Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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jeudi 24 mai 2012

Sebarjo - Panne d'écriture

Lettre (ou)verte

Ce matin-là, j'avais décidé d'aller dans la remise au fond du jardin pour écrire mes quelques lignes - voire pages - quotidiennes. Il faisait beau et j'y serais bien. Tout était aménagé simplement mais confortablement.

Un vieil établi me servait de bureau sur lequel j'entassais quelques feuilles vierges à lignes et à grands carreaux, ainsi que des stylos dans un pot de confiture. Au-dessus, étaient posés sur une étagère en pin, quelques tasses en alu et des petites cuillères biscornues, une boîte en fer qui jadis avait renfermé des biscuits et qui aujourd'hui cachait une réserve de sucres, un transistor GO/FM et quelques toiles d'araignées nullement chagrines.

J'avais emmené avec moi un thermos rempli de café. Je le buvais à petites gorgées, le savourant pleinement avant de me mettre à l'ouvrage.

Tout allait bien, je me sentais en pleine forme. Seulement une fois assis face à la page vierge de mots et légèrement griffonnée de dessins absurdes, je ne pus rien écrire. Aucune phrase ne sortit de mon stylo bic tout piteux. Les minutes passaient de plus en plus longues et je finis par regarder par la fenêtre et admirer le soleil qui scintillait dans le ciel bleu à travers les branches du cerisier du voisin.

C'est alors que je me mis à chantonner sur l'air d'une comptine célèbre :

Une cerise verte
Attachée à l'arbre
Je l'attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez-là dans l'huile
Trempez-là dans l'eau
Ca fera un pruneau tout chaud

Ce jour-là, je n'avais rien écrit mais ma page blanche m'avait replongé en enfance...

Où fredonner la chanson

Cacoune - Panne d'écriture

En panne de mots, mais pas de sens

En panne, je suis. Les mots me fuient.

Un peu direct.
M’arrêterais-je, ici ?
Ah non tout de même, c’est un peu court.
Reprenons don’ la plume pour se gratter le cerveau…

Au figuré :
En panne d’essence, je suis à sec. Vide est mon bec.

Encore un peu gourd, j’en conviens bien mais le mot est lourd…

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Valentyne - Panne d'écriture

Le docteur entendit soudain toquer à la porte : un bruit minuscule mais insistant. Il se leva, ouvrit la porte, personne.
Il se rassit, caressant sa barbe bien taillée, rajusta ses lunettes, perplexe, et regarda son agenda. Son patient suivant avait un drôle de nom. Mais bon, personne ne choisit son nom. A nouveau le bruit se fit entendre et ce bon docteur rouvrit la porte :
Et là, il le vit, minuscule. Par terre un stylo criait : « aidez moi cher Docteur Freud, je suis là, c’est moi, j’ai rendez vous »
Habitué à de drôles d’énergumènes, le docteur se pencha et installa le pauvre stylo sur le divan. Il devait se pencher pour mieux l’entendre.
- Qu’est ce qui vous amène cher Mr Bique, vous permettez que je vous appelle Bique ?
- Oui tout à fait c’est mon nom, pas un pseudonyme, un quelconque écran de fumée pour écrire sous anonymat, c’est mon nom et j’en suis fier.
- Venez en au fait !
- Et bien, je suis en panne !
- En panne et bien expliquez moi tout cela.
- Oui tout a commencé par mon impuissance.
- Oui l’impuissance, développez.
- Et bien oui : l’impuissance de mettre en mots toutes les idées qui me passent par la tête, je ne suis plus capable d’aligner trois mots cohérents, je bredouille, je bafouille, je fais des ratures, c’est la débandade.
- C’est la débandade, poursuivez, votre cas m’intéresse.
- Et bien figurez vous qu’avant, le lundi je frétillais à l’idée du début de la semaine : j’avais des désirs. J’allais sur le site des Impromptus Littéraires. Je voyais les mots voltiger devant mes yeux, en sarabande, Depuis quelques temps, c’est le calme plat, plus d’idées, plus de jeu de mots, de saillies pertinentes.
- Je vois votre cas est grave mais pas désespéré. Voici mon ordonnance
Vous mettre à votre table, faire le vide dans votre tête et écrire. Ecrire 500 mots tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente. Il faut soigner le mal par le mal.

Ce texte est une suite éventuelle de celui-ci

Tinouscka - Panne d'écriture

Dis, Mamy…

Corentin, 9 ans.
Un bureau, un cahier à spirales : pages blanches

Tiens, mais…, c’est le cahier de Mamy, celui dans lequel elle écrit des choses qu’elle ne veut pas qu’on lise…
C’est quoi ce truc bizarre, en haut de la page ? : « Semaine du 21 au 28 Mai : vous avez dansé, et bien écrivez maintenant !»
C’est sur, Mamy, elle danse super bien, mais comment Ils le savent, eux ?
C’est quoi ces gribouillages ? Y a même des cœurs et une araignée qui louche ; on dirait les dessins qu’on voit chez le psy de ma sœur.
Et puis, y a marqué « Tinouscka » un peu partout avec des « ! », des « ? » et des « … ».
C’est qui Tinouscka d’abord ? J’connais pas, moi !
Et c’est qui ces gens qui demandent à ma grand mère d’écrire ? Et si elle veut pas, elle, hein ?!
Et si moi j’écrivais des choses, dans le cahier à spirale de Mamy, peut être que ça lui ferait plaisir ? Peut être…peut être pas…, mais bon, j’ai trop envie.

Dis, Mamy, tu te souviens de ma première étoile à Combloux ? T’étais morte de peur au bord de la piste. Le soir, pour fêter ça, on est allé manger une crêpe banane/chocolat ; j’ai été malade toute la nuit, mais c’était bien quand même !
Dis, tu te souviens de Bénodet ? Mon premier cours de dériveur… Qu’est-ce que t’étais inquiète… En plus, j’ai dessalé et j’ai perdu une basket ; mes premières Nike ! J’avais peur que tu me grondes, mais tu étais tellement contente de me récupérer sain et sauf, qu’on a acheté plein de langoustines et on a fait la fête !
Dis, tu te souviens de toutes ces blagues que je raconte, et que tu ne comprends pas…tout de suite ? Ah…, c’est trop bien quand tu ris après tout le monde !
Dis, c’est quand qu’on retourne au Planétarium ? J’aime bien quand tu m’expliques les étoiles, même si tu te trompes parfois…
Ben oui, j’te l’ai pas dit, mais Papa m’a abonné à « Science et Vie Junior », alors forcément, j’suis plus fort que toi, maintenant !
Je t’aime Mamy… Je ne te l’ai jamais dit, mais sur une page blanche, j’peux.