samedi 30 juin 2012
Le samedi 30 juin 2012 à 16:41 :: Prosopopée
Comment fais tu pour avoir autant de pouvoir
autant d'attrait ?
Tu n'es pourtant rien
que du verre rempli de liquide...
qui peut être si bon parfois
mais hélas si nocif...aussi
Alors pourquoi me nargues tu sur ton étagère
sur cette table
dans ce rayon de magasin....
Oublies moi je t'en supplie
comme j'essaye de le faire
Après tout comme dit Bénabar " tu n'es qu'une bouteille"!
Où lire Manoudanslaforet
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vendredi 29 juin 2012
Le vendredi 29 juin 2012 à 17:17 :: Prosopopée
Ça, j’en ai vu des culs ! des petits, des gros, des tendres, des durs, de toutes les couleurs... ah oui, je pourrais en faire une encyclopédie.
Il faut dire que mon mec, c’est un sacré tombeur, et que c’est en toute connaissance de cause qu’il m’avait choisi. Ferme et confortable, c’était son premier critère, et puis maniable aussi, il fallait que je réponde au doigt et à l’oeil, d’un simple clic, d’une petite clac, hop je passais d’une position à une autre !
Presque vingt ans de vie commune déjà ! Ce n’est pas rien ! Mon gars je le connais par coeur. Cadre commercial dans une grosse boite, il en jette. Salaire confortable, il aurait pu me remplacer depuis longtemps, mais non, je crois qu’il m’aimait bien.
Quand je le voyais se transformer en dandy, sortir la chemise blanche, choisir sa veste, le petit coup de parfum qui va bien, les cheveux un peu en bataille savamment travaillée, et la petite écharpe en touche finale, je savais qu’il y allait avoir du sport !
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Le vendredi 29 juin 2012 à 14:24 :: Prosopopée
MES FIDÈLES COMPAGNONS
J'ai fait leur connaissance
Il y a quatre ans ;
Dans un premier temps
Il a fallu nous ajuster, prendre confiance
Quelques coups durs, des égratignures
Et même une rupture ;
Puis, ils ont pris de l'assurance
Moi, j'ai gagné en aisance
Finalement,
Après échanges de poignées
Nous nous sommes apprivoisés
Une véritable amitié a débuté.
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Le vendredi 29 juin 2012 à 11:24 :: Prosopopée
C'est à ça que je sers
Tu me vois, là, par terre, éventré ?
Mes entrailles tout autour, disséminées sur le parquet, voisinent avec Zazie, des pelotes de laine, les poupées de Petite Agathe... Beau spectacle, il serait temps que tu y mettes de l'ordre avant que les enfants ne reviennent...
Depuis combien d'années n'avais-tu pas daigné me regarder ? Combien de fois m'as-tu déménagé comme un boulet, comme le poids écrasant du passé ? Sept fois, huit fois ? Moi je dépérissais, j'attendais fataliste le jour où prise d'un courage radical tu m'éliminerais sans même m'ouvrir, sans même trier...
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jeudi 28 juin 2012
Le jeudi 28 juin 2012 à 23:29 :: Prosopopée
Et pourtant, je l’ai tant aimé. Nous avions été présentés l’un à l’autre par hasard. Une conjonction d’évènements. Une série de coïncidences. Auparavant, j’étais à la fois paisible, sauvage et belle. Au fil de saisons parfois incertaines, j’étais devenue l’athanor d’une alchimie souvent étrange. Puis il fut là et tout changea.
Au début il était si frêle, tellement maladroit. Je lui ai offert abri et subsistance cherchant toujours à le préserver, à l'aider dans sa lente évolution. Puis peu à peu il m’a apprise. Un peu plus chaque jour. Alors ce fut une lente descente aux enfers. Il m’a utilisée et s’est servi de moi pour satisfaire ses pires désirs. Il m’a exploitée et maintenant il me détruit. Il déchire mes tissus, massacre mes toisons, creuse sans cesse plus loin dans mes blessures, bouleverse mon fragile équilibre.
Le jour n’est plus très loin de ma révolte. Il croit si bien me connaître, mais il en sait si peu sur moi. Il ne m’a jamais vraiment écoutée, jamais vraiment regardée. Alors il ignore tout de ma puissance. Au plus profond de moi le feu grandit, gronde et bientôt jaillira.
A présent c’est à toi que je m’adresse :
Toi, mon éternel amant. Toi, mon unique ennemi. Toi à qui j’ai tout donné depuis le début de notre histoire commune, je crains désormais de te haïr. J’ai trop souffert pour en supporter davantage. Tu ne peux imaginer les déchaînements dont je suis capable. Je sais que je vais t’anéantir. Tu n’entends pas mes plaintes, tu ne vois pas mes larmes. Je n’entendrai pas tes hurlements, je ne verrai pas tes terreurs.
Crois-moi mon dérisoire amour, bientôt tu ne seras plus que cendre. Et moi la Terre nourricière je saurai bien t’oublier, toi, l’Homme d’ingratitude.
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Le jeudi 28 juin 2012 à 21:29 :: Prosopopée
La belle demoiselle qui marche dans l'allée
Quand elle m’a tirée de mon anonymat, de ce rang serré dans lequel j’étais piégée, j’ai su que ce serait elle. D’autres étaient pourtant passées mais cette maudite étiquette « Taille unique » les avaient toutes rebutées.
J’ai senti sa main aérienne caresser ma peau de soie, ses yeux de pluie sourire à mes couleurs vives et primaires, ses lèvres fines déchiffrer et chuchoter les mots magiques serpentant, tel un ruisseau joli, sur la grande pivoine rouge s’étalant sur ma frimousse.
«Il est temps de changer, changer de style, changer de rythme, de prendre son temps et de vivre passionnément...»
J’ai entendu sa prière secrète lorsqu’elle est entrée dans la cabine et sa joie contenue lorsqu’elle a constaté que j’étais faite pour elle, rien que pour elle.
Et déjà je m’imaginais virevoltant sur ses hanches, la brise faisant vibrer le jardin fleuri s’étalant sur mon derme et les regards masculins se brûlant à mon éclat soyeux.
Aujourd’hui, mes rêves sont réalité et j’aime lui donner ce sentiment d’être belle et désirable lorsqu'elle marche, jambes nues, libre et fière, sous sa jupe légère.
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Le jeudi 28 juin 2012 à 21:14 :: Prosopopée
BROCANTE
Après avoir accumulé pendant des décennies livres, bibelots, et autres fariboles plus ou moins chères à mon cœur, je farfouille dans le grenier : dimanche prochain, je fais une brocante…
Je replonge dans les souvenirs avec ces quelques bijoux fantaisie offerts à ma mère, qui n’ont pas vu le jour depuis si longtemps : s’ils trouvent preneurs, ils seront de nouveau portés à la vue de tous, et je sens qu’ils m’en remercient. Car c’est un peu la faire revivre aussi…
Il y a tant et tant de choses, inanimées dans leur cocon de poussière et de toiles d’araignée, qui ne demandent qu’à donner de nouveau de la joie : les livres que je ne lirai plus, les vêtements que je ne porterai plus, les objets de ma jeunesse passée, les souvenirs qui ne servent plus qu’à encombrer ma mémoire.
Jusqu’ici, je ne pouvais pas me séparer de vous, objets du passé. Je ne vous renie pas. Mais j’ai grandi…
Objets du passé, faites le bonheur des passants !
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Le jeudi 28 juin 2012 à 17:40 :: Prosopopée
On a beaucoup glosé dans les conciles sur la possibilité que la femme ait une âme. Elle ne lui a été accordée que relativement récemment, ce qui explique sans doute pourquoi la femme a généralement l’esprit plus jeune que son seigneur et maitre.
D’aucuns diront même "futile", mais là n’est pas l’objet de notre propos, non plus que ne l'est l’âme des animaux, laquelle fluctue selon qu’on les caresse ou qu’on les déguste avec une sauce aux trois poivres et fleur de thym.
L’objet de notre propos est l’âme de l’objet.
Peut-être conviendrait-il d’ailleurs, en préambule, de distinguer "l’objet" de "la chose", comme le faisait Raymond Devos, regrettant amèrement que l’objet de ses désirs refusât obstinément de devenir sa chose.
La chose est définitivement inerte, asservie, posée sur un guéridon.
Tandis que l'objet manifeste souvent plus de dynamisme, par exemple lorsqu'il cogne les murs et traverse les pièces des maisons dont les habitants ont une puberté quelque peu effervescente. Ou encore lorsque, sous le nom d'OVNI, il affole les radars, quand il ne joue pas les "référentiels bondissants" dans les blagues typiquement EdNat.
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Le jeudi 28 juin 2012 à 11:10 :: Prosopopée
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Mais pendant ce temps sur un bateau proche de Gibraltar, Farid se retrouve poursuivi… )
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mercredi 27 juin 2012
Le mercredi 27 juin 2012 à 21:33 :: Prosopopée
Bien sûr que j’ai tant à dire, tant j’ai entendu….tous les allongés du matin, les souffrants, les torturés, ou tout simplement les introspectés du soir…J’ai absorbé leurs douleurs, contenu leurs débordements, réceptionné leurs larmes. Les monologues, questionnements ou litanies se sont répandus en flots sur moi durant toutes ces années. Et j’ai su aussi accueillir leurs silences ou leurs incapacité à dire.
Mais le plus difficile d’entre tout ce sont les confidences qui s’arrachent de la gangue de boue de leur passé, les plus terribles, les plus enfouis. Là où ils se sentent sales, je me sens parfois un peu terni tout à coup, et agressé par leur transpiration acide.
Les quiproquos d’amour, les manques primaires, les rejets, les abandons, les plaintes, les violences, les échecs, les séparations et les deuils sont mon lot quotidien. Ils tapissent la mousse de mon assise, et prennent appui sur mon socle.
Nous faisons un sacré duo avec mon partenaire : le fauteuil de la psy ! Mais lui, ne réceptionne qu’une seule aura, toujours la même. Alors que je dois faire preuve de souplesse afin de m’adapter à tous, des deux sexes, de tout âge, de toute carrure et de toute nature.
Elle me paie de temps en temps un petit lifting dans les mains habiles du tapissier afin qu’il retende mon étoffe qu’elle nomme avec humour « jungienne matinée de papa Freud ». Elle en profite alors pour redécorer aussi mon ami fauteuil afin que nous soyons bien assortis et bien en phase : accueillants, chaleureux et rassurants…thérapeutiques en quelque sorte !
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Le mercredi 27 juin 2012 à 20:53 :: Prosopopée
« Dis, t’as pas honte ? Tu te rends compte de ce que tu m’as fait, espèce de profiteur impudent, exploiteur cynique ? Après tant d’années passées sous tes fesses, ces milliers de kilomètres avalés avec une bonne volonté sans faille et une fidélité digne d’un brave chien, me voilà relégué dans ce cagibi obscur et sale, livré aux araignées répugnantes et à la rouille insidieuse dont j’ai senti trop vite les premières morsures.
Pourtant, combien t’ai-je économisé de tickets de tram en dévalant à 30 à l’heure le Cours Gambetta, trois années durant ? Et ton retour de vacances à Saint Girons, du pont sur le Lez jusqu’à la Tour Eiffel… Tu te souviens, n’est-ce pas ? Je ne compte pas les innombrables allers-retours entre Paris et votre jardin de banlieue dont tu rapportais des sacoches pleines de cerises ou de patates. Tu étais plus souvent crevé que moi, hein ?...
Tout cela ne méritait-il pas ta gratitude plutôt que ce mépris qui te déshonore ? Je vais sans doute être dépecé par des prédateurs avares qui prélèveront bientôt, qui une roue, qui le guidon ou la selle. Le cadre, squelette dénaturé, sera flanqué à la poubelle par le gardien râleur. Tu n’as plus besoin de moi, sans doute, mais tu me dois tant de services et de plaisirs que tu aurais pu me trouver une retraite gratifiante qui t’aurait laissé une émotion, un souvenir. A leur place, tu n’auras que le remords… »
Ah ! Mon vieux vélo !...C’est vrai, en t’abandonnant à la Maison des Étudiants, j’ai été d’une désinvolture coupable mais, crois-moi, tu as fait partie de ma vie au point que les moments de bonheur que j’ai connus grâce à toi resteront dans mon cœur.
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Le mercredi 27 juin 2012 à 20:49 :: Prosopopée
La pendule héritée ...
Je voyage à l'écart
De l'embuscade des saisons.
Chaque étape s'achève
Sur la raideur
De la dernière pierre.
Depuis deux hivers
Nos cadrans s'entrecroisent.
J'assigne le temps à résidence
Dans l'espace presque habitable
De ta mémoire.
Tu m'interroges.
Que sais-je de leur lumière
Et de leurs ténèbres ?
Leur histoire voudrait
Se raconter.
Mes mots se taisent.
J'ai le silence étanche
D'une forteresse.
Témoin tranquille
J' invente
Les légendes
Qui te rassurent.
Je t'observe.
Tu poses tes mains
Sur le souvenir
De leurs gestes
Et tu tournes ma clef
Avec la prudence
Et la précision
Du rite ancestral.
Le temps se sauve.
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Le mercredi 27 juin 2012 à 20:43 :: Prosopopée
Complainte de l’éponge
« Assez et encore Assez !!! »
C’est ma complainte, aujourd’hui je prends la parole pour crier ma douleur.
Oui ! Ma douleur de pauvre éponge mal traitée !
Mon seul destin, frotter, gratter, récurer, dégraisser. J’suis en miette. J’ passe mon temps dans les eaux troubles et grasses. On m’appuie sur la tête avec une force inouïe. On m’ fait valser à une vitesse vertigineuse pire qu’à Vienne. J’ai l’ tournis dans cette assiette ronde et vas-y dessus et vas-y dessous, et on recommence c’est reparti pour un tour ! Et les verres, hein, les verres, j’ vous demande un peu ; j’ suis toute tordue, pliée, poussée dans un tuyau et puis on me tourne, me retourne, on m’écrase. J’ m’exprime pas on m’exprime. Je suis chamboulée.
Puis il faut que cela mousse alors on me déverse sur la tête une espèce de shampooing qui sent le pin ou le citron et tout brille. La faïence grince tellement c’est propre.
J’ suis la multi surface, la cosette de la maison. Aujourd’hui, je sens trop mauvais. Et là !
Oh là là ! Je l’ vois arriver l’ bain ! On me plonge, enfin on me balance dans une bassine d’eau javellisée et pire encore de la javel « fleur de lavande ». Pouah ! Ça pue mais il faut désinfecter, tuer les mis et les crobes. Je sens le propre et pourtant je commence à me déliter. Quelquefois je m’ repose ; quand la machine est en route ou pendant les vacances mais j’ m’ dessèche car comme les plantes vertes qu’on oublie d’arroser.
J’ l’es entends parler souvent, y l’ veulent me jeter, j’ suis trop vieille et toute usée. J’ suis surtout écorchée de tous les cotés. J’ deviens chauve. Mes beaux cheveux verts tombent à vu d’œil. Ils ne peuv’ même pas me vend’e, ils n’en tireraient pas un bon prix !
Pourtant partout autour d’ moi, y a des caisses et des sacs de recyclage. Vieux chiffon à poussière m’a expliqué que certains objets ont une autre vie. Pourquoi on me recycle pas, Moi ?
Tiens, par exemple, je me verrais bien dans la salle de bain. Hum ! Caresser la peau d’Agathe. Elle est douce Agathe et toute parfumée. Me faufiler dans les petits recoins douillets. Me faire mousser, toute tendre et humer la vanille, la violette ou le lilas comme la brise au printemps. On m’ chanterait des chansons. On me serrerait doucement pour faire couler l’eau claire tout en me récitant des poèmes de Francis Ponge.
Il est permis de rêver…
Où lire Lilou
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Le mercredi 27 juin 2012 à 17:45 :: Prosopopée
CACHEE.
Enfin ! Enfin, j’ai trouvé l’endroit idéal pour être tranquille, pour avoir un peu la paix, pour qu’on me la fiche ! Ici, là où je suis, je suis à peu près certaine qu’ils ne viendront pas m’y chercher.
Je suis si fatiguée d’eux. J’en ai tellement soupé de leurs réflexions déplacées, j’en suis tellement gavée de leurs peurs, de leurs regards plein d’une peur parfois haineuse. Lorsque je m’approche d’eux, de leurs peaux, de leurs veines, je sens tout de leurs souffrances, je sais absolument de où ils en sont avec tout ça. Grâce à ce qu’ils me demandent de transporter pour eux. Que ce soit leurs saloperies de produits qu’ils prennent pour un ailleurs bien pire qu’ici ou que ce soit pour lutter contre les maux qui les assaillent. Je sais tout de leurs égarements de l’odeur suave de trouille qu’ils portent sur eux, en eux et dont ils s’aspergent à grandes inquiétudes.
J’en ai tellement assez de toujours représenter quelque chose de désagréable, d’intrusif, de funeste. J’en ai marre de cette mort que je côtoie jour après jour, soir après soir, année après années.
Alors, j’ai foutu le camp. J’ai tout lâché. Eux, leurs veines et leurs manques, leurs muscles, leurs artères et leurs peaux.
Je me suis glissée dans une enveloppe dont l’adresse me convenait. J’ai un peu attendu mais il me fallait choisir la bonne et ne pas me tromper. Et après quelques jours de voyage, je suis sortie de l’enveloppe et je me suis jetée de la lourde sacoche de cuir du facteur. J’y étais, j’étais dans le bon champ ! Celui du père Barnabé que la Josette avait soigné l’an passé et qui avait calanché net d’un arrêt du cœur passé son anniversaire des cent trois ans.
Elle en parlait souvent comme étant le plus riche du canton avec tous ses hectares de prés. Je me suis laissée porter par le vent jusqu’à la botte la plus centrale du Grand Champ. Une chance, ils venaient de couper l’herbe. Dans quelques jours ils rentreraient les bottes et ils les mettraient dans la grange, la plus grande des granges du plus vieux des arrière-petits-fils de Barnabé.
La grange aux aiguilles qu’ils l’appelaient. Sans doute parce qu’ils n’en trouvaient jamais, justement.
Cette fois ils auraient pu se tromper…
Où lire Chri
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Le mercredi 27 juin 2012 à 09:17 :: Prosopopée
DÉSESPOIR
- Pousse-toi ! Tu ne vois pas que tu prends toute la place.
- Et voilà, je ne dis rien mais c’est toujours sur moi que ça retombe.
- Mais arrête de pleurnicher, tu sais bien que tu es trop gros.
La dispute à peine perceptible aux humains de la maison vient du placard. Là où sont rangés tous les ustensiles propres au ménage. Enfin propres ? Il faut juste ne pas regarder le tapis brosse plein du poil du chien de la maison.
- Si tu n’arrêtes pas de geindre, je te jure que je noie ton moteur sous des litres d’eau sentence le seau toujours amoureux de sa serpillière.
- C’est vrai ça grommelle le balai mécanique entre ses dents, tu nous empêches de dormir avec tes boutons de détresse toujours allumés.
- Je n’ai plus ma place ici pleure le vieil aspirateur, tout comme ce dérisoire balai qui ne sert même plus aux sorcières et couvert de toiles d’araignées.
- Ben ouais, on appelle ça le progrès. Toi-même tu as remplacé le balai. Hein le vieux, tu le détestes l’aspirateur !
Le balai chenu n’a plus la force d’articuler trois mots. Son manche ne le soutient plus.
- On devrait demander un placard de retraite pour tous les vieux serviteurs de cette maison. C’est le chiffon rouge qui a parlé.
- Çà ne marchera pas. Elle dit toujours qu’elle n’a pas de place. Avec ses vêtements qui occupent toute une pièce.
- Ah oui, j’aimerais tant être une housse à protéger ses robes tant aimées.
- Pour moi, tu vaux toutes les robes de couturier ma belle effrangée murmure le seau plastifié d’amour à sa serpillière.
- Vous ne croyez tout de même pas qu’elle va oser le ranger avec nous ?
- Pour ça tu peux être rassuré, l’aspirateur, elle y tient trop à son nouveau joujou. Elle l’a payé les yeux de la tête affirme le mari qui ne voit pas bien l’utilité de la chose.
- Ce n’est qu’un gadget !
- Gadget peut-être mais la fille de quinze ans s’amuse à faire le ménage ce qui ravit sa mère. Quant au chien…
- Ah ah, je ne donne pas cher de la vie du fameux i-robot. Un coup de croc bien ajusté à la petite machine tournante et tu pourras recommencer à aspirer.
- Aspirer, je n’aspire qu’à aspirer expire dans un souffle de son gros tuyau, l’aspirateur démodé.
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mardi 26 juin 2012
Le mardi 26 juin 2012 à 20:57 :: Prosopopée
Je suis l’abat-jour du passé, vous n’en trouverez plus un seul comme moi dans ce pays ou ailleurs, mais elle m’aime et suspendu au plafond, j’orne le centre de la chambre à coucher. Il faut dire que, même vieux et démodé, je suis beau. Frangé de blanc, mon bel arrondi orné de grandes fleurs bleues stylisées a quelque chose d’oriental. Quand elle ouvre la fenêtre, je me balance doucement. Couchée, si elle lève les yeux, elle me contemple et, peu à peu hypnotisée, voit dans mes volutes qui s’embrouillent des mexicains assis, sous leur immense chapeau, en un complot dont elle invente les noirceurs !
Quelquefois elle me décroche et me plonge dans la baignoire. Je sèche très vite. Mais je m’use à chaque lavage; La dernière fois, j’ai perdu un lambeau du voile qui protégeait mon ampoule. Elle a simplement enlevé toute la doublure et m’a rependu, aussi frais qu’au premier jour.
J’ai été de tous les déménagements (et Dieu sait si elle a la bougeote !) ; j’ai vu disparaître des armoires, des miroirs, remplacés ou non. Moi, je demeure. Je me suis attaché à elle, à ses manies, à ses bouquins, à son chat. Je vois tout de haut, je sais si elle est triste et si elle reçoit des amis dans la pièce voisine, je sais si elle est gaie.
Elle pense que j’ai une âme. Et (je vous le dis en confidence); je crois qu’elle en a une aussi...
Où lire Lorraine
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Le mardi 26 juin 2012 à 14:15 :: Prosopopée
Tout d’abord, laissez moi me présenter : Je suis un banc !
Je vous entends déjà : un banc qui parle cela n’existe pas.
Mais laissez moi plutôt vous raconter mon histoire :
Je suis né des mains d’un sculpteur d’acier à Dinan.
Je vous vois faire la moue, sceptiques. Pourtant quand vous étiez petits, je suis sûr que vous avez écouté l’histoire de Pinocchio et de son sculpteur Gepetto et que vous n’aviez alors aucune objection à ce qu’un barreau de chaise devienne un pantin !
Laissez moi donc vous raconter mon histoire :
Mon géniteur (est ce le bon mot d’ailleurs pour un sculpteur ?) m’a façonné dans de l’acier : je suis donc très solide et inspire immédiatement confiance.
Un brin austère malgré mes quatre pieds très élégants, j’étais tout gris à la naissance. Personne ne s’arrêtant devant son atelier, il a eu l’idée de me peindre : je suis donc maintenant un banc en acier avec des nuages blancs sur fond bleu. Mon père adoptif, pour le citer, me trouve « un petit air de Magritte avec une touche de Monet » en bref je suis impressionniste sur la forme avec un soupçon de surréalisme sur le fond, à moins que ce ne soit l’inverse.
Ne me cherchez pas sur Internet je suis une pièce unique et mon Créateur (n’ayons pas peur des mots) n’a pas envie de créer son site. Sa petite fille lui a proposé de le faire mais il reste ancienne école : « pas besoin d’internet, j’ai une martingale : les habitants et les touristes de Dinan voient l’atelier, entrent, discutent et repartent avec une babiole sur laquelle ils ont flashé, ou juste après avoir échangé quelques mots. Avec Internet on ne voit pas ce que l’on achète, ni si la statue n’est pas trop grande ou trop petite ».
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lundi 25 juin 2012
Le lundi 25 juin 2012 à 22:05 :: Prosopopée
J’ai recueilli tes larmes
Les ai bues jusqu’à la lie
J’ai épongé la sueur
De tes folles nuits
J’ai respiré ton parfum
L’ai diffusé sans fin
Et recueilli jour et nuit
Ta tête alourdie.
J’ai laissé tes cheveux d’or
Me chatouiller le nez
Le poids de ton corps
Jusqu’à m’en étouffer
Je t’ai laissé me broyer entre tes mains
Eparpiller mes plumes aux quatre coins
Me dégonfler, me malmener
Pour une bataille d’oreillers.
Mais ce soir mon amour
Je tire ma révérence
Lorsque ta tête repose sur son torse
La caresse soyeuse de ta joue sur moi
N’es plus qu’un douloureux souvenir
C’est lui désormais
Le confident de tes émois.
Où lire Lily
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Le lundi 25 juin 2012 à 22:01 :: Prosopopée
Tire-fesses :
Du matin au soir
Voici mon histoire :
Je tire les fesses
Petites, grandes, épaisses,
Je fais mon boulot
En les menant là-haut
Où sans dire au revoir
Elles lâchent leur perchoir,
Léger je descends
En les regardant
Certaines sont crispées
Restent toujours serrées
Sûrement vont tomber
En tentant de tourner
D’autres plus zélées
Glissent avec aisance
Godillent en cadence
Arrivées en bas
Elles n’hésitent pas
Reviennent me chercher
Pour les remonter,
Du matin au soir
C’est la même histoire
Jamais ne me stresse
Je tire les fesses !
Où lire ABC
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Le lundi 25 juin 2012 à 18:20 :: Prosopopée
Les pieds
Mes verres vont à pied,
fragiles, dans un souffle
je leur mets mes pantoufles
Ma table a quatre pieds
en bois vernis, ils brillent
droits dans mes espadrilles
Ma vigne a deux cent pieds
elle fait des fagots
au fond de mes sabots
Mon lit, cinq à sept pieds,
il ne faut pas qu’il rompe
quand je lui mets mes pompes
Mes vers ont douze pieds
et des orteils qui riment
avec mes ballerines
A force d’habiller
tous les pieds du logis
je n’ai plus de souliers
Alors je vais nu-pieds
et pour moi il s’agit
de ne pas m’estropier
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Le lundi 25 juin 2012 à 17:33 :: Prosopopée
Seigneur ayez pitié !!
Faites que cette folle s’arrête, qu’elle m’oublie au fond de son sac, qu’elle me perde même !
Je suis chose respectable et mon usage est normalement de bon aloi.
Noter au jour le jour rendez-vous, adresses, numéro de téléphone…Pour ma part j’accomplis rigoureusement mon travail : J’indique le jour, les heures, le saint du jour et même l’état de la lune. A la fin de mes pages, un répertoire complet de A à Z, quelques cartes géographiques fort utiles.
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Le lundi 25 juin 2012 à 16:16 :: Prosopopée
Un irrésistible patchwork d’objets surgissait dans mon
esprit.*
-Quai de gare, chuintement de la vapeur, odeur de la
chaudière, cambouis, poussière,
Conducteur à
l’impossible moustache.
Puissant coup de sifflet de la locomotive, et le silence
mélancolique qui s’en suivait.*
D’accord, d’accord je reconnais que ce sentimentalisme
m’empêche de vivre pleinement avec mon temps.
Le terme de chemin de fer ne déchaine plus les esprits ni les
passions !!! J’en conviens.
Les curieux soupirs de la locomotive à vapeur et la montre à
gousset du conducteur moustachu sont gravés en moi à tout
jamais.
L’automobile, le camion, l’autocar sont tous des cousins
rabougris de la locomotive quand j’y pense. Elle était si
parfaite avec sa suite cliquetante.
J’ai attaché la fermeture éclair de ma valise pour tout
refaire à zéro. Il me restait vingt minutes avant que le train
ne débouche dans la vallée. J’attendais pour la énième fois
le cheval de fer. Et son curieux grondement s’est emparé
de toutes les synapses de mon cortex sensitif. Au fur et à
mesure que le bruit s’amplifiait je dissociais les vibrations
profondes presque imperceptibles du sol.
Le cliquetis des roues contre les soudures du rail.
-le ronronnement des turbines du moteur diesel.
-l’irrégularité du clic Tam Tam des attelages.
_le frémissement métallique des deux cymbales frottées très
vite l’une contre l’autre.
Et là j’ai aperçu l’œil brulant de la locomotive qui émergeait
de la brume.
Elle s’avançait comme un animal enragé qui ne voyait
plus, mais elle n’avait ni écume aux lèvres et ne provoquait
point la terreur générale.
Ce monde, mon monde a disparu écrasé par les nouvelles
technologies. Comment ce mastodonte d’acier aux
mécanismes huilés et odorants pouvait-il disparaitre ?
Je voudrais le condamner aux galops éternels.
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Le lundi 25 juin 2012 à 10:08 :: Prosopopée
LE PEIGNOIR
Elle s'est levée de bonne heure et de bonne humeur. Elle a juste enfilé un jean et un tee-shirt. La machine à café ronronne dans le silence de la maison encore endormie. Au miroir de la salle de bain elle a contemplé avec satisfaction les racines argentées qui lui donnent maintenant un air étrange. Les mèches blanches s'enfoncent mystérieusement dans la tignasse brune. Elle n'est pas encore tout à fait certaine de supporter la progression trop lente du blanc qui commence à lui donner l'allure négligée d'une ménagère épuisée. Elle rêve d'une mousseuse chevelure d'un blanc éclatant. Incongru ? Pieds nus sur le carrelage de la cuisine. Elle repense à la soirée d'hier. Une soiré toute légère sur une place de village, comme elle n'en avait pas vécue depuis longtemps. La mairie pavoisée; une scène illuminée; les longues tablées nappées de blanc; des standards pop et jazzy; une piste de danse sur le calcaire; les cuivres, les accords de basse, les trois petites chanteuses qui trémoussaient leur vingt ans et se donnaient comme des pro sous les feux de la rampe; le rosé frais et les anguilles persillées. La tête dans les étoiles; les pétards; le feu d'artifice. La chaleur des bras de son amoureux.
Assise dans le vieux fauteuil de bois sous la véranda elle contemple le jardin. L'explosion de la lavande au bout de l'allée, juste devant les grappes lourdes du bignonia; le noyer et les chardons; les herbes folles, les graminées, les lavatères qui émergent entre les cosmos et les capucines.
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Le lundi 25 juin 2012 à 07:43 :: Prosopopée
Sermon de saint au vent qui sème,
Je me souviens fête, opportune
Des psalmodies de sémantèmes,
Avant que je compte pour prune.
Après que passent deux cents lunes
Dans le tiroir aux anathèmes,
Tu me vêts pour bonne fortune,
Sermon de saint au vent qui sème.
Je t’aurais souhaité abstème
Lors de tes nuits de bière brune ;
Tu restas bon gars, tout de même :
Je me souviens fête opportune.
Je fus mordue, un soir, par une
Qui te susurra un « je t’aime »
Emu, puis cria à la lune
Des psalmodies de sémantèmes ;
Dix ans plus tard, c’est autre thème,
Petite main qui m’importune,
Me poigne et me croit apothème,
Avant que je compte pour prune.
Sur ta poitrine, où l’infortune
De l’âge grise tes vieux thèmes,
Je tangue et comble ta lacune :
Je suis médaille de baptême,
Sermon de saint.
Où lire Quebre
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Le lundi 25 juin 2012 à 07:00 :: Prosopopée
Coquillages et plumeau
Objets inanimés, avez-vous donc une âme?
Est-ce à moi que tu parles, ignoble bonne-femme
Crois-tu que ton plumeau, tes torchons à poussière
t'autorisent à jouer les conférencières?
Depuis des décennies le cul dans la vitrine
tu m'auras ignoré, moi et ces figurines
souvenirs de voyage, phobies de collection
tu nous a relégués, collés en rang d'oignons
Toi pour qui la Martine(*) n'est rien que ta concierge
et pas plus dégourdie qu'une tête d'asperge
tu oses nous parler d'âme et de poésie?
Boîtes à meuh, coquillages ou colliers fantaisie
dans un vide-grenier nous serons réformés
en priant qu'un sauveur sache enfin nous aimer
(*) Martine C. Immeuble Graziella, 1820 rue du Lac, Mâcon, 71000
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Le lundi 25 juin 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Voilà le thème que nous propose Jarez :
« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?.. » demande Alphonse de Lamartine dans son poème : « Milly ou la Terre Natale ».
Et si nous répondions à la question en pénétrant l’âme de ces objets prétendument inanimés ?
Quels sentiments exprimeraient-ils à notre égard alors que nous les avons choisis, entretenus, aimés, ou, au contraire, que nous les avons acquis par routine, puis exploités, perdus, jetés, oubliés avec indifférence ou hostilité ?
Ou bien, en restant dans notre réalité humaine, si nous exprimions notre affectivité et ses raisons, de la passion à la répulsion, suscitées par les objets dont l’âme nous paraît familière ?
Le sondage des âmes et leur(s) message(s) peuvent être rapportés – en prose ou en vers – en les envoyant à l’adresse habituelle jusqu’au dimanche 1er juillet à minuit (heure de Paris)
Bonne semaine
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dimanche 24 juin 2012
Le dimanche 24 juin 2012 à 20:54 :: Allo
Pouloupoulou… Pouloupoulou… Poul…
- « Allo… » Pas de réponse… Je suis sur le point de raccrocher quand une voix féminine lointaine, au fort accent asiatique, entreprend de réciter son texte : « Monsieur ..a..in ? » J’extrapole les consonnes manquantes : « Oui, c’est moi… »
- Bonjou’ Monsieur. Je vous…attèle…de la part…de la fausse piété…« Omission Model’ ». Avez-vous perçu…notre…croupier ?
- Je ne vous entends pas bien. La liaison est très mauvaise. Parlez plus fort, s’il vous plaît.
L’interlocutrice tente l’effort demandé pendant trois secondes. Je perçois, mais interpréter des traîtres-mots est périlleux.
- Avez-vous…des difficilités…d’addition, Monsieur ?
- Non, j’ai appris ça il y a longtemps et je sais encore faire. Et puis, j’ai une calculatrice…
- Ah ! Préviens, préviens… Mais je ne…vous pèle pas poussah. Nous vous proposons…des vestes pour terrifier…votre chaine à loustic. Si vous…le fouettez, un idiot-prosélyte…tiendra pouvoir chez vous, grapillement. Voulez-vous…contenir…d’une patte ?
- Je ne vous entends plus du tout. Ce téléphone est vraiment mauvais. Merci de votre appel. Je regrette. Au revoir, Madame.
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Le dimanche 24 juin 2012 à 07:48 :: Allo
LIAISON ROMPUE
"Allo ..Allo, maman?"
"... ... ...."
"Allo maman?"
"... ... ..."
"Allo maman, c'est moi, Léa..."
"....ah! ...C'est toi!...."
".. Je t'appelais pour prendre de tes nouvelles..."
"... ... ..."
"... Comment vas-tu?..."
"... ... ... ... ...."
"... .... ...."
"... .... ...."
"... .... ....Au revoir, maman!..."
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samedi 23 juin 2012
Le samedi 23 juin 2012 à 10:31 :: Allo
Allo ! bébé ... ici maman
………………………
Accroches toi ... petit’bou
Je t’aime déjà
……………………
N’aies pas peur, ta vie sera belle
……………………
J’ai tellement envie de toi
Fais- moi confiance ...
………………….
Allo ! bébé ...
………………….
T’en vas pas comme ça
…………………
Je t’attends.
Où lire Clise
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vendredi 22 juin 2012
Le vendredi 22 juin 2012 à 17:13 :: Allo
Allo ?
Allo, Chantal ? C’est moi Dominique. Je viens d’apprendre la terrible nouvelle
Madame… - Adèle voulait interrompre le flot de mots, en vain.
Si je l’avais su plus tôt, je serai venue à l’enterrement… Oh ! Ma pauvre…
Madame….- Adèle élève le ton
Ce doit être bien difficile pour toi… Il tenait une si grande place…
Madame… - Un peu plus fort
C’est vrai qu’il fallait s’y attendre… Lorsqu’il était hospitalisé, les médecins avaient réservé leur diagnostic…
Madame…. – Un peu plus haut.
Je voudrais venir près de toi. Quand cela t’arrange-t-il ?
Madame, vous ne vous adressez pas à la bonne personne – Les mots d’Adèle jaillissent dans la trouée.
Comment ?... Comment ?... – s’exclame l’interlocutrice, toute surprise
Vous ne vous adressez pas à la bonne personne.
Mais c’est bien le numéro XXXXXX ?
Oui, mais je ne suis pas la personne que vous recherchez.
Mais… Pourtant dans le bottin téléphonique, il est bien écrit AAAA B. ?
Oui, mais je ne suis pas la personne à qui vous voulez parler.
Ah ! Vous connaissez peut-être cette personne… Vous n’auriez pas son numéro ?
Non ! – répond Adèle, une pointe d’agacement dans la voix.
Vous en êtes sûre ?... – insiste l’interlocutrice.
Je ne connais pas le numéro. – La voix d’Adèle se fâche.
Ah !.. Bon… Alors, je vais chercher encore… Excusez-moi…
Adèle dépose le combiné. Stupéfaite. Elle venait d’apprendre le décès de son père….
Son interlocutrice l’avait confondue avec sa belle-mère, avec qui elle ne s’entendait pas du tout.
Allo, Maman ?
Bonjour, ma fille…
Je crois que mon père est décédé - dit-elle d’une voix tremblante, ne pouvant croire que cela soit.
Ah !.... – répondit la mère, le souffle surpris.
Oui… - acquiesce Adèle, comme un écho aux pensées de sa mère.
Tombe un silence dans lequel se bousculent une multitude de non-dits…
Où lire Cillame
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Le vendredi 22 juin 2012 à 09:21 :: Allo
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Mais pendant ce temps sur un bateau proche de Gibraltar…)
Soudain, un appel sur la radio de bord coupe la conversation des deux hommes :
- Incubus à Bonaventure, Incubus à Bonaventure, nous voudrions parler à Farid El Guerrouj
Farid et Daniel se ruent dans la cabine pour saisir le micro de la radio.
- Bonaventure à Incubus, ici le père Daniel. Nous n’avons pas de Farid El je sais pas quoi à bord.
Une voix caverneuse et monocorde répond :
- Bonjour Père Daniel. Passez donc le micro à la personne qui est juste à côté de vous.
Farid passe la tête au dehors et regarde si un navire est suffisamment proche pour les voir. « Ils bluffent », glisse-t-il à l’oreille du curé.
- Incubus, je vous répète que nous n’avons personne d’autres que des adolescents à bord. Qui êtes-vous ?
- Vous le saurez bien assez tôt quand nous viendrons chercher ce que vous détenez. J’espère que le vent soufflera assez fort dans vos voiles pour vous faire atteindre Gibraltar ce soir….
- Nous vous accueillerons avec plaisir en bons chrétiens à notre bord.
- Je crains que votre dieu ne vous soit d’aucune utilité ! A bientôt Farid !
Où lire le roman feuilleton complet
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jeudi 21 juin 2012
Le jeudi 21 juin 2012 à 20:57 :: Allo
Allo
Vas y réponds c'est ta mère !
Allo??
............................................................................................................
Salut...
............................................................................................................
Oui....
............................................................................................................
Bof....
............................................................................................................
Ah oui ! Bien
............................................................................................................
Oui...
............................................................................................................
Ouais je sais pas....
............................................................................................................
Moi aussi salut....
Alors elle va bien..?
Oui ça va ....
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Le jeudi 21 juin 2012 à 17:47 :: Allo
-Allo ?
-Oui …
-Hélène ?
-Oui, c’est moi
-Dis-moi, tu as eu mon message ?
-Euh…vous êtes qui, s’il vous plait ?
-Ben...c’est moi !
-Mais…c’est qui moi ?
- Bon ça va comme ça Hélène, arrête, j’ai très peu de temps !
-…
-Hélène ?
-Ah oui, ça y est : c’est Jean-Pierre ?
-…
-Euh non…c’est Philippe !
-Stop maintenant, c’est pas drôle à la fin !!!
-Désolée, mais je ne vous reconnais pas… Vraiment pas…Qui êtes-vous ?
-…
-Allo ?
-Ok, ça va comme ça… Va au diable !
Tut…tut…tut…tut…
Ceci est une histoire vraie, dont je me serais bien passée… Elle m’a hantée pendant des jours…
Mon interlocuteur appelait une dénommée Hélène, et donc, s’il ne s’était pas trompé de prénom, il s’était trompé de numéro… !
Traumatisée à l’idée d’être à l’origine bien involontaire, d’un malentendu, d’une dispute ou pire d’une rupture, j’ai trouvé opportun (…) de rappeler Monsieur B., le lendemain (identifié grâce à la présentation du numéro).
Une femme a décroché (Madame B.?) : atterrée, paniquée, j’ai raccroché…, après avoir bafouillé que « c’était une erreur »…
Face à un tel désastre, je crois bien que je ne me suis jamais sentie aussi pitoyable de ma vie…
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Le jeudi 21 juin 2012 à 17:15 :: Allo
Allo !
Un terrien écologiste parle aux ummistes.
- Allo! Je suis bien chez les ummistes ?.....
- Tchi..... tchi ?...Iumma....
- Allo! je téléphone depuis la Terre......
- crash...crish....crush...pschi...i....i.....Iumma.....
- A...A...A...Allo !.......
Un instant ..... Nous décodons votre appel ......
.... Vous êtes en communication avec la planète Ummo.
Parlez ! .....
- Je vous appelle ..... au secours .... pour la Terre .... qui est en danger.....
La vie devient impossible !....
Au nom de tous les terriens, je demande asile sur votre planète !
- Allo .....terriens ......
Présomptueux vous êtes !!.....
Connaissez-vous bien les ummistes pour oser faire une telle demande ?...
Il n'est pas question de venir en aide à des personnes de votre espèce !
- Etes-vous insensibles à notre désarroi ?.....
- Etes-vous si naïfs ?....
Nous sommes au courant de vos agissements
Nous vous observons, jour après jour, par le petit bout de notre lorgnette !
Nous avons atterri sur votre planète avec des soucoupes volantes pour étudier l'état de votre atmosphère.
Les résultats ne plaident pas en votre faveur !
Nous refusons votre présence qui polluerait notre espace !
- Mais ...... où allons-nous nous réfugier ?....
- Essayez d'autres planètes mais nous doutons fort qu'elles vous acceptent !...
- Mars ?....
Vénus ?.....
Jupiter ?.....
- Débrouillez vous !...
Vous êtes seuls responsables de votre dégradation !...
Notre décision est irrévocable.
Vous êtes prié de ne plus téléphoner !...
Clic !
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Le jeudi 21 juin 2012 à 10:51 :: Allo
De Tintin à Lebrac :
- T ou ?
De Lebrac à Tintin
- jarive ! é lé z’otre ?
De Tintin à Lebrac
- en retar : colé par le maitre ;-( t’es prè ?
De Lebrac à Tintin
- oui : tu prévi1 qd les otres son prè
De Tintin à Lebrac
- Ca y es ! on è au poil : on è 10 + Tigib’
De Lebrac à tous
- on lé atak par derièr, on lé assome, on leur pren leur fring, leur grol et on rentr à L[1]
De GrandGib à tous
- fésé gaff les keum, son armé les V[2]
De Lebrac à Grand Gib’
- kel zarm ?
de GrandGib à Tous
- D baton, D pièr
De Tigib à Tous
- A lé couil mol !
De Lebrac à Grand Gib’
- on y va ? on se tir ?
De Grand Gib à Lebrac
- on y va , on a not trésor : et la mari nou atten
De Lebrac à tous
1
De Lebrac à tous
2
De Tigib à Tous
On y va a 3 ou a Go ?
De Lebrac à tous
Faich Tigibus, on y va à GO, com dab,
De Lebrac à tous
3
De Lebrac à tous
Go
De Tigib à Tous
J’orai su , j’orai pa venu
Pour des raisons bien compréhensibles, le dialogue s’arrête là.
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mercredi 20 juin 2012
Le mercredi 20 juin 2012 à 21:28 :: Allo
illustration d'une conversation impromptue entre deux administrateurs du site :o)
- Allo, chère cousine !
- Hello, mon cousin ! Alors, d’où m’appelles-tu ce coup ci ?
- Je suis en route depuis un petit moment, mais j’en ai bien encore pour quelques heures avant d’arriver en Alsace. Après demain, je dois rencontrer un client dans le Nord, et puis ensuite je suis attendu à Paris pour deux jours de réunion….
- Encore une semaine de fou à ce que je vois ! Tu crois que tu auras le temps d’écrire pour le thème, cette semaine ?
- Je viens déjà d’avoir une petite idée en roulant, il me reste à la mettre en forme ce soir à l’hôtel.
- Comme d’hab quoi ! Je me demande parfois si c’est pas ton GPS qui écrit tes textes à ta place !
- Non, mais c’est lui qui tient le volant pendant que je tape sur l’ordi.
- Ah ben c’est malin ça !
- Et toi, tu n’as encore rien publié !
- Non, mais tu le sais bien, on en a déjà discuté, je suis en mal d’inspiration depuis plusieurs mois. Et puis les dialogues c’est pas mon fort. L’humour non plus, d’ailleurs. J’avais bien pensé à transcrire un coup de fil professionnel, mais le genre « je vais mal, j’ai peur de me foutre en l’air » cela risque de plomber l’ambiance tu ne crois pas ?
- Pourtant tu en as de la matière depuis toutes ces années que tu me racontes toutes ces tranches de vie.
- Bah, ce sera pour plus tard, durant ma retraite. Enfin, pas sûr que je puisse vraiment disposer d’une retraite avec le parcours atypique que j’ai eu et le petit nombre d’années validées. Je serais peut-être une très vielle psychothérapeute. Le genre, aux cheveux blancs, dans son fauteuil en osier…Dis, tu crois que tu me téléphoneras encore des 4 coins de l’Hexagone à ce moment là ?
- Qui sait, qui sait !
- Par contre, c’est bête, mais tu m’as juste appelée 10 minutes avant un rendez-vous téléphonique avec une cliente, alors je vais devoir te laisser. Bisous…
- Ciao, j’essaierais de te rappeler vendredi, en rentrant !
- D’acc, à plus ! J’espère qu’on aura le temps de causer plus longtemps….
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mardi 19 juin 2012
Le mardi 19 juin 2012 à 23:06 :: Allo
La secrétaire frappa à la porte du bureau du DRH. Il ne décrochait pas son téléphone. Elle devait l’informer que son épouse cherchait absolument à le joindre. Inquiète, elle tourna fébrilement la poignée et …
Le baladeur dans la poche de sa chemise, les écouteurs calés sur les oreilles, les pieds posés sur son bureau, Monsieur DRH se délectait d’une musique, une sorte de variante d’une symphonie de Mozart qui montait crescendo sur fond de reggae.
Elle pénétra dans la pièce, avisa le téléphone portable qui clignotait de tous ses boutons. D’un geste rageur, elle zappa sur toutes les touches à la fois.
Aussitôt le « allo » intempestif de Madame DRH résonna :
- Gaston ? Tu es encore là ? blabla blabla … Tu m’écoutes Eh tu es encore là ?
- Hum, hum ! Ouiche… ch… s’obligea à répondre Monsieur DRH.
- Bon alors, Je sais que tu es très occupé mais je te disais donc que, j’avais invité les Bliton pour le week-end prochain à la Renardière…Blabla …blabla
- Tu m’entends toujours, il me semble entendre de la musique…
- Heu ! heu ! Nonche … bredouilla le pauvre DRH surbooké et las
- Nous pourrons organiser une partie de …bla bla bla..
- Mais tu m’écoutes, tu me sembles bien loin !
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Le mardi 19 juin 2012 à 19:00 :: Allo
Sursis
— Allô ? le Ciel ? vous m’entendez ?
— . . .
— Halo ?
— Oui, ici le Ciel, je vous écoute
— Je suis au bout du fil
— J’entends bien
— Non, je veux dire, je suis au bout du fil de ma vie
— Un instant, ne coupez pas s’il vous plaît
— . . .
Tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut…
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Le mardi 19 juin 2012 à 18:44 :: Allo
Allo
- Mon choupinou, il faut vraiment que tu lui dises, ça ne peut pas durer comme ça.
- Oui, mon cœur de toute façon, il faut bien que le fasse.
- Oui, écoute, je te laisse, je vais faire des courses, prends le temps de lui expliquer…Et puis soit délicat surtout…La pauvre…Allez à tout à l’heure mon chouchou.
« …Vous êtes sur le répondeur de Marc et Mélanie, merci de nous laisser votre message après le bip »…
- Allo, c’est moi. C’est juste pour te dire que je te quitte, J’en ai marre de te voir toujours faire la gueule, de tes plats insipides et de mes chemises mal repassées.
Je ne supporte plus tes réflexions lorsque je rentre tard le soir ou que je vais voir mes copains. Quand je vois la tête de virago de ta mère, je pense que cela n’augure rien de bon, alors autant se quitter avant que tu ne sois pareille.
Pour info, j’ai mis en vente mon appartement. Il y a 2 personnes très intéressées alors il faut que tu te trouves rapidement un autre logement car je te le rappelle, je suis l’unique propriétaire et que dans 3 semaines, si tu n’as pas déguerpi, je fais changer les serrures.
Comme tu pourras le constater, j’ai emporté mes affaires personnelles. Ce sera toujours ça de moins à déménager.
Il faut que tu saches aussi que les problèmes d’infertilité viennent bien de toi. Je pars vivre avec Stéphanie et nous attendons des jumeaux. Nous sommes très amoureux et sommes aux anges. La vie est belle.
Au fait, n’oublie pas de modifier le répondeur. Tu peux supprimer mon prénom.
Je t’embrasse, bonne continuation et n’essaie pas de me téléphoner, j’ai changé de portable.
…Bip… Bip…
Ben voilà c’est fait ! Finalement, ce n’était pas si dur de le faire avec tact !
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Le mardi 19 juin 2012 à 16:45 :: Allo
Point-Contrepoint
« Je n’en ai pas pour longtemps »
La voiture est serrée sous l’ombre d’un pommier. La femme se dirige vers la cabine des Télécom plantée à l’angle du pont de Sauliac . La porte de verre résiste et grince de tous les gravillons coincés sous sa tranche. La pièce insérée, les numéros tapés sur le cadran, qui chantent leur motif musical simplet, les cristaux liquides à demi effacés par un rayon de soleil. Sonnerie d’appel. Dehors, un vent léger disperse des éclats lumineux dans le feuillage des peupliers remués. Dedans, c’est étouffant, on se sent confire comme une poire tapée.
- Allo ? » voix lointaine, un peu inquiète.
- Allo, bonsoir, c’est moi, comment vas-tu maman ? Tu sais, je t’appelle d’une…
- Eh bien, dis-moi, ça fait longtemps que tu n’as pas appelé ! Ici pas grand chose, comme d’habitude. Je suis allée chez le …
Pétarade de mobylettes qui dévalent la côte et foncent sur le pont.
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Le mardi 19 juin 2012 à 14:56 :: Allo
ICONOCLASTIE
- Allo, c’est qui ?
- Comment, c’est qui ? Tu reconnais plus ton Pierrot ?
- Oh pardon vieux, je suis un peu ailleurs ces temps-ci.
- Tu peux le dire. Et puis « ces temps-ci » sont plutôt métaphoriques eu égard que ça fait plus de deux milles ans que tu t’es pas pointé au burlingue.
- Deux milles ans ? … Nom de mon Père. Mais c’est sa faute à lui aussi. Avec ses idées de nous créer des univers au quatre coins du cosmos.
- Attends. Il y a un truc que j’ai toujours pas pigé. Ton Père et toi, plus le Pigeon, c’est une seule personne, non ? Donc les univers à répétition t’y es un peu pour quelques chose.
- Oui, mais non. Bon, d’abord, c’est pas un pigeon c’est une colombe !
- Pareil. Vu ce qu’on le voit, aussi, l’esprit Saint …
- C’est pas le propos. Alors c’est une même … heu … entité, mais on est quand même trois. C’est comme une fusée à étage : trois étages distincts, mais une seule fusée. OK ?
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Le mardi 19 juin 2012 à 12:42 :: Allo
- AAAAAAAAAAllo ! La piqueuse ?
- Vous voulez dire l'infirmière, monsieur ?
- Vouai si vous voulez... Dites c'est pas trop tôt ! Z'êtes jamais là où quoi ?
- Le répondeur est là pour.....
- Vot' machin, j'ui cause pas, j'aime qu'on me réponde moi !
- Dîtes moi en quoi je peux vous aider monsieur ?
- C'est l'toubib. Y dit que j'peux pas faire une piqûre à ma femme, y dit que maintenant y faut mieux laisser les professionnels faire c'qu'y ont à faire !
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Le mardi 19 juin 2012 à 11:11 :: Allo
-Allo… Allo
-Oui !
Mon interlocuteur arrive tout essoufflé.
-Bonsoir monsieur, avez-vous un peu de temps à me consacrer ?
-Euh … pas vraiment !
-Ne raccrochez pas, cela ne sera pas long !
Impatient. - Faites vite qu’avez-vous à me proposer ? Si c’est pour me vendre quelque chose, ce n’est pas la peine, je tire le diable par la queue moi.
-Hi hi, très drôle ! Pauvre diable avec la crise, il va se retrouver anoure. Je chantonne au bout du fil : Anoure, anoure quand tu nous tiens. Mais redevenons sérieux. - Comme le temps c’est de l’argent, je vous propose d’en gagner.
-Oh je vois, encore un de vos jeux stupides ? Et puis plein d’espoir. La valise R.T.L ?
-Désolé non, cher monsieur. Mais plus vous resterez en ligne, plus vous aurez de chance de le décrocher.
-Décrocher quoi, la lune ? Ou bien des minutes en moins sur mon forfait.
Un blanc. Je suis un peu secoué. - Monsieur, je ne veux rien savoir de ce que vous tramez. Et si je l’avais dérangé pendant un acte odieux ? Posez votre arme, je vous en prie.
-Vous vous fichez de moi ?
-Nooon, ma voix est faible. Je suis involontairement le témoin d’une affaire qui sent la poudre. Pour désamorcer la tension que je sens au bout du fil je lui demande bêtement l’heure (pas celle du crime).
-C’est une plaisanterie, il est 20 heures et ma femme va rentrer, la voilà d’ailleurs, j’entends la porte. Bonsoir ma chérie. Bises claquant sur les joues. Hypocrite va !
-C’est qui au téléphone ?
-Je ne sais pas ! Un barjot.
-Eh bien raccroche !
Vite, très vite. - Passez-moi votre femme, j’aimerai lui parler. En fait je voudrai la mettre en garde contre un mari dangereux.
Le combiné grésille et n’a visiblement pas envie de communiquer. Un peu amène.
-Oui, bonsoir, vous n’avez pas mieux à faire qu’ennuyer les gens qui travaillent toute la journée. Qui êtes vous pour nous faire perdre notre temps.
Elle n’attend pas la réponse et raccroche au nez. Je me sens mal. Moi l’amuseur téléphonique, le voleur de temps, l’animateur de jeux dérisoires, Je n’ai pas pu retarder l’échéance d’un crime passionnel qui doit se dérouler présentement.
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Le mardi 19 juin 2012 à 09:15 :: Allo
R: Allo ? Les impromptus ?
I: Oui.... bonsoir... (bâillement réprimé à la syrienne)
R: Bonsoir, Voilà excusez moi de vous appeler de façon impromptue et si tardivement, mais je voudrais absolument vous fournir un texte cette fois-ci moi qui n'ai rien produit depuis quelques lunes...
I: Hein ? Mais qui êtes vous ?
R: Randover
I: Randover ? Ah oui les vieux se souviennent encore de vos écrits les plus récents...
Bon que voulez vous ?
R: Ben vous voyez on est dimanche il est quasiment 23h59 et j'ai besoin d'un délai de grâce, de grâce me l’accorderiez vous ?
I: Vous connaissez la règle ! L'heure c'est l'heure et les impromptus vous la donnent de bon coeur, il est minuit docteur Randover... désolé...
R: qu'est ce que ça vous coute de m'accorder quelques heures de rab ?
I: les impromptus sont équitables, de chevet d'ailleurs à cette heure ci...écoutez non, c'est trop tard je ne peux rien pour vous, notamment par égard aux autres participants qui eux, prévoient à l'avance leurs œuvres.....
R: c'est votre dernier mot ? Juste quelques minutes, une heure.... ???
I: Malheureusement non, bonsoir et à bientôt sur nos lignes impromptues, en temps et en heure....
bip, bip,bip.....
R: très déçu devant son téléphone qu'il regarde béatement comme dans une série américaine… Bon ben j'aurais essayé....
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Le mardi 19 juin 2012 à 09:04 :: Allo
- Je me suis bien rongée les sangs
Hier, quand pâlot,
Tu es parti en coup de vent…
Allô, cœur ? Allô !?
- Hier ? Quand tu fus câlinante
Au bellâtre hautain ?
Tu lui badas, comme s’aimante
Oie à baratin.
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lundi 18 juin 2012
Le lundi 18 juin 2012 à 23:12 :: Allo
C'est pour un sondage
- Allo, Madame Bernet ?
- Oui ?
- Bonjour Madame Bernet ! Je m'appelle Alice Naikoupa. Je fais parti d'un institut de sondage, et je me permets de vous contacter dans le cadre d'une enquête que nous réalisons sur les vacances des Français. Nous n'en avons que pour quelques minutes. Est-ce que vous êtes disponible ?
- Euh... oui...
- Pourriez-vous dans un premier temps m'indiquer de combien de personnes, y compris vous-même, se compose votre foyer ?
- Euh... ça dépend. Enfin disons une personne... Snif... vous m'auriez appelé hier, j'aurais dit deux, mais aujourd'hui, je suis toute seule. Snif... Snif...
- Bien. Une personne, donc ! Combien de fois partez-vous en vacances par an ?
- Euh... c'est pareil... j'aurais dit deux fois, mais maintenant, je crois que ça va être zéro. Ah si vous saviez...
- Très bien, donc on va partir sur deux fois !
- Attendez, je n'ai pas terminé ! J'avais commencé à vous dire que je ne vais plus partir en vacances avant un bon moment. Je vous explique. Vous avez bien quelques minutes ?
- C'est-à-dire que... euh... Passons à la question suivante ! Au cours de votre dernier séjour, dans quel type de logement avez-vous séjourné : en famille, chez des amis, à l'hôtel, en chambre d'hôte, en camping, autre ?
- Non mais vous m'écoutez un peu ?!... J'ai dit que je n'allais plus partir en vacances... vous vous en fichez ou quoi ? Mon mari m'a plaquée hier soir ! Il est parti, comme ça, du jour au lendemain... enfin j'aurais bien du m'en douter d'ailleurs, ça faisait un moment qu'il rentrait de plus en plus tard, voire que justement, il passait ses nuits à l'hôtel, soit disant en déplacement d'affaires. Pourtant, moi qui gérais sa compta, je voyais bien qu'il n'avait plus tant d'affaires que ça. Et les notes de restaurant chics qui s'accumulaient...
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Le lundi 18 juin 2012 à 23:07 :: Allo
A L’eau.
- Allo ? Allo ?
- Bonjour Madame ! Je me permets de vous appeler…
- Allo ? Allo ? Je ne vous entends pas ! Qui êtes vous ? Que voulez vous ?
- Je disais bonjour Madame, je vous…
- Monsieur Lalbert à l’appareil, visiblement, vous ne m’entendez pas ! Vous m’appelez pour quoi ?
- Je vous disais Bonjour Madame je vous appelle pour…
- C’est agaçant ça ! Je vais raccrocher, je raccroche, je ne vous entends pas du tout, ni vous non plus apparemment…
- Allo ? Allo ? C’est votre opérateur à l’appareil ! Comme vous vous êtes plaint, je vous appelle pour savoir comment fonctionne votre ligne téléphonique…
- Je n’entends queue dalle ! Bon, tant pis ! Cette fois je raccroche ! Au revoir Monsieur ou Madame à qui je n’ai pas eu le plaisir de répondre ! C’est vraiment énervant à la fin !
D’à côté, une voix :
- C’était qui ? Chéri, qui appelait ?
- Tu dis quoi ? Tu m’as dit quelque chose ?
- Comment ? Je n’ai rien compris…
- Ça devient insupportable ! Vivement qu’on fasse installer le téléphone… Qu’on puisse communiquer…
- D’accord mais on attendra d’avoir une maison, alors…
- Une maison ? Et puis quoi ? Tu nous imagines ? Tous les deux ? En couple dans une maison?
- Manquerait plus que ça !
- Dis, ça devient grave pour l’Albert de la 23, voilà qu’il parle tout seul, maintenant…
Mais bon sang, comment font les sourds pour se parler puisqu’ ils ne s’entendent pas .
Où lire Chri
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Le lundi 18 juin 2012 à 19:52 :: Allo
RUPTURE DE STOCK...
M = Moi D-L = Dépanneur-Livreur
( Totalement collé au réel...)
M : Allo ! Ce serait pour un dépannage
D.L : Oui
M : Enfin... Plutôt une livraison...
D-L : Une livraison ou un dépannage ?
M : Disons une livraison pour un dépannage. Voyez-vous, je suis en rupture de stock et du coup, je suis en panne.
D-L : Avez-vous une idée de ce que vous voulez ?
M : Ben... c'est à dire pas trop... c'est justement mon problème. C'est pour cela que je fais appel à vous. Disons que je voudrais un assortiment. Euh !... Des grands, des petits, des moyens...
D-L : Des gros ? Ça part bien, en ce moment...
M : Non, pas des gros, je trouve que ça fait... ben oui... grossier... inélégant, si vous voulez. Vous mettrez des simples, des composés, quelques raffinés, si vous avez... c'est pour la frime !. Je souhaiterais quand-même qu'ils puissent s'entendre, s'accorder, si je puis me permettre. Parce que voyez-vous, j'ai un pied dans le passé, un pied dans le futur et la tête dans le pré...
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Le lundi 18 juin 2012 à 17:59 :: Allo
Le choc des cultures
- Salut !
- …
- Ouais. Oh dis donc, c'est un truc que je ne souhaite à personne ! D'avoir des parents comme les miens ! Ça non alors ! Même à mon pire ennemi.
Quoique… à l'ignoble Mélodie, peut-être.
Et aussi à cette vieille toupie de Selena, et sa crête de punk, à son âge ! Bon, ça, c'est crétin, vu que c'est ma sœur, Selena. On voit où ça l'a menée d'avoir des parents comme ça !
" Pandora et Selena, les filles Alien, vous connaissez ?"
Heureusement les copains croient que ce sont des noms de série télé ! S'ils savaient ! Mortes de honte on serait, la Sélène et moi.
Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents Hellénistes. "Hellénistes distingués" on dit. Faut croire qu'il n'y a pas d'Hellénistes vulgaires. Selena, elle est née quand le pater finissait sa thèse "survivance des rites séléniens dans l'Athènes de Périclès".
Kévin, il dit qu'on l'a échappé belle, on aurait pu s'appeler Mnémosyne et Tisiphone.
-…
- Kevin! Mais si, tu sais bien, mon cousin, celui qui se la pète en moto, avec des dreadlocks supercrados et des t-shirts à triskel !
-...
- Ah, tu vois qui ?
-...
- Non je sais pas pourquoi le triskel ; il dit que c'est la marque de sa tribu, mais je crois bien qu'il est tout seul dans sa tribu.
Ça empêche pas qu'il s'est fait étriller samedi dernier derrière le phare, par une autre tribu. Les "antimatière". Eux ils sont deux. Parait que l'endroit est à eux, ces nases. Il la ramenait pas après ça, le Kevin, tout péteux, ils lui ont bombé son scooter, dis donc!
Pour en revenir à mes parents, tu sais ce qu'ils m'ont fait, hier ? M'ont carrément oubliée. OUBLIEE. Devaient venir me chercher après la repet' de "Ophélie et les asphodèles". M'ont oubliée. Pas de manteau, pas de change ! Ils étaient repartis avec mon sac en me déposant à la bourre.
Me suis retrouvée dans le métro en tutu, les chaussons trempés ! Rigole pas, c'est pas drôle. Et deux grands imbéciles en costard sont venus me serrer de près, un de chaque côté, pour se foutre de moi.
Et tu sais où ils étaient les parents Alien pendant que je me tapais en tutu l'aftershave des deux gugusses ? Eh ben madame Alien était chez Papy Alien qu'a un ictère.
- …
- Un ictère ! Une cirrhose si tu veux.
Et monsieur Alien baladait dans le 16e la pétition pour la sauvegarde des mots anciens, tu vois l'urgence… des mots qu'on dit plus depuis Vercingétorix, mais qu'il est INDISPENSABLE de remettre en service au plus vite : "argousin, peccamineux "… À côté de leurs pompes je te dis ! Mais " gourgandine", et "lupanar", ça a un petit air bio tu trouves pas ?
Pu… ! euh ! Gourgandine ! déjà 9 heures, j'raccroche, j'vais louper le cours de Frankenstein ! Salut, à c'soir, c'est toi qu'appelles, hein ?
Où lire Emma
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Le lundi 18 juin 2012 à 15:58 :: Allo
Pour une fois, je vais éviter la fiction et vous rapporter aussi fidèlement que possible, une conversation téléphonique qui date de pas mal de temps. Nous habitions la maison depuis plus de 25 ans et étions mariés depuis plus longtemps encore… Ginette est toujours dans notre mémoire.
L’ homme : – Allo !
Moi : – Oui, bonjour monsieur.
H – C’est toi, Ginette ?
M – C’est une erreur, je ne suis pas Ginette.
H – Ginette n’est pas là ?
M – Non, monsieur, elle n’habite pas ici.
H – Elle est partie ? Où ? Elle a dit quand elle rentrerait ?
M – Mais monsieur…
H – Savez-vous où je peux la joindre ?
M – Je vous répète que je ne connais pas Ginette !
H – Mais si, une grande brune, un peu forte. Une belle femme…
M – Je suis désolée, je ne peux pas vous aider.
H – Qui êtes-vous ?
M – Vous êtes au numéro 03 .. .. .. .. et je suis Agnès S.
H – Agnès, passe-moi ta maman, s’il te plaît.
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Le lundi 18 juin 2012 à 14:56 :: Allo
Téléphone Nintendo
Allo? Ze voudrais parler au papa Noël
Ne quittez pas... vous serez redirigé dans un instant... sinon rappelez ultérieurement
(Bruits de fond divers, d'été, chuintement, chute d'eau)
Veuillez préciser s'il s'agit d'eaux de surface provenant de cours d’eau, de remontées d'égouts ou d'eaux souterraines?
Euh! Ze sais pas, c'est pas moi
Vérifiez aussi que le cordon de ligne est bien raccordé à la prise murale femelle RJ12
Z'avais zuste demandé papa Noël
Pour contacter un responsable de la Sécurité et des Situations d’Urgence, appuyez sur le 12 et maintenez enfoncé.
Z'ai pas de tousse 12!
Merci de taper le numéro d'accord de coopération avec la police au niveau le plus pertinent... local, municipal, cantonal, national, international ou planétaire
Ze voudrais zuste un zeu de Big Zim avec la zeep!
Pour votre sécurité, ne placez pas les mains ou les pieds à proximité du zip ou sous des pièces en rotation
Euh... et quatre piles LR6 ressarzables siouplait
(Bruits de fond divers, chute d'iceberg)
Pour une glace au bacon, appuyez sur la touche 2 avec l'index... pour plus de bacon appuyez avec le majeur.
Z'ai que six ans et ze croyais que papa Noël y parlait français?
Ici Londres ! Les Français parlent aux Français...
Ze crois bien que z'ai dû faire une bêtise
(Appui fébrile sur la touche 2)
Pour nominer Kevin, appuyez sur la touche 4 en maintenant la touche 5 enfoncée, puis relâchez la touche 5 sans relâcher la touche 4
Ze l'ai fait mais ça marsse pas
(Bruit de tonnerre)
En cas d'orage, il est préconisé de ne pas utiliser cet appareil
Ze m'en fout!!
Si vous souhaitez laisser un message, dites 'message' sinon ne dites rien
RIEN !
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Le lundi 18 juin 2012 à 14:23 :: Allo
Appel quotidien
Comme un refrain :
(Vieille et simple fratrie !)
Au téléphone, elle a une voix très douce, presque transparente.
Elle parle de la pluie et du beau temps,
Elle parle du passé et du présent,
Elle parle des petits et des grands.
Je réponds oui,
Je réponds non,
Je réponds peut-être ou ah bon !
J’écoute et hoche la tête.
Elle dit qu’elle se sent loin,
Elle dit qu’elle est pourtant bien,
Elle dit, j’aimerais bien,
En fait, elle ne dit rien.
Elle parle de sa voix très douce, presque transparente.
Elle est ici et est absente,
Elle est là-bas et est présente.
J’écoute et continue ma partie.
Je réponds oui,
Je réponds non,
Je réponds peut-être ou ah bon !
Cela n’a pas d’importance.
Elle débite des mots.
J’épelle des mots.
Ce soir, elle pense revenir,
Demain, elle décidera de ne pas partir.
Je pioche mes lettres
(Je dis oui)
Et fais signe à mon frère de jouer
(Je dis non)
Il pioche 7 lettres :
(Je dis bien)
REVENIR
(Je dis à demain)
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Le lundi 18 juin 2012 à 11:54 :: Allo
LUI : je ne téléphone plus, la prochaine fois je twitte !
Elle : t'as raison il va falloir être discret ;
Lui « : il me faut un million de dollars ce soir. »
Elle : « sous le pont d’Alma » ?
Lui : « pas de fausse note »
Elle : « mais pas de surenchère, on suivra plus. »
Lui : « laisse parler le papier plutôt. »
Elle : « mais de quoi s’agit-il d’un excès de vitesse ? »
Lui : je veux redevenir un homme libre qu’on indemnise c’est tout.
Elle : « un citoyen particulièrement utile quoi !! Monsieur joue les lointains !! »
Lui : « ce sale boulot est fini je vais pouvoir désobéir, je ne vais quand même pas traverser le désert sans boire !! »
Elle « il pleut des cordes » !!
Lui : « pas de sortie de route sois là à l’heure. »
Elle : « je crois au destin celui qui t’a fait revenir dans les terres de ton enfance »
Lui : « pour aller à Las Vegas, sans passeport faudra que je rentre les pieds devant «
Elle : « bon tu ne te feras ne pas baiser »
Lui : « faudra éviter les règlements de compte, j’ai tout en double dans ma vie !! »
Elle : « allo on a coupé (dérapage de la porche sur une flaque) »
Lui : « un politique de temps en temps ça se repose non ?? Allo allo merde cette conne a quitté la piste elle
commence à me les briser menu la gosse !!! »
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Le lundi 18 juin 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Après avoir disserté au fil de l'eau, vous voici cette semaine au bout d'un autre fil... téléphonique.
Sous forme de dialogue racontez-nous votre conversation.
Interloqués ou volubiles, sérieux ou badins, vous devrez avoir raccroché et envoyé vos textes à l'adresse habituelle avant le dimanche 24 juin à minuit (heure de Paris)
Bonne semaine
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dimanche 17 juin 2012
Le dimanche 17 juin 2012 à 11:13 :: Au fil de l'eau
Au fil de l'eau le sel s'écoule
Au fil des maux les rimes filent
Au fil des mots le temps s'enroule
Au fil des jours le cœur s'effile.
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samedi 16 juin 2012
Le samedi 16 juin 2012 à 17:17 :: Au fil de l'eau
Accrochée, on s'en entiche
Là, bien attachée à la rive,
Amarrée pour ne pas partir à la dérive.
Bien des enfants voudraient monter dedans,
A la conquête d'aventures et d'amusements :
Ramer, s'éclabousser, jouer, c'est ce qu'ils voudraient vraiment ;
Quand d'autres préféreraient se laisser aller tranquillement :
Une fois partis, voir où les transporterait le courant,
Et découvrir un monde plein d'émerveillements.
Regarde là-bas, elle n'est plus attachée !
On a vu quelqu'un s'approcher :
Un filou s'en est emparée.
Gare à cette idée !
Elle nous a échappée...
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Le samedi 16 juin 2012 à 17:11 :: Au fil de l'eau
Il est éteint, petit navire
Pourtant, il avait souvent entendu dire : « Rouge sur vert, garde l’œil ouvert ! »
Les aulnes abritaient une foultitude de palais ; invisibles aux humains, mortels et communs.
Dans ce royaume secret tous voulaient la paix. Sous les eaux calmes et douces, fourmillaient de drôles de frimousses surtout en ce beau mois de Mai où la vie ne souffre aucun délai.
Martin emmena son oiselle à bord de Bagatelle, avec pour ferme intention et sans aucune hésitation le désir de conter avec brio l'histoire vraie du rafiot.
De l'autre côté il est établi que la jouvencelle était jolie de celles dont la légèreté n'a d'égale que la vivacité
Totale, fut l'ire du petit monde.
Immédiate fut la fronde.
Il n'y eu aucune sorte de procès au terme de la traversée.
Les tourtereaux, à peine eurent-ils posé le pied sur l'île, se trouvèrent pris dans une vibration soyeuse de parfums colorés aux sonorités savoureuses.
Ils disparurent sans crier gare
un peu comme par hasard...
Le Petit Univers accueillit avec chaleur
Un merveilleux Martin Pêcheur,
Une magnifique Demoiselle
Charge à Martin... de ne pas gober sa belle.
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Le samedi 16 juin 2012 à 11:42 :: Au fil de l'eau
La vie m’embarque
au fil du temps
rouge colère
Où lire Clise
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vendredi 15 juin 2012
Le vendredi 15 juin 2012 à 20:17 :: Au fil de l'eau
Rendez-vous matinal.
Sur le coup, Jeannot avait été assez fier du plan qu’il avait imaginé pour aller voir
Manon sans que personne ne le sache.
Il avait dérobé dans le hangar de son grand-père la vieille barque dont celui-ci ne se
servait plus depuis longtemps, faute de pouvoir naviguer, perclus d’arthrose comme il
l’était.
Jeannot n’éprouvait aucune mauvaise conscience en se servant ainsi. Après
tout, il ne faisait qu’anticiper un peu sur l’avenir, son grand-père ne faisant que lui
répéter : « Elle est pour toi plus tard, ma vieille « Garance»…
Jeannot emprunta la rivière au petit jour, ramant le plus silencieusement possible
puis il amarra la barque sous un saule dont les branches retombaient sur les eaux
calmes. En regardant du haut de la rive, il pensait sa barque parfaitement invisible…
sauf que le rouge pétant de celle-ci se détachait parfaitement dans toute la gamme
des verts que la nature offrait en cette saison. Même qu’on ne voyait qu’elle, petit point
écarlate, et particulièrement de la rive d’en face où se tenait René, le père de Manon,
venu pour y pêcher l’anguille.
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Le vendredi 15 juin 2012 à 14:40 :: Au fil de l'eau
Oh eaux adorées qui déjà fascinèrent mon cœur et mon âme dès mon enfance par le biais du ruisseau de ma jeunesse.
Alors attiré par ces eaux envoûtantes, mystérieuses de mon voisin Lot, j’essaye depuis quelques jours d’en savoir plus sur lui. Je tente d’abord l’humour pour entrer en communication avec lui, en lui demandant « Allo l’eau. Allo Lot ! » Mais il ne me répond pas. Alors j’essaye d’écouter ses murmures, ses plaintes, ses cris de plaisir. Je l’épie surtout, je le suis pendant des jours, des nuits. C’est devenu obsessionnel !
Au fil de son eau j’arrive jusqu’à Aiguillon ; sans doute que ce nom de bourg a été choisi afin de l’exciter, pour sa rencontre avec la lascive et peut-être dangereuse Garonne. Oh scène étonnamment érotique que je rapporte. Histoires d’Ô, non Histoires d’Eaux.
Je le regarde.. Oh, il semble tranquille, bien allongé dans le mitan de son lit ! Il se vautre, se roule, sommeille, rêve, paresse dans son nid encaissé bien bordé par ses rives protectrices.
Et puis soudain en pleine nuit, une foutue tempête arrive sans crier gare avec ses hordes de vent irrespectueuses qui commencent à l’agresser de front ! Enfin, sans crier gare… ou peut-être est-ce lui qui l’a appelée pour que ses furies l’énervent un peu et le mettent dans la peau d’un guerrier se défendant dans toute sa superbe en vue de cette rencontre amoureuse ! Oui, s’il aime bien le vent quand il lui envoie son Amie la Brise, pour lui caresser mollement son dos il préfère sans doute ces folies d’air enivrantes. En effet quand il a besoin de paraître comme un mâle dominant, il appelle ces orages excitants. Car il aime aussi être secoué comme cela, violemment, brutalement, sans ménagements, à rebrousse flots ! C’est qu’il est sensible notre Lot ! Je l’observe et qui l'eut cru, par jeu, il commence à gigoter, à essayer d’éviter ces lames cinglantes. Comme la tempête lui amène des eaux venues du ciel, il en profite pour faire le gros dos. Il monte sur ses grands « chev eaux ». !
Sa colère feinte fait enfler son corps d’énorme anaconda. Son lit étroit semble ne lui plus suffire. Il parait plus grand, plus jeune, plus imposant, plus mâle, plus puissant, plus conquérant !
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Le vendredi 15 juin 2012 à 10:04 :: Au fil de l'eau
(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Mais pendant ce ce temps sur un bateau proche de Gibraltar…)
Le père Daniel remonte de la cabine et retrouve un Farid très préoccupé.
- Qu’y a-t-il, Farid ? Encore un de ces rêves ?
- Oui et toujours avec ce médaillon qui se met à briller. Sauf que cette fois, je n’étais plus sur le bateau mais … je ne sais où…
- Assied-toi et raconte-moi… Et cesse de regarder cette voile au loin. Je l’ai vu aussi et j’ai pensé à ce que tu m’as dit.
- Oui, je n’étais pas dans le bateau cette fois ou près d’une falaise mais près d’une rivière. Je dois la traverser et je vois une barque de l’autre coté de la berge.
- Une barque ?
- Oui une barque rouge, d’un rouge flamboyant, paisiblement attachée près d’une végétation luxuriante. Je ne sais pas ce que c’était comme arbre mais pas comme des saules mais avec des branches dans l’eau…
- Et donc tu sais que tu dois traverser ?
- Oui c’est ce que je dois faire et je sens encore le médaillon qui chauffe sur la poitrine. Alors je le prends dans la main et il scintille… Il brille et un rayon de lumière en part pour aller taper sur la barque, comme pour tracer une trajectoire.
- Et tu fais quoi ? Tu nages jusqu’à la barque ?
- Non justement, c’est cela que je ne comprends pas. La barque que je pensais attachée, se met à bouger, toute seule et traverse la rivière.
- Le courant peut être ?
- Non, il y a justement peu de courant et elle va tout droit, exactement sur la trajectoire du rayon du médaillon, comme s’il l’attirait.
- Et une fois arrivé, tu montes dessus et tu traverses ?
- Non, justement, elle se met à s’enfoncer lentement dans l’eau alors qu’elle flottait très bien de l’autre côté. Et je la vois à quelques mètres du bord, gisant au fond de l’eau. Le rayon a changé de direction, me la montrant en un point précis, comme si je devais aller chercher quelque chose au fond. Mais c’est là que je me suis réveillé.
- Fais voir ce fameux médaillon. Je voudrais essayer quelque chose.
Farid décroche le médaillon de son cou et le tend au curé. Alors qu’il semblait scintillant dans la main de son propriétaire, il devient comme terne dans les mains du prêtre.
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jeudi 14 juin 2012
Le jeudi 14 juin 2012 à 19:27 :: Au fil de l'eau
Ils allaient si bien ensemble
et puis
habitude
incertitude
lassitude
Plouf
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Le jeudi 14 juin 2012 à 19:10 :: Au fil de l'eau
La toile inconnue
J’errais depuis des heures dans les salles du musée, lequel ? Je ne sais plus. Je découvrais les plus belles toiles impressionnistes. Il y avait là les Renoir dont les jeunes filles au piano, tiens très bizarre c’était une esquisse à la sanguine*, les canotiers, les beaux mâles dont s’est peut-être inspiré Jean Paul Gaultier pour ses flacons de parfum. On voyait aussi l’univers de Degas ; les petits rats en tutu de mousseline et des chaussons de satin aussi rose que leurs visages inondés de bonheur.
Plus loin je me délectais des Manet, la jeune fille au bouquet de violettes, puis le modèle lui-même, Berthe Morisot si maternelle dans ses choix artiste qui travaille jusqu’à la perfection et tant d’autres, Cézanne, Pissarro sans oublier la délicatesse de Sisley.
Mais voilà le génie de l’impressionnisme : je balade enfin au milieu des nymphéas, mon regard glisse sous le pont japonais pour un peu je me baignerai dans ce petit lac ; plus loin ce petit champ de coquelicot me donne envie de me rouler dans l’herbe fraîche. Et les couchers de soleil, les couleurs travaillées jusqu’à l’extrême et la lumière qui émerge de la toile sous chaque coup de pinceau.
Et là parmi toutes ces œuvres connues et reconnues du maître, il y a là, ce petit tableau, une petite toile fraîche et magnifique : des verts, de l’olivier au sapin, du jade à l’émeraude qui se jouent de l’ombre car au loin un tout petit rectangle de lumière emmène notre regard à travers les feuillages des arbres vers la blancheur. Une eau pure et lisse où Narcisse lui-même perdrait son âme accueille une petite île de graviers dont les ocres viennent jouer le contrepoint du paysage. Et tout là bas au bord d’une rive calme, une petite barque rouge se balance dans l’onde bleutée et nous invite au rêve.
Monsieur Monet que n’avez-vous peint cette toile !
Où lire Lilou
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Le jeudi 14 juin 2012 à 17:47 :: Au fil de l'eau
Ce matin à la une du journal Le Parisien Seine et Marne, on pouvait lire :
Cette nuit, après une longue et minutieuse recherche, les hommes-grenouilles de la gendarmerie, ont repêché, dans la rivière, près de Moret-sur-Loing, le corps du petit Léo, un enfant âgé de six ans qui avait disparu de son domicile, depuis quarante huit heures, alors qu'il jouait dans son jardin.
Le petit Léo a été retrouvé tout habillé.
Les enquêteurs sont fortement intrigués par la présence, sur les lieux, d'une petite barque rouge, dans laquelle on a retrouvé une chaine que Léo portait au cou le jour de sa disparition et qui appartiendrait au père de l’enfant.
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Le jeudi 14 juin 2012 à 14:32 :: Au fil de l'eau
Pierrot, au volant de son Kangoo jaune, peste à moitié. Il est en retard sur sa tournée. Alors que justement ce matin, il était parti tôt pour avoir le temps de discuter avec Pascal, son ami d’enfance. Tout cela parce que mémé Denise l’a alpagué pour lui faire changer une ampoule. Il est facteur, que diantre, pas dépanneur en tout genre mais il est incapable de dire non à une octogénaire. Si en plus, elle lui demande de l’aide, les yeux humides, en tordant son mouchoir aux motifs surannés ! Tout cela pour se rendre compte que la petite vieille n’a plus d’ampoule à baïonnette mais des ampoules à vis. Il faudra qu’il repasse ce soir, il l’a noté sur sa liste de choses à faire. En plus, elle a insisté pour qu’il avale un café turc, tellement contente de pouvoir parler à quelqu’un d’autre qu’à ces chats « cela ne prendra que cinq minutes » lui a-t-elle dit en minaudant.
Il accélère dans les petites départementales du Nord, s’il arrive après 11h00 il aura raté son ami, parti à la mairie de Sainte Calapelle, vaquer à ses occupations d’élu.
Plus qu’une seule boîte aux lettres avant celle de la ferme de Pascal et Françoise Vanden.
Des factures, des magazines à la couverture choc « sexe et people ». Pour les Vanden, le courrier est toujours volumineux : des revues professionnelles, des lettres de doléance aussi. Dans cette petite commune tout le monde se connaît et parfois les personnes écrivent directement chez Mr le Maire et non pas à la mairie.
Pierrot pense surtout à cette carte postale étrange. C’est de cette carte dont il veut parler à Pascal. La photo lui plaît beaucoup. Des marais, il dirait poitevins, même s’il n’y ait jamais allé.
La photo est paisible, on sent le courant doux et mélancolique, la barque rouge semble tranquillement portée par les flots. Peu de courant comme l’atteste la végétation, dont les longues branches semblent ruisseler, elles aussi. On a envie de faire une sieste en se laissant bercer doucement dans cette barque.
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mercredi 13 juin 2012
Le mercredi 13 juin 2012 à 22:40 :: Au fil de l'eau
Au-delà du dormant
Derrière l'énigme des futaies
Les corps à leur source frissonnent.
Le printemps fait un lit au silence.
Douce turbulence.
Parenthèse
Sur le chemin de l'habitude
Où s'épuisent les intentions.
Les mots réconciliés
S'affranchissent des certitudes.
Le temps immobile
N'a pas besoin de preuves
Il désaltère les couleurs
Le rouge a une mémoire
Demain, un souvenir.
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Le mercredi 13 juin 2012 à 21:42 :: Au fil de l'eau
Jaivanti
MON RECIT.
C’est drôle, les enfants. Ca crie, ça joue, ça vit. Ca crie surtout. Pour s’ouvrir les poumons sans doute, ou quelque chose comme ça. On aimait bien les regarder par la fenêtre qui donnait sur la cour de la maternelle. Les regarder et les entendre. Ils ressemblaient aux oiseaux qui sillonnent le ciel du printemps. Libres, désordonnés, joyeux. En réalité ils volent pour se nourrir et pouvoir bâtir leur nid. Comme les enfants qui courent en criant, en réalité se construisent.
Et puis un jour on a plus aimé. Jamais.
On a baissé le store et tiré le rideau. Après on a même dû fermer la porte et rester dans les autres pièces. Notre vie était désormais des portes closes. Et le soir assis en face de l’autre autour de la table de la cuisine. Dans un silence insupportable et que l’on supportait pourtant. Il fallait traverser ces heures là pour survivre.
Un soir elle a pris mes mains. Presque comme avant. Mes mains jointes dans les siennes. Personne ne peut connaître ce sentiment là. Sa douceur, sa chaleur. Le rétrécissement du monde et l’immensité contraire de l’amour dans ses yeux verts.
Elle m’a dit : il faut qu’on parte. Maintenant.
J’ai tremblé dans ses mains. Je voulais le dire depuis longtemps, mais n’osais pas. Elle était devenue si pâle, si diaphane, comme une porcelaine chinoise. J’avais peur que ces mots la brisent et c’est elle qui les prononçait.
- Comment ?
- Au fil de l’eau.
- Quelle eau ?
- Une eau lointaine. Une eau qui parle d’autres langues. Une eau qui dit les dieux, les étoiles. Une eau tellement cosmique qu’elle est la plus humaine possible. Une eau d’espoir.
J’ai eu la sensation de la retrouver comme avant. Vibrante, forte, irrésistible. Quel chemin avait-elle suivi dans le silence de son cœur, de son âme ? Où avait-elle puisé cette énergie nouvelle ?
- Et cette eau, elle se trouve où ?
Elle se leva, pris une carte du monde et posa le doigt : là.
- Pourquoi, là ?
- J’ai eu des rêves.
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Le mercredi 13 juin 2012 à 13:39 :: Au fil de l'eau
Au fil des barbelés
Au fil de l’eau, au gré du courant, je me traine.
Ne pas se retourner. Anticiper le temps, celui qu’il reste à Vivre.
Fuir l’enfer, celui qui souille et met à terre.
Celui qui abat l’homme, ou pire, sa dignité.
Au fil de l’eau, au gré du courant, j’avance.
Suivre le chemin, ne pas s’en écarter pour inventer le sien.
Même si, peut être, nulle part, il ne mène.
Mieux vaut un demain incertain, qu’un passé assassin.
Au fil de l’eau, au gré du courant, je peine.
Les cicatrices d’un ailleurs me freinent.
Mais loin des barbelés, un souffle en moi renait,
Celui de la liberté, d’enfin pouvoir se battre pour la garder.
Au fil de l’eau, au gré du courant, j’enrage.
Mes camarades sont morts où ont été repris.
Libre mais seul, l’enfer me poursuit,
Il me ronge, me dévore et me hante.
Au fil de l’eau, au gré du courant, je cours,
Vers un demain vengeur où j’avancerai debout, où j’avancerai vivant.
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Le mercredi 13 juin 2012 à 09:51 :: Au fil de l'eau
Le monde renversé
Ne te laisse pas avoir,
fillette, fillette,
par le vent qui gémit,
le roseau qui soupire.
Cette couleur offense,
car la barque est un leurre.
Le hameçon t'attend
sous le bouchon qui danse.
Aucun beau canotier,
bras musclés en marcel,
ne déjeune tout près.
Cette barque est un leurre,
c'est celle de Charron.
C'est ici le début
et c'est ici la fin,
la porte d'un pays.
Sous l'eau sont les nuages,
Le monde renversé
Des arbres et des oiseaux.
Voilà plus de mille ans
que la blanche Ophélie
flotte comme un grand lys,
les cheveux dans les algues...
Jeune fille, laisse faire
Le poids de cette chair…
avec des mots volés et détournés de Lamartine, Violette, Giono, et Rimbaud
Où lire Emma
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Le mercredi 13 juin 2012 à 09:00 :: Au fil de l'eau
ACCALMIE... AU FIL DE L EAU
Je glisse sur l'eau
Clapotis de mon canot
Des cailloux, quelques remous
Un chant d'oiseau
Plus loin, un îlot,
Croassement des crapauds
Autour, la verdure
Paisible aventure
Communion de la nature
Douceur, fraîcheur
Mon esprit s'évade
Paysage nouveau
Mon corps se calme
Dernier soubresaut
Intense, silence
Repos des flots.
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mardi 12 juin 2012
Le mardi 12 juin 2012 à 21:19 :: Au fil de l'eau
Au fil de Loire
Alors adolescente
Sous l’orbe du pont blanc,
C’était à Orléans,
J’ai vu l’eau frissonner de ses moires
En glissant.
Un peu d’or palissant
De l’élan aboli de l’Orient
Se diluait aux remous malléables.
La Loire opalescente
Etale à l’anse du méandre,
Frôlait les aulnes en silence,
Laissait la ville au loin,
Déjà rêvant l’océan
Sous l’aile d’un goéland.
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Le mardi 12 juin 2012 à 18:03 :: Au fil de l'eau
Fallait-il qu’elle soit rouge
Au creux de toute cette verdure,
Symbole de quiétude
Les branches se reflétant dans l’eau
L’eau baignant les feuilles de quelques larmes ?
Fallait-il qu’elle soit rouge
Comme autant de colères rentrées
Comme autant de mots durs lancés
En défit à la vie, aux poisons amoureux
Et aux troubles infidèles de notre adolescence ?
Fallait-il qu’elle soit rouge
Que sa couleur vive,
Ravive nos passions
Que l’eau lentement se trouble
Que le silence efface nos illusions ?
J’aurais aimé couper ses amarres
Et que portée par le courant
Elle emporte nos vieux souvenirs
Lentement et sûrement au fil de l’eau…
Où lire ABC
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Le mardi 12 juin 2012 à 12:14 :: Au fil de l'eau
Une rose est tombée au bord de la rivière
Où la pluie pianote, où l’eau va doucement
La rose d’un bouquet ou d’une boutonnière
Une rose peut-être offerte par l’amant ?
Un dimanche d’été comme une caravelle
S’avance et arrondit les gouttes dans l’étang
A petits pas d’ennui, tandis que sous l‘ombrelle
S’abritent les grands yeux d’une fille d’antan
Le peintre a modelé le hêtre et l’aubépine
La barque nonchalante arrimée au coteau
Et la route qui fuit emportant la berline
D’une fille à jamais effacée du tableau
Où lire Lorraine
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Le mardi 12 juin 2012 à 12:06 :: Au fil de l'eau
ARRÊT SUR IMAGE
Il est des lieux si immobiles
qu’on les croirait déjà tableaux,
pas une seule brindille qui bouge,
pas un clapotis sur l’étang
et l’ oiseau cesse de chanter ;
doucement les fleurs montent en graine
en s’excusant que leurs pétales
frémissent encore un peu au vent …
Au point ou stagne la rivière
le temps s’arrête et le murmure
se fait silence, mais un silence habité
par l’âme jade des marais
et par sa faune bien cachée
entre les lianes aquatiques…
en ces lieux calmes rien n’indique
la moindre présence humaine,
si ce n’est cette barque légère,
si légère,
qui voudrait bien se laisser bercer
par les caresses de la brise,
mais ici, il n’est rien d’autre à faire
que de laisser couler le temps.
Il est des lieux si immobiles
si beaux, si purs et si tranquilles
qu’il n’est plus besoin de les peindre…
Où lire Cloclo
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Le mardi 12 juin 2012 à 09:15 :: Au fil de l'eau
La vengeance du fleuve
Tu croyais que personne ne te verrait, allongé à plat ventre dans la barque rouge, pourtant…
Tu les as entendus rire, s’ébrouer, se dire des mots d’amour, s’embrasser, rire encore. Ils avaient l’air heureux. Combien de temps sont-ils restés dans l’eau ? Longtemps. Le temps t’a paru si long. Tu l’entendais rire comme elle n’avait jamais ri avec toi. Ils sont sortis de l’eau, et puis tu n’as plus rien entendu. Alors tu as levé la tête et tu les as vus debout sur la rive, juste devant la barque où tu étais allongé, tels Adam et Eve. Ils te regardaient, le visage sévère. Toi, tu n’as rien dit, qu’est-ce que tu aurais pu dire ? Elle ne t’aimait plus, elle en aimait un autre, les choses étaient claires. Tu devais t’incliner. Mais tu n’as jamais su t’incliner ; ce jour-là non plus. Alors tu as commis l’irréparable. Toi qui ne sais pas nager, tu t’es jeté à l’eau. Tu voulais te noyer, disparaître. Et c’est lui qui t’a sauvé, celui qui te volait celle que tu aimais. C’est lui qui t’a empêché de mourir.
Maintenant tu es à l’hôpital, on te dit que tu vas mieux, que tu as eu de la chance de t’en sortir, mais toi tu ne voulais pas t’en sortir, et tu lui en veux de t’avoir sauvé. Tu te demandes même s’il ne l’a pas fait exprès pour t’humilier, pour que tu souffres plus. D’ailleurs, tu as pris une résolution : dès que tu sortiras de l’hôpital, tu le tueras.
Où lire GBalland
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lundi 11 juin 2012
Le lundi 11 juin 2012 à 17:58 :: Au fil de l'eau
BONNE PÊCHE
Le Norbert Pointu fuit la compagnie de ses semblables. C’est un célibataire endurci, amoureux de la nature, tellement plus généreuse qu’une femme. Un bout de jardin attenant au cabanon, niché dans un îlot de verdure, lui donne de beaux légumes et il gagne quelques sous avec la vente de sa pêche aux restaurants gastronomiques des bords de Loire. Il est heureux de son havre de paix, heureux de s’adonner à son sport favori. Des que l’aube embrume les eaux, il file avec ses cannes dans sa barque rouge à fond plat. Lui seul connaît les bons endroits à la grande déconvenue des pêcheurs du dimanche. Son père lui a enseigné l’art et la technique. C’est un malin le vieux. Norbert est sûr qu’il a planqué un magot. Pour l’amadouer et le faire parler, il lui a offert des bouteilles de Gros Plant, du bon, pas de la piquette ! Seulement le vieux toujours muet comme une carpe ne taquine plus que la bouteille et devient insupportable. Les cris et les disputes résonnent dans la fraîcheur du soir et n’intriguent que les poissons qui frayent dans les roseaux.
Cette année le fleuve regorge de vase. C’est un effet des nitrates absorbés par le sol. Plus de prises nobles et plus de nouvelles du vieux Pointu au village. Personne ne pose de questions. Personne ne les aime assez pour s’inquiéter de la disparition du bonhomme. Une mauvaise chute un soir de cuite, qu’est que ça peut faire ! Le gars du cabanon a la réputation de bien veiller sur son père.
Seuls les cuisiniers des restaurants transpirent. Plus de brochets au beurre blanc si difficile à réaliser, mais des écrevisses énormes et grises grillent sur les fourneaux. Le Norbert est tout content. Il jubile, en toute discrétion, les poches pleines. Pas besoin d’appâter, il sait où se concentrent les coquines qui aiment tant se délecter de la chair recuite de son vieux.
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Le lundi 11 juin 2012 à 17:53 :: Au fil de l'eau
L’eau c’est ma tête
La rivière tient dans ma main.
Les étoiles, le ciel, le vent et le soleil reprennent la rivière le soir
Alors la rivière part sans se retourner.
Et le temps peut alors passer dans les sables mouvants.
Mes yeux s’habituent peu à peu à la lune et à ses reflets dans la rivière.
Je me couche dans son lit de galets et guette grillons et joncs bleus qui dorment sur le bord.
Je remonte à la source aux fleurs sur les deux collines du pays des fées.
Ici se jettent dans les bras de la rivière des bruits nouveaux des orages et des pluies et les cortèges de lucioles en fleurs.
Encore un peu de jour sur ma peau mouillée et des reflets d’eau qui s’aplatissent au fond tout au fond du cour d’eau.
Je m’aperçois que toutes les ombres sont fausses, un chapeau flotte au milieu des flots.
À cause de l’eau, il s’éloigne comme un homme fâché avec les fées.
Je pleure de le voir s’éloigner les cloches sonnent au loin et je ne sais plus quoi faire de mes mains.
On entend, pleurer que la pluie
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Le lundi 11 juin 2012 à 17:49 :: Au fil de l'eau
AU PARTAGE.
C'est l'inverse d'un arrivage... Et pourtant c'est de plus haut qu'elle vient. Elle déboule de Fontaine de Vaucluse, droit du cœur profond de la terre. Celui qui est en prise directe sur le ciel.
Si directe que deux jours après une pluie, elle se gonfle comme un génois sous la rafale.
Là-bas, à quelques kilomètres, jamais, ô grand jamais tu n'auras vu de ta vie toute entière une eau si belle, aux fonds si clairs, balayés d'herbes vertes et longues comme des cheveux longs de princesse oblongue... Ensuite, elle court sous le dessous de Saumane, tu sais, ce village où la route est creusée dans le roc pour y accéder, où il n'y a qu'un restaurant, où on y mange, si possible sur sa minuscule terrasse protégée du vent, servi par un sourire de sourire... Où tu t’es promené, autrefois avec dans ta main la main d’un amour fragile… Après, elle s'approche de L'Isle, là où elle va se diviser pour mieux serrer la ville dans ses deux bras. Parce qu'elle embrasse cette rivière-là. Avant de se dédoubler, elle aura mouillé les berges en amont, de ses fraîcheurs de jouvencelle. Voilà, cette rivière est une jouvencelle qui s'alanguit au Partage. Là, elle bute contre un muret de pierres, ombré de deux ou trois platanes comme on les aime ici, généreux, protecteurs, patriarches puis elle se sépare en avants bras.
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Le lundi 11 juin 2012 à 17:40 :: Au fil de l'eau
Le fleuve n’en finit pas
de miroiter de murmurer .
Il n’en finit pas
d’attirer d’engloutir…
Félin
il joue avec l’écho
et guette le vif.
Autrefois,
nous rêvions trop
en vers et en couleurs
en parler d’avant les langues
nous masquions nos songes de sable
ou de crainte.
Toujours à l’écoute du chant
du murmure des cicatrices
« on s’aime blessé » dit un poète
nous y croyions...
A présent que l’infini en nous
ne fredonne plus
nous semons des partitions muettes
des photos sans clés
visages de louves inquiètes et affamées
visages marqués par l’usure
par tant de questions jamais posées.
Viendra un temps
où avancer n’aura plus de sens…
Le fleuve n’en finit pas
de gronder de gonfler
de charrier d’effacer…
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Le lundi 11 juin 2012 à 11:52 :: Au fil de l'eau
Turquoise, flammes d’argent, saphir
Inexorable mouvance :
Le fleuve.
Emeraude, jade incertain, céladon,
Chatoiement mat :
Les berges.
Lego rouge, jouet d’enfant pirate,
Plastique dérisoire :
La barque.
Eclat de rire incongru, vivant,
Accroc sur le velours,
Cosmique.
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Le lundi 11 juin 2012 à 08:11 :: Au fil de l'eau
« Il faut que je vous dise…j’ai menti !
Je suis tellement lasse.. et n’en ai plus pour longtemps. Il est vraiment temps que je vous dise, que c’est ainsi, et que je ne regrette rien.
Mais je vous ai menti, et cela a pesé tellement lourd parfois entre nous…
Je vous ai élevés seule, et ne répondais jamais à vos questions sur votre père. Vous ne vous en souveniez qu’à peine, tellement vous étiez jeunes lorsqu’il est parti.
Mais c’est là-dessus que j’ai menti ! Il ne m’a pas quitté pour une autre femme.
J’allais finir par mourir tellement sa violence était devenue irraisonnée.
Un jour je l’ai planté, là, avec un couteau de cuisine. Il m’a regardé, surpris. Bien sûr qu’il ne me pensait pas capable de ça. Puis il est mort. Et je l’ai traîné jusqu’à l’étang de la Sentine. J’ai accroché une lourde pierre à chacun de ses pieds, et son corps s’est enfoncé dans l’eau.
Il ne doit pas en rester grand-chose à présent…
Il m’a semblé que vous aviez le droit de savoir que votre père était un salaud au-delà de l’inimaginable, mais que votre mère ne valait guère mieux puisqu’elle n’a pas su le quitter autrement.
C’est en cela que je vous demande bien pardon. »
J’ai reposé la lettre. Je ne sais pas si j’aurais du l’ouvrir. Maman est enterrée depuis moins de trois jours. Je nettoyais les papiers dans sa commode lorsque j’ai trouvé cette enveloppe libellée « A mes enfants ».
Quelle effrayante confidence, et qu’en faire à présent ? La partager avec Paul et Céline, ou la noyer, elle aussi, dans l’étang, en même temps que mes larmes ?
Alors qu’elle broie mon cœur et pèse plus encore qu’un corps mort, je la contemple s’enfoncer lentement dans l’eau glauque de l’étang.
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Le lundi 11 juin 2012 à 07:31 :: Au fil de l'eau
La mission
Qui avait bien pu aborder Notre île ce jour-là en volant Notre "Intrépide"? ou plutôt la barque que nous prêtait P'tit Louis moyennant quelques roudoudous ou carambars fruités.
Ce n'était pas le père Gautherot qui ne jurait que par son bateau-passoire souvent entre deux eaux et lui entre deux kirs.
Ce n'étaient pas ces Parigots qui ne venaient jamais en Août, prétextant l'ardeur insoutenable de notre soleil.
Qui osait ainsi pénétrer Notre sanctuaire et peut-être investir Notre cabane et y voler Nos trésors?
De la rive, Faustine n'avait pas tardé à réagir et nous désigna, Blaise et moi volontaires d'office - car nous n'étions qu'un trio de trois - pour une mission de reconnaissance qui s'annonçait des plus dangereuses.
Non pas que la rivière fut trop large ou trop agitée mais le peu d'eau à cet endroit cachait autant de pierres glissantes que de trous sournois où l'on laissait tout à la fois une sandale et notre honneur...
Comme Blaise commençait à flageoler sur ses guiboles, Faustine nous lança son fameux regard bleu électrique qui nous ôtait toute envie de reculer et finissait toujours par nous faire faire n'importe quoi. Ne nous avait-elle pas en guise de guimauve fait croquer de son piment des squelettes?
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Le lundi 11 juin 2012 à 07:30 :: Au fil de l'eau
Dans la forêt profonde, au milieu des futaies
j’ai vu passer une ombre… le fleuve sursauter,
s’enfuir à tire d’aile un étourneau badin,
se dérober soudain du bois, les bois d’un daim.
Vénus en transition, Bérénice m’attend
elle verra brûler les forges de Satan,
le ventre de la Terre est un ventre tout mou
fait de lave en clystère, de gaz et de remous.
On pense qu’il se couche… mais, la Terre pivote !
Le soleil il s’en fout de nous ! que je suis sotte
de croire qu’il se cache juste pour préserver
le repos de mes nuits, le doux de mes rêvés…
L’oreille en diapason, l’œil en détournement,
le souffle en pâmoison, le cœur en tournoiement,
de toi je veux goûter la saveur douce heureuse
et voir jouer ta langue à ma langue amoureuse.
Ton cou égratigné laisse perler le sang ;
la chatte a conservé son regard innocent ;
« A mes griffes il ne faut point de dérangement
sinon le risque est grand de défigurement. »
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Le lundi 11 juin 2012 à 07:00 :: Au fil de l'eau
Plomb et Maraîchins ( Sèvre Niortaise et Marais Poitevin)
1.
Si plomb, échoué à la funeste marée,
Envasé, puis couvert de boue, herbes et arbres,
Veuille Léviathan être nef amarrée,
Réduit au carnaval sauvage de ces marbres.
Et l’Homme, modeleur, s’acharna aux viscères :
Ni os, ni chair saillant aux biefs, tout ce palud
Idoine, qu’il fut, en fut eaux quadrilatères,
Ondoyantes, pourtant linceul de son salut.
Reflètent, nocturnes au tain épais sous l’onde,
Toutes lueurs d’astres d’un ciel agonisant
Autant gobé que gobent crapauds à la ronde ;
Il vient l’aube et pécheurs ; au fleuve harmonisant
S’alternent crin de brume et pilastres de cannes,
En cette indolence où dodelinent les ânes.
2.
Et Léviathan (boue, herbe, arbre, plomb et vase)
Transige et se dépèce : un printemps vient, l’évase…
3.
Maraîchins, et oiseaux, aux strates coassées
Affluent, le geste feutre et les pas clapotis :
Rameurs, barboteurs, ils grattent leurs boues loties,
Au soir rendues douves, les canaux exhaussés.
Il s’y trouve gîtes, nids, potagers, pâtures
Surplombant l’eau moirée ; il s’y roussit nuages
Piégés comme astre au tain, dans ces eaux polyphages
Où rouissent des os, où les passés bouturent ;
Il s’y falaise les rives à la nuit nasse,
Trichant en précipice au vol lent d’un rapace,
Etiré en cirrus le long de l’eau inerte.
Va ainsi mesuré tout le sauvage, hormis
Icelui géant… Chut ! Nulle hubris, nulle alerte,
Ni cri : Léviathan, de plomb, s’est endormi.
Où lire Quebre
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Le lundi 11 juin 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Après la rigueur mathématique, cette semaine nous vous proposons un sujet libre, inspiré (ou non) de cette photographie.
Laissez glisser votre plume au fil de l’eau et envoyez vos textes à l'adresse habituelle avant le dimanche 17 juin minuit (heure de Paris)

© crédit photo : Toncrate
Bonne semaine !
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dimanche 10 juin 2012
Le dimanche 10 juin 2012 à 21:00 :: Ecriture mathématique
La tangente
Dans la rondeur des jours y a-t-il des spirales ?
De celles dont on sort, de celles qui vous happent ?
Ce qui tournait si rond vire en segments brisés
L'âge du capitaine ou bien de la baignoire
Les robinets qui fuient calculez donc combien
Quelle goutte de pluie, quel dosage de sel ?
Le compas de ses jambes est sorti de ses gonds
A grandes enjambées il la voit arpenter
La ligne de ses pas - polygone il espère
Un vase a débordé, elle a pris la tangente
Il rêve de leurs corps, courbes, pleins et liés
L'arabesque des cœurs échappe à tout calcul
Et la rondeur des jours se tricote en spirale...
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samedi 9 juin 2012
Le samedi 9 juin 2012 à 22:02 :: Ecriture mathématique
Je ne suis pas un Dom Juan, loin s’en faut. Néanmoins, il se trouve qu’en la personne d’une jeune étudiante de licence, j’ai trouvé une application au théorème bien connu : « La somme des côtés d’un triangle rectangle est égale au carré de l’hypoténuse ». Ce fut à la fois bouleversant et fort excitant. Jugez en de mon récit :
La jeune femme écoutait mes démonstrations au premier rang de l’amphithéâtre depuis quelques mois sans que je l’eusse jamais remarquée. Mais voici qu’elle vint me trouver au terme d’un de mes cours pour me signaler que les qantas que j’avais développés l’avaient beaucoup émue par la variété et la beauté de leurs expansions, émue aux larmes, car elle s’effondra sur mon paletot et s’y moucha copieusement. « Bigre, me dis-je, il faut que j’y aille mollo avec mon enthousiasme pédagogique ! » Mais j’avoue que je me sentais flatté d’un tel ascendant sur une étudiante. Aussi l’invitai-je à prendre un café pour l’aider à se remettre de ses émotions et poursuivre notre conversation.
Tournant sa cuillère dans la tasse, d’un mouvement circulaire régulier quoiqu’assez fascinant, elle me glissait un regard oblique dont la grande timidité me mit dans l’état inversement proportionnel d’une audace que je ne me connaissais pas. D’un doigt léger et tangentiel, j’effleurai la rondeur de sa joue droite, puis de sa joue gauche, et poussé par le paramètre universel du désir, je me penchai sur l’orbe tout entier de son visage au centre duquel s’épanouissait son nez encore rougi – Mon dieu, me dis-je, pourvu qu’elle n’ait pas une inflammation des sinus ! - et lui prodiguai un long baiser qui partait de moins l’infini et tendait à plus l’infini. Inutile de préciser que cela nous prit du temps.
Sur le trottoir, la petite, encore toute étourdie, enivrée, il faut l’avouer sans forfanterie, s’appuya à mon bras pour conjurer la démarche sinusoïdale que lui dictait son vertige. Je lui proposai de prendre un peu repos horizontal dans un hôtel, mais elle me dit qu’elle préférait le vecteur vertical d’un ascenseur, comme celui de la Tour Montparnasse. « Diable ! » me dis-je, envisageant aussitôt qu’elle supposait entre la célèbre tour et mon potentiel une égalité avantageuse que j’étais loin d’espérer. Je partais sur une hypothèse basse, certes, mais à mon âge la mise en équation de mes appétences avec mes capacités devient de plus en plus problématique.
Aussi me conjurai-je à la prudence, A ce moment précis, fort heureusement, je me rappelai le théorème sus nommé et entrepris de lui en démontrer la fausseté éhontée. Un quart d’heure plus tard, alors que je parvenais à ma conclusion, je m’aperçus que je marchais seul, elle avait pris subrepticement la tangente. « A la soupe ! Me dis-je soulagé, et je rentrai chez moi où mon épouse avec son exacte rigueur, ajustait parallèlement les couverts de part et d’autre du cercle des assiettes. La vie d’un professeur de mathématiques n’est pas sans mésaventures.
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vendredi 8 juin 2012
Le vendredi 8 juin 2012 à 18:45 :: Ecriture mathématique
Puisque les Impromptus littéraires m'y invitent, je crois le moment venu de vous parler de ma moitié. Autant vous dire tout de suite qu'elle n'est pas la moitié d'un imbécile.
Pour la reconnaître, sachez que sa hauteur est proche de sa largeur. D'une circonférence nettement supérieure à la moyenne, nous pouvons considérer que sa surface et ses formes sinusoïdales représentent un volume considérable susceptible de remettre en cause les lois d'Archimède.
La voix est aiguë, le caractère obtus, nécessitant une remise dans la droite ligne à intervalles réguliers pour arrondir les angles et ne pas dépasser les bornes.
Je ne suis pas pour la division du foyer et je suis quelqu'un de carré, donc, lorsque nous quittons l'hexagone sur un avion de ligne, je réserve toujours une place supplémentaire. L'addition est salée mais les plateaux repas sont intégralement dévorés.
Je ne vous ai livré ici qu'un échantillon et quelques arguments, et j'essaie encore de faire bonne figure, mais je ne supporte plus ses écarts et la multiplication de ses dépenses exponentielles qui atteignent des sommets. J'envisage de prendre la tangente et de chercher un point de fuite avec une inconnue.
Où lire Oncle Dan
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Le vendredi 8 juin 2012 à 18:35 :: Ecriture mathématique
Les compagnons d'Archimède, s'étaient donné rendez-vous à Villelongue, pour commencer leur itinéraire vers la Salvetat-sur-Agout.
Tous les participants étaient arrivés à 6 h.
Chacun d'eux avait prévu un sac à dos, avec un imperméable, une trousse d'urgence, une gourde d'eau , des documents ainsi qu'un podomètre.
Un petit déjeuner les attendait, servi sur une table de ferme encadrée de deux bancs, dans la grande salle à manger du gite. Une suite de bols avait été disposée à leur intention.
Il était 6h45 quand Pascal, le guide des compagnons, donna le signal de départ.
Il rappela quelques personnes qui avaient pris la tangente pour admirer le barrage du Laouzas et ses chutes mousseuses.
Ils prirent la route perpendiculaire vers Gabutal sur le chemin d'Arles, et chacun leur tour, se mirent à commenter leurs découvertes.
Archimède, le géologue, ramassait un à un des échantillons de roches et avec une logique implacable. Une loupe à la main, il les triait.
Il trouva cinq schistes, quatre granits, de multiples roches qu'il trouvait intéressantes et qu'il rangeait méthodiquement dans son sac.
Leonhard fit remarquer l'altitude du lieu grâce à son altimètre portable:
« Nous sommes déjà à 845 m !... le chemin commence à grimper !»
A l'aide de leur bâton à l'extrémité pointue, qu'ils appuyaient dans des endroits stables, ils avançaient logiquement tout en évitant les cailloux.
Leurs pas n'étaient pas chronométrés mais mesurés et réguliers.
Ils continuèrent par une courbe en direction de la forêt domaniale du Somail.
Ils s'arrêtèrent quelques courts instants pour admirer les ruines de Severac le chateau et c'est Nicolas, historien passionné qui commenta le passé de cette forteresse datée, probablement dit-il, du 10éme siècle.
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jeudi 7 juin 2012
Le jeudi 7 juin 2012 à 07:25 :: Ecriture mathématique
Résolution d'équations à x inconnues
Il était parti du numéro 1, racine de son arbre : lui ! Puisqu'il aimait être le centre d'intérêt, il avait tracé des cercles concentriques autour de lui, divisé en deux le premier, puis en quatre le second, et ainsi de suite. Il était parti du postulat que cette méthode était infaillible, puisque dans chaque case, il notait un ancêtre : le premier cercle autour de lui comportait deux cases, pour ses parents ; le second cercle, quatre, pour ses grands-parents, … Si le nombre de ses ancêtres représente une suite géométrique d'ordre 2, il fallait bien l'exploiter...
Et à force de multiplier ses recherches, les inconnues étaient à la fois de plus en plus, et de moins en moins, nombreuses : sa base de données tendait toujours et encore vers l'infini.
Mais il avait oublié que parfois, ses ancêtres n'avaient pas pris la tangente, bien au contraire. A rester dans le même ensemble, le noyau restait le même, et on finissait par se croiser entre cousins germains. Avec son système de cercles concentriques, pour relier les ancêtres communs, il se retrouvait à tracer des diamètres, des hypoténuses, à voir des triangles inscrits dans ses cercles... il n'y comprenait plus grand chose. Il essaya d'échafauder de nombreuses théories, de partir de tous les principes existant pour en créer un nouveau. Mais rien n'y faisait : le problème prenait racine dans son concept-même.
Il se résolut à utiliser un autre arrangement : un arbre avec des branches qui à leur tour se divisaient successivement en deux ramifications. Il se rendit compte que cette représentation imaginaire était beaucoup moins complexe que la précédente, puisqu'il suffisait de tracer des courbes d'un ancêtre à l'autre quand il devenait commun pour voir que toutes ces générations étaient bien réelles. Et cette représentation était finalement beaucoup plus naturelle.
C'est là qu'il comprit que faire sa généalogie ne relevait pas tant que ça des sciences mathématiques avec ses suites arithmétiques et ses problèmes d'additions et de soustractions, mais qu'il s'agissait bel et bien de sciences humaines et naturelles...
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mercredi 6 juin 2012
Le mercredi 6 juin 2012 à 17:35 :: Ecriture mathématique
POUR SOLDE DE TOUT COMPTE
Loga comptait et recomptait les billets. Il était d’humeur maussade. Les affaires ne tournaient
pas rond en ce moment et la concurrence était rude. Loga ne relâchait pas le rythme pourtant
et ses gagneuses occupaient toujours le terrain mais il flottait dans l’air une odeur de fin de
règne. Il se faisait vieux et ce n’est pas ses costumes cravate du meilleur tailleur de la ville,
ni ses méthodes expéditives de tueur qui allaient freiner l’ambition des jeunes loups qui
briguaient sa place.
Tout d’abord, les filles lui posaient problème. Elles offraient un visage courbe au sourire
rectiligne, une ligne de reins parfaite mais à la moindre déconvenue, elles prenaient la
tangente pour un mac plus frais au compte en banque alléchant. En tant que pygmalion bien
intentionné envers ces demoiselles, il avait discuté du problème à coups puissance dix sur
l’échine pour un résultat peu probant. En désespoir de cause, il s’était rabattu sur les machines
à sous, avait racketté les tripots clandestins et là aussi il s’était heurté à l’ordonnée bien huilée
de jeunes prétentieux, chatouilleux de la gâchette. Après avoir perdu plusieurs hommes
retrouvés impactés par le viseur à angle droit d’une kalachnikov, Loga sans repères sur
l’abscisse de sa destinée de mafieux s’était tourné vers la drogue. La blanche pas très pure, la
blanche aux mains sales qui creuse des trous bien ronds dans les neurones de ses dealers. Il
faut croire que les chimistes ne pratiquaient pas la bonne formule car sa came coupée par des
bissectrices enfarinées rendait chèvre une grande proportion de la clientèle.
Loga était triste et comme c’était un grand sentimental malgré tout, des larmes perlèrent de
l’axiome plus très parallèle de son regard divergent. Il pleurait sur sa solitude. Sa femme
ayant fui l’équation peu sécurisante de cette vie. Il pleurait sur son cercle d’amis, allongé au
carré sous les cyprès du cimetière. Il pleurait sur ses affaires qui ne multipliaient plus que les
embrouilles. Il était le truand, le plus malheureux de la terre. Une terre qui ne tournait plus sur
son axe se répétait-il en se mouchant bruyamment dans un grand mouchoir à carreaux.
Il ne l’avait pas entendu arriver. Loga sursauta. Dans le miroir au dessus du coffre-fort, se
découpait la silhouette de son lieutenant. Un gars aux traits anguleux et au regard obtus. Un
bon petit gars qu’il avait formé et qu’il chérissait comme un fils. Tout n’était pas perdu, à
deux, ils seraient une force démultipliée contre l’adversité. La formule lui plaisait, le vieux
mafieux se retourna et ouvrit les bras juste comme il fallait pour exposer le centre de sa
poitrine. Un pistolet jaillit comme une flèche de la main gantée du costaud aux trapèzes
impressionnants. La cible était trop tentante et le carton du plus bel effet.
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Le mercredi 6 juin 2012 à 17:03 :: Ecriture mathématique
De la littérature mathématique
Plutôt littéraire, le nez prêt à plonger dans un poche ou un volume de la pléiade pour y noyer vos yeux, vous griffonnez vous-même parfois quelques mots, quelques phrases, des récits, des emphases et même des vers.
En ces moments-là, rares et chers, le temps ne compte plus. Il est fugitif et ne se chiffre ni en secondes, ni en minutes, ni en heures ni en années. Vous vagabondez de livres en livres, de syllabes en syllabes. Vous errez comme dans un dictionnaire, sans rien chercher mais en trouvant parfois de minuscules merveilles, assonances, rimes ou calembours ; paraboles, zeugmas ou anacoluthes.
Mais imaginez que depuis aujourd'hui, vous vouez une passion soudaine et inattendue pour les mathématiques. En toute logique et aussi vrai que un et un font deux, votre plume s'en trouve affectée. En toute probabilité, il faudra compter sur le style de votre écriture qui tendra inévitablement vers une optimisation globale.
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Le mercredi 6 juin 2012 à 14:48 :: Ecriture mathématique
Chaque semaine, le lundi au saut du lit, je regarde le sujet des Impromptus Littéraires.
Le mardi, je regarde chez Olivia et son blog « Désirs d’histoires » les mots qui tombent inexorablement.
Cette semaine est un peu particulière puisque je déménage. C’est donc branle-bas de combat à la maison : cartons et compagnie …Un déménagement, deux textes, un boulot, deux enfants, un mari, 2H40 quotidiennes dans les transports…. Jamais je n’aurais le temps de tout faire, à moins de rajouter quelques heures à la journée.
Et pas moyen de laisser tomber ces jeux une semaine, je suis « addict ».
Aujourd’hui, j’étais donc décidée à expédier le déménagement pour pouvoir enfin me consacrer à l’écriture de mes deux textes. J’avais déjà un titre «Octave, le chevalier mélanique ».
« Pour le sujet c’est pas compliqué » a dit Oncle Dan « on prend le mot le plus compliqué et on part de là ».
J’avais donc cherché la signification de mélanique dans mon dico (définition du Larousse : mélanique : qui contient de la mélanine) et j’étais prête à raconter l’histoire d’Octave et de son amour des mathématiques.
J’avais compté le nombre de cartons (123), le nombre de marches jusqu’au camion (25). A raison d’une minute par carton, c’était bon sur mon planning minuté.
Seulement, vers 13H55, je suis peu opérationnelle (au moment de la digestion) et à force de descendre les escaliers quatre à quatre, j’ai un peu raté la marche.
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Le mercredi 6 juin 2012 à 14:32 :: Ecriture mathématique
L'heure
Soit une médiathèque,
8 le nombre de livres lus à haute voix, dont la moitié avec des bruitages,
4 le nombre de chansons, dont 2 étaient aussi dansées,
30 environ le nombre d'enfants, chacun ou presque accompagné de son adulte,
En déduire si l'heure du compte a été un délice.
Où lire Anna
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mardi 5 juin 2012
Le mardi 5 juin 2012 à 23:17 :: Ecriture mathématique
Un départ calculé.
J’avais multiplié les appels sans recevoir aucune réponse de sa part.
J’avais une théorie sur son silence et pour la vérifier, il me suffisait de me rendre jusque chez lui. Ce n’est pas trop difficile : il habite à deux cents mètres, une rue perpendiculaire à la mienne, tout près du Cercle Littéraire. Même pour une fille pas sportive pour deux sous comme moi, c’est trois fois rien.
J’ai sonné au bas de son immeuble. Toujours aucune réponse. Je connais le code pour rentrer, par cœur, c’est 3*14. Dans le hall, j’ai grimpé les escaliers, quatre à quatre. Mais une fois devant sa porte, je suis restée très partagée sur la conduite à tenir. En moi, une part infime luttait encore pour ne pas savoir. J’ai tout de même frappé, encore et encore, de plus en plus fort, de façon exponentielle, jusqu’à ce que la voisine sorte sur le palier pour valider mon hypothèse. J’avais tout juste au problème : il avait bien pris la tangente, pour de bon, vers l’infini.
Elle avait vu, le matin même, les déménageurs multiplier les voyages afin de vider l’appartement. Ils lui avaient appris que mon petit ami avait été recruté par la société Thalès pour résoudre des problèmes de signalisation sur une ligne de métro, à Shangaï. Ils emportaient tous ses meubles au garde-meuble et ne savaient pas quand il reviendrait.
J’ai tracé la route, tout droit jusque chez moi, sans un mot.
J’avais résolu mon équation mais cela m’avait ôté tout mon courage et ma joie de vivre.
Où lire Mamido
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Le mardi 5 juin 2012 à 23:10 :: Ecriture mathématique
LA GÉOMÉTRIE DE L'ABSENCE
Derrière la courbe fermée de l'absence
Je retiens le souvenir
Et le reste d'un soupir
Dans l'angle obtus du silence.
L'espace fractionné
De ma mémoire
Se mesure
En une soustraction.
Je compte les regrets
Et les larmes
Et le temps absolu
De la dislocation.
Chaque minute m'emprisonne
Dans le périmètre de l'éternité
Et la hauteur de mes nuits
Vides
Me donne le vertige.
Je trace des parenthèses
De mots
Sur l'indicible surface
Du crépuscule.
La distance qui sépare
Ton futur du néant
S'élève à la puissance
D'un point
De choc.
Une ligne droite d'asphalte
Et la verticale d'un platane
Propulsion
Accélération
Sidération.
À la périphérie d'une nuit de printemps
L'heure zéro de l'inconcevable.
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Le mardi 5 juin 2012 à 19:14 :: Ecriture mathématique
Examen
« - Il y aura toujours quelqu'un pour repeindre les plinthes ! Vous avez deux heures »
dit le surveillant devant une trentaine de candidats médusés.
Dans cette salle règne un silence absolu. Il est vrai qu’avec un tel sujet il y a de quoi resté coi !
Approchons nous un peu pour voir ce qu’il se passe.
Sur chaque table, des feuilles de brouillon colorées et du papier millimétré sont disposées en algorithme. Le surveillant doté d’un regard d’aigle observe si par hasard, il n’y aurait pas un tricheur… Bouf comment tricher avec un sujet pareil.
Quelques candidats jettent des yeux désespérés au plafond et comptent les mouches qui volent deux par deux en réalisant des ellipses et des arabesques, ou dénombrent les dalles carrées itérativement comme s’ils étaient atteints subitement de TOC tout en essayant d’estimer leur surface pour en déduire la surface totale.
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lundi 4 juin 2012
Le lundi 4 juin 2012 à 21:05 :: Ecriture mathématique
Native de Thiers, est-ce à cause des couteaux que sa vie ressemblait à un champ vectoriel ? Est-ce parce que ses valeurs se déployaient sur un axe horizontal qu'elle n'est pas ordonnée, comme dit A. Graham son ancien prof de maths ?
A bien y regarder sa vie ressemblait à une itération depuis qu'elle avait rencontré un Suédois nommé Koch dont le passe temps favori consistait à dessiner des flocons et qui commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Il s'appelait Vibol, mais son ami Benoît l'appelait Pol à cause de ses sinus toujours encombrés, elle dans l'intimité l'appelait Vi.
Ne se perdant pas en conjectures, un jour elle lui dit :
« Vi, j'ai si mal, il serait vain de croire aux vertus de ta laisse sur mon cou. Ainsi donc je ne boirai pas ce vin jusqu'à la lie, compterai jusqu'à cent, et te prierai de déguerpir au plus vite »
« Tu y perd Pol » lui dit Benoît, ce qui la fit bien rire.
Elle qui rêvait de courbes et de couleurs, finit par rencontrer un dénommé Mandelbrot assez prometteur en la matière mais qui ne lui montra que son pou. Lui, s'entendit dire :
« Prends ton frac, t'as l'Euclide primaire... »
L'esprit bougon, les courbes pas asymptotes du tout et assoiffées de contacts, elle décida de changer d'horizons et, au hasard, pointa son doigt sur la carte de France. La région Poitou-Charentes l'appelait et plus particulièrement les Deux Sèvres. Là-bas, les noms parlaient clair à son oreille. Elle hésita un peu entre Chantecors qui lui plaisait bien et Pougne Hérisson qui promettait le rire aux soirs d'été. Sainte Verge attira toute son attention et fixa son choix.
En route pour la gare et le sourire en coin, elle se demandait si la préposée au guichet avait souvent entendu dans sa carrière quelqu'un lui dire « Je voudrais aller à Thouars ».
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Le lundi 4 juin 2012 à 18:02 :: Ecriture mathématique
UN COUPLE QUI DURE C’EST QUAND MEME ASSEZ COMPLIQUE, MAIS SI ON PEUT AVOIR DE LA CHANCE, IL NE FAUT PAS COMPTER QUE SUR ELLE.
Autour de la table, comme souvent, la conversation arrive sur le couple, ses Grandeurs et ses Misères.
- Un plus un ça fait UN. (Plus qu’hier, moins que deux mains.)
- Nan nan : Un plus un ça fait trois. (Les deux plus le couple qu’ils forment et qui mérite toute leur attention !).
- Tss tss : Un plus un égale quatre. (Les deux plus les deux belles mères…)
- Dis on t’a pas sonné toi ! Quand on aura besoin d’une bêtise, on t’appellera !
- Vous n’y êtes pas : Un plus un ça fait… cinq ! Cinq ? (Ben oui : les deux plus le couple auquel il faut ajouter les enfances de chacun des deux qui ne tarderont pas à se montrer entre dès les premiers achoppements…).
- Vous me faites peine à calculer comme des ingénieurs ! Un couple c’est deux personnes embarquées dans le même bateau et puis c’est tout.
- Ah oui tu as raison :Ça se dit souvent ça : Ramer en couple…
Où lire Chri
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Le lundi 4 juin 2012 à 17:19 :: Ecriture mathématique
Il est certain que la mathématique n’est pas ma thématique préférée, loin de là ! Et je préfère la métaphysique à la physique tout court. Dans les temps anciens tout était lié : sciences et mystique indissociables, sans que les unes soient supérieures aux autres dans une suite logique infinie.
A un facteur près qu’on ne sait fichtrement pas comment certains humains ont réussi à découvrir tant de théorèmes fameux alors que d’autres en étaient encore à patauger dans des temps barbares fumeux.
Mais à présent, pour tirer son épingle du jeu et grimper dans la pyramide sociale, il est nécessaire de connaître la vitesse de propagation de sa propre lumière, sous peine de plonger dans un trou noir. A une ou plusieurs inconnues, les équations s’enchevêtrent pour nous faire perdre la boule, et la quadrature du cercle vient fatiguer nos pauvres sinus proportionnellement emmêlés. La révolution sied au cylindre qui s’empare de pavés droits afin de nous les jeter à la figure en termes volumétriques, utilisant ainsi la force centrifuge afin d’essorer quelques candidats au bac au passage.
Ne vous gaussez pas, mais j'ai toujours crû que la courbe en cloche était pour "me les sonner" !!!
En conclusion statistique : nul n’est obligé d’être bon en math pour être heureux, mais pour être tranquille dans sa scolarité, si !
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Le lundi 4 juin 2012 à 16:42 :: Ecriture mathématique
Le facteur était nul
Sans l'ombre d'un doute, le tic-tac du nouveau cadran solaire était silencieux - du moins inaudible - aussi se félicita t il de sa récente acquisition.
Certes il allait regretter l'ancien et sa forme heptadécagonale mais se faire agresser les tympans chaque quart d'heure soit quatre vingt seize fois par jour par un carillon d'harmoniques impaires à soixante dix décibels bien tassés, c'en était trop!
Il aurait dû se méfier lorsque le postier l'avait livré un an auparavant car qui mieux que lui savait qu'un produit est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul.
Comme toujours Sofia n'avait pas manqué de hausser les épaules - il lui sembla même l'avoir entendue opiner vivement de la tête au-delà des seize Hertz qu'il pouvait encore percevoir - et en conclut une fois de plus qu'ils ne seraient jamais sur la même longueur d'onde et qu'elle méritait bien son surnom de Pégécédé... Plus grand commun diviseur!
Cela ne l'avait pas empêché de lui faire une suite finie de cinq garçons - une malencontreuse erreur dans son calcul de densité de probabilité l'ayant privé de filles - ces cinq là bizarrement réels et complexes à la fois et qui couraient bruyamment dans le carré du jardin poétiquement baptisé l'Hypoténuse, en rapport au cordon de pyracanthas aux épines acérées qui leur ôtait toute envie de prendre la tangente.
Pourtant la somme des termes en culotte courte s'avérant inexacte, il interpella le plus jeune qu'il avait surnommé sa fraction irréductible:
"Camille, qui manque à l'appel?"
"C'est Augustin, père... il est encore monté jouer au grenier" répondit l'irréductible cafteur tout en jonglant avec un icosaèdre tronqué que les savants nomment ballon de foot.
Il soupira... Il lui semblait qu'avec l'âge l'échelle du grenier était devenue logarithmique et, se souvenant de la loi de Murphy qui lui garantissait la chute à coup sûr doublée d'un séjour à durée indéterminée à l'hôpital du canton, il renonça à y monter.
De toute façon il savait qu'il trouverait Augustin occupé à mâcher quelque illicite racine carrée tout en s'amusant à vérifier si le gogol est bien égal au nombre d'atomes dans l'Univers!
Bien que fragile des sinus, le gamin était de toute évidence en avance sur son âge dans tous les domaines; ne lui avait-il pas demandé récemment comment résoudre un problème quand on ne peut pas se fier à une inconnue?
Ce à quoi en bon cartésien, il lui avait répondu d'aller questionner sa mère.
Pour l'heure il scrutait désespérément son nouveau cadran en priant Dieu qu'il fasse soleil...
Où calculer Vegas sur sarthe
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Le lundi 4 juin 2012 à 16:25 :: Ecriture mathématique
Oh mon cœur, époux aimé
Près de toi je veux demeurer,
Dans le compas de tes bras,
A l’infini de nos émois.
Sur l’ordonnée de mes folies,
L’abscisse de ta solidité.
Sur l’angle de ma fantaisie,
Ta médiatrice de réalité.
Tu me tiens mon cher amour,
Dans l’aire de ta tendresse,
Pour vivre la magie des jours,
Au diable Pythagore et Thalès.
Les angles aigus n’ont pas manqué
Ni les écueils et les galères,
Mais pour toujours je veux rester,
A l’angle droit de notre équerre.
A présent que vient l’angle obtus,
De nos âges de faiblesse
Euclide lui-même ne peut plus
Nous donner une autre jeunesse.
A la diagonale des étoiles,
Dans la symétrie noire du vivant
On s’attendra pour lever le voile,
Du grand mystère des éléments.
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Le lundi 4 juin 2012 à 16:07 :: Ecriture mathématique
J’avais manifestement affaire à un jeune homme qui avait bricolé la réplique d’une moto qu’il avait vue dans une bande dessinée.
D’après mon théorème, elle va marcher dit-il
Ne t’arrête pas à l’aspect improvisé !
La formule X ? Y ? Z multiplié par son produit scalaire fera qu’elle prendra la bonne trajectoire
Je faisais un cercle avec mes pieds, en disant tout bas : « c’est bien là le plus gros problème
Réussir à aligner les branches pour maintenir le nez en angle droit !!! »
« Hein » me dit-il ?
J’ai dit t’arrêtes pas à l’aspect improvisé. C’est un paradoxe, mais j’ai suivi l’émission scientifique à la télé ABC ,les cassettes vidéo à l’école et maintenant j’applique l’hypothèse.
Mais jeune Louis c’était le lancement d’une fusée !!
Une longue pause me permit de digérer ce que je venais d’entendre. Une terreur sans nom échappa de mes orteils et grimpa vers ma poitrine. J’entrepris donc de la nommer.
Jeune Louis cette moto peut-elle vraiment fonctionner ?
Évidemment enfin je pense !! Avec l’effet combinatoire de la croix du carré et du triangle, elle va démarrer.
Sans en être encore tout à fait sûr j’escompte une vitesse de 120km /h. Avec un peu de chance rétorquai-je tu rentreras en semi-orbite au milieu de la nuit.
Je m’assis dans l’herbe et regardais au tour de moi. Tout semblait pourtant normal.
Sauf ce jeune homme imbécile, sa machine et ses théorèmes fumeux.
Jeune Louis, dis je gravement, comment cette machine marche–t-elle ?
Eh bien répondit-il avec autorité. J’ai posé un pain de plastic à l’arrière, car dans l’hypothèse continue d’Eisenstein
Je lui coupai la parle d’un « pas sûr que je suive tous ces symboles !!!»
Je dévisageai ce jeune Louis affreusement sur éduqué
Très bien dis je – c’est tout à fait passionnant, fascinant, mais voilà il faut que j’y aille.
Hé !! T’as dit que tu m’aiderais !!
Sans blague !!
Bien sûr que oui
J’essayai de trouver les bonnes équations, la fonction combinatoire et la force des équivalences pour me sortir de ce mauvais pas.
Alors va falloir que j’assiste au lancement de ta moto sur la planète mars ?
Une bouffée de vent me souffla fumée et cendre
Puis un vide sidéral proche du zéro !!!!
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Le lundi 4 juin 2012 à 15:56 :: Ecriture mathématique
Jeu de pluie, ou opération climatique :
En additionnant une à une, chaque goutte de pluie
Sans omettre de fractionner les flaques
Offrant, par un faible rayon de lumière
Un demi-cercle arc-en-ciel
Sous un quart de lune
À la troisième heure de la tombée du jour
J’ai soustrait la racine du temps
Du triangle des Bermudes
En une fraction de seconde
Traçant une ligne droite
Vers la surface du soleil
Ce qui résolut l’averse
À tendre, en asymptote, vers zéro
Clôturant ainsi le problème littéraire
Des sept jours de mathématiques élémentaires
De la semaine en cours !
Où lire ABC
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Le lundi 4 juin 2012 à 11:18 :: Ecriture mathématique
Puissance quatre
Un : la longueur
millimétrée
pour le lettré
est de rigueur.
Deux : la largeur
enchevêtrée
aux pieds carrés
et tapageurs.
Trois : la hauteur
bien chapitrée
et arbitrée
par son auteur.
Quatre enfin : l’heure
chronométrée
pour démontrer
la vraie valeur.
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Le lundi 4 juin 2012 à 09:15 :: Ecriture mathématique
A l’Eros clément fourbi d’un compas,
Mon cœur céda, net ; mol, il s’instrumente
Aux angles obtus, à leur pire appât,
Tangent aux maux comme une roue démente.
Fut une soirée, celle qui segmente
Nos certitudes. Elle avait ce pas
Lascif, cruel, qui va et s’alimente
A l’Eros clément, fourbi d’un compas.
La pointe rompit ma chair. S’estompa
Toute résistance aux assauts d’amante,
Aux baisers ronds dont elle me frappa :
Mon cœur céda, net ; mol, il s’instrumente…
Cerclée à vif, ma chair resta dormante ;
L’amour, orthogon et menteur, trompa
Toute raison, tant, niais, je m’aimante
Aux angles obtus, à leur pire appât.
La boucle tracée du trop vif compas
Dévoila le tour, la ruse infamante ;
J’étais bourrique, vrai cycle à papa,
Tangent aux maux comme une roue démente.
Moult postulats vont, la mine assommante,
M’infligeant leçons et mea culpa :
Je théorise rancœur et fomente,
Cruel à mon tour, querelle et trépas
A l’Eros clément.
Où lire Quebre
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Le lundi 4 juin 2012 à 00:00 :: Lancement de thème
Cette semaine nous retenons l’idée proposée par Valentyne lors de la « Foire aux Thèmes »
Voici comment Venus Khoury Ghata (anthologie Personnelle) évoque l’automne (entre autre chose) :
La surface d’un automne
Est inversement proportionnelle à la hauteur de sa tristesse
Le nuage interrogé multiplie sans difficulté le basilic
par le safran.
Répète après moi :
La distance entre deux pluies se mesure par arpents de silence
Et le périmètre d’un mois est divisible par son rayon de lune.
Cela va de soi
Exprimez en terme mathématique, géométrique, arithmétique….. ce que vous ressentez sur un sujet qui vous tient à cœur (thème libre donc du moment que le vocabulaire tourne autour des mathématiques).
Comme d'habitude, vous devez bien entendu nous envoyer vos cogitations à l'adresse habituelle jusqu'à dimanche 10 juin minuit (heure de Paris).
Bonne semaine !
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samedi 2 juin 2012
Le samedi 2 juin 2012 à 20:03 :: Que de pieds !
J’avançais là. Écrasé sous le poids des parois. Peinant devant cette royale minéralité qui, fixement, me toisait. Je savais l’absolue nécessité de parvenir au but de cette combe, au fond de ce défilé, à ce refuge, boite de conserve arrêtée par deux cailloux dans sa chute.
Le lyrisme a pris fin et j’ai du reposer un pied devant, portant ma maison. J’ai du reposer ce pied meurtri, comme fondu par la sueur habitant mes chaussures cramponables. J’ai du reposer ce pied assoiffé par la gourde vide depuis le casse-croute. J’ai du reposer ce pied, comme une bête de somme.
J’ai avancé, par miracle, ma carcasse qui me paraissait une caravane s’est remise en branle, machinalement. Ça n’est pas la musculature qui la meut mais l’expérience du montagnard et l’amour de ses sentiers.
Un bruit de pigeon mal venu m’a réveillé de ma tendre rêverie. Coincé entre ces pavés absurdement plats et ces façades sottement minérales, je rêve mon Néouvielle.
De dépit, j’ai décroisé mes jambes et suis parti.
Où lire KLM
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Le samedi 2 juin 2012 à 15:55 :: Que de pieds !
Le pied, caché dans sa chaussure, moulé dans sa chaussette, attend le soir pour sortir de l’oubli. Bon serviteur, il porte celui qui marche ou qui stationne, en bonne entente avec son compagnon jumeau. Solidaires, ils vont et viennent, jamais l’un sans l’autre, à moins de tristes circonstances. On croit le pied pantouflard, car on n’imagine pas le libérer de son carcan autrement que dans de tristes savates où il finit sa journée modeste. On lui concède qu’il se souvienne qu’autrefois il jouait avec son frère dans le berceau du grand benêt qui l’a posé sur la table du salon. Si on le dit bête, c’est qu’on ne lui accorde pas vraiment d’attention.
Le pied, c’est plus compliqué pourtant : prends ton pied et tu verras comme il est vivant. Tu le chatouilles, il t’électrise, tu le masses, il te détend, te vide d’un long bâillement. Tu le polis, il s’assouplit et fait des grâces, ses doigts se délient, il rosit, comme confus d’attentions si rares, puis pâlit sous le baume, souple comme un chat.
Les savants de Chine disent que par la plante de ton pied, tu communiques avec toi-même, que tu accèdes à l’intimité de tes reins, de ton cœur, de ton ventre, de ton cerveau. Le pied les connaît tous et les écoute, jusqu’au plus secret.
C’est un délicat qui sait goûter le marbre lisse et tiède d’un temple tandis que tes yeux s’offusquent des taches et des offrandes pourrissantes. Il s’épanouit à cette douceur et reconnaît l’amitié heureuse des temps anciens, celle où sa nudité montrait ta pureté.
Il te rappelle aussi les sensations du sable humide et frais, épousant son empreinte, juste le temps d’un baiser quand il sautait une fois, deux fois, dix fois cent fois dans la course libre qui t’entraînait à l’écume où son frère et lui s’éclaboussaient espiègles.
En réalité, vois-tu, le pied est un sage qui pourrait te mener bien plus loin qu’au bout de ton parcours quotidien.
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vendredi 1 juin 2012
Le vendredi 1 juin 2012 à 07:26 :: Que de pieds !
PIED DE NEZ
"1km à pied, ça use, ça use
1km à pied, ça use les souliers
…
2km à pied, ça use, ça use
2km à pied, ça use les souliers
…
3km à pied, ça use…"
Enfance,
Colonie de vacances,
Ce refrain, pour trouver l'entrain
Marcher me casse les pieds
Réticence
Seule (in)activité proposée
Horrible pénitence !
Un demi siècle a passé
Maturité
Aujourd'hui, je pense
Marcher n'est plus errance
Au contraire : une vraie chance
Réjouissance
La quintessence !
"Quelle que soit la météo
Toujours prête pour une rando ! "
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