jeudi 14 juin 2012
Imago - Au fil de l'eau
Le jeudi 14 juin 2012 à 19:27 :: Au fil de l'eau
Ils allaient si bien ensemble
et puis
habitude
incertitude
lassitude
Plouf
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jeudi 14 juin 2012
Le jeudi 14 juin 2012 à 19:27 :: Au fil de l'eau
Ils allaient si bien ensemble
et puis
habitude
incertitude
lassitude
Plouf
Le jeudi 14 juin 2012 à 19:10 :: Au fil de l'eau
J’errais depuis des heures dans les salles du musée, lequel ? Je ne sais plus. Je découvrais les plus belles toiles impressionnistes. Il y avait là les Renoir dont les jeunes filles au piano, tiens très bizarre c’était une esquisse à la sanguine*, les canotiers, les beaux mâles dont s’est peut-être inspiré Jean Paul Gaultier pour ses flacons de parfum. On voyait aussi l’univers de Degas ; les petits rats en tutu de mousseline et des chaussons de satin aussi rose que leurs visages inondés de bonheur.
Plus loin je me délectais des Manet, la jeune fille au bouquet de violettes, puis le modèle lui-même, Berthe Morisot si maternelle dans ses choix artiste qui travaille jusqu’à la perfection et tant d’autres, Cézanne, Pissarro sans oublier la délicatesse de Sisley.
Mais voilà le génie de l’impressionnisme : je balade enfin au milieu des nymphéas, mon regard glisse sous le pont japonais pour un peu je me baignerai dans ce petit lac ; plus loin ce petit champ de coquelicot me donne envie de me rouler dans l’herbe fraîche. Et les couchers de soleil, les couleurs travaillées jusqu’à l’extrême et la lumière qui émerge de la toile sous chaque coup de pinceau.
Et là parmi toutes ces œuvres connues et reconnues du maître, il y a là, ce petit tableau, une petite toile fraîche et magnifique : des verts, de l’olivier au sapin, du jade à l’émeraude qui se jouent de l’ombre car au loin un tout petit rectangle de lumière emmène notre regard à travers les feuillages des arbres vers la blancheur. Une eau pure et lisse où Narcisse lui-même perdrait son âme accueille une petite île de graviers dont les ocres viennent jouer le contrepoint du paysage. Et tout là bas au bord d’une rive calme, une petite barque rouge se balance dans l’onde bleutée et nous invite au rêve.
Monsieur Monet que n’avez-vous peint cette toile !
Le jeudi 14 juin 2012 à 17:47 :: Au fil de l'eau
Ce matin à la une du journal Le Parisien Seine et Marne, on pouvait lire :
Cette nuit, après une longue et minutieuse recherche, les hommes-grenouilles de la gendarmerie, ont repêché, dans la rivière, près de Moret-sur-Loing, le corps du petit Léo, un enfant âgé de six ans qui avait disparu de son domicile, depuis quarante huit heures, alors qu'il jouait dans son jardin.
Le petit Léo a été retrouvé tout habillé.
Les enquêteurs sont fortement intrigués par la présence, sur les lieux, d'une petite barque rouge, dans laquelle on a retrouvé une chaine que Léo portait au cou le jour de sa disparition et qui appartiendrait au père de l’enfant.
Le jeudi 14 juin 2012 à 14:32 :: Au fil de l'eau
Pierrot, au volant de son Kangoo jaune, peste à moitié. Il est en retard sur sa tournée. Alors que justement ce matin, il était parti tôt pour avoir le temps de discuter avec Pascal, son ami d’enfance. Tout cela parce que mémé Denise l’a alpagué pour lui faire changer une ampoule. Il est facteur, que diantre, pas dépanneur en tout genre mais il est incapable de dire non à une octogénaire. Si en plus, elle lui demande de l’aide, les yeux humides, en tordant son mouchoir aux motifs surannés ! Tout cela pour se rendre compte que la petite vieille n’a plus d’ampoule à baïonnette mais des ampoules à vis. Il faudra qu’il repasse ce soir, il l’a noté sur sa liste de choses à faire. En plus, elle a insisté pour qu’il avale un café turc, tellement contente de pouvoir parler à quelqu’un d’autre qu’à ces chats « cela ne prendra que cinq minutes » lui a-t-elle dit en minaudant.
Il accélère dans les petites départementales du Nord, s’il arrive après 11h00 il aura raté son ami, parti à la mairie de Sainte Calapelle, vaquer à ses occupations d’élu.
Plus qu’une seule boîte aux lettres avant celle de la ferme de Pascal et Françoise Vanden.
Des factures, des magazines à la couverture choc « sexe et people ». Pour les Vanden, le courrier est toujours volumineux : des revues professionnelles, des lettres de doléance aussi. Dans cette petite commune tout le monde se connaît et parfois les personnes écrivent directement chez Mr le Maire et non pas à la mairie.
Pierrot pense surtout à cette carte postale étrange. C’est de cette carte dont il veut parler à Pascal. La photo lui plaît beaucoup. Des marais, il dirait poitevins, même s’il n’y ait jamais allé.
La photo est paisible, on sent le courant doux et mélancolique, la barque rouge semble tranquillement portée par les flots. Peu de courant comme l’atteste la végétation, dont les longues branches semblent ruisseler, elles aussi. On a envie de faire une sieste en se laissant bercer doucement dans cette barque.