Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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jeudi 3 mai 2012

Blj 73 - En bateau

MON PÈRE ET LE PONANT

Drisses, haubans, safran
Je remonte le temps
La plage, le rivage
Lui, le visage souriant
Au soleil levant
Affairé à son ponant.

Drisses, haubans, safran
Ces mots, je les entends
Ecoutilles, taquets, manilles
Patiemment,
Il m'avait initiée au maniement,
Livré les secrets de son passe-temps.

Drisses, haubans, safran
Tranquillement,
Il avait pris son temps
Il m'avait appris à gréer, coincer les bouts
Border les écoutes, virer sous le vent,
Le regard, loin devant.

Drisses, haubans, safran
Aux amarres, il était autrement
Oubliés les soucis, fini l'énervement
À la barre, un homme détendu
Et moi, cheveux au vent, au harnais suspendue
Partageait son apaisement.

Drisses, haubans, safran
Un court instant,
Je voyage dans le temps
Je revois l'accastillage, mon père heureux...
Dans la grange, à présent, le taud bleu
Son bateau poussiéreux ....qui l'attend.

Tinouscka - En bateau

La dérive de la 40taine

1 Aout – 5h du matin ; comme tous les ans, Jean, femme et enfants prennent la direction de Plobannalec. C’est là que l’attend son mobil home Resort, choisi avec soin sur breizhloc.com. Au volant de son vieux baroudeur tout terrain, Jean est fier de pouvoir désormais faire partie de ces vacanciers bienheureux et comblés, qui peuvent s’offrir le luxe au grand air ; à n’en pas douter, ces quatre semaines s’annoncent idylliques, sans histoire ni surprise. Si ce n’est que cette année…, Jean a décidé de se jeter à l’eau et de s’accorder des sensations nouvelles : la 40taine souvent porteuse de réflexions qui peuvent aller jusqu’à la déferlante, ouvre aussi parfois des horizons qui donnent des ailes à qui n’a jamais osé jusque là.
C’est ainsi que depuis plusieurs mois, Jean potasse dans le plus grand secret, les moindres chapitres d’un livre quasi magique dont il ne doute pas qu’il va donner un nouveau souffle à son existence : « le rafiot pour les Nuls ».

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Mamido - En bateau

Vous mener en bateau, moi, jamais ! Je ne connais rien à la navigation… Drisse, vous dites et… hauban ? Oui, je me doute bien que ça a un rapport, mais ne me demandez pas de vous dire à quoi ça sert ni où ça se trouve sur une embarcation, je ne saurais pas vous répondre.
Et puis, j’ai le mal de mer. Et ce, avant même que le bateau ne lève les voiles et ne quitte le port… Alors !

Pour rien au monde vous ne me feriez quitter le plancher des vaches et m’éloigner du port pour m’en aller voguer sur le grand large. Même pas pour tout l’or du Pérou et encore moins pour le safran de Manille. Et d’abord, y a-t-il seulement du safran à Manille ???

Pourtant, j’adore la mer : la regarder moutonner le long des golfes clairs chers à Charles Trenet me remplit d’aise, y barboter en toute sécurité, là où il y a pied, par une chaude journée d’été, me comble de joie. Mais cela suffit à mon bonheur maritime.

Aussi, lorsque je m’approche d’un port, je me méfie car mon mari qui a le pied marin, ne manque jamais une occasion pour m’embarquer sur le premier rafiot venu. Avant même que j’ai pu protester, le voilà qui a déjà acheté des billets pour visiter l’île d’en face ou les fonds marins d’à côté.
C’est pourquoi, dans ces occasions, je me tiens toujours sur mes gardes, je suis au taquet, prête à m’enfuir à la moindre tentative de sa part et à le laisser seul prendre le large ou rester en rade avec ses deux billets.

Lira - En bateau

D'une vague hasardeuse, la mer a déposé sur le
Rivage, quelques mots
Impromptus. Je n'ai pas le pied marin, la
Sémantique encore bien moins.
Surfer sur cette liste
Est exercice difficile.
Si j'avais su, qu'un jour, un tel problème m'advint
Assurément, j'aurais vogué, j'aurais
Fendu les flots, même sur un vieux
Rafiot. J'aurais peut-être
Aimé un gars de la marine, expert en
Nœuds, sachant
Hisser les voiles, dresser le mât.
Aujourd'hui, c'est rêve saugrenu,
Utopie, j'ai passé l'âge de caresser le pompon, la
Bagatelle, d'un jeune moussaillon.
Aucune solution.
Nonobstant, je m'accroche, je m'obstine.
Tenace, je feuillette, je consulte,
Allant jusqu'à rôder du côté du vieux port
Quand se vident les quais
Un à un
Et que s'emplissent au même rythme
Tous les bistrots voisins. J'ai
Même revisité,
Au bord du désespoir, l'alpha et l'oméga de l'arche de
Noé. Hélas, pour ma gouverne,
Il naviguait sans rames ni voilure.
Le mot marin toujours abscons
La plume fatiguée, je file sur la plage
Et je vais me baigner.