Une souris mélancolique me regardait embarquer sur mon voilier.

Il y a quelques jours déjà, qu’elle grimpait sur la grande drisse et qu’elle m’observait

Elle a dû faire son nid au fond de la cale entre le millet et les tonneaux de vin.

Dans sa tête de souris pour le moment son instinct l’invite à me convaincre de la garder avec moi.

Quand elle cherche à me parler et que le hauban plie sous la tempête, elle crie des jurons.

Elle jure qu’elle jouera à la manille avec moi.

Mais son instinct la trompe peut-être !! N’aura–t-elle pas le mal de mer ? Saura–t-elle ne pas faire de trous dans mes sacs de safran ?

Je pourrai toujours compter sur le commerce des coquillages.

J’ai voyagé, navigué sur toutes les mers sans personne à qui parler.

Si bien que ma souris fut mon seul compagnon. La nuit j’entends le ressac et le vent, j’entends battre mon cœur et je voudrais le dire à quelqu’un. Je me suis laissé glisser sur le flot des eaux et je me suis ce soir là endormi.

C’est elle qui a pris les choses en main. Elle a posé les taquets, tiré le hauban et sauvé le voilier des récifs. Elle a navigué dans la tempête toute la nuit.

Tu crois me dit ma petite fille les yeux écarquillés ?

Oui j’en suis certain répondis-je

Elle pencha la tête pour réfléchir.

Papy tu me mènes en bateau ?