Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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mardi 24 avril 2012

Lira - La chambre d'amis

LE FAUTEUIL À BASCULE

La pièce est minuscule
D'où surgit le vertige
Qui avala mon regard.
Incrédules et soudain tapissés
De mémoire
Mes yeux se posèrent
Sur le fauteuil à bascule.
Je me blottis dans ses bras,
Des souvenirs sous les paupières
Et l'émotion recroquevillée
Au fond de la gorge.
Une image accroupie
Sur le bord de notre histoire
Bondit et envahit l'espace
Exigu.
Accordant le mouvement du fauteuil
Au rythme de la poésie
Je lui lisais Guillevic
Pour adoucir sa nuit
Qu'elle savait dernière.
Enveloppée dans des souvenirs
Rassemblés
Je me suis endormie sereine
Dans ta chambre d'amis.

Joe Krapov - La chambre d'amis

DIM, DAM , DOM !

Dans la chambre d’amis où a dormi Domi je stocke mes dévédés. Hé quoi ?! C’est mon domicile ! Je les range où je veux, mes missels, mes missiles, mes vinyles de Mike Oldfield, mon radome de Pleumeur-Bodou dans sa boule de neige, mon jeu de mikado, ma boîte de dominos, ma collec’ de bas Dim, mes livres de Damon Knight et mes photos de Demi Moore !

Domi a farfouillé et puis s’est endormie. Dans le demi-sommeil qui précède ses rêves y’avait Roger Vadim qui rhabillait Bardot, Jacques Demy qui chantait sous la pluie avec des demoiselles qui venaient de Rochefort, un bourg où tout est cher, même les parapluies, Matt Damon qui rencontrait trois types dans la quatrième dimension, une Médée médusée devant Pasolini, Eisenstein qui tenait des discours démocrates devant les membres de la Douma, des tas d’amants sur le pont neuf, Claude Chabrol semi-dément qui faisait chabrot au restaurant au grand dam de Fanny Ardant qui protestait « Vivement dimanche que ce MIDEM se termine !» alors qu’il s’agissait du festival de Cannes.

- Quand on casse la graine, répondait Chabrol, Truffaut c’qu’y faut ! Et puis il se mettait à chanter en duo avec Mylène Demongeot des chansons de Bernard Dimey et le « Maladie d’amour » d’Henri Salvador.

A minuit Dominique s’est réveillée en proie justement à une maladie de la jeunesse. Dans la chambre d’amis, elle venait de rêver d’un chibre d’amant surdimensionné - je n’aurais peut-être pas dû laisser traîner là le tome 4 de la Rubrique-à-Brac sur la couverture duquel Gotlib parodie Orange mécanique ! - mais il n’y avait, pour calmer ses ardeurs, que Madame Doubtfire avec une épaule démise ! Du coup elle s’est joué un solo de mandoline au lecteur d’MP3 avant de replonger dans les bras de Morphée, çui-là qui met un terme au tactile de dame Hard.

Le lendemain au petit-déj, Domi m’a raconté son démentiel cinéma de minuit. On a ri comme des folles.
Mais une fois qu’elle est partie, je les ai montées au grenier, toutes ces vieilleries. Si ça donne le démon de midi à minuit à Domi, qu’est-ce que ça va être quand je logerai Damien ici ?
Au moins, où y’a du zen, y’a pas d’plaisir ! Les copains et copines sont bien gentils mais je tiens à ce qu’on respecte mon surnom et mes choix de vie : on m’appelle Cléo Decinque, l’ascète.

Où lire Joe Krapov

Cloclo - La chambre d'amis

COCO

Dans une cage suspendue à côté de la porte, un perroquet vert et jaune n'arrêtait pas de répéter :

- Allez-vous-en ! Allez-vous-en ! Sapristi !

Il parlait un peu l'espagnol, et aussi une langue que personne ne comprenait.

Il avait horreur des visiteurs, ce pauvre Coco, qui avait trop souffert jusqu'ici des visites continuelles chez son ardente et lascive maîtresse.
C'était une procession quasi ininterrompue de beaux messieurs endimanchés, boursouflés, rougeauds et enchapeautés qui défilaient nuit et jour dans sa sordide cambuse pompeusement rebaptisée « chambre d’amis » pour la circonstance et qui ne manquaient jamais une occasion, à chacune de leur visite, de décocher à la bête un de ces lazzis dont ils avaient le secret :

- Alors, Coco, t'as bouffé ta langue aujourd'hui ? disait notre homme, en soulevant, goguenard, son joli chapeau claque.

- Sacrado matonos de mes dos..., rétorquait Coco, dans son langage bien à lui.

L'autre, ne saisissant pas l'allusion, se remettait en route tout en réajustant poliment son chapeau.

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Chri - La chambre d'amis

La chambre d’Amy

Dans la chambre d’amis, j’enlèverai tous les radiateurs.
Le plus difficile n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis chaleureux.
Autant avoir une chambre froide.

De la chambre d’amis, je supprimerai toutes les ampoules.
Le plus délicat n’étant pas d’avoir une pièce mais de lumineux amis.
Autant avoir une chambre noire.

Dans la chambre d’amis, je doublerai l’épaisseur des murs.
Le plus surprenant n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis solides.
Autant avoir une chambre forte.

De la chambre d’amis, j’ouvrirai toutes les fenêtres.
Le plus compliqué n’étant pas d’avoir une chambre pour eux mais des amis purs.
Autant avoir une chambre à air.

Dans la chambre d’amis, j’y mettrai un revolver.
Si une vie sans ami est une épreuve, il peut être utile, pour s’en extraire, d’avoir à portée de doigt la chambre d’une arme à feu…

De la chambre d’Amy, j’aurais brisé toutes les bouteilles …
Il doit être effroyable de mourir seule dans une chambre avec vue …

Où lire Chri

Rochambeau - La chambre d'amis

Avec ma femme Gemma nous avions connu ce couple en vacances à Puerto Banus dans un palace, en Andalousie. En effet par l’effet d’un surbooking, le propriétaire du 3* que nous avions choisi à l’Est de Marbella, nous avait logé sans suppléments, ainsi que 2 autres couples français dans son autre établissement, un magnifique et grand 4* luxe ! Bien sûr, nous avons vite fait la connaissance d’un couple de Parisiens et surtout des Normands, Jacques et Thérèse, avec qui nous avions vraiment sympathisé. Tellement d’ailleurs que l’année suivante, nous nous étions retrouvés au Portugal, dans un hôtel de Praïa de Rocha. Oh ces dîners autour d’une cataplana, ou de fruits de mer arrosés d’un bon vin blanc sec, ces balades sur le bateau d’un médecin portugais séjournant dans note hôtel.. Jacques et Thérèse habitaient du côté d’Honfleur où ils travaillaient dans un établissement bancaire. A maintes reprises, ils nous avaient invités à venir les voir. « Cela nous fera tellement plaisir de vous accueillir. Nous vous ferons visiter notre coin. Nous mangerons des bulots sur le port. Et Toi qui aimes les arts, me disait-il, nous te ferons écouter du Satie et nous t’amènerons découvrir dans le Musée qui porte son nom, les « Boudin ». Ne vous en faites pas, nous aurons de quoi vous loger dans notre mythique et sacrée chambre d’Amis. » Les 2 ou 3 fois où ils nous avaient parlé de notre prochain séjour possible chez eux, ils avaient toujours donné ces 2 adjectifs étonnants pour qualifier l’endroit où ils nous logeraient.

Plus d’un an passa et nous décidâmes d’aller enfin visiter la Normandie de Fécamp à Saint Malo. Bien sûr nous avions programmé dans notre périple 3 jours chez nos Amis. Avec ma femme en approchant du célèbre petit port, nous nous sommes rendus compte que finalement on savait peu de choses sur ce couple. Mais les retrouvailles furent heureuses et arrosées. Nous leur avions amené une grande boite des produits de notre coin : des pruneaux ! Ils nous firent visiter leur petite villa. Avec mon épouse, nous nous regardâmes étonnés : il n’y avait en plus du salon, de la salle à manger et du bureau qu’une chambre ! Allions-nous dormir sur le canapé du salon, chez des voisins ? Mystère…Où était cette fameuse chambre d’amis ?

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GBalland - La chambre d'amis

Ses amis lui avaient dit qu’il ne restait plus que la chambre bleue et qu’il valait peut-être mieux que… mais Eléonore avait répondu que ça lui était complètement égal et elle s’était installée, sans arrières pensées, dans la fameuse chambre.
Après un repas arrosé d’un vin délicieux, elle était montée se coucher la première. La tablée lui avait souhaité bonne nuit et Raphaël - un peintre fantasque dont elle était amoureuse - lui avait murmuré.
- Je ne te comprendrai jamais, pourquoi dormir dans cette chambre ?
Eléonore avait répondu en souriant.
- Je n’ai pas le droit de dormir dans la chambre de celle que tu as aimée ?
Raphael n’avait rien dit et il l’avait regardée partir, mélancolique.

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Tiniak - La chambre d'amis

Tussor & Cie

Arrivé dans l'après-midi...

«Ici,
c'est la chambre d'amis
avait-elle dit
(la femme de mon vieil ami),
trésor
si tu veux, tu y dores »

Et puis,
la soirée s'ensuivit :
bons vins, gaieté, salmigondis...
tandis que je faisais le mort
attendant de me mettre aux lies

Salamalecs aux matamores
(j'abhorre !
j'abhorre !)
et à leurs fades compagnies

Amplement passée la mi-nuit
tout autre convive parti
les bruits me venaient du dehors
(j'adore !
j'adore !)

Là, dans ma chambre de nervis
isolée par un corridor
dans un déshabillé tussor
mon hôtesse me rejoignit
m'assurant que « T’inquiète, il dort »

Comme attendu, je la couvris
de pied en cap de feuilles d'or
en pris quelques photographies
sur une peau d'alligator

« Veux-tu que je te gratifie,
mon désintéressé mentor ? »
À quoi je rétorquai « Nenni »
sachant les penchants carnivores
d'Émilie
et de ses appétits la pléthore d'ennuis
que sa jeunesse causait à mon vieil ami

Au réveil, en robe de chambre
en main, sa boisson de gingembre
il me sourit
« As-tu bien redoré le blason d'Émilie ? »

« Ma foi, oui. »
que j'ai dit.

Où ne pas c*** dans débat de soi...