Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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mardi 19 juin 2012

Lilou - Allo

La secrétaire frappa à la porte du bureau du DRH. Il ne décrochait pas son téléphone. Elle devait l’informer que son épouse cherchait absolument à le joindre. Inquiète, elle tourna fébrilement la poignée et …

Le baladeur dans la poche de sa chemise, les écouteurs calés sur les oreilles, les pieds posés sur son bureau, Monsieur DRH se délectait d’une musique, une sorte de variante d’une symphonie de Mozart qui montait crescendo sur fond de reggae.

Elle pénétra dans la pièce, avisa le téléphone portable qui clignotait de tous ses boutons. D’un geste rageur, elle zappa sur toutes les touches à la fois.

Aussitôt le « allo » intempestif de Madame DRH résonna :

- Gaston ? Tu es encore là ? blabla blabla … Tu m’écoutes Eh tu es encore là ?

- Hum, hum ! Ouiche… ch… s’obligea à répondre Monsieur DRH.

- Bon alors, Je sais que tu es très occupé mais je te disais donc que, j’avais invité les Bliton pour le week-end prochain à la Renardière…Blabla …blabla

- Tu m’entends toujours, il me semble entendre de la musique…

- Heu ! heu ! Nonche … bredouilla le pauvre DRH surbooké et las

- Nous pourrons organiser une partie de …bla bla bla..

- Mais tu m’écoutes, tu me sembles bien loin !

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Toncrate - Allo

Sursis

— Allô ? le Ciel ? vous m’entendez ?
— . . .
— Halo ?
— Oui, ici le Ciel, je vous écoute
— Je suis au bout du fil
— J’entends bien
— Non, je veux dire, je suis au bout du fil de ma vie
— Un instant, ne coupez pas s’il vous plaît
— . . .

Tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut… tut…

Papoupasnet - Allo

Allo

- Mon choupinou, il faut vraiment que tu lui dises, ça ne peut pas durer comme ça.
- Oui, mon cœur de toute façon, il faut bien que le fasse.
- Oui, écoute, je te laisse, je vais faire des courses, prends le temps de lui expliquer…Et puis soit délicat surtout…La pauvre…Allez à tout à l’heure mon chouchou.

« …Vous êtes sur le répondeur de Marc et Mélanie, merci de nous laisser votre message après le bip »…

- Allo, c’est moi. C’est juste pour te dire que je te quitte, J’en ai marre de te voir toujours faire la gueule, de tes plats insipides et de mes chemises mal repassées. Je ne supporte plus tes réflexions lorsque je rentre tard le soir ou que je vais voir mes copains. Quand je vois la tête de virago de ta mère, je pense que cela n’augure rien de bon, alors autant se quitter avant que tu ne sois pareille.
Pour info, j’ai mis en vente mon appartement. Il y a 2 personnes très intéressées alors il faut que tu te trouves rapidement un autre logement car je te le rappelle, je suis l’unique propriétaire et que dans 3 semaines, si tu n’as pas déguerpi, je fais changer les serrures.
Comme tu pourras le constater, j’ai emporté mes affaires personnelles. Ce sera toujours ça de moins à déménager.
Il faut que tu saches aussi que les problèmes d’infertilité viennent bien de toi. Je pars vivre avec Stéphanie et nous attendons des jumeaux. Nous sommes très amoureux et sommes aux anges. La vie est belle.
Au fait, n’oublie pas de modifier le répondeur. Tu peux supprimer mon prénom.
Je t’embrasse, bonne continuation et n’essaie pas de me téléphoner, j’ai changé de portable.
…Bip… Bip…

Ben voilà c’est fait ! Finalement, ce n’était pas si dur de le faire avec tact !

Jujube - Allo

Point-Contrepoint

« Je n’en ai pas pour longtemps »
La voiture est serrée sous l’ombre d’un pommier. La femme se dirige vers la cabine des Télécom plantée à l’angle du pont de Sauliac . La porte de verre résiste et grince de tous les gravillons coincés sous sa tranche. La pièce insérée, les numéros tapés sur le cadran, qui chantent leur motif musical simplet, les cristaux liquides à demi effacés par un rayon de soleil. Sonnerie d’appel. Dehors, un vent léger disperse des éclats lumineux dans le feuillage des peupliers remués. Dedans, c’est étouffant, on se sent confire comme une poire tapée.
- Allo ? » voix lointaine, un peu inquiète.
- Allo, bonsoir, c’est moi, comment vas-tu maman ? Tu sais, je t’appelle d’une…
- Eh bien, dis-moi, ça fait longtemps que tu n’as pas appelé ! Ici pas grand chose, comme d’habitude. Je suis allée chez le …
Pétarade de mobylettes qui dévalent la côte et foncent sur le pont.

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L'Arpenteur d'étoiles - Allo

ICONOCLASTIE

- Allo, c’est qui ?
- Comment, c’est qui ? Tu reconnais plus ton Pierrot ?
- Oh pardon vieux, je suis un peu ailleurs ces temps-ci.
- Tu peux le dire. Et puis « ces temps-ci » sont plutôt métaphoriques eu égard que ça fait plus de deux milles ans que tu t’es pas pointé au burlingue.
- Deux milles ans ? … Nom de mon Père. Mais c’est sa faute à lui aussi. Avec ses idées de nous créer des univers au quatre coins du cosmos.
- Attends. Il y a un truc que j’ai toujours pas pigé. Ton Père et toi, plus le Pigeon, c’est une seule personne, non ? Donc les univers à répétition t’y es un peu pour quelques chose.
- Oui, mais non. Bon, d’abord, c’est pas un pigeon c’est une colombe !
- Pareil. Vu ce qu’on le voit, aussi, l’esprit Saint …
- C’est pas le propos. Alors c’est une même … heu … entité, mais on est quand même trois. C’est comme une fusée à étage : trois étages distincts, mais une seule fusée. OK ?

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Miss M - Allo

- AAAAAAAAAAllo ! La piqueuse ?
- Vous voulez dire l'infirmière, monsieur ?
- Vouai si vous voulez... Dites c'est pas trop tôt ! Z'êtes jamais là où quoi ?
- Le répondeur est là pour.....
- Vot' machin, j'ui cause pas, j'aime qu'on me réponde moi !
- Dîtes moi en quoi je peux vous aider monsieur ?
- C'est l'toubib. Y dit que j'peux pas faire une piqûre à ma femme, y dit que maintenant y faut mieux laisser les professionnels faire c'qu'y ont à faire !

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Claudie - Allo

-Allo… Allo
-Oui !
Mon interlocuteur arrive tout essoufflé.
-Bonsoir monsieur, avez-vous un peu de temps à me consacrer ?
-Euh … pas vraiment !
-Ne raccrochez pas, cela ne sera pas long !
Impatient. - Faites vite qu’avez-vous à me proposer ? Si c’est pour me vendre quelque chose, ce n’est pas la peine, je tire le diable par la queue moi.
-Hi hi, très drôle ! Pauvre diable avec la crise, il va se retrouver anoure. Je chantonne au bout du fil : Anoure, anoure quand tu nous tiens. Mais redevenons sérieux. - Comme le temps c’est de l’argent, je vous propose d’en gagner.
-Oh je vois, encore un de vos jeux stupides ? Et puis plein d’espoir. La valise R.T.L ?
-Désolé non, cher monsieur. Mais plus vous resterez en ligne, plus vous aurez de chance de le décrocher.
-Décrocher quoi, la lune ? Ou bien des minutes en moins sur mon forfait.
Un blanc. Je suis un peu secoué. - Monsieur, je ne veux rien savoir de ce que vous tramez. Et si je l’avais dérangé pendant un acte odieux ? Posez votre arme, je vous en prie.
-Vous vous fichez de moi ?
-Nooon, ma voix est faible. Je suis involontairement le témoin d’une affaire qui sent la poudre. Pour désamorcer la tension que je sens au bout du fil je lui demande bêtement l’heure (pas celle du crime).
-C’est une plaisanterie, il est 20 heures et ma femme va rentrer, la voilà d’ailleurs, j’entends la porte. Bonsoir ma chérie. Bises claquant sur les joues. Hypocrite va !
-C’est qui au téléphone ?
-Je ne sais pas ! Un barjot.
-Eh bien raccroche !
Vite, très vite. - Passez-moi votre femme, j’aimerai lui parler. En fait je voudrai la mettre en garde contre un mari dangereux.
Le combiné grésille et n’a visiblement pas envie de communiquer. Un peu amène.
-Oui, bonsoir, vous n’avez pas mieux à faire qu’ennuyer les gens qui travaillent toute la journée. Qui êtes vous pour nous faire perdre notre temps.
Elle n’attend pas la réponse et raccroche au nez. Je me sens mal. Moi l’amuseur téléphonique, le voleur de temps, l’animateur de jeux dérisoires, Je n’ai pas pu retarder l’échéance d’un crime passionnel qui doit se dérouler présentement.

Randover - Allo

R: Allo ? Les impromptus ?

I: Oui.... bonsoir... (bâillement réprimé à la syrienne)

R: Bonsoir, Voilà excusez moi de vous appeler de façon impromptue et si tardivement, mais je voudrais absolument vous fournir un texte cette fois-ci moi qui n'ai rien produit depuis quelques lunes...

I: Hein ? Mais qui êtes vous ?

R: Randover

I: Randover ? Ah oui les vieux se souviennent encore de vos écrits les plus récents... Bon que voulez vous ?

R: Ben vous voyez on est dimanche il est quasiment 23h59 et j'ai besoin d'un délai de grâce, de grâce me l’accorderiez vous ?

I: Vous connaissez la règle ! L'heure c'est l'heure et les impromptus vous la donnent de bon coeur, il est minuit docteur Randover... désolé...

R: qu'est ce que ça vous coute de m'accorder quelques heures de rab ?

I: les impromptus sont équitables, de chevet d'ailleurs à cette heure ci...écoutez non, c'est trop tard je ne peux rien pour vous, notamment par égard aux autres participants qui eux, prévoient à l'avance leurs œuvres.....

R: c'est votre dernier mot ? Juste quelques minutes, une heure.... ???

I: Malheureusement non, bonsoir et à bientôt sur nos lignes impromptues, en temps et en heure.... bip, bip,bip.....

R: très déçu devant son téléphone qu'il regarde béatement comme dans une série américaine… Bon ben j'aurais essayé....

Quebre - Allo

- Je me suis bien rongée les sangs
Hier, quand pâlot,
Tu es parti en coup de vent…
Allô, cœur ? Allô !?

- Hier ? Quand tu fus câlinante
Au bellâtre hautain ?
Tu lui badas, comme s’aimante
Oie à baratin.

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