Je ne vois que sa nuque souple et gracile d'où se détachent quelques mèches indomptées. Assise devant sa coiffeuse, elle me tourne le dos. Dans l'encoignure de la porte, petit garçon en pyjama rayé, j'observe sans être vu. Je sais que j'aurais déjà dû être endormi. Mais toujours je l'attends quand elle me laisse seul pour fuir je ne sais où dans sa belle robe rouge.

De ses mains habiles et gracieuses, elle enlève une à une les grandes épingles si savamment piquées quelques heures plus tôt. Le sage chignon fait place à une rivière sombre et tumultueuse aux reflets caramel. Elle me sourit dans le miroir.
Et je cours noyer ma frimousse dans sa dense chevelure aux parfums mêlés de brioche et de pain d'épices.