Au fil des barbelés

Au fil de l’eau, au gré du courant, je me traine.
Ne pas se retourner. Anticiper le temps, celui qu’il reste à Vivre.
Fuir l’enfer, celui qui souille et met à terre.
Celui qui abat l’homme, ou pire, sa dignité.

Au fil de l’eau, au gré du courant, j’avance.
Suivre le chemin, ne pas s’en écarter pour inventer le sien.
Même si, peut être, nulle part, il ne mène.
Mieux vaut un demain incertain, qu’un passé assassin.

Au fil de l’eau, au gré du courant, je peine.
Les cicatrices d’un ailleurs me freinent.
Mais loin des barbelés, un souffle en moi renait,
Celui de la liberté, d’enfin pouvoir se battre pour la garder.

Au fil de l’eau, au gré du courant, j’enrage.
Mes camarades sont morts où ont été repris.
Libre mais seul, l’enfer me poursuit,
Il me ronge, me dévore et me hante.

Au fil de l’eau, au gré du courant, je cours,
Vers un demain vengeur où j’avancerai debout, où j’avancerai vivant.