Claudie - Ça a débuté comme ça
Par Les Impromptus, lundi 20 août 2012 à 22:05 :: Ça a débuté comme ça :: #11111 :: rss
PORRIDGE
Ça a débuté comme ça !
Elle a décidé de faire peau neuve. L’été va se pointer implacable et un régime s’impose si elle veut entrer dans son maillot. Les garçons de la bande vont encore se moquer d’elle sur la plage si elle arbore ses petits capitons qui lui donnent une affreuse peau d’orange. Elle les déteste. Elle déteste aussi toute expression avec le mot fruit : peau de pêche, peau d’orange, vieille peau ridée comme un pruneau, glisser sur une peau de banane… Les fruits, elle les préfère dans le porridge et, pour son malheur le bon et bourratif gâteau saute de l’estomac jusqu’en haut des cuisses. Un cercle infernal ! Le débordement de la peau !
Elle décide donc de mettre un affriolant bikini dans le frigo.
- Tu es folle ma fille lui dit sa mère en découvrant l’objet. Tu es très jolie comme ça et tu as les joues les plus craquantes du monde.
Julie est affligée de voir que sa mère la considère comme une enfant incurable. Et puis, elle l’énerve à marcher de long en large, allumant bougies et pot pourri pour chasser les odeurs de cuisine qui, il faut bien le dire font saliver la malheureuse jeune fille.
Julie se regarde dans le miroir de la salle de bain. Impossible cette peau peu potable ! Rougeaude, pleine de boutons d’acné et horreur, de vilains comédons sur le nez. C’est la fin du monde. Elle va jeter ce bikini qui la nargue avec ses minuscules ficelles dés qu’elle ouvre la chambre froide de toutes les tortures. Elle va malmener cette vilaine peau. En éjecter les intrus, points noirs, excroissances dures. Résultat : traces d’ongles, peau enflée et huileuse. La partie est loin d’être gagnée et Julie éclate en sanglots. Devant une telle souffrance, étouffée par deux gros oreillers, la mère prend la décision de lui concocter une bonne soupe de légumes…
A force de volonté, Julie maigrit à vue d’œil. Le bikini lui fait de l’œil et son teint s’éclaircit. Mère et fille crient au miracle.
L’été est là. Julie contemple dans le jardin, les mues des lézards. Elle se sent devenir autre. Elle a seulement oublié qu’une fois, toute graisse phagocytée, il lui reste une peau qui prend toute la place. Une peau flasque et pleine de vergetures. Alors, se contemplant une nouvelle fois dans la glace, elle se répand en larmes.
Au désespoir, la toute maigre Julie se rue à la cuisine pour s’empiffrer d’une quantité impressionnante de porridge.
Commentaires
1. Le lundi 20 août 2012 à 22:09, par EVP
2. Le mardi 21 août 2012 à 08:33, par Arthur HIDDEN
3. Le mardi 21 août 2012 à 09:07, par quebre
4. Le mardi 21 août 2012 à 09:30, par Tisseuse
5. Le mardi 21 août 2012 à 11:17, par Tinouscka
6. Le mardi 21 août 2012 à 11:36, par Cillame
7. Le mardi 21 août 2012 à 20:33, par Lira
8. Le mardi 21 août 2012 à 20:34, par Lira
9. Le mercredi 22 août 2012 à 21:58, par vegas sur sarthe
10. Le jeudi 23 août 2012 à 21:54, par Maestitia
11. Le vendredi 24 août 2012 à 15:39, par Miss M
12. Le vendredi 24 août 2012 à 16:34, par sebarjo
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