Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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mardi 5 juin 2012

Mamido - Ecriture mathématique

Un départ calculé.

J’avais multiplié les appels sans recevoir aucune réponse de sa part.

J’avais une théorie sur son silence et pour la vérifier, il me suffisait de me rendre jusque chez lui. Ce n’est pas trop difficile : il habite à deux cents mètres, une rue perpendiculaire à la mienne, tout près du Cercle Littéraire. Même pour une fille pas sportive pour deux sous comme moi, c’est trois fois rien.

J’ai sonné au bas de son immeuble. Toujours aucune réponse. Je connais le code pour rentrer, par cœur, c’est 3*14. Dans le hall, j’ai grimpé les escaliers, quatre à quatre. Mais une fois devant sa porte, je suis restée très partagée sur la conduite à tenir. En moi, une part infime luttait encore pour ne pas savoir. J’ai tout de même frappé, encore et encore, de plus en plus fort, de façon exponentielle, jusqu’à ce que la voisine sorte sur le palier pour valider mon hypothèse. J’avais tout juste au problème : il avait bien pris la tangente, pour de bon, vers l’infini.

Elle avait vu, le matin même, les déménageurs multiplier les voyages afin de vider l’appartement. Ils lui avaient appris que mon petit ami avait été recruté par la société Thalès pour résoudre des problèmes de signalisation sur une ligne de métro, à Shangaï. Ils emportaient tous ses meubles au garde-meuble et ne savaient pas quand il reviendrait.

J’ai tracé la route, tout droit jusque chez moi, sans un mot.

J’avais résolu mon équation mais cela m’avait ôté tout mon courage et ma joie de vivre.

Où lire Mamido

Lira - Ecriture mathématique

LA GÉOMÉTRIE DE L'ABSENCE

Derrière la courbe fermée de l'absence
Je retiens le souvenir
Et le reste d'un soupir
Dans l'angle obtus du silence.

L'espace fractionné
De ma mémoire
Se mesure
En une soustraction.
Je compte les regrets
Et les larmes
Et le temps absolu
De la dislocation.
Chaque minute m'emprisonne
Dans le périmètre de l'éternité
Et la hauteur de mes nuits
Vides
Me donne le vertige.
Je trace des parenthèses
De mots
Sur l'indicible surface
Du crépuscule.

La distance qui sépare
Ton futur du néant
S'élève à la puissance
D'un point
De choc.
Une ligne droite d'asphalte
Et la verticale d'un platane
Propulsion
Accélération
Sidération.

À la périphérie d'une nuit de printemps
L'heure zéro de l'inconcevable.

Lilou - Ecriture mathématique

Examen

« - Il y aura toujours quelqu'un pour repeindre les plinthes ! Vous avez deux heures » dit le surveillant devant une trentaine de candidats médusés.

Dans cette salle règne un silence absolu. Il est vrai qu’avec un tel sujet il y a de quoi resté coi !
Approchons nous un peu pour voir ce qu’il se passe.
Sur chaque table, des feuilles de brouillon colorées et du papier millimétré sont disposées en algorithme. Le surveillant doté d’un regard d’aigle observe si par hasard, il n’y aurait pas un tricheur… Bouf comment tricher avec un sujet pareil.
Quelques candidats jettent des yeux désespérés au plafond et comptent les mouches qui volent deux par deux en réalisant des ellipses et des arabesques, ou dénombrent les dalles carrées itérativement comme s’ils étaient atteints subitement de TOC tout en essayant d’estimer leur surface pour en déduire la surface totale.

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