Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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vendredi 11 mai 2012

Mamily - Duo d'ombres

Tous les soirs, dans le cimetière du Père Lachaise, le spectre de La Goulue erre désespérément, entre les tombeaux des personnalités célèbres qui emplissent ce jardin des ombres.

Pourquoi j'ai pas l'droit d'dormir dans c' cimetière, moi, la Goulue....l'Unique.... la Sublime!.... Y m'ont reniée!...Y m'ont foutue à Pantin!....comme une moins que rien!... Pantin c'est pas l'paradis...!et moi, j'avais droit au Paradis!...
Vous savez...j'ai pas toujours été grosse et laide.
C'est moi qu'y ai fait les beaux soirs du Moulin rouge!...avec mon talent et ma beauté!...
L'désossé.... y lé plus là pour dire c'que j'dansais bien !
Personne pouvait lever la jambe comme moi!
Et.... l'tourbillon que j'faisais avec ma jupe à volants.... fallait voir!
Même que les hommes y'd'venaient fous d'voir ma culotte, quand j'leur touchais l'bout du nez avec ma pointe du pied!
Ma place, elle est ici....où y a qu'le gratin !....
Et moi.... alors ?....y pouvaient pas m'mettre à côté des célébrités?....vu que tout Paris s'déplaçait pour m'voir!.. ...mêm'que Toulouse Lautrec, en per. son. ne, m'a couchée sur des toiles...avec ses pinceaux!.. c'est pas rien!!.. L'Prince de Galles et Auguste Renoir... c'est pas des relations d'la haute, ça?...j'vous l'demande!...
Réveillez-vous, bande de ch'napants!.....y'en a pas un qui va se s'couer?».....

Soudain, un tourbillon de vent glacé enveloppe La goulue qui se fige, toute tremblante. Un grand bruit retentit du côté d'un tombeau, dont la dalle se déplace péniblement laissant apparaître un feu follet:
« Madame Louise!! Madame Louise !!...n'ayez pas peur, je ne vous veux aucun mal!...»
-«Qui co..o.. o.. o.. se?...Y'a pas d'mame Louise ici, y'a qu'La Goulue ...»
Le vent lui souffle: «Pierre Lazareff..f.f.....Pierre Lazareff..f...f...»
-«Pierre La za reff?....ça m'caus' pas!....»
-«Pour sûr, La Goulue...j'avais seize ans quand j'ai assisté à vos obsèques et .....on n'était pas nombreux...je peux vous l'assurer....Je débutais comme journaliste et,moi .....je sais quelle grande artiste vous étiez!» La Goulue, rassurée:
-«Alors!... pouvais pas leur dire qu'y fallait m'met'ici?»...
-«J'ai toujours pensé qu'on ne vous avait pas honorée comme vous le méritiez! Mais.....ils se sont rattrapés ...depuis!...
-«:Qu'est-ce que tu 'm'chantes?....»
Votre arrière petit fils, Michel Souvain, vous a fait exhumer en grandes pompes pour vous déplacer à Montmartre votre paradis.....La presse internationale était présente.... Vous avez eu tous les honneurs de la République de Montmartre et ...du Moulin Rouge!...Je vous croyais heureuse près de ceux que vous avez aimés et qui vous ont chérie!....»
-«Comment ça.... Montmartre?....t'es un illuminé!...puisque j'te dis qu'j'suis à Pantin!!...comme une moins que rien!...»
-« Louise!!!Tu devrais arrêter de boire!....»

Ice Man - Duo d'ombres

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Il trouve refuge chez son ami d’enfance Pierre qui lui trouve un moyen de rallier New york)

Manhattan 4h,
Le vieil Ephraïm est endormi dans cette chambre encombrée de vieux livres, de cahiers et de journaux. Il fait encore chaud et le dormeur a laissé la fenêtre ouverte, les rideaux volant paisiblement avec la pâle brise de la nuit.
- Ephraïm, réveille-toi !, murmure une voix féminine
Le vieil homme qui a le sommeil léger, sursaute sur son lit et se relève pour observer la pièce, non sans prendre le temps de mettre ses lunettes.
- Qui est là ? C’est toi Marie ?
- Oui Ephraïm, c’est moi, mon amour, je suis là….
- Mais, ce n’est pas possible…Tu es morte il y a si longtemps ? Dans cet accident….Non, c’est encore un tour de mon cerveau ou bien de …
- Oui c’est Robert qui m’envoie à toi, regarde !
Et Ephraïm découvre la silhouette d’une jeune femme blonde habillée d’une longue robe blanche à l’aspect trouble. Elle s’avance vers lui et vient près du vieux lit de chêne aussi vermoulu que son propriétaire.
- Ne m’en veux pas de ne pas être venu avant te voir. Je ne pouvais pas, j’étais retenu par des forces que Robert a réussi à vaincre. Il faut que tu n’écoutes maintenant !
- Mais comment est-ce possible ? Tu es si … jeune, si belle ….
- Écoute-moi, Efi, tu attends la visite d’un jeune homme de France qui doit te rapporter la clé. Il est quelque part sur un bateau qui devrait l’amener à toi. Ce sera long mais au moins ils ne risquent pas de le trouver. Je ne reviendrai que le jour où il arrivera à Manhattan.
- Mais quand ? J’ai tant de chose à te dire ? Que s’est-il passé réellement à Paris ? Ils ne m’ont jamais dit, tu sais, …. Ephraïm sanglote et tend ses bras noueux vers la jeune femme… En vain.
- Au revoir mon amour. Tu dois continuer à vivre pour moi, pour nous….
- Attends….
Et la silhouette disparaît aussi mystérieusement qu’elle était apparu dans la chambre dont la fenêtre est maintenant fermée.