(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York… où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. A New York, Ephraïm reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Il trouve refuge chez son ami d’enfance Pierre qui lui trouve un moyen de rallier New York. Ephraïm reçoit la visite d’un fantôme : Marie)

Ephraïm reste un moment immobile, se demandant s’il dort encore ou s’il est réveillé. Non, c’était bien Marie, amour perdu, vestige de son passé heureux, qui est venue le voir. Il avait parlé d’elle à Fontenay mais comment a-t-il pu la « contacter » ?
Ephraïm se recouche dans le lit et s’endort peu à peu avec l’image de la jeune femme en tête. Marie McDonnel était une jeune fille de bonne famille de Boston, fille d’une aristocrate française et d’un financier d’origine irlandaise ayant réussi à Wall Street. C’est par son père, justement, que Ephraïm avait fait la connaissance de Marie. Il était son employeur et Mc Donnel avait invité quelques-uns de ses meilleurs employés à une fête dans sa luxueuse villa de Boston. On y donnait justement un bal où toute la bonne société de la ville se trouvait. Ephraïm se souvient qu’il appréhendait cette soirée, n’aimant pas, au contraire des autres collègues, les soirées mondaines.
Engoncé dans un smoking neuf, il n’avait pas spécialement fière allure et commençait la soirée dans un coin de la salle, près du buffet. Et puis elle arriva, toute aussi timide que lui, ne sachant pas trop où se mettre non plus. Ce fut pourtant elle qui l’aborda en premier.
- Bonsoir. Vous travaillez pour mon père, non ?
- Euh… oui, …Ephraïm Stanislas, enchanté.
- Marie…McDonnel. Voudriez-vous danser, s’il vous plait ? Cela m’évitera des remarques de ma mère et de supporter mon cousin.
- Euh…Oui, volontiers mademoiselle.
Ephraïm et Marie partirent rejoindre la piste de danse, restant dans un coin, à l’opposé de la mère de Marie qui arborait une toilette parisienne particulièrement ouvragée. Tout le contraire de Marie qui avait une robe blanche toute simple avec une broche dorée sur le haut de son bustier. Ephraïm n’osait pas la regarder dans les yeux et cherchait surtout à ne pas marcher sur les pieds de sa cavalière. Par chance, il savait danser à peu près correctement la valse, éduqué en cela par un père passionné de musique et c’était justement une valse qui était jouée de manière très pompeuse par l’orchestre.
- Alors Ephraïm… je peux vous appeler Ephraïm ? …
- Oui…
- Alors que faites-vous dans le monde de la finance ?
- Je m’occupe de vendre et acheter des actions pour de gros clients de la banque…
- Cela me dépasse…Et ça vous plaît ?
- Euh…pas vraiment mais ça permet de gagner confortablement sa vie et de garder le contact avec les mathématiques.
- Oh … les mathématiques. Je ne vois pas vraiment à quoi cela me servirait….
- J’adore cela parce que je calcule les trajectoires des planètes, des étoiles. Tenez ce soir, j’aurais préféré observer les étoiles que d’être ici …. Enfin, je ne veux pas dire que vous m’importunez, bien au contraire, mais le ciel est si dégagé.
- C’est vrai ? Alors venez, allons dans le jardin et laissons les danser.
- Vous êtes sûre ? Mais que va penser votre mère ?
- Oh ma mère…. Je me fiche de ce que l’on pensera. Expliquez-moi tout sur ces étoiles.

Ce fut leur première rencontre mais pas la dernière. Marie écouta avec ravissement tout ce que Ephraïm raconta et ils se fréquentèrent de nombreux mois, en secret pensant même à se fiancer, après le retour de France de Marie. Mais il y eut cet accident et jamais il ne la revit, le laissant dans un insondable chagrin qui lui tire encore des larmes dans son sommeil et dans ses rêves.