En vérité, elle vous paralyse. Elle vous paralyse, mais pas au point de vous empêcher d'élaborer des stratégies. Vous n'êtes pas amoureuse, et pourtant, à la « bamba », -qui précède toujours les slows-, quand les garçons et les filles s'embrassent, ce ne sont pas eux qui vous intéressent, c’est elle.

Et elle, vous ne pouvez pas l'embrasser. C’est tout simplement inconcevable.

Interdiction absolue.

Alors, l'esquive ! Chaque fois que vous entrez dans la ronde, vous allez embrasser celui qui se trouve juste à côté d'elle. Il s’en va. Vous prenez sa place. Proximité. Délices. Tremblement de peur – ou d’émoi... Son bras vous effleure, sans peser, avec infiniment de légèreté. Et vous faites de même. Mais jamais, vous n'oserez vous emparer de sa taille.

Et puis, c’est tout. Vous allez partir, parce qu'on vient vous chercher. Et vous la verrez quitter aussi la soirée, à sa manière fugace, si rapidement que vous ignorez si elle vous précède ou vous suit.

Part-elle parce qu'elle n'a plus rien à faire en cet endroit ? Ou parce que vous n’êtes plus là ? Une de ces questions –à la limite de l’informulé, tant elle vous paraît hardie- que vous vous posez pourtant, mais à laquelle, bien entendu, vous ne recevrez jamais de réponse.

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