Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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lundi 14 mai 2012

Vegas sur sarthe - Danse d'une vie

Cosaque-choc

Si Pépé avait cru avoir échappé au pire en revenant de la grande guerre sur ses deux jambes, il ignorait que cent ans plus tôt en 1814 les cosaques de la garde impériale russe - non contents d'avoir fait valser Napoléon - nous avaient laissé un cadeau empoisonné, le "cosaque-choc", un truc aussi compliqué à prononcer qu'à faire mais qui semblait amuser nos charmants envahisseurs et gratteurs de mandoline.
Si Pépé avait cru épouser Mémé pour le meilleur, c'était sans compter sur cette folie qu'elle eut de vouloir à tout prix lui apprendre à danser ce qu'on appelait selon Pépé le "cosaque-choc" et selon d'autres kozachok, kazatchok ou encore Vertpeny Kozackok pour les plus vicieux.
Le principe en était sournois et peu orthodoxe pour l'époque puisque Mémé menait la danse tout en tapant des mains pour indiquer les changements de figure à l'homme qui tentait de l'imiter, en l'occurrence Pépé.

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EVP - Danse d'une vie

Aglaé-tête-en-l’air s’était réfugiée à la table la plus éloignée de la piste de danse que l’on avait installée sur la pelouse du château de Neuville. Ce cadre idyllique qu’avait choisi sa cousine Laure pour son mariage.
A cette heure tardive, une bonne moitié des invités avait déjà déserté la fête.
Les groupes restants s’étaient, au contraire, rapprochés et les rires fusaient, plus aigus à mesure que les bouteilles de champagne se vidaient.
Les guirlandes lumineuses n’éclairaient qu’à peine l’endroit où elle se trouvait. Elle pouvait ainsi dissimuler la grande tâche de vin qui gâchait irrémédiablement sa jolie robe de shantung bleu ciel. Elle cachait aussi son étole de lin blanc qui avait trempé dans la sauce verte ainsi que la bride de ses escarpins rafistolée avec une épingle à nourrice.
Aglaé était distraite, maladroite, gauche.
Toujours un peu ailleurs, les choses ne semblaient jamais être exactement à l'endroit prévu. Elle n’était pas vraiment triste, un peu agacée seulement ; Surtout à cause de ce charmant jeune homme qu’on lui avait présenté.

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Venise - Danse d'une vie

L’aiguille du phono, installée dans le verger était usagée.

Le timbre de la voix de Carlos Gardel, rauque et chaude faisait trembler les amandiers.

Saturée de l’odeur humide de mon corps, je vois soudain des poissons d’argent flotter devant mes yeux.

Et dans ma robe sans manche je me suis dressée tirée par ton invitation.

Tu as posé pour la première fois ta main au bas de mon dos.

Dehors c’est déjà le soir, ta barbe juvénile fait au visage une ombre bleue

J’ondule et tu me rattrapes à chaque fois comme si le vide pouvait à tout moment happer mes talons rubis.

Tu tends les bras pour mieux m’arracher à la chute et tu te rapproches bien trop près de moi.

Tu bascules maintenant le torse vert lavant et ta chemise blanche frissonne dans le feuillage du cerisier.

La voix de Gardel nous fait trembler tous deux, et je frémis à mon tour tout en relevant la tête

Comme on a l’air de bien se débrouiller tous les deux ce tango c’est déjà le nôtre tous les pas d’une vie sont inscrits sur cette terrasse. Rien ne cloche, mon pas dans le tien ta main pétrie la mienne à chaque fois que nous prenons le risque de nous perdre.

Je prends sous mes ongles de lunes ton odeur acre, ta voix s’attarde à mon oreille

Un souffle d’hésitation et nous voilà tous deux escamotant la dernière passe, avant que mon corsage s’entrouvre. Mais Carlos nous reprend, nous pousse encore plus loin, dans la vie.

Nous contraint de tenir dans tous ces déséquilibres que d’une main ferme tu t’imposes.

C’est à cette frontière de ce jeune tango que nous avons cimenté notre union.

Ice Man - Danse d'une vie

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York… où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. A New York, Ephraïm reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Il trouve refuge chez son ami d’enfance Pierre qui lui trouve un moyen de rallier New York. Ephraïm reçoit la visite d’un fantôme : Marie)

Ephraïm reste un moment immobile, se demandant s’il dort encore ou s’il est réveillé. Non, c’était bien Marie, amour perdu, vestige de son passé heureux, qui est venue le voir. Il avait parlé d’elle à Fontenay mais comment a-t-il pu la « contacter » ?
Ephraïm se recouche dans le lit et s’endort peu à peu avec l’image de la jeune femme en tête. Marie McDonnel était une jeune fille de bonne famille de Boston, fille d’une aristocrate française et d’un financier d’origine irlandaise ayant réussi à Wall Street. C’est par son père, justement, que Ephraïm avait fait la connaissance de Marie. Il était son employeur et Mc Donnel avait invité quelques-uns de ses meilleurs employés à une fête dans sa luxueuse villa de Boston. On y donnait justement un bal où toute la bonne société de la ville se trouvait. Ephraïm se souvient qu’il appréhendait cette soirée, n’aimant pas, au contraire des autres collègues, les soirées mondaines.
Engoncé dans un smoking neuf, il n’avait pas spécialement fière allure et commençait la soirée dans un coin de la salle, près du buffet. Et puis elle arriva, toute aussi timide que lui, ne sachant pas trop où se mettre non plus. Ce fut pourtant elle qui l’aborda en premier.
- Bonsoir. Vous travaillez pour mon père, non ?
- Euh… oui, …Ephraïm Stanislas, enchanté.
- Marie…McDonnel. Voudriez-vous danser, s’il vous plait ? Cela m’évitera des remarques de ma mère et de supporter mon cousin.
- Euh…Oui, volontiers mademoiselle.
Ephraïm et Marie partirent rejoindre la piste de danse, restant dans un coin, à l’opposé de la mère de Marie qui arborait une toilette parisienne particulièrement ouvragée. Tout le contraire de Marie qui avait une robe blanche toute simple avec une broche dorée sur le haut de son bustier. Ephraïm n’osait pas la regarder dans les yeux et cherchait surtout à ne pas marcher sur les pieds de sa cavalière. Par chance, il savait danser à peu près correctement la valse, éduqué en cela par un père passionné de musique et c’était justement une valse qui était jouée de manière très pompeuse par l’orchestre.
- Alors Ephraïm… je peux vous appeler Ephraïm ? …
- Oui…
- Alors que faites-vous dans le monde de la finance ?
- Je m’occupe de vendre et acheter des actions pour de gros clients de la banque…
- Cela me dépasse…Et ça vous plaît ?
- Euh…pas vraiment mais ça permet de gagner confortablement sa vie et de garder le contact avec les mathématiques.
- Oh … les mathématiques. Je ne vois pas vraiment à quoi cela me servirait….
- J’adore cela parce que je calcule les trajectoires des planètes, des étoiles. Tenez ce soir, j’aurais préféré observer les étoiles que d’être ici …. Enfin, je ne veux pas dire que vous m’importunez, bien au contraire, mais le ciel est si dégagé.
- C’est vrai ? Alors venez, allons dans le jardin et laissons les danser.
- Vous êtes sûre ? Mais que va penser votre mère ?
- Oh ma mère…. Je me fiche de ce que l’on pensera. Expliquez-moi tout sur ces étoiles.

Ce fut leur première rencontre mais pas la dernière. Marie écouta avec ravissement tout ce que Ephraïm raconta et ils se fréquentèrent de nombreux mois, en secret pensant même à se fiancer, après le retour de France de Marie. Mais il y eut cet accident et jamais il ne la revit, le laissant dans un insondable chagrin qui lui tire encore des larmes dans son sommeil et dans ses rêves.

Toncrate - Danse d'une vie

L a danse de ma vie fut une farandole
A la fête des Vierges ; c’était dans un village
D e Petite Camargue, nous étions sur la plage
A vec les Arlésiennes et j’étais ton idole.

N ous nous étions connus au gala de l’école
S ans le moins soupçonner de nos cœurs l’assemblage ;
E n habit de Mireille, des filles de ton âge
D’ une volte tournaient leurs jupons en corolles.

U nis par l’énergie des danseurs qui défilent
N ous nous tenions la main pour ne pas perdre fil
E t garder à la chaîne sa belle intégrité.

V oilà, ce jour de fête qui nous avait ravis
I l était bien celui de danse d’une vie
E t ta main dans ma main ne se sont plus quittées.

Quebre - Danse d'une vie

La ducasse (1)

Tout de fumées, graillons, et de voix aguicheuses,
Un pouls forain fait crue au village picard ;
Les hommes sont buveurs, et leurs femmes guincheuses
Rient au bal attenant où lui scrute, à l’écart.

Il est duveteux, corps de travers comme ébauche,
Mais ce soir, il conjure : il sera dégourdi.
Elle est là… il tremble ; elle aussi est ébauche,
Les seins gourds, éclos en perce-neige engourdi.

Rouge, il l’invite à danser sur un mauvais slow ;
Et ils dansent, sans mot dire, jusqu’au temps mauve
Où ils s’embrassent, mal, comme lapent les chiots.

Ils pataudent, leurs doigts, de se joindre, crayeux.
Le père pensif, fume, et un gars lui guimauve :
« Eut’ tiote, elle donne al fricassée ed’ musieux ! » (2)

  1. «ducasse» : dénomination pour une fête publique, en zone de parler picard
  2. «Ta petite, elle donne à la fricassée de museaux !» : « fricassée de museaux » étant une expression très imagée, peut-être très locale et au seul Vermandois, pour désigner un baiser.

Où lire Quebre

Semaine du 14 mai au 20 mai 2012

Nous avons rêvé avec les fantômes pendant une semaine. Et si nous dansions maintenant? Mais attention, pas n'importe quelle danse! Vous devrez nous transmettre toute la magie d'une danse qui a fait basculer une vie, la vôtre, celle de votre grand-mère, celle d'un personnage inventé. Jitterbug endiablé, slow langoureux, valse nostalgique, tango passionné, peu importe; nous voulons saisir pourquoi, après cet instant précis, plus rien n'a été pareil.
Vous avez jusqu'au 20 mai minuit, heure de Paris, à l'adresse habituelle, pour nous inviter à vous rejoindre sur le plancher de danse. Après, notre carnet de bal rejoindra les fantômes de Paris...