dimanche 29 avril 2012
KLM - La chambre d'amis
Le dimanche 29 avril 2012 à 21:49 :: La chambre d'amis
PARTOUT: AILLEURS QU’ICI
Il n’habite pas loin, mais, pourtant, il l’est. Voilà quelques temps que j’avais décidé d’aller le voir, un peu comme un anthropologue, un peu comme un voisin.
J’avais commencé mes démarches pour le contacter. J’avais sonné trois ou quatre fois en rentrant chez moi. Malgré que la lumière soit allumée et que la sonnette retentisse, cela ne semblait pas efficace. L’e-mail a été plus rapide. La réponse m’est parvenue dans les 2 minutes : « vien ce soir ». Rien de plus. Payera-t-il son abonnement au caractère envoyé ?
Je prends donc mon paquetage et me rends chez lui. La sonnette est toujours aussi inefficace. Je tente le SMS. Dans l’instant, le mécanisme d’ouverture émet sont grognement mécanique : bienvenu.
Je monte, il m’ouvre. C’est vaste, lumineux et totalement décloisonné. Cette pièce sert à tout : travail, vie, repos. Tout cohabite.
Discussion de bienvenue, intéressante. Le moindre manque de culture général et wikipédia ou google viennent à la rescousse. Des amis passent par SMS pour donner de leur nouvelles, tout le monde sait ma présence via facebook. C’est donc un joyeux bazar, une discussion tissée d’autre part. J’ai l’impression d’être partout ailleurs qu’ici, et d’être en face de tout le monde et de personne à la fois.
L’apéro prend vite le ton d’un live tweet en réaction à la toute dernière et exclusive actualité. De ce canapé, j’ai vite l’impression d’assister à l’énième effondrement d’un mur, au meeting du candidat qui monte. Me voici en première ligne.
Le livreur, requis par appli, arrive avec sa pizza. Il connait déjà le code et monte comme un habitué. Il dépose les pizzas sur le palier, tout est déjà payé par Paypal. Elles finissent sur l’unique table –basse. Entre ses coups d’œil sur la pizza et sur l’écran de contrôle, j’ai à peine le temps de capter son regard Sa prothèse sonne et lui conseille de se coucher pour respecter le début de son prochain cycle de sommeil. Pour mon repos, il me désigne le canapé qu’il transforme en lit. Il ne sera pas loin, aucune cloison entre nous.
Un rapide brossage de dents et d’un doigt, il commande l’extinction de son ordinateur et des lumières.
Un temps plus tard, une faible lumière nait en suite d’une petite vibration. Il prend des nouvelles ou en envoie, c’est urgent. La même scène se déroule plusieurs fois, jusqu’à ce qu’une musique douce emplisse la pièce : c’est le levé du soldat.
Voilà, j’ai dormi chez mon voisin. Il est connecté, il a un iPhone.