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Coitus impromptus V.4.0

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mercredi 30 mai 2012

Tinouscka - Que de pieds !

D’arrache cœur

Il était en retard.
Ce n’était pas la première fois que je faisais le pied de grue dans ce restaurant.
Certes, je filais le parfait amour, mais depuis notre rencontre, je me laissais à ce point dévorer, que j’en avais quasiment perdu l’appétit.
Pour tromper mon impatience, je jetais un coup d’œil au menu, au contenu des plus affligeants… :
« Pieds panés, pieds en gelée, pied-paquets… » !
J’en avais le cœur soulevé.

A ma gauche un Commercial boursouflé faisait du pied à une Barbie siliconée et vulgaire. A ma droite, deux gogos qui semblaient vivre sur un grand pied, offraient un spectacle navrant.

Je laissais mes idées vagabonder, se poser au pied du Mont Lozère où depuis longtemps, je voulais un pied à terre, entre causses et planèzes. Sur la mer de Lune de l’Aubrac qui avait toujours été pour moi, le centre du monde, libre et apaisée, je me les imaginais en pied de violette, pour repartir du bon, et rebondir dessus…
Quitter la ville, fuir au pied levé, j’en rêvais !
De pied ferme, le quitter, tout autant.

Il m’avait tout fait ou presque.
Et moi, toujours à ses pieds, je ne les avais plus sur terre, et depuis bien longtemps.
Et quoiqu’il fasse, c’est moi qui me jetais aux siens.
J’avais trouvé chaussure…, c’était bien là tout le problème, alors, partir l’un nu et l’autre chaussé, mieux valait ne pas y penser.
J’avais beau m’en donner, des coups là où vous savez, je ne savais plus sur lequel je devais danser. Pourtant, il y avait toujours une bonne copine pour m’aider tant bien que mal, à en faire ainsi que des mains ! Mais hélas, ils ne trouvaient plus la force de les mettre dans le plat.

Le quitter… oui…, me mettre enfin sur celui de la guerre et me le faire haut : ce serait bien fait pour les siens, non ?!

Soudain, je vis arriver deux pieds nus dans des Weston, des pieds uniques qui avaient fait de moi une podophile qui s’ignore.
Je frémis… : une fois encore, il allait me la couper, l’herbe, mon colosse au pied d’argile.
« Au pied », entendis-je ! Atterrée, je baissais les yeux, et là, je vis quatre pattes, celles de Footloose, son chien.

(J’ai la peau de l’âme trop sensible ; il faudrait lui apprendre à marcher pieds nus, et s’y faire des cornes…C’est ainsi que le cœur rétrécit.
Jean Cocteau)

Miss M - Que de pieds !

Souvenirs.

Chaussés, bottés, talonnés ; en rang d'oignons ou en éventail ; grecs, égyptiens, carrés ou plats, de toutes sortes et en nombre. J'ai envie d'oublier ces encarcanés de noir et me rappeler ...
De toutes les merveilles qui me furent données de voir, je me souviens de dix petites perles roses couronnant deux petons dodus. Ils n'étaient pas seuls et le reste m'enchanta tout autant. Je pouvais enfin arrêter d'imaginer avec quoi il avait fait de son nid le théâtre d'un jeu de ping-pong, d'un ring de boxe, d'un endroit où le mieux était de s'étirer voluptueusement dans tous les sens selon le moment et l'humeur. Ce petit bout de bonheur a toujours été d'humeur chatouilleuse (dans tous les sens du terme ! ) et rien à faire, pas moyen de le caresser sans qu'il ne se transforme illico en un éclat de rire vif argent.
Sauf, sauf, sauf... les pieds ! C'était comme s'il regardait l'extase dans les yeux, et ce sourire quand j'arrêtais... Ces moments là étaient de vrais cadeaux.
L'application qu'il mettait à les attraper, les explorer et les goûter n'a eu, plus tard, d'égale que celle de retirer tout chausson, chaussette, chaussure.
Il les voulait libres à tout prix.
Le bonheur a grandi puis s'est mis à marcher, courir, grimper aux arbres, skier, danser, courir les filles... Le pas assuré et le regard aux rêves.
Aujourd'hui, il chausse du quarante trois.
Aujourd'hui, il est loin de moi.
Aujourd'hui, montrez moi une brochette de pieds et voilà !

Purdey - Que de pieds !

Pied du jour

Je suis pas très pied
Plutôt bancale
Les ongles tigrés
Pedigree Bengale

Je suis va-nu-pieds
Hippie intégrale
Le découvert me sied
J’ai même pas sandale

J’ai les pieds nickelés
Mais pas ceux de Thorgal
Mon talon d’Achille
A pour nom Bilal

J’ai le contre-pied
Félin matador
Chevillé au corps
Démarche chat loupé

J’ai l’amour casse-pieds
On m’offre des allers
Pour la mer Caspienne
Pour pas que je revienne

Je suis bête comme mes pieds
J’ai même des billets plats
Sur un site vernissé
Qui se demande ce que je foule là

Chri - Que de pieds !

Les épiés.

Deux types paisibles, enchapeautés, allongés dans les hautes herbes, posés sur un coude, chacun le leur, au bord d’une rivière claire, au débit nerveux, à l’ombre de grands arbres, une cigarette au bec, tranquilles comme deux types qui parleraient allongés sur les berges d’une rivière :

___Dis moi Robert, j’aimerais savoir : quelle est la première chose, la toute toute première chose que tu essaies d’apercevoir chez une femme ? Celle que tu cherches, que tu épies d’entrée ?
___ Heu, tu en as de ces questions, toi ! Je sais : ses doigts mon ptit père, ses doigts, je regarde tous ses doigts et j’essaie de repérer s’il y a une alliance.
___ Une alliance ?
___ Ben oui, c’est ce que je cherche à voir en premier. S’il n’y en a pas, si les doigts sont libres, je laisse tomber, s’il y en a une, en revanche, comme disait l’autre, tout devient possible!
___ T’es dingue ! Avant tout, tu ne regardes pas si elle te plait ?
___ Nan, nan, elles me plaisent toutes du moment qu’elles sont d’accord ! J’ai pas les moyens d’être exigeant moi, je ne suis pas le beau gosse qui peut choisir, moi, tu sais ! Je suis lucide et pragmatique. Je ne suis pas comme toi qui peux te permettre de choisir.
___ Tu es bête ! Et toi tu regardes quoi ? En tout premier, avant tout le reste.
Moi, je ne regarde que les pieds.
___ Les pieds ?
___ Ben oui, les pieds. De vilains pieds et l’histoire d’amour ne peut même pas débuter, elle sera impossible. De vilains pieds et c’est rédhibitoire… C’est un drame, tu sais ! Ne ris pas, s’il te plait… Imagine, je ne peux faire des rencontres que l’été, au temps béni des sandalettes, des tongs ou des gougounes. Un grand amour né en Décembre peut mourir en Mai… C’est terrible.
___ Et pourtant, quand on vit avec quelqu’un c’est l’endroit du corps qu’on voit le moins… Tu m’aurais dit le nez j’aurais compris mais les pieds. T’es bizarre comme garçon, toi.
___ Tu vois bien que tout ne m’est pas donné par la grâce, je suis affublé de ce handicap là. Je ne peux désirer une femme si ses pieds sont moches, je n’en suis pas fier, c’est juste comme ça. Et si elle a de jolis pieds, ce n’est pas gagné, il faut en plus que tout le reste me plaise.
___ Finalement je n’aimerais pas être à ta place, je ne t’envie pas.
___ Chacun sa croix, chacun sa plaie !
___C’est aussi pour ça qu’on s’entend bien tous les deux :
___Toi, tu t’occupes des mains et moi des pieds…

C’est donc des pieds et des mains des femmes que pouvaient parler deux hommes allongés au bord du courant joyeux d’une rivière parfaite.

Juste retour des choses, cohabiter avec elles nous conduisait souvent à faire des pi…

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