Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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dimanche 17 juin 2012

Agaagla - Au fil de l'eau

Au fil de l'eau le sel s'écoule
Au fil des maux les rimes filent
Au fil des mots le temps s'enroule
Au fil des jours le cœur s'effile.

samedi 16 juin 2012

Geoysp - Au fil de l'eau

Accrochée, on s'en entiche

Là, bien attachée à la rive,
Amarrée pour ne pas partir à la dérive.

Bien des enfants voudraient monter dedans,
A la conquête d'aventures et d'amusements :
Ramer, s'éclabousser, jouer, c'est ce qu'ils voudraient vraiment ;
Quand d'autres préféreraient se laisser aller tranquillement :
Une fois partis, voir où les transporterait le courant,
Et découvrir un monde plein d'émerveillements.

Regarde là-bas, elle n'est plus attachée !
On a vu quelqu'un s'approcher :
Un filou s'en est emparée.
Gare à cette idée !
Elle nous a échappée...

Miss M - Au fil de l'eau

Il est éteint, petit navire
Pourtant, il avait souvent entendu dire : « Rouge sur vert, garde l’œil ouvert ! »

Les aulnes abritaient une foultitude de palais ; invisibles aux humains, mortels et communs.
Dans ce royaume secret tous voulaient la paix. Sous les eaux calmes et douces, fourmillaient de drôles de frimousses surtout en ce beau mois de Mai où la vie ne souffre aucun délai.

Martin emmena son oiselle à bord de Bagatelle, avec pour ferme intention et sans aucune hésitation le désir de conter avec brio l'histoire vraie du rafiot.
De l'autre côté il est établi que la jouvencelle était jolie de celles dont la légèreté n'a d'égale que la vivacité

Totale, fut l'ire du petit monde.
Immédiate fut la fronde.
Il n'y eu aucune sorte de procès au terme de la traversée.
Les tourtereaux, à peine eurent-ils posé le pied sur l'île, se trouvèrent pris dans une vibration soyeuse de parfums colorés aux sonorités savoureuses.
Ils disparurent sans crier gare
un peu comme par hasard...

Le Petit Univers accueillit avec chaleur
Un merveilleux Martin Pêcheur,
Une magnifique Demoiselle
Charge à Martin... de ne pas gober sa belle.

Clise - Au fil de l'eau

La vie m’embarque
au fil du temps
rouge colère

Où lire Clise

vendredi 15 juin 2012

Mamido - Au fil de l'eau

Rendez-vous matinal.

Sur le coup, Jeannot avait été assez fier du plan qu’il avait imaginé pour aller voir Manon sans que personne ne le sache.
Il avait dérobé dans le hangar de son grand-père la vieille barque dont celui-ci ne se servait plus depuis longtemps, faute de pouvoir naviguer, perclus d’arthrose comme il l’était.
Jeannot n’éprouvait aucune mauvaise conscience en se servant ainsi. Après tout, il ne faisait qu’anticiper un peu sur l’avenir, son grand-père ne faisant que lui répéter : « Elle est pour toi plus tard, ma vieille « Garance»…

Jeannot emprunta la rivière au petit jour, ramant le plus silencieusement possible puis il amarra la barque sous un saule dont les branches retombaient sur les eaux calmes. En regardant du haut de la rive, il pensait sa barque parfaitement invisible… sauf que le rouge pétant de celle-ci se détachait parfaitement dans toute la gamme des verts que la nature offrait en cette saison. Même qu’on ne voyait qu’elle, petit point écarlate, et particulièrement de la rive d’en face où se tenait René, le père de Manon, venu pour y pêcher l’anguille.

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Rochambeau - Au fil de l'eau

Oh eaux adorées qui déjà fascinèrent mon cœur et mon âme dès mon enfance par le biais du ruisseau de ma jeunesse.

Alors attiré par ces eaux envoûtantes, mystérieuses de mon voisin Lot, j’essaye depuis quelques jours d’en savoir plus sur lui. Je tente d’abord l’humour pour entrer en communication avec lui, en lui demandant « Allo l’eau. Allo Lot ! » Mais il ne me répond pas. Alors j’essaye d’écouter ses murmures, ses plaintes, ses cris de plaisir. Je l’épie surtout, je le suis pendant des jours, des nuits. C’est devenu obsessionnel !

Au fil de son eau j’arrive jusqu’à Aiguillon ; sans doute que ce nom de bourg a été choisi afin de l’exciter, pour sa rencontre avec la lascive et peut-être dangereuse Garonne. Oh scène étonnamment érotique que je rapporte. Histoires d’Ô, non Histoires d’Eaux.

Je le regarde.. Oh, il semble tranquille, bien allongé dans le mitan de son lit ! Il se vautre, se roule, sommeille, rêve, paresse dans son nid encaissé bien bordé par ses rives protectrices.

Et puis soudain en pleine nuit, une foutue tempête arrive sans crier gare avec ses hordes de vent irrespectueuses qui commencent à l’agresser de front ! Enfin, sans crier gare… ou peut-être est-ce lui qui l’a appelée pour que ses furies l’énervent un peu et le mettent dans la peau d’un guerrier se défendant dans toute sa superbe en vue de cette rencontre amoureuse ! Oui, s’il aime bien le vent quand il lui envoie son Amie la Brise, pour lui caresser mollement son dos il préfère sans doute ces folies d’air enivrantes. En effet quand il a besoin de paraître comme un mâle dominant, il appelle ces orages excitants. Car il aime aussi être secoué comme cela, violemment, brutalement, sans ménagements, à rebrousse flots ! C’est qu’il est sensible notre Lot ! Je l’observe et qui l'eut cru, par jeu, il commence à gigoter, à essayer d’éviter ces lames cinglantes. Comme la tempête lui amène des eaux venues du ciel, il en profite pour faire le gros dos. Il monte sur ses grands « chev eaux ». !

Sa colère feinte fait enfler son corps d’énorme anaconda. Son lit étroit semble ne lui plus suffire. Il parait plus grand, plus jeune, plus imposant, plus mâle, plus puissant, plus conquérant !

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Ice Man - Au fil de l'eau

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus. Kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraïm Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay et la visite d’un fantôme du passé lui annonçant la visite d’un homme, prochainement. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York. Mais pendant ce ce temps sur un bateau proche de Gibraltar…)

Le père Daniel remonte de la cabine et retrouve un Farid très préoccupé.
- Qu’y a-t-il, Farid ? Encore un de ces rêves ?
- Oui et toujours avec ce médaillon qui se met à briller. Sauf que cette fois, je n’étais plus sur le bateau mais … je ne sais où… - Assied-toi et raconte-moi… Et cesse de regarder cette voile au loin. Je l’ai vu aussi et j’ai pensé à ce que tu m’as dit. - Oui, je n’étais pas dans le bateau cette fois ou près d’une falaise mais près d’une rivière. Je dois la traverser et je vois une barque de l’autre coté de la berge.
- Une barque ?
- Oui une barque rouge, d’un rouge flamboyant, paisiblement attachée près d’une végétation luxuriante. Je ne sais pas ce que c’était comme arbre mais pas comme des saules mais avec des branches dans l’eau…
- Et donc tu sais que tu dois traverser ?
- Oui c’est ce que je dois faire et je sens encore le médaillon qui chauffe sur la poitrine. Alors je le prends dans la main et il scintille… Il brille et un rayon de lumière en part pour aller taper sur la barque, comme pour tracer une trajectoire.
- Et tu fais quoi ? Tu nages jusqu’à la barque ?
- Non justement, c’est cela que je ne comprends pas. La barque que je pensais attachée, se met à bouger, toute seule et traverse la rivière.
- Le courant peut être ?
- Non, il y a justement peu de courant et elle va tout droit, exactement sur la trajectoire du rayon du médaillon, comme s’il l’attirait.
- Et une fois arrivé, tu montes dessus et tu traverses ?
- Non, justement, elle se met à s’enfoncer lentement dans l’eau alors qu’elle flottait très bien de l’autre côté. Et je la vois à quelques mètres du bord, gisant au fond de l’eau. Le rayon a changé de direction, me la montrant en un point précis, comme si je devais aller chercher quelque chose au fond. Mais c’est là que je me suis réveillé.
- Fais voir ce fameux médaillon. Je voudrais essayer quelque chose.
Farid décroche le médaillon de son cou et le tend au curé. Alors qu’il semblait scintillant dans la main de son propriétaire, il devient comme terne dans les mains du prêtre.

Où lire le roman feuilleton complet

jeudi 14 juin 2012

Imago - Au fil de l'eau

Ils allaient si bien ensemble

et puis

habitude

incertitude

lassitude

Plouf

Lilou - Au fil de l'eau

La toile inconnue

J’errais depuis des heures dans les salles du musée, lequel ? Je ne sais plus. Je découvrais les plus belles toiles impressionnistes. Il y avait là les Renoir dont les jeunes filles au piano, tiens très bizarre c’était une esquisse à la sanguine*, les canotiers, les beaux mâles dont s’est peut-être inspiré Jean Paul Gaultier pour ses flacons de parfum. On voyait aussi l’univers de Degas ; les petits rats en tutu de mousseline et des chaussons de satin aussi rose que leurs visages inondés de bonheur.
Plus loin je me délectais des Manet, la jeune fille au bouquet de violettes, puis le modèle lui-même, Berthe Morisot si maternelle dans ses choix artiste qui travaille jusqu’à la perfection et tant d’autres, Cézanne, Pissarro sans oublier la délicatesse de Sisley.
Mais voilà le génie de l’impressionnisme : je balade enfin au milieu des nymphéas, mon regard glisse sous le pont japonais pour un peu je me baignerai dans ce petit lac ; plus loin ce petit champ de coquelicot me donne envie de me rouler dans l’herbe fraîche. Et les couchers de soleil, les couleurs travaillées jusqu’à l’extrême et la lumière qui émerge de la toile sous chaque coup de pinceau.
Et là parmi toutes ces œuvres connues et reconnues du maître, il y a là, ce petit tableau, une petite toile fraîche et magnifique : des verts, de l’olivier au sapin, du jade à l’émeraude qui se jouent de l’ombre car au loin un tout petit rectangle de lumière emmène notre regard à travers les feuillages des arbres vers la blancheur. Une eau pure et lisse où Narcisse lui-même perdrait son âme accueille une petite île de graviers dont les ocres viennent jouer le contrepoint du paysage. Et tout là bas au bord d’une rive calme, une petite barque rouge se balance dans l’onde bleutée et nous invite au rêve.
Monsieur Monet que n’avez-vous peint cette toile !

Où lire Lilou

Mamily - Au fil de l'eau

Ce matin à la une du journal Le Parisien Seine et Marne, on pouvait lire :

Cette nuit, après une longue et minutieuse recherche, les hommes-grenouilles de la gendarmerie, ont repêché, dans la rivière, près de Moret-sur-Loing, le corps du petit Léo, un enfant âgé de six ans qui avait disparu de son domicile, depuis quarante huit heures, alors qu'il jouait dans son jardin.
Le petit Léo a été retrouvé tout habillé.

Les enquêteurs sont fortement intrigués par la présence, sur les lieux, d'une petite barque rouge, dans laquelle on a retrouvé une chaine que Léo portait au cou le jour de sa disparition et qui appartiendrait au père de l’enfant.

Valentyne - Au fil de l'eau

Pierrot, au volant de son Kangoo jaune, peste à moitié. Il est en retard sur sa tournée. Alors que justement ce matin, il était parti tôt pour avoir le temps de discuter avec Pascal, son ami d’enfance. Tout cela parce que mémé Denise l’a alpagué pour lui faire changer une ampoule. Il est facteur, que diantre, pas dépanneur en tout genre mais il est incapable de dire non à une octogénaire. Si en plus, elle lui demande de l’aide, les yeux humides, en tordant son mouchoir aux motifs surannés ! Tout cela pour se rendre compte que la petite vieille n’a plus d’ampoule à baïonnette mais des ampoules à vis. Il faudra qu’il repasse ce soir, il l’a noté sur sa liste de choses à faire. En plus, elle a insisté pour qu’il avale un café turc, tellement contente de pouvoir parler à quelqu’un d’autre qu’à ces chats « cela ne prendra que cinq minutes » lui a-t-elle dit en minaudant.
Il accélère dans les petites départementales du Nord, s’il arrive après 11h00 il aura raté son ami, parti à la mairie de Sainte Calapelle, vaquer à ses occupations d’élu.
Plus qu’une seule boîte aux lettres avant celle de la ferme de Pascal et Françoise Vanden.
Des factures, des magazines à la couverture choc « sexe et people ». Pour les Vanden, le courrier est toujours volumineux : des revues professionnelles, des lettres de doléance aussi. Dans cette petite commune tout le monde se connaît et parfois les personnes écrivent directement chez Mr le Maire et non pas à la mairie.
Pierrot pense surtout à cette carte postale étrange. C’est de cette carte dont il veut parler à Pascal. La photo lui plaît beaucoup. Des marais, il dirait poitevins, même s’il n’y ait jamais allé.
La photo est paisible, on sent le courant doux et mélancolique, la barque rouge semble tranquillement portée par les flots. Peu de courant comme l’atteste la végétation, dont les longues branches semblent ruisseler, elles aussi. On a envie de faire une sieste en se laissant bercer doucement dans cette barque.

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mercredi 13 juin 2012

Lira - Au fil de l'eau

Au-delà du dormant
Derrière l'énigme des futaies
Les corps à leur source frissonnent.
Le printemps fait un lit au silence.
Douce turbulence.
Parenthèse
Sur le chemin de l'habitude
Où s'épuisent les intentions.
Les mots réconciliés
S'affranchissent des certitudes.
Le temps immobile
N'a pas besoin de preuves
Il désaltère les couleurs
Le rouge a une mémoire
Demain, un souvenir.

L'Arpenteur d'étoiles - Au fil de l'eau

Jaivanti

MON RECIT.

C’est drôle, les enfants. Ca crie, ça joue, ça vit. Ca crie surtout. Pour s’ouvrir les poumons sans doute, ou quelque chose comme ça. On aimait bien les regarder par la fenêtre qui donnait sur la cour de la maternelle. Les regarder et les entendre. Ils ressemblaient aux oiseaux qui sillonnent le ciel du printemps. Libres, désordonnés, joyeux. En réalité ils volent pour se nourrir et pouvoir bâtir leur nid. Comme les enfants qui courent en criant, en réalité se construisent.

Et puis un jour on a plus aimé. Jamais.
On a baissé le store et tiré le rideau. Après on a même dû fermer la porte et rester dans les autres pièces. Notre vie était désormais des portes closes. Et le soir assis en face de l’autre autour de la table de la cuisine. Dans un silence insupportable et que l’on supportait pourtant. Il fallait traverser ces heures là pour survivre.
Un soir elle a pris mes mains. Presque comme avant. Mes mains jointes dans les siennes. Personne ne peut connaître ce sentiment là. Sa douceur, sa chaleur. Le rétrécissement du monde et l’immensité contraire de l’amour dans ses yeux verts.
Elle m’a dit : il faut qu’on parte. Maintenant.
J’ai tremblé dans ses mains. Je voulais le dire depuis longtemps, mais n’osais pas. Elle était devenue si pâle, si diaphane, comme une porcelaine chinoise. J’avais peur que ces mots la brisent et c’est elle qui les prononçait.
- Comment ?
- Au fil de l’eau.
- Quelle eau ?
- Une eau lointaine. Une eau qui parle d’autres langues. Une eau qui dit les dieux, les étoiles. Une eau tellement cosmique qu’elle est la plus humaine possible. Une eau d’espoir.
J’ai eu la sensation de la retrouver comme avant. Vibrante, forte, irrésistible. Quel chemin avait-elle suivi dans le silence de son cœur, de son âme ? Où avait-elle puisé cette énergie nouvelle ?
- Et cette eau, elle se trouve où ?
Elle se leva, pris une carte du monde et posa le doigt : là.
- Pourquoi, là ?
- J’ai eu des rêves.

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Tinouscka - Au fil de l'eau

Au fil des barbelés

Au fil de l’eau, au gré du courant, je me traine.
Ne pas se retourner. Anticiper le temps, celui qu’il reste à Vivre.
Fuir l’enfer, celui qui souille et met à terre.
Celui qui abat l’homme, ou pire, sa dignité.

Au fil de l’eau, au gré du courant, j’avance.
Suivre le chemin, ne pas s’en écarter pour inventer le sien.
Même si, peut être, nulle part, il ne mène.
Mieux vaut un demain incertain, qu’un passé assassin.

Au fil de l’eau, au gré du courant, je peine.
Les cicatrices d’un ailleurs me freinent.
Mais loin des barbelés, un souffle en moi renait,
Celui de la liberté, d’enfin pouvoir se battre pour la garder.

Au fil de l’eau, au gré du courant, j’enrage.
Mes camarades sont morts où ont été repris.
Libre mais seul, l’enfer me poursuit,
Il me ronge, me dévore et me hante.

Au fil de l’eau, au gré du courant, je cours,
Vers un demain vengeur où j’avancerai debout, où j’avancerai vivant.

Emma - Au fil de l'eau

Le monde renversé

Ne te laisse pas avoir,
fillette, fillette,
par le vent qui gémit,
le roseau qui soupire.
Cette couleur offense,
car la barque est un leurre.
Le hameçon t'attend
sous le bouchon qui danse.
Aucun beau canotier,
bras musclés en marcel,
ne déjeune tout près.
Cette barque est un leurre,
c'est celle de Charron.
C'est ici le début
et c'est ici la fin,
la porte d'un pays.
Sous l'eau sont les nuages,
Le monde renversé
Des arbres et des oiseaux.
Voilà plus de mille ans
que la blanche Ophélie
flotte comme un grand lys,
les cheveux dans les algues...
Jeune fille, laisse faire
Le poids de cette chair…

avec des mots volés et détournés de Lamartine, Violette, Giono, et Rimbaud

Où lire Emma

Blj73 - Au fil de l'eau

ACCALMIE... AU FIL DE L EAU

Je glisse sur l'eau
Clapotis de mon canot
Des cailloux, quelques remous
Un chant d'oiseau
Plus loin, un îlot,
Croassement des crapauds
Autour, la verdure
Paisible aventure
Communion de la nature
Douceur, fraîcheur
Mon esprit s'évade
Paysage nouveau
Mon corps se calme
Dernier soubresaut
Intense, silence
Repos des flots.

mardi 12 juin 2012

Jujube - Au fil de l'eau

Au fil de Loire

Alors adolescente
Sous l’orbe du pont blanc,
C’était à Orléans,
J’ai vu l’eau frissonner de ses moires
En glissant.

Un peu d’or palissant
De l’élan aboli de l’Orient
Se diluait aux remous malléables.

La Loire opalescente
Etale à l’anse du méandre,
Frôlait les aulnes en silence,
Laissait la ville au loin,
Déjà rêvant l’océan
Sous l’aile d’un goéland.

ABC - Au fil de l'eau

Fallait-il qu’elle soit rouge
Au creux de toute cette verdure,
Symbole de quiétude
Les branches se reflétant dans l’eau
L’eau baignant les feuilles de quelques larmes ?

Fallait-il qu’elle soit rouge
Comme autant de colères rentrées
Comme autant de mots durs lancés
En défit à la vie, aux poisons amoureux
Et aux troubles infidèles de notre adolescence ?

Fallait-il qu’elle soit rouge
Que sa couleur vive,
Ravive nos passions
Que l’eau lentement se trouble
Que le silence efface nos illusions ?

J’aurais aimé couper ses amarres
Et que portée par le courant
Elle emporte nos vieux souvenirs
Lentement et sûrement au fil de l’eau…

Où lire ABC

Lorraine - Au fil de l'eau

Une rose est tombée au bord de la rivière
Où la pluie pianote, où l’eau va doucement
La rose d’un bouquet ou d’une boutonnière
Une rose peut-être offerte par l’amant ?

Un dimanche d’été comme une caravelle
S’avance et arrondit les gouttes dans l’étang
A petits pas d’ennui, tandis que sous l‘ombrelle
S’abritent les grands yeux d’une fille d’antan

Le peintre a modelé le hêtre et l’aubépine
La barque nonchalante arrimée au coteau
Et la route qui fuit emportant la berline
D’une fille à jamais effacée du tableau

Où lire Lorraine

Cloclo - Au fil de l'eau

ARRÊT SUR IMAGE

Il est des lieux si immobiles
qu’on les croirait déjà tableaux,
pas une seule brindille qui bouge,
pas un clapotis sur l’étang
et l’ oiseau cesse de chanter ;
doucement les fleurs montent en graine
en s’excusant que leurs pétales
frémissent encore un peu au vent …

Au point ou stagne la rivière
le temps s’arrête et le murmure
se fait silence, mais un silence habité
par l’âme jade des marais
et par sa faune bien cachée
entre les lianes aquatiques…
en ces lieux calmes rien n’indique
la moindre présence humaine,
si ce n’est cette barque légère,
si légère,
qui voudrait bien se laisser bercer
par les caresses de la brise,
mais ici, il n’est rien d’autre à faire
que de laisser couler le temps.

Il est des lieux si immobiles
si beaux, si purs et si tranquilles
qu’il n’est plus besoin de les peindre…

Où lire Cloclo

GBalland - Au fil de l'eau

La vengeance du fleuve

Tu croyais que personne ne te verrait, allongé à plat ventre dans la barque rouge, pourtant…

Tu les as entendus rire, s’ébrouer, se dire des mots d’amour, s’embrasser, rire encore. Ils avaient l’air heureux. Combien de temps sont-ils restés dans l’eau ? Longtemps. Le temps t’a paru si long. Tu l’entendais rire comme elle n’avait jamais ri avec toi. Ils sont sortis de l’eau, et puis tu n’as plus rien entendu. Alors tu as levé la tête et tu les as vus debout sur la rive, juste devant la barque où tu étais allongé, tels Adam et Eve. Ils te regardaient, le visage sévère. Toi, tu n’as rien dit, qu’est-ce que tu aurais pu dire ? Elle ne t’aimait plus, elle en aimait un autre, les choses étaient claires. Tu devais t’incliner. Mais tu n’as jamais su t’incliner ; ce jour-là non plus. Alors tu as commis l’irréparable. Toi qui ne sais pas nager, tu t’es jeté à l’eau. Tu voulais te noyer, disparaître. Et c’est lui qui t’a sauvé, celui qui te volait celle que tu aimais. C’est lui qui t’a empêché de mourir.

Maintenant tu es à l’hôpital, on te dit que tu vas mieux, que tu as eu de la chance de t’en sortir, mais toi tu ne voulais pas t’en sortir, et tu lui en veux de t’avoir sauvé. Tu te demandes même s’il ne l’a pas fait exprès pour t’humilier, pour que tu souffres plus. D’ailleurs, tu as pris une résolution : dès que tu sortiras de l’hôpital, tu le tueras.

Où lire GBalland

lundi 11 juin 2012

Claudie - Au fil de l'eau

BONNE PÊCHE

Le Norbert Pointu fuit la compagnie de ses semblables. C’est un célibataire endurci, amoureux de la nature, tellement plus généreuse qu’une femme. Un bout de jardin attenant au cabanon, niché dans un îlot de verdure, lui donne de beaux légumes et il gagne quelques sous avec la vente de sa pêche aux restaurants gastronomiques des bords de Loire. Il est heureux de son havre de paix, heureux de s’adonner à son sport favori. Des que l’aube embrume les eaux, il file avec ses cannes dans sa barque rouge à fond plat. Lui seul connaît les bons endroits à la grande déconvenue des pêcheurs du dimanche. Son père lui a enseigné l’art et la technique. C’est un malin le vieux. Norbert est sûr qu’il a planqué un magot. Pour l’amadouer et le faire parler, il lui a offert des bouteilles de Gros Plant, du bon, pas de la piquette ! Seulement le vieux toujours muet comme une carpe ne taquine plus que la bouteille et devient insupportable. Les cris et les disputes résonnent dans la fraîcheur du soir et n’intriguent que les poissons qui frayent dans les roseaux.
Cette année le fleuve regorge de vase. C’est un effet des nitrates absorbés par le sol. Plus de prises nobles et plus de nouvelles du vieux Pointu au village. Personne ne pose de questions. Personne ne les aime assez pour s’inquiéter de la disparition du bonhomme. Une mauvaise chute un soir de cuite, qu’est que ça peut faire ! Le gars du cabanon a la réputation de bien veiller sur son père.
Seuls les cuisiniers des restaurants transpirent. Plus de brochets au beurre blanc si difficile à réaliser, mais des écrevisses énormes et grises grillent sur les fourneaux. Le Norbert est tout content. Il jubile, en toute discrétion, les poches pleines. Pas besoin d’appâter, il sait où se concentrent les coquines qui aiment tant se délecter de la chair recuite de son vieux.

Venise - Au fil de l'eau

L’eau c’est ma tête

La rivière tient dans ma main.

Les étoiles, le ciel, le vent et le soleil reprennent la rivière le soir Alors la rivière part sans se retourner.

Et le temps peut alors passer dans les sables mouvants.

Mes yeux s’habituent peu à peu à la lune et à ses reflets dans la rivière.

Je me couche dans son lit de galets et guette grillons et joncs bleus qui dorment sur le bord.

Je remonte à la source aux fleurs sur les deux collines du pays des fées.

Ici se jettent dans les bras de la rivière des bruits nouveaux des orages et des pluies et les cortèges de lucioles en fleurs.

Encore un peu de jour sur ma peau mouillée et des reflets d’eau qui s’aplatissent au fond tout au fond du cour d’eau.

Je m’aperçois que toutes les ombres sont fausses, un chapeau flotte au milieu des flots.

À cause de l’eau, il s’éloigne comme un homme fâché avec les fées.

Je pleure de le voir s’éloigner les cloches sonnent au loin et je ne sais plus quoi faire de mes mains.

On entend, pleurer que la pluie

Chri - Au fil de l'eau

AU PARTAGE.

C'est l'inverse d'un arrivage... Et pourtant c'est de plus haut qu'elle vient. Elle déboule de Fontaine de Vaucluse, droit du cœur profond de la terre. Celui qui est en prise directe sur le ciel.
Si directe que deux jours après une pluie, elle se gonfle comme un génois sous la rafale.
Là-bas, à quelques kilomètres, jamais, ô grand jamais tu n'auras vu de ta vie toute entière une eau si belle, aux fonds si clairs, balayés d'herbes vertes et longues comme des cheveux longs de princesse oblongue... Ensuite, elle court sous le dessous de Saumane, tu sais, ce village où la route est creusée dans le roc pour y accéder, où il n'y a qu'un restaurant, où on y mange, si possible sur sa minuscule terrasse protégée du vent, servi par un sourire de sourire... Où tu t’es promené, autrefois avec dans ta main la main d’un amour fragile… Après, elle s'approche de L'Isle, là où elle va se diviser pour mieux serrer la ville dans ses deux bras. Parce qu'elle embrasse cette rivière-là. Avant de se dédoubler, elle aura mouillé les berges en amont, de ses fraîcheurs de jouvencelle. Voilà, cette rivière est une jouvencelle qui s'alanguit au Partage. Là, elle bute contre un muret de pierres, ombré de deux ou trois platanes comme on les aime ici, généreux, protecteurs, patriarches puis elle se sépare en avants bras.

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Dusha - Au fil de l'eau

Le fleuve n’en finit pas
de miroiter de murmurer .
Il n’en finit pas
d’attirer d’engloutir…

Félin
il joue avec l’écho
et guette le vif.

Autrefois,
nous rêvions trop
en vers et en couleurs
en parler d’avant les langues
nous masquions nos songes de sable
ou de crainte.

Toujours à l’écoute du chant
du murmure des cicatrices
« on s’aime blessé » dit un poète
nous y croyions...

A présent que l’infini en nous
ne fredonne plus
nous semons des partitions muettes
des photos sans clés
visages de louves inquiètes et affamées
visages marqués par l’usure
par tant de questions jamais posées.

Viendra un temps
où avancer n’aura plus de sens…

Le fleuve n’en finit pas
de gronder de gonfler
de charrier d’effacer…

EVP - Au fil de l'eau

Turquoise, flammes d’argent, saphir
Inexorable mouvance :
Le fleuve.
Emeraude, jade incertain, céladon,
Chatoiement mat :
Les berges.
Lego rouge, jouet d’enfant pirate,
Plastique dérisoire :
La barque.
Eclat de rire incongru, vivant,
Accroc sur le velours,
Cosmique.

Tisseuse - Au fil de l'eau

« Il faut que je vous dise…j’ai menti !
Je suis tellement lasse.. et n’en ai plus pour longtemps. Il est vraiment temps que je vous dise, que c’est ainsi, et que je ne regrette rien.
Mais je vous ai menti, et cela a pesé tellement lourd parfois entre nous…
Je vous ai élevés seule, et ne répondais jamais à vos questions sur votre père. Vous ne vous en souveniez qu’à peine, tellement vous étiez jeunes lorsqu’il est parti.
Mais c’est là-dessus que j’ai menti ! Il ne m’a pas quitté pour une autre femme.
J’allais finir par mourir tellement sa violence était devenue irraisonnée.
Un jour je l’ai planté, là, avec un couteau de cuisine. Il m’a regardé, surpris. Bien sûr qu’il ne me pensait pas capable de ça. Puis il est mort. Et je l’ai traîné jusqu’à l’étang de la Sentine. J’ai accroché une lourde pierre à chacun de ses pieds, et son corps s’est enfoncé dans l’eau.
Il ne doit pas en rester grand-chose à présent…

Il m’a semblé que vous aviez le droit de savoir que votre père était un salaud au-delà de l’inimaginable, mais que votre mère ne valait guère mieux puisqu’elle n’a pas su le quitter autrement.

C’est en cela que je vous demande bien pardon. »

J’ai reposé la lettre. Je ne sais pas si j’aurais du l’ouvrir. Maman est enterrée depuis moins de trois jours. Je nettoyais les papiers dans sa commode lorsque j’ai trouvé cette enveloppe libellée « A mes enfants ».
Quelle effrayante confidence, et qu’en faire à présent ? La partager avec Paul et Céline, ou la noyer, elle aussi, dans l’étang, en même temps que mes larmes ?

Alors qu’elle broie mon cœur et pèse plus encore qu’un corps mort, je la contemple s’enfoncer lentement dans l’eau glauque de l’étang.

Vegas sur sarthe - Au fil de l'eau

La mission

Qui avait bien pu aborder Notre île ce jour-là en volant Notre "Intrépide"? ou plutôt la barque que nous prêtait P'tit Louis moyennant quelques roudoudous ou carambars fruités.
Ce n'était pas le père Gautherot qui ne jurait que par son bateau-passoire souvent entre deux eaux et lui entre deux kirs.
Ce n'étaient pas ces Parigots qui ne venaient jamais en Août, prétextant l'ardeur insoutenable de notre soleil.
Qui osait ainsi pénétrer Notre sanctuaire et peut-être investir Notre cabane et y voler Nos trésors?

De la rive, Faustine n'avait pas tardé à réagir et nous désigna, Blaise et moi volontaires d'office - car nous n'étions qu'un trio de trois - pour une mission de reconnaissance qui s'annonçait des plus dangereuses.
Non pas que la rivière fut trop large ou trop agitée mais le peu d'eau à cet endroit cachait autant de pierres glissantes que de trous sournois où l'on laissait tout à la fois une sandale et notre honneur...
Comme Blaise commençait à flageoler sur ses guiboles, Faustine nous lança son fameux regard bleu électrique qui nous ôtait toute envie de reculer et finissait toujours par nous faire faire n'importe quoi. Ne nous avait-elle pas en guise de guimauve fait croquer de son piment des squelettes?

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Toncrate - Au fil de l'eau

Dans la forêt profonde, au milieu des futaies
j’ai vu passer une ombre… le fleuve sursauter,
s’enfuir à tire d’aile un étourneau badin,
se dérober soudain du bois, les bois d’un daim.

Vénus en transition, Bérénice m’attend
elle verra brûler les forges de Satan,
le ventre de la Terre est un ventre tout mou
fait de lave en clystère, de gaz et de remous.

On pense qu’il se couche… mais, la Terre pivote !
Le soleil il s’en fout de nous ! que je suis sotte
de croire qu’il se cache juste pour préserver
le repos de mes nuits, le doux de mes rêvés…

L’oreille en diapason, l’œil en détournement,
le souffle en pâmoison, le cœur en tournoiement,
de toi je veux goûter la saveur douce heureuse
et voir jouer ta langue à ma langue amoureuse.

Ton cou égratigné laisse perler le sang ;
la chatte a conservé son regard innocent ;
« A mes griffes il ne faut point de dérangement
sinon le risque est grand de défigurement. »

Quebre - Au fil de l'eau

Plomb et Maraîchins ( Sèvre Niortaise et Marais Poitevin)

1.

Si plomb, échoué à la funeste marée,
Envasé, puis couvert de boue, herbes et arbres,
Veuille Léviathan être nef amarrée,
Réduit au carnaval sauvage de ces marbres.

Et l’Homme, modeleur, s’acharna aux viscères :
Ni os, ni chair saillant aux biefs, tout ce palud
Idoine, qu’il fut, en fut eaux quadrilatères,
Ondoyantes, pourtant linceul de son salut.

Reflètent, nocturnes au tain épais sous l’onde,
Toutes lueurs d’astres d’un ciel agonisant
Autant gobé que gobent crapauds à la ronde ;

Il vient l’aube et pécheurs ; au fleuve harmonisant
S’alternent crin de brume et pilastres de cannes,
En cette indolence où dodelinent les ânes.

2.

Et Léviathan (boue, herbe, arbre, plomb et vase)
Transige et se dépèce : un printemps vient, l’évase…

3.

Maraîchins, et oiseaux, aux strates coassées
Affluent, le geste feutre et les pas clapotis :
Rameurs, barboteurs, ils grattent leurs boues loties,
Au soir rendues douves, les canaux exhaussés.

Il s’y trouve gîtes, nids, potagers, pâtures
Surplombant l’eau moirée ; il s’y roussit nuages
Piégés comme astre au tain, dans ces eaux polyphages
Où rouissent des os, où les passés bouturent ;

Il s’y falaise les rives à la nuit nasse,
Trichant en précipice au vol lent d’un rapace,
Etiré en cirrus le long de l’eau inerte.

Va ainsi mesuré tout le sauvage, hormis
Icelui géant… Chut ! Nulle hubris, nulle alerte,
Ni cri : Léviathan, de plomb, s’est endormi.

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