Impromptus Littéraires Les Impromptus Littéraires

Les Impromptus Littéraires
Coitus impromptus V.4.0

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dimanche 29 avril 2012

KLM - La chambre d'amis

PARTOUT: AILLEURS QU’ICI

Il n’habite pas loin, mais, pourtant, il l’est. Voilà quelques temps que j’avais décidé d’aller le voir, un peu comme un anthropologue, un peu comme un voisin.

J’avais commencé mes démarches pour le contacter. J’avais sonné trois ou quatre fois en rentrant chez moi. Malgré que la lumière soit allumée et que la sonnette retentisse, cela ne semblait pas efficace. L’e-mail a été plus rapide. La réponse m’est parvenue dans les 2 minutes : « vien ce soir ». Rien de plus. Payera-t-il son abonnement au caractère envoyé ?

Je prends donc mon paquetage et me rends chez lui. La sonnette est toujours aussi inefficace. Je tente le SMS. Dans l’instant, le mécanisme d’ouverture émet sont grognement mécanique : bienvenu.

Je monte, il m’ouvre. C’est vaste, lumineux et totalement décloisonné. Cette pièce sert à tout : travail, vie, repos. Tout cohabite.

Discussion de bienvenue, intéressante. Le moindre manque de culture général et wikipédia ou google viennent à la rescousse. Des amis passent par SMS pour donner de leur nouvelles, tout le monde sait ma présence via facebook. C’est donc un joyeux bazar, une discussion tissée d’autre part. J’ai l’impression d’être partout ailleurs qu’ici, et d’être en face de tout le monde et de personne à la fois.

L’apéro prend vite le ton d’un live tweet en réaction à la toute dernière et exclusive actualité. De ce canapé, j’ai vite l’impression d’assister à l’énième effondrement d’un mur, au meeting du candidat qui monte. Me voici en première ligne.

Le livreur, requis par appli, arrive avec sa pizza. Il connait déjà le code et monte comme un habitué. Il dépose les pizzas sur le palier, tout est déjà payé par Paypal. Elles finissent sur l’unique table –basse. Entre ses coups d’œil sur la pizza et sur l’écran de contrôle, j’ai à peine le temps de capter son regard Sa prothèse sonne et lui conseille de se coucher pour respecter le début de son prochain cycle de sommeil. Pour mon repos, il me désigne le canapé qu’il transforme en lit. Il ne sera pas loin, aucune cloison entre nous.

Un rapide brossage de dents et d’un doigt, il commande l’extinction de son ordinateur et des lumières.

Un temps plus tard, une faible lumière nait en suite d’une petite vibration. Il prend des nouvelles ou en envoie, c’est urgent. La même scène se déroule plusieurs fois, jusqu’à ce qu’une musique douce emplisse la pièce : c’est le levé du soldat.

Voilà, j’ai dormi chez mon voisin. Il est connecté, il a un iPhone.

Tinouscka - La chambre d'amis

La chambre du fond

Depuis peu, depuis une éternité, elle est devenue mon refuge, tour à tour asile et sanctuaire. Spectatrice muette d’une tragédie ordinaire, elle me regarde m’étendre sur son vieux lit, en prenant bien soin de ne pas en violer les secrets.
Dans la chambre d’amis, dans la chambre du fond, il n’y a rien de Lui.

Il est parti ; à travers les nébuleuses, vers un ailleurs où du pied, peut être, Il pousse les étoiles en marche, dans un abyme sans fond.

Affligeante banalité de la vie, ce qui fut et n’est plus, dans la chambre d’amis, je lâche.
Mes plaintes, mes murmures, dans la lumière pâle, se diluent.
Et la mélancolie de l’absence s’immerge dans la poussière d’une vie désormais inhumée.

Dans la chambre d’amis, dans la chambre du fond, Il n’y a rien de lui. Et pourtant, tout me parle de Toi.
De Toi, dont je ne peux et ne pourrai m’accommoder de l’absence.

Ici, un vieux prie-Dieu, réceptacle de tant de suppliques et de larmes, m’invite à partager les miennes.
Là encore, une table de jeu, dont le tiroir sans clef, n’a d’autre choix que de rester clos à jamais. Clos sur un hier qui aujourd’hui, tout à la fois, s’esquive et m’oppresse.
Sur le mur, un tableau ; celui d’une femme nue, vierge de Son regard.
Là, des livres oubliés et qu’il n’a jamais lus.

J’ai peur. Peur de l’infini, et cherche une main qui m’échappe.
Alors, ici, dans la chambre du fond, je feuillette Notre existence, livre que je connais par cœur, sans jamais l’avoir lu.

Anna - La chambre d'amis

Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Les pompiers m'ont appelé au boulot un lundi après-midi. Le chauffe-eau des voisins avait explosé, et mon appartement en avait pris un sacré coup. Passées la stupeur et la colère, j'ai paré au plus pressé : trouver un endroit pour passer la nuit.
Coup de bol, une collègue m'a proposé de m'héberger sans que je doive trop la supplier.
Il était entendu que c'était en tout bien tout honneur. J'ai dormi sur son canapé, nous avons partagé le petit déjeuner, sommes allés ensemble au boulot, en sommes revenus le soir.
La nuit suivante, je n'arrivais pas à m'endormir. J'ai fait le tour de son appart', qu'elle ne m'avait pas montré en entier la veille. J'ai remarqué, au fond d'un couloir, une porte avec un panonceau "Chambre d'ami". Le lendemain matin, je lui ai demandé, moitié en plaisantant, pourquoi elle me faisait dormir sur son canapé alors qu'elle avait une chambre d'ami. Elle a pris l'air grave pour me dire que nous n'étions pas des amis, et qu'elle ne souhaitait pas me montrer cette pièce.

Sa réaction m'a un peu refroidi, mais je n'avais pas d'autre endroit où dormir, je suis donc retourné chez elle pour une troisième nuit. Je me suis réveillé vers quatre heures du matin, incapable de retrouver le sommeil. Je pensais à cette pièce. Que pouvait-elle avoir de si personnel ? Au bout d'une heure de retournements sans sommeil, j'ai attrapé la lampe de poche à manivelle qui ne quitte jamais mon sac, j'ai pris le long couloir, et ouvert la porte mystérieuse.
J'en suis resté bouche bée.

Tellement surpris que je ne l'ai pas entendue arriver derrière moi avant le dernier moment. Je n'ai eu que le temps de me retourner et de voir luire la lame de sa hache.

Où lire Anna

vendredi 27 avril 2012

Mamido - La chambre d'amis

Une chambre d’amis, dans les monts du Forez
Elles y sont fraîches les nuits, même au coeur de l’été.
Dans cette chambre pour quatre aux allures de dortoir
Le soir, il faut se battre pour plus de couvertures ou une bassinoire,
Pour la brique* bouillante pliée dans du journal, ou bien une bouillotte.
Dessus les pyjamas, on met de chauds peignoirs,
Aux pieds, d’épaisses chaussettes et si on osait, on garderait ses bottes.
Ainsi, bien vite on se glisse dessous les draps glacés
Par-dessus nous on entasse les couettes et les duvets
La brique brûle nos pieds, seules nos joues rosissent
Au souffle de l’air frais.
Mais on dort comme des loirs, ma foi !
Le matin, au réveil, le givre est sur les vitres
Et sortent de nos bouches des propos embués.
Loin de notre maison, qu’on est bien tous les quatre !...
Déjà voilà qu’en bas, dans la cuisine, les volets claquent
L’odeur du café chaud grimpe dans l’escalier
Où l’on se précipite pour aller dévorer
Les énormes tartines nappées de confiture
Des framboises qu’hier on a tous ramassé.

  • Briques chauffeuses :

Elles existent et se vendent toujours. Comme celle de nos Grand'mères, elles sont en céramique réfractaire émaillée en couleur. On les réchauffe dans les fours et poêles conventionnels ou dans un four à micro-ondes de bonne puissance. Puis on les dépose entre les draps du lit, entourées d'un linge pour éviter toutes brûlures.

Jujube - La chambre d'amis

Pénétrer une fois de plus dans cette chambre d’amis, c’est revenir à destination d’un voyage d’une année ou deux, parfois trois dans les ailleurs de ma vie multiple, mais c’est là que je me retrouve, pareille à celle qui arrivait plus jeune, toujours cueillie par le parfum du lavandin, lavée par la blancheur des murs et du grand lit posé sur le parquet lustré. Un grand Tapies signe d’un paraphe énergique la seule toile qui orne la pièce. A chaque retour je le rencontre, vivant, bondi d’une large brosse vigoureuse et souple, sans repentir, et la force de sa vitalité me revient en plein cœur, je contemple une franche réponse à la fidélité qui me fait moi-même vivante en ce moment de retrouvailles.

Mamily - La chambre d'amis

La chambre bleue.

La chambre bleue était interdite aux enfants que nous étions.
La chambre bleue était toujours fermée à clé.
La chambre bleue était réservée aux amis:
Cette décision était sans appel.
La chambre bleue était l'objet de notre convoitise et de notre désir.
Nous étions orphelins de séjour dans la chambre bleue, alors qu'elle était offerte à notre cousine Juliette, qui venait de la capitale.
Elle était à peine plus âgée que nous. Elle était belle, élégante et nous l'admirions. Nous étions fières d'appartenir à sa famille. Elle avait l'allure de la capitale et, pour nous, bien que nous habitions une petite sous-préfecture de province, renommée pour son tourisme, sa présence nous valorisait tout en attisant notre jalousie.

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jeudi 26 avril 2012

Manoudanslaforêt - La chambre d'amis

Elle est arrivée ce soir là sous la pluie, acceuillie par des bras amis et chaleureux,
elle découvre la chambre qu'on lui a attribué dans cette grande maison
elle imagine ce qu'était cette chambre avant d'être celle des amis de passage
la chambre du couple de la maison, il en reste sur la cheminée la couronne de mariée sous le globe,
la chambre de leur fille adolescente, il en reste quelques romans dans la bibliothèque,
la chambre de ses enfants, dont les dessins recouvrent un mur...
et maintenant avec cette courte pointe douillette, ce bouquet de lilas blanc, elle acceuille les amis..elle va être bien au milieu de ces souvenirs !

Iceman - La chambre d'amis

(Résumé du dernier épisode : Farid El Guerrouj, journaliste, est convoqué par un mystérieux inconnu pour une interview. Après s’être rendu dans la chambre de ce Robert Fontenay, celui-ci lui demande de le tuer et commence à lui raconter son histoire. Mais ils sont interrompus . kidnappé, menacé, Farid retrouve la trace de Fontenay et fuit un mystérieux ennemi dans des sous-sols avant de se retrouver dans une chapelle provençale. Fontenay lui apprend qu’il est l’objet d’une prophétie et lui donne un médaillon avant de lui dire d’aller à New York…où Ephraim Stanislas reçoit justement une lettre de Fontenay. Farid parvient à trouver à s’enfuir en s’infiltrant dans un mariage. A New York, Ephraim reçoit des menaces et repense au passé tandis que notre héros se perd dans le temps sur le quai d’une gare. Il relit un poème envoyé par son ami Fontenay. Farid arrive à Marseille et cherche à rejoindre New York)

Arrivé à la Gare St Charles, Farid se retrouve un peu perdu dans une ville qui lui paraît bien loin du récit de son grand père. Mais il se souvient aussi d’un nom : Ciotti. C’était camarade de classe de son enfance qui avait finalement quitté la région parisienne pour retrouver le sud et justement vivre du coté de Marseille. Ah, si seulement il pouvait le trouver, peut-être trouverait-il un moyen de partir à New York.
Voilà Farid parti à la poste pour feuilleter un annuaire et pouvoir téléphoner. Le peu d’argent qu’il a en poche lui permet tout juste cela mais des Ciotti à Marseille, il y en a 5 et évidemment aucun avec le prénom de son ami. Mais il se souvient du prénom de son père : Marcel, diminutif de Marcello. C’est lui voilà. Farid téléphone immédiatement.

- Bonjour, pourrais-je parler à Pierre Ciotti, s’il vous plait.
- Oui c’est moi.
- Salut Pierre, c’est moi, Farid, Farid El Guerrouj, tu te souviens de moi ?
- Euh…Farid…Ridel, c’est toi ?
- Oui c’est moi Pierrot, je suis sur Marseille et je me suis dit que tu pourrais me dépanner en souvenir du passé.
- Mais bien sûr, je n’ai pas oublié ce que je te dois, tu sais. Je suis dans le 12ème, tu as mon adresse ?
- Oui, c’est dans l’annuaire. Je ne sais pas trop comment y aller, par contre. - Tu es où ? A Saint Charles ?
- Non mais pas très loin.
- Ok, reste là, je passe te chercher….Tu n’as qu’à rester sur le parvis près du MacDo.
- Ca marche, j’y retourne, à tout à l’heure.
- Ok, à toute.

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mercredi 25 avril 2012

Arthur Hidden - La chambre d'amis

Une odeur de vide et de renfermé. Il essaie d’analyser. C’est curieux cet intérêt soudain pour ses sensations olfactives. Mais cela a le mérite d’occuper l’esprit, ça va peut-être lui permettre de découvrir une autre réalité plus vivable. Au point où il en est. Cette odeur particulière, presque insensible doit venir de ce que l’air est enfermé dans une pièce où il n’y a habituellement rien de vivant, rien qui ait une odeur propre. Pas de meubles en bois ciré, pas de brassements d’air, d’entrées et de sorties, pas d’humains qui sentent la cigarette, le parfum, la chaleur ou la savonnette, encore moins de citronniers en fleur. Une armoire vide en formica au pied du lit à deux places qui occupe presque toute la largeur de la chambre avec un couvre-lit dans une espèce de peluche jaune. Un sac de voyage qui contient quelques affaires pour la nuit et le lendemain Et lui couché au milieu du lit, ses pieds croisés et chaussés dépassent pour ne pas salir, et touchent presque l’armoire. Sur le mur de gauche il sait qu’il y a la porte à moitié ouverte d’une minuscule salle de bain-WC avec un lavabo et une cabine de douche.

Mais il ne regarde pas en direction de la salle de bain. Son regard est fixé sur le plafond crépi blanc gaufré. À regarder ce plafond éclairé par deux meurtrières horizontales de part et d’autre de l’armoire il ne sait pas à quelle illumination il espère accéder. La pièce est aux trois quarts enterrée et pour peu que le gazon soit tondu les meurtrières ne permettent pas de voir la tête des herbes, même quand on est debout. Il ne faut surtout pas qu’il se mette à penser que c’est un caveau. C’est une chambre d’amis, pas un caveau. Couché les bras croisés derrière la tête à regarder le plafond il attend que la nuit tombe. En cette saison il a une bonne heure et demie à attendre. Et après ?

Il ne peut s’empêcher de guetter les bruits de la maison, au-dessus de sa tête. Le déplacement d’une chaise sur le carrelage de la cuisine et son cœur s’arrête de battre. Il s’est promené tout le dimanche après-midi. Il a pris un sandwich et une bière au café de la Place et il est rentré par le garage et la cave dans la chambre d’amis sans faire de bruit pour que personne ne remarque sa présence. Maintenant il devine le brouhaha des enfants, il aimerait pouvoir suivre les conversations autour de la table familiale de la cuisine. Le dimanche soir on ne dîne pas à la salle à manger. Il a l’impression qu’un animal cruel, un renard comme dans l’histoire du jeune spartiate, lui dévore le cœur. Il ne sait pas comment il va pouvoir tenir.

Demain matin, quand Anne et les enfants seront partis il ira joindre son cabinet au rez-de-chaussée. Avant il aura transféré ses vêtements de ce qui ce matin encore était sa chambre vers l’armoire de la chambre d’ami. Cela durera jusqu’à ce que les remboursements de la maison et du cabinet pèsent moins lourd. Des mois, des années peut-être.

Où lire Arthur Hidden

L'Arpenteur d'étoiles - La chambre d'amis

Brazey

Ils nous avaient dit :
- Rendez-vous à Saulieu vers la statue du taureau de Pompon. Samedi vers dix heures.
Nous y étions. Plus précisément entre Loiseau et le taureau, pour être surs qu’ils ne nous ratent pas.
Depuis longtemps ils insistaient :
- Venez à Brazey, venez à Brazey. On passera un week-end campagnard et bucolique.
"Ils" c’étaient Marie-Françoise et Jacques. Ce dernier était alors mon associé. Petit, élégant et d’une exquise courtoisie, il était fin autant qu'elle était pétillante. Ils formaient ensemble un couple chaleureux.

Brazey, c’est Brazey en Morvan. Village minuscule au coeur d’une campagne assez rude. Quelques modestes maisons de pierre groupées autour d’une simple église, au carrefour des routes reliant Saulieu et Autun à des localités de moindre importance. Brazey c'est rien, perdu au milieu de nulle part.

Après les effusions d’usage (dis donc, qu’est-ce que c’est beau par ici …) nous dûmes passer chez Pierre, le boulanger. Personnalité imposante et Brassensomorphe (même corpulence, mêmes moustaches et même regard de bon chien) qui appelait Jacques « mon Jacky » en le gratifiant de bourrades amicales, menaçant à chacune d’elles de le faire tomber dans le pétrin. Cet homme était un parangon de bonhomie et de blancheur poudreuse. Jacques était secrètement fier de montrer qu’il avait des amis du terroir et donc, que lui-même faisait partie de cette terre sauvage et belle. Il arrangea son foulard, rajusta son blazer, l’épousseta soigneusement et nous conduisit chez eux, aux confins d’un hameau retiré.

Une maison basse et épaisse, couverte d’un toit pentu, aux tuiles en écailles. Les murs plus larges à leur base qu’à leur sommet, donnaient à la bâtisse cette impression d’un paysan les mains aux hanches et les jambes écartées, planté dans son labour. Elle était ceinte de murets de pierres et dominait un immense terrain en pente douce. La vue sur les monts du Morvan s’avérait magnifique.

On pose les valises, puis on va admirer le domaine qui « va de là à là et puis de là à là, tu te rends compte ». Il appartenait à l’arrière grand père. Il restait d’ailleurs dans la pièce principale un portrait de l’ancêtre, raide, austère, serré à l’extrême dans le costume des grandes occasions. La pièce est vaste. Vaisselier ancien, maie sombre lustrée par le temps, évier de pierre grise et lourde table, attestent de sa sincérité paysanne. Pas de cheminée, mais un poêle à bois pour lequel on va couper quelques bûches avant l’apéro.
Et aussitôt après : "ah, on va vous montrer la chambre d’amis … votre chambre".

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mardi 24 avril 2012

Lira - La chambre d'amis

LE FAUTEUIL À BASCULE

La pièce est minuscule
D'où surgit le vertige
Qui avala mon regard.
Incrédules et soudain tapissés
De mémoire
Mes yeux se posèrent
Sur le fauteuil à bascule.
Je me blottis dans ses bras,
Des souvenirs sous les paupières
Et l'émotion recroquevillée
Au fond de la gorge.
Une image accroupie
Sur le bord de notre histoire
Bondit et envahit l'espace
Exigu.
Accordant le mouvement du fauteuil
Au rythme de la poésie
Je lui lisais Guillevic
Pour adoucir sa nuit
Qu'elle savait dernière.
Enveloppée dans des souvenirs
Rassemblés
Je me suis endormie sereine
Dans ta chambre d'amis.

Joe Krapov - La chambre d'amis

DIM, DAM , DOM !

Dans la chambre d’amis où a dormi Domi je stocke mes dévédés. Hé quoi ?! C’est mon domicile ! Je les range où je veux, mes missels, mes missiles, mes vinyles de Mike Oldfield, mon radome de Pleumeur-Bodou dans sa boule de neige, mon jeu de mikado, ma boîte de dominos, ma collec’ de bas Dim, mes livres de Damon Knight et mes photos de Demi Moore !

Domi a farfouillé et puis s’est endormie. Dans le demi-sommeil qui précède ses rêves y’avait Roger Vadim qui rhabillait Bardot, Jacques Demy qui chantait sous la pluie avec des demoiselles qui venaient de Rochefort, un bourg où tout est cher, même les parapluies, Matt Damon qui rencontrait trois types dans la quatrième dimension, une Médée médusée devant Pasolini, Eisenstein qui tenait des discours démocrates devant les membres de la Douma, des tas d’amants sur le pont neuf, Claude Chabrol semi-dément qui faisait chabrot au restaurant au grand dam de Fanny Ardant qui protestait « Vivement dimanche que ce MIDEM se termine !» alors qu’il s’agissait du festival de Cannes.

- Quand on casse la graine, répondait Chabrol, Truffaut c’qu’y faut ! Et puis il se mettait à chanter en duo avec Mylène Demongeot des chansons de Bernard Dimey et le « Maladie d’amour » d’Henri Salvador.

A minuit Dominique s’est réveillée en proie justement à une maladie de la jeunesse. Dans la chambre d’amis, elle venait de rêver d’un chibre d’amant surdimensionné - je n’aurais peut-être pas dû laisser traîner là le tome 4 de la Rubrique-à-Brac sur la couverture duquel Gotlib parodie Orange mécanique ! - mais il n’y avait, pour calmer ses ardeurs, que Madame Doubtfire avec une épaule démise ! Du coup elle s’est joué un solo de mandoline au lecteur d’MP3 avant de replonger dans les bras de Morphée, çui-là qui met un terme au tactile de dame Hard.

Le lendemain au petit-déj, Domi m’a raconté son démentiel cinéma de minuit. On a ri comme des folles.
Mais une fois qu’elle est partie, je les ai montées au grenier, toutes ces vieilleries. Si ça donne le démon de midi à minuit à Domi, qu’est-ce que ça va être quand je logerai Damien ici ?
Au moins, où y’a du zen, y’a pas d’plaisir ! Les copains et copines sont bien gentils mais je tiens à ce qu’on respecte mon surnom et mes choix de vie : on m’appelle Cléo Decinque, l’ascète.

Où lire Joe Krapov

Cloclo - La chambre d'amis

COCO

Dans une cage suspendue à côté de la porte, un perroquet vert et jaune n'arrêtait pas de répéter :

- Allez-vous-en ! Allez-vous-en ! Sapristi !

Il parlait un peu l'espagnol, et aussi une langue que personne ne comprenait.

Il avait horreur des visiteurs, ce pauvre Coco, qui avait trop souffert jusqu'ici des visites continuelles chez son ardente et lascive maîtresse.
C'était une procession quasi ininterrompue de beaux messieurs endimanchés, boursouflés, rougeauds et enchapeautés qui défilaient nuit et jour dans sa sordide cambuse pompeusement rebaptisée « chambre d’amis » pour la circonstance et qui ne manquaient jamais une occasion, à chacune de leur visite, de décocher à la bête un de ces lazzis dont ils avaient le secret :

- Alors, Coco, t'as bouffé ta langue aujourd'hui ? disait notre homme, en soulevant, goguenard, son joli chapeau claque.

- Sacrado matonos de mes dos..., rétorquait Coco, dans son langage bien à lui.

L'autre, ne saisissant pas l'allusion, se remettait en route tout en réajustant poliment son chapeau.

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Chri - La chambre d'amis

La chambre d’Amy

Dans la chambre d’amis, j’enlèverai tous les radiateurs.
Le plus difficile n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis chaleureux.
Autant avoir une chambre froide.

De la chambre d’amis, je supprimerai toutes les ampoules.
Le plus délicat n’étant pas d’avoir une pièce mais de lumineux amis.
Autant avoir une chambre noire.

Dans la chambre d’amis, je doublerai l’épaisseur des murs.
Le plus surprenant n’étant pas d’avoir une chambre mais des amis solides.
Autant avoir une chambre forte.

De la chambre d’amis, j’ouvrirai toutes les fenêtres.
Le plus compliqué n’étant pas d’avoir une chambre pour eux mais des amis purs.
Autant avoir une chambre à air.

Dans la chambre d’amis, j’y mettrai un revolver.
Si une vie sans ami est une épreuve, il peut être utile, pour s’en extraire, d’avoir à portée de doigt la chambre d’une arme à feu…

De la chambre d’Amy, j’aurais brisé toutes les bouteilles …
Il doit être effroyable de mourir seule dans une chambre avec vue …

Où lire Chri

Rochambeau - La chambre d'amis

Avec ma femme Gemma nous avions connu ce couple en vacances à Puerto Banus dans un palace, en Andalousie. En effet par l’effet d’un surbooking, le propriétaire du 3* que nous avions choisi à l’Est de Marbella, nous avait logé sans suppléments, ainsi que 2 autres couples français dans son autre établissement, un magnifique et grand 4* luxe ! Bien sûr, nous avons vite fait la connaissance d’un couple de Parisiens et surtout des Normands, Jacques et Thérèse, avec qui nous avions vraiment sympathisé. Tellement d’ailleurs que l’année suivante, nous nous étions retrouvés au Portugal, dans un hôtel de Praïa de Rocha. Oh ces dîners autour d’une cataplana, ou de fruits de mer arrosés d’un bon vin blanc sec, ces balades sur le bateau d’un médecin portugais séjournant dans note hôtel.. Jacques et Thérèse habitaient du côté d’Honfleur où ils travaillaient dans un établissement bancaire. A maintes reprises, ils nous avaient invités à venir les voir. « Cela nous fera tellement plaisir de vous accueillir. Nous vous ferons visiter notre coin. Nous mangerons des bulots sur le port. Et Toi qui aimes les arts, me disait-il, nous te ferons écouter du Satie et nous t’amènerons découvrir dans le Musée qui porte son nom, les « Boudin ». Ne vous en faites pas, nous aurons de quoi vous loger dans notre mythique et sacrée chambre d’Amis. » Les 2 ou 3 fois où ils nous avaient parlé de notre prochain séjour possible chez eux, ils avaient toujours donné ces 2 adjectifs étonnants pour qualifier l’endroit où ils nous logeraient.

Plus d’un an passa et nous décidâmes d’aller enfin visiter la Normandie de Fécamp à Saint Malo. Bien sûr nous avions programmé dans notre périple 3 jours chez nos Amis. Avec ma femme en approchant du célèbre petit port, nous nous sommes rendus compte que finalement on savait peu de choses sur ce couple. Mais les retrouvailles furent heureuses et arrosées. Nous leur avions amené une grande boite des produits de notre coin : des pruneaux ! Ils nous firent visiter leur petite villa. Avec mon épouse, nous nous regardâmes étonnés : il n’y avait en plus du salon, de la salle à manger et du bureau qu’une chambre ! Allions-nous dormir sur le canapé du salon, chez des voisins ? Mystère…Où était cette fameuse chambre d’amis ?

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GBalland - La chambre d'amis

Ses amis lui avaient dit qu’il ne restait plus que la chambre bleue et qu’il valait peut-être mieux que… mais Eléonore avait répondu que ça lui était complètement égal et elle s’était installée, sans arrières pensées, dans la fameuse chambre.
Après un repas arrosé d’un vin délicieux, elle était montée se coucher la première. La tablée lui avait souhaité bonne nuit et Raphaël - un peintre fantasque dont elle était amoureuse - lui avait murmuré.
- Je ne te comprendrai jamais, pourquoi dormir dans cette chambre ?
Eléonore avait répondu en souriant.
- Je n’ai pas le droit de dormir dans la chambre de celle que tu as aimée ?
Raphael n’avait rien dit et il l’avait regardée partir, mélancolique.

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Tiniak - La chambre d'amis

Tussor & Cie

Arrivé dans l'après-midi...

«Ici,
c'est la chambre d'amis
avait-elle dit
(la femme de mon vieil ami),
trésor
si tu veux, tu y dores »

Et puis,
la soirée s'ensuivit :
bons vins, gaieté, salmigondis...
tandis que je faisais le mort
attendant de me mettre aux lies

Salamalecs aux matamores
(j'abhorre !
j'abhorre !)
et à leurs fades compagnies

Amplement passée la mi-nuit
tout autre convive parti
les bruits me venaient du dehors
(j'adore !
j'adore !)

Là, dans ma chambre de nervis
isolée par un corridor
dans un déshabillé tussor
mon hôtesse me rejoignit
m'assurant que « T’inquiète, il dort »

Comme attendu, je la couvris
de pied en cap de feuilles d'or
en pris quelques photographies
sur une peau d'alligator

« Veux-tu que je te gratifie,
mon désintéressé mentor ? »
À quoi je rétorquai « Nenni »
sachant les penchants carnivores
d'Émilie
et de ses appétits la pléthore d'ennuis
que sa jeunesse causait à mon vieil ami

Au réveil, en robe de chambre
en main, sa boisson de gingembre
il me sourit
« As-tu bien redoré le blason d'Émilie ? »

« Ma foi, oui. »
que j'ai dit.

Où ne pas c*** dans débat de soi...

lundi 23 avril 2012

EVP - La chambre d'amis

Dans la chambre d’amis,
Il y a plein d’objets punis.
C’est une sorte de purgatoire,
Avant le départ pour le dépotoir.

Un quilt rouge, rose et gris,
Aux couleurs bien trop ternies,
Une coiffeuse en macassar,
Le coquillage de Zanzibar.

C’est là que je me réfugie,
Lorsqu’il déserte la nuit.
Je fais semblant de le croire,
Quand il raconte ses bobards.

Notre amour s’est enlaidi,
Il a peur encore du c’est fini.
Je pleure dans mes mouchoirs,
Craignant, souhaitant, son départ.

La chambre des amours finis,
C’était, avant, la chambre d’amis.
Maintenant, il est trop tard,
Il est bien mort, le bel espoir.

Toncrate - La chambre d'amis

Le matin tu m’as dit : « Aujourd’hui mon amour
A la tombée du jour, je te la donnerai
Cette fleur convoitée, trésor de roseraie,
Hantise des phallus et des esprits balourds. »

Alors mon cœur battit en mode troubadour
Mes sens dessus dessous jusqu’au soir en secret
Bringuebalèrent en imaginant du concret
Redoutant la faiblesse, appelant au secours !

Enfin vint le moment de la défloration ;
D’un regard tu me dis qu’il n’en est pas question
Autrement qu’allongés sur un lit, c’est promis…

Mais pas ton petit lit ni celui de ta mère
Il faut rester respectueux dans les manières.
Soit ! On fera donc ça dans la chambre d’amis !

Claudie - La chambre d'amis

-Et tu penses que c’est une bonne idée de débarquer chez des gens que tu connais à peine ?
-Ah je te reconnais bien là, tu t’inquiètes toujours pour rien. Tu verras, ils sont très sympas.
-Peut-être, mais tu ne l’a pas vue depuis longtemps ta copine de classe.
-Elle, c’était la fille la plus extravagante du lycée.
-Justement !
La vieille 2 CV ahanait dans la côte qui montait à la maison d’Emilie. Elle nous attendait avec son mari sur le perron. La façade avait besoin d’un bon ravalement et l’intérieur n’avait rien à lui envier. Mon amie nous guida jusqu’à la chambre d’ami d’où émanait une odeur indéfinissable de moisi et de renfermé. Le confort est spartiate me dit Jérôme. En effet, il n’y avait qu’un vieux canapé clic clac défoncé, une chaise de paille et un lavabo dont le robinet fuyait. Le ploc ploc des gouttes résonnait dans mes oreilles. Un fil à nu supportait le poids d’une ampoule qui vacillait. Il faisait froid et le radiateur était en panne. Epuisés par un long trajet, nous dinâmes sur le pouce avant de s’allonger sur un matelas aussi épais qu’une crêpe bretonne. Un volet claquait dans le vent. Je me serrais contre Jérôme qui ronflait déjà.
L’odeur de renfermé imprégnait les draps de grosse toile, j’entendais un papillon nocturne grésiller autour de l’ampoule. Je guettais le moindre bruit, le moindre craquement du bois. Le vieux clocher du village égrenait les heures frileuses. Malgré la fatigue, je ne trouvais le sommeil qu’au petit matin et c’est ce moment là que le spectre blanc choisit pour passer la main sur mon visage.

ABC - La chambre d'amis

Chambre d’hôtes :

J’arrive, un peu tard, chez de vieux amis de mes parents. Laissant le plaisir des bavardages pour le lendemain, ils me conduisent, directement, à ma chambre. Sur le seuil de la porte, un soupçon d’hésitation, quelques secondes d’adaptation, en remontant le temps, j’endosse mon déguisement : Lady anglaise, début 1900… Pénétrant, plus avant, dans la pièce, d’un regard circulaire, j’adopte les cretonnes et le papier, tapissant murs et plafond, toile de Jouy, bergers aux champs. J’intègre la commode et le secrétaire, bois d’acajou, recouverts de marbre blanc, la coiffeuse, la cuvette et le broc en porcelaine, le kitch des lampes de chevet. Je souris et m’apprête pour une nuit acidulée dans une bonbonnière rose…

Où lire ABC

Venise - La chambre d'amis

Je n’ai pas changé d’appartement depuis que je suis né.
Et maintenant que je suis invité on m’a dit :
Tu auras ta chambre d’ami.

La maison semblait comme neuve. Elle brillait comme le jour.
Plus rien ne s’oppose à ce que je dorme ici cette nuit.
Alors que quelqu’un chantait à tue tête
Dans le jardin un chat curieux se glissa sous le lit où dormait ma valise.
Un âne au loin regardait avec humilité le cheval monter la cote herbeuse.
Un clairon sonnait derrière le cimetière.
Je m’allongeais sur le vieux lit mais rien ne vint.
Seulement les papillons qui tournaient autour de la bougie.
La porte de la chambre semblait éternellement ouverte sur le ciel.
Rien ne bougeait. J’étais sans souvenir.

D’un pas lourd je décidais de descendre enfin l’escalier

Vegas sur sarthe - La chambre d'amis

Gare aux chambres d'amis

C'était selon leurs dires une chambre d'amis
dont les volets rouillés ne fermaient qu'à demi
sur un beau carrousel, la gare de triage
de quoi vous dégouter à jamais des voyages.

Le sommier éreinté par les kamasutra
érigeait ses ressorts au milieu d'un fatras
d'oreillers fatigués, de plumes d'édredon
qui ressemblait assez à un lit de chardons.

Souhaits de bonne nuit et porte regondée,
vint le moment crucial sous le toit mansardé
où chacun fait son nid à coups de contorsions
et dispute du drap l'ultime possession.

La cloison était mince et nos hôtes bruyants,
les cris des amoureux pour le moins croustillants
nous avons dû compter à défaut de moutons
les assauts répétés du joueur de piston.

Un fringant TGV, un tandem en furie,
le joyeux cheminot, l'aiguillage fleuri,
le butoir de la mort, tout ça menait grand train
permettez qu'épuisé, j'abrège mes quatrains.

Au petit déjeuner, des plus réparateurs
chacun portait sur lui de pesantes valises
mon doigt confituré pointant, accusateur
la gare de triage, ses trains de marchandises.

Rayonnants de bonheur, nos hôtes nous apprirent
que les plus belles nuits sont aussi les plus brèves,
qu'il est des trains de nuit divins à découvrir
et que depuis deux jours la gare était en grève.

Où dors Vegas sur sarthe

Tisseuse - La chambre d'amis

Elle vous est toujours ouverte
La chambre des amis fidèles
Ceux qui vous supportent
Depuis toujours

Ils vous ont assimilés
En cours de route
Estampillés famille de cœur
Censés mettre du baume
Sur tous les outrages

Vous leur devez ce partage
Une fois pour toute
Au fil des années
Ce lien est devenu impérieux
Voire même périlleux
Il se fait de plus en plus lourd

Dans le grand livre des dettes
Vous ne savez quelle somme
Vous sera réclamée
Mais c’est parfois au prix du sel
De vos larmes
Qu’elle sera remboursée
Plus un zeste de rancœur

Au prochain séjour
On fera comme si
Tout était bien entre amis
Mais les sens en alarme
Resteront affûtés
Pour ne plus être engloutis
Par les tyrannies
Ni par les émotions polluées

Quebre - La chambre d'amis

Le train arrivant tard, je fus plus tard encore
A leur porte, épuisé. Mais les éclats de rires
Commémorant passé et tout notre folklore
Hissèrent mes forces, jusqu’à en défaillir.

A minuit, je parvins à la chambre d’amis
Matinée de fatras. Quand j’ouvris le clic-clac
Butant aux quatre murs, un chat miteux surgit,
Regardant furibond mes pieds, prêt à l’attaque.

Et comme enfin je sus adoucir cette bête
Désormais ronronnant comme une mobylette,
Au bruit du boulevard, je pus, dans l’insomnie,

Mater le débarras, livres d’art de Noël,
Improbables objets déposés pêle-mêle,
Surannés : c’est la chambre où dorment les oublis.

Où lire Quebre