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Coitus impromptus V.4.0

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jeudi 31 mai 2012

Clise - Que de pieds !

Monologue intérieur

Les pieds, les pieds, écrire sur les pieds, ce n’est pas la première fois que le sujet tombe et à chaque fois je trébuche, je me dis « non » tu n’écriras rien, « non » tu ne vas t’emballer dans tes pensées, laisse tomber, même pas la peine…et évidement je cours, je plonge dans mes tourments, je me mens, à ne pas vouloir y penser, je me laisse envahir, et bien sûr je pense à lui qui se lève tous les matins du pied gauche, je l’entends raconter avec son humour noir bien décalé, ma mère elle a oublié un morceau, suis né comme ça, avec une seule jambe…la droite ! Je vous raconte même pas tous les pieds qu’il a essayé, les pieds allemands plutôt costauds et solides…. inchaussables, les pieds américains de Seattle, un modèle de ressemblance, l’esthétique parfaite ….extrêmement cassables,
Pas de pieds français en rayon….en fait le top du pied c’est la lame de carbone, le flex-foot…..mais je m’égare….trop facile de s’en référer au matériel, aux marques, le big problème c’est que mon fils il n’a qu’un seul pied et que de voir ces alignements de pieds ça me renverse, me bouleverse, ça m’énerverait presque, à croire que je ne m’y ferai jamais à cette réalité, à ce vide, à ce manque, à cette absence, à cette invraisemblance, à ce défaut de fabrique, je les entends déjà dire qu’un pied, une jambe, c’est rien, comparé à ….et encore à….pff à chacun son lot, les comparaisons sont inutiles et n’apportent rien de plus ou de moins à nos manques, à notre culpabilité irraisonnée et indestructible de maman qui se voulait parfaite.
C’est pas le pied cette consigne, mais je le prends quand même sacrément à découvrir et lire vos textes.

Où lire Clise

L'Arpenteur d'étoiles - Que de pieds !

ALBERT

(texte long, mais que du dialogue)

Lundi matin. Locaux de la PJ.

- Alors ?
- Encore une, ce matin.
- Où ?
- Dans ma boite mail ce coup là.
- Un moyen de savoir d'où ça vient ?
- On y travaille, mais sans trop d'espoir.
- Et les spécialistes photo ?
- Un peu plus d'éléments de ce côté. Pas de trucage a proprement parlé ...
- A proprement parlé ?
- Attends, attend. Non pas de trucage photo. Mais il semble que toutes ces jambes soient celles de mannequins, habilement habillés et disposés ainsi.
- De mannequins ... de défilé de mode, des top models ?
- Non, non, des mannequins qu'on voit dans les vitrines. Des en plastique ou je ne sais quoi. Mais articulés afin de pouvoir leur donner des positions plus humaines, tu vois.
- Et ça peut nous aider ?
- Oui et non. Il y a pas mal de fabricants. Un peu partout en Europe. Mais ça peut tout aussi bien être des trucs de brocantes, ou d'occase ...
- Aiguille et botte de foin, quoi.
- Genre ...Cependant il y a autre chose : sur les cinq photos qu'on a reçues jusqu'à maintenant, toutes les jambes sont croisées exactement de la même façon. Si les cadres diffèrent, comme un square, un quai de métro ou un jardin, les poses sont identiques. A ceci près, et c'est là que ça devient intéressant, le deuxième personnage n'a jamais les mêmes chaussures, ni tout à fait la même pointure.
- Ah tiens. Montre ... C'est ma foi vrai.
- Et il s'agit sans doute de pieds de femme.
- D'un mannequin femme, alors.
- Non, non. De vrais pieds ...

- Comment ça, de vrais pieds ?
- Ben oui. Des pieds coupés. Correctement d'ailleurs. Coupés puis fixés avec soin sur les jambes en plastique des figurines.
- Comment ils peuvent voir ça les autres spécialistes de mes deux. Et puis ça n'a pas de sens ton truc. D'ailleurs on a jamais trouvé de macchabés sans pieds, que je sache.
- Sur un des clichés le personnage en question porte des escarpins. D'après la scientifique, il y a aucun doute sur l'origine humaine des pieds, et celle industrielle des jambes. Ensuite c'est pas mon truc Et enfin, ce matin ...
- Quoi, ce matin ?
- Dans un container poubelle du sixième arrondissement, on a découvert un cadavre de femme avec les pieds tranchés. Net.

Mercredi. Même locaux de la PJ

- On a les quatre autres cadavres sans pied. Des femmes. Dans des quartiers différents de la ville. Du plus bourgeois au plus populaire.
- Un point commun entre elles ?
- Pour le moment pas trouvé si ce n'est la couleur brune des cheveux et leurs tailles identiques, autour d'un mètre soixante cinq. Elles avaient entre trente et quarante ans.
- Bien entendu, aucune empreinte.
- Aucune.
- A l'autopsie ?
- Ce dont on est sur, c'est qu'il n'y a pas eu agression sexuelle, ni d'ailleurs rapport récent pour aucune des victimes. A priori, pas de violence flagrante non plus. On dirait qu'elles se sont faites descendre de leur plein gré.
- Elles connaissaient le tueur, tu crois ?
- Sais pas. Elle sont toutes mortes d'une balle dans la nuque. De véritables exécutions. Ensuite ... les pieds
- Comment ?
- Scalpel et scie, mais on a nettoyé soigneusement. Les, heu ... moignons, sont nickel si je peux dire.
- Le profileur, il pense quoi ?
- Intéressant. D'abord on a remarqué que sur chaque cliché on voit au premier plan les genoux d'un mec. Pas les chaussures. Juste les genoux. Le profileur pense que c'est le tueur lui-même qui s'est en quelque sorte mis en scène.
Ah oui, attend avant d'en dire plus avec le psy : on imagine que toutes les photos ont été prises au même endroit mais avec un décor différent. La lumière est exactement pareille, l'angle aussi. De toute façon, je vois pas comment on aurait pu faire ça en pleine rue ou dans un jardin public. En plus, le fond flou des photos est aussi toujours le même. Sans doute un décor.

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Cloclo - Que de pieds !

POINTURE TRENTE-DEUX

De menus pieds agiles
courant nus sur la plage
impriment dans le sable
la forme d'un orteil
le galbe d'un talon
qu'une vague soudaine
vient lécher goulûment
comme un toutou fidèle
lécherait un enfant.

Toi en riant, joyeuse
tu lances tes défis
et la marée taquine
sans cesse te poursuit
se jouant de tes ruses
de tes voies de traverse
tes folles arabesques
et tes savants zigzags.

Aux assauts de la vague
vaillamment tu résistes
mais bien vite te plies
à ses nouvelles feintes
trop ravie que l'empreinte
même la plus parfaite
balayée par le flot
d'un seul coup disparaisse !

Moi, à te voir ainsi,
dans ta grâce enfantine
je retrouve mes joies
et mes jeux de gamine
un dessin de pieds nus
sur des rives fragiles
un oiseau dans la nue
des rêves qui défilent
ceux qui marchent par deux
qui font la vie facile

deux petits pieds mignons
deux petits pieds graciles
deux petits pieds tout ronds :

pointure trente-deux.

Où lire Cloclo

Ice Man - Que de pieds !

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. A New York, Ephraïm reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Il trouve refuge chez son ami d’enfance Pierre qui lui trouve un moyen de rallier New york. Ephraïm reçoit la visite d’un fantôme de son passé : Marie. Mais pendant ce ce temps… )

Quelque part dans la méditerranée…
Farid ouvre les yeux après une nuit encore difficile. Il entend quelques voix à peine masquées par le clapotis des vagues contre la coque du bateau. La lumière du jour peine à pénétrer dans la petite cabine. Par l’ouverture, il ne voit que des pieds qui pendent et se balancent, se croisent, se décroisent.
Peu à peu son esprit se remet en place et il identifie ces 3 paires de chaussures : Les Converse roses doivent être celles de Denise, une des deux filles du groupe. Les baskets Nike ne peuvent être que celles de José, le beau gosse gominé, toujours à taquiner les filles. Mais à qui sont ces deux tongues ?
Farid se remémore encore cette nuit où il a du faire la police dans le groupe jusqu’à tard dans la nuit. L’Abbé Guyot retenait Eric de se battre avec José, justement. Encore une embrouille au sujet de Camille dont ils ont l’air amoureux tous les deux. Et sur un si petit bateau, ce n’est pas évident d’isoler ces jeunes gens. Farid se souvient qu’ils ont mis finalement Eric dans la dernière cabine au fond. Cette nuit, ce n’est donc pas le mal de mer qui a perturbé Farid mais l’angoisse de nouveaux incidents et le manque de sommeil.

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