loirs, ma foi !
Le matin, au réveil, le givre est sur les vitres
Et sortent de nos bouches des propos embués.
Loin de notre maison, qu’on est bien tous les quatre !...
Déjà voilà qu’en bas, dans la cuisine, les volets claquent
L’odeur du café chaud grimpe dans l’escalier
Où l’on se précipite pour aller dévorer
Les énormes tartines nappées de confiture
Des framboises qu’hier on a tous ramassé.
Elles existent et se vendent toujours. Comme celle de nos Grand'mères, elles sont en céramique réfractaire émaillée en couleur. On les réchauffe dans les fours et poêles conventionnels ou dans un four à micro-ondes de bonne puissance. Puis on les dépose entre les draps du lit, entourées d'un linge pour éviter toutes brûlures.
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Le vendredi 27 avril 2012 à 16:55 :: La chambre d'amis
Pénétrer une fois de plus dans cette chambre d’amis, c’est revenir à destination d’un voyage d’une année ou deux, parfois trois dans les ailleurs de ma vie multiple, mais c’est là que je me retrouve, pareille à celle qui arrivait plus jeune, toujours cueillie par le parfum du lavandin, lavée par la blancheur des murs et du grand lit posé sur le parquet lustré. Un grand Tapies signe d’un paraphe énergique la seule toile qui orne la pièce. A chaque retour je le rencontre, vivant, bondi d’une large brosse vigoureuse et souple, sans repentir, et la force de sa vitalité me revient en plein cœur, je contemple une franche réponse à la fidélité qui me fait moi-même vivante en ce moment de retrouvailles.
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Le vendredi 27 avril 2012 à 13:58 :: La chambre d'amis
La chambre bleue.
La chambre bleue était interdite aux enfants que nous étions.
La chambre bleue était toujours fermée à clé.
La chambre bleue était réservée aux amis:
Cette décision était sans appel.
La chambre bleue était l'objet de notre convoitise et de notre désir.
Nous étions orphelins de séjour dans la chambre bleue, alors qu'elle était offerte à notre cousine Juliette, qui venait de la capitale.
Elle était à peine plus âgée que nous. Elle était belle, élégante et nous l'admirions. Nous étions fières d'appartenir à sa famille. Elle avait l'allure de la capitale et, pour nous, bien que nous habitions une petite sous-préfecture de province, renommée pour son tourisme, sa présence nous valorisait tout en attisant notre jalousie.
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jeudi 26 avril 2012
Le jeudi 26 avril 2012 à 22:25 :: La chambre d'amis
Elle est arrivée ce soir là sous la pluie, acceuillie par des bras amis et chaleureux,
elle découvre la chambre qu'on lui a attribué dans cette grande maison
elle imagine ce qu'était cette chambre avant d'être celle des amis de passage
la chambre du couple de la maison, il en reste sur la cheminée la couronne de mariée sous le globe,
la chambre de leur fille adolescente, il en reste quelques romans dans la bibliothèque,
la chambre de ses enfants, dont les dessins recouvrent un mur...
et maintenant avec cette courte pointe douillette, ce bouquet de lilas blanc, elle acceuille les amis..elle va être bien au milieu de ces souvenirs !
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Le jeudi 26 avril 2012 à 18:47 :: La chambre d'amis
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus . kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. Farid parvient à trouver à s’enfuir en s’infiltrant dans un mariage. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Il relit un poème envoyé par son ami Fontenay. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York)
Arrivé à la Gare St Charles, Farid se retrouve un peu perdu dans une ville qui lui paraît bien loin du récit de son grand père. Mais il se souvient aussi d’un nom : Ciotti. C’était camarade de classe de son enfance qui avait finalement quitté la région parisienne pour retrouver le sud et justement vivre du coté de Marseille. Ah, si seulement il pouvait le trouver, peut-être trouverait-il un moyen de partir à New York.
Voilà Farid parti à la poste pour feuilleter un annuaire et pouvoir téléphoner. Le peu d’argent qu’il a en poche lui permet tout juste cela mais des Ciotti à Marseille, il y en a 5 et évidemment aucun avec le prénom de son ami. Mais il se souvient du prénom de son père : Marcel, diminutif de Marcello. C’est lui voilà. Farid téléphone immédiatement.
- Bonjour, pourrais-je parler à Pierre Ciotti, s’il vous plait.
- Oui c’est moi.
- Salut Pierre, c’est moi, Farid, Farid El Guerrouj, tu te souviens de moi ?
- Euh…Farid…Ridel, c’est toi ?
- Oui c’est moi Pierrot, je suis sur Marseille et je me suis dit que tu pourrais me dépanner en souvenir du passé.
- Mais bien sûr, je n’ai pas oublié ce que je te dois, tu sais. Je suis dans le 12ème, tu as mon adresse ?
- Oui, c’est dans l’annuaire. Je ne sais pas trop comment y aller, par contre.
- Tu es où ? A Saint Charles ?
- Non mais pas très loin.
- Ok, reste là, je passe te chercher….Tu n’as qu’à rester sur le parvis près du MacDo.
- Ca marche, j’y retourne, à tout à l’heure.
- Ok, à toute.
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mercredi 25 avril 2012
Le mercredi 25 avril 2012 à 15:05 :: La chambre d'amis
Une odeur de vide et de renfermé. Il essaie d’analyser. C’est curieux cet intérêt soudain pour ses sensations olfactives. Mais cela a le mérite d’occuper l’esprit, ça va peut-être lui permettre de découvrir une autre réalité plus vivable. Au point où il en est. Cette odeur particulière, presque insensible doit venir de ce que l’air est enfermé dans une pièce où il n’y a habituellement rien de vivant, rien qui ait une odeur propre. Pas de meubles en bois ciré, pas de brassements d’air, d’entrées et de sorties, pas d’humains qui sentent la cigarette, le parfum, la chaleur ou la savonnette, encore moins de citronniers en fleur. Une armoire vide en formica au pied du lit à deux places qui occupe presque toute la largeur de la chambre avec un couvre-lit dans une espèce de peluche jaune. Un sac de voyage qui contient quelques affaires pour la nuit et le lendemain Et lui couché au milieu du lit, ses pieds croisés et chaussés dépassent pour ne pas salir, et touchent presque l’armoire. Sur le mur de gauche il sait qu’il y a la porte à moitié ouverte d’une minuscule salle de bain-WC avec un lavabo et une cabine de douche.
Mais il ne regarde pas en direction de la salle de bain. Son regard est fixé sur le plafond crépi blanc gaufré. À regarder ce plafond éclairé par deux meurtrières horizontales de part et d’autre de l’armoire il ne sait pas à quelle illumination il espère accéder. La pièce est aux trois quarts enterrée et pour peu que le gazon soit tondu les meurtrières ne permettent pas de voir la tête des herbes, même quand on est debout. Il ne faut surtout pas qu’il se mette à penser que c’est un caveau. C’est une chambre d’amis, pas un caveau. Couché les bras croisés derrière la tête à regarder le plafond il attend que la nuit tombe. En cette saison il a une bonne heure et demie à attendre. Et après ?
Il ne peut s’empêcher de guetter les bruits de la maison, au-dessus de sa tête. Le déplacement d’une chaise sur le carrelage de la cuisine et son cœur s’arrête de battre. Il s’est promené tout le dimanche après-midi. Il a pris un sandwich et une bière au café de la Place et il est rentré par le garage et la cave dans la chambre d’amis sans faire de bruit pour que personne ne remarque sa présence. Maintenant il devine le brouhaha des enfants, il aimerait pouvoir suivre les conversations autour de la table familiale de la cuisine. Le dimanche soir on ne dîne pas à la salle à manger. Il a l’impression qu’un animal cruel, un renard comme dans l’histoire du jeune spartiate, lui dévore le cœur. Il ne sait pas comment il va pouvoir tenir.
Demain matin, quand Anne et les enfants seront partis il ira joindre son cabinet au rez-de-chaussée. Avant il aura transféré ses vêtements de ce qui ce matin encore était sa chambre vers l’armoire de la chambre d’ami. Cela durera jusqu’à ce que les remboursements de la maison et du cabinet pèsent moins lourd. Des mois, des années peut-être.
Où lire Arthur Hidden
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Le mercredi 25 avril 2012 à 09:16 :: La chambre d'amis
Brazey
Ils nous avaient dit :
- Rendez-vous à Saulieu vers la statue du taureau de Pompon. Samedi vers dix heures.
Nous y étions. Plus précisément entre Loiseau et le taureau, pour être surs qu’ils ne nous ratent pas.
Depuis longtemps ils insistaient :
- Venez à Brazey, venez à Brazey. On passera un week-end campagnard et bucolique.
"Ils" c’étaient Marie-Françoise et Jacques. Ce dernier était alors mon associé. Petit, élégant et d’une exquise courtoisie, il était fin autant qu'elle était pétillante. Ils formaient ensemble un couple chaleureux.
Brazey, c’est Brazey en Morvan. Village minuscule au coeur d’une campagne assez rude. Quelques modestes maisons de pierre groupées autour d’une simple église, au carrefour des routes reliant Saulieu et Autun à des localités de moindre importance. Brazey c'est rien, perdu au milieu de nulle part.
Après les effusions d’usage (dis donc, qu’est-ce que c’est beau par ici …) nous dûmes passer chez Pierre, le boulanger. Personnalité imposante et Brassensomorphe (même corpulence, mêmes moustaches et même regard de bon chien) qui appelait Jacques « mon Jacky » en le gratifiant de bourrades amicales, menaçant à chacune d’elles de le faire tomber dans le pétrin. Cet homme était un parangon de bonhomie et de blancheur poudreuse. Jacques était secrètement fier de montrer qu’il avait des amis du terroir et donc, que lui-même faisait partie de cette terre sauvage et belle. Il arrangea son foulard, rajusta son blazer, l’épousseta soigneusement et nous conduisit chez eux, aux confins d’un hameau retiré.
Une maison basse et épaisse, couverte d’un toit pentu, aux tuiles en écailles. Les murs plus larges à leur base qu’à leur sommet, donnaient à la bâtisse cette impression d’un paysan les mains aux hanches et les jambes écartées, planté dans son labour. Elle était ceinte de murets de pierres et dominait un immense terrain en pente douce. La vue sur les monts du Morvan s’avérait magnifique.
On pose les valises, puis on va admirer le domaine qui « va de là à là et puis de là à là, tu te rends compte ». Il appartenait à l’arrière grand père. Il restait d’ailleurs dans la pièce principale un portrait de l’ancêtre, raide, austère, serré à l’extrême dans le costume des grandes occasions. La pièce est vaste. Vaisselier ancien, maie sombre lustrée par le temps, évier de pierre grise et lourde table, attestent de sa sincérité paysanne. Pas de cheminée, mais un poêle à bois pour lequel on va couper quelques bûches avant l’apéro.
Et aussitôt après : "ah, on va vous montrer la chambre d’amis … votre chambre".
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mardi 24 avril 2012
Le mardi 24 avril 2012 à 23:08 :: La chambre d'amis
LE FAUTEUIL À BASCULE
La pièce est minuscule
D'où surgit le vertige
Qui avala mon regard.
Incrédules et soudain tapissés
De mémoire
Mes yeux se posèrent
Sur le fauteuil à bascule.
Je me blottis dans ses bras,
Des souvenirs sous les paupières
Et l'émotion recroquevillée
Au fond de la gorge.
Une image accroupie
Sur le bord de notre histoire
Bondit et envahit l'espace
Exigu.
Accordant le mouvement du fauteuil
Au rythme de la poésie
Je lui lisais Guillevic
Pour adoucir sa nuit
Qu'elle savait dernière.
Enveloppée dans des souvenirs
Rassemblés
Je me suis endormie sereine
Dans ta chambre d'amis.
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Le mardi 24 avril 2012 à 23:02 :: La chambre d'amis
DIM, DAM , DOM !
Dans la chambre d’amis où a dormi Domi je stocke mes dévédés. Hé quoi ?! C’est mon domicile ! Je les range où je veux, mes missels, mes missiles, mes vinyles de Mike Oldfield, mon radome de Pleumeur-Bodou dans sa boule de neige, mon jeu de mikado, ma boîte de dominos, ma collec’ de bas Dim, mes livres de Damon Knight et mes photos de Demi Moore !
Domi a farfouillé et puis s’est endormie. Dans le demi-sommeil qui précède ses rêves y’avait Roger Vadim qui rhabillait Bardot, Jacques Demy qui chantait sous la pluie avec des demoiselles qui venaient de Rochefort, un bourg où tout est cher, même les parapluies, Matt Damon qui rencontrait trois types dans la quatrième dimension, une Médée médusée devant Pasolini, Eisenstein qui tenait des discours démocrates devant les membres de la Douma, des tas d’amants sur le pont neuf, Claude Chabrol semi-dément qui faisait chabrot au restaurant au grand dam de Fanny Ardant qui protestait « Vivement dimanche que ce MIDEM se termine !» alors qu’il s’agissait du festival de Cannes.
- Quand on casse la graine, répondait Chabrol, Truffaut c’qu’y faut ! Et puis il se mettait à chanter en duo avec Mylène Demongeot des chansons de Bernard Dimey et le « Maladie d’amour » d’Henri Salvador.
A minuit Dominique s’est réveillée en proie justement à une maladie de la jeunesse. Dans la chambre d’amis, elle venait de rêver d’un chibre d’amant surdimensionné - je n’aurais peut-être pas dû laisser traîner là le tome 4 de la Rubrique-à-Brac sur la couverture duquel Gotlib parodie Orange mécanique ! - mais il n’y avait, pour calmer ses ardeurs, que Madame Doubtfire avec une épaule démise ! Du coup elle s’est joué un solo de mandoline au lecteur d’MP3 avant de replonger dans les bras de Morphée, çui-là qui met un terme au tactile de dame Hard.
Le lendemain au petit-déj, Domi m’a raconté son démentiel cinéma de minuit. On a ri comme des folles.
Mais une fois qu’elle est partie, je les ai montées au grenier, toutes ces vieilleries. Si ça donne le démon de midi à minuit à Domi, qu’est-ce que ça va être quand je logerai Damien ici ?
Au moins, où y’a du zen, y’a pas d’plaisir ! Les copains et copines sont bien gentils mais je tiens à ce qu’on respecte mon surnom et mes choix de vie : on m’appelle Cléo Decinque, l’ascète.
Où lire Joe Krapov
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Le mardi 24 avril 2012 à 22:55 :: La chambre d'amis
COCO
Dans une cage suspendue à côté de la porte, un perroquet vert et jaune n'arrêtait pas de répéter :
- Allez-vous-en ! Allez-vous-en ! Sapristi !
Il parlait un peu l'espagnol, et aussi une langue que personne ne comprenait.
Il avait horreur des visiteurs, ce pauvre Coco, qui avait trop souffert jusqu'ici des visites continuelles chez son ardente et lascive maîtresse.
C'était une procession quasi ininterrompue de beaux messieurs endimanchés, boursouflés, rougeauds et enchapeautés qui défilaient nuit et jour dans sa sordide cambuse pompeusement rebaptisée « chambre d’amis » pour la circonstance et qui ne manquaient jamais une occasion, à chacune de leur visite, de décocher à la bête un de ces lazzis dont ils avaient le secret :
- Alors, Coco, t'as bouffé ta langue aujourd'hui ? disait notre homme, en soulevant, goguenard, son joli chapeau claque.
- Sacrado matonos de mes dos..., rétorquait Coco, dans son langage bien à lui.
L'autre, ne saisissant pas l'allusion, se remettait en route tout en réajustant poliment son chapeau.
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Le mardi 24 avril 2012 à 18:20 :: La chambre d'amis
La chambre d’Amy
Dans la chambre d’amis, j’enlèverai tous les radiateurs.
Le plus difficile n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis chaleureux.
Autant avoir une chambre froide.
De la chambre d’amis, je supprimerai toutes les ampoules.
Le plus délicat n’étant pas d’avoir une pièce mais de lumineux amis.
Autant avoir une chambre noire.
Dans la chambre d’amis, je doublerai l’épaisseur des murs.
Le plus surprenant n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis solides.
Autant avoir une chambre forte.
De la chambre d’amis, j’ouvrirai toutes les fenêtres.
Le plus compliqué n’étant pas d’avoir une chambre pour eux mais des amis purs.
Autant avoir une chambre à air.
Dans la chambre d’amis, j’y mettrai un revolver.
Si une vie sans ami est une épreuve, il peut être utile, pour s’en extraire, d’avoir à portée de doigt la chambre d’une arme à feu…
De la chambre d’Amy, j’aurais brisé toutes les bouteilles …
Il doit être effroyable de mourir seule dans une chambre avec vue …
Où lire Chri
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Le mardi 24 avril 2012 à 18:07 :: La chambre d'amis
Avec ma femme Gemma nous avions connu ce couple en vacances à Puerto Banus dans un palace, en Andalousie. En effet par l’effet d’un surbooking, le propriétaire du 3* que nous avions choisi à l’Est de Marbella, nous avait logé sans suppléments, ainsi que 2 autres couples français dans son autre établissement, un magnifique et grand 4* luxe ! Bien sûr, nous avons vite fait la connaissance d’un couple de Parisiens et surtout des Normands, Jacques et Thérèse, avec qui nous avions vraiment sympathisé. Tellement d’ailleurs que l’année suivante, nous nous étions retrouvés au Portugal, dans un hôtel de Praïa de Rocha. Oh ces dîners autour d’une cataplana, ou de fruits de mer arrosés d’un bon vin blanc sec, ces balades sur le bateau d’un médecin portugais séjournant dans note hôtel..
Jacques et Thérèse habitaient du côté d’Honfleur où ils travaillaient dans un établissement bancaire. A maintes reprises, ils nous avaient invités à venir les voir. « Cela nous fera tellement plaisir de vous accueillir. Nous vous ferons visiter notre coin. Nous mangerons des bulots sur le port. Et Toi qui aimes les arts, me disait-il, nous te ferons écouter du Satie et nous t’amènerons découvrir dans le Musée qui porte son nom, les « Boudin ». Ne vous en faites pas, nous aurons de quoi vous loger dans notre mythique et sacrée chambre d’Amis. » Les 2 ou 3 fois où ils nous avaient parlé de notre prochain séjour possible chez eux, ils avaient toujours donné ces 2 adjectifs étonnants pour qualifier l’endroit où ils nous logeraient.
Plus d’un an passa et nous décidâmes d’aller enfin visiter la Normandie de Fécamp à Saint Malo. Bien sûr nous avions programmé dans notre périple 3 jours chez nos Amis. Avec ma femme en approchant du célèbre petit port, nous nous sommes rendus compte que finalement on savait peu de choses sur ce couple.
Mais les retrouvailles furent heureuses et arrosées. Nous leur avions amené une grande boite des produits de notre coin : des pruneaux ! Ils nous firent visiter leur petite villa. Avec mon épouse, nous nous regardâmes étonnés : il n’y avait en plus du salon, de la salle à manger et du bureau qu’une chambre ! Allions-nous dormir sur le canapé du salon, chez des voisins ? Mystère…Où était cette fameuse chambre d’amis ?
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Le mardi 24 avril 2012 à 10:06 :: La chambre d'amis
Ses amis lui avaient dit qu’il ne restait plus que la chambre bleue et qu’il valait peut-être mieux que… mais Eléonore avait répondu que ça lui était complètement égal et elle s’était installée, sans arrières pensées, dans la fameuse chambre.
Après un repas arrosé d’un vin délicieux, elle était montée se coucher la première. La tablée lui avait souhaité bonne nuit et Raphaël - un peintre fantasque dont elle était amoureuse - lui avait murmuré.
- Je ne te comprendrai jamais, pourquoi dormir dans cette chambre ?
Eléonore avait répondu en souriant.
- Je n’ai pas le droit de dormir dans la chambre de celle que tu as aimée ?
Raphael n’avait rien dit et il l’avait regardée partir, mélancolique.
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Le mardi 24 avril 2012 à 09:41 :: La chambre d'amis
Tussor & Cie
Arrivé dans l'après-midi...
«Ici,
c'est la chambre d'amis
avait-elle dit
(la femme de mon vieil ami),
trésor
si tu veux, tu y dores »
Et puis,
la soirée s'ensuivit :
bons vins, gaieté, salmigondis...
tandis que je faisais le mort
attendant de me mettre aux lies
Salamalecs aux matamores
(j'abhorre !
j'abhorre !)
et à leurs fades compagnies
Amplement passée la mi-nuit
tout autre convive parti
les bruits me venaient du dehors
(j'adore !
j'adore !)
Là, dans ma chambre de nervis
isolée par un corridor
dans un déshabillé tussor
mon hôtesse me rejoignit
m'assurant que « T’inquiète, il dort »
Comme attendu, je la couvris
de pied en cap de feuilles d'or
en pris quelques photographies
sur une peau d'alligator
« Veux-tu que je te gratifie,
mon désintéressé mentor ? »
À quoi je rétorquai « Nenni »
sachant les penchants carnivores
d'Émilie
et de ses appétits la pléthore d'ennuis
que sa jeunesse causait à mon vieil ami
Au réveil, en robe de chambre
en main, sa boisson de gingembre
il me sourit
« As-tu bien redoré le blason d'Émilie ? »
« Ma foi, oui. »
que j'ai dit.
Où ne pas c*** dans débat de soi...
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lundi 23 avril 2012
Le lundi 23 avril 2012 à 20:14 :: La chambre d'amis
Dans la chambre d’amis,
Il y a plein d’objets punis.
C’est une sorte de purgatoire,
Avant le départ pour le dépotoir.
Un quilt rouge, rose et gris,
Aux couleurs bien trop ternies,
Une coiffeuse en macassar,
Le coquillage de Zanzibar.
C’est là que je me réfugie,
Lorsqu’il déserte la nuit.
Je fais semblant de le croire,
Quand il raconte ses bobards.
Notre amour s’est enlaidi,
Il a peur encore du c’est fini.
Je pleure dans mes mouchoirs,
Craignant, souhaitant, son départ.
La chambre des amours finis,
C’était, avant, la chambre d’amis.
Maintenant, il est trop tard,
Il est bien mort, le bel espoir.
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Le lundi 23 avril 2012 à 20:05 :: La chambre d'amis
Le matin tu m’as dit : « Aujourd’hui mon amour
A la tombée du jour, je te la donnerai
Cette fleur convoitée, trésor de roseraie,
Hantise des phallus et des esprits balourds. »
Alors mon cœur battit en mode troubadour
Mes sens dessus dessous jusqu’au soir en secret
Bringuebalèrent en imaginant du concret
Redoutant la faiblesse, appelant au secours !
Enfin vint le moment de la défloration ;
D’un regard tu me dis qu’il n’en est pas question
Autrement qu’allongés sur un lit, c’est promis…
Mais pas ton petit lit ni celui de ta mère
Il faut rester respectueux dans les manières.
Soit ! On fera donc ça dans la chambre d’amis !
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Le lundi 23 avril 2012 à 20:04 :: La chambre d'amis
-Et tu penses que c’est une bonne idée de débarquer chez des gens que tu connais à peine ?
-Ah je te reconnais bien là, tu t’inquiètes toujours pour rien. Tu verras, ils sont très sympas.
-Peut-être, mais tu ne l’a pas vue depuis longtemps ta copine de classe.
-Elle, c’était la fille la plus extravagante du lycée.
-Justement !
La vieille 2 CV ahanait dans la côte qui montait à la maison d’Emilie. Elle nous attendait avec son mari sur le perron. La façade avait besoin d’un bon ravalement et l’intérieur n’avait rien à lui envier. Mon amie nous guida jusqu’à la chambre d’ami d’où émanait une odeur indéfinissable de moisi et de renfermé. Le confort est spartiate me dit Jérôme. En effet, il n’y avait qu’un vieux canapé clic clac défoncé, une chaise de paille et un lavabo dont le robinet fuyait. Le ploc ploc des gouttes résonnait dans mes oreilles. Un fil à nu supportait le poids d’une ampoule qui vacillait. Il faisait froid et le radiateur était en panne. Epuisés par un long trajet, nous dinâmes sur le pouce avant de s’allonger sur un matelas aussi épais qu’une crêpe bretonne. Un volet claquait dans le vent. Je me serrais contre Jérôme qui ronflait déjà.
L’odeur de renfermé imprégnait les draps de grosse toile, j’entendais un papillon nocturne grésiller autour de l’ampoule. Je guettais le moindre bruit, le moindre craquement du bois. Le vieux clocher du village égrenait les heures frileuses. Malgré la fatigue, je ne trouvais le sommeil qu’au petit matin et c’est ce moment là que le spectre blanc choisit pour passer la main sur mon visage.
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Le lundi 23 avril 2012 à 17:48 :: La chambre d'amis
Chambre d’hôtes :
J’arrive, un peu tard, chez de vieux amis de mes parents. Laissant le plaisir des
bavardages pour le lendemain, ils me conduisent, directement, à ma chambre.
Sur le seuil de la porte, un soupçon d’hésitation, quelques secondes
d’adaptation, en remontant le temps, j’endosse mon déguisement : Lady
anglaise, début 1900… Pénétrant, plus avant, dans la pièce, d’un regard
circulaire, j’adopte les cretonnes et le papier, tapissant murs et plafond, toile de
Jouy, bergers aux champs. J’intègre la commode et le secrétaire, bois d’acajou,
recouverts de marbre blanc, la coiffeuse, la cuvette et le broc en porcelaine, le
kitch des lampes de chevet. Je souris et m’apprête pour une nuit acidulée dans
une bonbonnière rose…
Où lire ABC
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Le lundi 23 avril 2012 à 15:50 :: La chambre d'amis
Je n’ai pas changé d’appartement depuis que je suis né.
Et maintenant que je suis invité on m’a dit :
Tu auras ta chambre d’ami.
La maison semblait comme neuve. Elle brillait comme le jour.
Plus rien ne s’oppose à ce que je dorme ici cette nuit.
Alors que quelqu’un chantait à tue tête
Dans le jardin un chat curieux se glissa sous le lit où dormait ma valise.
Un âne au loin regardait avec humilité le cheval monter la cote herbeuse.
Un clairon sonnait derrière le cimetière.
Je m’allongeais sur le vieux lit mais rien ne vint.
Seulement les papillons qui tournaient autour de la bougie.
La porte de la chambre semblait éternellement ouverte sur le ciel.
Rien ne bougeait. J’étais sans souvenir.
D’un pas lourd je décidais de descendre enfin l’escalier
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Le lundi 23 avril 2012 à 09:32 :: La chambre d'amis
Gare aux chambres d'amis
C'était selon leurs dires une chambre d'amis
dont les volets rouillés ne fermaient qu'à demi
sur un beau carrousel, la gare de triage
de quoi vous dégouter à jamais des voyages.
Le sommier éreinté par les kamasutra
érigeait ses ressorts au milieu d'un fatras
d'oreillers fatigués, de plumes d'édredon
qui ressemblait assez à un lit de chardons.
Souhaits de bonne nuit et porte regondée,
vint le moment crucial sous le toit mansardé
où chacun fait son nid à coups de contorsions
et dispute du drap l'ultime possession.
La cloison était mince et nos hôtes bruyants,
les cris des amoureux pour le moins croustillants
nous avons dû compter à défaut de moutons
les assauts répétés du joueur de piston.
Un fringant TGV, un tandem en furie,
le joyeux cheminot, l'aiguillage fleuri,
le butoir de la mort, tout ça menait grand train
permettez qu'épuisé, j'abrège mes quatrains.
Au petit déjeuner, des plus réparateurs
chacun portait sur lui de pesantes valises
mon doigt confituré pointant, accusateur
la gare de triage, ses trains de marchandises.
Rayonnants de bonheur, nos hôtes nous apprirent
que les plus belles nuits sont aussi les plus brèves,
qu'il est des trains de nuit divins à découvrir
et que depuis deux jours la gare était en grève.
Où dors Vegas sur sarthe
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Le lundi 23 avril 2012 à 08:47 :: La chambre d'amis
Elle vous est toujours ouverte
La chambre des amis fidèles
Ceux qui vous supportent
Depuis toujours
Ils vous ont assimilés
En cours de route
Estampillés famille de cœur
Censés mettre du baume
Sur tous les outrages
Vous leur devez ce partage
Une fois pour toute
Au fil des années
Ce lien est devenu impérieux
Voire même périlleux
Il se fait de plus en plus lourd
Dans le grand livre des dettes
Vous ne savez quelle somme
Vous sera réclamée
Mais c’est parfois au prix du sel
De vos larmes
Qu’elle sera remboursée
Plus un zeste de rancœur
Au prochain séjour
On fera comme si
Tout était bien entre amis
Mais les sens en alarme
Resteront affûtés
Pour ne plus être engloutis
Par les tyrannies
Ni par les émotions polluées
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Le lundi 23 avril 2012 à 07:00 :: La chambre d'amis
Le train arrivant tard, je fus plus tard encore
A leur porte, épuisé. Mais les éclats de rires
Commémorant passé et tout notre folklore
Hissèrent mes forces, jusqu’à en défaillir.
A minuit, je parvins à la chambre d’amis
Matinée de fatras. Quand j’ouvris le clic-clac
Butant aux quatre murs, un chat miteux surgit,
Regardant furibond mes pieds, prêt à l’attaque.
Et comme enfin je sus adoucir cette bête
Désormais ronronnant comme une mobylette,
Au bruit du boulevard, je pus, dans l’insomnie,
Mater le débarras, livres d’art de Noël,
Improbables objets déposés pêle-mêle,
Surannés : c’est la chambre où dorment les oublis.
Où lire Quebre
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dimanche 22 avril 2012
Le dimanche 22 avril 2012 à 23:59 :: Lancement de thème
Grace à vous, nous avons voyagé d'îles en îles durant toute la semaine.
Il est temps de se reposer un peu et comment mieux le faire que chez des amis.
Ceux-ci vous ont invités pour un week-end, voire quelques jours de vacances.
Dès votre arrivée, ils vous montrent la chambre d'amis dans laquelle vous allez dormir durant votre séjour.
Racontez nous vos impressions, vos surprises, vos craintes ... Faites-nous rire, pleurer ou frissonner, mais n'oubliez pas que dimanche 29 à minuit vous devrez être rentrés chez vous pour nous envoyer le récit de votre séjour à l'adresse habituelle.
NB : vous pouvez aussi choisir d'être vous-même les hôtes et d'accueillir vos invités dans votre chambre d'amis.
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Le dimanche 22 avril 2012 à 11:29 :: Les autres îles
ILES ET ELLE
Hier, endormie
Ile perdue
Ile déserte
Un jour
Elle s'éveille
Elle ose
Elle quitte
Son monde à elle
Autour
D'autres îles
D'autres mondes
Elle et îles
À la ronde
Un archipel
Des rencontres :
Un appel à la vie.
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vendredi 20 avril 2012
Le vendredi 20 avril 2012 à 15:00 :: Les autres îles
Rosa la rose.
Elle avait rêvé d’une photo.
Ce n’était pas tant le contenu du rêve qui l’intriguait. Elle savait bien que l’inconscient prend des moyens détournés pour faire émerger à notre connaissance des signaux souvent difficiles à comprendre. Ce qui étonnait le plus Rosa c’est qu’elle se souvenait parfaitement de ce rêve. Elle disait toujours « je ne me souviens jamais de mes rêves. A peine éveillée ils disparaissent, comme ça, pfuitt » et elle accompagnait ce « pfuitt » d’un mouvement aérien de la main.
Seulement ce matin là, elle se souvenait de tout. De cette photo accrochée aux murs de nulle part. Un rivage sombre, un homme solidement campé devant, portant un pantalon de velours à l’ancienne, une espèce de gilet sur une chemise de toile grossière et un chapeau à large bord. Il avait un sac en bandoulière qui pouvait s’apparenter à une gibecière. Rosa fit une moue vaguement dégoûtée. Elle détestait de tout temps la chasse et les chasseurs et que l’un d’eux put intervenir dans sa nuit, la chiffonnait. Cela dit, l’homme ne portait pas d’arme. Il mâchonnait une longue tige d’herbe entre les dents et saluait quelqu’un sur un petit bateau allant vers le large. Rosa se souvenait parfaitement de ce geste ample du bras et de la silhouette qui lui répondait. Au fond, presque à l’horizon il y avait une île. Rosa en était persuadée. Même bien réveillée, désormais. Une île d’un vert chatoyant, un vert de jungle, un vert d’aventure, un vert de pirate. Cette couleur la frappait d’autant plus que le reste de la photo était en noir et blanc.
Rosa se leva vaguement troublée. Nue dans la salle de bains elle contempla son corps, le trouvant encore fort acceptable. Elle avait été une jolie jeune fille et une très belle femme. Puis, doucement, elle avait glissée dans le clan des « vieilles filles ». L’instinct maternel lui était étranger et son métier de chercheuse biologiste qui l’avait accaparée tout sa vie, avait laissé bien peu de place à l’amour avec un grand « A ». Celui dont peut-être elle rêvait encore. Bien sur quelques amants venaient lui apporter un peu de chaleur, mais les visites s’espaçaient.
Elle était surtout fière de sa poitrine menue mais restée ferme, presque arrogante. Un de ses passagers d’une nuit lui avait dit « tu as des seins petits mais dynamiques » elle avait souri pensant que lui-même aurait justement pu se montrer un peu plus à la hauteur.
Elle prit une douche rapide, s’habilla d’un jean et d’un chemisier clair et fila faire le café. Pendant qu’elle remuait distraitement une tartine dans son bol décoré d’une vache noire et blanche, elle imaginait sa journée à venir. Pas de programme bien établi depuis qu’elle avait arrêté de travailler. En fin d’après midi elle allait dans son club de gym histoire de conserver son tonus. Mais avant, rien de spécial. Un coup d’œil par la fenêtre l’assura d’un temps ensoleillé. Un autre vers sa bibliothèque qui avait depuis longtemps envahi son appartement, pour se rendre compte que son stock de livres à lire avaient fondu. Elle se décida pour un tour à sa librairie préférée dans le quartier Saint Jean, puis un repas léger sur une terrasse suivi d’une balade sur l’île Barbe histoire de faire quelques clichés, avant le sport prévu.
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Le vendredi 20 avril 2012 à 14:37 :: Les autres îles
L’île suppose d’autres îles
Je savoure la mienne
Baignant dans un flot de vanille
Entourée d’un brin de chocolat fondant
Dominée d’un croustillant de caramel
Mais deux îles flottantes d’affilée
Ce serait bien déraisonnable…
Quoique…….
Où lire Clise
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Le vendredi 20 avril 2012 à 12:02 :: Les autres îles
LA DIFFÉRENCE
Philiana ma fille, aux beaux yeux pétillants,
Handicapée mentale à la douce folie,
Ile aux trésors cachés, rivière aux flots riants,
Les fées ont oublié de visiter ton lit.
Il aura bien fallu, au long de ces années,
Abriter dans mon cœur une peine imbécile,
Nier la réalité, pas toi, ma fille aînée…
Au final accepter qu’il y a d’autres îles.
Mais ces regards fuyants, ou trop compatissants,
Arriverai-je à ne plus les trouver blessants ?
Fuir jusqu’en Martinique, deux ans sous les palmiers,
Ile où tu as trouvé bien d’autres différences,
Les copains métissés, les chansons et les danses,
Les Noëls à la plage, de très longues vacances !
Et au retour chercher une place en Foyer.
Maman Cadichonne.
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Le vendredi 20 avril 2012 à 10:25 :: Les autres îles
(Monologues croisés)
Elle : Impossible d’y échapper, à la terre nous sommes liés.
Lui : Les bêtes, les champs, les blés, pourquoi vouloir s’éloigner ?
Elle : Quelques jours tout quitter, se permettre de rêver.
Lui : L’air est sain à respirer, la nature n’est que beauté.
Elle : Découvrir et visiter, flâner, se promener…
Lui : J’aime tant mon métier, impensable de m’arrêter.
Elle : Je crois que j’ai trouvé, un espace de liberté
Lui : Où est-elle donc passée ? Délaisserait-elle le poulailler ?
Elle : Plaisir de cuisiner, apprendre à m’évader…
Lui : Les repas se sont améliorés, j’apprécie la diversité.
Elle : Ce soir rien à fêter, juste une routine à briser.
Un jardin, deux chaises, une table, une belle nappe, un joli couvert, des bougies, un bouquet de fleurs…
Elle s’est pomponnée, maquillée, a sorti sa robe habillée, enfilé son collier de mariée, il y a des années qu’elle ne l’avait pas regardé…….
Il est arrivé, fatigué d’une longue journée, tout juste débarbouillé, chemise ouverte et pull troué…
En silence ils ont dégusté le festin qu’elle avait mijoté et au dessert, solennelle et fière, devant lui elle a déposé sans sourciller, minuscule escapade de l’été, une île flottante.
Où lire ABC
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Le vendredi 20 avril 2012 à 10:04 :: Les autres îles
Il y a eu Patmos où, sur les traces de Jean, je quêtais le Spirituel. Des Aléoutiennes en passant par les îles Sous-le-Vent aux mystères de Pâques, mes yeux se sont brûlés de ces lumières, ma peau s’est burinée des embruns. Dans cette course sans fin, je cherchais l’introuvable, je croyais à l’inexistant. Après une vie traversée de bonheurs éphémères, un soir, je m’étais couché, dans ce grand lit carré, recru de fatigue, harassé par les années. Tu t’étais approchée de moi et, tendrement, m’avais caressé le visage. Tu me murmurais des mots doux pour m’apaiser. Et j’ai vu, à la lueur de la lune, ce reflet dans l’océan de tes yeux, cette île tant recherchée, tant rêvée, enfin à portée de main. Cette île qui supposait d’autres îles, c’était toi, c’était l’île de ton cœur.
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jeudi 19 avril 2012
Le jeudi 19 avril 2012 à 18:27 :: Les autres îles
L’île de la Cité et l’île Saint-Louis,
Murano, Burano,
Guernesey et Jersey,
Toute île suppose une autre île
Pour mieux chanter encore
Sa singularité
Aux sirènes du large.
Comme de Charybde en Scylla,
Certaines se complètent
Pour tracer le chemin de croix
D’un personnage :
La Corse, l’île d’Elbe
Et puis, pour finir, Sainte-Hélène.
Les Sénans de 40 repeuplent l’Angleterre
D’un îlot de résistance
Tandis qu’à Molène ou Ouessant
Yann Tiersen se tire de la scène.
Au grand pays de Tendre
Il en est tant à inventer
Qui feraient pendant à des existantes
Paradoxalement isolées :
L’île de Do pour l’île de Ré,
L’île de Blancmoutier,
L’île d’Olécarré.
Pas d’île aux nonnettes cependant
Dans le golfe du Morbihan :
L’île aux Moines est bien suffisante.
Pas de hackers à l’île du Lièvre
Pour contrebalancer les pirates de l’île de la Tortue
Mais n’oublions pas à la fin
Que ce qui vaut pour île
Fonctionne aussi au féminin :
Toute elle suppose d’autres elles.
Thelma et Louise,
Aglaé et Sidonie,
Véronique et Davina,
Wallis et Futuna dansent la java à Sumatra,
Elle et Vire…
OK, je sors !
Avant qu’on ne m’envoie
En exil à Ixelles !
Où visiter Jersey avec Joe Krapov
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mercredi 18 avril 2012
Le mercredi 18 avril 2012 à 17:03 :: Les autres îles
Ile de France
L'île suppose d'autres îles
Mais d'ici aux moulinettes
Sur un peu plus de vingt mille mètres
Nulle terre de ce style !
L'horizon est morne et gris,
Comme oraisons mortes aigries.
LAS ! Les îles ne sont point à tire-d'aile
Et font sourde oreille à nos appels !
Nos voix fêlées restent vaines
Car il faut remonter la Seine
D'Ivry jusqu'à Paris,
Pour tomber sur celle
De Saint-Louis,
Qui fait la part belle
A Notre-Dame éblouie,
Depuis le Pont de Sully.
L'arche-change n'a pas droit de Cité
Mais dans sa félicité,
Il enjambe le fleuve emblême
Pour passer en cinquième.
On aime à quitter sa rive déserte
Et le traverser d'un pas alerte,
Délaissant fébrilement
Le matin déjà lointain,
Pour gagner au soir naissant
Le coeur du quartier latin.
Lors, le Panthéon fait le dôme rond
Quand on y tourne gaiement en rond,
De Saint-Germain à Odéon,
De Mouffetard à la Huchette,
De Saint-Michel à Mabillon,
Bien loin d'ici aux moulinettes !
Où lire Sebarjo
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Le mercredi 18 avril 2012 à 13:34 :: Les autres îles
Il aurait tellement plu que Prague n'aurait été qu'une île, une île bordée de tous côtés par une crue de la Vltava, une crue jamais vue, seules en seraient restées les plus hautes collines, les plus hauts monuments, peut-être seulement les pointes de Saint-Guy, étroites îles où l'on ne saurait sur quel pied danser.
Il aurait tellement plu que seule Alex surnagerait de Berlin, une île en forme de terre, une bille de verre, une agate émergée des flots, une île non pas déserte mais pleine de familles, de touristes, venus là pour admirer la vue, panoramique, la mer à perte de vue, la bulle parcourt les trois cent soixante degrés en trois mille six cents secondes.
Il aurait tellement plu que tous les canaux et la Seine sortiraient de leur lit en emportant les ponts et passerelles de Paris, que l'écluse de Valmy ne serait qu'un lointain souvenir sous l'oriel désormais battu par les vagues — l'oriel, ou l'île or...
— vague, à l'âme, et rêve d'autres îles, d'autres arches, où poser préservées nos espèces et nos dettes, où cacher calfeutrés nos espoirs et nos doutes, d'autres îles où survivre sans vous, sans villes, sans les viles erreurs des ères civilisées.
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Le mercredi 18 avril 2012 à 12:07 :: Les autres îles
Mon île de la sérénité retrouvée.
« L’île suppose, d’autres îles, »
D’autres îles
Qui suivent énigmatiquement
Dans mes idées du soir.
Troupeaux qui broutent
Sans rien dire
Les mille prairies bleues de flots mystérieux.
Archipels secrets,
Qui je ne sais pourquoi me font peur.
Car l’île que j’ai adoptée,
Comme discrète, est solitaire.
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Le mercredi 18 avril 2012 à 11:01 :: Les autres îles
Les yeux dans la poche
Misérable insulaire
Barricadé dans l'étroite peau
Que tu as clouée sur les horizons
De ton île natale
Tu crois que la vague est océan
Que le grain de sable est désert
Que l'étoile est galaxie
Et que la note est symphonie
Ta langue se replie sur un mot
Et tu crois connaître l'histoire
À tant regarder ton nombril
Et le bout de tes pieds
Misérable te voilà bien voûté
Rétréci
Desséché.
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Le mercredi 18 avril 2012 à 10:57 :: Les autres îles
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus . kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. Farid parvient à trouver à s’enfuir en s’infiltrant dans un mariage. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Il relit un poème envoyé par son ami Fontenay. Nous retrouvons Farid dans son train pour Marseille )
Tandis que le train quitte peu à peu le paysage de garrigue pour se rapprocher des côtes escarpées et serpenter entre les calanques et les falaises, Farid repense à la première destination de son voyage : Marseille. C’est ici que son grand-père a découvert la métropole, lorsque le Maghreb était une colonie française. Son histoire, il l’a entendu des centaines de fois. Il est venu pour travailler à l’usine à Poissy, espérant monts et merveilles de ce pays avant de découvrir une autre réalité. Mais cette traversée en bateau était chargée de rêves. Voir se dessiner Marseille peu à peu, voir cette basilique au sommet, comme une île dans un océan, a marqué à jamais ce petit homme qui s’est ensuite sacrifié pour faire vivre sa famille. De l’espoir, il est passé à l’humiliation, à la souffrance du travail sur la chaîne, du froid de l’hiver dans les bidonvilles, seuls logements possibles dans cette France encore en reconstruction. Mais il a aussi marqué la vie de son fils devenu professeur de Français et de son petit-fils dont il était si fier avant qu’il ne décède il y a maintenant 5 ans. Maintenant, Farid doit aller dans une autre ville mythique pour les migrants : New York, la statue de la liberté. Mais son but à lui n’a rien à voir avec celui de son aïeul. Cette fois c’est la vérité et peut être son salut qu’il vient chercher. Il ne lui reste plus qu’à trouver comment voyager et surtout à récupérer son passeport laissé chez lui.
Où lire Ice man
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Le mercredi 18 avril 2012 à 09:01 :: Les autres îles
Chapelet
L'île suppose d'autres îles
et d'autres peaux d'ocre, d'argile
noires de jais, jaunes d'Asie
blanches nacrées ou cramoisies.
Qui de l'émir et ses barils
qui du mendiant des bidonvilles
porte sa pierre à l'édifice,
de l'opulence au sacrifice.
Sur la mer des diversités
Glissant poète l'a chanté
telle parole d'évangile:
l'île suppose d'autres îles
Où lire Vegas sur sarthe
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mardi 17 avril 2012
Le mardi 17 avril 2012 à 16:12 :: Les autres îles
Longtemps, vous avez été seul, réfugié dans votre bulle comme sur une île déserte. Vous pensiez n’avoir besoin de personne. Vous pensiez vous suffire à vous-même. Vous pensiez :
« A quoi bon rencontrer du monde ? On ne peut que souffrir au contact des autres.
A quoi bon aller voir ailleurs ? Je suis si bien ici, dans le cocon familier que je me suis construit.
Et puis, au moins, je fais ce qui me plait, quand ça me chante. Je vis en accord avec mes désirs, selon mes appétits. Et les autres gens, sur les autres îles, je peux aller les voir lorsque je le décide, lorsque j’en éprouve l’envie ou le besoin. »
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Le mardi 17 avril 2012 à 09:31 :: Les autres îles
Mes grands-parents parlaient Langues picarde et d'oc,
Anciens idiomes, avant qu'ils ne se taisent,
Les jeunes lunes les ayant cloués ad hoc
Empaillant l'ancien aux rives neuves, fadaises.
Non plus vieilles lunes surent les raviver,
Trichant à tout logos, prêt à bien compromette
Et l'Histoire, et la langue, et axes évidés ;
Nul autre ne saurait, qu'aieuls, vieux mots émettre.
D'îles en îles, la marée basse grisaille
Une divergence qu'on aurait crue ripaille,
Indifférents qu'ils sont aux réel paraphé ;
Leur être ? Ilôtes de l'arasement moderne,
Ou comment souscrire à honteuse baliverne
Tant que ça surseoit à notre lucidité.
Où lire Quebre
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lundi 16 avril 2012
Le lundi 16 avril 2012 à 22:41 :: Les autres îles
Alors, je le suppose
là où le ciel repose
un front aux plis oranges
sur une vaste frange
une île attend de n'être
plus que cette fenêtre
que tu viendras ouvrir
Alors, je le pressens
dans son cadre béant
où tremblent des glaïeuls
pour n'être pas trop seul
sourira l'horizon
à sa terminaison
un ilôt sur la lèvre
Alors, je le prédis
à ton rêve, engourdie
tu pointeras du doigt
cette nouvelle voie
m'enjoignant d'y aller
savoir comment se crée
le prochain archipel
Dès lors, suivant ma route
le regard à l'écoute
dans la poche un crayon
ta saveur et ton nom
je vogue d'île en île
de campagnes en villes
de fenêtre en fenêtre
Où dire : merci maman...
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Le lundi 16 avril 2012 à 21:57 :: Les autres îles
Ile.
D’abord, il y a l’eau puis le Pont au-dessus de l’eau.
Ensuite, il y a cette lumière comme un personnage,
Habitée de cent mille bleus, persuadée de dix mille blancs.
Il y a cette lumière, ultime et définitif trait du temps,
Horizontale mémoire, intimement comme nous, passagère.
Tout autour, il y a les landes des genêts, des jaunes et des oyats,
Que le vent d’ailleurs décoiffe ou exaspère.
Il y a des ventres d’oiseaux immobiles épinglés dans le clair,
Et les bedaines étranges de barques échouées,
Repues de départs, les souvenirs désormais à mort au port.
Parfois, il peut y avoir, dans un coin de ciel, une virgule de lune
Comme une trace d’infini.
Et les mille miroirs des marais où s’égarent
D’ombrageux et fragiles nuages.
Il y a, surtout autour, l’Océan,
Comme une colère rentrée qui balbutie,
Et tes ports comme des nids et des quais comme des lits.
Et puis, ces odeurs d’outre-atlantique, apportées par l’écume
qui déferle sur des pontons noirs comme des promesses non tenues …
C’est là qu’il y a, enfin, cette île où je voudrais qu’elle soit.
Où lire Chri
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Le lundi 16 avril 2012 à 16:59 :: Les autres îles
L’ÎLE
Le magazine de la mer s’était bien vendu en ce mois de grisaille. Incroyable ! On avait découvert un chapelet d’îles surgies des profondeurs du Pacifique. Il y avait eu une éruption volcanique, dans les entrailles sous marines et ces dernières dans un violent soubresaut de colère avaient craché de minuscules îles étonnantes car couvertes de végétation.
L’aéromoteur dépêché sur place ramenait des photos étonnantes de plages blanches aux abords de forêts profondes et mystérieuses. Les géologues perplexes s’arrachaient les cheveux. Ils se souvenaient pourtant d’une île qui jadis avait perdu son accent circonflexe. Elle s’était isolée et retirée dans la mer mais là, le cas était plus complexe.
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Le lundi 16 avril 2012 à 14:11 :: Les autres îles
Il fait bon ce soir.
Nue au creux de ma vie
Comme mille fois mise au monde,
Gonflée de lumière, je ressens la présence des hommes qui habitent ce monde au moment où je pourrai le quitter.
Une espèce de polyphonie galopante monte comme des racines d’arbre.
Jeunes mangroves, bosquet habité par des dieux
Ce sont pendant ces nuits là que mes rêves m’échappent et qu’une conscience plurielle
Nous fond dans la même attente.
Je réalise ma chance d’exister, qu’importe si je ne comprends pas ta langue.
La distance qui nous sépare, je ne veux pas la franchir, je veux jalonner ce qui nous éloigne, car nos cœurs sont bons. Ça c’est le meilleur raccourci.
Je serai bien contente dans mon insularité qu’un étranger vienne à moi pour qu’on s’ajuste.
Selon une intuition proprement alchimique notre sang mêlé organise déjà notre mutation lente. J'accélère mon nomadisme génétique pour endiguer toute haine impitoyable
C’est dans cette boue féconde que j’écris un nom improbable un nom d’orgueil qui m’apprend tout de l’autre que je suis déjà
Car je sais qu’une île suppose d’autres iles.
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Le lundi 16 avril 2012 à 11:55 :: Les autres îles
L’île première est toute grise
Sable noir, débris tant coupants
Du non-désir : Rien qu’une méprise,
Et les larges blessures de l’enfant.
Et la mer et les vagues et le jusant.
L’île seconde est si féconde
Mains caressantes sur ventre distendu
Sables roses, hanches rondes,
Petits corps potelés, bonheur absolu.
Et la mer et les vagues et le reflux.
L’île troisième est souffrance
Sable trop blanc, lutte frontale.
Et le crabe qui ronge la substance,
Crânes cailloux et teints d’opale.
Et la mer et les vagues et l’étale.
L’île quatrième est luxuriance
Quand chaque fruit est si précieux.
Sable de miel de l’abondance
Quand un pétale, une goutte, vous émeut.
Et la mer et les vagues et le bleu.
De l’île ultime je ne sais rien.
Lave brûlante ou blancs nuages
J’aurai fait le voyage au moins,
Dans la pétole ou sous l’orage.
Et le vent et le vent et le vent…
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Le lundi 16 avril 2012 à 11:41 :: Les autres îles
L’île suppose d’autres îles
les monts engendrent les vallons
et peu importe où nous allons,
sous nos pieds la terre est fertile.
Parfois la vie est difficile
elle pèse comme le plomb
mais si vraiment nous le voulons
on peut la rendre bien utile.
L’île suppose d’autres îles
les mots s’écrivent à la file
comme d’étranges passerelles.
Les mots supposent d’autres lignes
qui se relient avec des signes
d’une manière naturelle.
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Le lundi 16 avril 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Cette semaine, nous vous proposons un thème initié par Venise
Dans "l’Intention poétique", Édouard Glissant affirme : « L’île suppose, d’autres îles. »
« Nous sommes faits par le monde que nous faisons et que nous frayons, modelés par les lointains qui nous portent et qui nous croisent.
Car c'est la diversité qui nous protège et, s'il se trouve, nous perpétue. »
Nous vous invitons à compléter cette affirmation « l’île suppose d’autres îles » en la faisant vôtre à travers un texte qui viendra naturellement y faire écho.
Pas d'autres contraintes pour ce thème, mais n'oubliez pas que dimanche 22 avril à minuit il vous faudra rentrer au port, à l'adresse habituelle.
Bon voyage et bonne semaine !
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dimanche 15 avril 2012
Le dimanche 15 avril 2012 à 18:52 :: Sur son 31
Se mettre sur son 31, précisait l'invitation.
Tu parles que je ne voulais pas manquer cela.
Mais c'était sans compter sans ma dyslexie. Je me suis mis sur mon 13.
Perdu.
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Le dimanche 15 avril 2012 à 17:34 :: Sur son 31
Bijoux de strass oubliés sur le clavier,
robe froissée sur un dossier,
slip de dentelle gardant captive l’intimité de nos effluves mêlés.
Ton corps exigeant du mien son tribut. Lui céder.
Le carnet d'Ondine
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Le dimanche 15 avril 2012 à 10:31 :: Sur son 31
SÛR, MON TRENTE-ET-UN
Ô, ma carne ! Outre sanguinaire
tu es aussi le lieu dont j’aime l’atmosphère
et l’habille
de tissus laborieux
de la cheville aux yeux
pour cette fille
où loge mon regard amoureux
Où aller se rhabiller
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samedi 14 avril 2012
Le samedi 14 avril 2012 à 09:35 :: Sur son 31
Ode au 31e degré (ou de force)
J'aime être élégant de toilette, (merci Bobby !)
alors quand je sors, sur mon 31, je me vêt d'un rien,
même d'un courant d'air qui exacerbe ma sublime et modeste beauté
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vendredi 13 avril 2012
Le vendredi 13 avril 2012 à 19:42 :: Sur son 31
Redescendre vêtue de quoi ?
Un habit de lumière
un habit de fée
en Superwoman
en lapin rose
en cloches de Pâques ou en moi
tout simplement : jean, tee shirt , basket...
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jeudi 12 avril 2012
Le jeudi 12 avril 2012 à 23:27 :: Sur son 31
Pour être sur mon trente et un
J’ai mis mon plus beau sourire.
J’me dis qu’ça devrait suffire.
Pas besoin de plus pour éblouir.
Et si ça plaît, dites-le : vous le verrez ainsi, un peu plus s’épanouir.
Où voir sourire Cacoune
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Le jeudi 12 avril 2012 à 18:57 :: Sur son 31
Il était moins deux
Je me suis plié en quatre
Pour enfiler ce costume neuf
De Jean-Paul Jitrois
Couleur lie-de-vin
J’étais enfin sur mon 31
Pour le mariage de Mauricette
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Le jeudi 12 avril 2012 à 17:41 :: Sur son 31
Un restaurant huppé. Aériens escarpins vernis. Bas noirs et porte-jarretelles. Une robe moulante de velours rouge éclatant qui dévoile les courbes bien joliment. Une culotte oubliée. Mon vis-à-vis qui le sait.
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Le jeudi 12 avril 2012 à 12:01 :: Sur son 31
Mes bottes sont cirées,
A s’y mirer.
Le jabot de dentelle… Je suis culotté !
Un grand feutre emplumé
Enorgueillit mon crâne.
Es-tu prête, Roxanne,
Pour notre grand bal masqué ?
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Le jeudi 12 avril 2012 à 09:51 :: Sur son 31
Moi je fringue sobre
Ouais, t’en as faut voir comme y se fringuent,
Tu dirais qu’y posent aux catalogues :
Que t’y mets la plume d’autruche
T’as les tarlouzes à fanfreluches !
Moi c’est clean :
Blouson-jean.
Où lire JCP
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mercredi 11 avril 2012
Le mercredi 11 avril 2012 à 21:02 :: Sur son 31
Tenue rouge et noir,
Sculpturale, voluptueuse,
Moulée dans un fourreau bustier.
Mystérieuse,
Le regard voilé d'une résille en tulle rebrodée.
Perchée sur des salomés pailletés,
Je vais allumer le feu.
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Le mercredi 11 avril 2012 à 17:04 :: Sur son 31
Détournement majeur
Enfants, à Pâques
pas de micmac,
Trouvez poules, lapins, cloches et autres œufs
Tous vêtus de chocolat...
...Plus tard vous apprendrez
Le luxe
La chasse
La bêtise
La saturation
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Le mercredi 11 avril 2012 à 16:49 :: Sur son 31
Farid, billet en poche, se regarde dans la glace des toilettes du train pour Marseille : Il a fier allure dans cette chemise blanche de satin et ce pantalon de smoking noir.
Où lire Ice Man
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Le mercredi 11 avril 2012 à 10:33 :: Sur son 31
POUR UN BAL GOTHIQUE
Houppelande noire
La faux luisant en dessous
Masque sombre
Pas traînant
Ombre menaçante
- Linceul ce soir ? Demande un jabot en dentelle.
- Sert moi plutôt une petite bière …
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Le mercredi 11 avril 2012 à 08:51 :: Sur son 31
TRAUMATISÉE…
"Être sur son trente et un ":
Petite fille endimanchée
Ficelée dans du prêt-à-porter
Telle une poupée mannequin
Impossible de bouger et respirer.
Cette expression me donne encore la nausée !
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mardi 10 avril 2012
Le mardi 10 avril 2012 à 23:52 :: Sur son 31
Dans les draps de satin
Sa nudité nacrée
Numéro 5 de Chanel
Sa blondeur, son regard rêveur
Ses fossettes d’enfant rieuse
Parée de son incroyable candeur
Attendant un incertain bonheur.
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Le mardi 10 avril 2012 à 22:49 :: Sur son 31
Décalage horaire ou mesure impériale ? Ici au Québec, on se met sur son 36.
Mon texte doit-il faire 31 ou « 31 x 1,1613 » mots ? Attends réponse. Stop.
Où lire Café Byblos
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Le mardi 10 avril 2012 à 19:22 :: Sur son 31
Célébration de pâques aux Seychelles,
Elle : pagne violet ouvert côté droit : laisser soupçonner une jambe de déesse,
un léger haut, prune, pour cacher mais laisser augurer des seins envoûtants ..
Lui: tunique lin brodée,
Pantalon blanc...
Offrande....
Où lire Shakti
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Le mardi 10 avril 2012 à 18:44 :: Sur son 31
Grand jour
Nez retroussé,
Un peu fripé,
Mèche en bataille
Voix qui déraille
L’œil étonné
Un peu fermé
Tenue de fête
De pieds en tête
Costume d’Adam
Pour Maman.
Je viens de naître
Où lire Parisianne
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Le mardi 10 avril 2012 à 15:52 :: Sur son 31
Je suis nu, archi-nu. La starlette frémit. Silence ! Moteur !
Je l’empoigne, elle crie mon nom : Rocco !!! Désormais
elle sait ce que c’est… que d’être sur mon trente-et-un.
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Le mardi 10 avril 2012 à 13:04 :: Sur son 31
Liquette blanche, étrangleuse à rayures, falzar de flanelle, grolles cirées, gants beurre frais sur les mimines, un galurin sur la cafetière... Tout ça n’empêche pas ma langue de rester verte !
Où lire Joe Krapov
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Le mardi 10 avril 2012 à 10:27 :: Sur son 31
Nulle robe de rêve
Ni vaporeuse étole
Ni tutu ni étoile
Ni cristal ni diadème
Ni pantoufle de vair
Ni jupon ni dentelle
Ni porte-jarretelle
Je suis en tenue d'Ève.
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Le mardi 10 avril 2012 à 08:19 :: Sur son 31
La robe que je t'aime
Même rondeur que tes yeux,
Même couleur que tes mots,
Aussi simple que tes cheveux,
Aussi souple que ton dos...
Parce que je suis à toi,
Je te porte sur moi.
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lundi 9 avril 2012
Le lundi 9 avril 2012 à 22:45 :: Sur son 31
Festivités sans chichi :
Un brin de fantaisie,
Dans le bibi,
Une touche de poésie,
En pull assorti,
Un soupçon d’écologie,
En pantalon fleuri,
Des chaussettes hippies
Fin de série
Le tout en harmonie !
Où lire ABC
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Le lundi 9 avril 2012 à 19:07 :: Sur son 31
Cloches.
L’K-way, j’t’accorde, l’est pas d’première fraicheur.
Mais les grolles, eh, t’as vu, pov’cloche ?
de la marque, de la qualité !
de la poubelle de prince !
Où lire Emma
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Le lundi 9 avril 2012 à 17:51 :: Sur son 31
ECHAPPE DU JARDIN
Jour de fête
On me réserve une place d’honneur à table.
Je biche dans mon gilet gourmand
Agrémenté d’un nœud papillon
Un nœud de taffetas ceint ma tête
D’œuf de Pâques.
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Le lundi 9 avril 2012 à 17:45 :: Sur son 31
Un bonnet de Petit Poucet,
Les mille et un voiles de Shéhérazade,
Une seconde Peau d'Ane,
Les bottes de sept lieues!
Sans couper les cheveux en quatre,
Le conte est bon.
Où lire Valentyne
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Le lundi 9 avril 2012 à 16:35 :: Sur son 31
Presque sur son 31
Les yeux humides j'approche de mon placard, elle m'attend, là, frémissante, soie violine, anciens rêves de princesse. Je l'enfile mais là, horreur, elle reste coincée aux hanches.
Où lire Anoster
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Le lundi 9 avril 2012 à 15:39 :: Sur son 31
Toute de tulle blanc vêtue, voilà l’elfe !
De fines bretelles soutenant le bustier
Une jupe en corolle évasée
Des fleurs piquées dans les cheveux
Elle danse la renaissance du monde…
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Le lundi 9 avril 2012 à 15:27 :: Sur son 31
CHEZ LE DENTISTE
Dites : « Trente-trois, Sire »,
« Trente-deux ! »
Manque un…
« Trente-deux dents et deux dehors ! »
Manquent trois…
« Le royaume est pauvre…
Posez-moi une seule couronne,
Ca en fera deux, quel chic ! »
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Le lundi 9 avril 2012 à 15:20 :: Sur son 31
Un joug, deux anses, un cerveau, une épaule, une panse, une pince, une inférieure lèvre, un battant neufs et je réapparais bénie, romaine et épuisée…
Moi, je suis une vraie cloche.
Où lire Chri
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Le lundi 9 avril 2012 à 15:17 :: Sur son 31
Lunettes, verres blancs ou solaires
A ma vue…
Pull marron ou noir
Pantalons assortis
Echarpe multicolore
Chaussures plates, confortables
Pour sortir, un manteau
Et ma main dans la vôtre
La perfection !
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Le lundi 9 avril 2012 à 12:14 :: Sur son 31
Cocon-chrysalide
Chasuble blanc-organza.
Sous-vêtements papier-cigarette violine
Robe de passage, coquelicot feutre-rouge
Rivière de bouton fleur-de-nacre ouverture sur la souveraine espérance.
Peau brodée, tatouées d’échelles de Jacob
Gants de lin, sandales verre bleus.
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Le lundi 9 avril 2012 à 10:51 :: Sur son 31
J’ai un habit queue-de-pie,
Chapeau et gants gris souris,
Une lavallière à trois plis,
Avec épingle en perle de Tahiti.
La corde de l’hymen joli,
Me serre déjà le kiki !
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Le lundi 9 avril 2012 à 09:15 :: Sur son 31
Qui suis-je ?
Bal masqué à l’Elysée ;
un béret de feutre noir
sur le crâne enfoncé
une baguette de pain frais
dans une main, dans l’autre,
un camembert fait à point.
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Le lundi 9 avril 2012 à 09:07 :: Sur son 31
Tenue de soirée
Épaules nues, cheveux nattés
Robe fragile, satinée,
Sur le devant, boutons dorés
Et sous la taille, douceur ombrée,
Au bas du dos, joli panier
Je vais au bain, tenue de soirée.
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Le lundi 9 avril 2012 à 09:02 :: Sur son 31
Simiesques, ravaleuses,
Ogresses des outrages :
Unanimités gueuses
Soumirent apprêtages.
Tricotées martingales
Rompirent pectoraux,
Eversion cardinale
Normalisant ego.
Taciturnes cravates
Egrènent, diplomates,
Etrécis tatillons ;
Triche, mais oblitère,
Utilisé compère,
Nos dernières illusions.
Où lire Quebre
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Le lundi 9 avril 2012 à 07:45 :: Sur son 31
Minima liste
Sur la scène du Moulin Rouge, je danse,
une plume d’autruche accrochée dans le dos,
toute nue comme le jour de ma naissance,
je danse, du levé au tombé de rideau.
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Le lundi 9 avril 2012 à 07:30 :: Sur son 31
Grand lever de soleil à la cour
7h30
Perruque
8h30
Chemise, jabot et dentelles
9h30
Pourpoint à aiguillettes
11h00
Baudrier de soie galonné
11h30
Haut-de-chausses bouffant
12h30
Rhingrave de dentelle
13h30
Hauts talons, galantes et pompons
14h00
Sieste
Où lire Vegas sur sarthe
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Le lundi 9 avril 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Cette semaine vous redescendez sur terre pour célébrer dignement les fêtes de Pâques.
A cette occasion vous allez vous "mettre sur votre 31" et vous disposerez très précisément de trente et un mots (hors titre) pour nous décrire votre tenue, costume ou accoutrement.
Nous n'accepterons pas non plus les titres comportant plus de 31 mots !
Vos textes devront nous parvenir à l'adresse habituelle jusqu’au dimanche 15 avril à minuit.
Bonne semaine !
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dimanche 8 avril 2012
Le dimanche 8 avril 2012 à 10:17 :: Planètes
A : « jupiter@capitole.fr »
C’est un humble alchimiste qui se permet de t’adresser directement cet e-mail car je suis soumis
à l’imminence d’une échéance électorale dont je peux infléchir l’issue de façon déterminante.
Je viens de mettre au point, en effet, la formule de la Pierre Philosophale destinée à transmuer,
entre autres, le plomb en or ce qui sera vital par les temps qui courent. Tous les candidats
se vantent de la connaître mais je suis le seul, en fait, à la détenir réellement et celui à qui je
la remettrai et qui prouvera son efficacité sera victorieux. L’urgence d’agir est d’autant plus
grande que mes expériences m’ont affecté de saturnisme qu’on dira bientôt être une épée de
Damoclès.
Mon stock de matériaux est, hélas, épuisé et tu es le seul à pouvoir me procurer rapidement la
Terre Rare n°65 (le Terbium) : 1 ou 2 seaux, en provenance de Théra, seraient les bien-Venus
(j’espère que les Grecs n’ont pas fermé la mine…). A cet élément de base, il convient d’ajouter
quelques doses de substances provenant de tes planètes bien-aimées : Neptunium, Plutonium,
Uranium. Je trouverai le Mercure, catalyseur indispensable, dans le thermomètre du laboratoire.
La 1ère nuit de pleine Lune après Mars sera le moment favorable, si tu y consens, pour réaliser la
substance prodigieuse.
Je compte sur ton éminente sollicitude et te remercie à l’avance de tes immenses bontés.
JAREZ
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samedi 7 avril 2012
Le samedi 7 avril 2012 à 11:18 :: Planètes
VOYAGE...
Je plane, je pense
Planète Neptune : mer, vacances,
Romans, "Sous le vent", Vargas
Je pense, je plane
Planète Mars : honneurs, horreurs
Guerres, chocolats, douceurs
Je plane, je pense
Planète Mercure : thermomètre
Chaud, froid, fièvre, bien être
Je pense, je plane
Planète Saturne : enfance
Canard Saturnin, risques, intoxications, plomb
Je plane, je pense
Planète Pluton : hésitations
BD, Mickey ou Donald, astre et exclusion
Je pense, je plane
Planète Venus : femme, mères, utérus
Bienvenue aux fœtus
Je plane, je pense
Planète Jupiter : Dieu, tonnerre
Prénom, Jules, mon père
Je pense, je plane
Planète Terre : simple, complexe
Oasis et déserts,
Retour aux sources,
J'atterris, perplexe
Mon Univers.
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vendredi 6 avril 2012
Le vendredi 6 avril 2012 à 23:24 :: Planètes
Je dois avouer que je ne savais pas grand chose sur le système solaire avant que le thème de la semaine des Impromptus Littéraires ne m’impose l’obligation d’effectuer une recherche si je voulais être capable d’écrire quelque chose sur les 8 planètes qui le composent.
Avant cette recherche, je crois que j’aurais eu de la difficulté à spontanément en nommer plus que trois. La première à me venir à l’esprit aurait été Mars (à cause des martiens bien sûr). Ensuite, peut-être Vénus (l’étoile du berger) et sans doute aussi Saturne (à cause de son anneau que j’ai vue une fois dans le télescope d’un astronome amateur : impressionnant !). Par contre, les noms de Mercure, Neptune, Uranus et Jupiter, même s’ils ne me sont pas inconnus, n’auraient certainement pas surgi facilement dans mon esprit.
Quelques informations me reviennent encore à l’esprit 24 heures après les avoir lues, mais je ne sais pas combien de temps je vais m’en souvenir. Ainsi, dans l’ordre de leur distance avec le soleil : Mercure, Vénus, Terre et Mars sont des planètes rocheuses alors que Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune sont des planètes gazeuses. Pluton fut découverte en 1930 et classée comme étant la neuvième planète, mais, malheureusement pour elle, elle fut déclassée en 2006 parce que la découverte de plusieurs autres objets planétaires de grandeur similaire a obligé les scientifiques à inventer une nouvelle catégorie : les planètes naines.
Je me risque à considérer ce qui précède comme étant un texte en prose parlant de planètes. J’admets toutefois qu’il ne brille pas beaucoup littérairement parlant. J’aurais pu faire preuve de plus d’imagination en faisant appel à une mise en scène plus élaborée. Exemple : Par une belle nuit d’été, un homme et une femme étaient étendus au fond d’une chaloupe qui dérivait au milieu d’un lac isolé des Laurentides au nord de Montréal. Ils s’émerveillaient de la profusion d’étoiles qui les surplombaient se demandant combien de planètes pouvaient se cacher parmi tous ces points lumineux et combien d’entres elles pouvaient abriter des formes de vie. La conversation dériva vers notre système solaire et l’un des deux, peu importe lequel, fit une magistrale démonstration de ses connaissances en astronomie en déclinant les noms de chacune des planètes qui le composent. Soudain, la chaloupe heurta quelque chose, quelque chose de très dur, de métallique. Ils se précipitèrent pour aller voir ce qu’ils avaient heurté et au moment où ils se retrouvèrent tous les deux penchés par dessus le même côté de la chaloupe, celle-ci chavira, non pas parce qu’ils l’avaient déséquilibrée, mais parce qu’une trappe venait de s’ouvrirent sous eux, les engouffrant dans le ventre d’un vaisseau spatial. La trappe se referma presque immédiatement et le navire émergea du lac pour s’élancer dans le ciel à une vitesse fulgurante emportant avec lui les deux spécimens. À peine était-il sorti de l’atmosphère terrestre qu’un énorme aspirateur de planètes vint s’emparer de la Terre pour n’en faire qu’une bouchée de poussière pulvérisée qui allait rejoindre celles qui avaient été engendrées par la capture de Mercure et de Vénus. Il ne lui restait plus qu’à faire un petit arrêt à proximité de Mars et le tour était joué.
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Le vendredi 6 avril 2012 à 19:27 :: Planètes
Poème à gravité variable
Parti direction d’Uranus
Tout juste sorti de la Lune
Mercure m’annonce 41.7°
Pluter, Jupiton, Vetune, Neptus
Saturne par rond dans ma tête
Je me Terre sous la couette
Je me sens vraiment planète
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Le vendredi 6 avril 2012 à 12:54 :: Planètes
Elle passe rapidement devant l’immeuble Mercure. Quand elle a emménagé dans cette résidence, elle a trouvé que les constructeurs étaient bien prétentieux d’avoir appelé les neufs bâtiments avec un nom de planète. Au centre le square, pompeusement appelé Place du Soleil puis les immeubles, éparpillés autour, de la couleur de la planète qui portent leur nom. Ces batiments respectent plus ou moins la position de la planète par rapport au soleil. Elancés, une douzaine d’étage, tels des orgues vers le ciel, ils semblent l’accompagner dans son trajet quotidien. Avant, elle évitait soigneusement le bâtiment Mars. Trop de tags qui lui semblaient s’empiler, se chevaucher, une anarchie de couleurs, une orgie de signatures illisibles Et puis c’est là qu’habite le gardien , le martien comme l’appelle les voisins tellement il est rouge et toujours près à croire qu’on l’offense. Il vocifère, vitupère, râle d’avoir à effacer les tags.
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Le vendredi 6 avril 2012 à 08:51 :: Planètes
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. Farid parvient à trouver à s’enfuir en s’infiltrant dans un mariage. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Il relit un poème envoyé par son ami Fontenay)
Le vieil Ephraim relit encore ce poème que Robert Fontenay lui avait envoyé dans sa jeunesse, exprimant son spleen à la manière de Baudelaire. A cette époque, Ephraim étudiait l’astronomie à l’université de Columbia. Il essayait de comprendre l’influence des courses des planètes sur le comportement de certains individus. Evidemment, il ne croyait pas aux légendes des loups garous avec la pleine Lune. Mais sa théorie n’était pas si éloignée et avec le témoignage de Fontenay et son incroyable expérience, il pouvait se livrer à de savants calculs pour étayer ses hypothèses. A Columbia, il faisait évidemment parti du club d’astronomie et à cette époque, la passion du moment était la planète Mars avec toute la science-fiction qui entourait cet astre. Les films d’extra-terrestres étaient à la mode et les camarades d’Ephraim Stanislas rêvaient de découvrir une trace d’un être vivant. Mais Ephraim s’intéressait plutôt aux autres planètes plus proches de la Terre : Mercure, Venus, Jupiter et même Saturne. Il avait cessé de s’intéresser à la petite Céres et évidemment à la lointaine Pluton. Mais lorsqu’il présenta sa thèse en fin de cursus, il n’eut droit qu’aux moqueries des professeurs et de ses camarades : Penser que certains humains pouvaient présenter de tels particularités en fonction de la position des planètes à leur naissance était encore pire que la science-fiction. Et si Ephraim a abandonné l’astronomie comme métier, il a continué d’étudier toutes les données que Fontenay lui a données depuis des décennies.
Où lire Ice Man
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jeudi 5 avril 2012
Le jeudi 5 avril 2012 à 11:24 :: Planètes
Et si l’on jouait ?
Le sympathique jeu de l’oie a fait l’objet d’une étude sérieuse et de l’avis des « sondés », il a besoin d’un dépoussiérage méticuleux. Aussi, j’ai réuni mes collaborateurs et trices à savoir moi-même et ma chienne Vénus qui a de toutes manières un avis très partial, celui de sa maîtresse et nous avons mis au point
un jeu des planètes. Gageons qu’il plaira aux enfants et qu’il fera fureur dans les cours de récréations ; à défaut les instits pourront le récupérer afin de faire des apprentissages affinés dans ce domaine un peu oublié des astres et des planètes.
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mercredi 4 avril 2012
Le mercredi 4 avril 2012 à 18:42 :: Planètes
RENKU DES AGES DE LA VIE
Ignorant demain, Navigant vers l’inconnu, La vie et ses âges.
Les vaisseaux à l’horizon Symbolisent les saisons.
Rassemblée céans Pour observer les étoiles Toute une famille ;
Chacun son rythme de course Sa peluche ou sa Grande Ourse.
Déjà, le vieillard, A peine marché trois bornes, Clame sa douleur.
Lui faudrait, pour qu’il avance, Trident de Neptune aux fesses !
Le long du chemin Il a tant et tant pété ! Les enfants ont ri !
Tous les gaz de Jupiter Sont descendus sur la Terre !
Ri à en pisser ! Le vieux geint comme un enfant Il n’a pas trouvé de gogues.
Eh oui ! Pour chier dans les dunes Il faut exhiber sa lune !
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mardi 3 avril 2012
Le mardi 3 avril 2012 à 22:46 :: Planètes
Saturne pas rond dans ta p'tite tête
Tu es dans'l' jus Peter faut'l'faire
Continue et ça va être ta fête
Essaie d'garder les pieds sur terre
Pluton que d'faire toujours le clown
Et d'avoir la frimousse dans la moon
Allez fais pas monter l'mercure
Tu nous fais suer petite ordure
Tu sais bien qu'on est tous venus
Pour fracasser ta p'tite figure
Descends de là c'est l'terminus
On va t'botter à la ceinture
Pour t'ramollir direct sur anus
Hey tu croyais pas qu't'aurais un Mars
Tu peux toujours rêver d'un bonus
T'es que l'dindon de cette farce
C'est la valse des planètes
Tu vas nous la danser à cloche pied
Et tu peux toujours essayer d'éviter
les étoiles qui t'font tourner esthète
Allez, on te demande pas grand chose
Y'a pas d'quoi décrocher la lune
Fais nous juste voir la vie en rose
Donne-nous tes ineptes thunes
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Le mardi 3 avril 2012 à 20:09 :: Planètes
SUR L’AIR DE « LA MAMMA »
Ils sont Vénus, ils sont tous là,
Dès qu'ils ont entendu ce cri,
Il se finit le quinquennat…
Ils sont Vénus, ils sont tous là,
Même cell’ du Nord de La Norvège,
Saturne pas rond, c’est un cortège
Avec des promesses plein les bras.
Certains de nous souffrent en silence,
Mercure au chrome, ils en ont Mars,
D’être à Terre et sans espérance,
Pour eux le vote est un cadeau
Du quinquennat…
On leur promet une vie aisée
On leur raconte des billevesées
Il se finit le quinquennat….
Par Jupiter, faites leur grâce,
Cette fois-ci cédez la place,
Au lieu de leur tendre les bras,
Avec lois et alinéas,
Et alinéas,
Y'a tant de misère à guérir
Autour de vous, les candidats,
Y'a tant de larmes, et de soupirs
A travers toi, le quinquennat…
Et la campagne donne chaud,
Sur les chemins de grand soleil,
Il se finit le quinquennat…
Soufflera-t-il un vent nouveau,
Un vent de celui qui réveille ?
Des urnes remplies pêle-mêle,
Qui remportera le bingo ?
C'est drôle, on ne se sent pas triste,
C’est presque comm’ de l'affection,
Qu’on ressent pour l’équilibriste
Adieu l’artiste, bientôt Pluton
Ton quinquennat…
Et les chômeurs se souvenant,
Comm’ c’est dur, à nus, de pointer…
Il se finit le quinquennat...
Tout doucement les yeux fermés,
Ils rêvent comme les enfants
Après une bonne journée,
Et ils sourient en s'endormant.
Lois et alinéas,
Ne seront plus que souvenirs,
Autour de toi, le quinquennat,
Mais tant de larmes, et de soupirs,
A travers toi, le quinquennat,
Que jamais,
Jamais,
Jamais,
On ne t’oubliera !
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Le mardi 3 avril 2012 à 19:34 :: Planètes
Le coup de pied de Vénus.
Aurore s’était endormie sur le siège passager. Sa chevelure brune encadrait son visage à l’ovale raphaélique. Je garais le véhicule et la réveillais en soufflant doucement sur ses paupières.
- Nous sommes arrivés.
Elle s’étira, mis ses bras autour de mon cou et m’embrassa doucement.
- Je crois avoir un peu dormi. Où sommes nous ?
- Dans l’endroit le plus extraordinaire que je connaisse.
- Mais encore ?
- Au Cosmos Hôtel. Allez, viens.
Je prenais nos bagages quand un groom se précipita.
- Heureux de vous revoir, monsieur. Vous avez fait bon voyage ? Où dois-je monter vos bagages ?
- Sur Vénus, bien entendu, Joshua. Je glissais un billet dans sa main et entraînais Aurore vers la réception.
L’architecture du Cosmos Hôtel était pour le moins avant-gardiste : un arbre gigantesque composé de huit branches étagées le long d’un tronc monumental, et orientée chacune vers une planète du système solaire. Chaque branche comportait une dizaine de suites dotée d’une immense baie vitrée dont la partie centrale était en tout point semblable à la lentille d’un énorme télescope. Faire l’obscurité dans la pièce et activer électriquement cette lentille vous plongeait dans l’espace pour un voyage immobile centré vers la planète choisie. Celle-ci devenait parfaitement visible, comme accessible. L’expérience vécue alors se révélait unique. Allongé confortablement sur des banquettes suspendues, on flottait dans l’immensité galactique. Mieux encore, l’arbre hôtel en entier pivotait doucement sur un axe accompagnant le mouvement perpétuel de la voie lactée.
Aurore était la huitième à me suivre là bas. J’avais gardé Vénus pour elle, parce que son prénom évoquant la naissance du jour, s’accordait avec l’apparition de Vénus à la nuit tombée. J’avais encore en ce temps là des lubies de cet ordre. Au gré des derniers mois, j’avais offert Neptune à Ondine, découvert Mercure avec Pénélope, visité Saturne auprès de Claire, et Mars sur les ailes de la douce Colomba. J’avais marché sur Jupiter avec Indira, voyagé vers Pluton avec Lucille et avec Estelle vers Uranus .
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Le mardi 3 avril 2012 à 17:27 :: Planètes
Coquillages et crustacées.
Elle avait prétendu s’appeler Vénus et était toujours restée très évasive à propos de ses origines.
Saturne, réputé pour accueillir dans son établissement les plus riches et les plus influents comme les modestes et les sans grades, avait procuré à Vénus le gîte, le couvert et un travail de serveuse, sans plus lui poser d’autres questions.
Et bientôt ce fut comme si elle avait toujours été là.
Tous les hommes de la petite cité méditerranéenne se rappelaient l’avoir vue surgir de la mer alors qu’ils étaient attablés à la terrasse de « L’Age d’Or », le bistrot de Saturne, situé sur le port.
Un instant, elle leur avait paru flotter sur les eaux… Certains évoquaient une sorte de planche de surf, en forme de coquillage… Pour disparaître brusquement, puis rejaillir, sous leurs yeux ébahis, dans une gerbe d’écume, sa peau nue irisée de mille gouttelettes d’eau, comme revêtue d’une cape d’or, dans le soleil couchant.
Bien que, dès le premier jour, le jeune Mercure lui ait offert une ravissante robe, aux carreaux vichy roses, dérobée pour elle sur le marché, Vénus ne la portait guère que durant son service à l’auberge, agrémentée d’un minuscule tablier blanc au volant froufroutant, fourni par Saturne.
Le reste du temps, que ce soit dans sa chambrette ou sur la plage de la Madrague où elle passait le plus clair de son temps libre, elle vivait nue, attirant tous les clients de l’auberge, qui en étaient fous.
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Le mardi 3 avril 2012 à 10:29 :: Planètes
La nuit des planètes
Même le dernier croissant de lune
Entre dans la nuit en
Rasant les murs,
Clopin-clopant, comme
Un doute pendu aux
Rêves du poète
Endormi sur un mot. Quand la
Ville s'éveille aux noctambules
Et aux chats de gouttières
Ni vertu endimanchée ni
Uniforme de circonstance ou de
Sous-préfet. La rue déverse son
Trop-plein de rencontres improbables
Entre la bure et le satin. Plus
Rugueux qu'un mauvais vin et plus
Rare qu'une nonne
Entonnant un pater sur une
Musique de jazz
Ainsi vont les espoirs
Rançonnés
Surgissant des faubourgs
Jusqu'au bout de l'ennui.
Une hésitation plus loin, la liberté en
Plus, je promène mes
Insomnies sur le fil des
Ténèbres, défiant la peur
Et le vertige. Je me
Réchauffe à d'autres
Solitudes
Avec la douceur, la gravité et la
Tendresse de toutes les
Utopies qui caressent le
Réel au milieu de la
Nuit.
Ensemble, nous bâtissons,
Un monde différent, avec la
Rage des battants et une
Audace au fond du verre.
Nuit sur la ville,
Univers infiniment exquis ou terriblement
Sordide. Qui sommes
Nous et que voyons nous quand la nuit
Efface nos contours et nous
Promène incognito sur des
Terres promises ?
Une prime lueur sur un matin
Nouveau,
Et la ville s'éveille à d'autres
Parenthèses.
La démarche pesante et
Un abîme au fond des yeux signent le
Temps d'aller dormir pour tous les
Oiseaux de
Nuit.
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Le mardi 3 avril 2012 à 09:19 :: Planètes
J'ai très souvent le sentiment
De venir d'ailleurs que la Terre.
Dois-je me sentir honteuse ou fière
De ressentir, étrangement,
Que je ne sais pas d'où je viens ?
Mon univers, quel peut-il être ?
Est-il proche, est-il lointain ?
Ou encore inconnu peut-être ?
En tout cas, une chose est sûre :
Ce n'est sûrement pas Mercure,
Mon âme n'est pas assez pure.
Alors peut-être Jupiter ?
Non, car dans sa cuisse de fer,
Je me sentirai prisonnière.
Peut-être suis-je née sur Mars,
Mais mes peines, mes joies éparses
N'y auraient pas assez de place.
Est-ce que je viens de Neptune ?
Elle a pourtant une lacune :
Elle est bien trop loin de la Lune.
J'ai envisagé Uranus,
Mais ses coutumes et ses us
Sont bien trop différents des miens.
Donc je suis passée à Saturne,
Mais son ambiance taciturne
Ne répond pas à mes besoins.
L'avant-dernière, c'est Pluton.
Mais bien que cette solution
Soit de bon goût et de bon ton,
Je crois que je viens de Vénus.
C'est celle qui me plaît le plus.
Et c'est logique, je suis une femme !
Mais vous savez quoi ? Après tout,
L'endroit d'où je viens je m'en fous !
Tant que je peux nourrir mon âme
D'air pur, de vie et de Soleil,
Peu importe là d'où je viens
Neptune ou Pluton, c'est pareil !
Je vis là où je me sens bien.
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lundi 2 avril 2012
Le lundi 2 avril 2012 à 14:01 :: Planètes
Le ciel est haut bien malgré moi.
Là-haut tout est noyé de bleu.
Et sur ce banc provisoire de ma naissance,
J’accorde un regard profond sur l’autoroute du monde.
L’univers sera toujours ma dernière demeure.
Je regarde les planètes, Mars, Mercure, Jupiter avec mes yeux de vieillard.
Elles nous regardent de si haut !! Et quand la lumière tombe sur la Terre
Saturne, Uranus et Vénus continuent à dormir si fatigués de nos rêves.
Voici venu le temps d’entendre le choc cristallin des planètes.
J’appareillerai alors sur un radeau vers ce lointain.
Je suis l’enfant d’une seule pluie d’étoiles dans le tremblement du ciel de Neptune
J’irai comme un e éphémère briser l’ennui de Pluton
Dire qu’elles se consument toutes dans leur immobilisme.
Aujourd’hui je le sais leur mystère
Pauvre et debout, sur ma barque sans entrave
Je demeure dans ma maison aux huit planètes
Je les frôle, je les effleure, je les caresse.
Je connais l’herbe du chemin qui me mène à elles.
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Le lundi 2 avril 2012 à 09:47 :: Planètes
La petite fille se balançait doucement sur la banquette de l’épicerie-buvette de Pouzioux-la-Jarrie. Elle avait passé la tête sous le rideau jauni et contemplait la place en chantonnant tout doucement. Elle écoutait, cependant, les deux clientes que sa mère avait servies.
- Eh bien ! Madame Barrault, pour un mois de mars, quelle chaleur ! Le mercure affichait 15° ce matin, rendez-vous compte !
- Ça c’est bien vrai, madame Thibaudin, il y a déjà les asperges « Jupiter » qui sortent de terre !
- Vous avez vu la petite Ophélie, la fille de Maître Delteille avec les chiens Saturne et Uranus qu’ils s’appellent, c’est curieux comme nom pour deux molosses comme ça !
- Elle est bien jolie la gamine, une future Vénus, déjà !
- Ouais, mais bien trop capricieuse et beaucoup trop gâtée si vous voulez mon avis.
- Faut dire que ses parents, l’immense piscine avec la tête de Neptune qui crache de l’eau c’est plutôt m’as-tu-vu et compagnie. Les chats font pas des chiens !
Les deux commères se tournent vers la petite fille sur la banquette, hochent la tête et puis soupirent :
- Enfin, vous avez d’autres problèmes Madame Deloye !
- Allez, courage va, et à mardi !
« Bonne journée, mesdames » claironne maman avec son sourire pour du faux qui lui crispe les coins de la bouche.
Roseline, elle n’aime pas ces deux vieilles biques. Elles sont bêtes. Roseline elle aimerait drôlement s’appeler Ophélie et être aussi belle. Et puis, si elle avait un chien, il serait tout petit et ce serait Pluton, son nom. Parce que Papa, sur le mobile de sa chambre, avec les planètes, il lui a expliqué que celle-ci elle était plus valable, elle était exclue du système solaire qu’il faudrait l’enlever mais moi, j’ai crié alors il l’a laissé. Peut-être qu’elle est comme moi, qu’elle peut pas parler aux autres.
Parfois, Maman, elle me dit « Laisse-moi venir dans ta planète, ma chérie ».
Mais après, elle pleure…
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Le lundi 2 avril 2012 à 09:29 :: Planètes
Planetus, Planetum, Planetarium
Au quatrième jour - qu'on appelle Jeudi à supposer que Lundi fut le premier - Dieu décida d'ordonner les planètes en partant de la position du soleil. A cette époque le verbe Ordonner signifiait "Jeter en l'air un sac de billes au petit bonheur" et c'est ce qu'il fit; il ignorait à cet instant qu'il allait susciter quelques siècles plus tard dix huit mille réponses sur Google à la question ô combien nébuleuse : Comment se souvenir de ce Bon Dieu d'ordre des planètes?
D'autant que ce Jeudi-là, les planètes ne portaient pas encore de nom à part la Terre qu'il baptisa ainsi car c'était la seule bille en terre parmi ses agates et ses maxi calots...
Chercher à comprendre pourquoi notre brave Terre est coincée entre Venus et Mars reviendrait à relancer la polémique initiée par John Gray et appelée couramment "scène de ménage".
Au fil des siècles et après l'invention de la mnémotechnique on s'est ingénié à former des phrases toutes plus bizarres les unes que les autres dont la première lettre de chaque mot est l'initiale des planètes de M comme Mercure jusqu'à P comme Pluton, la plus éloignée des billes du sac à Dieu.
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Le lundi 2 avril 2012 à 08:35 :: Planètes
Nous tournons de concert
Sempiternellement liés dans l’univers
Mercure la messagère
Vénus que l’on vénère
Mars la guerrière
Et la foudroyante Jupiter
Le vieux monde tenu en laisse par Saturne
Glacé et taciturne
Régnant sur la grande nocturne
Se voit bousculer par l’âme révolutionnaire
Uranus chef de file des contestataires
Ayant juré de ne jamais plus se taire
A qui vient s’adjoindre Neptune
Le trident en l’air
Pluton dans les profondeurs de la Terre
Règne sur les enfers
Avec son fidèle Cerbère
Invisible et sévère
Il pèse les urnes
A l’aune de la richesse primaire
Il brasse les runes
Balaie le délétère
Et chasse le pervers
Il est juste Dis pater
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Le lundi 2 avril 2012 à 08:11 :: Planètes
Je tiens l’exotisme orbital des vieux schémas
Unanimes pour rien, sinon un aiguillon,
Préférant à l’abstrait l’aile qu’un astre aura
Ignée. Même un cil, un pâle cil de Pluton,
Tremblant toujours à Uranus céphalophore,
Emonde le terreux, les distances lumières…
Regarde ! Vénus, qu’on dit étouffée à mort,
Moque au matin, vive, tes amours cimetière !
Et tu crois que c’est saturnale ? Que les ides
Régulent Mars comme joug ? les éphémérides
Concèdent au tic-tac pendulaire, et orchestrent
Une équation du nuage d’Oort jusqu’aux lunes,
Regs comme toupies jetés au bleu de Neptune.
Ecoute : ce ciel mouvant, oui, il est rupestre.
Où lire Quebre
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Le lundi 2 avril 2012 à 07:00 :: Planètes
Planètes pas nettes
Jouons avec les rimes
le ciel et les planètes
pour qu’une chansonnette
nous soit donnée en prime
La petite Mercure
du soleil est si proche
que pour les tournebroches
c’est une sinécure
Vénus l’étincelante
égérie des bergers
en son sein a forgé
mille émotions brûlantes
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Le lundi 2 avril 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Si les rimes de votre poète préféré nous ont portés aux nues, nous vous proposons d'y rester une semaine de plus.
En vers ou en prose, parlez nous des planètes, de Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et même Pluton.
Au moins huit d'entre elles figureront dans vos textes qui devront nous parvenir à l'adresse habituelle jusqu’au dimanche 8 avril à minuit.
Bonne semaine à tous
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dimanche 1 avril 2012
Le dimanche 1 avril 2012 à 23:59 :: Rimes empruntées
Comme promis, ci-dessous la liste des 24 poèmes utilisés par les participants pour le thème de la semaine :
ABC : "L'oiseau vert", Marcel Béalu
Quebre : "Les chercheuses de poux", Arthur Rimbaud
Mamido : "Parfum exotique", Charles Baudelaire
Toncrate : "L'albatros", Charles Baudelaire
Vegas sur Sarthe :"A Everiste Boulay-Paty", Alfred de Vigny
Tisseuse : "La courbe de tes yeux", Paul Eluard
EVP : "Les aveugles", Charles Baudelaire
Ice Man : "Spleen", Charles Baudelaire
Poppie Poirier : "Don Juan aux Enfers", Charles Baudelaire
Venise : "La nuit", Guy Cadou
Claudie : "Sensation", Arthur Rimbaud
Agaagla : "Moesta et errabunda ", Charles Baudelaire
Dalreydana : "Le roi des Aulnes", Johan Von Goethe
Valentyne : "Le rêve du jaguar", Leconte de l'Isle
Chri : "Demain dès l'aube...", Victor Hugo
Lira : "Sur l'herbe", Paul Verlaine
Lorraine : "le sonnet d'Arvers", Félix d'Arvers
Cadichonne : "Prière pour aller au Paradis avec les ânes", Francis Jammes
Joe Krapov : "La fourmi", Robert Desnos
Mamily : "Les feuilles mortes", Jacques Prévert
Sebarjo : "Les corbeaux", Arthur Rimbaud
Tiniak : "Soleil couchant", Paul Verlaine
Shakti : "Eloge d'une soupçonnée", René Char
Anne Mimosa : "Rêvé pour l'hiver", Arthur Rimbaud
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